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Vivement l'Ecole!

Rapport sur la réforme des retraites : Un système injuste et incertain...

19 Juillet 2019 , Rédigé par FSU Publié dans #Education

Rapport sur la réforme des retraites : Un système injuste et incertain...

Rapport sur la réforme des retraites : Un système injuste et incertain
 
Le rapport présenté le 18 juillet par Jean-Paul Delevoye, confirme la volonté d'instaurer un régime de retraites par points. Ce système individuel suscite beaucoup d'inquiétude pour tous les salarié-es accentuée par une forte incertitude sur le montant des pensions en raison principalement de la variation possible de la valeur du point.

L'âge de départ serait maintenu virtuellement à 62 ans. La FSU dénonce en effet un report déguisé de l'âge de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans avec la création d'un âge « d'équilibre » en dessous duquel une décote s'appliquerait et ce même avant 2025.

La FSU alerte le Gouvernement sur les conséquences dangereuses d'un tel système qui, en renonçant au calcul des pensions sur les 6 derniers mois dans la Fonction publique et en intégrant des primes très inégales comme par exemple dans la Fonction publique territoriale voire inexistantes comme pour le corps enseignant, provoquerait mécaniquement une baisse importante du niveau des pensions.

La FSU met également en garde sur les propositions faites concernant par exemple les droits familiaux, les pensions de réversion ou encore les droits nouveaux pour les aidants…qui, en l'état, ne garantissent pas les améliorations affichées et renvoient à d'hypothétiques concertations ultérieures. La FSU demande également au gouvernement de donner rapidement ses arbitrages afin de pouvoir mener dans les meilleurs délais les discussions non pas sur le rapport mais sur le projet gouvernemental de réforme. Elle s'opposera à toutes régressions pour les salarié-es.Elle continuera à défendre l'intérêt

collectif et celui en particulier des agent-es de la Fonction publique. Elle va maintenant engager le débat avec tous les agent-es sur ce projet de réforme du système des retraites afin de faire valoir et de porter leurs revendications. Elle les engagera à intervenir pour défendre leurs droits à une retraite de haut niveau.
 
 Les Lilas, 19 juillet 2019
                                                  ____________________

Première Note de lecture de la FSU sur le rapport Delevoye du 18 juillet 2019

Cette note est issue d'une première lecture du rapport Delevoye remis le 18 juillet, elle ne se veut ni exhaustive ni détaillée.

Le rapport confirme la volonté gouvernementale de créer un régime de retraites unique fonctionnant par points et remplaçant les régimes de retraites actuels fonctionnant essentiellement par annuités pour les régimes de base.

L'âge légal de départ serait maintenu à 62 ans mais un âge de taux plein serait créé à 64 ans, avec 5% de décote par année manquante.

La valeur d'achat du point serait fixée à 10 euros et celle de service à 0,55 euros annuels pour une liquidation de sa pension à l'âge du taux plein, fixé à 64 ans. Sur l'évolution de la valeur de service du point une fois que le nouveau régime serait en place, deux mécanismes sont cités, créant incertitude et opacité :

  • La valeur de service pourra varier en fonction de l'évolution des paramètres économiques et démographiques.
  • L'âge de taux plein pourra être reculé, faisant varier de fait la valeur du point (par exemple, en cas de recul d'un an, les 0,55 euros ne seraient plus obtenus à 64 mais à 65 ans)

 

 

 

Les points acquis seraient portés sur un compte individuel et leur prix d'acquisition revu chaque année en fonction de l'évolution du salaire moyen. Les pensions seraient, elles, indexées sur l'inflation même si le rapport laisse ouverte la possibilité de les indexer sur l'évolution des salaires. La FSU demande une indexation sur l'évolution des salaires et au moins sur l'inflation.

Le rapport rappelle que l'indexation des pensions sur l'inflation est en théorie la règle déjà existante, mais elle a été remise en cause ces dernières années.

La transition se ferait sur une dizaine d'années, donc entre les générations 1963 et 1973.

Le rapport évoque « la conservation des droits acquis dans l'ancien système », mais la conversion de ces droits dits acquis en points dès 2025 fait que rien ne garantit réellement ce maintien. Par ailleurs, les conditions de la conversion restent floues. Un exemple est donné pour un salarié du régime général pour qui un système de proratisation des 25 meilleures années est mis en place pour calculer ses droits. Pour les fonctionnaires, l'application de la règle des 6 derniers mois pour calculer les droits acquis de tous en 2025 n'est pas explicitée.

Le rapport note par ailleurs la "nécessité d'être à l'équilibre au moment de la bascule dans le nouveau régime", ce qui signifie que, d'ici 2025, de nouvelles mesures seraient prises, le rapport y fait référence en disant que la loi pourrait contenir des mesures applicables avant 2025. Cela signifie concrètement que les mesures de recul des âges ou d'allongement des durées d'assurance, un temps annoncées au PLFSS dès octobre 2019 et que le Président a semblé repousser, pourraient se retrouver dans la loi pour application en 2021 (par exemple un âge pivot dès 2021).

Une majoration de pension de 5% par enfant ferait masse des différents droits familiaux actuellement existants. En effet, dans le nouveau système par points, les bonifications en annuités disparaîtront, de même que la majoration de pension pour 3 enfants. Le haut-commissariat confirme que cela fait perdre aux parents de 3 enfants mais prétend que cela redistribue sur tous les autres et qu'au final c'est du plus pour les droits familiaux et du plus pour les femmes. Un graphique page 120 prétend que le nouveau système redistribuera vers les femmes.

Or, en première analyse, il apparaît que les bonifications, dans le public, et les majorations de durée d'assurance dans le privé, qui permettaient d'annuler ou réduire les décotes, ne seront pas compensées par seulement 5% de majoration sur la pension des assuré-es. La FSU sera aussi particulièrement attentive au maintien de la prise en compte des temps partiels pour élever un enfant, tel que le rapport est formulé, leur prise en compte comme du temps plein cotisé pour la retraite disparaîtrait.

Un partage de ces droits pour enfants serait possible entre les deux parents jusqu'aux 4 ans de l'enfant, et à défaut d'expression, les droits seraient automatiquement reportés sur la mère. Cela posera la question des changements de situation intervenus après les 4 ans de l'enfant.

La réversion serait portée à 70% de la pension du couple. Passeraient à ce nouveau régime celles et ceux qui auront liquidé en points (donc les retraités actuels et ceux partant d'ici 2025 ne seraient pas concernés). Il n'y aurait plus de réversion pour un ex conjoint. A priori, il n'y aurait pas de plafonnement mais des conditions d'âge.

Les taux de cotisation s'harmoniseraient sur 15 ans, notamment pour ne pas passer brutalement à un taux de cotisation de 28% sur les primes dans la fonction publique.

De nouvelles modalités de financement seraient décidées, avec notamment la fiscalisation du financement d'un grand nombre de dispositifs de solidarité, ce à quoi la FSU s'oppose. Le flou demeure d'ailleurs sur ce point puisque d'une part 10% de la cotisation est fléchée vers les dispositifs de solidarité, d'autre part le rapport chiffre les besoins de financement à 25% du total, sans dire quels éléments relèveront de la cotisation et quels autres relèveront de la fiscalité.

Les durées d'assurance continueraient cependant à être calculées pour la mise en œuvre de deux dispositifs :

  • « Carrières longues » qui serait maintenu. Pour celles et ceux y ayant droit, le départ à la retraite serait possible à 60 ans, âge auquel on appliquerait le taux plein pour la valeur de service du point
  • Les minima de pension : ils seraient portés à 1000 euros nets pour une carrière complète, c'est-à-dire l'équivalent de 43 annuités à partir de la génération 1973.

 

 

 

Quelques droits nouveaux seraient créés, en particulier pour les aidants, mais rien n'est précisé sur leur mise en œuvre, et rien n'est préconisé pour la prise en compte des années d'étude pourtant nécessaire pour encourager le mouvement d'élévation du niveau de qualification de la population. Peu de choses sont dites du nécessaire aménagement des fins de carrières, une « retraite progressive » (c'est-à-dire une liquidation partielle de sa retraite pour continuer à travailler à temps partiel) serait possible, ce qui serait une nouveauté dans la Fonction publique.

Les droits attachés à de nombreuses catégories actives de la Fonction publique seraient supprimés et remplacés par un hypothétique compte pénibilité dont on sait toutes les difficultés de mise en œuvre dans le privé.Pour les fonctionnaires, l'instauration de ce nouveau système signerait la fin du code des pensions, élément du Statut. Aucune simulation de pension n'est donnée dans le rapport pour les enseignants et pour les fonctionnaires ayant peu de primes pourtant pointés comme particulièrement défavorisés par une réforme par points. De manière générale, les quelques simulations de pensions qui figurent dans le rapport ne font apparaître que des situations favorables avec des carrières quasi complètes. La FSU alerte au contraire sur une probable baisse généralisée et drastique d'une majorité des pensions dès lors que l'objectif affiché du nouveau système est de bloquer le financement des retraites à son niveau actuel alors que le nombre de retraités va augmenter. 

Éliane Lancette, chargée des relations avec la presse pour la FSU.

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Sacré nom de Dieu, le baccalauréat serait-il sacré? Pas si sûr…

19 Juillet 2019 , Rédigé par EducPros - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Sacré nom de Dieu, le baccalauréat serait-il sacré? Pas si sûr…

Et pourtant, à propos des perturbations de la session 2019 du baccalauréat, le ministre de l’Education nationale n’a pas hésité à affirmer le 7 juillet dernier sur TF1 que « c’est un sacrilège d’abîmer le baccalauréat, un des plus beaux rendez-vous républicains »; et un groupe de professeurs a fait paraitre dans « le Monde » du 17 juillet une tribune intitulée: « résultats du baccalauréat: l’idéal sacré d’égalité vient d’être bafoué ».

Cette dramatisation dans le registre du religieux avait été par ailleurs accompagnée de celle du registre du  »sécuritaire » dès le même 7 juillet par le Chef de l’Etat déclarant à propos des rétentions de notes du baccalauréat que l' »on ne pouvait prendre nos enfants et leurs familles en otage »

On remarquera pourtant que la condamnation par  »l’opinion publique » (certes toujours nettement majoritaire) de perturbations du baccalauréat tend à s’effriter. En 2003, en pleines grèves à répétition dans l’Education nationale qui pouvaient perdurer jusqu’au baccalauréat y compris , 88% des Français sondés fin mai 2003 par l’Institut CSA avaient répondu être d’accord avec l’assertion suivante: « l’exercice du droit de grève ne doit pas empêcher les élèves de passer leurs examens » . Et il n’y eut finalement pas alors de perturbations du baccalauréat.

Il n’en a pas été de même en 2019 avec des passages à l’acte (certes tout à fait minoritaires mais effectifs). Et en dépit des dramatisations effectuées par Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Macron dans les registres respectifs du  »religieux » et du  »sécuritaire », l’opposition à ce type d’actions s’est pourtant nettement effritée si l’on en juge par le sondage effectué à la demande de  »France Info » et du  »Figaro » publié le 11 juillet dernier : 69% des Français interrogés estiment que les grévistes ont eu tort et 61 % approuvent qu’il puisse y avoir des sanctions. Il y a donc une majorité nette opposée aux perturbations du baccalauréat par des  »grévistes » (de l’ordre des deux tiers) mais elle est aussi nettement moins compacte qu’il y a une quinzaine d’années (88% alors). Les  »compréhensifs » ont presque triplé alors qu’il y a eu passage à l’acte accompagné de dramatisations….

L »’épopée » grandiloquente (allant jusqu’à la  »sacralisation ») du baccalauréat est-elle vraiment encore de saison? On peut en douter. Redescendons sur terre! Ce sera sûrement mieux pour les uns et pour les autre. Des  »devoirs de vacances » qui en valent bien d’autres…

Claude Lelièvre

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Médias - Les "assis" et les "curieux"...

19 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Médias

Médias - Les "assis" et les "curieux"...Médias - Les "assis" et les "curieux"...

Quelle tristesse et quelle colère, au pays du "J'accuse" de Zola, d'entendre des "journalistes" faire cause commune contre Mediapart en accusant ses équipes d'être des délateurs!

 

Soutenu par un Président de la République parlant très imprudemment de « République de la délation ».

 

L’affaire de Rugy a au moins eu le mérite de surligner un phénomène qui se dessine depuis environ un an : le paysage médiatique et l’accueil fait par le public à tel ou tel média sont en plein bouleversement.

 

Le paysage médiatique français se divise - à grands traits - en deux "familles":

 

- les "assis", ceux qui organisent des plateaux de talk-show au kilomètre, ne quittent jamais les studios sinon pour des directs interminables et sensationnalistes. Jamais ils ne "sortent" aucune affaire, accompagnant l'information bien plus qu'ils ne l'analysent, soutenant dans leur immense majorité les pouvoirs et lobbies libéraux. Jamais leurs interviews avec des ministres ou élus de la majorité ne dépassent les limites de la complaisance. 
 

Depuis l'élection du Président de la République, les "assis" on tenu le haut du pavé. Ces chaines et stations dites d' "information en continu" ont abreuvé les français de débats médiocres offrant des heures d'antennes aux populismes de tous bords. Multidiffusées, ces chaînes sont de véritables rouleaux compresseurs de l' "info" et, souvent, de la propagande libérale la plus décomplexée. Je ne connais aucun hôtel ne diffusant pas BFMTv dans son hall d'accueil. 

 

- les "curieux", ceux qui investiguent, cherchent la vérité, franchissent le périphérique pour sortir de leur zone de confort. Ceux-là sont ciblés par le pouvoir. Souvenons-nous de ces journalistes du Monde convoqués par la DGSI (Service de renseignements français), cherchant à connaître les sources de ces journalistes enquêtant à propos de l'affaire Benalla. Ils sont ces "délateurs" qu'Emmanuel Macron aimerait voir remplacés par des journalistes plus conformes, plus malléables, plus en phase avec la politique menée.

 

Heureusement, depuis le début de l'année 2019, un basculement salutaire semble enfin s'opérer. Les "curieux" - France Inter; France Culture; Médiapart et quelques autres - sont passés devant les "assis". Les résultats publiés par Médiamétrie le démontrent et le confirment. 

 

Il était temps!

 

J'ose espérer que les "assis" sauront en tirer les leçons et rejoindront les "curieux".

 

Rejoindront Zola, Albert Londres et Camus. 

 

Rejoindront la grande et si nécessaire famille des journalistes, ces éclaireurs de l'actuel, cet autre nom du vrai.

 

Christophe Chartreux

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Elvis Presley...

18 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marguerite Duras...

18 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. Je ne sais pas pourquoi je l'aimais à ce point là de vouloir mourir de sa mort. J'étais séparée de lui depuis dix ans quand c'est arrivé et je ne pensais que rarement à lui. Je l'aimais, semblait-il, pour toujours et rien de nouveau ne pouvait arriver à cet amour. J'avais oublié la mort.

Marguerite Duras - L'Amant

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Bac 2019 - "... de nombreux candidats pourraient se voir refuser leur diplôme" - Libération

18 Juillet 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Bac 2019 - "... de nombreux candidats pourraient se voir refuser leur diplôme"  - Libération

 

A la suite des dysfonctionnements dans le déroulement de l'examen, de nombreux candidats pourraient se voir refuser leur diplôme et leur place dans l'enseignement supérieur. La fédération de parents d'élèves FCPE appelle le Défenseur des droits à intervenir.

Tribune. La session du baccalauréat 2019 restera dans les mémoires de l’Education nationale, dans les mémoires de milliers de jeunes et leurs familles. Il restera aussi dans les mémoires des bénévoles et des salariés de la FCPE qui, depuis vendredi 5 juillet, répondent au téléphone à des élèves et des parents déçus, inquiets, révoltés, atterrés ou désemparés.

Contrairement à ce qu’indique par voie de presse le ministre de l’Education nationale, le chaos n’a pas été évité, les cas de litiges sont nombreux et des élèves se retrouvent encore aujourd’hui dans une situation d’incertitude insoutenable. Parce que les chiffres ne refléteront jamais ces situations diverses, il faut aujourd’hui témoigner des situations qui nous sont remontées.

C’est Arthur, qui vendredi 5 juillet est allé voir ses résultats, s’est retrouvé recalé, sans possibilité de passer l’oral, puis qui a été rappelé lundi 8 juillet après-midi, pour lui indiquer que finalement, il était convoqué le mardi 9 juillet à 8 heures. Arthur n’a pas réussi à se mobiliser pour réviser, s’est écroulé devant l’examinateur et devra repasser le bac l’an prochain.

C’est Fatou, qui, après avoir été admissible, a passé les rattrapages, qui a reçu ses notes de manière orale immédiatement après le rattrapage et se retrouve avec une moyenne finale à 9,98, malgré un dossier favorable. Elle nous a appelés parce qu’elle ne comprend pas. Sa cousine, qui était aussi au rattrapage, a été admise, elle, grâce au jury. Elle fera une demande auprès du médiateur de l’Education nationale, mais le BTS dans lequel elle était prise a déjà réattribué sa place.

C’est Salim, qui, suite à la récupération de son bulletin, a voulu consulter ses copies, ne comprenant pas le 1 en philosophie où pourtant, il n’avait pas démérité. Une fois rendu au centre d’examen, la note sur la copie était un 11, non un 1 comme inscrit sur son bulletin. Il lui a pourtant été refusé de faire une photocopie et sa note n’a toujours pas bougé aujourd’hui. En série littéraire, Salim devrait avoir son baccalauréat, pourtant, il ne l’a pas, et ses vœux sur Parcoursup ont été écrasés.

C’est aussi Inès, boursière, première de sa famille à passer le bac, brillante élève, qui a obtenu son bac avec la mention bien. Cependant, Inès se pose des questions sur deux 10, qu’elle ne comprend pas. Ces deux notes, pourtant, la font passer à côté de la bourse au mérite, accessible pour les élèves boursiers obtenant la mention très bien. Ni Inès ni ses enseignants mobilisés auprès d’elle n’ont pu avoir accès à ses copies. Parce que les copies d’Inès, comme celles de milliers de jeunes en Ile-de-France, sont au SIEC, la maison des examens. Pour demander à voir ses copies, elle doit remplir un formulaire en ligne, formulaire inaccessible jusqu’au 4 septembre prochain. Inès se retrouve donc sans la bourse au mérite, et sans savoir si elle aurait pu l’obtenir.

Ces cas particuliers, nous en avons traité plus de 5 000 depuis le vendredi 5 juillet et nous continuons à en traiter. Ces cas, ce sont des élèves qui se retrouvent face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, vis-à-vis de leurs amis, qui se retrouvent à devoir faire des dossiers de redoublement, alors même que peut-être demain, ils auront leur bac. Cependant, même avec le bac en poche, Parcoursup aura écrasé l’ensemble de leurs vœux, même ceux qui leur étaient favorables.

Ce bac 2019 est un fiasco, les jeunes se sentent lésés, ont l’impression d’avoir joué à la loterie. Tout cela à cause de quoi ? D’un manque de dialogue social, d’injonctions contradictoires, de dysfonctionnements manifestes du service public d’éducation. Alors nous posons la question, y-a-t-il eu rupture du principe constitutionnel d’égalité ? Y-a-t-il eu, pour chaque élève, un jury qui a délibéré valablement sur l’ensemble des dossiers ? Y-a-t-il eu, dans tous les établissements de France et de l’étranger, de la bienveillance lors des rattrapages comme le demandait le ministre ?

De nombreux élèves ont pu voir leurs copies, de nombreuses erreurs matérielles ont été relevées. Rien d’exceptionnel, c’est le cas tous les ans. En revanche, leur nombre est exceptionnel, et ses élèves doivent absolument avoir une réponse rapide, avant le 19 juillet, date de clôture de la première phase de Parcoursup. Viendra alors le temps de se rapprocher du ministère de l’Enseignement supérieur pour réparer ses injustices.

Nous en appelons aujourd’hui au Défenseur des droits, pour faire valoir les droits de tous ces élèves, de tous ces jeunes qui bataillent déjà avec Parcoursup, et qui se retrouvent aujourd’hui réduits à faire le siège de leur boîte aux lettres espérant voir le facteur apporter une enveloppe siglée Education nationale.

Nous en appelons au Défenseur des droits car nous sommes également en droit de suspecter, dans plusieurs cas, des ruptures d’un principe pourtant constitutionnel.

Rodrigo Arenas coprésident de la FCPE , Carla Dugault coprésidente de la FCPE

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Budget 2020 : une hausse à relativiser pour le ministère de l’éducation...

18 Juillet 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Budget 2020 : une hausse à relativiser pour le ministère de l’éducation...

EXTRAITS

L’augmentation de 1,04 milliard d’euros du budget de l’éducation nationale est moins due aux réformes lancées qu’aux charges importantes du ministère, responsable de la moitié de la fonction publique d’Etat.

Les arbitrages de Bercy ont-ils été plus favorables à l’école cette année que la précédente ? C’est ce qui semble se dessiner à la lecture du « tiré à part », ce document extrait du rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques. Selon ce document gouvernemental, premier « arbitrage » avant le projet de loi de finances de l’automne, le budget de l’éducation nationale passera de 51,68 milliards d’euros en 2019 à 52,72 milliards d’euros en 2020, soit une hausse de 1,04 milliard d’euros. Il devrait ensuite continuer sa progression jusqu’en 2022. En 2018 pour l’année 2019, le budget avait moins augmenté – de 800 millions d’euros. « Au total, la hausse sur le quinquennat atteindrait près de 4,5 milliards d’euros, pour permettre le renforcement des moyens de l’enseignement scolaire », selon le document mis en ligne par Bercy.

(…)

S’il est difficile de savoir comment seront répartis ces fonds supplémentaires, il faut se rappeler qu’une part importante du budget de l’éducation nationale augmente de manière « subie ». Et pour cause : environ la moitié de la fonction publique d’Etat est employée par l’éducation nationale – 1,1 million d’agents, sur un total de 2,4 millions. La progression « naturelle » de la masse salariale (les augmentations automatiques à l’ancienneté, le paiement des retraites…) représente la plus grosse partie des hausses de budget. Ainsi, une faible part des fonds supplémentaires ira réellement à des mesures « visibles », comme le dédoublement des classes.

(…)

Reste la « montée en charge » du SNU, dont le coût pour 2020 n’est pas fixé. Rien n’empêche cependant de faire son propre calcul, qui, là encore, permet de relativiser. Pour la cuvée 2019, le coût était de 2 000 euros par participant. Pour les 40 000 appelés de 2020, cette somme se porte donc à 80 millions d’euros – même si l’on peut imaginer des économies d’échelle. A terme, lorsque le SNU touchera l’ensemble des 800 000 jeunes d’une classe d’âge (on évoque l’horizon 2026), il devrait coûter environ 1,5 milliard d’euros.

Violaine Morin

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Migrants : l'Europe face à ses valeurs... (Audio/France Culture)

18 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Refugies

Benoît Bouscarel reçoit Antoine Laurent, ancien responsable des opérations de l'Aquarius et Smaïn Laacher, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. Entre crise des migrants et crise du droit d'asile, ils reviendront ensemble sur la question des flux migratoires en Europe.

Carola Rackete, la capitaine du navire "Sea Watch 3", doit être entendue par la justice italienne en Sicile ce matin. Elle est menacée pour aide à l'immigration clandestine en ayant accosté de force à Lampedusa, permettant le sauvetage et le débarquement de 40 personnes. 

Selon l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations, 682 personnes sont mortes en mer Méditerranée depuis le début de l'année. L'Europe est toujours accusée de fermer les yeux, de criminaliser, ou au moins de freiner, drastiquement les ONG et de manquer d'organisation.

Malheureusement on a fait un focus sur ces ONG qui sont devenus un bouc-émissaire de la crise migratoire, comme on l'appelle, je préfère l'appeler crise politique de crispation. Antoine Laurent

Il y a crise quand il n'y a plus de consensus sur la définition légitime. La question de l'étranger a toujours soulevé des controverses qui n'ont jamais fait l'unanimité et aujourd'hui certainement moins que hier. La question des migrations est un fait historique avec lequel les Etats doivent faire face. Smaïn Laacher

Quand les Etats veulent s'asseoir sur le droit, personne ne peut les en empêcher et le Sea Watch n'est qu'un épisode de plus dans une série qui a au moins pas loin de deux siècles de bateaux qui transportaient des personnes qui demandaient protection. Smaïn Laacher

Olivia Gesbert, Benoît Bouscarel et Guillaume Erner

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Johnny Clegg et Savuka...

17 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Philippe Sollers...

17 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

On est en mai, il fait très beau, je suis avec Lisa à Athènes. La nuit, vers 3 h du matin, l’expérience se renouvelle. Mon corps n’est plus là, je plane au-dessus de lui, ça dure à peine trois secondes, mais j’ai tort de dire « secondes », puisque le temps a disparu. Plus de temps, plus d’espace, mais un drôle de lieu à faible lumière bleutée, juste à côté de Lisa qui dort sur cette planète. On en découvre tous les jours, des planètes, elles tournent autour de leurs étoiles, le problème étant de savoir si l’une ou l’autre est « habitable », c’est-à-dire comporte de l’eau, nécessaire pour produire la vie. Les humains, malgré leurs atrocités et leurs misères, ne renoncent pas à rencontrer leurs semblables à des années-lumière de leurs migrations terrestres. Il faut de l’eau, point. Je descends doucement, je me réincarne, je me lève avec précaution, je vais boire un verre d’eau. 

Sauf à respirer en hauteur, sur le Lycabette, Athènes est une ville invivable. Chaleur, pollution, circulation folle, et, de plus en plus, corruption, déliquescence, réfugiés, faillites en tous genres. Pauvre Grèce, devenue la poubelle de l’Europe ! Lisa, en principe, devrait être une Grecque déprimée, et moi un Français morose. Pourtant, non, on s’est rencontrés, et ça marche. C’est une virtuose du piano, je me débrouille avec les mots, on aime par-dessus tout le silence. 

En fin d’après-midi, le bateau file vite vers Égine dans le couchant rouge. On va dormir là-bas, et, le lendemain, montée au temple. Je suis déjà venu, je connais l’endroit. Elle le connaît mieux que moi, puisqu’elle est née là. Ses parents et elle vivent maintenant en suisse, ils sont partis avant la dictature bancaire fracassant le pays, et lui imposant une austérité rageuse. La dette engendre la culpabilité, et si vous ne remboursez pas, c’est de votre faute. Les banques organisent le ravage, mais sont très morales. Vous devez expier votre péché d’exploités. 

Lisa, heureusement, n’a jamais mordu aux vieilles sirènes d’une révolution impossible, et n’a jamais cru à une rédemption via un prolétariat désormais introuvable.

Les théoriciens « marxistes » n’ont rien compris au capitalisme financier et à son énorme délire frigide. Ils se sont recyclés en tribuns démagogues toujours prêts à haranguer des foules sur des places bondées. La musique a sauvé Lisa dès son enfance. Son père est violoncelliste, sa mère violoniste, ils donnent encore des concerts de musique de chambre un peu partout. Ils ont veillé sur leur petite fille, pianiste déjà géniale. 

Nous voici donc à Égine, île depuis longtemps pourrie par les promoteurs immobiliers et le cancer touristique. Olympie, en 2007, a été cernée par un incendie furieux qui a pourtant épargné le temple de Zeus, et l’état islamique menace de détruire Palmyre. Nous, demain, on va monter vers une ruine grandiose, plus vivante que jamais. Lisa, ce soir, est très silencieuse. 

Le temple d’Athéna Aphaia s’est longtemps appelé seulement d’Athéna, avant qu’on lui ajoute « Aphaia », divinité mystérieuse, dont le surnom est « l’invisible ». Athéna se déploie dans des apparitions multiples, Aphaia reste en retrait. Le temple pourrait ainsi être nommé le « visible-invisible », sanctuaire du jour et de la nuit. Le ciel est très bleu, le soleil brille. 

Et voici l’événement : un éclair en plein jour, un coup de foudre sans le moindre orage. C’est stupéfiant et très bref. Zeus vient de parler, on est traversés par cet éclat, on en pleurerait de joie. Il est donc toujours là le vieux Zeus, « l’assembleur de nuées », le père ? On est pétrifiés, on ne bouge pas, on se tait. Et puis Lisa, qui a déjà vu ça dans son enfance, murmure : « C’est très rare. » Je lui serre la main, tout est tranquille. Je pense que l’éclair vient d’un repos profond, insondable éclat d’harmonie complète. Platon, trahi par son tyran de Syracuse, a passé un certain temps en exil à Égine. Je me demande s’il a vu ça. Platon, peut-être pas, mais Heidegger, oui, comme le prouve son intervention sur la formule d’Héraclite « la foudre gouverne l’univers ». Il dit tout à coup : « Je me souviens d’un après-midi lors de mon séjour à Égine. Brusquement, j’ai perçu un éclair unique, qui n’a été suivi d’aucun autre. J’ai pensé : Zeus. » 

Ce n’est pas mon premier contact avec la foudre. J’ai 12 ans, je suis seul à la campagne dans une grande maison, la foudre tombe dans le jardin, et, par la fenêtre ouverte, entre dans la pièce où je suis. C’est une boule de feu qui monte et descend le long d’un rideau. Je suis là, debout, elle va me consumer sur place. Je suis dans une angoisse folle (la plus folle de ma vie), mais cette irruption d’or brûlant compact est d’une beauté incroyable. C’est une planète qu’on pourrait saisir dans la main. Dix secondes d’enfer, et la voilà qui sort et disparaît dans les arbres, sans que le rideau ait pris feu. Je me jette sur un divan, je ferme les yeux, j’ai compris. Quoi ? Aucun mot pour le dire. Mon corps, ou plutôt mon cadavre aurait pu être le héros d’une information locale. « Orage tragique : un jeune garçon foudroyé près d’une fenêtre, chez lui. » 

Après ce coup de foudre à Égine, on est rentrés à Athènes, d’où Lisa devait prendre un avion pour un concert à Berlin. Je la revois à Paris où elle vient de temps en temps. Un soir, à dîner, je lui ai demandé si elle avait repensé à Égine. Elle m’a regardé, et m’a dit simplement avec un sourire : « Tu n’as pas remarqué que, depuis, je joue mieux ? »

Philippe Sollers - Beauté

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