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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... François Mauriac...

23 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"Pourquoi me  soutenir que tu sais ta leçon? Tu vois bien que tu ne la sais!...Tu l'as  apprise par coeur ? vraiment ? "une gifle claqua.

"Monte dans ta  chambre. Que je ne te voie plus jusqu'au dîner."L'enfant porta sa main à  sa joue, comme s'il avait eu la mâchoire brisée :"oh! là! là! vous  m'avez fait mal !(il marquait un point, il prenait son avantage.) je le  dirai à Mamie..."

Paule saisit avec rage le bras fluet de son fils  et lui administra une seconde gifle. "A mamie ? et celle-là ? Est ce à  papa que tu vas aller t'en plaindre ? Eh bien, qu'est ce que tu attends ?  allons, va !"Elle le poussa dans le couloir, ferma la porte, la rouvrit  pour jeter à Guillaume son livre et ses cahier. Il s'accroupit et les  ramassa, toujours pleurant. Puis d'un seul coup, le silence : à peine un  reniflement dans l'ombre. il détalait enfin ! Elle écoutait le bruit  décroissant de sa course. Bien-sûr, ce n'était pas dans la chambre de  son père qu'il irait chercher un refuge. Et puisque à ce moment même, sa  grand mère, sa "Mamie", tentait pour lui une démarche auprès de  l'instituteur, il irait se faire plaindre à la cuisine par Frailein.  Déjà il devait"lécher une casserole" sous le regard attendri de  l'Autrichienne. "Je le vois d'ici..."Ce que Paule voyait, quand elle  pensais à son fils, c'étaient des genoux cagneux, des cuisses étiques,  des chaussettes rabattues sur les souliers. A ce petit être sorti  d'elle, la mère ne tenait aucun compte de ses larges yeux couleur mûres,  mais en revanche elle haïssait cette bouche toujours ouverte d'enfant  qui respire mal, cette lèvre inférieure un peu pendante, beaucoup moins  que ne l'était celle de son père, mais il suffisait à Paule qu'elle lui  rappelât une bouche détestée. La rage en elle refluait : la rage, ou  simplement peut être l'exaspération ? mais il n'est pas si aisé de  discerner l'exaspération de la haine. Elle revint dans la chambre,  s'arrêta un instant devant la glace de l'armoire. Cette blouse de laine  verdâtre, elle la reprenait chaque automne, l'encolure était trop  larges. Ces taches avaient reparu malgré le nettoyage. La jupe marron,  mouchetée de boue, était légèrement relevée par-devant comme si Paule  eût été enceinte. Dieu savait pourtant ! 

François Mauriac - Le Sagouin

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“Aujourd’hui, le manque d’éveil culturel et artistique des tout-petits est un fléau sanitaire”...

23 Juin 2019 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

“Aujourd’hui, le manque d’éveil culturel et artistique des tout-petits est un fléau sanitaire”...

EXTRAITS

“Malnutrition culturelle”. L’expression est lancée par la psychanalyste Sophie Marinopoulos dans un rapport sur les enfants et les écrans, remis le 4 juin au ministre de la Culture. Dans cette société où tout s’accélère, elle pointe les dangers du manque d’attention et d’accompagnement des parents dans l’éveil des touts-petits. Rencontre. 

Les enfants sont-ils en bonne santé culturelle ? Non, et c’est un fléau sanitaire, répond la psychanalyste Sophie Marinopoulos dans un rapport remis le 4 juin dernier au ministre de la Culture, Franck Riester. La spécialiste de l’enfance croise nombre de parents et d’enfants en difficulté dans les lieux de parole gratuits et sans rendez-vous qu’elle a créés, appelés Les Pâtes au beurre, où les familles sont écoutées et aidées. Elle en appelle à « une stratégie nationale pour la santé culturelle » et veut « promouvoir et pérenniser l’éveil culturel et artistique de l’enfant de la naissance à 3 ans dans le lien à son parent ».

Dans votre rapport, vous parlez à plusieurs reprises de « malnutrition culturelle ». De quoi s’agit-il ?

La santé culturelle, c’est la santé de nos relations, de nos liens. Et donc la malnutrition culturelle est tout ce qui vient empêcher la relation. Aujourd’hui, à la vitesse à laquelle on vit, la temporalité de nos relations et de ce que nous partageons ne fait pas du tout bon ménage avec la temporalité de l’enfance. C’est ce que j’appelle une « culture entravante ». La modernité nous impose une performance et une efficacité immédiates. Alors on attend d’un enfant quelque chose qui n’est pas possible pour lui : un enfant doit faire des expériences répétées et, évidemment, passer par l’échec. Il me semble qu’on est de plus en plus pris dans une espèce de mouvement qui oublie l’enfant et ses besoins. On veut des enfants mais sans l’enfance : qu’ils ne fassent pas de bruit, qu’ils ne bougent pas trop (dans un train par exemple), qu’ils ne nous mettent pas en situation difficile en ne répondant pas immédiatement à nos demandes. On parle beaucoup de la frustration des enfants mais pas de celle des adultes !

Je ne suis pas opposée aux écrans, nous sommes une génération « écrans », en revanche, l’utilisation de l’écran comme évitement de la relation, cela pose problème. On voit beaucoup de parents qui collent un téléphone ou une tablette entre les mains des enfants pour qu’ils ne fassent pas de bruit, pour qu’ils ne nous dérangent pas. Ils sont complètement hypnotisés. Et donc ni eux ni nous, adultes, ne sommes confrontés à la relation. On parle d’enfants instables, mais moi je questionne une société d’adultes où des enfants doivent trouver des tas de stratégies pour avoir notre attention, susciter notre parole à leur encontre. Les adultes sont constamment sur leur portable, si nous sommes bien là physiquement, nous ne sommes pas là psychiquement.

C’est tout cela la malnutrition culturelle : un ensemble de comportements que nous avons aujourd’hui et qui entrave la qualité du lien parent-enfant et in fine du lien social. Pour moi, il s’agit d’un nouveau défi sanitaire.

(...)

Quelles sont alors vos préconisations ?

J’aimerais d’abord qu’on repense le carnet de santé et qu’on y intègre cette notion de santé culturelle. Que le pédiatre ou le généraliste ne s’intéressent pas seulement au poids, à la taille ou au périmètre crânien d’un enfant. Nous sommes dans du chiffrable et nous ne nous intéressons pas du tout à l’invisible, à la vie affective et émotionnelle. Il faut des programmes de soutien à la parentalité de qualité et, surtout, associer la culture aux PMI. Je vois beaucoup de parents en grande difficulté sociale : leur donner des couches et du lait est essentiel, mais cela ne suffit pas. Les PMI doivent ajouter à leurs intentions cette dimension culturelle, regarder l’appétence d’un enfant à écouter, à s’engager dans le langage, sa curiosité, sa manière de se mouvoir, d’écouter de la musique, de s’intéresser aux livres… Tout cela fait partie du développement de l’enfant.

Julia Vergely

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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"Marie-dé"... Une femme de ma vie... "Les souvenirs sont du vent; ils inventent les nuages" - Jules Supervielle

23 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

 Marie-dé…

(A lire en écoutant El Condor Pasa… Par Los Incas…)

Elle s'appelait Marie-Andrée… Ma mère lui avait choisi un autre prénom… "Marie-dé" Pourquoi ? Je ne l'ai jamais su mais sans doute n'y avait-il aucune raison sinon l'envie de se rapprocher d'elle. D'elle qui n'était pas sa fille…

Marie-dé est arrivée un jour de mi-septembre, en 1965 ou 1966… Je ne sais plus… J'avais sept ou huit ans et le Maroc était le pays de mon enfance émerveillée, ensoleillée, heureuse et parfumée… Elle devait en avoir à peine vingt-quatre. Ce jour-là, ma mère écoutait « El Condor Pasa ». J'étais allongé quasi nu sur le carrelage rafraîchissant...  Elle a frappé à la porte de la maison. C'est moi qui suis allé ouvrir…

Et je l'ai vue !

Très brune, mince, des jambes interminables jaillissant d' un short noir dans lequel était négligemment glissée une chemise d'homme, informe et d'un tissu bleuté, léger, dévoilant à peine son épaule droite. Elle souriait…

" Bonjour ! Tes parents sont là ?"

Sa voix était claire, joyeuse et assurée. Pour la première fois sans doute, aussi loin que remontent mes souvenirs, la beauté d'une femme me touchait, me paralysait, m'emportait.

Et me laissait muet…

"Eh bien ? Tu as perdu ta langue ?"

Réveillé soudain, j'appelai ma mère…

"Maman ! Il y a une dame qui veut te voir !"

Je ne savais pas encore ce jour-là, à cette heure-là, à cette seconde-là, que j'allais vivre cinq ou six années parmi les plus belles de ma vie…

Marie-dé arrivait de France, du bassin d'Arcachon, d'Andernos… Des lieux qui ne me disaient rien ou si peu, moi qui étais né en Algérie pour arriver au Maroc à deux ans, sur la côte Atlantique rongée par les assauts du sel et du soleil… Elle était professeure et venait enseigner chez moi... Dans mon pays.

« Bonjour madame… Excusez-moi de vous déranger. Je cherche une maison en location et on m'a dit que vous auriez peut-être quelque chose à me proposer »

Mes parents vivaient dans une vaste demeure trop grande pour nous trois, ma mère, mon père et moi… De nombreuses pièces restaient inoccupées.

« Si vous voulez, vous pouvez vous installer dans la partie inutilisée. Venez, je vous montre… »

Je les ai suivies… Observant cette jeune femme… Tout chez elle semblait léger, rieur, insouciant. Le bonheur en écharpe, elle épousait le sol de ses ballerines colorées… Je rêvais… J'étais un autre… J'allais avoir une amie… Moi l'enfant unique…

« C'est formidable ! Exactement ce qu'il me faut » dit-elle après avoir fait le tour des pièces. « Et pour le loyer… »

Ma mère ne la laissa pas achever sa phrase…

« Mais rien. Vous êtes chez vous. Nous vous accueillons »

Elle était comme ça ma mère… Donner était dans sa nature… Donner pour rendre les gens heureux, pour dépanner, pour rien en fait… Une femme du Nord…

A compter de ce jour, Marie-dé allait s'installer dans la maison, dans les jours qui passeraient sans heurts ni malheurs. Elle allait partager mes jeudis et dimanches à la plage, mes promenades à vélo. Elle allait devenir ma grande sœur. L'une des femmes de ma vie… Un jour, plus tard, j’aurai à nouveau une « petite sœur » cette fois… Une autre histoire…

Chaque matin, c'est moi qui étais chargé de la réveiller. Entre ma chambre et la sienne, il n'y avait qu'un mur contre lequel je cognais jusqu'à l'entendre crier:

« Oui !! Je me lève ! »

Je souriais… Elle se levait avec le jour et j'en étais responsable… Souvent elle prenait le petit-déjeuner avec nous… Le corps nu sous une blouse fine et tissée de motifs chérifiens… Jamais je ne fus choqué ni gêné par sa liberté. Mes parents étaient aussi libres qu'elle. Les années soixante-dix… "Peace and love" si loin de toute ambiguïté, qu'il n'y eut jamais…

Doucement venait l'été. Les grandes vacances. Nous rentrions pour deux mois en France. Un voyage en voiture depuis le Maroc jusque dans la Pas-de-Calais où vivaient mes grands-parents, mes tantes et oncles, mes cousines et cousins. Une odyssée ces voyages ! Mais j'avais Marie-dé !

Car Andernos se trouvait sur notre chemin… Après la traversée épuisante de l'Espagne franquiste, nous faisions halte sur le bassin d'Arcachon et passions une nuit chez ses parents. Au retour, à la fin de l'été, nous effectuions le même trajet, respections le même arrêt pour emmener ma "grande-soeur. La ramener "chez moi".

Nous passions les trois ou quatre jours que durait ce périple sur la banquette arrière de l' "Aronde Simca" verte écrasée sous le poids des valises et des malles entassées sur le toit. Parfois je m'endormais, la tête posée sur ses cuisses. Ma joue épousant la douceur de sa peau, partageant sa chaleur. J'étais heureux. J'avais dix ans. Le monde avait la forme des jambes et du ventre de Marie-dé…

Combien de fois ai-je fait semblant de prolonger mon sommeil ! Comment aurais-je pu avoir envie d'interrompre la caresse de sa main sur mon front ? Comment aurais-je pu cesser de jouir du contact de mon visage sur son corps ? Je ne savais pas ce que pouvait être la sensualité. Je découvrirai plus tard qu'elle avait un nom et que c'était le sien… J'étais amoureux comme peut l'être un enfant. Amoureux de ces moments qui font du présent l'architecte de vos souvenirs…

Un jour, Marie-dé nous a présenté un homme… Elle avait rencontré celui qui allait devenir son mari… Il était professeur d'espagnol. Grand, brun. Très beau.

Et moi j'ai eu très peur ! J'ai eu très mal ! J'ai éprouvé colère et jalousie ! Il allait me la prendre !

Marie-dé a su contourner mon chagrin et mes angoisses. J'ai continué de la réveiller. C'était désormais inutile puisqu'elle n'était plus seule… J'ai continué de partager avec elle nos courses sur la plage, nos parties de badminton, nos anniversaires, nos Noëls loin de France, nos chasses aux œufs de Pâques. Son futur mari m'adorait. Il m'apprenait la pêche sous-marine et l'ivresse des profondeurs…

Je m'endormais encore, parfois, lors des longues soirées d'été passées au jardin sous un ciel piqueté de milliards d'étoiles, sur ses genoux… Et je faisais exprès de ne pas me réveiller… Exercice difficile que je maîtrisais parfaitement !

Elle est rentrée en France. Pour ne plus revenir au Maroc où moi je resterai quelques années encore. Les lettres sont devenues plus rares. Puis ont disparu… Je ne sais pas ce qu'est devenue Marie-dé…

Mes joues et mon front ont gardé le souvenir de sa peau, de la douceur infinie des caresses qui savaient faire de moi un enfant heureux…

Et, à chaque fois que quelqu'un frappe à ma porte, je me souviens du jour où je l'ai vue pour la première fois…

Resplendissante, sublimement belle et heureuse de vivre…

L'une des femmes de ma vie…

Et El condor pasa…

Christophe Chartreux

«Les souvenirs sont du vent; ils inventent les nuages »
Jules Supervielle

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École : vers une tenue correcte exigée?... (+ commentaire)

23 Juin 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Dans les collèges et lycées, le débat autour d'une tenue correcte exigée fait souvent débat. En France, aucune loi n'exige de porter un uniforme, mais le règlement intérieur des établissements peut définir un cadre.

Comme tous les mardis dans le lycée professionnel de Seclin (Nord), les portes ouvrent à 8 heures. Un matin comme les autres à un seul détail près : un élève a oublié son carnet de scolarité et en plus il a un jean troué. Il devra donc faire une heure de colle, car depuis la rentrée dernière, c'est tenue correcte exigée tous les mardis. "Les élèves doivent venir comme s'ils se présentaient à un entretien d'embauche", explique Hélène Peytard, conseillère principale d'éducation du lycée.

Vers une liberté totale de la tenue dans les lycées

Pas de jogging, de capuche ou de baskets claires, ce jour-là, ils ne sont que six à ne pas jouer le jeu. Après neuf mois d'existence, la nouvelle règle semble plutôt bien acceptée par les élèves. Des élèves qui se sentent plus confiants alors que la proviseure, elle, est très fière de cette initiative. Cependant, ce n'est pas dans l'air du temps. Certains élèves dénoncent un règlement intérieur trop strict dans certains établissements. Sur les réseaux sociaux, beaucoup réclament une totale liberté de tenue. Une position qui gagne peu à peu du terrain dans les établissements tant chez les élèves que chez les professeurs.

Commentaire:

École : vers une tenue correcte exigée ?

"Les élèves doivent venir comme s'ils se présentaient à un entretien d'embauche" nous dit une CPE.

C'est à dire, même si ce n'est pas dit: les filles en jupe. Il y a là quelque chose de TRES dérangeant. "Sois belle d'abord, tu parleras après" en quelque sorte, la "beauté" féminine étant normée, conformée à un code unique:

tailleur/jupe/escarpin.

"Correcte" par rapport à quel code imposé et par qui?

Ce sont les filles, soyons-en certains, qui DEVRONT observer les codes les plus stricts dictés par une vision masculine des femmes. Ira-t-on jusqu'à déterminer la longueur "décente" des robes et jupes? Les CPE et assistants de vie scolaire devront-ils se munir d'appareils de mesure pour repérer les tenues "inadaptées"?

Ce sont ENCORE les filles, ces tentatrices, ces "Eve" en puissance, qui doivent cacher leurs appâts ou au contraire les montrer pour "passer l'examen d'embauche".

Et si l'on commençait par éduquer le regard de nos élèves? Et des adultes souvent... Cela éviterait très certainement le retour récurrent de l' ordre moral.

Christophe Chartreux

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Chico Buarque...

22 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Emmanuel Carrère...

22 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

D’un côté s’ouvrait le chemin normal, que suivaient ses amis et pour lequel il avait, tout le monde le confirme, des aptitudes légèrement supérieures à la moyenne. Sur le chemin il vient de trébucher mais il est encore temps de se rattraper, de rattraper les autres : personne ne l’a vu. De l’autre, ce chemin tortueux du mensonge dont on ne peut même pas dire qu’il semble à son début semé de roses tandis que l’autre serait encombré de ronces et rocailleux comme le veulent les allégories. Il n’y a pas besoin d’y engager le pied, d’aller jusqu’à un tournant pour voir que c’est un cul-de-sac. Ne pas passer ses examens et prétendre qu’on les a réussis, ce n’est pas une fraude hardie qui a des chances de réussir, un quitte ou double de joueur : on ne peut que rapidement se faire pincer et virer de la fac sous la honte et le ridicule, les choses au monde qui devaient lui faire le plus peur. Comment se serait-il douté qu’il y avait pire que d’être rapidement démasqué, c’était de ne pas l’être, et que ce mensonge puéril lui ferait dix-huit ans plus tard massacrer ses parents, Florence et les enfants qu’il n’avait pas encore ?

Emmanuel Carrère - L'Adversaire

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Comment je me suis « radicalisé » : un professeur de philosophie explique pourquoi il bloquera les notes du baccalauréat...

22 Juin 2019 , Rédigé par France-Info Publié dans #Education

Comment je me suis « radicalisé » : un professeur de philosophie explique pourquoi il bloquera les notes du baccalauréat...

Contre la réforme Blanquer, en Occitanie, des professeurs rentrent en désobéissance civile. Ils ont décidé de geler les notes du baccalauréat.

C'est un courrier au titre choc "Comment je me suis radicalisé", signé par un enseignant, qui est parvenu à notre rédaction.

Il se dit syndiqué, mais pas spécialement « anti-système », ni « casseur ».  Ce professeur de philosophie exerce dans un lycée public de la région. Il corrige comme chaque année depuis un quart de siècle des copies d’élèves ayant planché sur sa matière pour les épreuves du baccalauréat. Mais devant le refus du gouvernement de revenir sur certains points de la réforme Blanquer, et depuis l’adoption de l’article 1 de ladite réforme, il a décidé de bloquer les résultats de l’examen, sans limite dans le temps. Il n’est pas isolé dans sa démarche : selon lui, plus de 80 de ses collègues professeurs de philosophie dans l’Académie de Toulouse ont décidé d’adopter cette position jusqu’au-boutiste.

Le gel des notes du bac

« Nous allons faire notre travail, avec des corrections normales, que nous ferons constater par huissier, mais les notes que nous donnerons seront gelées, nous ne rentrerons pas nos données dans le logiciel prévu à cet effet, pour marquer notre mécontentement », explique cet enseignant qui préfère garder l’anonymat, par peur de représailles.

Ce professeur expérimenté parle d’un acte de désobéissance civile, aboutissement d’un ras-le-bol devant une inspection académique restant sourde au cri d’alarme lancé par le corps enseignant devant la réforme du ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer. Une réforme qui sonne le glas, selon ce professeur en colère, de certaines spécialités.

"Dans ma ville par exemple, nous nous sommes rendus compte qu’on supprimait certaines spécialités, comme l’espagnol. Pour les choisir, les élèves devront aller au lycée d’à côté, qui est privé, et qui devant l’afflux d’élèves, risque d’augmenter les frais d’inscription. Dans plusieurs lycées de mon département, on dit aux élèves que certaines spécialités n’y seront plus enseignées, qu’ils peuvent aller voir ailleurs s’il leur reste de la place, ou bien payer le CNED pour avoir des cours par correspondance(…). Nous ne trouvons pas ça normal."

En résistance face à sa hiérarchie

Ce professeur, "radicalisé" selon ses propres termes, avoue avoir hesité à rentrer en résistance face à sa hiérarchie. Mais selon ses propres dires, "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est lors de notre réunion de correcteurs, cette semaine. Nous avons demandé à notre inspecteur de nous réunir pour parler de nos inquiétudes, puisque la plupart des collègues, toutes disciplines confondues, sont désormais hostiles au projet de lycée Blanquer. Il nous a menacé de nous envoyer les CRS. Dire à des profs de philo, formés au débat et à la discussion, qu'on n'a pas le droit, ne serait-ce que de parler, c'est inentendable."

Par Eric Coorevits

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Le chat... A lire en écoutant la Chaconne de Bach et Busoni par Hélène Grimaud au piano...

22 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Le chat…

Sous les tonnelles de bougainvilliers en fleurs, je regardais mon chat étendu à l’ombre. Il dormait comme dorment les félins, à l’affût du moindre bruit, de l’intrus possible, du parfum de la cuisine, oreilles et narines aux aguets. J’avais quatorze ans. Il en avait six. Peut-être était-ce sa quatrième ou cinquième vie. Je restais là des heures à observer cet animal immobile ou presque. Seule l’extrémité de sa queue, par d’imperceptibles ou plus amples mouvements, m’indiquait qu’il était en vie.

J’ai toujours été un enfant contemplatif. Mon chat, un insecte dans la poussière, une goutte d’eau glissant doucement sur le carreau de ma chambre me retenant enfermé par temps de pluie, le mouvement des feuilles d’eucalyptus bruissant sous le vent… Tout m'était spectacle. Plus tard, adolescent puis devenu homme, je passerai de longs moments, ou d’autres plus brefs mais les faisant durer par le souvenir, à regarder une femme passant devant moi, sculptée par la robe qu’un pas pressé animait sensuellement en courbes suspendues aux balancements discrets de ses hanches. Jamais je n’oserai lui adresser la parole. Rompre le silence, c’eût été rompre le charme du conte que j « écrivais » en la suivant, immobile, jusqu’à la voir disparaître, là-bas, au bout de la rue. Il en viendrait une autre, plus tard...

De retour de Paris pour retrouver Dieppe, je me suis souvenu d’un sourire croisé un jour, ou peut-être était-ce un soir, dans une salle à manger superbe au milieu de laquelle trônait une table immense. Nous étions une dizaine. Je mangeais, buvais, mais n’ai rien conservé en mémoire des mets ni des vins offerts en cette occasion. Je n’ai gardé précieusement au creux de ma mémoire que le sourire et l’attention bienveillante portée par notre hôtesse à chacune et chacun. Un merveilleux moment.

J’étais redevenu l’enfant observant son chat, admirant sa patience naturelle, subjugué par la grâce de ses mouvements, jaloux de son intelligence.

Aujourd’hui encore, cinquante ans après les moments passés sous les bougainvilliers, j’ai un chat. Peut-être est-ce celui que j’observais enfant...

Les chats, comme l’amour, ne meurent que pour renaître…

Christophe Chartreux
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« En toi je vis, où que tu sois absente
 En moi je meurs, où que je sois présent. »

Maurice Scève

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SNU, l'amère patrie?...

22 Juin 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

SNU, l'amère patrie?...

Le Service National Universel a été lancé ce 17 juin et suscite déjà des critiques : les jeunes y seraient "embrigadés" par un cérémonial excessivement patriotique : uniforme, lever des couleurs, marseillaise... Ces commentaires sont-ils justifiés ? Quel sens revêt ce SNU pour les jeunes ?

Pourvu que les ennemis de la France ne choisissent pas de nous envahir un jour de canicule. Sans quoi, les jeunes recrues du Service national universel ne leur opposeront qu’une faible résistance.

Une vingtaine d’entre eux a fait un malaise mardi à Evreux, après être restés un peu trop longtemps au garde à vous sous le soleil : ça commençait mal !

Le SNU n’a pas fini de se faire tirer les cloches. L’expérimentation vient seulement de débuter qu’elle fait déjà l’objet de vives critiques, pour dénoncer, en vrac, la volonté d’embrigadement de la jeunesse, l’impossibilité d’y échapper lorsque le dispositif sera généralisé, ou encore son caractère faussement universel dans la mesure où seuls les jeunes y sont astreints.

Sur le principe, cela semble pourtant partir d’une bonne intention. Il s’agit d’encourager la jeunesse à s’engager, et de renforcer la cohésion républicaine en favorisant le brassage social.

Mais est-ce au son de la Marseillaise que ce projet doit être mené ? Et à quoi rime ce recours aux signaux forts du patriotisme ?

Hervé Gardette

"SNU : l’amère patrie ?"

Liens :

Le site du Service National Universel

Articles :

Service national universel: pour un droit familial à l'objection de conscience, par Louise Tourret, Slate, le 19/06/2019.

Service national universel : mode d'emploi, un dossier factuel sur le site du journal Les échos.

Intervenants
 
  • Journaliste, professeur associé à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du journal AOC et producteur de l'émission "La Suite dans les idées" sur France Culture
  • Journaliste et essayiste, auteure du blog "L'arène nue"
  • journaliste, fondatrice de "QG le média"
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A Voir - ARTE - Documentaire 91 minutes - "ZZ TOP, That Little Ol'Band from Texas", par Sam Dunn...

22 Juin 2019 , Rédigé par ARTE Publié dans #Musique

Sur les traces d’un trio de rock américain aux barbes devenues mythiques, qui s'apprête à fêter cinquante ans d’une carrière bien remplie.

Pour son dernier documentaire musical en date, le réalisateur canadien Sam Dunn – à qui l’on doit notamment un portrait d'Alice Cooper diffusé en 2018 par ARTE – s’est intéressé au trio de blues rock américain ZZ Top, aussi fameux que son histoire est méconnue. Comment Billy F. Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard, excentriques fans de blues qui ont écumé pendant dix ans les bars les plus miteux du Texas, sont-ils parvenus à se propulser sur le devant de la scène ? Car ZZ Top, formé en 1969, fait partie des rares groupes de cette époque à avoir survécu sans jamais changer de formation. Cinquante ans plus tard, leurs deux barbes démesurées  – Frank Beard le mal-nommé ne va jamais plus loin que le bouc  –,  leur style de cow-boy et leurs riffs auréolés d’une touche de surréalisme presque mystique continuent de fédérer public et critiques. Retour en images sur le parcours haut en couleur d'un quinqua toujours pas assagi, entré en 2004 au Rock'n' roll Hall of Fame.

Le documentaire en visible en cliquant ci-dessous

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