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Vivement l'Ecole!

Les pieds nus...

27 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Résultat de recherche d'images pour "pieds nus henné"

Un jour de juin, sur l’autoroute reliant Rouen à Paris… Je raccompagnais une amie chez elle. Depuis Dieppe… Contact... Moteur...

J’ai passé toute mon enfance au Maroc. Toute ou presque. J’y suis arrivé à l’âge de deux ans, dans les bagages de mes parents fuyant une Algérie en pleine guerre d’indépendance.

Je suis devenu cet enfant de « là-bas », même pas expatrié puisque né en Afrique du nord, français mais ne découvrant et ne redécouvrant cette France du lointain que deux mois par an, l’été, pour les vacances. Jusqu’à quinze ans, jusqu’à ce jour où mes souvenirs ont été noyés dans les remous provoqués par les hélices du bateau me séparant presque définitivement de « mon » pays. Je ne peux penser à Tanger sans un pincement au cœur.

Enfant, à la maison, j’allais toujours pieds nus. 

Le carrelage de la maison rafraîchissait mon corps tout entier. Je ne supportais pas les chaussures. Je ne les supporte toujours pas lorsque je suis chez moi. 

Je marche dans les pas de mon enfance…

Assise à mes côtés dans la voiture, mon amie se pencha et ôta ses escarpins. Je ne fus ni surpris ni choqué. Elle était maintenant pieds nus, incommodée par des chaussures portées depuis le matin et qui, peut-être, l’endolorissaient. Elle avait accompli ce geste naturellement, sans rien me demander, comme si elle avait deviné que ces pieds nus étaient pour elle et moi le signe d’une liberté partagée, d'une confiance offerte, d'une complicité évidente. Tous deux étions « nés pour un jour limpide », d'après Hölderlin. En ce jour limpide, sur une autoroute aussi laide que peuvent l’être toutes les autoroutes du monde, j’étais heureux - et elle l’était aussi - de retrouver en ce geste somme toute banal, le souvenir de la fraîcheur des carrelages de mon enfance au Maroc. Une femme ou un homme marchant pieds nus manifestent bien plus leur amour d’une forme de liberté qu’en pratiquant le naturisme ou, pour une femme, en dévoilant sa poitrine sur une plage au milieu de la foule.

Lorsque je rentrais de l’école, du lycée, à huit ans, à quinze ans, je prenais toujours soin d’ôter mes chaussures. J’étais ainsi en permanence « comme à la plage ». Les couloirs de la maison, les pièces, la cave, le garage, tout me ramenait à la fraîcheur de l’eau que je prenais plaisir à faire exploser en gerbes de lumières, courant vers elle pour fuir la brûlure du sable, inonder mes pieds, mes mollets, mes cuisses, ma taille, mon corps entier plongeant dans l’Atlantique, quelques secondes immergé, dans le silence soudain, seulement bercé par le bouillonnement des rouleaux, puis surgissant à la lumière dans une explosion de joie solitaire avant quelques brasses comme autant de caresses partagées avec l’océan. Je revenais ensuite, essoufflé, me jetant sur ma serviette et, contemplant le ciel, cet autre océan dont la profondeur me plongeait dans des abîmes de réflexions naïves, je regardais défiler des nuages imaginaires, tout enivré de bleu.

Du coin de l’œil, et furtivement car je devais fixer la route, je regardais les pieds nus de mon amie. Ils étaient jolis…Elle est très belle...

Me revinrent alors en mémoire d’autres pieds nus…

Ceux de Khadija, que j’appelais khaddouj. Elle était notre bonne au Maroc - Je déteste ce terme. Il était utilisé par les familles françaises. Pas par mes parents. Elle était d'abord, avant tout et seulement la grande sœur à qui je me confiais lorsqu'enfant j'avais à partager un moment heureux ou moins heureux. Cette femme ne savait ni lire ni écrire mais savait mieux que personne lire dans mon regard et écrire dans ma mémoire. Rien d'elle ne s'est jamais effacé. J'ai appris énormément d'une femme illettrée… Paradoxe intéressant.

Elle aussi, dès son arrivée à la maison jusqu’à son départ, retirait ses chaussures et restait pieds nus. Des pieds peints de la cheville aux orteils. Ces figures me fascinaient car je ne les comprenais pas. C’était une jeune femme de vingt-cinq ans, brune aux yeux sombres, très mince, le visage toujours illuminé d’un sourire. Souvent, elle chantait en travaillant. Jamais elle ne se plaignait. Ses pieds nus rendaient sa démarche, d’une noblesse infinie acquise depuis l’enfance par le port de divers récipients sur la tête, légère, élégante, délicate. Elle ne touchait pas le sol, elle le frôlait, l’effleurait, le caressait. C’était une fée, ma fée.

Au plus fort de la chaleur du jour, elle m’invitait à la cave. Il y faisait si frais. S’asseyant en tailleur et, dans un geste ample sculptant l’espace,  ramenant son sarouel entre ses jambes repliées, elle m'invitait à me blottir dans le berceau ainsi formé. Alors, caressant mon front, je l’entendais reprendre une mélopée ancienne. Jamais je n’ai entendu la fin. Je m’endormais, tranquille. Mes pieds nus reposant au sol, secoués de quelques soubresauts provoqués par des rêves oubliés.

D’autres pieds nus…

Ceux de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants entassés dans des embarcations de fortune – quelle « fortune » ? – fuyant l’enfer d’une Afrique en souffrance, naufragée. Je ne cesse de penser à ces foules rendues malades par les mouvements des vagues, ne sachant pas nager pour la plupart d’entre elles. Le corps brûlé par l’essence s’échappant de moteurs antédiluviens, les pieds nus dans l’eau de mer envahissant leur fragile embarcation. Hurlant dans la nuit, appelant au secours jusqu’au silence parfois. Le silence des noyés. Le silence des âmes perdues dont personne n’a voulu. À leur silence apeuré, même la France en son sommet répondit par le silence officiel. Jamais je ne pardonnerai à quiconque de rester sourd aux cris de ces silences. Ces pieds nus m’obsèdent et m’obséderont longtemps. Ils sont ceux des naufragés d’un monde dont l’honneur fut sauvé par quelques marins à bord d’un navire nommé « Aquarius »

La route défilait…

Mon amie aux pieds nus partageait avec moi quelques chansons…

J’ai tellement aimé celle d’Anwar… « How can I do »

Écoutez-la… Pieds nus…

Christophe Chartreux

"Depuis cinq jours que la pluie coulait sans trêve sur Alger, elle avait fini par mouiller la mer elle-même."

Albert Camus – L'Été

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Revue de Presse Education... Canicule et report du Brevet - Le Bac- Le malaise d’enseignants en colère - L’école, pas vraiment gratuite et qui produit des discriminations...

27 Juin 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Revue de Presse Education... Canicule et report du Brevet - Le Bac- Le malaise d’enseignants en colère - L’école, pas vraiment gratuite et qui produit des discriminations...
Canicule et report du Brevet

Canicule : les questions soulevées par le report du brevet des collèges
Les écrits devaient avoir lieu au plus fort du pic de chaleur. Ils sont déplacés aux 1er et 2 juillet. L’examen doit désormais tenir dans un calendrier serré.

La canicule et le report du brevet révèlent l’absurdité du calendrier scolaire
« Il est en tout cas cocasse, et cruellement révélateur de l’hypocrisie qui gangrène l’institution scolaire, d’observer qu’en raison de la canicule, le ministère de l’éducation ne s’est pas contenté de reporter les épreuves du brevet des collèges de quelques jours (mesure bienvenue à condition que la chaleur retombe dans les délais escomptés…), mais a également annoncé qu’il permettrait à tous ceux qui seront déjà partis en vacances de le passer en septembre : il suffira de présenter son billet de train ! Autrement dit, le ministère reconnaît ainsi implicitement que, bien que l’année scolaire soit officiellement terminée le 6 juillet, de nombreux élèves seront déjà en vacances, canicule ou pas, à partir du 29 juin. » déplore René Chiche.

Résultats du Bac

19.000 professeurs signent une pétition pour dénoncer des lycéens « trop cons »
« Une année de plus, les conditions du Baccalauréat sont troubles, et les modalités d’examen sont dénoncées par les lycéens pour voir une annulation de leurs épreuves, comme chaque année. Comme chaque année, ce sera un échec. Mais, des milliers de professeurs se sont réunis sur internet pour dénoncer le niveau qui baisse. Enquête.

« Nous voulons bien adapter chaque année les sujets aux étudiants, mais à un moment nous n’allons plus pouvoir beaucoup descendre. Croire qu’Andrée Chédid est un homme a été pour nous la ligne à ne pas dépasser. » Pierre, professeur de Français à Vincennes en banlieue Parisienne, est le fondateur du mouvement « Bordel soyez moins cons ! Fichtre. » qui souhaite partager le combat des professeurs, dénonçant la baisse du niveau en général dans les lycées de France.
Ainsi, pour faire remonter leur colère, leur idée a été de faire comme les lycéens, faire une pétition pour dénoncer la débilité des étudiants de cette année. « On a franchi une limite qu’on n’aurait pas dû dépasser. Bientôt on va devoir leur tenir la main pendant le bac, déjà que tout le monde l’a maintenant. C’est incroyable de croire même que ce diplôme vaut quelque chose en 2019 »

Bac 2019. Des résultats seront-ils retardés par des profs en colère ?
Tous les lycéens auront-ils leurs résultats du bac le 5 juillet ? Des correcteurs ont annoncé qu’ils rendront les notes avec retard.
Plusieurs syndicats dont le Snes-FSU et des groupes d’enseignants tels que « Stylos rouges » et « La chaîne des bahuts », soutiennent cette initiative. Ils fustigent les réformes du ministre de l’Éducation nationale : celles du lycée, du baccalauréat et de Parcoursup qui seraient « inégalitaires », les effectifs qui « débordent dans les collèges et les lycées ». Et surtout, un pouvoir d’achat en baisse : « On demande une hausse des salaires de 40 %. Il s’agit d’un rattrapage par rapport à tout ce qu’on a perdu depuis 1983 », revendique Nicolas Glière du mouvement « Stylos rouges ».

Malaise enseignant

Les enseignants sont-ils vraiment trop payés ?
“Qu’est ce qui peut bien pousser Les Echos et Opinion Way à interroger les français sur le salaire des enseignants ? Alors qu’avec la grève des examens les enseignants prennent le risque de l’impopularité, ce sondage tombe à point nommé pour les montrer du doigt. Car quand on demande aux Français si leur voisin est assez payé, on est sur de la réponse…”

Près d’un millier de postes non pourvus dans le premier degré
“C’est sans précédent. Selon le Snuipp Fsu, 858 postes ne seront pas pourvus dans le premier degré en 2019. Le syndicat demande au ministre de faire appel aux listes complémentaires et d’entamer des discussions pour sortir le recrutement de sa crise.”

Ecole, pas si gratuite

Les gros frais cachés de l’école gratuite
L’enseignement public dans les écoles primaires, en collège et en lycée est gratuit. C’est en tout cas ce qu’affirme l’État français. Dans les faits, la situation est plus compliquée. Selon une enquête du Comité national d’action laïque (CNAL), publiée par Le Monde, la scolarité des enfants pèse en réalité bien lourd dans le budget des familles tout au long de l’année. Cet état des lieux porte sur le primaire et le secondaire et prend en compte un sondage de l’IFOP auprès des parents d’élèves.”
Une dépense qui s’élève en moyenne à 25 euros par an et par enfant dans le primaire et à 135 euros au collège et au lycée. Selon Le Monde, cette dépense place un quart des parents du primaire en difficulté financière et 8 parents sur 10 en collège et lycée.
D’autant qu’à ces frais de matériel scolaire, s’ajoutent le coût des voyages et des sorties scolaires.
Rémy-Charles Sirvent explique ainsi dans Le Monde qu’on "parle de petits coûts, certes, mais accumulés, ils pèsent sur des enfants qui n’ont pas la réussite scolaire en héritage".

L’Ecole française ne fait pas assez pour ses élèves pauvres
“"Il ne fait pas toujours bon être un élève dont la famille est pauvre aujourd’hui". La formule de Jean-Paul Delahaye a trouvé de nombreuses illustrations lors du colloque du Cnal le 25 juin. Directeurs et chefs d’établissement signalent encore massivement des enfants privés de sorties scolaires faute d’argent et même de repas. L’institution scolaire ne se donne pas vraiment les moyens de permettre aux enfants pauvres d’étudier comme les autres.”

Discriminations

Du « quartier » à l’université : découvrez le film « Les défricheurs » en avant-première
Le film documentaire de Fabien Truong et Mathieu Vadepied retrace le parcours de trois étudiants de Seine-Saint-Denis. Il est diffusé en exclusivité sur Le Monde le 25 et 26 juin et sur France 3 le lundi 1er juillet à 00h30 dans le cadre de « L’Heure D ».

Discrimination et racisme ordinaire à l’école ]
“Une cartographie de ce que l’on sait à ce jour sur les processus de racisme et de discrimination raciale à l’école et dans le monde académique, dans leurs articulations avec les autres systèmes de pouvoir et de hiérarchisation sociale.”
Une conférence de Céline Véniat, EHESS, enregistrée en septembre 2018, dans le cadre du colloque "Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université".

Le foulard des accompagnatrices scolaires : une question plus civique que religieuse
« Parce que nous portons un foulard, nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école, mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux. […] »
L’interdiction de sorties scolaires aux mères d’élèves qui arborent un signe religieux vient, une fois de plus, de faire l’objet de débats. Un amendement a été voté dans ce sens par le Sénat le 15 mai, puis a été rejeté le 13 juin par la commission mixte paritaire de députés et sénateurs.
Face à cette polémique récurrente, une question se pose : doit-on attendre des citoyens qu’ils aient démontré leur pleine citoyenneté, selon les normes républicaines, avant de pouvoir contribuer au commun ? Ou, pour le dire autrement, peut-on envisager cette question sous l’angle de la participation sociale ?

Au Japon, quand les universités arrêtent de truquer les résultats, les femmes surpassent les hommes
par Ségolène Forgar :
Il y a plusieurs mois, au Japon, plusieurs universités de médecines avouaient avoir systématiquement abaissé les notes des candidats de sexe féminin. Depuis, les pratiques ont cessé et les femmes en sont les grandes gagnantes.

Etat de l’Ecole

Les publications de la Depp
810 000 élèves évalués en début de sixième sur support numérique en 2018 : des résultats stables par rapport à 2017
Évaluation des acquis des élèves - Note d’information - N°19.26 - juin 2019
En 2018, l’ensemble des élèves de sixième ont été évalués en français et en mathématiques sur support numérique (810 000 élèves dans plus de 7 000 établissements) pour la deuxième année consécutive.
En français, plus de huit élèves sur dix ont une maîtrise satisfaisante ou très bonne des connaissances et des compétences évaluées en début de sixième. En mathématiques, ils sont un peu plus de sept sur dix. Ces résultats sont très proches de ceux observés en 2017.
Les écarts entre académies restent importants. Si la tonalité sociale des académies est susceptible d’expliquer une partie de ces écarts, certaines se distinguent toujours par de meilleurs résultats que ceux attendus compte tenu des profils sociaux de leurs élèves.
Ainsi, l’analyse des écarts de maîtrise entre élèves selon leur origine sociale montre que certaines académies parviennent à combiner efficacement performance et équité à l’entrée au collège
.”

L’un de ces articles est un faux. Tellement crédible. L’avez-vous reconnu ?

Catherine Rossignol

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Clio...

26 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Iris Murdoch...

26 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

https://www.the-tls.co.uk/articles/public/iris-murdochs-philoso-fiction/

https://www.the-tls.co.uk/articles/public/iris-murdochs-philoso-fiction/

Mor revint lentement vers la sortie, donna son ticket de quai, déboucha dans le grand soleil et demeura immobile dans la cour déserte et poussiéreuse de la gare où régnait un silence total maintenant que le grondement du train s'était évanoui dans les lointains. Il resta là un moment, saisi d'une obscure sensation de bien-être et, dans le calme du matin, eut en quelque sorte l'impression que beaucoup, beaucoup de choses agréables l'attendaient. Et puis, des profondeurs de son être, jaillit soudain avec une certitude dévastatrice l'explication de cette allégresse: il était amoureux de Miss Carter. Il était là à contempler la poussière de la cour quand cette pensée prit forme; cela lui donna une telle secousse qu'il faillit tomber. Il fit un pas en avant. Il était amoureux. Et pas simplement un petit peu amoureux: terriblement, désespérément, impérieusement amoureux. Alors il fut envahi d'une joie indicible.

Iris Murdoch - Le Château de sable

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Faut-il supprimer les manuels scolaires?...

26 Juin 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Faut-il supprimer les manuels scolaires?...

EXTRAIT

On pointe souvent le fait que les manuels scolaires alourdissent les cartables des élèves. Ils pèsent aussi sur les budgets et ne sont pas simples à renouveler quand les changements de programme scolaire s'accélèrent – en témoignent les débats dans les régions au sujet de l'achat des prochains ouvrages pour le lycée, en phase avec la réforme du bac.

Cependant, au-delà de ces inconvénients pratiques, les manuels gardent une place symbolique forte, imprégnant l'imaginaire et les souvenirs de générations d'élèves (citons les exemples du petit Lavisse en histoire et des Lagarde et Michard en français), sonnant le début et la fin des années scolaires, de leur distribution à leur remise.

Comment expliquer cette longévité et cette importance? Quel peut être l'avenir du manuel scolaire à l'heure des multiples réformes ministérielles et du tout numérique?

Révélateur des volontés politiques

Ouvrage papier regroupant une somme de connaissances d'une discipline, le manuel est une «fausse évidence historique», comme l'a écrit Alain Choppin, pionnier des études à ce sujet.

Outil scolaire aux multiples facettes, il se situe effectivement à l'interface entre l'administration et le corps enseignant, entre les élèves et les profs, entre les familles et l'institution. C'est aussi un produit commercial: en France, l'édition scolaire est un marché économique de premier plan, représentant 14% du chiffre d'affaires annuel du secteur.

Dépositaire d'une histoire officielle, le manuel scolaire est le révélateur des volontés politiques et des possibles discriminations. En 2008, un rapport réalisé pour la Halde avait analysé et dénoncé le sexisme des manuels scolaires français, qui reflètent la domination patriarcale de notre société.

Une étude de l'Unesco publiée à la fin 2016 a précisé que si les manuels de la plupart des pays du monde, et en l'occurrence français, mentionnent de plus en plus les droits des femmes, elles sont encore aujourd'hui montrées dans des rôles traditionnels ou subalternes par rapport aux hommes.

Le manuel scolaire est bien un enjeu sociétal majeur, et ce n'est pas un hasard si le gouvernement hongrois de Viktor Orban l'utilise pour maintenir une inégalité entre les filles et les garçons conforme à sa politique réactionnaire.

(...)

Sylvain Wagnon

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Service national universel: Allons enfants de la Patrie! (Video)

26 Juin 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #SNU

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Et si l'on en finissait avec le DNB (Brevet des collèges) tel qu'il est?...

26 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Et si l'on en finissait avec le DNB (Brevet des collèges) tel qu'il est?...

La canicule qui sévit sur la France entraînant le report du DNB a eu au moins un mérite. Celui de constater que bon nombre d'élèves, de parents et aussi d'enseignants n'attachaient plus une grande importance au Diplôme National du Brevet, devenu routinier et dont chacun reconnait qu'il ne correspond en aucun cas à ce que le ministère décrit comme un "rite de passage" ou comme la validation d'acquis en fin de 3e. L'expression "cycle 4" n'ayant plus très bonne presse rue de Grenelle, ce qui est fort dommage.

N'a-t-on pas entendu ces parents affirmer que leurs enfants passeraient l'épreuve en septembre lors de la session dite de "rattrapage" car ils ne pouvaient se permettre de repousser leurs dates de départ en congés. Si Paris vaut bien une messe, le soleil vaut bien le sacrifice du Brevet. Et vaut bien aussi, au passage, de considérer la fin d'année scolaire officielle comme sans intérêt.

Le Brevet - pour faire court - dans sa forme actuelle n'a aucun intérêt. Philippe Meirieu le disait très bien dans son dialogue avec Xavier Darcos, parlant de cet examen:

"... un  test  commun  qui,  si  celui-ci  ne prend  pas  la  forme  d’un  investissement  personnel,  favorise  tous  les  excès  du  bachotage et l’envahissement des livres de recettes parascolaires."

Et Philippe Meirieu d'ajouter:

"Mieux vaut une véritable épreuve au sens initiatique du terme, un rite de passage constitué par un examen intelligent plutôt qu’une série d’exercices  formels  dont  les  contenus  seront  oubliés  le  lendemain  de  l’examen. "

in Deux voix pour une école, Philippe Meirieu et Xavier Darcos, Ed Desclée de Brouwer

Le Diplôme National du Brevet, auquel on a ajouté le contrôle continu, un oral - qui devrait lui-aussi être totalement refondé tant il ressemble à tout sauf à un ORAL! - et quelques disciplines mises en lumière parfois par tirage au sort, doit être supprimé pour être remplacé par d'autres réalisations que chaque aurait à construire tout au long du cycle 4 (5e/4e/3e). 

Pourquoi par exemple, mais tous les apports sont bienvenus, ne pas imaginer la construction de dossiers comportant un texte en langue étrangère, une approche historique, littéraire et économique d'un métier? Un dossier qui serait préparé par les élèves et mis en pages sur ordinateur avec l'aide des professeurs d'arts plastiques et de technologie. Il serait défendu devant un jury comprenant un enseignant du collège et un professionnel. 

Sans oublier bien évidemment - je cite encore Philippe Meirieu dans l'ouvrage cité -  "l’ambition  culturelle  autour  de l’histoire,  des  arts  et  de  la  littérature" car il ne serait évidemment pas question de négliger cette ambition au profit de seules compétences techniques.

Voilà 30 ans exactement que des propositions - celles ci-dessus et bien d'autres - sont faites dans le désert! Ni la droite et hélas pas suffisamment la gauche n’ont voulu prendre la question du collège à bras-le-corps, et a fortiori la question du Brevet.

On laisse subsister depuis toujours ce faux certificat d’études. Qui ne va d'ailleurs pas tarder à être déserté par les "bons élèves". En 1989, Lionel Jospin avait été alerté (par Philippe Meirieu) d'une expérience du DNB par "brevets" avec les collèges de la vallée du Gier (Etablissements très déshérités). Il n'y eut aucune suite.

Dans les années qui ont suivi, TOUS les conseillers, y compris ceux qui entouraient les ministres de l'Education Nationale successifs entre 2012 et 2017, étaient plus fascinés par l’aura de Frédéric Taddei - que j'apprécie par certains aspects de ses recherches mais pas toutes - et par les idées du WISE (Au secours!), et soucieux de flatter les lobbies en place, que par la nécessité de s'attaquer de front au collège et de profiter de la réforme de celui-ci - réforme que Najat Vallaud-Belkacem avait commencé à mener courageusement mais non sans mal ni obstacles - pour rénover complètement le Brevet.

Or depuis mai 2017, chacun sait très bien que le pilotage par la nature des épreuves d’examen, cela fonctionne.  Et que c’est beaucoup plus difficile à détricoter ensuite qu’une réforme, pourtant urgentissime, des enseignements. Jean-Michel Blanquer, actuel Ministre de l'Education Nationale, a parfaitement compris cela, lui qui réforme le lycée par le Bac quand c'est tout l'inverse qui devrait être mis en place.

J'appelle tous les acteurs de l'Ecole à réfléchir, à proposer, à contredire.

A ouvrir un chantier pour construire des enseignements au profit d'un "examen" plutôt que maintenir ou fabriquer des examens qui obligent la fabrication d' enseignements et de leur pédagogie.

Christophe Chartreux

Lien vers le livre cité (format PDF)

https://www.meirieu.com/LIVRESEPUISES/deux_voix_une_ecole.pdf

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Est-ce que les professeurs devront suivre des formations pendant les vacances?...

26 Juin 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Est-ce que les professeurs devront suivre des formations pendant les vacances?...

Les syndicats enseignants s'opposent à un projet de décret instaurant une allocation pour les enseignants qui suivraient une formation pendant les vacances.

Bonjour,

Vous nous avez posé cette question : «Je vois passer sur les réseaux sociaux des messages qui disent qu’un décret de la loi Blanquer va pouvoir obliger les profs à suivre des formations pendant les vacances. Mais j’ai aussi entendu dire que ces formations ne seraient pas obligatoires et qu’elles seraient rémunérées. Qu’en est-il vraiment ?».

Un projet de décret prévoit de créer une allocation pour les enseignants qui suivent une formation pendant les vacances scolaires. Le texte en cours de préparation a été présenté aux organisations syndicales qui s’y sont opposées à deux reprises, les 12 et 20 juin en comité technique ministériel. Leur avis étant uniquement consultatif, le décret devrait être publié dans les jours à venir au journal officiel, au grand dam des représentants du personnel. «La notion de volontariat [proposée par les syndicats, ndlr] a été refusée par l’administration», explique le SNUIPP (principal syndicat des enseignants du primaire).

Préparer la réforme du Bac

Que dit le texte ? Dans sa version provisoire mise en ligne par le site spécialisé café pédagogique, le projet de décret précise que les formations peuvent être «à l’initiative de l’autorité compétente ou après son accord». Ainsi, les professeurs pourraient être convoqués pendant les vacances, dans la limite de cinq jours par année scolaire, et non uniquement sur la base du volontariat comme le prévoient les textes actuellement. Cette rémunération qui doit être fixée par arrêté s’élèverait à 120 euros brut par jour, d’après les syndicats. Contacté par CheckNews, le ministère n’a pas (encore?) répondu.

Par ailleurs le projet de décret est prévu pour s’appliquer rétrospectivement à partir du 1er avril (toujours d’après la version provisoire). De fait, certains ont déjà commencé à assister à des formations pendant les congés scolaires, en vue de préparer la réforme du Bac. «Majoritairement des professeurs de mathématiques et de STI qui se forment à la nouvelle spécialité «numérique et sciences informatiques» (NSI)», indique Xavier Marand, secrétaire général adjoint du snes-FSU.

Cette nouvelle mesure permettrait aussi d’éviter de devoir remplacer des professeurs convoqués en formation sur le temps scolaire, estime le site café pédagogique.

Une partie des vacances est déjà consacrée au travail

Le problème, d’après le Snuipp, est que «les vacances des élèves ne sont pas celles des enseignants». En maternelle, à l’école primaire, comme au collège ou au lycée, «les enseignants doivent corriger les copies et préparer leurs cours», rappelle Xavier Marand.

«En moyenne, les enseignants déclarent travailler, tout ou en partie, plus de 18 jours de congé sur l’année, répartis en 8 jours pendant les congés d’été et près d’un jour et demi par semaine pendant les autres vacances», peut-on lire, par exemple, dans une étude de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) de 2013 sur le temps de travail des enseignants du second degré. Cette moyenne atteint 20 jours de congé pour les professeurs du primaire, «répartis pour moitié entre les congés d’été et les autres vacances», toujours selon la Depp.

La question du temps de formation en dehors du service a aussi été débattue par le Parlement, à l’occasion de l’examen du projet de loi Blanquer (pour une Ecole de la confiance). Le Sénat avait adopté un nouvel article en première lecture, précisant que «la formation continue s’accomplit en priorité en dehors des obligations de service d’enseignement», mais la disposition a été supprimée par la commission mixte paritaire, chargée de trouver un compromis sur le texte.

Cordialement

Emma Donada

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Najat Vallaud-Belkacem : “Avoir l’ENA m’aurait fermé des portes”...

25 Juin 2019 , Rédigé par Les Echos Start Publié dans #Education

Najat Vallaud-Belkacem : “Avoir l’ENA m’aurait fermé des portes”...

PODCAST // Un mardi sur deux, assistez à la rencontre entre une femme expérimentée et une jeune active ou étudiante qui veut faire carrière dans le même domaine. Aujourd’hui, c’est l’ex-ministre de l’Education nationale et des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, qui livre ses conseils de carrière.

Née au Maroc et élevée à Amiens, Najat Vallaud-Belkacem a fait ses études à Sciences Po. Elle échoue aux portes de l’ENA. Un accident dont elle a saisi les opportunités, comme réaliser des mandats municipaux à Lyon. Elle a ensuite été Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement sous François Hollande, puis ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Dans ce cinquième épisode du podcast Sillages, elle livre de précieux conseils à Elsa Polycarpe, étudiante en master Politiques Publiques à Sciences Po qui souhaite savoir comment s'engager dans la vie quotidienne. L’ex-ministre met l’accent sur l’importance de s’entourer de personnes qui ont des idées radicalement différentes des vôtres. Elle aborde la question de la fonction publique : comment l’intégrer ? Le concours de l’ENA est-il un passage obligé ? Et une fois que l’on a réussi, comment ne pas se faire étiqueter et à quel échelon a-t-on le plus d’impact ?

Najat Vallaud-Belkacem et Elsa, étudiante engagée, discutent aussi féminisme, plafond de verre et stéréotypes de genre dans les métiers.

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Discrimination et racisme ordinaire à l'école (Vidéo)

25 Juin 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Une cartographie de ce que l’on sait à ce jour sur les processus de racisme et de discrimination raciale à l’école et dans le monde académique, dans leurs articulations avec les autres systèmes de pouvoir et de hiérarchisation sociale.

Le colloque "Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université" vise à contribuer à rendre visibles, audibles et discutables publiquement des questions controversées, des travaux peu visibles ou méconnus ainsi que des problématisations laissant leur place aux "savoirs assujettis". Il vise également à ouvrir un espace public autour de l’échange et de la confrontation d’analyses, permettant le dialogue entre des points de vue de recherche et des points de vue de l’action, sur ces questions insuffisamment légitimes malgré leur importance sociale et politique.

Une conférence enregistrée en septembre 2018, dans le cadre du colloque "Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université".

Céline Véniat, EHESS,

Iman Ben Lakhdar, CNRS.

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