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Vivement l'Ecole!

"La loi Blanquer vers un compromis" - Et ce n'est pas réjouissant...

12 Juin 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"La loi Blanquer vers un compromis" - Et ce n'est pas réjouissant...

EXTRAITS

Les acteurs de l'éducation retiendront leur souffle le 13 juin au moment où la commission mixte paritaire examinera la loi Blanquer. Sortie en deux versions nettement différentes de l'Assemblée et du Sénat, la loi devrait pourtant devenir définitive le 13 juin. D'après les indiscrétions recueillies par le Café pédagogique, la commission devrait trouver un compromis sur le texte de la loi. A cet article de tenter d'en définir les termes.

(...)

La réunion de la CMP du 13 juin

C'est tout le travail de la  Commission mixte paritaire qui se réunit le 13 juin. On y retrouve les ténors qui ont porté la loi. Pour l'Assemblée nationale, Bruno Studer, président de la commission de l'éducation (LREM), F Chevrier et AC Lang (LREM), rapporteures, A Freschi (LREM), N Essayan (Modem) , F Reiss et M Minot (LR) le premier auteur de plusieurs rapports sur l'éducation. Parmi les sénateurs, M Brisson (LR), rapporteur, J Grosperrin (LR), qui a apporté les principaux amendements au texte, C Morin Desailly (centriste) présidente de la commission de l'éducation du Sénat, L. Darcos (LR), M Blondin et MP Monier (PS), A Karam (LREM). A ces 14 membres titulaires s'ajoutent 14 suppléants dont certains ont joué un rôle important dans la fabrication de la loi : F Laborde (RDSE), R Juanico (PS), C Brulin (PC), C Rilhac (LREM), S Rubin (LFI), par exemple.

Une analyse rapide de la commission mixte paritaire montre que le sort de la loi va se jouer entre Républicains et LREM. On pouvait imaginer une vraie bataille des sénateurs LR contre la majorité après les annonces présidentielles sur la réforme du Sénat. On pouvait imaginer que la majorité sénatoriale refuse tout compromis sur la loi Blanquer comme il vient de le faire à propos de la loi sur Notre Dame. Après tout on trouve dans la loi Blanquer la même règle dérogatoire aux marchés publics qui a nourri l'opposition du Sénat à la loi sur Notre Dame. Résultat : en l'absence de compromis en commission mixte paritaire, la loi doit repasser devant les deux assemblées, ce qui va prendre du temps. Pour la loi Blanquer, un tel scénario repousserait l'application de la loi à la rentrée 2020 au lieu de la rentrée 2019.

(...)

Le principe de l'obligation scolaire à 3 ans, c'est à dire du versement de 100 à 150 millions à l'enseignement privé par les communes, celles ci étant compensées par l'Etat, est acquis. Rappelons que c'est pur cadeau : les 27 000 enfants de 3 ans non encore scolarisés ne le seront pas plus demain et encore moins dans le privé. Environ 10 000 sont accueillis en jardin d'enfant et le compromis pourrait porter sur la pérennisation de ces jardins avec interdiction d'en ouvrir de nouveaux. Environ 7000 enfants sont en Guyane et à Mayotte où il n'y aura ni batiments ni enseignants pour les accueillir avant longtemps. Les autres relèvent souvent de l'éducation spécialisée. Comme la compensation par l'Etat va mettre du temps (probablement 2 ans), la mesure va probablement impacter le budget des écoles publiques au moment où le privé pourra améliorer sa concurrence avec le public en baissant ses tarifs grâce à cet apport inattendu d'argent public.

Les EPSF ont été supprimés par le Sénat. Ils ne reviendront pas, nous disent nos sources. La mobilisation enseignante a fait reculer les élus mais aussi le ministre qui a reconnu devant le Sénat que le moment n'était pas encore venu.

L'article 1 , qui a aussi mobilisé les enseignants, sera maintenu avec tout ce que ce maintien va entrainer pour les enseignants. La jurisprudence sur "l'exemplarité" des enseignants va avoir force de loi.

La question de l'avenir du Cnesco pour maintenir une évaluation indépendante de l'Ecole a réuni des élus de tous bords, des Républicains aux communistes. JM Blanquer devrait avoir satisfaction. On mesurera probablement dans quelques années à quel point cela va changer radicalement l'avenir de l'Ecole. Sans le Cnesco, il n'y aura plus de débat argumenté , associant chercheurs et praticiens, sur l'Ecole, plus d'information nuancée et fiable de ce niveau sur les questions éducatives. 

La création des EPLEI, ces établissements d'élite à recrutement socialement favorisé, sera actée. Le gouvernement va pouvoir reconstituer les petits lycées et une scolarisation totalement à part pour les plus favorisés comme cela existait sous la IIIème République.

Les amendements les plus extrêmes portés par la majorité du Sénat , la suspension des allocations familiales pour les parents d'élèves absents, l'interdiction du voile pour les accompagnatrices, ne devraient pas être repris dans le texte de la loi. Ce devrait être le cas aussi pour le pouvoir hiérarchique donné aux directeurs ou l'affectation sur contrat de mission.

(...)

F Jarraud

Notre dossier sur la loi Blanquer

Le dossier législatif

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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A (re)voir... Le Professeur... (En version intégrale enfin!)

12 Juin 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Cinéma

Produit, joué et remonté en 1972 par Alain Delon, le film de Valerio Zurlini sur le mal-être d’un prof épris d’une élève ressort en version intégrale inédite.

Suite à lire en cliquant ci-dessous

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Pas de tri sélectif dans l’école de la République... (+ commentaire)

12 Juin 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Pas de tri sélectif dans l’école de la République... (+ commentaire)

La réforme Blanquer repose, de la maternelle au lycée, sur une application du libéralisme économique à l’éducation. Le projet de loi creuse encore les inégalités. Pire, il les érige en principe.

Tribune. L’école est une chose trop grave pour la confier au seul ministre de l’Education nationale. Elle est un bien commun. Que nous ayons des enfants ou pas, elle nous concerne. Elle est de ces enjeux cruciaux pour ce qui fait une société : la transmission, la lutte contre les injustices sociales, l’émancipation des êtres en devenir, l’aspiration à l’égalité. Bien sûr, elle ne saurait à elle seule faire face aux iniquités qui structurent notre monde et, sournoisement, s’érigent en système. Mais elle occupe, pour y résister, une place essentielle, celle qui rend possible pensée critique et action sur le monde.

Le projet de loi Blanquer suscite depuis des mois l’indignation et l’opposition des enseignantes et enseignants. Nous avons entendu leur cri d’alarme et leur appel : «La guerre est déclarée à tous les cancres de Prévert et autres Tistou les pouces verts.» Et nous leur répondons : oui, nous les soutenons, comme des milliers de parents d’élèves le font déjà. Cela nous paraît déterminant, surtout quand on voit se multiplier les sanctions et les atteintes à leur liberté d’expression. L’assignation à l’exemplarité martelée par l’article 1 du projet est une façon de jeter la suspicion sur le corps enseignant. Loin de la «confiance» ressassée comme un sésame par le ministre de l’Education, c’est plutôt une méfiance qui leur est adressée. Il y est question de ne pas critiquer l’institution. Pourtant, cette capacité critique est nécessaire pour ne pas accepter le monde tel qu’il est et tel qu’il va, pour ne pas ingérer sans broncher les «réformes» comme si elles allaient de soi. A Dijon, une enseignante a été convoquée pour avoir expliqué dans une lettre son opposition à Emmanuel Macron. A Lodève, un enseignant a reçu une admonestation pour avoir pointé du doigt la suppression de directrices et directeurs d’école avec le projet de loi. Au Havre, une directrice d’école a été blâmée et mutée pour avoir critiqué la réforme en écrivant aux parents. Beaucoup d’autres ont reçu des courriers de mise en garde contre l’expression de leur contestation. Ce n’est rien de moins qu’une mise au pas. «Rappel à l’ordre», disent les sanctions : il s’agit bien de cela. Rappel à un ordre contestable, qui trop souvent nous enjoint de nous taire et d’accepter sans autre forme de procès.

Cette nouvelle «réforme» repose, de la maternelle au lycée, sur une application du libéralisme économique à l’éducation. En imposant la scolarité dès l’âge de 3 ans, le projet oblige les communes à financer les écoles privées. C’est inacceptable quand les services publics sont de plus en plus attaqués. Le ministre nous dit que l’école inclusive sera la norme. Mais comment l’imaginer possible quand la réforme prévoit la mutualisation de leurs accompagnants entre plusieurs élèves en situation de handicap dans les classes ? Dès la maternelle, des établissements publics internationaux viendront concurrencer les «établissements des savoirs fondamentaux». Un tri social sera alors organisé à l’entrée de l’école. A tous les niveaux, tandis que l’on supprime des postes et que des classes sont fermées, des assistantes et assistants d’éducation pourront enseigner pour faire face à la pénurie de moyens humains, sans formation et avec des salaires au rabais. Et, comme on le sait, les drapeaux imposés dans toutes les salles de classe ne sauront être les garants d’un «liberté, égalité, fraternité» bien abîmé. Ou peut-être serviront-ils à masquer des murs de classe bien défraîchis ? Mesures-masques, rustines et rafistolages…

Au lycée, le projet de loi exige que les élèves choisissent au plus vite des «spécialités» : mais dans beaucoup d’établissements, certaines d’entre elles n’existent pas, tout simplement. Voilà qui va encore accentuer les inégalités. Le baccalauréat en portera la marque : avec le contrôle continu et les formules à la carte, il n’aura plus la même valeur ici et là. Dans ce prolongement, à l’université désormais, Parcoursup impose une sélection drastique, répand l’anxiété et l’exclusion parmi les jeunes et dans leurs familles, d’abord parmi les moins dotées. Nous savons bien que, en l’état actuel, il y a déjà des «délits d’initiés» - dans le choix des établissements scolaires, dans l’orientation et les filières. Il ne s’agit pas de s’arc-bouter sur l’existant ni de s’y agripper désespérément. Mais le projet de loi en creuse encore les inégalités. Plus encore, il les érige en principe.

Le tri sélectif, c’est sans doute bien pour l’environnement ; mais c’est une catastrophe démocratique pour l’enseignement. Nous en avons assez de ce monde marchand, de la mise en concurrence et de la compétitivité, dont les critères et les fausses valeurs entendent s’imposer partout, à la façon d’un rouleau compresseur. Il y a urgence à résister. C’est pourquoi nous disons ici notre pleine solidarité aux enseignantes et enseignants qui déploient depuis des mois une mobilisation constructive et opiniâtre contre ce projet de loi, pour une école émancipatrice. Une société plus juste et plus humaine, soucieuse d’égalité, se doterait sans conteste d’autres piliers que la sélection et la compétition. C’est à cette société que nous aspirons ; c’est à cette société que nous voulons travailler.

Signataires :

Etienne Balibar (philosophe), Ludivine Bantigny (historienne), Dominique Cabrera (cinéaste), Patrick Chamoiseau (écrivain), Laurence De Cock (historienne), Annie Ernaux (écrivaine), Mathilde Larrère (historienne), Philippe Mangeot (militant associatif), Guillaume Mazeau (historien), Gérard Mordillat (écrivain), Anna Mouglalis (actrice), Gérard Noiriel (historien), Antoine Peillon (journaliste), Joël Pommerat (auteur et metteur en scène), Thomas Porcher (économiste), Denis Robert (journaliste et écrivain), Pierre Schoeller (cinéaste), Barbara Stiegler (philosophe), Bertrand Tavernier (cinéaste), Sophie Wahnich (historienne). Pour alimenter la caisse de grève : Bloquonsblanquer.fr/caissesdegreve

                                              _______________________

Commentaire

Cette tribune a le mérite de poser les problèmes, de les exposer, de les faire connaître.

Ce n'était certes pas son objet mais il perd de sa force en ne disant pas vraiment quelle Ecole - au sens très large - il veut.

J'aurais aimé lire ne serait-ce que quelques mots sur la volonté d'une Ecole totalement refondée, à l'image, mais sans les copier-coller et en respectant les spécificité françaises, l'Histoire de notre Education, des écoles nord-européennes (entre autres) qui ont su un jour renverser la table VRAIMENT pour TOUT refaire.

Sans atteindre la perfection certes mais en tournant le dos aux vieilles lunes tout en sachant utiliser ce qui fonctionnait pour le plus grand nombre et inventer ce qui aujourd'hui fonctionne pour le plus grand bien.

De toutes et tous.

Christophe Chartreux

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Revue de Presse Education... Education et beaucoup d’éducation...

12 Juin 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Education et beaucoup d’éducation...

En vrac une récolte de ces derniers jours

Education et beaucoup d’éducation

Vendée : l’école, c’est sacré, la manquer, c’est pécher !
Les absences de la fille d’un notaire vendéen pour cause de vacances décalées n’ont pas plu à la directrice d’école. Son père conteste sa condamnation.
L’école, en Vendée, c’est sacré ! Mais de là à se retrouver devant la justice pour avoir fait manquer à plusieurs reprises la classe à sa fille, il y a un fossé… que la directrice d’un établissement et la justice locale ont pourtant sauté. Sans doute un peu vite.
C’est en tout cas le sentiment exprimé récemment par les magistrats de la cour d’appel de Poitiers appelés à statuer sur ces étonnantes poursuites pour « manquement sans motif légitime à l’obligation scolaire par responsable d’enfant malgré avertissement administratif »
.”

Éducation nationale : comment Blanquer s’efforce de dompter le « Mammouth » Par Marie-Estelle Pech. Pour abonnés
Taxé d’autoritarisme, chahuté dans des manifestations, le populaire ministre de l’Éducation poursuit ses réformes vaille que vaille et garde la confiance de l’exécutif.”

Gérard Pommier : « Le ministère de l’Éducation gagnerait à plus de clarté » Par Marie-Estelle Pech
INTERVIEW - Gérard Pommier est le président de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public. Classée au centre droit, elle compte 200.000 familles.
LE FIGARO. - Depuis votre élection à la tête de la PEEP en 2017, vous avez eu l’occasion de rencontrer le ministre de l’Éducation à de nombreuses reprises. Êtes-vous toujours séduit par cet homme politique qu’une partie des enseignants qualifient aujourd’hui d’autoritaire ?

Conseil de classe Emmission à écouter avec : Faiza Zerouala, journaliste à Mediapart, Gurvan Le Guelec, journaliste à l’Obs, Marie-Estelle Pech, journaliste au Figaro.

A quelques semaines de la fin de l’année scolaire Etre et savoir dresse le bilan d’une année chargée, entre loi sur l’école, contestation des réformes et nouveau baccalauréat.”

« Ce n’est pas le principe du mérite qu’il faut rejeter mais son caractère hégémonique »
Tribune de Marie Duru-Bellat Professeur émérite de sociologie à Sciences-po
Dans une tribune au « Monde de l’éducation », la professeure de sociologie Marie Duru-Bellat s’interroge sur la confiance très grande des politiques envers la méritocratie.”

Education nationale : à l’école de l’inégalité par Olivier Auguste
“C’est une forme héréditaire de condamnation à perpétuité. Un handicap sur la ligne de départ. La plus grande injustice en France est la reproduction des inégalités. Naître dans une famille pauvre constitue le plus grand risque de devenir pauvre ; avoir des parents dont le travail est précaire ou pénible (ou des parents immigrés, ce qui revient souvent au même) vous prédestine au même sort, vient de rappeler l’Observatoire des inégalités, après l’OCDE. En somme, les inégalités de revenus et de patrimoine ne sont pas tant la cause de nos malheurs que leur conséquence.”

Jean-Michel Blanquer continue d’avoir la réformite aiguë Par Faïza Zerouala pour abonnés
Le ministre de l’éducation nationale multiplie les projets de réforme. Il vient d’annoncer qu’il allait repenser le brevet des collèges. Parallèlement, la réforme du baccalauréat continue de crisper les enseignants. Plusieurs syndicats appellent à la grève le jour de l’examen le 17 juin.”

« On demande aux élèves d’école maternelle de laisser leur jeune âge aux portes des salles de classe » Tribune de Pascale Garnier Sociologue, professeur en sciences de l’éducation, laboratoire EXPERICE
La sociologue Pascale Garnier estime dans une tribune au « Monde » que la place donnée à l’instruction dès l’âge de 3 ans dans la circulaire de rentrée du ministre de l’éducation « n’est pas totalement nouvelle ».”

« Les TPE disparaissent à 20 ans à peine, mais pour une réforme de l’éducation, c’est un âge respectable » Tribune de Claude Garcia Professeur de sciences économiques et sociales, blogueur
« De nombreux professeurs regrettent déjà les travaux personnels encadrés » qui disparaissent avec la réforme du lycée, estime dans une tribune au « Monde » Claude Garcia, professeur de sciences économiques et sociales et blogueur.” Quand vous voulez faire accepter une réforme, supprimez-là…. Il y a 20 ans, l’accueil des TPE ?

Trois villes du Val-d’Oise retenues pour le label « cités éducatives »
Ces trois villes sont Sarcelles, Villiers-le-Bel et Garges-lès-Gonesse. Le projet des « cités éducatives » a été expérimenté à Grigny, dans l’Essonne. Il va être étendu à tout le pays.”

Orientation professionnelle : la Région Pays de la Loire à la manœuvre
Désormais en charge de la compétence Orientation, la Région consulte et réunit les acteurs concernés avant d’arrêter son plan. Déjà, des premières mesures ont été décidées.”

L’éducation doit mettre au centre « la personne dans son intégralité », rappelle le Pape Vidéo et texte
Dans un message vidéo, le Pape François s’adresse aux participants au congrès mondial de l’OIEC (Office international de l’Enseignement Catholique), qui se clôture ce 8 juin à New-York après trois jours de travaux. Il mentionne trois difficultés actuelles qui mettent en péril la dimension humaniste de l’éducation des jeunes. Des pistes pour les dépasser sont proposées par le Saint-Père.”

et en même temps :
Le Vatican diffuse un texte destiné à lutter contre la supposée « théorie du genre » Le Monde avec AFP
"Le texte doit à présent être confié aux présidents des conférences épiscopales, qui devront le transmettre aux établissements d’enseignement catholique."

L’éducation sexuelle rendue inexistante par la religion en Alabama Agence France-Presse
En Alabama, il suffit de lever les yeux pour voir une église. Bientôt, les classes des écoles publiques pourraient arborer des crucifix et l’avortement être considéré comme un meurtre. C’est là qu’a grandi Margaux Hartline, à qui on a appris qu’il fallait rester vierge jusqu’au mariage.”

La mauvaise cyber éducation Chronique de Guillemette Faure
Le 3 juin, en compagnie de Brigitte Macron, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer remettait des prix aux jeunes gagnants du concours « Non au harcèlement ». La chroniqueuse de « M » y était.”

Numérique éducatif : quand tout va vraiment trop vite pour tout le monde (moi y compris) Par Michel Guillou sur son blogue : Culture numérique
Voilà cinq longs mois que je n’ai rien écrit d’autre que des commentaires en réaction à l’actualité, sur les réseaux sociaux. Voilà cinq mois donc, presque six bientôt, que je n’ai rien écrit sur ce blogue, quand il y a quelques années j’étais capable d’écrire jusqu’à cinq articles par mois.”

Après l’affaire Jean Willot, mieux accompagner les enseignants qui font l’objet d’accusation Par Séverin Graveleau
En mars, le suicide d’un enseignant après le dépôt d’une plainte d’un parent pour « violence aggravée sur mineur » a provoqué émotion et indignation dans la communauté enseignante. Un « protocole d’action » doit être mis en place par le ministère.”

Parcoursup : 100 000 jeunes toujours en attente
À un peu moins d’une semaine de l’épreuve de philo qui traditionnellement marque le coup d’envoi des épreuves du bac, ils sont un peu plus de 100 000 futurs bacheliers à ne pas savoir ce qu’ils feront à la rentrée prochaine. Donc un peu plus de 15 % des lycéens n’ont toujours pas reçu de proposition sur Parcoursup, la plate-forme d’orientation pour s’inscrire dans l’enseignement supérieur.”

Bilan social : Explosion des non titulaires et des démissions
La publication du Bilan social de l’éducation nationale répercute avec un peu de retard les évolutions liées à la politique gouvernementale. Néanmoins, le Bilan 2019 souligne des orientations cohérentes avec la loi de transformation de la Fonction publique : la montée des contractuels et les départs "volontaires" des enseignants. Cette année comme les années précédentes l’éducation nationale n’évite ni les inégalités salariales ni celles de genre.”

La réduction de la taille des classes suffit-t-elle à améliorer la réussite des élèves ? L’enjeu est de comprendre ce qui se passe dans la classe. Par Romuald NORMAND Recherches et Études en Europe
La recherche sur la taille des classes a dégagé plus de conclusions par les chercheurs que ce que peuvent en tirer les décideurs politiques. On a d’ailleurs dit à ces derniers que l’important corpus des données de recherche sur la taille des classes donnait surtout des résultats ambigus et inconsistants. Ni les expérimentations à large échelle (Pate-Bain et Achilles, 1986 ; Finn et Achilles, 1990, 1999 ; Weis, 1990 ; Word et al, 1990 ; Pate-Bain et al, 1992 ; Mosteller, 1995 ; Molnar et al, 1999 ; Nye et al, 2000), ni les synthèses statistiques à partir des études pertinentes sur la taille des classes (Glass & Smith, 1978 ; Robinson & Wittebols, 1986 ; Slavin, 1989), ni les réanalyses de l’étude expérimentale influente du Tennessee (Prais, 1996 ; Goldstein & Blatchford, 1998 ; Grissmer, 1999) ne fournissent un appui clair pour affirmer que la taille des classes constitue un déterminant important de la réussite des élèves.”

Bernard Desclaux

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Sona Jobarteh...

11 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Henryk Sienkiewicz...

11 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Henryk Sienkiewicz...

Je venais à peine de quitter la robe prétexte quand on m’envoya aux légions d’Asie. Ainsi je n’ai pu connaître ni la ville, ni la vie, ni l’amour. Je sais de mémoire quelque peu d’Anacréon et d’Horace, mais je ne pourrais, comme Pétrone, réciter des vers, surtout quand l’admiration, paralysant mon esprit, l’empêche de trouver des mots pour exprimer ce qu’il conçoit. Enfant, je fréquentais l’école de Musonius, lequel nous enseignait que le bonheur, consistant à vouloir ce que veulent les dieux, dépend donc de notre volonté. Moi, je pense, au contraire, qu’il en est un autre plus grand, plus précieux, et indépendant de la volonté, car l’amour seul peut le donner. Les dieux eux-mêmes en sont à chercher ce bonheur ; et moi, ô Lygie, qui jusqu’alors n’ai rien su de l’amour, je fais comme eux et je cherche celle qui voudra me donner le bonheur…

Henryk Sienkiewicz - Quo Vadis

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Macronie: vers le parti unique...

11 Juin 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

Macronie: vers le parti unique...

Chez LREM, la politique cynique du parti unique

«Etes-vous prêts à faire passer votre pays avant votre parti ?» Le pluralisme, ennemi de la patrie, il fallait oser. Dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, la ministre Marlène Schiappa, avec sa casquette de responsable du débat d’idées à LREM, la députée Olivia Grégoire, responsable des études au sein du parti présidentiel, et son collègue Laurent Saint-Martin, chargé de la prospective, signent un appel enjoignant l’ensemble des sensibilités ­politiques de gauche, de droite et du centre à rejoindre fissa le paquebot macronien. Déniant au PS comme à LR non pas la capacité mais tout bonnement la légitimité de se remettre en selle au nom de valeurs dont ils jugent LREM dépourvu.

Les électeurs ont certes fait parler la poudre en balayant le PS en 2017 puis LR en 2019 – sanctions des urnes par nature légitimes – mais le pouvoir, enfermé dans une ­vision binaire du champ politique, ne prend-il pas un risque inconsidéré à assécher comme il s’emploie à le faire ses oppositions ? Et à ranger par ailleurs sciemment dans le même sac, celui des «extrêmes», La France insoumise et le Rassemblement national ? A force de résumer l’époque à l’affrontement des «progressistes» contre les «nationalistes» – ce qui ne peut que ravir les seconds, fort satisfaits de ce statut de premier adversaire – la majorité s’arroge sans vergogne l’exclusive du champ républicain utile. La droite et la gauche ? De vulgaires obstacles au progrès macronien. Faire barrage au RN est certes un projet légitime. Mais force est de constater que deux ans de pouvoir macronien n’ont pas constitué un ­antidote efficace à la montée du vote d’extrême droite, qui vient d’obtenir en France un nombre record de suffrages à des européennes. Lors de ce scrutin, l’ex-LR Jean-Pierre Raffarin avait déjà entonné le refrain selon ­lequel ne pas voter Macron c’était ­voter contre son pays.

Si cette tentation hégémonique est le propre de tout parti dominant, il y a quelque chose de singulier chez ces marcheurs exaltés. Car le projet mis sur la table n’est pas la cohabitation au sein d’une fédération où ­chacun, pour rejoindre l’aventure, n’aurait rien à renier de ce qu’il est. Non, la proposition tient plus de la mise en ordre de marche, au pas, ­derrière Macron et son autoproclamé camp du bien. Ce qui fait dire au ­premier secrétaire du PS, Olivier Faure qu’il y a «quelque chose de totalitaire dans la pensée des marcheurs. Quelque chose de soviétique dans leur foi et/ou une dose de cynisme jamais atteinte. Je ne sais. Ils nient les alternatives démocratiques. Ils ne sont pas une digue, ils portent le chaos». Eminence grise du Premier ministre, Gilles Boyer avait, lui, lancé, avant de se corriger, que les maires LR n’acceptant pas de toper avec LREM pour les municipales seraient considérés non pas comme des adversaires mais comme des «ennemis»du pouvoir. Une certaine idée du pluralisme.

Jonathan Bouchet-Petersen

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La méritocratie est la « bonne conscience des gagnants du système »...

11 Juin 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

La méritocratie est la « bonne conscience des gagnants du système »...

EXTRAITS

David Guilbaud, énarque issu de la classe moyenne, déconstruit le mythe d’un système scolaire français qui permettrait l’ascension sociale.

Le principe méritocratique agit comme une fiction très puissante, notamment parce qu’il donne « bonne conscience » aux gagnants du système. C’est ce que démontre David Guilbaud, 26 ans, haut fonctionnaire, ancien élève de Sciences Po et de l’ENA, dans l’essai L’Illusion méritocratique, publié fin 2018 chez Odile Jacob. Originaire de Rennes, David Guilbaud est issu de la classe moyenne, avec un père cadre qui a connu de longues périodes de chômage et une mère qui a débuté des études supérieures sur le tard. Il raconte son expérience et son apprentissage des codes de « l’élite » parisienne.

« Vous êtes l’élite de la nation » : voilà le genre de phrase que les étudiants de Sciences Po entendent dès leur arrivée, comme vous l’écrivez dans votre livre. Pourquoi cela pose-t-il problème ?

Ce genre de phrase participe à ancrer dans l’esprit des étudiants qu’ils sont, par essence, différents des autres, que s’ils sont là, c’est parce qu’ils ont davantage de valeur que les autres. Pourtant, dans le cas de Sciences Po, ce ne sont jamais que des jeunes de 18 ans qui ont réussi un concours, certes exigeant mais reposant sur l’apprentissage d’une méthode et la mémorisation d’un contenu. Cette phrase acte le fait qu’avec l’étiquette donnée par la grande école, l’élève n’aura plus à faire ses preuves, ou en tout cas bénéficiera partout et tout le temps d’un a priori favorable.

Ce genre de discours existe également ailleurs, à l’ENA notamment : il alimente le sentiment que les élèves sont d’une valeur telle qu’ils peuvent se suffire à eux-mêmes et que, quel que soit leur poste, ils pourront s’en sortir grâce à leurs qualités personnelles. C’est mauvais pour le fonctionnement de l’administration et pour l’intérêt général, car l’une des qualités premières des cadres de la fonction publique doit être de savoir coopérer avec leurs collègues et écouter leurs critiques.

(...)

Vous parlez à plusieurs reprises de « l’indigence » de certains enseignements dans les grandes écoles…

Le contenu de la scolarité à l’ENA telle que je l’ai vécue était insuffisant. Aucun sujet de fond ne pouvait être creusé, faute de temps. A cela s’ajoute la pression des « épreuves de classement », qui encouragent une logique utilitariste chez les élèves et les détourne, donc, de cet effort intellectuel. Parce que l’ENA se considère comme une école d’application, le cursus est construit sur le postulat que l’essentiel des contenus intellectuels nécessaires a déjà été intégré pour le concours. C’est une erreur, car cela corrobore qu’une réflexion de fond sur les enjeux auxquels nous sommes confrontés dans nos métiers de hauts fonctionnaires n’est finalement pas indispensable tant que nous sommes de bons techniciens.

(...)

Pourquoi les dispositifs d’égalité des chances des grandes écoles manquent-ils leurs objectifs ?

(...)

Surtout, la principale critique que l’on peut faire sur ces dispositifs est qu’ils ne changent hélas rien au problème systémique. Ce qui ne signifie pas qu’il faille les abandonner : si l’on parvient ainsi à permettre à un étudiant de s’en sortir, c’est toujours cela de pris. Mais politiquement, ils ont un effet pervers : celui de servir de « bonne conscience » aux défenseurs d’une organisation sociale inégalitaire dont ils bénéficient, et à laquelle ils doivent le fait qu’ils se situent en haut de la pyramide. Il faut donc faire l’effort de penser plus loin : à court terme, poursuivons les actions pour l’« égalité des chances », mais à long terme, interrogeons-nous sur les moyens d’atteindre une plus grande égalité des places en réduisant les inégalités dans la société.

Marine Miller

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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« Ce n’est pas le principe du mérite qu’il faut rejeter mais son caractère hégémonique »

11 Juin 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Ce n’est pas le principe du mérite qu’il faut rejeter mais son caractère hégémonique »

EXTRAITS

Dans une tribune au « Monde de l’éducation », la professeure de sociologie Marie Duru-Bellat s’interroge sur la confiance très grande des politiques envers la méritocratie.

Tribune. Devant la Conférence des grandes écoles, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a défendu le 4 juin l’exigence d’une plus grande mixité géographique et sociale dans les grandes écoles, afin que – mais c’était là un implicite – les étudiants ne voient pas l’expression de leurs talents et de leurs ambitions limitée par des contraintes ou des discriminations injustes.

Dans la même perspective, au cœur de l’« école de la confiance » promue par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, il y a la représentation d’une école bienveillante et juste. Juste car arc-boutée sur la lutte contre les « inégalités de destin » fustigées par le président de la République lui-même et capable de reconnaître les mérites de tous les élèves. Le ministre appelle de ses vœux une « méritocratie réelle », ce qui le conduit fort justement à mettre l’accent sur la lutte contre les inégalités précoces de réussite scolaire.

Si cette orientation globale est peu contestable, on peut néanmoins se demander si la confiance des politiques dans la faisabilité et la pertinence de cette « méritocratie » n’est pas quelque peu excessive.

Identifier la part du mérite est toujours difficile

La faisabilité, tout d’abord, car la mesure du mérite n’a rien d’évident. L’institution scolaire ne prétend pas, dans son fonctionnement quotidien, évaluer autre chose que le mérite scolaire. Elle le fait en évaluant les performances ou les compétences des élèves à l’aune de disciplines ou de modes d’évaluation dont le caractère daté et situé, donc toujours relativement arbitraire, est patent : on n’évalue pas ou peu en France la créativité des élèves ou leur capacité à débattre, on y donne plus ou moins d’importance à certains domaines disciplinaires (peu d’oral, beaucoup d’écrit, peu de travaux collaboratifs et pluridisciplinaires, par exemple…).

Tout enseignant sait bien que la somme des notes d’un élève et a fortiori leur moyenne sont loin de refléter ce qu’il est, ses atouts, son potentiel : bref, les notes ne se fondent pas sur l’ensemble des qualités et des compétences des élèves mais uniquement sur celles que l’école choisit de valoriser. La recherche montre aussi que les notes résultent de bien d’autres facteurs, notamment des pratiques pas nécessairement homogènes des maîtres, face à des publics eux-mêmes hétérogènes, et plus globalement du fonctionnement de l’institution (norme de la moyenne, par exemple, qui ferait juger sévèrement un enseignant qui donnerait systématiquement de très bonnes ou de très mauvaises notes à ses élèves).

Mais la notion de mérite ne saurait se contenter d’une mesure des performances réalisées à un instant T ; elle requiert d’identifier les talents et les efforts mobilisés, au-delà des facteurs non choisis qui ont pu en contrarier l’expression. Identifier la part du mérite est toujours difficile, même si cela est, de fait, assez immédiat aux premiers niveaux : personne n’oserait dire que les enfants de milieux défavorisés qui peinent à apprendre à lire manquent de mérite… C’est plus difficile au fil du temps. Chez un lycéen de 18 ans, comment faire la part de « handicaps » liés à son milieu d’origine et d’inégales mobilisations de sa part ensuite ?

(...)

L’invocation du mérite ne saurait donc justifier que ceux qui ont échoué aux épreuves du mérite méritent un sort dépourvu de tout droit. C’est pour toutes ces raisons que le mérite peut se retourner contre la justice…

Marie Duru-Bellat est l’auteure du Mérite contre la justice (version actualisée), Paris, Presses de Sciences Po, 2019.

Ce texte est paru dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette nouvelle newsletter hebdomadaire en suivant ce lien.

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10 Juin 2019 , Rédigé par christophe

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