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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Claude Simon...

20 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Mais  je n'avais pas besoin qu'il m'en racontât encore. Je connaissais la  suite. A peu de choses près ce que tout le monde en ville connaissait,  ce que peu à peu les gens avaient reconstitué par bribes, fragments,  recoupements mis bout à bout, à force de le voir passer et repasser dans  les rues, tantôt à pied, tantôt monté sur son invraissemblable vélo, le  vieux clou ferraillant sur lequel, avec cette sorte de paisible  acharnement, de tranquille obstination qui semblait l'habiter ou plutôt  le posséder, le faire agir en dehors ou même au rebours de sa propre  volonté et de ses propres désirs, cramponné au guidon, appuyant des  épaules chaque poussée de ses jambes, il parcourut en quelque sorte par  saccades (restant entre chaque effort, élan coupé, à peu près immobile,  en équilibre sur la route balayée par le vent qui le repoussait avec, de  part et d'autre – le vent et lui – la même volontaire opiniâtreté,  comme si l'ouragan faisait aussi partie de cette tacite conjuration qui  semblait l' avoir accueilli ici, ourdie à la fois par les hommes et les  éléments pour le rejeter, le refouler, le renvoyer là d'où il venait),  parcourut donc les neuf kilomètres séparant la ville de cette propriété  qu'il n'avait jamais vue quoique elle eût, elle, servi de décor, sinon à  sa naissance (puisqu'à ce moment il avait déjà été enlevé, emporté au  loin, soustrait, vindicativement ravi à l'Ogre, au priapique Barbe-Bleue  qui l'avait engendré) du moins aux péripéties dont elle avait été  précédée : d'abord une longue allée de pins, non pas courbés sous le  vent mais, pour ainsi dire, façonnés par lui, comme pétrifiés, aplatis,  écrasés une fois pour toute, presqu'à l'horizontale, figés dans une  effrénée, statique et définitive convulsion, comme on ne savait quoi de  définitif, de mort, semblait émaner des bâtiments apparemment inhabités,  avec leurs volets clos, leurs murs nus, leur cour déserte où quelques  fûts aux cercles rouillés, un tombereau démantibulé et un amoncellement  de cageots en rebut gisaient épars, abandonnés dans l'aveuglante  lumière, pareils à des ossements se desséchant, blanchissant, rongés peu  à peu par un corrodant dans la composition duquel la durée, le soleil  et le vent seraient entrés à parts égales pour en faire, comme les  pierres des murs, comme l'écorce grise des pins semblable aux écailles  des sauriens fossilisés, quelque chose de par-delà le temps, au-delà  aussi de la destruction, sans âge, éternel.

Claude Simon - Le Vent

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Parcoursup 2019 : « Un système fondé sur l’attente, qui insécurise les plus vulnérables »...

20 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde

Parcoursup 2019 : « Un système fondé sur l’attente, qui insécurise les plus vulnérables »...

EXTRAITS

François Sarfati, sociologue spécialiste de l’enseignement supérieur, analyse les mécanismes de la plate-forme et leurs conséquences pour les candidats.

Parcoursup, un système où les places se libèrent au fur et à mesure, positionne de nombreux candidats dans la case « en attente ». Une situation qui génère stress et angoisse chez beaucoup de jeunes – en particulier ceux qui se trouvent en fin des listes – et crée une hiérarchie explicite entre les candidats.

Qu’est-ce qui se joue autour de cette attente, consubstantielle de cette plate-forme de pré-inscription dans l’enseignement supérieur ? François Sarfati, professeur de sociologie à l’université d’Evry Paris-Saclay, spécialiste de l’université et de l’emploi des jeunes, analyse les mécanismes de Parcoursup et leurs conséquences.

Le ministère de l’enseignement supérieur explique qu’attendre fait partie du principe même de Parcoursup. Même s’ils le savent, les jeunes qui sont « en attente » sur tous leurs vœux depuis mercredi 15 mai sont souvent désemparés. Comment expliquez-vous cette différence de perception ?

François Sarfati : Du côté des personnes qui fabriquent Parcoursup, cette attente subie par les jeunes ne possède pas beaucoup de valeur, puisque leur objectif est de gérer des flux. Pour eux, l’important est qu’au moment de la rentrée, tous les candidats inscrits sur la plate-forme aient une place dans l’enseignement supérieur. Les concepteurs de Parcoursup sont jugés sur leurs capacités à limiter les bugs et à ce que le système aille à son terme.

A l’inverse, les élèves et leurs familles attendent avec impatience les réponses à leurs vœux, car ils ont besoin de se projeter dans l’avenir. Le poids très important du diplôme dans les processus d’orientation et d’insertion professionnelle n’est pas pour rien dans cette angoisse montante. En France, plus que dans d’autres pays, les choix d’orientation semblent définitifs : les jeunes ont l’impression de rentrer dans une filière une bonne fois pour toutes. Les réponses de Parcoursup paraissent donc très engageantes pour la suite.

(...)

Vous dites que la compétition entre élèves s’en trouve renforcée…

Oui. Déjà, de nombreux collégiens disent l’angoisse que représente le système d’affectation Affelnet pour entrer au lycée. A cela se rajoute l’incertitude du nouveau bac, la crainte de faire de mauvais choix de spécialités…

Différentes études internationales montrent que le système français est concurrentiel, mais depuis Parcoursup, la modalité de la concurrence a changé. Auparavant, ceux qui allaient vers des formations non sélectives étaient affectés assez naturellement vers leur choix. Parcoursup vient ajouter de l’incertitude. Pourtant, il ne faut pas oublier que dans beaucoup de filières universitaires, il y a quasiment autant de places que d’aspirants. Dans ces licences, la sélection n’existe pas mais les candidats doivent tout de même attendre que des places se libèrent.

(...)

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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"J'ai vraiment beaucoup de haine" : la colère des lycéens victimes du bug Parcoursup...

20 Mai 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

"J'ai vraiment beaucoup de haine" : la colère des lycéens victimes du bug Parcoursup...

Le couac concerne 400 formations, principalement en BTS selon la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

Premiers ratés sur la plateforme d'accès aux études supérieures Parcoursup : des candidats ont reçu par erreur une réponse favorable avant de se voir placés sur liste d'attente. Cela concerne 400 des 14 500 formations proposées.

Les lycéens concernés craignent de se retrouver sans rien à la rentrée. C'est le cas de Camille, qui a découvert vendredi 17 mai qu'elle était en liste d'attente pour un BTS tourisme à Beaune, en Côte-d'Or, alors que c'est le seul des cinq vœux pour lequel elle avait reçu une réponse positive. "Dans un premier temps, ça m'a énervé, mais j'ai pris sur moi, témoigne-t-elle. J'ai appelé ma mère et j'ai pleuré parce que j'étais vraiment déçue, parce que j'étais contente d'être prise." L'élève de terminale L espère remonter dans la liste d'attente... Elle est 150e sur 200, alors qu'il n'y a que 15 places.

Peu de places aussi dans le BTS où Mathéo, en terminale SVT, se voyait déjà. "J'ai formulé 27 vœux sur Parcoursup, explique-t-il, et le seul vœu accepté c'était un BTS en aéronautique. J'étais content parce que c'était le meilleur vœu que j'avais fait. J'avais même commencé à rechercher des appartements sur Nîmes."

Mais quand il se reconnecte vendredi, il est passé sur liste d'attente. Dans un premier temps à la première place, puis dix minutes plus tard, il passe à la 258e place sur 280. Aujourd'hui, il n'y croit plus. "Je ne suis pas désespéré, mais je suis vraiment très déçu. J'ai vraiment beaucoup de haine. J'avais espoir que cette année ce soit mieux, mais malheureusement ce n'est pas le cas." Maintenant il hésite : trouver une école hors Parcoursup ou s'engager dans l'armée de l'air.

Sandrine Etoa-Andegue

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Si je deviens alcoolique, ce sera à cause de Parcoursup...

20 Mai 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Parcoursup

Si je deviens alcoolique, ce sera à cause de Parcoursup...

EXTRAIT

Abracadabra, fermez les yeux et faites dix vœux.

Mercredi 15 mai 2019

7h37

Comme tous les parents d'ados en terminale, aujourd'hui, je me réveille la boule au ventre. Ma fille, Marie-Clitorine [prénom changé à sa demande], prétend qu'elle s'en cogne et qu'elle ne regardera pas les résultats de Parcoursup en même temps que tout le monde. Ils doivent être publiés à 19h, «tout le monde se connectera en même temps, ça va buguer, m'en fous, j'attendrai».

7h38

Le téléphone de Marie-Clitorine est en surchauffe, ses potes sont déjà au taquet. Elle part prendre le métro (nous sommes une famille de bobos blancs parisiens gauchiasses privilégiés, elle étudie dans un bon lycée et elle a des bonnes notes grâce à un niveau socio-culturel élevé, privilèges que je tente vainement d'expier en faisant du bénévolat dans une asso humanitaire).

J'ai confiance dans les institutions de mon pays. Contrairement à l'année dernière où ça avait vrillé, cette année, Parcoursup, ça va très bien marcher. Cette année, les algorithmes magiques feront à nos jeunes des propositions de formation correspondant à leurs goûts, leur niveau et leur choix, en toute justice.

7h45

Les yeux hagards et les cernes creusés, je tente de lire dans le marc de mon café au lait matinal les augures pour ce soir. Marie-Clitorine veut étudier l'anthropologie à Nanterre, mais comme elle est dans les clous, elle a suivi les recommandations de Parcoursup et fait dix vœux de formation. Le marc de café a une forme de cup menstruelle. J'en déduis qu'il m'annonce l'imminence de ma ménopause. Je marche sur le chat.

10h56

Je tente de travailler, mais mon esprit vagabonde vers les dix lettres de motivation que Marie-Clitorine a dû rédiger pour ses vœux Parcoursup. Évidemment, elle a fait un copier-coller de sa première lettre qu'elle a adaptée pour les neuf autres, mais au moins a-t-elle fait l'effort de la rédiger.

J'imagine ces fonctionnaires épluchant la dizaine de lettres écrites par chacun des 900.000 candidat·es de Parcoursup. Je calcule combien font dix fois 900.000, et je me dis que ce sont des personnes bien méritantes, d'autant qu'elles ont eu moins de deux mois pour lire tout ça. J'aimerais pas être à leur place.

16h34

Je tente un mojito pour le goûter. Beaucoup plus efficace que le café: dans le marc de mojito, ma fille a tous ses vœux (attention, ça ne marche qu'à partir du 3e).

18h59

Je vais acheter de la menthe le pain. On a dit qu'on attendrait un peu.

19h01

En sortant de la boulangerie, je fais semblant de ne pas entendre un pote qui m'interpellait dans la rue. Je rentre en courant et me jette dans la chambre de Marie-Clitorine. On regarde? On regarde.

19h02

Marie-Clitorine ne sait plus où sont son identifiant et son mot de passe. Je m'assois sur le chat.

19h03

En agitant désespérément la souris, je découvre qu'ils sont pré-enregistrés. On clique.

19h05

Un vœu accepté. Neuf en attente.

Elle est prise en LCE anglais, et pour l'anthropologie, elle est 98e sur la liste d'attente (qui n'est pas la liste d'appel, attention). Pour 105 places. Et 120 candidat·es accepté·es (hein?).

Le moral tombe d'un coup. C'est l'heure du goûter, non? Je propose un mojito à Marie-Clitorine.

19h12

Bon, l'anglais, c'est bien aussi, c'est même super, me dit ma meilleure amie (prof d'anglais). C'est pas faux. Mais c'est pas ce qu'elle a envie d'étudier, Marie-Clitorine. On décide de regarder le petit clip proposé par Parcoursup pour bien comprendre comment ça marche les listes d'attente et d'appel et tout ça. La voix qui explique emploie le tutoiement, ça m'énerve (d'où tu tutoies ma fille?), j'éteins.

19h20

Je regarde quand même le clip et je reprends un goûter-mojito. Marie-Clitorine appelle ses copines: c'est pas la joie dans les chaumières. Le chat machouille une feuille de menthe et vomit aussitôt.

(...)

Bérengère Viennot

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Loi Blanquer - Parcoursup - Education...

20 Mai 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Loi Blanquer - Parcoursup - Education...

La loi Blanquer avec son passage au Sénat fait encore la Une, tout comme le bug de Parcoursup. Enfin on parle d’éducation.

Loi Blanquer

Pour l’Humanité, la loi Blanquer ressort aggravée de son passage au Sénat.
« En réponse à la mobilisation des élus locaux et des enseignants, les sénateurs ont obtenu du ministre le recul sur l’« école du socle ». Mais à côté de cette avancée, ils ont donné au texte une orientation plus réactionnaire. » https://www.humanite.fr/education-la-loi-blanquer-ressort-aggravee-du-senat-672425

Une bonne nouvelle cependant pour Sébastien Rome. Loi Blanquer : double victoire et redoubler d’attention
« C’est une double victoire qu’il faut acter. Personnelle, le Directeur académique retire sa lettre de mon dossier administratif. Collective, J.M. Blanquer retire l’amendement des députés LREM regroupant les écoles-collège. Cependant doublons d’attention : l’intention de limiter la liberté d’expression est réelle et la mobilisation contre la loi doit continuer contre de nombreuses dispositions. »

Parcoursup

Parcoursup : le bug est "une catastrophe", reconnaît Frédérique Vidal
« Si la ministre admet que "c’est évidemment une catastrophe pour les jeunes", Frédérique Vidal a mis un bémol au sentiment de déception de ceux-ci. "Il faut bien comprendre que l’on a remis les choses comme elles auraient dû être", a-t-elle précisé. "Même si ces jeunes le vivent comme ’j’ai eu quelque chose et on me l’a enlevé’, en fait la réalité c’est qu’ils n’auraient jamais dû l’avoir", a indiqué la ministre.
Selon elle, tout est désormais rentré dans l’ordre. La plateforme "a été remise en service hier, elle est ’clean’ on a pris le temps de vérifier toutes les formations qui ont repéré un problème", a-t-elle assuré. »

Bug de Parcoursup : « impossible » de connaître le nombre de candidats affectés
“La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, a jugé ce samedi « impossible » à ce stade de connaître le nombre de candidats affectés par un bug sur Parcoursup, qui s’est traduit par l’envoi par erreur de réponses favorables à des vœux d’études supérieures.”

Parcoursup : choisir, est-ce renoncer ? Petite philosophie des choix d’orientation
Chronique de Thomas Schauder, professeur de philosophie
“Crainte de faire un mauvais choix, difficulté à renoncer à autre chose : pourquoi est-ce si difficile d’assumer sa liberté ? A l’heure des réponses de Parcoursup, le professeur de philosophie Thomas Schauder livre un conseil : visez ce qui provoquera en vous de la joie, ce qui vous permettra de vous sentir vivant et de vous épanouir.”

Les algorithmes, nouveaux conseillers d’orientation
“Que ce soit avec Parcoursup ou par le biais d’outils d’intelligence artificielle proposés par des start-up, les algorithmes modifient en profondeur les processus d’orientation scolaire.”

Eduquer

Une belle initiative. Avec Mon Cartable connecté, les enfants malades gardent leur classe
« A l’initiative de Marc Lavoine, le dispositif permet, depuis 2014, à des enfants hospitalisés de suivre leurs cours à distance dans leur école. Une manière de démystifier la maladie. »

Un beau portrait. A Bobigny, un CPE de choc et « des mômes au mérite immense »
« Il y a vingt ans, Kamel Belkebla venait à la rescousse du lycée Louise-Michel, alors en pleine crise. Depuis, l’établissement a inversé la tendance. Le conseiller d’éducation décrit sa méthode. »

Des cours de cuisine au collège pour sensibiliser à l’alimentation et au « vivre-ensemble »
« Labellisé projet pédagogique innovant, le programme « Arts de faire culinaires au collège » (AFCC) entend sensibiliser les adolescents à l’alimentation et favoriser le « vivre-ensemble ». Au collège Aliénor d’Aquitaine de Bordeaux, il aide aussi les élèves allophones et ceux des classes Ulis à s’intégrer. Reportage. » Ce n’est pas vraiment une innovation. A mon époque, cela s’appelait l’EMT !

On le dit depuis longtemps. Le sommeil est d’ailleurs en recul dans toutes les catégories de la société, à tous les âges. Enfants : l’éducation au sommeil est nécessaire
« Manque de concentration et d’attention, hyperactivité, troubles de l’humeur… Voilà le lot commun des petits écoliers qui ont des horaires de coucher irréguliers et dorment trop peu. Naturellement, cela va de pair avec des difficultés d’apprentissage. Et ce n’est pas tout. Des spécialistes de santé publique de l’université de Warwick ont récemment passé en revue une quarantaine d’études épidémiologiques portant sur des enfants et des adolescents, de la naissance jusqu’à l’âge de 18 ans : dans l’analyse qu’ils ont publiée, ils mettent en évidence un vrai risque de surpoids, voire d’obésité quand le sommeil vient à manquer de façon chronique, surtout avant l’âge de 10 ans.
Ces risques sont bien connus des spécialistes du sommeil de l’enfant. La pédiatre Marie-Josèphe Challamel y ajoute celui de la fragilité accrue vis-à-vis des infections. Mal dormir, ou pas assez, fragilise le système immunitaire. Il faut donc éduquer l’enfant au sommeil en insistant sur son importance pour sa santé et son bien-être. »

Divers

Une étude inquiétante et qui interroge. « On a besoin de plus de poigne au pouvoir » : les jeunes ne croient plus en la démocratie
« Une étude menée auprès de 36 395 personnes montre que la démocratie est malmenée. La défiance, surtout chez les jeunes générations, gagne jusqu’aux élections elles-mêmes, de plus en plus de citoyens doutant de leur réelle transparence. »

Jamais sans mon AVS
« C’est une profession ô combien importante et pourtant très précaire. Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH, ex AVS) sont peu payés, peu formés et jonglent avec des temps partiels. La profession fait peu rêver, l’Education nationale peine à recruter. » A ré-écouter.

Géraldine Duboz

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Nilda Fernandez...

19 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Emil Cioran...

19 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

En arriver à ne plus apprécier que le silence, c'est réaliser l'expression essentielle du fait de vivre en marge de la vie. Chez les grands solitaires et les fondateurs de religions, l'éloge du silence a des racines plus profondes qu'on ne l'imagine. Il faut pour cela que la présence des hommes vous ait exaspéré, que la complexité des problèmes vous ait dégoûté au point que vous ne vous intéressiez plus qu'au silence et à ses cris.

La lassitude porte à un amour illimité du silence, car elle prive les mots de leur signification pour en faire des sonorités vides; les concepts se diluent, la puissance des expressions s'atténue, toute parole dite ou entendue repousse, stérile. Tout ce qui part vers l'extérieur, ou qui en vient, reste un murmure monocorde et lointain, incapable d'éveiller l'intérêt ou la curiosité. Il vous semble alors inutile de donner votre avis, de prendre position ou d'impressionner quiconque; les bruits auxquels vous avez renoncé s'ajoutent au tourment de votre âme. Au moment de la solution suprême, après avoir déployé une énergie folle à résoudre tous les problèmes, et affronté le vertige des cimes, vous trouvez dans le silence la seule réalité, l'unique forme d'expression.

Cioran - Sur les cimes du désespoir

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"À une époque où les neurosciences sont "sexy", combattre les neuromythes est nécessaire..."

19 Mai 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Nous n'utilisons que 10% de notre cerveau. Tout faux, c'est un neuromythe !

Écouter du Mozart pour devenir plus intelligent ? L’apprentissage ne peut se faire que jusqu’à l’âge de trois ans ? Nous avons tout faux : ce sont des neuromythes, des croyances infondées sur le cerveau. À une époque où les neurosciences sont "sexy", combattre les neuromythes est nécessaire.

"Beaucoup d'histoires circulent sur nos capacités cérébrales : nous n 'utiliserions que 10% de notre cerveau ; du point de vue cérébral, tout se jouerait avant 3 ans ou 4 ou 5 ; notre cerveau serait au contraire tellement plastique qu'on pourrait apprendre sans souci le swahili à 80 ans ; écouter Mozart permettrait d'augmenter le QI... La plupart sont fausses... mais nous sommes particulièrement enclins à tomber dans le panneau. Parfois c'est sans conséquences, parfois non... En prenant comme exemples un certain nombre de ces "neuromythes", expliquer pourquoi nous en sommes si friands, pourquoi nous avons du mal à faire la part des choses (notre cerveau est certes doté de capacités qui font ce que nous sommes mais ce n'est pas non plus "Super  Cerveau"...), comment être plus attentifs aux pièges qui entourent la science du cerveau (charlatans, légendes urbaines, techniques suspectes) et pourquoi il est important et même très important d'être plus attentifs. À une époque où les neurosciences sont "sexy" et sources de  nombreuses convoitises, combattre les neuromythes est en effet nécessaire, et ce d'autant que sont concernés des secteurs sensibles de notre société comme l'éducation ou la santé."

Une conférence enregistrée en 2012.

Elena Pasquinelli, chargée de recherches à l’Institut d’études cognitives, Ecole normale supérieure, auteur notamment de Mon cerveau, ce héros - mythes et réalité.

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Comment les enseignants et les élèves font-ils pour vivre ensemble?...

19 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Comment les enseignants et les élèves font-ils pour vivre ensemble?...

La relation Professeur/Elève est CENTRALE dans la vie quotidienne de l’institution scolaire. (Rappelons qu’un enfant scolarisé passe plus de temps par jour avec ses professeurs qu’avec ses parents.) :

  •       Pour l’élève, être bien traité et bien considéré par l’enseignant est une composante majeure de l’expérience scolaire ; en même temps, éprouver l’indifférence ou le mépris enseignant est à la fois banal et potentiellement redoutable.
  •      Pour l’enseignant, le contact avec les élèves est décrit  comme la plus grande difficulté ET comme une des plus grandes satisfactions du métier.

Des travaux récents ont mis en miroir les deux cotés de la relation pédagogique. (Voir Anne Barrère, Travailler à l’école, Rennes, PUR, 2001). Cette recherche s’est concentrée

- sur les transformations du cadre institutionnel des relations Professeur/Elève :

- sur l’importance que prennent le verdict scolaire et l’évaluation

- sur les accords et tensions entre cultures scolaires et cultures juvéniles.

  • A la recherche de la bonne distance

Les relations entre enseignants et élèves dans l’espace scolaire ne peuvent se comprendre que dans leur cadre institutionnel, affecté récemment de deux grandes transformations :

  •       la massification, en allongeant le temps moyen de formation initiale, conduit les élèves à fréquenter les enseignants plus longtemps autour d’enjeux importants, le classement scolaire ayant un poids décisif dans les trajectoires ultérieures.
  •       la remise en question d’une distance et même d’une méfiance historiquement construites de l’enfance et de l’adolescence, dans l’institution scolaire. Cette distance n’a certes pas disparu mais s’est affaiblie depuis les années 1970 au fur et à mesure que l’école était considérée comme un « lieu de vie » et que l’adolescent était mis au centre du système, comme l’indique la Loi d’orientation de 1989.

D’une relation pédagogique définie par son impersonnalité, structurée uniquement par le savoir et des normes de comportement bien plus que par l’attention à l’enfant, on est passé à la  volonté de voir l’élève s’épanouir et/ou s’exprimer à l’école tout autant que de le voir apprendre et obéir. Pour enseigner :

  •      il faut comprendre, motiver, encourager et sanctionner l’élève/L’enseignant doit LUI AUSSI se faire comprendre de l’élève
  •      il faut connaître des éléments de sa vie en dehors de l’école
  •      il faut rompre avec le cours magistral et encourager la participation et l’activité des élèves dans la classe, en particulier les inciter à pratiquer l’ « écriture réfléchie » pour rompre le spontanéisme des SMS ou des « blogs » 

Elèves et enseignants se défient moins qu’auparavant des affinités ou de l’affectivité. Dans ses Mémoires, Simone de Beauvoir raconte comment, enseignante en lycée, elle avait adressé un petit geste d’amitié à un élève, geste qui lui était apparu totalement transgressif ! Aujourd’hui, le cadre de cette relation Enseignants/Enseignés s’élargit à l’occasion de voyages, de projets interdisciplinaires, de rencontres. C’est là un but éducatif à part entière dans les établissements dont la communauté doit être chaleureuse et « civique ». (Voir JL Derouet, Ecole et Justice, Métaillé 1992). Pourtant ce mouvement est moins fort en France qu’ailleurs en Europe, notamment au Danemark et en Angleterre.

Néanmoins les différentes études menées en France, par P. Rayou par exemple (La Cité des Lycéens, L’Harmattan, Paris 1999), notent une réticence des élèves à entrer trop personnellement dans le jeu scolaire, y compris dans la relation avec les adultes, sans doute  pour préserver son quant-à-soi juvénile mais aussi, tout simplement, pour éloigner du regard des adultes leurs amours, leurs amitiés, leur manière de s’habiller…

Quant aux enseignants, ils s’interrogent sur leur identité professionnelle qu’ils définissent :

  •       par opposition aux risque d’être transformés en « travailleurs sociaux » dans le cadre d’une relation trop dégagée des apprentissages
  •        par esprit de protection face à une trop grande affectivité relationnelle qui entrerait en tension avec les exigences de justice scolaire

Mais pour la majorité des enseignants, il faut le dire, le cours satisfaisant est avant tout celui où les relations ont été paisibles et coopératives, au-delà même des résultats probables.

  • La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire

Il est entendu que la relation Enseignants/Enseignés est conditionnée par la réussite scolaire des élèves. Les « mauvais élèves » manifestent une agressivité impuissante à l’encontre des professeurs qui n’est en fait qu’une contestation impuissante de leur place scolaire, que cette contestation provienne de la mauvaise réputation de l’établissement ou du rang qu’ils y occupent. De la contestation à la violence, il n’ y a qu’un pas comme le démontrent de nombreuses recherches : la problématique de l’échec (au sens large) et celle de la violence (au sens large) sont intimement liées. Même les phénomènes éloignés des enjeux scolaires, comme le racket, sont plus fréquents dans les classes de niveau et, évidemment, dans les classes du niveau le plus « bas ».

L’évaluation scolaire est donc porteuse de tensions potentielles. Ce qui ne signifie en aucun cas qu’il faille la supprimer mais, l’ aborder autrement, l’ utiliser autrement, l’ expliquer et la justifier seraient certainement une «valeur ajoutée », aussi bien pour les « bons » que pour les « mauvais » élèves d’ailleurs. Au lieu de ça, le « rabaissement scolaire » est encore trop souvent utilisé :

  •    passage au tableau vécu par le couple Prof/Elève comme un moment de punition, punition d’autant plus humiliante pour l’élève qu’il la vit devant ses pairs.
  •     utilisation de sobriquets divers
  •    rendu de copies classées en ordre décroissant avec commentaires à caractère vexatoire (Grand « classique »)
  •     appréciations humiliantes dans les bulletins
  •     confusions des registres entre jugement sur le travail et jugement sur la personne.

(Voir l’excellent ouvrage de P Merle, L’élève humilié. L’école, un espace de non-droit ? Paris, PUF 2005)

Le jugement scolaire est porteur d’enjeux relationnels d’autant plus délicats qu’il est dénié :

  •        par l’élève d’abord, qui fait semblant d’y être indifférent ou en rajoute dans l’ostentation de la « nullité » scolaire, même si cette mise en scène cache qu’il se sent très responsable de ses résultats scolaires.
  •        par l’enseignant ensuite qui trouve l’élève trop consommateur, trop « comptable », calculant sa moyenne à la décimale près, laissant de coté des matières peu « rentables » au brevet ou au BAC. (Mais les élèves n’ontils pas été initiés en amont depuis la 6ème, parfois avant, à ces « savants » calculs ?).
  •        Et le malentendu est à son comble lorsqu’on s’aperçoit que les élèves trouvent eux aussi les enseignants trop « instrumentaux », leur reprochant de ne les juger qu’au travers de leurs notes et leurs résultats généraux.

Donc en fait l’élève en appelle au RESPECT MUTUEL, conçu à la fois comme un critère de justice et comme une manière de le reconnaître dans sa différence et son authenticité d’adolescent. (Voir F Dubet, L’Egalité et le Mérite dans l’Ecole Démocratique, Année sociologique 2000, Numéro 50, Pages 383 à 409). Lorsque c’est le cas, mauvaises performances scolaires et bonnes relations peuvent coïncider. L’idéal serait de placer sur le même plan relations positives et exigences en termes d’apprentissages.

Christophe Chartreux

D’après les recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

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A Lire... "Quand les profs aiment les élèves – Psychologie de la relation éducative" - Mael Virat/Ed Odile Jacob

19 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

EXTRAITS

« Les profs sont là pour enseigner, pas pour créer du lien ! », « T’es trop dans l’affect ! », « Il faut rester professionnel ! », « On n’est pas Mère Teresa ! »… C’est avec ces petites phrases anodines qu’on entend régulièrement dans les salles des professeurs que Mael Virat, chercheur en psychologie à l’école nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ), a choisi de titrer les chapitres de son livre Quand les profs aiment les élèves – Psychologie de la relation éducative (Odile Jacob, 240 pages, 21,9 euros).

Autant d’affirmations qui en disent long sur le caractère tabou, en France, des relations affectives dans le milieu éducatif. Un tabou que son ouvrage, basé sur de nombreuses recherches scientifiques et sur sa thèse réalisée sur le sujet, entend lever.

« Quand les profs aiment les élèves » est le titre de votre ouvrage. Quels sens donnez-vous à ce mot dans la relation éducative ?

Il y a différentes manières d’aimer et si nous sommes, en France, gênés avec cette notion c’est que nous manquons d’imagination quand on parle d’amour. Une typologie utilisée par les psychologues sociaux distingue quatre formes d’amour : l’amour « romantique », l’amour « amitié », l’amour « compassionnel » ou « altruiste », et l’amour « attachement » qui lui répond. Ce sont les deux derniers qui entrent en jeu dans la relation éducative. L’enseignement s’appuie beaucoup sur l’attention et la compassion du professeur, auquel l’élève peut finir par s’attacher.

L’amour « compassionnel » a comme point commun avec l’amour « romantique » d’impliquer une forte charte émotionnelle, beaucoup de soutien et de la confiance. Mais il s’en distingue par le fait qu’il se construit sur le long terme, qu’il peut se cultiver, voire se décider, et qu’il est une forme de don de soi qui ne peut attendre de retour systématique de l’élève. C’est une relation asymétrique dont l’objectif n’est pas de « devenir copain » avec l’élève.

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Ecole « de la confiance », école « de la bienveillance »… Faut-il voir dans ces slogans politiques récents une prise en compte accrue des relations affectives à l’école ?

Ce sont des directions intéressantes qui témoignent qu’on est, au moins dans les mots, dans une culture en transition sur le sujet. Mais si on regarde de plus près comment la bienveillance, par exemple, a été définie officiellement il y a quelques années, on s’aperçoit qu’elle avait été épurée de tout contenu affectif. Il faut se méfier de la désentimentalisation de ces mots-là.

C’est bien d’employer ces termes, mais attention à ne pas les vider de leur sens où à les transformer en une injonction. Le danger est d’en faire des caractéristiques personnelles des enseignants et de les laisser se débrouiller alors que c’est une affaire collective, une affaire d’équipe pédagogique. Il y a la confiance, il y a la bienveillance, il y a l’amour compassionnel, et il y a les conditions de travail qui permettent que ces notions vivent véritablement.

Cette interview est parue dans Le Monde de l’éducation. Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette nouvelle newsletter hebdomadaire en suivant ce lien.

Séverin Graveleau

Quand les profs aiment les élèves – Psychologie de la relation éducative (Odile Jacob, 240 pages, 21,9 euros

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