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Vivement l'Ecole!

Bryan Adams...

23 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Simon Liberati...

23 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Quand il m’arrive de traverser un de ces passages à vide qui interrompent une matinée de travail, je change de place, je quitte mon bureau pour un fauteuil et je me noie doucement dans un état de demi-sommeil où des éléments du décor quotidien prennent d’autres aspects. Je pense ici au dossier d’un fauteuil tonneau recouvert de velours bleu fané. J’y ai vu tout à l’heure la forme d’un porc puis une assemblée vénitienne de tricornes, figures de Longhi ou de Magnasco noyées dans un camaïeu bleu. Avant de m’endormir je pensais à Proust. Mes idées s’organisaient autour du panneau d’affichage de la colonne Morris où Marcel lit l’annonce de Phèdre au début d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

Mon projet était de réfléchir à la déception du narrateur lorsqu’il voit Berma pour la première fois à la Comédie-Française en compagnie de sa grand-mère. C’est le jour où Françoise prépare un bœuf en gelée pour le dîner Norpois. Un passage des plus fréquentés où je ne sais pas ce que je peux encore trouver. Mais je rêvasse et je m’endors...

Je fais un rêve pénible, pas vraiment un cauchemar. Je travaille sur un chantier comme manœuvre. Peut-être celui de l’hôtel Lotti, rue de Castiglione que j’ai visité avec Eva la semaine dernière. Le rêve me fait tomber dans un état de passivité timide – un repli silencieux plus effrayant à surmonter que la tâche à faire. J’ai souffert dans ma jeunesse du mutisme où je m’enfermais dès que je devais travailler en équipe. Les autres m’ayant laissé dans mon coin, un angle de mur à claire-voie troué par le pic des démolisseurs, je passe mon temps allongé dans la poussière de ciment à côté de petits déchets à fouiller au fond d’une cavité où je discerne au moins deux objets : un fragment d’outil taché de plâtre et une bague cabossée fixée à un écrou. Je reconnais le deuxième objet que j’arrive à retirer à force de contorsions, un anneau de tiroir en cuivre. Dans mes mains, il se met à briller. Un ouvrier qui passe derrière moi me dit que c’est une « belle trouvaille ». En me relevant, je découvre que le chantier s’est vidé. On est à la fin de la semaine et je n’ai guère avancé. Je croise un contremaître à l’étage inférieur, je lui demande « où sont les briques ? », il me regarde sans méchanceté de l’air déçu et méprisant qu’ont les travailleurs manuels pour les incapables. Son jugement est fait, la sympathie n’y peut rien, il m’indique une pile de briques neuves qui se trouve non loin sous mon nez. Je n’ai pas de brouette, je ne sais pas gâcher le ciment. L’heure de la paye est arrivée, je suis humilié de devoir bientôt demander mon salaire, et pourtant j’ai besoin de cet argent.

Simon Liberati - Les Rameaux Noirs

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« Il se passe quelque chose de très malsain dans ce pays » : critiques après de nouvelles convocations de journalistes par la DGSI...

23 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Médias

Ariane Chemin (photo venant de l'auteur)

Ariane Chemin (photo venant de l'auteur)

EXTRAITS

En quatre mois, huit journalistes ont été ou vont être convoqués pour leur couverture de la guerre au Yémen ou de l’affaire Benalla. Le gouvernement assume qu’il y ait des « secrets qu’on doit protéger. »

La liste n’en finit pas de s’allonger. Ce sont désormais huit journalistes qui ont été ou vont être convoqués par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pour des soupçons d’atteintes au secret de la défense nationale, dans le cadre de deux enquêtes distinctes portant, d’une part, sur les armes utilisées au Yémen, de l’autre, sur les ramifications de l’affaire Benalla. Il s’agit de :

  • une journaliste de « Quotidien », Valentine Oberti, qui a révélé mercredi 22 mai avoir été convoquée en février par les policiers de la sécurité intérieure pour une enquête sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite. L’ingénieur du son et la journaliste reporter d’images qui travaillent avec elle avaient eux aussi été convoqués, les 11 et 15 avril ;
     
  • la journaliste du Monde Ariane Chemin, qui a révélé l’affaire Benalla, a appris, mardi 21 mai, sa convocation le 29 mai par les policiers de la DGSI. « Cette enquête vise (…) notamment nos informations sur le profil d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-chef de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout », explique le directeur de la rédaction, Luc Bronner, dans un éditorial ;
  • à la mi-mai, trois journalistes ayant enquêté sur l’exportation d’armes françaises utilisées au Yémen – les deux fondateurs du nouveau média en ligne Disclose, Mathias Destal et Geoffrey Livolsi, et un journaliste de Radio France, Benoît Collombat – ont été convoqués par les services secrets français, le 14 et 15 mai. Ils ont été entendus sous le régime de l’audition libre – un régime moins contraignant que celui de la garde à vue –, un mois après que le média Disclose a publié une enquête journalistique comportant des informations et documents « confidentiels défense » ;

  • enfin, Michel Despratx, un collaborateur du site Disclose, sera, lui, entendu comme témoin pour ses révélations dans l’affaire de la vente d’armes françaises au Yémen. Ce sera le 28 mai.

(...)

« L’intérêt public suppose de pouvoir enquêter »

La rédaction du Monde continue de dénoncer « une forme de banalisation de ce type de convocations, qui devraient être absolument exceptionnelles et liées à des affaires particulièrement graves de mise en danger de la sécurité nationale ». De source judiciaire, Ariane Chemin est convoquée dans le cadre d’une enquête ouverte pour « révélation de l’identité d’un membre des unités des forces spéciales ».

Selon des sources concordantes, cette enquête fait suite à une plainte déposée à la mi-avril par Chokri Wakrim. Ce dernier était lié par un contrat de protection rapprochée avec un homme d’affaires russe, qui a conduit à l’ouverture d’une enquête pour « corruption ». « L’intérêt public suppose de pouvoir enquêter sur les entourages et les liens entretenus par des collaborateurs de l’Elysée ou de Matignon, quels que soient leurs parcours antérieurs », défend Luc Bronner.

(...)

Le Monde (Avec AFP)

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DGSI et journalistes : la récidive !...

23 Mai 2019 , Rédigé par SNJ Publié dans #Politique, #Médias

DGSI et journalistes : la récidive !...

Ce 22 mai 2019, on apprend qu’un quatrième journaliste est convoqué par la Direction générale de la sécurité Intérieure (DGSI) dans le dossier des « Yemen Papers », ainsi qu’une consoeur du Monde pour un article concernant l’affaire Benalla, ça commence à faire lourd !

La DGSI va-t-elle se mettre à convoquer tous les journalistes qui révèlent des informations qui ne plaisent pas au pouvoir en place ?

La DGSI sait-elle qu’il existe dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse, un principe sacré : la protection du secret des sources des journalistes sans laquelle il n’y a pas d’information de qualité ?

La DGSI va-t-elle faire courir à la France le risque d’être condamnée pour atteinte à la protection de ce secret ?

La DGSI va-t-elle pourchasser tous les journalistes qui, dignes de ce nom, exercent leur mission au service de l’information des citoyens et de l'intérêt général ?

Le Syndicat National des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, réitère son soutien aux journalistes concernés, condamne cette nouvelle tentative d'intimider des journalistes et leurs sources, et rappelle au gouvernement français que la liberté de la presse est un marqueur important du degré de démocratie d’un pays.

Syndicat National des Journalistes

Paris, le 22 Mai 2019

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Albert Camus nous parle de la liberté de la presse... A Ariane Chemin...

22 Mai 2019 , Rédigé par Albert Camus Publié dans #Médias, #Politique

Albert Camus nous parle de la liberté de la presse... A Ariane Chemin...

Il est difficile aujourd'hui d'évoquer la liberté de la presse sans être taxé d'extravagance, accusé d'être Mata-Hari, de se voir convaincre d'être le neveu de Staline.

Pourtant cette liberté parmi d'autres n'est qu'un des visages de la liberté tout court et l'on comprendra notre obstination à la défendre si l'on veut bien admettre qu'il n'y a point d'autre façon de gagner réellement la guerre.

Certes, toute liberté a ses limites. Encore faut-il qu'elles soient librement reconnues. Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, nous avons d'ailleurs dit tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore, et à satiété, tout ce qu'il nous sera possible de dire. En particulier, nous ne nous étonnerons jamais assez, le principe de la censure une fois imposé, que la reproduction des textes publiés en France et visés par les censeurs métropolitains soit interdite au Soir républicain, par exemple. Le fait qu'à cet égard un journal dépend de l'humeur ou de la compétence d'un homme démontre mieux qu'autre chose le degré d'inconscience où nous sommes parvenus.

Un des bons préceptes d'une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d'un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en France n'est plus aujourd'hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un journaliste peut rester libre. Le problème n'intéresse plus la collectivité. Il concerne l'individu.

Et justement ce qu'il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l'ironie et l'obstination. La lucidité suppose la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité. Dans le monde de notre expérience, il est certain que tout peut être évité. La guerre elle-même, qui est un phénomène humain, peut être à tous les moments évitée ou arrêtée par des moyens humains. Il suffit de connaître l'histoire des dernières années de la politique européenne pour être certains que la guerre, quelle qu'elle soit, a des causes évidentes. Cette vue claire des choses exclut la haine aveugle et le désespoir qui laisse faire. Un journaliste libre, en 1939, ne désespère pas et lutte pour ce qu'il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. Il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.

En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d'opposer quelques refus. Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête. Or, et pour peu qu'on connaisse le mécanisme des informations, il est facile de s'assurer de l'authenticité d'une nouvelle. C'est à cela qu'un journaliste libre doit donner toute son attention. Car, s'il ne peut dire tout ce qu'il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu'il ne pense pas ou qu'il croit faux. Et c'est ainsi qu'un journal libre se mesure autant à ce qu'il dit qu'à ce qu'il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l'on sait la maintenir. Car elle prépare l'avènement de la vraie liberté. En conséquence, un journal indépendant donne l'origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l'uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu'elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu'aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge.

Nous en venons ainsi à l'ironie. On peut poser en principe qu'un esprit qui a le goût et les moyens d'imposer la contrainte est imperméable à l'ironie. On ne voit pas Hitler, pour ne prendre qu'un exemple parmi d'autres, utiliser l'ironie socratique. Il reste donc que l'ironie demeure une arme sans précédent contre les trop puissants. Elle complète le refus en ce sens qu'elle permet, non plus de rejeter ce qui est faux, mais de dire souvent ce qui est vrai. Un journaliste libre, en 1939, ne se fait pas trop d'illusions sur l'intelligence de ceux qui l'oppriment. Il est pessimiste en ce qui regarde l'homme. Une vérité énoncée sur un ton dogmatique est censurée neuf fois sur dix. La même vérité dite plaisamment ne l'est que cinq fois sur dix. Cette disposition figure assez exactement les possibilités de l'intelligence humaine. Elle explique également que des journaux français comme Le Merle ou Le Canard enchaîné puissent publier régulièrement les courageux articles que l'on sait. Un journaliste libre, en 1939, est donc nécessairement ironique, encore que ce soit souvent à son corps défendant. Mais la vérité et la liberté sont des maîtresses exigeantes puisqu'elles ont peu d'amants.

Cette attitude d'esprit brièvement définie, il est évident qu'elle ne saurait se soutenir efficacement sans un minimum d'obstination. Bien des obstacles sont mis à la liberté d'expression. Ce ne sont pas les plus sévères qui peuvent décourager un esprit. Car les menaces, les suspensions, les poursuites obtiennent généralement en France l'effet contraire à celui qu'on se propose. Mais il faut convenir qu'il est des obstacles décourageants : la constance dans la sottise, la veulerie organisée, l'inintelligence agressive, et nous en passons. Là est le grand obstacle dont il faut triompher. L'obstination est ici vertu cardinale. Par un paradoxe curieux mais évident, elle se met alors au service de l'objectivité et de la tolérance.

Voici donc un ensemble de règles pour préserver la liberté jusqu'au sein de la servitude. Et après ?, dira-t-on. Après ? Ne soyons pas trop pressés. Si seulement chaque Français voulait bien maintenir dans sa sphère tout ce qu'il croit vrai et juste, s'il voulait aider pour sa faible part au maintien de la liberté, résister à l'abandon et faire connaître sa volonté, alors et alors seulement cette guerre serait gagnée, au sens profond du mot.

Oui, c'est souvent à son corps défendant qu'un esprit libre de ce siècle fait sentir son ironie. Que trouver de plaisant dans ce monde enflammé ? Mais la vertu de l'homme est de se maintenir en face de tout ce qui le nie. Personne ne veut recommencer dans vingt-cinq ans la double expérience de 1914 et de 1939. Il faut donc essayer une méthode encore toute nouvelle qui serait la justice et la générosité. Mais celles-ci ne s'expriment que dans des cœurs déjà libres et dans les esprits encore clairvoyants. Former ces cœurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c'est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l'homme indépendant. Il faut s'y tenir sans voir plus avant. L'histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.

Albert Camus - 25 novembre 1939 dans Le Soir Républicain/Alger

Ariane Chemin - https://www.livreshebdo.fr/article/au-fil-dariane

Ariane Chemin - https://www.livreshebdo.fr/article/au-fil-dariane

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Daniel Balavoine...

22 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marcel Proust...

22 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Empourpré des reflets du matin, son visage était plus rose que le ciel. Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur. Nous oublions toujours qu’ils sont individuels et, leur substituant dans notre esprit un type de convention que nous formons en faisant une sorte de moyenne entre les différents visages qui nous ont plu, entre les plaisirs que nous avons connus, nous n’avons que des images abstraites qui sont languissantes et fades parce qu’il leur manque précisément ce caractère d’une chose nouvelle, différente de ce que nous avons connu, ce caractère qui est propre à la beauté et au bonheur. Et nous portons sur la vie un jugement pessimiste et que nous supposons juste, car nous avons cru y faire entrer en ligne de compte le bonheur et la beauté, quand nous les avons omis et remplacés par des synthèses où d’eux il n’y a pas un seul atome. C’est ainsi que bâille d’avance d’ennui un lettré à qui on parle d’un nouveau « beau livre », parce qu’il imagine une sorte de composé de tous les beaux livres qu’il a lus, tandis qu’un beau livre est particulier, imprévisible, et n’est pas fait de la somme de tous les chefs d’œuvre précédents mais de quelque chose que s’être parfaitement assimilé cette somme ne suffit nullement à faire trouver, car c’est justement en dehors d’elle. Dès qu’il a eu connaissance de cette nouvelle œuvre, le lettré, tout à l’heure blasé, se sent de l’intérêt pour la réalité qu’elle dépeint. Telle, étrangère aux modèles de beauté que dessinait ma pensée quand je me trouvais seul, la belle fille me donna aussitôt le goût d’un certain bonheur.

Marcel Proust - A l'ombre des jeunes filles en fleur

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Théorie de l’attachement : sécurité affective et bien-être des enfants...

22 Mai 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

La théorie de l’attachement a permis de souligner toute l’importance des relations que les enfants entretiennent avec les adultes qui prennent soin d’eux, dans la suite de leur développement. Mais en quoi la qualité des relations joue-t-elle un rôle dans leur bien-être ?

Nous nous intéresserons non seulement aux relations entretenues avec les parents dans les familles dites "traditionnelles" mais également chez les enfants de parents séparés et placés, suite à une mesure de protection de l’enfance. Nous verrons comment les résultats des recherches issues de la théorie de l’attachement, nous renseignent sur les besoins affectifs des enfants dans d’autres contextes de vie que la famille, comme à l’école, chez l’assistante maternelle ou à la crèche.

Une conférence enregistrée en mai 2019.

Fabien Bacro, maître de conférences à l'UFR de Psychologie de l'Université de Nantes. Il enseigne la psychologie du développement.

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L'intimidation des journalistes, ça suffit! Soutien à Ariane Chemin et à la liberté de la presse!

22 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Médias

https://www.lariposte.org/2015/04/la-liberte-de-la-presse/

https://www.lariposte.org/2015/04/la-liberte-de-la-presse/

L’inquiétante convocation d’une journaliste du « Monde » pour des articles sur l’affaire Benalla

Ariane Chemin est convoquée par la DGSI pour ses articles. Nous maintenons évidemment nos informations.

Une journaliste du Monde, Ariane Chemin, est convoquée, mercredi 29 mai, par les policiers de la section des atteintes au secret de la défense nationale de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cette enquête vise nos articles sur les affaires d’Alexandre Benalla, notamment nos informations sur le profil d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout.

M. Wakrim était lié par un contrat de protection rapprochée avec un homme d’affaires russe, qui a conduit à l’ouverture d’une enquête pour « corruption ».

Lire l’article en question : Après l’affaire Benalla, les hommes de l’ombre de l’Elysée en pleine lumière

Nous maintenons évidemment nos informations et exprimons notre inquiétude sur cette convocation : l’intérêt public suppose de pouvoir enquêter sur les entourages et les liens entretenus par des collaborateurs de l’Elysée ou de Matignon, quels que soient leurs parcours antérieurs.

Cette convocation, sous le statut d’une audition libre, est d’autant plus préoccupante qu’elle suit une procédure similaire, utilisée très récemment à l’encontre d’autres journalistes à l’origine de révélations d’intérêt public sur l’utilisation d’armes françaises au Yémen.

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Pour les lycées professionnels, la réforme Blanquer est l'équivalent d'un plan social...

22 Mai 2019 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Pour les lycées professionnels, la réforme Blanquer est l'équivalent d'un plan social...

EXTRAITS

La réforme Blanquer dégrade l'enseignement des lycées professionnels et transforme nos élèves en exécutants. Elle ferme davantage les portes des études supérieures aux bacheliers professionnels.

Ayant lu la tribune de nos collègues et voisins du lycée de Fonsorbes sur la réforme du lycée, nous avons eu envie d’y donner un prolongement. En effet, le texte se termine sur la note suivante: “le présent article rédigé par des professeurs de lycée général n’aborde pas la question des réformes du lycée professionnel pourtant essentielle. Nous avons fait ce choix en conscience, n’étant pas spécialiste de la question.” 

Or, notre établissement situé comme celui de Fonsorbes en banlieue ouest de Toulouse est un lycée polyvalent de 1600 élèves, dont un tiers en voie professionnelle. Notre collectif de professeurs se mobilise comme celui de Fonsorbes contre les réformes, mais particularité, il est constitué d’enseignant-e-s de la voie générale, de la voie technologique et de la voie professionnelle.

Les réformes sont intimement liées, la réforme LGT (lycée général et technologique) et la réforme voie professionnelle sont comme les 2 facettes d’une même médaille. Comme nos collègues de Fonsorbes, nous nous sommes livrés à l’examen des affirmations et préceptes de cette réforme.

Disons d’abord que cette réforme comme celle du lycée général a rencontré une forte opposition, mais les médias s’en sont faits encore moins l’écho. Le public de la voie professionnelle qui rassemble tout de même aujourd’hui 30% des bacheliers est encore dans l’invisibilité, de même que les enseignants qui les encadrent.

Mais revenons d’abord à l’élaboration de la réforme.

Le ministre Blanquer a prétendu que la voie professionnelle était sa priorité! Mais il s’est empressé de nommer le chef cuisinier étoilé Marcon et une cheffe d’entreprise pour établir un diagnostic en quelques semaines et des propositions tout aussi expéditives.

Le diagnostic a occulté les réussites du lycée professionnel, et ce alors que les enseignant.e.s sont reconnu.e.s pour leurs capacités à innover. Au lycée professionnel, c’est un autre rapport qui s’installe avec les élèves, pour les accompagner, les réconcilier avec l’école, leur redonner l’appétence et le goût du savoir… Aziz Jellab, sociologue, écrit: “des élèves ayant connu la douloureuse expérience de l’échec dans certaines matières en collège en viennent à découvrir qu’ils sont capables de réussir en lycée professionnel, aidés il est vrai par des pratiques pédagogiques innovantes ou au moins soucieuses de penser leurs difficultés cognitives”.

Oui le lycée professionnel était bien “une voie vers l’excellence”, et cela avant la réforme!

Par contre, qu’en est-il avec cette réforme? Décodons la communication “bien huilée” du ministère pour reprendre l’expression de nos collègues de Fonsorbes.

La brochure du ministère qui présente le “nouveau lycée professionnel” affirme: “La promotion de l’excellence se traduit par une ambition pour tous les élèves. Elle passe par la transmission des connaissances professionnelles de pointe, d’une culture générale solide et des savoir-être de haute tenue.

La mission de la voie professionnelle est de former des jeunes professionnels qualifiés qui sont aussi des citoyens éclairés.”

(...)

En conclusion, nous citerons la fin de notre déclaration au Conseil d’administration: nos élèves méritent qu’on les considère non comme de simples exécutants mais comme des individus en construction pour qui l’école doit aussi avoir une dimension émancipatrice.

Cette tribune est signée par l’ensemble du collectif d’enseignantes et enseignants du LPO Françoise de Tournefeuille, mobilisé.e.s contre les réformes du lycée et de la voie professionnelle.

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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