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Vivement l'Ecole!

Boulevard des airs...

27 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... François Weyergans...

27 Mai 2019 , Rédigé par Christophe Publié dans #Littérature

Mes sœurs évoquaient la vie sentimentale de leur mère avec la sollicitude de danseuses étoiles donnant des conseils à un petit rat de l’Opéra. Le jour où Maman nous présenta Frédéric Trubert, il ne s’agissait plus pour lui de négocier de la pâte à papier en Scandinavie ni d’affronter son conseil d’administration mais de s’exposer au jugement du sourcilleux aréopage que nous formions, mes sœurs et moi. Nous nous étions téléphoné les jours précédents : « Il faut trouver ce type sympathique. Il n’y a pas d’autre possibilité. » Comme toutes les familles, nous sommes une famille à risques. On ne sait jamais d’où peut surgir un dérapage. Si nous n’avions pas grandi ensemble, nous n’aurions sans doute aucun atome crochu. Tout simplement nous ne nous serions jamais rencontrés. Mais il y a cette enfance en commun qui nous colle à la peau, cette expérience vécue, ineffaçable plutôt qu’ineffable, qui n’a pas fini de nous faire du bien ou du mal, selon les moments. J’en suis encore à me demander si le premier amour de ma vie ne fut pas ma sœur aînée, Claire. Elle ne serait pas peu surprise si je lui apprenais que j’ai parfois prononcé son prénom au lieu de celui de la femme avec qui j’étais en train de jouir. Elle n’a qu’à demander à Delphine. De toute façon, je suis bizarre avec les prénoms. Quand je murmure le prénom de la femme que je suis en train de caresser, il arrive que des prénoms d’autres femmes avec qui j’ai couché me traversent l’esprit et je dois faire un sérieux effort pour ne pas chuchoter un de ces prénoms, voire plusieurs, au lieu de celui qui s’impose. Dans ces moments-là, je me rassure en me persuadant que celle que je serre contre moi remplace, résume ou annule toutes les autres, ce qui est plus oppressant que rassurant comme idée. Deux objets perçus ont toujours quelque chose en commun. C’est la loi de la ressemblance. Une syllabe, parfois une simple voyelle, suffisent à faire apparaître un prénom qui comporte la même voyelle ou la même syllabe. Dans le cas de Claire et Delphine, j’ai mis du temps à me souvenir que je surnommais Claire « Délice » quand j’étais petit. Nous sommes souvent régis par des lois que nous méconnaissons, des lois aussi inflexibles que dans la grammaire où un mot dépend d’un autre mot dans la phrase. Quand les conjonctions de subordination régissent le subjonctif, on n’est pas libre de mettre l’indicatif. Je ne suis pas libre non plus de séparer un prénom des autres.

François Weyergans - Trois jours chez ma mère

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Gilets jaunes : “Les méthodes de répression de ce mouvement s‘inspirent de celles utilisées dans les quartiers populaires”

27 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Le documentaire “Gilets jaunes : une répression d’Etat”, produit par le média Web indépendant StreetPress, fait le lien entre la politique de maintien de l’ordre dans les manifestations qui secouent la France tous les samedis depuis novembre, et celle organisée dans les banlieues depuis cinquante ans. Entretien avec l’un des coréalisateurs de ce docu glaçant.

Les cinquante-six minutes que dure Gilets jaunes : une répression d’Etat ne peuvent laisser personne indifférent. Coréalisé par Cléo Bertet, Matthieu Bidan et Mathieu Molard, en libre accès sur YouTube, le documentaire du site indépendant StreetPress plonge dans six mois de manifestations du mouvement des Gilets jaunes, en prenant l’angle de la politique du maintien de l’ordre et des violences qui l’entourent.

Archives, explications techniques et chiffres à l’appui – 3 830 blessés, 8 700 gardés à vue, 13 460 tirs de LBD 40, 1 428 tirs de grenades –, mais surtout témoignages de blessés, de sociologues, d’avocats, de représentants de syndicats de police et d’associations (Amnesty International, collectif Justice pour Adama...), le film est très documenté. Ses auteurs en ressortent un constat sans équivoque : l’Etat mène une répression violente contre le mouvement des Gilets jaunes et use à son encontre de techniques héritées de cinquante ans de maintien de l’ordre dans les quartiers populaires, les ZAD ou aux abords des stades. Une forme de maintien de l’ordre dont les dérives sont inquiétantes et empiètent sur la liberté fondamentale du droit de manifester.

(...)

Jérémie Maire

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Violence à l’école : échec du pragmatisme (1)

27 Mai 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Violence à l’école : échec du pragmatisme (1)

EXTRAIT

On a appris en mars que le plan violence attendu ne sortait pas. Il est à ce qu’il semble toujours à la peine. Alors qu’en novembre 2018 le ministre avait communiqué qu’il donnerait ses solutions un mois plus tard… parce qu’il fallait quelques semaines pour les concertations inter ministérielles…

C’est en mars que devait sortir le plan violence du ministre. Il fut reporté comme l’indiquait le Monde. Il faut dire qu’il y avait de l’hésitation sur beaucoup de mesures comme la suppression des allocations pour les parents d’enfants « violents » comme le rappelle "Vous Nous Ils" quelques jours plus tard. C'est qu'au sein même du gouvernement le ministre n'est pas toujours assuré d'avoir l'aval de Matignon ou de l'Elysée. On perçoit dernièrement qu'il commence à perdre de sa crédibilité initiale de "spécialiste". Et que ses méthodes de communicant, qui ne va pas au fond des choses et se désintéresse des mises en œuvre, commencent à être davantage perçues par les personnels et par le grand public.

Rappelons nous

En novembre 2018 pour répondre à l’événement qui, à ce moment là, émeut la société française : la vidéo abondamment relayée sur les réseaux sociaux qui montre trois jeunes braquant leur professeur, le ministre communique tous azimut. On vous propose juste 20 minutes ou les Échos …Mais il y en a bien d'autres tant le ministre est bien relayé par certains médias. C'est clair que certains médias aiment les communicants qui leur mâchent le travail. 

C’est que le ministre a plein de bonnes idées « pragmatiques »… pour résoudre le problème et surtout pour se faire valoir comme l’homme qui résoudra les problèmes de violence en un tour de main… Ce qui est le B-A BA de la communication quand on ne parle pas des méthodes de lecture… Voici les « idées » du moment médiatique que l’on appellera « communication vidéo du braquage »:

  • Le registre papier ou numérique pour consigner les incidents et les réponses données
  • L’accompagnement du professeur par sa hiérarchie pour déposer plainte
  • La simplification des conseils de discipline (réduction des délais et moins de membres)
  • Des policiers à demeure dans les collèges ou lycées
  • Les établissements spécialisés pour poly exclus avec jeunes retraités de l’armée dans l’encadrement
  • La suspension ou suppression des allocations familiales pour les parents du jeune qui s’est mal conduit 

A l’époque, comme il apparaît dans le compte rendu des échos, la ministre de la justice qui fut rectrice dans une vie antérieure tente de calmer ce « pragmatisme », en vain. Et les syndicats de personnels de direction s’interrogent sur la pertinence d’un énième plan violence, car ils savent bien, eux aussi, que cela relève de la communication politique et pas de la véritable résolution des problèmes qui, elle, appelle de la constance dans la durée et du travail collectif.

Le problème du « pragmatique » c’est que, quand il a une idée, elle doit voir le jour très vite comme je l’ai indiqué dans mon analyse de la façon dont le ministre conçoit le « pragmatisme » en parfaite harmonie avec le président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’assemblée. Le même qui a favorisé récemment des amendements qui ont permis au ministre de ne pas en passer par les formes normales de la concertation sur certains points importants de la loi en cours de travail.

Car pour être « pragmatique », il vaut mieux s’affranchir de toute cette bureaucratie qui empêche d’être efficace en retardant les bonnes idées, chacun sait cela…

(...)

Marc Bablet

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Arthur Grumiaux joue Mozart, Bach, Vivaldi, Tchaikovsky...

26 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Isaac Asimov...

26 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"- Ecoutez, j'étais là quand ils ont installé Multivac. Ils disaient que la machine mettrait fin à la politique de partis, qu'elle éviterait aux contribuables de gaspiller leur argent en campagnes électorales. Ils affirmaient que, grâce à cette machine, on ne verrait plus se pousser vers le Congrès ou la Maison-Blanche des nullités aux sourires stéréotypés s'appuyant sur une habile publicité. Et qu'est-ce qui se passe en réalité ? Il y a plus de campagne que jamais, seulement, maintenant, elles se font en cachette".

Isaac Asimov - A voté

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A Voir... Les Misérables - Ladj Ly

26 Mai 2019 , Rédigé par Youtube Publié dans #Cinéma

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A ma mère...

26 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Ma mère…

A une amie très chère...

(À lire en écoutant les 12 fantaisies pour violon seul de Telemann. Exclusivement par Arthur Grumiaux).

Je ne sais pas parler d’elle. Ou plus exactement, je ne peux rien écrire car très vite mon regard se noie de larmes…

Les larmes arrachées par les beaux souvenirs qu’elle m’a offerts, fabriqués, construits…

De  l’Algérie natale, je n’ai conservé que quelques photos en noir et  blanc. Je marche vers elle, mon père vient de me lâcher pour mes  premiers pas. Mon Algérie est encore en guerre. Nous sommes en 1960 ou  61. Bientôt "papa" décidera de mettre épouse et enfant à l’abri des  « événements », manière habilement politique de ne jamais parler de  guerre. Ce fut pourtant bien une guerre.

Ma  mère, accueillait tous les enfants des villages alentour. Français et  arabes. Cela lui fut reproché par les colons « pieds-noirs ». Elle  soignait ceux parfois atteints de teigne et de gale. Sans distinction.  Jamais !

Bien  des années plus tard, alors que mon père effectuait un stage à  l’Université d’Aix-en-Provence pour préparer le concours d’inspecteur de  l’Education Nationale, un des stagiaires se présenta à lui.

« Bonjour.  Je m’appelle Ahmed (ce n’est pas le véritable prénom) et je vous  connais bien. J’étais en Algérie en même temps que vous. Mais j’étais de  l’autre côté. Instituteur le jour et FLN la nuit. Un soir, il y a eu  une attaque. Des morts. Des blessés. Mais pas vous. J’avais reçu ordre  qu’aucun mal ne vous soit fait»

Mon père, surpris, lui demanda les raisons de cette bienveillance.

« Vous  n’aviez pas l’esprit colon, "Algérie Française". Chez vous, dans votre  classe, avec votre épouse, les enfants étaient tous traités de la même  manière. Vous respectiez nos familles, notre langue, nos fêtes  religieuses. Un jour, j’ai même partagé la rupture du jeûne du ramadan  avec vous. Vous étiez le seul français présent ! Alors, le FLN vous a  mis de coté, si je puis dire.

- Et si vous n’aviez pas reçu l’ordre ?

Ahmed a souri…

- Je l’ai reçu… Voilà... »

Oui, voilà…

Mes  parents, ma mère, c’était ça. La bonté, le partage, la solidarité. Elle  aussi aimait la petite fille aux pieds nus qui riait avec moi. Qui rit  toujours avec moi…

Le  dimanche, à El Jadida, un rituel. Qui n’était pas la messe. Ou de ces messes laissant quelques traces  aux commissures des lèvres... Elle me  prenait par la main et m’emmenait acheter un « palmier ». Ce biscuit  saupoudré de sucre. Nous revenions par la promenade devant la mer. Puis  remontions, en passant devant le cinéma Marhaba et ses grandes affiches  annonçant les films proposés et à venir, vers la rue Guynemer. Je  prenais le temps de ne terminer ma gourmandise qu’une fois arrivé à la  maison. Le plaisir est quelque chose qu’il faut savoir prolonger. Sinon,  à quoi bon…

« Ça va, mon fils ? Pourquoi es-tu si long à finir un si petit gâteau ? »

Parce que je n’aime pas les fins maman… Parce que je n’aime pas les fins…

Plus  tard, lorsque mon père aura décidé de vivre une autre vie avec une  autre femme, j’accompagnerai ma mère dans d’autres promenades. Sans  « palmier ». C’est moi qui tiendrai sa main pour l’empêcher de  précipiter sa vie du haut d’une falaise. Mais cela m’appartient…

Elle  s’est éteinte discrètement. Sans plainte malgré la maladie. Les  derniers jours, elle m’appelait « Monsieur ». Sa mémoire était allée  rejoindre ses souvenirs et mon père parti quelques mois avant, le jour  d’une rentrée scolaire, ces rentrées qui depuis restent pour moi tout à  la fois d’immenses bonheurs et le chagrin toujours présent d’un père  absent.

Ma mère aimait le soleil, le vent, la plage, les enfants, les amis à la maison…

Elle aimait les petites filles courant pieds nus dans les champs arides, alanguis sous la lumière tremblante des horizons brûlants...

Elle t’aurait tant aimée…

Christophe Chartreux

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Formés au rabais, payés au rabais : enquête sur les enseignants contractuels dans l’académie de Rouen...

26 Mai 2019 , Rédigé par Paris-Normandie Publié dans #Education

Formés au rabais, payés au rabais : enquête sur les enseignants contractuels dans l’académie de Rouen...

EXTRAITS

À chaud. Formés au rabais, payés au rabais : les contractuels sont toujours plus nombreux à faire face aux élèves. Les syndicats craignent que les réformes amplifient le phénomène.

L’obscurantisme, c’est quoi ? « Le fait que ce soit noir. » Pas une mauvaise blague, mais une définition sérieusement livrée en classe par une contractuelle remplaçant un prof de français. Raphaëlle était en 4e dans un collège rouennais : « le cours, c’était 20 minutes de travail, 40 de récré ». Un cas sûrement extrême, mais une réalité : chaque année dans l’académie de Rouen comme ailleurs, des profs sans en avoir ni la formation ni le statut sont propulsés du jour au lendemain en classe pour remplacer des fonctionnaires. Personnes en recherche d’emploi de passage, aspirants malheureux aux concours de recrutement d’enseignants, ils sont depuis la rentrée 117 « nouveaux » à gonfler les rangs des contractuels sur un total de 700 agents au 3 mai.

On les retrouve un peu partout dans l’enseignement public du 2nd degré. Leurs quotités horaires varient de quelques heures par semaine au temps plein. La grande majorité est en contrat à durée déterminée, de quelques semaines à plusieurs mois.

« On se démerde »

Il n’a pas fallu plus de quatre jours à Jean(*) pour se retrouver enseignant contractuel. « Je dépose mon CV et ma lettre de motivation au rectorat le mardi, je suis reçu en entretien le jeudi. » Rendez-vous expéditif, il est en poste le lendemain. « J’ai été surpris que ce soit aussi “facile”. On ne m’a quasiment rien demandé. J’ai même fait une bourde sur l’histoire de France... » Sur la foi de son Master d’histoire, il est embauché en « gros temps plein », et officie sept mois durant, en 2017, devant plusieurs niveaux de classes de deux collèges, dans l’Eure. Avec son BAFA, une expérience d’assistant de langue à l’étranger et de pion, Jean avait acquis une certaine pédagogie. « Ce n’est clairement pas suffisant, estime-t-il. J’ai eu de la chance, les profs arrêtés m’ont envoyé quelques cours déjà préparés. J’ai bossé comme je pouvais, avec un peu de remplissage. Personne ne m’a indiqué comment gérer l’administratif. Arrivé devant la classe en fait, on se démerde. J’avais des élèves handicapés, on ne me l’a pas dit, ni qu’il fallait trois notes sur 20. À la fin du trimestre, je n’en avais qu’une. » Après sa prise de fonction, Jean a bénéficié d’une journée de formation collective à l’ESPE (École supérieure du professorat et de l’éducation) de Mont-Saint-Aignan. Pendant sept mois, il n’a pas été inspecté.

Une rentrée des classes aux antipodes de celles réservées aux enseignants titulaires en devenir. Pierre (*) a bûché pour obtenir une licence d’histoire, puis un Master MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), préparé dans une ESPE. Deux années de cours théoriques ponctués de stages en pratique accompagnée, en classe. Après avoir décroché le difficile Capes, il est aujourd’hui enseignant stagiaire en histoire en Seine-Maritime. « Ma tutrice est venue 6 ou 7 fois dans ma classe depuis la rentrée. J’ai eu une visite-conseil et deux visites d'évaluation qui comptent pour ma titularisation. J’en attends encore une de l’inspecteur académique, et je dois rendre un mini-mémoire. On m’en demande beaucoup. Par rapport aux contractuels, le niveau d’exigence n’est pas du tout le même », témoigne-t-il.

(...)

Clémence Dupont

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La philosophie au cœur d’une guerre des programmes scolaires...

26 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

La philosophie au cœur d’une guerre des programmes scolaires...

EXTRAITS

Le projet de programme de terminale, mis en ligne le 17 mai sur le site du Conseil supérieur des programmes, divise la profession. Une partie du groupe d’experts chargé d’élaborer le projet dénonce sa réécriture par le CSP.

Il y a quelques jours, les inspecteurs pédagogiques régionaux de philosophie ont vu une petite bombe se glisser au milieu de leurs e-mails. Ces cadres supérieurs de l’éducation nationale, chargés d’évaluer les professeurs et de veiller à la bonne application des programmes, connaissent par cœur le jargon de leur ministère. Mais ils sont moins habitués aux missives incendiaires.

Dans ce courriel, dont le contenu a été rapporté par plusieurs sources au Monde, un universitaire, Pierre Guenancia, et l’inspecteur général de philosophie Frank Burbage dénoncent des méthodes irrespectueuses et regrettent un dialogue au point mort. Dans leur viseur, le projet de nouveaux programmes de philosophie de terminale, que le Conseil supérieur des programmes (CSP), dirigé par Souad Ayada, a dévoilé le 17 mai.

Pour comprendre cette colère, il faut revenir en arrière. Le CSP avait chargé MM. Guenancia et Burbage de copiloter un groupe de travail sur ces nouveaux programmes, censés entrer en vigueur à la rentrée 2020. Les deux experts ont rendu les préconisations de ce groupe le 15 mai. Et ils sont tombés de l’estrade, deux jours plus tard, en découvrant que presque rien n’en avait été retenu.

Disparition du « sujet »

Alors que tous les programmes de terminale doivent être revus pour accompagner la vaste réforme du lycée, la philosophie ouvre le bal, qui commence donc par un faux pas.

Le CSP propose, pour structurer l’enseignement, une liste alphabétique de vingt et une notions (« l’art, le bonheur, la culture, le désir », etc.). Le groupe d’experts avait pour sa part retenu une toute autre approche : une structuration en quatre domaines (« métaphysique », « épistémologie », « morale et politique », « anthropologie »), dans lesquels vingt-cinq notions étaient organisées (« la culture » et « le désir » dans la catégorie « anthropologie », par exemple).

Joints par Le Monde, les experts du groupe de travail ont chacun leur analyse de ce qui s’est produit. « Nous avons travaillé pendant un an pour un résultat qui ne nous satisfait pas », tonne Anouk Barberousse, professeure de philosophie des sciences à la Sorbonne. « Je suis heurtée par la méthode, qui a consisté à nous laisser travailler dans une direction que visiblement le CSP n’avait pas l’intention de retenir », ajoute Odile Jollé, professeure de philosophie au lycée Juliette-Récamier, à Lyon.

(...)

Violaine Morin

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