Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Blanquer normalise la maternelle...

29 Mai 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Blanquer normalise la maternelle...

Avec la publication au BO de la circulaire de rentrée (qui ne concerne que le premier degré) accompagnée de nouvelles "recommandations", le ministre met en route la mise au pas de la maternelle. La circulaire de rentrée précise comment la hiérarchie va controler l'application des "recommandations". Celles-ci expliquent comment enseigner "le vocabulaire", les nombres et les langues étrangères en maternelle. Ces textes imposent un recadrage brutal de la maternelle amenée à devenir une école élémentaire comme les autres.

Modifié 12h30 - "Les acquisitions progressivement réalisées à l'école maternelle sont déterminantes pour la maîtrise future des savoirs fondamentaux... La connaissance et la manipulation des unités sonores de la langue française font l'objet d'un enseignement progressif. Dès la petite section, la construction d'une conscience phonologique est régulièrement travaillée. Elle se structure jusqu'à la grande section par des activités appropriées. La connaissance du nom des lettres et du son qu'elles produisent est progressivement enseignée... En mathématiques, les résultats de la recherche montrent que les années de l'école maternelle sont déterminantes pour découvrir et intégrer les concepts essentiels de nombre, d'espace et de calcul. Le rapport Villani-Torossian l'a rappelé".

Si dans le début de la circulaire le ministère fait référence au jeu et aux manipulations, le discours instructif selon les orientations du ministre prend nettement le pas. "Pour que les élèves s'approprient la langue française, un enseignement régulier et structuré du langage est nécessaire dans toutes les classes de l'école maternelle." La circulaire annonce une formation des nouveaux enseignants de maternelle en ce sens selon un référentiel national à paraitre.

En ce qui concerne l'apprentissage du vocabulaire en maternelle, les "recommandations" insistent sur la répétition des mots appris selon un apprentissage structuré du vocabulaire. "Un enseignement structuré revient à ne pas isoler des mots mais à les présenter dans des regroupements sémantiques et logiques qui vont permettre d'en faciliter la représentation : l'insertion d'un mot dans un champ lexical avec d'autres mots qui relèvent du même thème, permet d'utiliser des synonymes, des antonymes, par exemple, lorsque l'on dit « ce n'est pas froid, c'est chaud » ou « ce n'est pas gentil, c'est méchant ». En replaçant un terme dans un champ lexical (par exemple le bonnet, l'écharpe, les gants, les pantalons, qui appartiennent à la catégorie des vêtements), les activités de catégorisation permettent une structuration encore plus explicite et une mémorisation efficace, et donnent à l'élève la faculté d'ordonner la langue et de comprendre le monde. Enfin, il ne peut y avoir d'acquisition sans mémorisation. La mémoire est à la fois le moteur, le ressort et le produit des apprentissages. Travailler la mémoire lexicale avec l'enfant nécessite que le mot soit bien articulé, répété souvent par l'enseignant et l'enfant". La suite du texte explique aux enseignants comment il faut lire en classe... La circulaire enjoint aussi l'apprentissage syllabique avec répétition. "Il est attendu des enfants, à la fin de l'école maternelle, la capacité de discriminer des syllabes, des sons-voyelles et quelques sons-consonnes (hors des consonnes occlusives) comme p, b, t, d, k, g, voire m, n dans une moindre mesure, ces sons étant difficilement perceptibles."

Sur les nombres, la circulaire enjoint l'apprentissage des nombres jusqu'à 10. "Dénombrer est une compétence complexe qui met en lien plusieurs connaissances et compétences qui s'acquièrent en parallèle. La connaissance de la suite orale des noms de nombres ne suffit pas pour qu'un élève parvienne à dénombrer ou constituer à coup sûr une collection d'objets d'une quantité donnée. Au-delà de la capacité de faire abstraction de certaines propriétés des objets de la collection à dénombrer (compter une grosse bille comme une petite, une bille bleue comme une rouge, etc.) et de la connaissance du principe du cardinal (le dernier mot-nombre énoncé fait référence au nombre total d'objets comptés et pas à un objet particulier), l'enfant doit maîtriser la synchronisation du pointage des éléments de la collection avec la récitation des noms des nombres et apprendre à énumérer tous les éléments de la collection (pointer une et une seule fois, sans en oublier). Cette compétence d'énumération s'acquiert dans l'action, en dénombrant activement, et il est déterminant de concevoir, et proposer aux élèves, des situations permettant des manipulations nombreuses et variées, en prenant le temps nécessaire chaque jour et dans la continuité du cycle 1." Mais là aussi les" recommandations" entrent dans le détail de ce que doit faire l'enseignant en classe.

Dans La Croix, JM BLanquer explique ces textes. "Cette circulaire et les documents qui l’accompagnent détaillent ce que chaque élève doit acquérir pour mieux préparer encore l’entrée au CP...Il faut travailler sur les familles de mots, les synonymes, les antonymes. De même, les élèves doivent pouvoir lire l’écriture chiffrée jusqu’à dix, ordonner les nombres et dire combien il faut ajouter ou soustraire pour obtenir des quantités ne dépassant pas dix... Les évaluations de début de CP nous montrent de trop grandes disparités en matière de vocabulaire – la reine des batailles –, de maîtrise des correspondances entre lettres et sons, de connaissance des nombres".

En 2018 Pascale Garnier avait annoncé les effets délétères sur la maternelle de l'obligation d'instruction à 3 ans. Le Café pédagogique avait publié le 16 avril le projet de circulaire et annoncé une "rentrée bien normalisante" en maternelle et au primaire. On y est.

F Jarraud

La circulaire et les recommandations au BO du 29 mai

Dans La Croix

Dans le Café : Une rentrée bien normalisante

La loi Blanquer dans l'attente du compromis final

P Garnier

Lire la suite

Jeudi, une journée d'action dans le secondaire. What else? (23/01/2019 mais à relire)

29 Mai 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Jeudi, une journée d'action dans le secondaire. What else? (23/01/2019 mais à relire)

A l'appel de plusieurs syndicats d'enseignants et de lycéens une journée de manifestations et de grèves qu'ils estiment importante aura lieu contre divers aspects de la politique scolaire actuelle. Les ''Stylos rouges'' doutent que ce type d'action puisse être efficace et l'emporter. Mais que proposer d'autres? Retour sur un épisode historique significatif, celui du premier semestre 2003.

Le 28 janvier 2003 les cinq principales fédérations de l'Education nationale (la FSU, l'UNSA-Education, le SGEN-CFDT, la Ferc-CGT et la FEN) appellent à une grève d'un jour contre "l'abandon de la priorité à l'éducation". Ils jugent que "le premier ministre n'a apporté aucune réponse concrète aux revendications "des personnels de l'éducation.

Une seconde journée nationale de grève a lieu le 18 mars 2003. Elle est moins suivie que la première, alors même que l'annonce de la décentralisation de quelque 110000 personnels non-enseignants dans le giron des collectivités locales a été faite. Selon le ministère 30% des enseignants du primaire, 34% des enseignants de collèges et 26 % des professeurs de lycée , ont fait grève . A peine 26% des personnels ATOS (administratif, technique, ouvrier et de service) ont suivi le mouvement (alors qu'ils étaient les premiers concernés).

A partir de mai 2003, la question des retraites s'ajoute à ce contentieux (il est notamment annoncé que les personnels vont subir l'allongement progressif de la cotisation de 37,5 annuités à 40 annuités). Dix autres journées nationales de grève vont alors se succéder jusqu'au 19 juin 2003, date à laquelle le ministère de l'Education nationale annonce 10,6 % d'enseignants grévistes en moyenne dans les écoles, 12 % dans les collèges, 6% dans les lycées généraux, 4% dans les lycées professionnels; et 6 % de grévistes parmi les personnels non-enseignants.

Les onze appels nationaux à des journées de grève ont rythmé des temps forts nationaux des actions syndicales. Mais à partir de fin avril et surtout de mai 2003, le mouvement s'est amplifié et durci à partir d'initiatives locales qui ont pu être particulièrement fortes dans certaines régions: les académies de Créteil, de Montpellier, d'Aix-Marseille et de la Réunion.

Il y a eu des occupations de rectorats et d'inspections académiques, des blocages de dépôt de bus ou de péages autoroutiers, des opérations escargots sur les routes, des jets d'exemplaires du livre du ministre de l'Education nationale Luc Ferry, des menaces sur la tenue du baccalauréat.

Selon Denis Paget (le co-secrétaire général du SNES-FSU, le principal syndicat des enseignants de collège et de lycée) "les formes policées du syndicalisme ont tendance à céder le pas à des formes plus radicales [...]. Les gens de ma génération portent en eux une espèce de légalisme et de respect du métier. Cela apparaît beaucoup moins fort chez les jeunes enseignants".

Des enseignants - et là encore surtout des jeunes - se retrouvent aussi sur Internet. Depuis fin mai 2003, plusieurs sites relaient les interrogations à propos de la suite à donner au mouvement. Sur ''20pourtous.free.fr'', des professeurs proposent par exemple d'''attribuer automatiquement 20 à tous les élèves". D'autres , comme ''reseaudesbahuts.lautre.net'' veulent réfléchir ''sur la durée à une contre-offensive à la destruction programmée de l'Education nationale".

Signe des temps (de nouveaux temps) "Le Monde'' du 25 avril 2003 titre: "Bataille virtuelle sur Internet":"Le Web prend un peu plus chaque jour l'allure d'une gigantesque assemblée générale électronique: on y débat, on s'y engueule [...]. Tour à tour, FO, la CGT, le Groupe des Dix-Solidaires ont vu leur messagerie bloquée par un afflux de courriers électroniques identiques destinés à soutenir la réforme [...]. Une association d'adhérents de l'UMP, la Droite libre, a revendiqué cette ''contre-manifestation électronique: ils bloquent la France, nous bloquons leur mail''

L'usage d'Internet a pu aussi favoriser la discussion des mots d'ordre des syndicats et la constitution plus ou moins formelle de coordinations locales débouchant sur des grèves ''reconductibles'', en continu, par périodes plus ou moins longues.

Cela a toujours été minoritaire; mais, au plus fort de l'action, les syndicats du second degré ont estimé à environ 3000 le nombre des collèges et lycées publics (sur 7800) touchés dans des proportions variables par des mouvements de grèves reconductibles, eux-mêmes plus ou moins longs.

Or une jurisprudence du Conseil d'Etat (arrêt Omont de 1978) prévoit la possibilité de défalquer les jours non travaillés (les mercredis par exemple) , les week-ends et les jours fériés, compris entre deux journées de grèves. Ce mode de calcul, qui peut paraître étonnant, vise à corriger les effets du prélèvement par ''trentième'' ( une journée de grève, en application d'une loi de 1977, prévoit la retenue d'un trentième de salaire et des primes mensuelles par jour de grève): sans cette jurisprudence, un enseignant en grève reconductible pourrait percevoir jusqu'à un tiers de son traitement même s'il n'effectue aucune heure de cours (du fait du ''paiement'' des trentièmes correspondant aux week-ends et jours fériés). Les grèves reconductibles ont pu être fort douloureuses financièrement, et certains s'en souviennent encore.

Peu à peu, on se rapproche de la mi-juin où les épreuves du baccalauréat vont commencer par celles de philosophie. La question du boycott du baccalauréat est posée. In fine les syndicats d'enseignants sont contre.

Une enquête par sondage menée fin mai 2003 par l'institut CSA sur "L'image des syndicats d'enseignants auprès des Français" indique que 88% des sondés ont dit être d'accord avec l'assertion suivante: "l'exercice du droit de grève ne doit pas empêcher les élèves de passer leurs examens" (dont 72% ''tout à fait d'accord'').

Le ministère a rappelé aux recteurs (fin mai 2003 également) quelles doivent être les mesures à adopter. Si des enseignants convoqués comme jury aux examens font savoir qu'ils ne se présenteront pas, les recteurs peuvent les requérir individuellement et par courrier. Il ne s'agit pas d'une réquisition, comme le prévoit la loi de 1938 sur la nation en temps de guerre, mais d'un rappel à l'ordre. Si les enseignants l'ignorent, ils ne seront plus considérés comme grévistes mais en situation de faute professionnelle et soumis à un système de sanctions allant de l'avertissement à la révocation sans pension. Les actions d'entrave violente à l'accès aux salles d'examen seront considérées comme délictuelles et relèveront du droit pénal.

Le dénouement se joue à Paris fin juin 2003. Le 16 juin, une assemblée générale des professeurs de philosophie des trois académies d'Ile-de-France (Créteil, Versailles, Paris) vote à une courte majorité ("relative'') le principe d'une poursuite de l'action durant les corrections: 95 sur les 220 professeurs présents (91 contre, 23 absentions et 11 ne prenant pas part au vote). Et ils se divisent encore dans une assemblée générale le 27 juin sur trois modalités envisagées: la rétention des notes, le principe d'une sur-notation (par exemple de 15 à 20) , ou une notation indéchiffrable pour gêner le travail des jurys.

Doit-on considérer que l'épilogue est donné par une certaine Dominique Morvan dans "Le Monde" du 1er septembre 2003: "On s'est contentés vis à vis du gouvernement de petites menaces du genre: ''Attention, vous n'êtes pas gentils, on ne va peut-être pas surveiller les épreuves du bac''. Et on y est allés quand même. Ensuite on a dit: ''Attention , vous n'êtes toujours pas gentils, on ne va peut-être pas corriger les copies''. Et on l'a fait aussi. Enfin on a dit: "Attention, vous n'êtes décidément pas gentils, on va peut-être surnoter. ''Cela, en revanche, on ne l'a pas fait!''

Claude Lelièvre

Lire la suite

Revue de Presse Education... Maîtres à penser — Pédagogie — Orientation — Métier...

29 Mai 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Maîtres à penser — Pédagogie — Orientation — Métier...

Actualité foisonnante. Les maîtres à penser sont toujours là et le voile retombe. Mais heureusement il sera question aussi de pédagogie, d’orientation et du métier.

Maîtres à penser

Création d’un comité d’histoire de l’éducation nationale NOR : MENA1900121S décision du 21-5-2019 MENJ - SAAM - MAPC
Article 1 - Il est créé auprès du ministre chargé de l’éducation un comité d’histoire de l’éducation, chargé de valoriser l’histoire des institutions et des politiques d’éducation dont il a la charge.
Le comité a pour missions :
- de proposer un soutien à la réalisation d’études et de recherches historiques ;
- de susciter des travaux historiques et de contribuer à leur diffusion ;
- de favoriser les échanges dans le domaine de l’histoire de l’éducation et de promouvoir, en relation avec la communauté universitaire, l’organisation de colloques, séminaires ou autres manifestations ;
- de favoriser la mise en valeur du patrimoine et des archives de l’éducation
.”

Et Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires réagit : Blanquer craint-il que sa « mémoire » flanche (et ne soit guère valorisée) ?
Toujours est-il qu’il a créé le 21 mai dernier un « comité d’histoire de l’Education nationale ». Le Gellec dans L’obs et Goigoux dans plusieurs journaux viennent de montrer qu’il n’hésite pas à triturer les statistiques à sa convenance. Il a supprimé le CNESCO pour avoir un organisme d’évaluation à sa main. De là à penser qu’il en va de même en matière de « valorisation historique »…

À quelques jours du brevet des collèges, France 3 et France tv éducation s’associent pour vous proposer de réviser les classiques de l’orthographe et de la grammaire, en simultané avec des milliers de collégiens partout en France.”
Et qui y participe ???? Notre ministre !Avis aux amateurs d’orthographe, découvrez les conseils de Jean-Michel Blanquer pour réussir une #dictée et défiez les collégiens de #3e vendredi 7 juin, à 10h15, en direct sur France 3.”

Et du côté de la philosophie...
Souad Ayada : « Il faut former le jugement et préparer à l’exercice de la citoyenneté »
Pour Souad Ayada, la présidente du Conseil supérieur des programmes, la présentation alphabétique des notions de philosophie est celle qui « charrie le moins d’arbitraire ».”

Pierre Guenancia : “L’enseignement de la philosophie doit suivre une certaine logique”
Publié il y a dix jours, le projet pour les nouveaux programmes de philosophie en Terminale suscite bien des critiques. Y compris de la part des membres du groupe de travail chargé de leur élaboration, comme le philosophe Pierre Guenancia, spécialiste de Descartes.”

La philosophie au cœur d’une guerre des programmes scolaires Par Violaine Morin
Le projet de programme de terminale, mis en ligne le 17 mai sur le site du Conseil supérieur des programmes, divise la profession. Une partie du groupe d’experts chargé d’élaborer le projet dénonce sa réécriture par le CSP.”

Sourions, un peu… avec Fabrice Erre qui propose de S’orienter dans la réforme du lycée

Voile

Sorties scolaires : « Un nouveau coup de vent dans le voile » Tribune de Laurent Klein, Directeur d’école élémentaire
L’amendement adopté lors du passage au Sénat de la loi Blanquer qui prévoit d’interdire les sorties scolaires aux parents portants des signes religieux ostentatoires, méconnaît la laïcité vécue au quotidien dans les écoles explique Laurent Klein, directeur d’école publique.”

« Il serait plus intelligent et digne de la patrie des droits de l’homme d’accepter que les mères voilées accompagnent les sorties scolaires » Tribune par Elizabeth Cremieu, Agrégée de géographie, présidente d’ACORA, ancienne maîtresse de conférences à Sciences Po Paris. Elle s’exprime à titre personnel
Dans une tribune au « Monde » la géographe Elizabeth Cremieu considère qu’interdire les femmes voilées lors des sorties scolaires, c’est faire le jeu des salafistes et des islamistes. Pour elle, les autoriser, « ce serait un compromis intelligent, et compromis ne signifie pas forcément compromission ».”

Loi Blanquer : Des collectifs contre l’interdiction des accompagnatrices voilées
" Qui peut croire que le vivre ensemble passe encore par l’exclusion d’une catégorie de la population, les mamans portant un foulard, en raison de la manière dont elles choisissent de se vêtir ? Qui peut encore croire que le traumatisme produit chez leurs enfants n’aura pas de conséquence sur l’idée qu’ils se font de la laïcité, qui n’inclut plus et ne permet plus le vivre ensemble, mais au contraire exclut et discrimine ? Accepterons-nous encore une fois de faire de ces enfants et de leurs familles des parias de notre société ?" Des collectifs et associations (Attac, Fasti, Sud Education 93, Alternative libertaire, Ensemble !, NPA, PIR etc.) protestent contre un article ajouté à la loi Blanquer par le Sénat qui interdit les accompagnatrices voilées. " Cette position établit deux catégories de mères aux yeux des enseignants et des enfants : les mères dignes et les mères indignes de s’intégrer dans la communauté scolaire. Elle est insupportable car elle établit une inégalité entre mères fondée sur la religion. Elle remet en cause les fondements de l’école publique en opposant deux catégories d’élèves en fonction de la religion de leur famille. En s’attaquant aux mères musulmanes portant un foulard, le vote sénatorial pousse les discriminations jusqu’à l’ignominie".”

Le Sénat s’acharne contre les mères qui portent un foulard Par Les Invités De Mediapart
« Par un amendement sénatorial au projet de loi Blanquer, projet qui va déjà à l’encontre de l’école pour toutes et tous que nous souhaitons pour nos enfants, les mamans portant un foulard risquent d’être interdites de sorties scolaires », ce qui revient à interdire tout court les sorties scolaires dans les quartiers populaires, rappelle un large regroupement de collectifs, associations et partis de gauche.”

Pédagogie

Nous inversons ensemble au lycée Eugène Ionesco ! par CLAUDE TRAN
Mais qui a dit que les classes inversées c’était des vidéos à la maison avec le cours et des exercices en classe ?
Au lycée Eugène Ionesco d’Issy-les-Moulineaux elles travaillent ensemble pour passer du face à face au côte à côte, construisent le même cours, Inversent leur classe mais n’utilisent pas - encore - le numérique pour mettre leurs élèves en activité. Séverine et Emilie sont toutes deux professeure de sciences physiques dans cet établissement pour la plus grande joie de leurs élèves qui apprennent en construisant le cours
.”

« La pédagogie et les modes d’apprentissage doivent évoluer avec le numérique » par Olivier Rollot
Il est le directeur de EdTech France, l’association de start up de l’éducation dont certaines, comme Open Classrooms, sont déjà à maturité quand beaucoup cherchent encore leur modèle économique. Le regard de Rémy Challe sur un secteur en plein essor.”

Education nationale : les enseignants, des acteurs essentiels de la digitalisation
Côté élèves, le numérique constitue à la fois un outil d’enseignement et un sujet d’étude. Côté enseignants, la digitalisation permet de mettre en oeuvre une pédagogie innovante, mais elle nécessite de la co-construction, de la formation et de l’appropriation.”

En Belgique 100.000 profs intègrent le smartphone en cours avec Wooclap
Wooclap, plate-forme interactive facilitant la participation des étudiants via leur smartphone, a franchi la barre des 100.000 professeurs et formateurs dans plus de 100 pays. La start-up fondée à Bruxelles et basée à Etterbeek a reçu le prix de la Jeune entreprise innovante.”

Orientation

Orientation scolaire : cadre national de référence entre l’État et Régions de France
Afin de préciser les compétences respectives de l’État et des Régions dans l’exercice de leurs missions en matière d’orientation et d’information et les principes communs de leur action, et ainsi permettre une meilleure cohérence de leurs interventions, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Hervé Morin, président de Régions de France, et François Bonneau, président délégué de Régions de France ont signé le Cadre national de référence relatif à la mise en œuvre des compétences de l’État et des Régions en matière d’information et d’orientation pour les publics scolaire, étudiant et apprenti, mardi 28 mai 2019.”

Je me permets de vous signaler la réaction à chaud :

Le régalien, le cadre et la conception

Ce mardi 28 mai 2019 le gouvernement et les régions signent un « cadre national de référence ». Suite à la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » il s’agit de définir les conditions dans lesquelles ils exercent leurs missions respectives dans les domaines de l’information et de l’orientation à destination des publics scolaire, étudiant et apprenti.
Le décret, Information sur les métiers et les formations. Nouvelles compétences des régions du 11 avril 2019 avait déjà modifié le Code de l’éducation préparant ainsi l’application de la loi[1]
.”

Ecoles d’infirmier : le fiasco de Parcoursup 2019 par Sébastien Grob
Les premiers résultats 2019 de Parcoursup ont provoqué un torrent de protestations parmi les candidats à l’entrée en institut de formation en soins infirmiers. Derrière une sélection hasardeuse se cachent les failles d’un système qui a submergé les Ifsi, arrivés en tête des formations ayant reçu le plus de vœux sur la plateforme.”

Orientation scolaire, Parcoursup : 3 jeunes du Centre-Val de Loire parlent de leurs études supérieures
Réunis autour de la youtubeuse Calie, nous avons interrogés des jeunes de la région Centre-Val de Loire pour parler des études et de l’orientation scolaire. A retrouver dans "T’en penses quoi ?", notre programme 100% Web.”

Le "boom"​ du privé dans l’enseignement supérieur français par Bruno Magliulo, Formateur/conférencier
Depuis une vingtaine d’année, on observe un phénomène de très forte croissance de la part de l’enseignement privé au sein de l’enseignement supérieur français. Nous ne sommes certes pas les seuls à connaître une telle évolution, mais force est de constater qu’en France, elle est d’une ampleur particulière. C’est d’autant plus surprenant que ce secteur de formation est plus ou moins fortement payant, alors que les "consommateurs d’enseignement supérieur" ont la possibilité de préférer l’offre publique gratuite ou quasi gratuite. Malgré cela, une proportion croissante des familles font le choix du privé, et on observe que ce phénomène concerne de plus en plus de familles n’appartenant pas aux catégories sociales les plus favorisées du pays. Dès lors, on est conduit à se demander quelles sont les raisons de ce phénomène qui ne semble pas près de s’atténuer, bien au contraire.”

Pour l’OCDE, le tri académique ou social des élèves fait baisser le niveau général
La ségrégation scolaire est nuisible à tous. On le savait depuis une récente conférence de consensus du Cnesco sur la mixité sociale. Mais c’est maintenant l’OCDE qui l’atteste en se basant sur 15 années de résultats de Pisa. Pour l’organisation internationale, l’affaiblissement de la carte scolaire et la montée de la sélection des élèves, soit sociale, soit par les résultats, fait baisser la performance des systèmes éducatif sans pour autant tirer les plus forts ou les plus favorisés vers le haut. Une analyse particulièrement intéressante au moment où le ministère renforce la concurrence entre les lycées et instaure avec la loi Blanquer l’école à deux vitesses.”

Le métier

Pourquoi les enseignants français se sentent-ils mal-aimés ? Par Séverin Graveleau
Une majorité d’enseignants dit souffrir d’une image dévalorisée dans la société française. Sondage après sondage, les Français rappellent pourtant leur attachement à la figure du professeur. Enquête sur ce paradoxe.”

Mais il y a une solution, ailleurs...
Profs : le Québec recrute !
“Pénurie oblige, le gouvernement québécois facilite l’embauche d’enseignants étrangers. Une campagne de recrutement aura lieu début juin à Paris.”

Bernard Desclaux

Lire la suite

Joan Baez...

28 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... François Villon...

28 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

 Aux filles de joie.

« Or y pensez, belle Gantière,
 Qui m’escolière souliez estre,
 Et vous, Blanche la Savetière,
 Ores est temps de vous congnoistre.
 Prenez à dextre et à senestre ;
 N’espargnez homme, je vous prie :
 Car vieilles n’ont ne cours ne estre,
 Ne que monnoye qu’on descrie.

« Et vous, la gente Saulcissière,
 Qui de dancer estes adextre ;
 Guillemette la Tapissière,
 Ne mesprenez vers vostre maistre ;
 Tous vous fauldra clorre fenestre,
 Quand deviendrez vieille, flestrie ;
 Plus ne servirez qu’un vieil prebstre,
 Ne que monnoye qu’on descrie.

« Jehanneton la Chaperonnière,
 Gardez qu’ennuy ne vous empestre ;
 Katherine la Bouchière,
 N’envoyez plus les hommes paistre :
 Car qui belle n’est, ne perpetre
 Leur bonne grace, mais leur rie.
 Laide vieillesse amour n’impetre,
 Ne que monnoye qu’on descrie.

ENVOI.

« Filles, veuillez vous entremettre
 D’escouter pourquoy pleure et crie
 C’est que ne puys remède y mettre,
 Ne que monnoye qu’on descrie. »
 François Villon, 1461

                                          ___________________________________________________________

 

Ballade de bon conseil

Hommes faillis, bertaudés de raison,
Dénaturés et hors de connoissance,
Démis du sens, comblés de déraison,
Fous abusés, pleins de déconnoissance,
Qui procurez contre votre naissance,
Vous soumettant à détestable mort
Par lâcheté, las ! que ne vous remord
L’horribleté qui à honte vous mène ?
Voyez comment maint jeunes homs est mort
Par offenser et prendre autrui demaine.

Chacun en soi voie sa méprison,
Ne nous vengeons, prenons en patience ;
Nous connoissons que ce monde est prison
Aux vertueux franchis d’impatience ;
Battre, rouiller pour ce n’est pas science,
Tollir, ravir, piller, meurtrir à tort.
De Dieu ne chaut, trop de verté se tort
Qui en tels faits sa jeunesse démène,
Dont à la fin ses poings doloreux tord
Par offenser et prendre autrui demaine.

Que vaut piper, flatter, rire en traison,
Quêter, mentir, affirmer sans fiance,
Farcer, tromper, artifier poison,
Vivre en péché, dormir en défiance
De son prouchain sans avoir confiance ?
Pour ce conclus : de bien faisons effort,
Reprenons coeur, ayons en Dieu confort,
Nous n’avons jour certain en la semaine ;
De nos maux ont nos parents le ressort
Par offenser et prendre autrui demaine.

Vivons en paix, exterminons discord ;
Ieunes et vieux, soyons tous d’un accord :
La loi le veut, l’apôtre le ramène
Licitement en l’épître romaine ;
Ordre nous faut, état ou aucun port.
Notons ces points ; ne laissons le vrai port
Par offenser et prendre autrui demaine.

François Villon, Poésies diverses

Lire la suite

Il était une fois l'Occupation selon "Le Parisien" : un western aux références ambiguës...

28 Mai 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Histoire

Il était une fois l'Occupation selon "Le Parisien" : un western aux références ambiguës...

EXTRAITS

Chronique | En Une, Lorànt Deustch qui nous guide sur les pas de la Wehrmacht, des "collabos" ou d'une évocation suspecte de Céline ou des Juifs. Au fil des pages, des anecdotes qui semblent tout mettre sur le même plan et racontent la rafle du Vél' d'hiv un peu comme un Guide du Routard. On a lu pour vous.

Un nouveau Hors-série du Parisien est sorti le 13 mai, Le Paris de l’Occupation. Huitième numéro d’une collection pour “tout connaître de l’histoire de Paris” qui comptait déjà, en vrac, Le Paris d’Haussmann (N°4), Le Paris du Moyen-Âge (N°1), Le Paris des Années folles (N°7) ou Le Paris des grands rois (N°2), cet opus intriguait dès la Une : sous le sous-titre “Collaboration, Résistance, vie quotidienne”, la silhouette de Lorànt Deustch, mains sur les hanches.

Dissipons d’emblée un malentendu : le Parisien n’a pas confié les rênes à Lorànt Deutsch, comme France 2 l’avait missionné, le 2 mai, dans un tandem ouvertement monarchiste avec Stéphane Bern, pour une émission de prime time sur... la Révolution française. 

Ici, le comédien et auteur du best seller Métronome semble n’avoir signé aucun des textes sur les 103 pages que compte le hors-série. L’éditorial n’est pas de lui, mais de Charles Saint-Sauveur, journaliste au Parisien. Finalement, la présence de Lorànt Deutsch apparaît plus visuelle qu’historiographique : c’est lui qui pose devant l’objectif d’un photographe à travers ce qui se présente comme une série de “balades” dans “le Paris des Allemands”, “le Paris des résistants”, ou… “le Paris des plaisirs” et “le Paris de la mémoire”. On découvre par exemple au fil des pages :

  • Lorànt Deutsch chez Maxim’s ou “la fête perpétuelle” (“Allemands et Français s’y cotoyaient joyeusement!”)
  • Lorànt Deutsch devant le Collège de France (“Le gendre de Marie Curie mettait la main à l’explosif!”)
  • Lorànt Deutsch d’un air pénétré, en lunettes de soleil, devant le Mémorial des enfants du Vel’d’Hiv

(...)

Sous-texte et références raciales

Ailleurs, c’est le mot “propagande” qui frappe : dans la “balade” numéro 2 (“Le Paris des résistants”), le numéro 6 sur la carte renvoie au 170 rue de Grenelle, à Paris, où la résistante communiste Danielle Casanova est arrêtée le 15 février 1942. Elle sera déportée à Auschwitz, où elle mourra du typhus. Mais on lit à la page 93 du hors-série qu’avant cela, “à la Santé, puis au fort de Romainville, elle continue d’organiser la propagande”. Or le même terme, “propagande”, vaut aussi pour la prose collaborationniste que vend, boulevard Saint-Michel, la librairie Rive gauche,“consacrée à la propagande de la France européenne, organisation montée par les ultra-collaborationnistes”.

Parfois, la référence échappe de prime abord, mais intrigue. Page 68, alors qu’on retrouve l’histoire de la conservatrice Rose Valland que documente bien l’exposition du Mémorial de la Shoah proposée en ce moment par l’historienne Emmanuelle Polak, on nous raconte aussi celle de la maison d’enchères Drouot pendant l’Occupation. Et de ces marchands persécutés, spoliés, dont les biens sont aryanisés (“les collectionneurs juifs, les Rotschild, David-Weill, Schloss, Fabius ou Kann”), on nous dit ceci :

A partir de juillet 1941, ils seront même interdits d’accès à Drouot, ce qui leur épargnera de voir leurs trésors bradés à la race des nouveaux seigneurs.

“La race des nouveaux seigneurs” ? L’expression figure sans guillemets, ni pour race ni pour seigneurs. Elle est déjà curieuse en soi. Mais l’auteur sait-il qu’avant d’être le titre d’un livre du fils d’Alain Delon, La Race des seigneurs était celui d’un film de 1974, par Pierre Granier-Deferre… qui l’adaptait en réalité d’un roman de Félicien Marceau, auteur et académicien dont la réputation est très polémique au sortir de la Seconde guerre mondiale ?

(...)

Volonté pédagogique ? On peut imaginer que les tournures narratives sur un mode “il était une fois” s’expliquent par ce souci de nous prendre par la main. Pourtant, la vertu pédagogique n’est pas flagrante lorsque page 9, on évoque le premier train de la mort qui s’ébranle le 27 mars 1942 à destination d’Auschwitz en commençant par : “Il fait un temps superbe lorsque, en ce début d’après-midi, les Allemands rassemblent les 4000 Juifs détenus au camp de Drancy.” Mais la météo est assez présente au fil de tout le hors-série, dont l’éditorial débutait sur : “Le printemps 1940 fut l’un des plus chauds que la capitale ait connu depuis très longtemps”. Chaud.

(...)

Cholé Leprince

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Education - Échos de la défiance...

28 Mai 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Education - Échos de la défiance...

Sur la carte de la mobilisation contre la loi pour l’école de la confiance, la ville de Nantes s’affiche comme un lieu particulièrement actif. Deux professeurs des écoles nantais, Hélène Arzo et Reno Geng Ortoli témoignent de leur engagement, de leurs craintes d’un système éducatif accentuant les inégalités.

Tous les deux enseignent dans ou à la lisière d’un réseau d’éducation prioritaire, par choix, motivés par le sentiment que dans ces écoles l’éducation joue un rôle encore plus important qu’ailleurs. La classe de Reno est un CP-CE1-CE2 dans un établissement où la pédagogie Freinet est mise en œuvre et où la mixité sociale est bien présente. Celle d’Hélène est un CP, son niveau de prédilection. Ils se sentent l’un et l’autre utiles auprès d’élèves vivant pour beaucoup dans un environnement défavorisé où l’accès à la culture, et tous les à côtés essentiels des savoirs fondamentaux, est difficile. La liberté pédagogique est pour eux essentielle afin de s’adapter, de permettre la levée des empêchements à une scolarité épanouie, accessible à tous. La loi « Pour une école de la confiance », dite « loi Blanquer », les effraie pour la normalisation de leur métier qu’elle suggère mais surtout dans les inégalités qu’elle semble induire.

Les évaluations imposées sans concertation dès la rentrée en CP et CE1 ont constitué une première alerte. « Ces évaluations ne correspondent pas à ce que l’on fait en classe, en mettant de côté la compréhension. Elles ont mis mes élèves en échec car elles sont basées sur des automatismes », explique Hélène. En conseil des maîtres, il est toutefois décidé de faire remonter les résultats. Une communication ministérielle est faite dès octobre sans que les remontées de toutes les écoles du territoire soient effectuées, enchérissant les craintes premières. « Nous avons eu l’impression que les résultats étaient exploités à des fins politiques, pour justifier le projet de loi à venir. Nos collègues de maternelle étaient discrédités. » Alors, lorsque les syndicats appellent en janvier au boycott de la remontée des résultats, elle répond positivement.

Pour Reno, « l’Éducation nationale prend une couleur de plus en plus chiffrée, quantitative, avec des indicateurs qui représentent plus de risques que des avantages  ». Il craint que des classements soient établis entre établissements, comme cela est le cas dans le secondaire, en s’attachant plus à l’acquisition immédiate des savoirs en français et mathématiques qu’à leur compréhension. « Les écoles risquent de se focaliser là dessus, de ne travailler que pour avoir des bons résultats en préparant les élèves à réussir les évaluations.  »

Le contre-exemple de l’Angleterre

Lors d’un séjour Erasmus en Angleterre, il a pu observer l’influence des résultats sur les crédits alloués aux écoles et la tentation d’améliorer artificiellement les réponses aux évaluations pour que l’établissement ne soit pas pénalisé. Il a constaté également un certain turn over dans les équipes. Là-bas, le recrutement est effectué par la direction avec un choix orienté par les projets mais aussi par la recherche de la performance.

Cette recherche et le retour aux savoirs fondamentaux lui semblent aller à l’encontre du sens de son engagement professionnel, construit autour de l’éducation populaire et de l’éducation du citoyen. Dans sa pratique pédagogique, la mise en lien des savoirs, le temps donné aux élèves d’acquérir les connaissances à leur rythme dans des classes de cycle, sont essentielles. « Je ne me vois pas faire du saucissonnage, séparer artificiellement les savoirs et les matières. »

Hélène le rejoint sur le constat de ce décalage, voire cette contradiction, entre la pédagogie adaptée aux zones d’éducation prioritaire et ce que prévoit la loi. « En ZEP, les enfants souvent ne bénéficient pas du cadre familial propice à une culture scolaire. La prise de recul sur l’apprentissage du lire, écrire compter ils doivent l’acquérir à l’école. Ils y apprennent aussi à argumenter, à échanger. Si on retire ça, ils ne parviendront pas à mettre du sens dans ce qu’ils apprennent. Et cela renforcera les inégalités entre les enfants en fonction de leur cadre familial. » L’un et l’autre craignent une école inégalitaire, à plusieurs vitesses, où les parents les mieux informés pourront choisir l’établissement correspondant le mieux aux besoins de leurs enfants, celui qui affichera les meilleurs résultats, les projets les plus alléchants, bénéficiant de crédits plus large.

Manque de concertation et discrédit

Et puis, il y a cette impression désagréable et démotivante d’être peu concertés, discrédités et méprisés même, de voir la liberté d’expression amoindrie. Des lettres ont été envoyées par certains rectorats aux enseignants qui refusaient de faire passer les évaluations ou de communiquer leurs résultats. Des menaces à peine voilées de retrait de salaire ont été entendues lors d’une réunion par une conseillère pédagogique. « C’est une menace que l’on fait planer sur nous alors que notre engagement est citoyen. Doit-on être des petits moutons pour ne pas risquer une sanction pour faute professionnelle ? Doit-on obéir sans réfléchir ?  » s’interroge Hélène.

Le projet de loi leur paraît purement technique, sans lien avec les pratiques et la recherche. « Une maman juriste a étudié le texte. Pour elle, c’est une loi sur l’éducation sans objectif fixé pour le long terme, et où l’implication citoyenne est absente. Elle vise à amener des outils de pilotage mais n’amène rien sur le fond », explique Reno.

Se battre pour les élèves

Alors, ils se battent pour leurs élèves, pour un métier qu’ils aiment et ont choisi. La mobilisation est longue et dense à Nantes. Le mouvement, après un démarrage fort, recherche de nouvelles formes pour ne pas pénaliser les élèves par des jours de grève répétés. « On se sent fragiles par rapport à nos classes et dans les relations avec les familles, alors on fait attention. » Les parents sont informés, cherchent des éclaircissements, souhaitent savoir ce qui se trame pour l’avenir de leurs enfants. « Ils se mobilisent, ce qui n’est pas simple en REP+. C’est positif car cela amène un peu plus de rapprochement avec eux » souligne Hélène. « Les paroles du ministre font mouche sur certains qui approuvent des dispositions du projet de loi  » nuance Reno.

La suite du mouvement est à inventer sous d’autres formes, avec d’autres relais. Le samedi 18 mai, des enseignants se sont retrouvés à Paris pour exprimer leur désaccord, tenter de trouver un écho auprès des sénateurs. Et l’enjeu est d’importance car, dans la défense d’une éducation qui dépasse les savoirs fondamentaux, dans le vœu que l’école réduise les inégalités entre les enfants, pointe le désaveu d’un système qui normalise et gomme la liberté pédagogique. « Je fais ce métier par passion et je ne suis pas sûre de le faire toute ma vie si la loi passe. Beaucoup de gens passionnés qui aiment leur métier ont la même idée. C’est aussi pour cela que je m’engage » conclut Hélène.

Monique Royer

Lire la suite

Blanquer craint-il que sa «mémoire» flanche (et ne soit guère valorisée)? Par Claude Lelièvre...

28 Mai 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude lelièvre Publié dans #Education

Toujours est-il qu'il a créé le 21 mai dernier un «comité d'histoire de l'Education nationale». Le Gellec dans L'obs et Goigoux dans plusieurs journaux viennent de montrer qu'il n'hésite pas à triturer les statistiques à sa convenance. Il a supprimé le CNESCO pour avoir un organisme d'évaluation à sa main. De là à penser qu'il en va de même en matière de «valorisation historique»...

D'autant que l'article 1 indique expressément qu'"il est créé auprès du ministre chargé de l'éducation un comité d'histoire de l'éducation, chargé de valoriser l'histoire des institutions et des politiques d'éducation dont il a la charge". Bigre!

La suspicion se renforce lorsqu'on constate à l'article 2 que le comité sera "présidé par un recteur (ou un ancien recteur) désigné par le ministre pour un mandat de trois ans renouvelable" et que ''les membres du comité sont nommés par arrêté du ministre pour un mandat de trois ans".

Certains d'entre eux sont membres de droit et énumérés es qualité: "outre le secrétaire général du ministère, le directeur général de l'enseignement scolaire, le doyen de l'inspection générale de l'éducation nationale et le chef de service de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (ou leurs représentants)". Plus "quatre personnes exerçant des fonctions d'enseignement ou d'administration, deux personnalités qualifiées, huit enseignants-chercheurs ou chercheurs"

Mais l'on doit à la ''vérité historique'' qu'il en avait été sensiblement de même lors de la première tentative de mise en place d'une sorte de ''comité d'histoire de l'éducation'' au début des années 1970.

Les arrêtés du 6 juillet 1970 et du 5 juillet 1972 du ministre de l'Education nationale Olivier Guichard mettent en place un haut fonctionnaire (Maurice Bayen, recteur au moment de sa nomination) et une ''commission permanente d'histoire de l'éducation'' de 24 membres nommés pour 3 ans par le ministre (6 membres de droit; et 18 autres, la plupart étant des universitaires historiens ou spécialistes de l'histoire de l'éducation).

On est certes sensiblement dans le même cas de figure; mais on remarquera que les historiens ont été largement majoritaires dans les nominations autres que celles ''de droit''. Il est d'autant plus frappant qu'il n'est nullement question d''historiens'' es qualité dans l'énumération faite pour la composition des membres du nouveau "Comité pour l'histoire de l'Education nationale'' concocté par Jean-Michel Blanquer...

Maurice Bayen part vite à la retraite (en décembre 1973) et il est remplacé par Camille Duquesne (précédemment directeur de l'administration générale des affaires sociales) qui décède dès décembre 1973. Finalement, une mission est confiée à Guy Caplat (inspecteur général de l'administration) et son rapport remis au ministre de l'Education nationale René Haby aboutit à la décision prise en octobre 1976 de transformer la ''commission ministérielle permanente'' en "service d'histoire de l'éducation" au sein de l'Institut national de recherche pédagogique (ce service étant intégré en janvier 2011 à l'Ecole normale supérieure de Lyon) .

On remarquera aussi que la ''commission d'histoire de l'éducation" avait pour mission de "favoriser la recherche et la conservation des documents utiles à l'histoire de l'éducation" et de "faire établir et tenir à jour le bilan des études et recherches portant sur l'histoire de l'éducation". Une mission à l'évidence nettement plus large et beaucoup moins orientée que celle qui vient d'être dévolue au nouveau "comité d'histoire de l'Education nationale": "valoriser l'histoire des institutions et des politiques d'éducation dont il [ le ministre chargé de l'éducation ] a la charge."

Jean-Michel Blanquer ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse) s'est fait la main en compagnie de Laura Flessel (alors ministre des Sports) lors de l'écriture de l'Arrêté du 3 novembre 2017 portant "création d'un comité d'histoire des ministères chargés de la Jeunesse et des Sports".

On notera pourtant que ce comité d'histoire là est composé de 32 membres répartis en 3 collèges: ''le premier collège comprenant huit membres de droit''; le ''deuxième collège, qui constitue le comité scientifique, comprenant douze membres, constitué d'historiens, d'enseignants, de chercheurs et d'universitaires''; le ''troisième collège constitué de douze personnalités qualifiées choisies pour leurs compétences dans le domaine de la jeunesse et des sports".

On aura remarqué la présence es qualité des ''historiens'' dans la liste des membres du "comité d'histoire des ministères chargés de la Jeunesse et des Sports'' (contrairement à ce qui a été ''arrêté '' par Jean-Michel Blanquer seul pour le ''comité d'histoire de l'Education nationale'').

On peut noter également que, s'il est bien prévu que les membres du comité "sont nommés par arrêté des ministres chargés de la Jeunesse et des Sports pour un mandat de trois ans", il est dûment précisé que cela se fait, pour "les membres des deuxième et troisième collèges , sur proposition du président du comité d'histoire".

Rien de tel n'est prévu pour ce qui concerne le "comité d'histoire de l'Education nationale''. On n'est jamais si bien servi que par soi-même. Pour la nomination effective des membres du nouveau "Comité d'histoire de l'Education nationale", pas de souci! S'il y a un domaine pour lequel on peut faire ''confiance'' à Jean-Michel Blanquer (un seul...), c'est bien celui du ''souci de soi'' et de sa ''propre mise en valeur'': il saura choisir pour qu'il y ait une ''valorisation'' adéquate de ''son ministère''.

"J'ai la mémoire qui flanche, je me souviens plus très bien

Quel pouvait être son prénom et quel était son nom

Il s'appelait, je l'appelai, comment l'appelait-on?

Pourtant c'est fou ce que j'aimais l'appeler par son nom

J'ai la mémoire qui flanche, je me souviens plus très bien

De quelle couleur étaient ses yeux, je crois pas qu'ils étaient bleus

Étaient-ils verts, étaient-ils gris étaient-ils vertdigris?

Ou changeaient-ils tout le temps de couleur, pour un non, pour un oui?"

Claude Lelièvre (Et Serge Rezvani pour les paroles de cette inoubliable chanson)

Lire la suite

Pourquoi les enseignants français se sentent-ils mal-aimés?...

28 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Pourquoi les enseignants français se sentent-ils mal-aimés?...

EXTRAITS

Une majorité d’enseignants dit souffrir d’une image dévalorisée dans la société française. Sondage après sondage, les Français rappellent pourtant leur attachement à la figure du professeur. Enquête sur ce paradoxe.

C’est l’histoire d’un malentendu. Un désamour ressenti par des générations d’enseignants, convaincus que les Français ne les aiment plus et ont une mauvaise image de leur métier. « Professeur des écoles n’est qu’un titre, sans prestige, désuet, illustre en quelques mots Gaël, un enseignant lyonnais. Nous sommes méprisés par l’opinion, qui ignore royalement la réalité du métier… » Un constat que les sondages auprès des Français sont pourtant loin de confirmer.

La question s’est imposée à l’agenda politique : le 25 avril, lors de la conférence de presse de clôture du grand débat national, Emmanuel Macron a défendu la nécessité de « revaloriser ce métier essentiel à la République et à la vie de la nation qu’est l’enseignant, le professeur, le maître ». Une revalorisation qui pourrait notamment passer par une augmentation salariale. En février, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, estimait, lui, que le besoin de reconnaissance des enseignants « est évident ». « On doit répéter, sans cesse, que la société française doit aimer ses professeurs », ajoutait-il.

(...)

Reconnaissance salariale

Au-delà de cette image publique dégradante de l’école, la question des salaires des enseignants est régulièrement brandie par les syndicats comme la cause des maux des professeurs. L’augmentation des salaires étant, depuis de longues années, un incontournable de leurs revendications. Cette demande part d’un « constat objectif », défend Frédérique Rolet. Dans les enquêtes internationales, les professeurs français apparaissent en moyenne moins payés que leurs homologues étrangers. Sans compter les inquiétudes autour de la baisse de leur pouvoir d’achat sur fond de gel du point d’indice des fonctionnaires.

(...)

Séverin Graveleau

L'article au complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Le fascisme qui vient et la Macronie minaude... Oui nous allons reconstruire le Parti Socialiste!

28 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Le fascisme qui vient et la Macronie minaude

Je ne sais pas si c'est un effet retard mais la colère me prend à la gorge...

Putain ce pays vote quand même de plus en plus facilement pour un parti facho, raciste, homophobe dans lequel sévissent quelques spécimens de nazillons de merde!

Sur les plateaux télés et radios, ça discute gentiment comme si de rien n'était.

Et on écoute Bardella, et on déjeune en regardant Nicolas Bay (à Dieppe on y a eu droit, il est "grave"), et on s'habitue - terrible! - à entendre Marine Le Pen qui parade tranquille. Et les identitaires arrêtent des migrants pour les remettre à la police.

Et la Macronie qui minimise. Et ça minaude! Et ça rigole!

Les cons!!

C'est le fascisme qui vient là! Le FASCISME!! Avec Macron en rempart, on est mal barré! TRES mal!

Ni toi ni moi, mon camarade, n'avons envie de voir ce parti peuplé de connards violents s'emparer du pouvoir, s'emparer du pays qui est le notre. Pour éviter cette cata, NOUS allons reconstruire le Parti Socialiste!

Ni toi ni moi, ma camarade, n'avons envie de laisser ce pays aux mains d'un duo d'apprentis sorciers irresponsables.

Ni Macron, ni Le Pen! Ras le bol de ces pantins!

Oui nous allons reconstruire le Parti Socialiste!

Christophe Chartreux

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>