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Vivement l'Ecole!

Il faut protéger l'école maternelle des dangers qui la menacent...

30 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Il faut protéger l'école maternelle des dangers qui la menacent...

Rédigé il y a quelques années déjà...

Il faut protéger l'école maternelle des dangers qui la menacent...

                                     __________________________________

« Depuis que je suis enseignante, je me suis très souvent remise en question » ; « Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes » ; J’adore inventer des situations nouvelles pour vois comment vont réagir les enfants » ; « Mes lectures ? Des livres de pédagogie, de linguistique, de psychologie de l’enfant, et pas seulement du Dolto… ».

Mais quel est ce Professeur d’Ecole qui s’exprime aussi librement, avec autant d’enthousiasme ? Certainement une « mordue » qui ne décrochera plus.

Oui mais seulement voila…C’ est une veinarde : elle enseigne en maternelle, la section « chouchoute », l’univers clos, protégé, à l’écart des conflits et du démon de l’échec scolaire. En maternelle, ni examen, ni sanction. De plus, c’est la vitrine de la recherche pédagogique. Bref la maternelle est une oasis, un lieu d’expression et d’épanouissement épargné par les contraintes.

Coin-poupées, coin-cuisines, coin-livres…Des images aux couleurs vives accrochées partout aux murs…Un cochon d’Inde dans une cage, la mascotte des enfants…L’énorme calendrier où sont notés les anniversaires…En rouge et en gros caractères le di-manche...Des bouts de moquette de toutes les couleurs où l’on s’assoit pour lire, en puisant à pleines mains dans de grands paniers remplis de livres…Nathalie s’est mise à part ; elle prépare la cuisine des poupées…Tout à l’heure sera « le temps des mamans » où chacune d’elles viendra dans la classe chercher son enfant, en prenant tout le temps qui lui sera nécessaire…C’ est qu’elle a bien changé l’école maternelle. Hier on y exécutait les ordres au sifflet ; aujourd’hui elle est le salon de l’innovation pédagogique, enviée par le monde entier ! Lentement mais sûrement, la scolarisation des tout-petits (2 ans) progresse. Personne ne conteste plus les apports d’une école maternelle vivifiée par les recherches pédagogiques et par l’application de méthodes nouvelles :

  •        elle permet de repérer très tôt les handicaps
  •        elle offre de meilleures chances pour la réussite scolaire ultérieure

Il convient néanmoins de nuancer ces indiscutables réussites. L’école maternelle n’efface pas la tare indélébile du système éducatif, à savoir la reproduction des inégalités sociales. Le fils d’ouvrier/employé qui rentre à l’école à trois ans n’a guère d’espoir, statistiquement parlant, de mieux réussir sa scolarité primaire que son camarade fils de cadre, lequel ne l’aura pourtant rejoint qu’en CP. Et la créativité des professeurs d’école en maternelle n’est pas encore pour eux un passeport pour la réussite scolaire. Hélas !

A ce sujet, il est nécessaire de souligner que les professeurs d’école exerçant en maternelle pratiquent un militantisme pédagogique hors du commun. La liste des « charmes » de l’école maternelle, trop longs à énumérer, est le résultat de ces réflexions en commun, de ces permanentes remises en question, de l’ébullition pédagogique qui font envier notre école maternelle partout dans le monde :

  •        Le dialogue parents/enseignants y est plus qu’encouragé. Les parents ont le droit d’entrer dans les classes, de s’attarder avec les autres parents et enseignants
  •        Certains parents mettent la main à la pâte et participent à l’animation de l’école
  •        Les heures d’accueil peuvent être modulées en fonction du rythme des enfants
  •        La sonnerie est très souvent supprimée
  •        Dans les écoles où sont scolarisés les « 2 ans », ceuxci entrent après les « géants » de 5 ans afin d’éviter les bousculades
  •        L’enfant est astreint au code collectif de vie mais il peut choisir ses activités, avancer à son rythme
  •        L’enseignant est délivré de programmes imposés trop contraignants,  des carnets de notes et des devoirs
  •        L’enseignant peut prendre son temps, observer, écouter et attendre tel ou tel bambin.

Mais les premiers sombres nuages commencent à s’accumuler au dessus de nos écoles maternelles. On a dit et répété aux parents qu’elles préparaient, qu’elles conditionnaient l’avenir scolaire des enfants. Désormais la maternelle est de plus en plus intégrée dans la stratégie scolaire. (En particulier dans les milieux aisés). Certains vont jusqu’à se persuader qu’intégrer le CP à 5 ans offrira plus de chances à leur progéniture pour « faire » Normale Sup. ou Polytechnique.  Les professeurs d’école maternelle font l’objet d’une cour (d’une pression ?) insistante de la part des parents qui souhaitent voir leur enfant savoir lire à 5 ans, voire 4. On veut désormais une maternelle performante, mieux organisée, bref qui « produise » des effets visibles rapidement. Et la maternelle se mue, peu à peu, en antichambre du CP. C’est une erreur formidable !  Mais elle résulte :

  •        de la pression que d’aucuns font peser sur les parents par un discours lamentablement alarmiste et non dépourvu d’arrières pensées politiques.
  •        d’une période incertaine où « avenir » rime souvent avec « chômage ».

Il est à craindre que d’autres demandes croissantes pesant sur cette école ne fassent voler en éclats ce qui assurait les belles heures de la maternelle :

  •        la liberté pédagogique
  •        l’inventivité et la prise en compte des innovations pédagogiques
  •        l’absence de contraintes
  •        la prise en compte du développement de l’enfant sanctionnée par son évolution et par elle seule

Tout ce qui n’existe plus en primaire…

Christophe Chartreux

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Education : Inspire, une plateforme très orientée...

30 Mai 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Education : Inspire, une plateforme très orientée...

Doté d’une subvention record de 1,8 million d’euros et unique détenteur du label du ministère de l’Enseignement supérieur, le dispositif d’aide à l’orientation jouit d’une situation de quasi-monopole qui pose question.

En janvier, un mail alarmant est tombé dans les boîtes des journalistes : «Près de la moitié des lycéens se déclarent stressés et pas suffisamment accompagnés pour faire leur choix d’orientation.» La source : un sondage réalisé par l’association Article 1 à la veille de l’ouverture de la phase des vœux sur Parcoursup. Rien de surprenant : avec ce nouveau système d’entrée dans l’enseignement supérieur, et alors qu’une réforme du lycée est en cours, tout est réuni pour déstabiliser les jeunes. Les récents «bugs» survenus lors des premiers résultats de Parcoursup n’ont rien arrangé.

Alors que prospèrent des coachs en pagaille et des boîtes monnayant le remplissage d’un bon dossier Parcoursup pour des sommes allant jusqu’à 580 euros, Article 1 a su tirer son épingle du jeu et ce succès interroge. Gratuite, sa plateforme Inspire est en effet le seul dispositif d’aide à l’orientation à avoir été labellisé en 2018 par le ministère de l’Enseignement supérieur, un sésame qui lui a ouvert en grand les portes des lycées. Douglas Souchu, directeur délégué aux formations du lycée Gustave-Monod à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise), travaillait depuis longtemps avec feu Passeport Avenir, association qui a fusionné l’an dernier avec sa concurrente Frateli pour donner naissance à Article 1. Continuer la collaboration était donc une évidence, mais «il est clair que le label leur a donné bien plus de visibilité. Les rectorats envoient des mails aux lycées sur Inspire pour que les profs principaux en parlent aux élèves et nous informent sur les ateliers». De 1 000 lycéens accompagnés en 2015, lors du lancement pilote d’Inspire, l’association à but non lucratif est passée à 5 000 en 2016-2017, et 30 000 entre janvier et juin 2018, lors du lancement de Parcoursup. Depuis la rentrée 2018-2019, elle revendique 80 000 inscrits.

Comment expliquer un tel engouement ? Inspire se veut rapide et efficace. Les élèves remplissent d’abord un questionnaire : notes, préférences d’études et de matières sont renseignées, puis digérées par un algorithme qui en déduit des pistes d’études adaptées. Eray, 17 ans, en terminale STI2S à Gustave-Monod, a découvert la plateforme lors d’un atelier organisé par Article 1 dans son établissement où on lui a précisé qu’une fois les pistes d’études affichées, les élèves pourraient contacter des «étudiants éclaireurs» bénévoles dans les filières qui les intéressent, afin de glaner plus d’infos. Eray explique : «Ça peut sûrement m’aider, je suis tombé sur les mêmes choses que j’envisage, des BTS système informatique et numérique.» Mbissine, 17 ans, n’est quant à elle pas emballée : «Ça ne m’a rien apporté et ça ne m’a pas fait découvrir autre chose.» «Ça s’appuie beaucoup sur le scolaire, comme le fait Parcoursup», raille Christelle Meslé Génin, fondatrice de JobIRL, une association également située sur le créneau de l’orientation.

«Il faut sortir de l’angélisme»

Article 1 défend son outil, en alignant les cautions scientifiques : «Inspire a été élaboré par et avec des chercheurs», avance Muriel Ekovich, responsable du programme, elle-même docteure en neurosciences cognitives. «On regarde comment fonctionne le système de passage à l’enseignement supérieur, donc sur quels critères se font les sélections, pour déterminer les facteurs de réussite», dit-elle. Une forme de «réalisme» face aux modes de sélection du supérieur, donc de Parcoursup, plaide Boris Walbaum, le coprésident d’Article 1. «Il faut sortir de l’angélisme. Nous pensons que l’orientation, c’est savoir, vouloir, pouvoir. Je ne connais pas de système d’orientation qui détecte Mozart. Quand vous avez un coach individuel, personnalisé, et les moyens de financer tout ça, peut-être. Mais à l’échelle du pays, ça ne marche pas», lance cet énarque pour qui les programmes de François Fillon et d’Emmanuel Macron étaient les plus «audacieux» de la dernière présidentielle. Se décrivant lui-même dans sa thèse de doctorat comme un «libéral au sens "tocquevillien" du terme», il tonne : «Ce ne serait pas une bonne chose d’encourager des élèves à aller vers une filière où leur probabilité d’échec est de 99 %. Donc oui, il y a un petit côté H&M, prêt-à-porter. Mais toute la France ne peut pas s’habiller chez Vuitton. Et puis le Vuitton peut être mensonger, être un miroir aux alouettes.»

La subvention reçue par Article 1 de la part du ministère de l’Enseignement supérieur pour la seule année 2018 s’élève à 1,8 million d’euros, et cela interroge : pourquoi eux ? «C’est énorme, sans compter les subventions des régions», juge une source proche de l’éducation nationale. Psychologue (Psy-EN) au centre d’information et d’orientation (CIO) d’Aulnay-sous-Bois, Sylvie Amici ne peut s’empêcher de comparer : «Le fonctionnement d’un CIO, hors salaires, c’est en moyenne 20 000 euros par an. Pour nous, la question financière est sensible, parce qu’on voit de l’argent partir sur des projets comme Inspire, alors que nos budgets de fonctionnement pour fournir un service au minimum égal voire supérieur ne nous sont pas donnés.» Exemple : «Si, quand les lycéens viennent chez nous, la connexion internet n’est pas de bonne qualité, ou nos abonnements au centre d’information et de documentation jeunesse n’ont pas été renouvelés, ça ne va pas.» Pour Boris Walbaum, qui assure que tout l’argent public a bien été investi dans la plateforme, laquelle aurait coûté 2,4 millions d’euros au total, cela revient à «comparer des choux et des carottes». Mais dans un contexte de diminution des postes aux concours des Psy-EN, de démantèlement de l’Onisep (l’organisme public d’orientation) et de transfert aux régions de la mission d’information sur l’orientation, la pilule passe mal.

La labellisation aussi pose question. Dans un communiqué de février 2018, où elle annonçait à la fois la subvention et la labellisation d’Article 1, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, assurait qu’un «certain nombre» d’initiatives «qui accompagnent les étudiants et futurs étudiants vers des parcours de réussite seront labellisées par le ministère». Un an plus tard, Article 1 demeurait la seule association labellisée, et Christelle Meslé-Génin de JobIRL attendait toujours cet appel à projets. Le ministère s’étonne : «Ils ont au moins été informés par le communiqué et on est tout le temps en discussion avec les acteurs du secteur, difficile de passer à côté de l’info.» Muriel Ekovich d’Article 1 argumente : «On a été labellisés, car on est un projet à but non lucratif, fondé sur la recherche et porté par une association d’égalité des chances déjà partenaire du ministère. A ma connaissance, on est les seuls à répondre à ces trois critères.» Concernant le timing de l’appel à labellisation, lancé une fois que les choses étaient pliées pour Inspire, le ministère répond : «Le calendrier avec Parcoursup et sa procédure d’accès à l’enseignement supérieur était très contraint. En février 2018, nous devions rapidement déployer les dispositifs si nous voulions que les bacheliers bénéficient rapidement d’un accompagnement à l’orientation. Inspire était le plus opérationnel, nous l’avons donc labellisé dans la foulée.»

Lorsque Libération l’a contacté, en mars, le ministère assurait que les résultats de l’appel à labellisation seraient annoncés avant la fin du même mois. Si rien n’a finalement été rendu public depuis, douze projets (dont Job IRL) ont été annoncés comme lauréats de la première vague d’un programme d’investissements d’avenir (PIA 3) consacrée aux solutions numériques pour l’orientation vers le supérieur. Une enveloppe de 5 millions d’euros sera répartie entre eux. «Ils ont fait ce PIA car ils ont vu que ce qui s’est passé avec Inspire faisait polémique. Mais ça ne compense pas, car dans le cadre du PIA, les projets toucheront une enveloppe unique bien inférieure, alors qu’Inspire c’est tous les ans», assure une source proche de l’éducation nationale.

Les «ambassadeurs» du tout-info

Article 1 a-t-il bénéficié d’un processus de labellisation exclusivement destiné à le promouvoir ? Certains le pensent, avançant l’hypothèse d’un favoritisme permis par les «réseaux» de Boris Walbaum. Deux sources proches des ministères de l’Education nationale et du Supérieur évoquent sa proximité avec Nicolas Castoldi, ancien collaborateur de Valérie Pécresse entré avec Frédérique Vidal au cabinet de l’Enseignement supérieur, dont il a récemment pris la tête. «Dès que Nicolas Castoldi est arrivé au cabinet [en mai 2017], il a mis en selle Walbaum, l’un de ses amis. Ils ont prétendu que Parcoursup serait sauvé, mais ce n’est pas du tout le cas», glisse notre source au ministère de l’Education nationale. Les deux hommes ont effectivement cosigné des textes pour le très libéral institut Aspen, dont la déclinaison française a été fondée par Raymond Barre - Walbaum en a été secrétaire général pendant cinq ans. «J’ai en effet rédigé une petite série de textes avec cinq jeunes chercheurs, dont Nicolas Castoldi il y a treize ans. Nous n’avons jamais retravaillé ensemble depuis et n’avons entretenu aucune relation, ni professionnelle ni amicale», assure Boris Walbaum.

La philosophie d’Article 1 est en tout cas en phase avec le projet politique du gouvernement. Psy-EN syndiquée Snes, Christine Jarrige a fait partie d’un groupe de travail dans le cadre d’une consultation sur l’enseignement supérieur menée à l’automne 2017. Ce groupe était censé discuter de la manière dont devrait évoluer l’orientation des lycéens, mais à l’en croire, les débats ont été très vite cadrés par le ministère : «Le fond théorique de ce groupe de travail, c’était le "tout info" : pour bien choisir l’orientation, il suffirait d’être bien informé. Les questions d’élaboration de projet, de développement psychologique à l’adolescence, les aspects sociaux, le rapport aux études sont gommés. Et pour donner l’info, le mieux ce sont les "ambassadeurs".»

Une autre Psy-EN, Sylvie Berger (également syndiquée Snes), redoute un effet insidieux : «Aider l’ado à faire son propre triage, c’est le pousser à s’autocensurer pour aller dans le sens où on veut qu’il aille. C’est ça qui est très subtil. C’est un vrai danger, car ceux qui se censurent le plus facilement, ce sont les classes populaires et les filles.» Selon Erwan Lehoux, professeur de SES à Rouen et membre de l’institut de recherche de la FSU, Inspire incarne «l’idéal macronien qui veut que les individus soient des entrepreneurs d’eux-mêmes». Pour lui, l’Etat se place comme «l’organisateur d’un vaste marché». Les réformes successives pousseraient à avoir recours à une aide extérieure, conclut Erwan Lehoux : «Si on veut le meilleur pour notre enfant, on n’a pas le choix. C’est toute la force de la politique en train d’être menée.»

Frantz Durupt

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L'école maternelle devient une petite école primaire et c'est intolérable!... (Video)

30 Mai 2019 , Rédigé par Divers Publié dans #Education

"Inspectrice générale de l'Éducation nationale, Viviane Bouysse expose la vocation et le fonctionnement de l’école maternelle, école qui stimule le développement du petit enfant (2-6 ans) et qui a été intégrée à l'école primaire dès sa création en 1881. Une attention particulière est apportée par Mme Bouysse à la question de la structuration cérébrale pendant la petite enfance et à l'importance des fondations apportées par l'école maternelle dans de nécessaires conditions de bienveillance. "Le bien-être de la petite enfance est sans doute l'une des conditions d’un bien-grandir. (...) Il faut que les enfants quittent l'école maternelle en ayant envie d’apprendre et en ayant la conviction qu'ils sont capables d'apprendre."

« La maternelle est devenue une antichambre de l’école élémentaire »

Dans une tribune au « Monde », Françoise Carraud, chercheuse en sciences de l’éducation, estime que l’institution scolaire « ne semble pas réellement attentive » aux évolutions de l’école maternelle ni au désarroi de ses enseignants.

L’école maternelle est depuis longtemps plébiscitée. Pas besoin de vote ni d’obligation, il suffit de regarder les chiffres publiés par le ministère de l’éducation nationale : la quasi-totalité des enfants de 3 ans est scolarisée depuis les années 1990. Pourtant, tout comme sa grande sœur élémentaire, l’école maternelle est diverse. Elle est constituée d’une à dix classes, voire plus (trois en moyenne), située en ville ou à la campagne, en éducation prioritaire ou dans un quartier favorisé, installée dans un bâtiment neuf ou ancien, avec ou sans escaliers, une grande ou une petite cour, ombragée ou non, etc. Les différences sont nombreuses et sensibles, tant pour les enfants que pour les enseignants.

(...)

Seuls les spécialistes se sont intéressés au détail de ces changements qui, accumulés depuis une cinquantaine d’années, ont fait de l’école maternelle une antichambre de l’élémentaire, l’école primaire fondant à présent une scolarité longue puisque tous les écoliers deviennent des collégiens puis des lycéens. C’est ainsi que, par exemple, alors que l’éducation physique est inscrite dans les programmes de cette école, la place du corps et du mouvement s’y est sévèrement réduite, tout comme celle du jeu ou des activités artistiques. Dès 3 ans, les enfants doivent rester assis de longs moments, ne parler que quand c’est prévu, écouter et suivre des consignes strictes pour faire des exercices complexes, avec papier et crayon…

(...)

Françoise Carraud

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Ariane Chemin et Benoît Collombat : "Les journalistes ne sont pas au-dessus des lois, mais l'État non plus"

30 Mai 2019 , Rédigé par France Inter Publié dans #Médias

Ariane Chemin et Benoît Collombat : "Les journalistes ne sont pas au-dessus des lois, mais l'État non plus"

Les journalistes Ariane Chemin et Benoît Collombat sont les invités de Léa Salamé à 7h50. Ils reviennent sur les convocations à la DGSI de plusieurs journalistes enquêtant sur des scandales ou des mensonges d'État.

"On a l'impression d'une erreur de casting", raconte la journaliste du Monde Ariane Chemin sur sa convocation à la DGSI. "Ça ressemble un peu au Bureau des Légendes, on descend au quatrième sous-sol, c'est gris, il y a des néons, une paire de menottes qui pendouille... Vous êtes interrogé dans un cadre normalement réservé à des personnes accusées de terrorisme." C'est d'ailleurs ce qui inquiète le plus les deux journalistes, qui s'alarment d'une forme de "criminalisation du travail journalistique".

"Avec la multiplication de ces auditions à la DGSI, on a l'impression que c'est une logique antiterroriste qui est appliquée aux journalistes", explique Benoît Collombat, journaliste à la Cellule investigations de Radio France. "On parle de l'affaire Benalla, une affaire d'État. On parle des armes françaises au Yémen, un mensonge d'État. Et là, on n'est pas dans le cadre traditionnel du droit de la presse, devant les tribunaux devant lesquels on peut se défendre."

Pour eux, quand Sibeth Ndiaye dit que les journalistes "sont des justiciables comme les autres", elle se trompe. "C'est vrai dans la vie quotidienne, mais pas dans l'exercice de leur métier", s'agace Ariane Chemin. Le principe du secret d'État et celui de la liberté de la presse "ne se valent donc pas".

Benoît Collombat enfonce le clou : "le journaliste a une fonction sociale, il n'est pas là uniquement pour publier passivement des communiqués officiels du gouvernement". "Dans le cas des ventes d'armes de la France utilisées au Yémen, on parle quand même de la pire catastrophe humanitaire depuis la Deuxième Guerre Mondiale : on entend que les journalistes ne sont pas au-dessus des lois, mais l'État non plus ! La France ne respecte pas les traités sur le commerce des armes qu'elle a signés."

Bref les deux journalistes sont inquiets sur la liberté des journalistes dans le pays, notamment avec la crise des gilets jaunes. "Il y a une accumulation de faits qui devient inquiétante", assure Ariane Chemin. "C'est pas en cassant le thermomètre (les journalistes) qu'on fait baisser la fièvre", conclut Benoît Collombat.

(+ vidéos à visionner en cliquant ci-dessous)

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Médias en Macronie... Images de la "normalisation"...

30 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Médias

Médias en Macronie... Images de la "normalisation"...
Médias en Macronie... Images de la "normalisation"...
Médias en Macronie... Images de la "normalisation"...
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Revue de Presse Education... Normalisations — Réformes des lycées — Parcoursup — Pédagogie...

30 Mai 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Normalisations — Réformes des lycées — Parcoursup — Pédagogie...

Avec la circulaire de rentrée, la normalisation se poursuit. Les réformes des lycées et Parcoursup sont toujours débattus. Quelques visions plus larges de la pédagogie pour finir.

Normalisations

En maternelle tout d’abord
La circulaire de rentrée 2019 au Bulletin officiel
Pour la rentrée 2019, l’école primaire reste à la première place des priorités du Gouvernement en matière de politique éducative. C’est pourquoi la circulaire de rentrée, publiée au Bulletin officiel du 29 mai 2019, porte spécifiquement sur le premier degré.”

Jean-Michel Blanquer : « Une fausse bienveillance ne doit pas retarder les apprentissages » Entretien Recueilli par Denis Peiron
Dans sa circulaire de rentrée publiée mercredi 29 mai, le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer fixe pour la maternelle de nouveaux objectifs en français, maths et langues vivantes.”

Blanquer normalise la maternelle
Avec la publication au BO de la circulaire de rentrée (qui ne concerne que le premier degré) accompagnée de nouvelles "recommandations", le ministre met en route la mise au pas de la maternelle. La circulaire de rentrée précise comment la hiérarchie va controler l’application des "recommandations". Celles-ci expliquent comment enseigner "le vocabulaire", les nombres et les langues étrangères en maternelle. Ces textes imposent un recadrage brutal de la maternelle amenée à devenir une école élémentaire comme les autres.”

Le rôle de la maternelle, un débat toujours remis au goût du jour par Emmanuelle Lucas
La maternelle doit-elle plutôt privilégier les apprentissages ou développer la créativité ? La question divise les éducateurs, enseignants et parents en tête.”

Blanquer recadre les enseignants du primaire Par Caroline Beyer
C’est le texte qui fixe traditionnellement les grandes priorités éducatives pour l’année à venir. Jean-Michel Blanquer a choisi cette année de rédiger une circulaire de rentrée spécifique à l’école primaire. Objectifs ? Asseoir la priorité au premier degré et mettre en oeuvre un cadre précis pour l’apprentissage de la lecture et des mathématiques. Le ministre innove également en accompagnant ce texte de documents de recommandations à l’adresse des enseignants de l’école maternelle, qui installe les bases des apprentissages, et qui sera obligatoire à la rentrée prochaine. De quoi hérisser les syndicats d’enseignants majoritaires qui, depuis plusieurs mois déjà, crient à l’autoritarisme et font valoir la « liberté pédagogique ».”

Orientation : L’Etat et les régions affichent leur accord
"L’orientation est le sujet majeur de notre société". Président délégué de Régions de France, François Bonneau signe le 28 mai avec Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal "le cadre national de référence" pour l’orientation scolaire. Censé organiser la collaboration entre l’Etat et les régions sur l’orientation dans les établissements scolaires, depuis que la loi Avenir professionnel l’a imposée, ce cadre laisse pourtant en suspens bien des questions. A commencer par l’avenir des personnels des Dronisep et des CIO qui reste en suspens encore pour des mois. L’utilisation des heures consacrées à l’orientation dans les établissements scolaires reste également dans le flou. Une seule certitude : les régions pourront utiliser ces heures dans les établissements scolaires et y faire entrer les entreprises et les associations de leur choix.”

Fonction publique : La loi est adoptée par l’Assemblée nationale
“"Comment demain un enseignant pourra t-il muter d’un département à un autre ? Il sera entièrement dans les mains de sa hiérarchie sans garantie d’équité". Olivier Marleix (LR) salue ainsi le projet de loi de transformation de la fonction publique adopté par l’Assemblée nationale en première lecture le 28 mai. Ce texte modifie profondément le fonctionnement de la fonction publique en généralisant le recours aux contractuels, en éliminant le contrôle syndical et en préparant le départ de nombreux fonctionnaires individuellement ou en bloc.” et Youpie !

Réforme des lycées

« La réforme du lycée professionnel vide les enseignements de leur richesse » Tribune d’Eliane Le Port, Professeure de français et d’histoire-géographie en lycée professionnel, historienne de l’écriture ouvrière, syndiquée à la CGT
Au lieu, comme c’est annoncé, de revaloriser la voie professionnelle, la réforme conduite par Jean-Michel Blanquer a pour effet de restreindre ses finalités et d’appauvrir ses enseignements, estime, dans une tribune au « Monde », Eliane Le Port, professeure en lycée professionnel.”

Les quotas, symboles de l’abandon des bacheliers professionnels par Thibaut Cojean
Depuis 2018, Parcoursup applique des quotas de bacheliers professionnels en sections de techniciens supérieurs (STS), dans le but de favoriser leur entrée dans l’enseignement supérieur. Mais au-delà de l’effet d’annonce, est-ce vraiment une bonne idée ?

Bloquer les épreuves du bac ? Vous avez quatre heures... Par Marie Piquemal
Des profs planchent sur cette hypothèse pour protester contre la réforme du lycée. Les responsables syndicaux se réunissent ce mercredi à 17 heures pour débattre. Rendu de leur copie prévu jeudi matin.”

Baccalauréat : les syndicats menacent de perturber les épreuves Par Héloïse de Neuville pour abonnés
Le SNES-FSU, premier syndicat dans le second degré pourrait mercredi annoncer un appel à la grève de la surveillance des examens du bac et du brevet. Mais ce type de mobilisation est risquée : les professeurs s’exposent à des sanctions hiérarchiques et à l’opprobre des familles, sans garantie de résultat.“

Parcoursup

Parcoursup ravive la concurrence entre universités en Ile-de-France
Les barrières administratives entre universités franciliennes ont été supprimées pour les candidats inscrits sur la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur. Des universités de banlieue redoutent de voir leurs meilleurs lycéens aspirés par les établissements de Paris intra-muros. La ministre, Frédérique Vidal, défend le nouveau mécanisme, qu’elle décrit comme « beaucoup plus fluide ».”

Universités : « Paris intra-muros n’existe pas »
Le vice-chancelier des universités de Paris, Stefano Bosi, entend éviter que les meilleurs étudiants de banlieue inscrits sur Parcoursup ne soient « siphonnés » par les universités parisiennes. Il plaide aussi pour une « spécialisation intelligente » des sites universitaires franciliens et pour « une rationalisation de l’offre » à l’échelle régionale, afin d’« éviter de reproduire partout les mêmes formations, surtout au niveau master ».”

Parcoursup : ces plates-formes "complémentaires" d’accompagnement des candidatspar Pauline Bluteau
Comme en 2018, la Fage et l’Unef, les deux grandes associations étudiantes, ont réitéré le lancement de leurs plates-formes d’accompagnement des candidats sur Parcoursup. Et pour cette deuxième année, les sollicitations continuent d’affluer.”

Pédagogie

« L’écriture inclusive fait partie de ces dispositifs volontaristes, ostentatoires, qui ne servent pas les causes qu’ils prétendent défendre » Propos recueillis par Luc Cédelle
Plutôt que la langue elle-même, c’est surtout le discours sur la langue qui peut être sexiste, estime la linguiste Danièle Manesse dans un entretien au « Monde ».”

Jean-Yves Rochex : avec Henri Wallon et Lev Vygotski sur le site de l’IFE
“Dans la filiation d’Henri Wallon et de Lev Vygotski, Jean-Yves Rochex, professeur en Sciences de l’éducation à l’Université Paris 8 Saint-Denis, définit le rôle de l’école dans le développement de l’enfant, ainsi que des concepts utiles à l’enseignement et à la formation des enseignants : expliciter, triple autorisation, norme et normativité, zone proximale de développement (ZPD), etc.”

" À l’école du partage : Les communs dans l’enseignement "
Marion Carbillet & Hélène Mulot : Les communs de la connaissance nous invitent à regarder avec un œil neuf la transmission des savoirs et l’autonomie citoyenne. Avec le numérique, ils permettent de régénérer la dynamique scolaire, pour apprendre à partager, et pour partager les moments d’apprentissage.
Savoir évaluer les informations, élaborer des consensus, se connaître, et construire des relations sociales, ce sont les enjeux d’un renouveau scolaire qui relie l’individu et le collectif, qui renforce la démocratie et permet d’apprendre tout au long de la vie
.”

Le cerveau bousculé par le numérique Par Denis Sergent
Les outils numériques utilisés de manière trop intensives peuvent être néfastes pour la santé et le comportement.
En clair, Michel Serres estimait qu’avec la neuroplasticité, cette aptitude de notre cerveau à voir ses neurones modifier en permanence les connexions entre eux en fonction des expériences vécues, les choses allaient bien se passer.”

Bernard Desclaux

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Ariane Chemin, journaliste interrogée par la DGSI, a gardé le silence...

29 Mai 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Médias

Ariane Chemin, journaliste interrogée par la DGSI, a gardé le silence...

EXTRAIT

Affaire Benalla : notre journaliste Ariane Chemin et Louis Dreyfus, directeur de la publication, ont été interrogés par la DGSI

Entendus pour avoir publié le nom d’un ancien membre des forces spéciales, ils ont refusé de répondre aux questions des enquêteurs.

Ariane Chemin, journaliste au Monde, et Louis Dreyfus, le directeur de la publication du journal, ont été interrogés, mercredi 29 mai au matin, à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans le cadre d’une enquête pour « révélation de l’identité d’un membre des forces spéciales », après la plainte d’un ancien membre de l’une de ces unités. La journaliste a indiqué n’avoir fait « que son travail » dans une enquête publiée le 8 février sur l’affaire Benalla, et a rappelé que la loi sur la presse garantissait le secret des sources des journalistes.

« Si l’interrogatoire est resté d’une parfaite correction », a indiqué MChristophe Bigot, l’un des avocats du Monde :

« Il n’en reste pas moins que les questions très intrusives sur les conditions de l’enquête journalistique, et la configuration même des lieux, suffisent à exercer une certaine pression sur les journalistes. »

L’interrogatoire – une audition libre, qui permet de garder le silence et de partir à tout moment – s’est en effet déroulé au quatrième sous-sol des locaux de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) ; Ariane Chemin et Louis Dreyfus, ont été interrogés séparément – trois quarts d’heure pour l’une, une heure et quart pour l’autre.

« Nous faire comprendre qu’on était là en tant que suspects »

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« On se retrouve dans des locaux où sont interrogées les personnes pour terrorisme, on nous fait comprendre que c’est grave, qu’on a commis une faute lourde, et très clairement qu’on est là en tant que suspects. »

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Ariane Chemin a souhaité garder le silence

La policière a demandé à plusieurs reprises si la journaliste avait vérifié ses informations, auprès de qui et par quels moyens. Ariane Chemin a souhaité garder le silence, « parce que c’était une manière indirecte de porter atteinte au secret des sources ». L’audition s’est close sur une note ironique de la policière, soulignant la vivacité de la réaction du journal juste après la convocation à la DGSI : le directeur de la rédaction a en effet signé le 22 mai un billet sur cette « inquiétante convocation », alors que sept autres journalistes d’autres médias ont été convoqués, par ailleurs, par le service de renseignement.

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Big Thief...

29 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Gérard Pussey...

29 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

https://agathethebook.com/2019/04/26/camille-et-francois-de-gerard-pussey/

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Tout jeunes, Camille et François couchaient déjà ensemble : lorsqu’ils se rendaient au square, c’était dans le même landau.

Ce partage prématuré du lit suffit-il à laisser augurer de leur tumultueuse intimité à venir, des péripéties qui les réuniraient sans cesse, tout au long de leurs vies, des conflits sanglants qui les opposeraient, des réconciliations euphoriques qui s’ensuivraient ? Nul ne peut l’affirmer.

Cette alcôve mobile, voilée de mousseline, Daisy, la nounou de Camille, et Yvonne, la mère de François, la poussaient de concert dans la lumière acidulée d’un printemps bien installé, et d’une paix fraîchement retrouvée, que les moineaux célébraient dans les grands platanes ombreux du parc Monceau. Les hommes coulaient des regards de loup vers ces deux jeunes filles à peine sorties de l’adolescence, tellement radieuses, qui riaient à l’avenir sous d’attendrissants nuages de guimauve. Jamais on n’aurait cru que l’une d’elles était déjà veuve depuis quelques mois.

Leur amitié datait de 1942, lorsqu’elles s’étaient côtoyées dans une mûrisserie de bananes, au plus profond du ventre sombre de Paris, alors que l’aviation alliée menaçait la ville. À la lueur vacillante de maigres quinquets, épaule contre épaule, elles avaient communié dans un songe siamois, qui s’avéra en partie prémonitoire : elles voyaient le Général libérer la France. Daisy et Yvonne faisaient des rêves de midinette. Elles imaginaient l’officier repoussant l’Allemand à lui seul, une image d’Épinal qui méritait évidemment d’être retouchée.

Entre elles, elles l’appelaient Charles. Il tenait à la fois du prince charmant et du chevalier servant. Elles auraient payé pour se donner à lui. Les étoiles de son képi leur tombaient en pluie sur la tête.

Plus Radio-Paris le conspuait, et plus elles l’aimaient.

Elles le trouvaient beau, au point que Daisy, dans sa chambre de bonne, conservait de son sublime hors-la-loi un portrait encadré sur sa table de nuit.

Le risque qu’elle prenait en l’exposant ainsi l’élevait au rang d’amante intrépide.

Puis, lasse de l’attendre, Yvonne avait trahi le grand soldat. Alors que pendant l’Occupation, elle était allée chercher du beurre, un jambon et des œufs chez ses parents qui exploitaient, dans l’Allier, une métairie proche de l’ancienne ligne de démarcation, elle en avait rapporté – outre ces denrées rares – un petit résistant complètement entiché d’elle.

Devant l’insistance de Georges, Yvonne, en riant, avait accepté de l’épouser, à condition que la cérémonie se déroulât à Paris. Oubliant son maquis, le guérillero de poche avait obtempéré. C’était un enfant rose et naïf dont l’accent paysan provoquait les rires nerveux de Daisy.

Malgré cela, elle avait été le témoin d’Yvonne à son mariage, qui s’était déroulé devant cinq ou six personnes, en l’église des Abbesses, au flanc de la butte Montmartre. L’histoire commençait mal : il pleuvait à seaux. Elle se termina encore moins bien qu’elle n’avait débuté, puisque Georges fut un des derniers tués de la guerre. Une plaque commémore son sacrifice à un carrefour du 19e arrondissement, que se disputent courants d’air et vents contradictoires.

Daisy, elle, resta fidèle au Général.

On a dit que Georges était mort en héros, les armes à la main, sous les balles d’une patrouille allemande. D’autres prétendirent qu’une vache vivante se trouvait dans le camion, au volant duquel il avait été abattu, car le jeune paysan aurait pratiqué le marché noir avec avidité.

On ne saura probablement jamais la vérité. Toujours est-il qu’il ne laissa que peu de souvenirs à Yvonne. Hormis François.

Quelque temps après l’armistice, Yvonne renonça à ses études littéraires. Jamais elle ne serait romancière comme elle l’avait rêvé. L’époque et ses circonstances ne s’y prêtaient guère, avec cet enfant à élever… Elle trouva un emploi aux PTT, ce qui est, somme toute, une autre façon de devenir femme de lettres. Son travail commençait tôt le matin et lui laissait ses après-midi disponibles. En l’absence d’Yvonne, Daisy gardait François dans un vaste appartement de la Plaine Monceau où elle s’occupait aussi de Camille, fille de l’industriel qui habitait là, Norbert Lavayssière, dont la femme venait de mourir en couches.

Alors, était-ce plutôt ce destin commun d’orphelins de naissance qui rapprocha François et Camille, les souda au point qu’on verrait souvent en eux un couple inséparable – tantôt frère et sœur, tantôt amant et maîtresse, alors qu’ils n’en formeraient jamais vraiment un.

Gérard Pussey- Camille et François

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Blanquer recadre les enseignants du primaire... (+ commentaire)

29 Mai 2019 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education

Blanquer recadre les enseignants du primaire... (+ commentaire)

La circulaire de rentrée, qui donne les priorités pour l’année prochaine, émet des recommandations précises sur l’apprentissage du vocabulaire en maternelle, la lecture et les mathématiques.

C’est le texte qui fixe traditionnellement les grandes priorités éducatives pour l’année à venir. Jean-Michel Blanquer a choisi cette année de rédiger une circulaire de rentrée spécifique à l’école primaire. Objectifs? Asseoir la priorité au premier degré et mettre en oeuvre un cadre précis pour l’apprentissage de la lecture et des mathématiques. Le ministre innove également en accompagnant ce texte de documents de recommandations à l’adresse des enseignants de l’école maternelle, qui installe les bases des apprentissages, et qui sera obligatoire à la rentrée prochaine. De quoi hérisser les syndicats d’enseignants majoritaires qui, depuis plusieurs mois déjà, crient à l’autoritarisme et font valoir la «liberté pédagogique».

«Il faut éviter qu’une fausse bienveillance n’aboutisse à retarder les apprentissages»

Mais comme l’a souvent fait valoir Jean-Michel Blanquer, «liberté pédagogique» ne signifie pas «anarchie pédagogique». «Il faut éviter qu’une fausse bienveillance n’aboutisse à retarder les apprentissages», explique le ministre de l’Éducation dans une interview ce 29 mai à La Croix. Et s’«il faut personnaliser le parcours de l’élève (...), tous les enfants passent les mêmes étapes», ajoute-il.

Que dit concrètement cette circulaire publiée au Bulletin Officiel ? Pour l’école maternelle, le ministre fixe la priorité sur «l’enseignement structuré du vocabulaire oral». Un enseignement qui, à ce jour, n’est pas réellement structuré, malgré des constats alarmants: à l’entrée au CP, 20% des élèves maîtrisent 200 à 250 mots, quand, à l’opposé, 20% en maîtrisent 1200. «Ce déficit de vocabulaire, qui entraîne un défaut de compréhension orale, constitue par la suite un frein très important pour l’apprentissage de la lecture», écrit le ministre. «Pour que les élèves s’approprient la langue française, un enseignement régulier et structuré du langage est nécessaire dans toutes les classes de l’école maternelle». Pour la «petite école», le ministre insiste aussi sur «la sécurité affective» des enfants et la «confiance en soi» que se doivent de transmettre les enseignants.

Dictée quotidienne et copie de leçons en CM1 et CM2

Dans la lignée de ce qu’il a toujours affirmé, Jean-Michel Blanquer fixe, pour la classe de CP, l’apprentissage syllabique de la lecture, autre sujet de controverse avec les syndicats d’enseignants et le monde «pédago». «L’enjeu de cette classe est de conduire au plus vite les élèves à automatiser les procédures de décodage, à accéder à une lecture autonome et à une compréhension de ce qu’ils lisent», précise-t-il. Parmi les autres points clé pour l’école élémentaire: la «mobilisation du sens des quatre opérations» dès le CP ou encore la «dictée quotidienne sous ses différentes formes» et la «copie de leçons» en CM1 et CM2.

Enfin, le ministre prévoit un «pilotage» renforcé de l’action pédagogique des professeurs. Comme le petit guide orange, distribué l’an dernier, sur l’apprentissage de la lecture au CP, les enseignants seront cette année destinataires de guides sur le vocabulaire en maternelle, la lecture et l’écriture en CE1 ou encore la grammaire en élémentaire. De quoi recadrer l’école primaire. Et susciter, sans aucun doute, la contestation syndicale.

Caroline Beyer

Commentaire:

"Jean-Michel Blanquer fixe, pour la classe de CP, l’apprentissage syllabique de la lecture"

Pour la cent milliardième fois, c'est déjà le cas. Il existe d'ailleurs bien d'autres méthodes d' APPRENTISSAGE de la lecture. Je ne parle pas de la méthode dite "globale", quasiment abandonnée partout!

Cet exemple de "rappel" ne sert qu'à rassurer des parents/électeurs. Les rassurer alors que ce n'est pas pour cette querelle des méthodes qu'ils devraient se faire des cheveux blancs.

La déconstruction de l'Ecole pour l'installation d'une autre, néo libérale, sélective (l'égalité des chances pour toujours les mêmes), voilà de véritables motifs d'inquiétude.

Mais de ceux-là, il n'est que très rarement question même dans les rangs syndicaux.

Christophe Chartreux

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