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Vivement l'Ecole!

École de la confiance : le Sénat a achevé l’examen des articles du projet de loi...

17 Mai 2019 , Rédigé par Sénat Publié dans #Education

École de la confiance : le Sénat a achevé l’examen des articles du projet de loi...

Vendredi 17 mai 2019, le Sénat a achevé l’examen, en première lecture, des articles du projet de loi, adopté par l’Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, pour une école de la confiance.

 

Sur le rapport de M. Max BRISSON (Les Républicains - Pyrénées-Atlantiques), la commission de la culture, de l’éducation et de la communication a adopté le 30 avril 2019 le texte du projet de loi après l’avoir modifié afin notamment :

  • de préciser que la relation entre l’élève et l’enseignant est une relation d’autorité, confortée par l’engagement et l’exemplarité des personnels de l’éducation nationale (amt du rapporteur COM-322) ;
  • de permettre la scolarisation des enfants âgés de trois à six ans dans des classes réunissant des enfants relevant de l’enseignement préélémentaire et élémentaire, et pas uniquement dans des classes maternelles ouvertes dans une école élémentaire (amt du rapporteur COM-334 et amt COM-81 rect. bis) ;
  • de prévoir que le mécanisme de compensation du surcoût lié à l’abaissement à trois ans de l’obligation d’instruction tiendra compte de la prise en charge des dépenses de fonctionnement des classes maternelles privées sous contrat consentie par certaines collectivités territoriales antérieurement à la loi (amt du rapporteur COM-343) ;
  • de pérenniser, au-delà des années scolaires 2019-2020 et 2020-2021, la possibilité d’inscrire les enfants de trois à six ans, au titre de l’instruction obligatoire, dans les « jardins d’enfants » (amts COM-49, COM-78 rect., COM-239 et COM-295) ;
  • de supprimer l’article 6 quater créant les « établissements publics locaux d'enseignement des savoirs fondamentaux » qui devaient associer les classes d'un collège et d'une ou de plusieurs écoles situées dans son secteur de recrutement (amts COM-6 rect., COM-7 rect., COM-9 rect., COM-80 rect., COM-89 rect., COM-101, COM-127, COM-146, COM-196, COM-237, COM-238, COM-243, COM-265 et COM-317 rect.) ;
  • de réviser la composition du conseil d’évaluation de l’école afin de réduire la dépendance de ses membres vis-à-vis du Gouvernement (amt du rapporteur COM-366 rect.) ;
  • de prévoir que chaque enseignant, au cours des trois années qui suivent sa titularisation, bénéficie d’actions de formation qui complètent sa formation initiale (amt du rapporteur COM-375) ;
  • de rendre la formation continue obligatoire pour tous les enseignants, et pas seulement pour ceux du 1er degré (amt du rapporteur COM-377 et amt COM-279 rect. ter) ;

 

En séance publique, le Sénat a adopté des amendements ayant pour effet :

 

  • de lutter contre l’absentéisme scolaire, en prévoyant notamment la possibilité d'effectuer une retenue sur les allocations familiales versées aux parents d’élèves de moins de 16 ans (amt 101 rect. quater et s/s amt 500 rect. – art. add. après l’art. 1er) ;
  • d’ajouter la devise de la République à la liste des affichages (emblème national de la République française, drapeau tricolore, drapeau européen et paroles de l'hymne national) rendus obligatoires dans les salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat (amt 98 rect. bis - art. 1er bis A) ;
  •  de rétablir l’article 1er bis B, issu de l’examen à l’Assemblée nationale et supprimé par la commission de la culture du Sénat, dans la rédaction suivante « toute carte de la France affichée dans une salle de classe d’établissement du premier et du second degrés doit représenter les territoires français d’outre-mer » (amt 231 – art 1er bis B) ;
  • de préciser, dans le code de l’éducation, qu’aucun élève ne doit  subir, de la part d’autres élèves, des faits de harcèlement ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions d’apprentissage susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité ou d’altérer sa santé physique ou mentale (amt 406 du Gouvernement - art. 1er bis C) ;
  • de préciser que la formation scolaire à laquelle tout enfant à droit favorise également l’éducation manuelle (amt 388 rect. ter - art. 1er bis EA) ;
  • d’étendre aux sorties scolaires organisées par les établissements et aux personnes concourant au service public de l’éducation, l’interdiction actuellement faite aux élèves de porter des signes ou tenues par lesquels se manifeste ostensiblement une appartenance religieuse (amt 100 rect. quater - art. add. après l’art. 1er bis G) ;
  • de prévoir que les propos et agissements visant à exercer une influence sur les croyances ou l’absence de croyances des élèves sont interdits dans les écoles, collèges et lycées publics, ainsi qu’aux abords immédiats de ces établissements, lors des entrées ou sorties des élèves ou dans un temps très voisin de celles-ci, et lors des sorties scolaires organisées par ces établissements (amt 48 rect. quinquies - art. add. après l’art. 1er bis G) ;
  • d’organiser une première visite médicale obligatoire à l’école pour tous les enfants âgés de trois à quatre ans pour dépister des troubles de santé et d’en confier la responsabilité première aux professionnels de santé du service départemental de protection maternelle et infantile, puis une deuxième visite obligatoire pour certains enfants au cours de la sixième année pour dépister des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (amt 405 du Gouvernement - art. 2 ter) ;
  • de préciser que la possibilité d’inscrire les enfants de trois à six ans, au titre de l’instruction obligatoire, dans les « jardins d’enfants » est limitée à ceux qui sont ouverts à la date d'entrée en vigueur de la loi (amt 402 du Gouvernement et s/s amt 494 de la commission - art. 4 bis) ;
  • de renforcer les possibilités de sanctions lorsque les conditions de fonctionnement des établissements d'enseignement privés présentent un risque pour l’ordre public (amt 408 du Gouvernement - art. add. après l’art 5 bis A) ;
  • de prendre en compte, dans le calcul des effectifs d’une école, les élèves en situation de handicap (amt 74 rect. bis - art. 5 quinquies) ;
  • de renforcer la professionnalisation des accompagnants des élèves en situation de handicap en fixant leur formation professionnelle continue conformément à un référentiel national et en l’adaptant à la diversité des situations des élèves accueillis dans les écoles et établissements d’enseignement (amt 90 rect. ter - art. 5 quinquies) ;
  • d’imposer l’intégration d’un critère de mixité sociale reposant sur le revenu médian des foyers fiscaux auxquels sont rattachés les élèves de l’établissement lors de toute nouvelle modification de la carte scolaire (amt 105 rect. bis - art. add. après l’art. 6 quater) ;
  • de préciser que les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation doivent former les étudiants et les enseignants à la maîtrise des outils et ressources numériques, à leur usage pédagogique ainsi qu’à la connaissance et à la compréhension des enjeux liés à l’écosystème numérique (amt 217 rect. bis - art. 12 bis), qu’ils doivent préparer les futurs enseignants et personnels d'éducation aux enjeux de l’école inclusive (amt 12 rect. quater - art 12 bis), qu’ils doivent organiser des formations de sensibilisation au respect et à la protection de l’environnement et à la transition écologique (amt 354 rect. et 445 rect. bis - art 12 bis) et qu’ils doivent préparer, dans les académies d’outre-mer, les enseignants aux enjeux du plurilinguisme et à la scolarisation des enfants allophones (amt 268 - art. 12 bis) ;
  • de préciser que l'inscription à la cantine des écoles primaires s’effectue dans la limite du nombre de places disponibles (amt 111 rect. bis - art. add. après l’art. 20).

 

Mardi 21 mai 2019 à 16 heures, un scrutin public solennel sur le projet de loi sera organisé en salle des Conférences, à l’issue des explications de vote des groupes prévues à 15 heures. À 16h30, le résultat du scrutin public solennel sur le projet de loi sera proclamé en séance.

 

Pour plus de détails, consulter :

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Georges Delerue...

17 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... François Truffaut...

17 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Cinéma

Lorsque j'étais critique, je pensais qu'un film, pour être réussi, doit exprimer simultanément une idée du monde et une idée du cinéma ; La Règle du jeu ou Citizen Kane répondaient bien à cette définition. Aujourd'hui, je demande à un film que je regarde d'exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l'angoisse de faire du cinéma et je me désintéresse de tout ce qui est entre les deux, c'est-à-dire de tous les films qui ne vibrent pas.

François Truffaut - A quoi rêvent les critiques?

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Revue de Presse Education... Loi et polémiques - Parcoursup

17 Mai 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Medias

Revue de Presse Education... Loi et polémiques - Parcoursup

Deux sujets dominent l’actualité éducative aujourd’hui : l’examen de la loi sur l’école par le Sénat et les résultats de Parcoursup.

Loi et polémiques

Tout d’abord un article de NiceMatin pour présenter cette loi. Scolarité obligatoire dès trois ans, exemplarité des profs, nouveautés en classe... Le projet de loi école de Blanquer examiné au Sénat
« Le Sénat à majorité de droite a entamé mardi l’examen en première lecture du projet de loi "pour une école de la confiance", défendu par Jean-Michel Blanquer comme "profondément social", mais dont plusieurs mesures rencontrent l’opposition des parents d’élèves, des enseignants ou encore des élus locaux.
Le Sénat se prononcera mardi prochain par un vote solennel sur l’ensemble du texte, déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale. »

Cette loi et les amendements proposés par les sénateurs entraînent de nombreuses réactions tant dans le milieu politique que dans le milieu éducatif.

Les sénateurs ont rétabli la suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants violents. « Les parents d’enfants difficiles ne sont pas démissionnaires, ils sont dépassés »
« Pour l’ex-ministre déléguée George Pau-Langevin, supprimer les allocations aux parents d’enfants absentéistes, comme l’a voté le Sénat mardi, ou violents, n’a pas d’impact éducatif. »

Et l’on reparle du voile des mamans accompagnant les sorties scolaires. Loi Blanquer : le débat sur le port de signes religieux lors des sorties scolaires s’invite au Sénat
« Le Palais du Luxembourg, à majorité de droite, a adopté un amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires. Mais rien n’assure qu’il sera maintenu dans la version finale de la loi. »

Débat : L’« école du socle » serait-elle victime d’une malédiction ?
« Pour le rapporteur de la loi Blanquer au Sénat, « l’école du socle est un beau sujet, qui mérite d’être discuté ». Beau sujet donc qu’une structure couvrant tous les niveaux de la scolarité obligatoire et les savoirs fondamentaux, mais sujet trop explosif ? »

Une analyse explosive des chiffres des évaluations nationales.
"Faire mentir les chiffres, en pédagogie aussi", par Roland Goigoux
« Un an plus tard, R. Goigoux publie un texte dont on va beaucoup parler. Revenant sur les évaluations nationales de CP et CE1 dont il analyse les résultats dans le détail, le chercheur montre comment le ministère a manipulé les chiffres afin d’orienter les résultats des évaluations, dans le but de valider la politique mise en place. Une politique qui, fondée sur un dispositif importé d’Amérique du Nord, n’a jamais été réellement exposée, ni aux profs, ni aux parents.
Goigoux revient également sur l’autoritarisme à l’œuvre rue de Grenelle et qui ruisselle sur toutes les branches hiérarchiques de l’EN, avant d’invalider la caution scientifique revendiquée par le ministère, coupable selon lui de se couper des recherches scientifiques internationales qui n’iraient pas dans son sens et utilisant les travaux du Conseil scientifique qu’il a mis en place comme bon lui semble. »

ET l’analyse de Lucien Marboeuf
Comment le ministère manipule les évaluations nationales à des fins politiques (d’après l’article de R. Goigoux)
« Hier le chercheur Roland Goigoux publiait ici-même un long article sur les évaluations nationales. Ce texte, très étayé, renvoyant à de nombreuses études internationales et nationales, analyse les résultats des évaluations de CP et de CE1 et montre comment leurs résultats ont été manipulés afin de valider la politique mise en place par le ministère. Nous nous proposons ici de mettre en avant les éléments les plus saillants de l’article de R. Goigoux. »

Limiter le nombre d’élèves par classe : une clé de la réussite scolaire ?
Dominique Lafontaine, Professeure en sciences de l’éducation, Université de Liège
“Faut-il réduire le nombre d’élèves par classe ? La question revient régulièrement sous les feux de l’actualité. Les syndicats enseignants le demandent. Depuis 2017, le ministère de l’Éducation nationale en a fait l’une de ses priorités, à travers le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Et, lors de la conférence de presse du 25 avril dernier, le président de la République a plaidé pour un plafond général de 24 élèves par classe de la grande section de maternelle au CE1.”

Parcoursup

Parcoursup sature une nouvelle fois sous l’afflux des connexions
« Chaque année, l’histoire se répète : le site Parcoursup sature sous l’afflux des trop nombreuses connexions. 2019 ne déroge pas à la règle. Prise d’assaut par les lycéens et étudiants qui souhaitaient découvrir leurs résultats d’admission dans l’enseignement supérieur, la plateforme d’orientation post-bac était inaccessible pour nombre de candidats après 19h. »

On peut trouver de très nombreuses réactions de lycéens sur les réseaux sociaux, relayées par les journaux.
« Parcoursup m’a tué les gars… » : déçus ou excédés, ils réagissent sur Twitter après les premières réponses
« 15 mai 2019, 19 h... Ce rendez-vous a occupé l’esprit, mercredi, de tous les candidats qui ont inscrit un vœu de formation sur la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur. Seuls, en famille ou entre amis, tous étaient derrière leur écran d’ordinateur ou de smartphone à l’heure fatidique ou le sont encore à l’heure actuelle. Soulagement pour certains, immense déception pour d’autres… Petit tour d’horizon des premières réactions. »
« Roulement de tambour… Tel un empereur romain, Parcoursup a rendu ses premières réponses vers 19h00, mercredi. Pouce haut ou bas, quelque 900.000 inscrits se sont connectés, saturant parfois le site Internet. De nombreux lycéens se sont tournés vers Twitter pour exprimer leur frustration, mais aussi leur joie ou leur déception. » A lire sur 20Minutes
Sur LCI. « Les premières réponses aux vœux d’études supérieures sont tombées en début de soirée, mercredi 15 mai, sur la plateforme Parcours. Le site était parfois saturé, face à l’afflux des connections des quelque 900.000 inscrits, dont certains ont exprimé leur frustration sur les réseaux sociaux, mais aussi leur joie ou leur déception. »

PARCOURSUP : QUE FAIRE SI TOUS MES VOEUX SONT REFUSÉS ?

Les écoles d’infirmier(e)s, formation la plus demandée sur Parcoursup : "Un vrai engouement chez les lycéens"
« Ces 326 écoles, à laquelle les élèves accédaient jusque-là sur concours, sont désormais accessibles sur dossier scolaire. Selon Jérôme Teillard, chargé de projet Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur, il s’agit de répondre à une difficulté de recrutement des infirmiers : "Les formations d’infirmiers avaient souhaité rejoindre Parcoursup précisément parce que ça apportait un surcroît d’attractivité sur des métiers difficiles et exigeants. Donc là il y a un vrai effet, un vrai engouement de la part des lycéens", constate-t-il. »

Réforme du lycée, Parcoursup... Pourquoi le coaching en orientation des lycéens est en plein essor ?
« Les familles ont de plus en plus besoin d’accompagnement pour se repérer dans le dédale des formations et dans la procédure d’orientation »

Géraldine Duboz

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Chers amis...

17 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis...

Chers amis,

Retenu toute la journée par le festival "Festi Robot" avec mes élèves de 4e, le blog reprendra sa route demain...

Bonne journée à toutes et à tous...

CC

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Maxime Le Forestier...

16 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Juliette Rigondet...

16 Mai 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Juliette Rigondet...

Il y a cet homme plutôt grand, cheveux blancs en bataille, front et joues cisaillés de rides. À 9 heures, 11 heures, 14 heures, 17 heures, que le soleil cogne ou qu’il pleuve à verse, il arpente cette départementale en provenance de Chalivoy-Milon bordée de maisons neuves. Dès qu’une voiture approche, il interrompt sa marche, pose ses mains sur ses hanches, les pouces calés entre sa ceinture et son jean, regarde qui est dans le véhicule. Son œil, sous ses sourcils froncés, paraît mécontent. Aussitôt après avoir examiné les passagers, il hausse les épaules et reprend son va-et-vient. Si le véhicule roule lentement ou s’arrête au stop que lui a dépassé, il fait volte-face, plante encore ses poings sur ses hanches, observe le conducteur. Un rictus semble exprimer son agacement puis il se remet à marcher, fait une pause deux pas plus loin, pivote… Et ainsi de suite trois fois, quatre fois, cinq fois, six fois.

Attend-il quelqu’un qui ne vient pas ? Se méfie-t-il de ceux qui s’approchent ? Est-il en colère ? Partout où je le rencontre, il est seul. Et m’évoque ces félins transplantés dans un lieu étranger qui parcourent inlassablement le nouvel espace qui leur est assigné, dans le zoo ou la réserve où ils ont été placés.

Un peu plus avant dans le bourg, dans le square calé entre la vieille église aux pierres roses et le centre hospitalier, il y a cette femme à l’épaisse silhouette, vêtue d’une robe de plage, bob sur la tête. Sa peau est très blanche, le haut de son dos très rond ; au bout de quelques minutes, elle extrait de son sac un petit appareil photo, appuie avec insistance sur le bouton de mise en marche puis photographie longuement un massif de bégonias. Va-t-elle faire développer cette image pour montrer à quelqu’un de sa famille ce jardin devant lequel elle passe si souvent, ou veut-elle immortaliser ces pétales doux et roses afin de les contempler à loisir lorsqu’il fera froid dehors, et en elle ?

Il y a aussi ce quinquagénaire au crâne dégarni qui longe une boutique de prêt-à-porter au-dessus de laquelle a été reproduit en trompe-l’œil, dans l’encadrement d’une fausse fenêtre, l’autoportrait sidéré de Courbet – Le Désespéré. Son regard à lui ne se détache pas du bitume. Torse raide incliné, bras pendants, il hausse les épaules tous les trois pas puis propulse son menton vers son omoplate gauche comme si un fil l’y tirait d’un coup sec. Il marche vite, en lançant ses jambes en avant, tel un robot.

Bientôt, le labrador du café dont il s’approche court vers lui. Le promeneur se penche si brusquement vers l’animal qu’on pourrait en redouter la réaction, mais le chien se laisse caresser en se tortillant de plaisir et lèche en retour les mains de son bienfaiteur. Tous deux rejoignent la terrasse du café où l’homme semble avoir ses habitudes, et son compagnon s’assoit près de lui en sollicitant avec succès de nouvelles attentions.

Il y a encore cette grosse femme au dos voûté et à la voix traînante venue à la boutique de presse en compagnie d’une trentenaire aux longs cheveux. Elles sont arrivées il y a moins de deux minutes, mais la plus âgée n’a cessé, depuis, de répéter à sa compagne, dents serrées et mains secouées de tremblements : « Tu vas te faire prendre ta place, Isabelle. Mets-toi dans la file Isabelle, tu vas te faire prendre ta place ! » Pendant ce temps « Isabelle », aucunement troublée, parcourt tranquillement les titres de journaux.

Parka blanche, jean et baskets, pochette rectangulaire suspendue à son cou, la femme inquiète respire bruyamment. « Ça y est Isabelle, je te l’avais dit, tu t’es fait prendre ta place ! » La jeune Isabelle continue à feuilleter les magazines et répond doucement, sans même la regarder, que ça va, ce n’est rien, ce n’est pas grave – tout en souriant au passage à ceux qui, autour d’elle, l’interrogent du regard : ça va, ce n’est rien, ce n’est pas grave. Est-ce sa fille ? sa nièce ? une voisine ? Sa « nourrice » ou la fille de celle-ci ?

Près de la caisse, un homme aux mêmes dos concave et bras inertes, sorte de frère de posture, examine une boîte de pâte à modeler dite « intelligente ». « On peut faire toutes les formes avec ? » se renseigne-t-il. « Toutes les formes que vous voulez, absolument ! » assure le vendeur comme s’il vantait les subtilités d’un logiciel informatique.

Juliette Rigondet - Un village pour aliénés tranquilles

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Limiter le nombre d’élèves par classe : une clé de la réussite scolaire ?

16 Mai 2019 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

Limiter le nombre d’élèves par classe : une clé de la réussite scolaire ?

Faut-il réduire le nombre d’élèves par classe ? La question revient régulièrement sous les feux de l’actualité. Les syndicats enseignants le demandent. Depuis 2017, le ministère de l’Éducation nationale en a fait l’une de ses priorités, à travers le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Et, lors de la conférence de presse du 25 avril dernier, le président de la République a plaidé pour un plafond général de 24 élèves par classe de la grande section de maternelle au CE1.

On considère souvent que des effectifs moindres permettent une ambiance de travail plus sereine et un suivi plus personnalisé des élèves, l’enseignant ayant plus de temps à consacrer à chacun. Mais cela conduit-il vraiment à de meilleurs apprentissages ? Quel est le coût d’une telle mesure en regard de son efficacité ? Faut-il la généraliser ou la réserver à certains contextes ?

Un environnement complexe

En quatrième année de primaire (CM1), la taille moyenne des classes oscille en 2016 de 19 élèves en Autriche à 27 élèves en Angleterre, d’après l’enquête internationale IEA PIRLS. Avec 25 élèves par classe en moyenne, la France se situe en haut de l’échelle.

Idem en ce qui concerne les élèves de 15 ans. Dans les pays de l’OCDE, ils évoluent dans des classes d’environ 26 élèves. Le nombre minimum est de 19 élèves dans la communauté flamande de Belgique et en Finlande, le maximum est de 36 à 37 élèves au Japon et au Mexique. En France, la taille moyenne est de 29 élèves, c’est la valeur la plus haute observée pour les pays européens.

Beaucoup d’enseignants, de parents, d’élèves pensent que réduire ces effectifs aurait un impact positif sur la réussite scolaire. Mais que disent les recherches à ce propos ? Il en existe deux types : les études dans des classes normales, en milieu naturel, et les études dites expérimentales.

Dans les premières, on met simplement en relation les résultats des élèves à leurs tests avec le nombre d’élèves que compte la classe. Les conclusions de ces recherches vont à l’opposé de ce que l’on attendrait : dans le primaire il n’y a pas de lien statistique entre taille des classes et résultats, dans le secondaire les résultats sont nettement meilleurs dans les classes plus nombreuses.

Pourquoi ce résultat surprenant ? Tout simplement parce que d’autres critères interfèrent avec la taille des classes. Les classes les plus chargées se situent souvent dans l’enseignement général, dans les établissements réputés et en milieu urbain. Les classes techniques et professionnelles, ainsi que les sections réservées aux élèves en difficulté, comptent en général des effectifs plus limités.

Il faut bien entendu s’abstenir de conclure de cette corrélation que les classes plus nombreuses seraient bénéfiques et qu’il faudrait donc… augmenter la taille des classes. C’est le fait qu’on dirige plus souvent les élèves en difficulté scolaire vers les classes les plus légères qui explique ce résultat.

Questions pédagogiques

Dans les études expérimentales, certains élèves vont, pour les besoins de la recherche, être placés dans une classe à effectifs réduits (moins de 17 élèves, par exemple) et leurs résultats seront comparés à ceux de camarades présentant des caractéristiques identiques placés dans une classe « normale », plus nombreuse (plus de 25 élèves par exemple).

Ces études peuvent s’étaler sur quelques mois seulement, sur une année scolaire, voire sur plusieurs. Le principe est d’évaluer si les acquis des élèves placés dans les petites classes évoluent mieux.

Les effets observés sont loin d’être spectaculaires : ils sont limités, proches de zéro, ou légèrement positifs. Les effets ne se font réellement sentir qu’en dessous d’un seuil très bas, de 15 élèves, voire 10 élèves par classe. Notons au passage que d’autres mesures pédagogiques, comme la pratique de l’évaluation formative, le tutorat ou l’apprentissage coopératif ou le groupement d’élèves par niveau (de manière temporaire et flexible) ont des effets bien plus nets.

La réduction de la taille de la classe n’a d’effet que si elle induit ou autorise d’autres changements de type pédagogique, autrement dit si l’enseignant modifie sensiblement ses pratiques. Or les observations menées en classe montrent que des enseignants peuvent continuer à enseigner de manière frontale et peu individualisée devant une classe de moins de 17 élèves, tandis que d’autres ont des pratiques innovantes et différencient leur enseignement dans des classes de 25 élèves.

Si elle est populaire, la réduction des effectifs présente la particularité d’avoir un coût considérable pour le système éducatif, car elle suppose un recrutement d’enseignants supplémentaires. En conséquence, à l’issue d’une analyse coût/efficacité, la réduction de la taille des classes n’apparaît pas comme une mesure à privilégier en première ligne. Mieux vaut soutenir des politiques et des pratiques pédagogiques qui ont des effets plus robustes avérés.

De surcroît, dans des systèmes éducatifs où la pénurie d’enseignants qualifiés menace ou est déjà une réalité, une politique généralisée de réduction des effectifs de classe risque d’engendrer ou d’aggraver la pénurie, ce qui aurait des effets désastreux, en particulier pour les enfants des zones dites sensibles, moins attractives pour les enseignants.

Ce que les recherches sur la taille des classes montrent en revanche, de manière consensuelle, c’est que la réduction de la taille des classes, si elle s’avère peu avantageuse à l’échelle d’un système éducatif, est largement bénéfique pour les élèves d’origine défavorisée et pour les élèves plus jeunes. Ceci plaide en faveur de politiques de réduction de la taille des classes ciblant le début de la scolarité, en particulier dans les établissements faisant l’objet de politiques prioritaires ou compensatoires.

Conditions de travail

Si la limitation des effectifs de classes ne paraît pas, au vu des résultats de recherche, « la » solution pour améliorer les apprentissages, pourrait-elle se justifier par d’autres raisons, comme celle d’améliorer les conditions de travail des enseignants ?

Tous les enseignants – c’est compréhensible – sont enclins à préférer une petite classe, en principe plus facile à gérer, plus reposante, avec moins de copies et de devoirs à corriger. Par ailleurs, assurer le bien-être des enseignants ou diminuer le stress, les sorties précoces du métier ou le burn-out sont des objectifs louables pour un système éducatif.

Toutefois là aussi, il faut se méfier des évidences. Les recherches qui ont mis en relation la taille des classes et la satisfaction professionnelle des enseignants, que ce soit dans le primaire ou le secondaire, ne montre aucun lien entre les deux phénomènes.

Ce qui occasionne des difficultés aux enseignants, c’est bien plus la proportion d’élèves posant des problèmes de discipline ou de comportements que la taille de la classe en elle-même. Certaines petites classes comportant quelques « fortes têtes » ou éléments perturbateurs sont bien plus difficiles à gérer qu’une classe nombreuse et paisible.

À nouveau, comme pour l’amélioration des apprentissages, d’autres approches s’avèrent plus porteuses pour améliorer le bien-être et la satisfaction professionnelle des enseignants qu’une réduction généralisée de la taille des classes. Pour ne prendre qu’un exemple, les enseignants se sentent plus efficaces au travail et retirent davantage de satisfaction de leur métier quand ils collaborent régulièrement avec des collègues.

Professeure en sciences de l'éducation, Université de Liège

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"Mantes-la-Jolie : Des cas de torture selon un avocat"

16 Mai 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogisue Publié dans #Education

"Mantes-la-Jolie c'était poire que ce qui a été vu. L'IGPN a entendu le 14 mai deux lycéens arrêtés par la police en décembre 2018. 20 Minutes interroge l'avocat de l'un de ces garçons. Ce jeune sortait de ses cours au lycée quand il a été pris dans la nasse policière avec 150 autres jeunes, les plus jeunes ayant 12 ans. Il est resté deux heures à genoux sous les coups de matraque. Un policier lui aurait marché dessus. Pour son avocat, "laisser des enfants de 13 à 15 ans à genoux durant plusieurs heures dans le froid avec les mains menottées ou posées sur la tête, selon les textes cela s'appelle un acte de torture et de barbarie".

Dans 20 Minutes

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Évaluations CP/CE1 : méthodologie discutable et communication orientée...

16 Mai 2019 , Rédigé par Se-Unsa Publié dans #Education

Évaluations CP/CE1 : méthodologie discutable et communication orientée...
Les évaluations CP/CE1 seront reconduites à la rentrée 2019 malgré les critiques argumentées des enseignants et de nombreux chercheurs1 (voir notre article ici). Sous un habillage « scientifique », ces évaluations souffrent de biais importants car elles sont au service de choix politiques, didactiques et pédagogiques discutables.

Le choix des exercices
 
Parmi les exercices proposés, certains, portés par le CSEN2, ne correspondent pas aux types d’exercices que l’on trouve habituellement dans les évaluations standardisées passées en collectif mais à des exercices passés de manière individuelle de sorte que l’adulte peut encourager les enfants et les interrompre en cours de passation après plusieurs échecs consécutifs. Ils n’ont pas pour but d’évaluer les compétences définies par les programmes mais de repérer d’éventuels obstacles aux apprentissages. Ils ne peuvent donc pas en toute logique servir à communiquer sur les acquis de nos élèves ni sur la proportion d’élèves en difficulté. C’est pourtant ce que le ministre a fait.

Par ailleurs, les tests valorisent les habiletés qu’on peut facilement évaluer par des tests standardisés, ce qui exclut des apprentissages pourtant essentiels.
 
Les seuils de réussite
 
Les seuils de réussite permettent de classer les élèves en trois groupes : à besoins, fragiles et sans difficulté, les deux premiers groupes constituant « les élèves en difficulté ». Ces seuils ont été d’après la Depp3 fixés a priori par un panel d’experts (enseignants, inspecteurs,…) mais ils ont été ajustés a posteriori en fonction des résultats des élèves, ce qui explique le long délai entre l’envoi des réponses et le retour des profils des élèves. Ils ne sont donc pas fixés statistiquement ou scientifiquement mais en fonction des attentes des concepteurs ou des commanditaires de l’évaluation. Comme celles-ci ont pu être très décalées par rapport à la réalité, un ajustement a été nécessaire pour que le pourcentage d’élèves dits en difficulté reste « acceptable ».
 
Ainsi, l’exercice de comparaison de suites de lettres qui a été fortement chuté s’est vu attribuer un seuil minimal à 3 réussites sur 24, ce qui a permis de réduire le nombre d’élèves en difficulté à 18,6 %. Pour l’épreuve de compréhension de textes au CP, il fallait répondre correctement à 7 questions sur 18 pour être en situation de réussite. Le ministère a pu ainsi dire que 90 % des élèves étaient en situation de réussite et donc donner à voir que le renforcement de l’enseignement de la compréhension n’était pas une priorité.

La démarche mise en place n’est donc pas strictement scientifique, contrairement à ce que le ministère voudrait donner à voir. Elle est politique puisque le ministère choisit, en fonction des seuils de réussite qu’il fixe, quelles devront être les compétences à travailler prioritairement.
 
Une communication très orientée
 
En évaluant des compétences qui ne font pas partie des programmes de la grande section au début du CP, les tests créent artificiellement des « élèves en difficulté ». Il n’est pas difficile ensuite de montrer qu’ils ont progressé quand les apprentissages ont été effectivement conduits dans la classe. Ce que tous les professeurs des écoles peuvent constater, et c’est heureux !
 
Par ailleurs, le choix de seuils de réussite « ajustables » plutôt que de seuils statistiques permettra au ministre de montrer de façon certaine que sa politique fonctionne.
 
Il n’a d’ailleurs pas tardé à utiliser les résultats affichés par la Depp3 pour affirmer que sa politique portait déjà ses effets. Ainsi affirme-t-il dans son courrier aux professeurs des écoles daté du 7 mai que « les évaluations nationales des acquis des élèves montrent que les premiers résultats sont là. Si, en début de CP, 23 % des élèves n’identifiaient que la moitié des lettres et des sons qui leur étaient soumis, ils ne sont plus que 3,3 % au mois de janvier. » Et il ajoute : « Ces signes positifs montrent que les progrès de nos élèves peuvent être importants. Un bel exemple est celui des classes dédoublées en éducation prioritaire. En effet, les résultats nationaux des évaluations de mi-CP montrent que les écarts entre les écoles de l’éducation prioritaire et les autres tendent à se réduire. » Ainsi les classes dédoublées en éducation prioritaire serait l’explication d’un résultat dont on peut tous se réjouir mais dont rien ne dit qu’il n’était pas présent auparavant sans toutefois être pérenne. Au risque de contredire le ministre, aucune étude scientifique n’a été publiée à ce jour démontrant l’efficacité des CP et CE1 dédoublés.
 
Le ministre devrait être plus mesuré dans sa communication et considérer les enseignants comme les professionnels qu’ils sont, capables de distinguer entre propagande et discours argumenté scientifiquement. Ils savent qu’il faudra par exemple attendre les résultats de l’enquête PIRLS de 2026 pour connaître l’efficacité réelle des choix didactiques, pédagogiques et managériaux de Jean-Michel Blanquer en matière d’apprentissage de la lecture. Pour rappel, l’enquête PIRLS de 2016 avait montré le côté néfaste des programmes de 2008 en matière de compréhension fine. Or, ce que propose le ministre se situe dans la continuité de son action d’alors : retour sur les fondamentaux, homogénéisation des pratiques, travaux sur la compréhension retardés, verticalité du pilotage. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter.
 
1-Dont Roland Goigoux qui publie une analyse critique très argumentée sur son blog https://blogs.mediapart.fr/roland-goigoux/blog
2-Conseil scientifique de l’Éducation nationale
3- Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance
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