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Vivement l'Ecole!

Petits-déjeuners gratuits à l'école : "cela ne concerne que deux enfants dans une classe"...

24 Avril 2019 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education

Alors que l'État a annoncé qu'il allait débloquer 6 millions d'euros pour financer les petits-déjeuners gratuits à l'école, le président de la FCPE estime sur Europe 1 que la France n'est pas à la hauteur des enjeux sur la question de l'éducation alimentaire des enfants.

INTERVIEW

Est-ce une fausse bonne idée ? L'État prévoit de débloquer six millions d'euros cette année pour les petits-déjeuners gratuits à l'école. Pour y avoir accès, les écoles doivent être volontaires et appartenir à une zone REP (réseau d'éducation prioritaire), REP+ ou quartiers politique de la ville ou encore certaines zones rurales où "le besoin social est identifié".

Pour Rodrigo Arenas, président de la FCPE, il ne s'agit pas réellement d'une nouveauté. "C’est une mesure qui existe déjà de façon générale. Il y a des collations qui sont prises dans les écoles sous l’autorité des enseignants", explique-t-il mardi sur Europe 1.

Cette mesure "ne concerne que deux enfants dans une classe"

Le président de la FCPE tient par ailleurs à préciser qu'un tel dispositif "ne concerne que deux enfants dans une classe puisqu’un enfant sur dix, globalement, ne prend pas de petit-déjeuner à la maison". Une question se pose alors : "Que vont faire les autres enfants qui, eux, prennent déjà un petit-déjeuner ?"

D'après lui, la réponse se trouve dans "les rapports de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail)". Selon l'Anses en effet, les enfants qui prendraient deux petits-déjeuners, un premier à la maison et le second à l'école, seraient encouragés à adopter "des comportements d’obésité à l’adolescence" et risqueraient de développer "des problèmes de santé publique à l’âge adulte". Rodrigo Arenas estime donc que cette mesure risque de s'avérer contre-productive pour la bonne santé des enfants.

"La France n'est pas à la hauteur des enjeux"

"Surtout, ça ne prend pas en compte la question éducative par rapport à l’alimentation", assène-t-il. Il estime notamment que dans ce domaine, "la France joue petit bras" et "n'est pas à la hauteur des enjeux". Rodrigo Arenas cite notamment la Finlande en exemple, où "la restauration collective est en libre-accès". "Pourquoi en France, on ferait payer les enfants pour accéder à la restauration collective, donc aussi à une éducation à la nutrition et en Finlande, ce serait gratuit ?"

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Sortir... Exposition "C'est Beyrouth" - Institut des cultures d'Islam/Paris... Jusqu'au 28 juillet...

24 Avril 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Art

Alliant vidéo et photo, l’Institut des cultures d’islam réunit les points de vue d’une quinzaine d’artistes sur la capitale libanaise, dont le récit intime de Fouad Elkoury durant le conflit avec Israël en 2006.

C’est le récit d’une flamme qui vacille dans une ville qui s’embrase. Où comment petite et grande histoire intriquées fusionnent dans On War and Love, montage vidéo signé Fouad Elkoury, qui pourrait résumer à lui seul l’esprit de l’exposition collective C’est Beyrouth,présentée à l’Institut des cultures d’islam. Combinant photos et vidéos, seize artistes font cause commune pour, selon Stéphanie Chazalon, la directrice de l’établissement parisien, brosser le portrait d’une «ville meurtrie, résiliente, effervescente et insolite, où se côtoient les cultures, les communautés et les croyances». Et, ainsi, «proposer d’entrevoir une société unique dans sa diversité, fragilisée par les guerres et une structuration confessionnelle à bout de souffle». Réparti dans deux bâtiments, le parcours - qui se pare d’une affection plus lucide, voire sarcastique, que prosélytique - se découpe en chapitres : «Une ville multiconfessionnelle», «le Corps comme marqueur identitaire», «Des minorités ignorées», «Exil et migration» et «le Spectre de la guerre».

(...)

Gilles Renault

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Cabanes et ronds-points, un patrimoine populaire en feu...

24 Avril 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Histoire, #Sociologie

Cabanes et ronds-points, un patrimoine populaire en feu...

Les destructions nocturnes des QG de gilets jaunes marquent la disparition de ces lieux de vie et de débat à l’heure où chacun tente pourtant d’imaginer de nouvelles formes d’éducation populaire et de démocratie.

L’incendie de Notre-Dame a ému la France et le monde. Mais ces jours-ci, d’autres symboles de notre pays, certes plus modestes d’apparence, disparaissent. Des «quatre coins de France» nous parviennent les nouvelles de QG de gilets jaunes incendiés ou démolis à la demande des autorités, de collectifs convoqués en mairie et au tribunal pour faire cesser les occupations.

Ces destructions nocturnes à bas bruit des cabanes de ronds-points n’ont naturellement pas le même impact que l’incendie de la cathédrale. On ne parle pas ici de «patrimoine mondial de l’Unesco», à peine ose-t-on évoquer un «art populaire». L’image rougeoyante internationalisée du lourd vaisseau de pierre qui a traversé les siècles écrase naturellement celle très locale des fragiles esquifs de bois consumés.

La disparition de ces lieux de vie et de débats, l’incendie de ces routières agoras, l’écrasement de ces espaces publics ouverts à tous, la liquidation de ces médias et totems du mouvement jaune sont pourtant contre-productifs. Ils ont lieu à un moment où chacun tente d’imaginer les dispositifs et les formes d’un nouveau «design des instances», des communautés et de la démocratie. Ces «lieux infinis» ont émergé d’eux-mêmes sur les ronds-points, comme auparavant dans Nuit debout, les ZAD, les jardins d’utopie, les friches occupées, les camps et campements de la honte ainsi sur les places du monde entier. Cette fragile esthétique du bricolage et des palettes qui a envahi nos quotidiens et inspire déjà nos designers et nouveaux urbanistes de la transition n’a rien d’anecdotique. Elle dit beaucoup des inquiétudes, des incertitudes et des espoirs d’un monde qui vient, ce monde déjà là mais que nous ne voulons pas voir. Ces mille lucioles des bords de route établissent un lien visuel entre «la fin de mois» et «la fin du monde», rompant l’isolement des plus démunis, favorisant les interactions, les débats et contribuant à l’émergence de nouvelles formes d’éducation populaire si recherchées par ailleurs. Ces ateliers des possibles sont en danger.

Il est à craindre que la destruction de ces «hauts-lieux» crée chez celles et ceux qui les occupent - et bien au-delà - un profond ressentiment. Il est probable qu’elles accentuent encore la fracture entre le haut et le bas, cristallisent le rejet, attisent une colère qui ne trouvera plus d’exutoires dans les débats apaisés autour d’un brasero, d’un verre et de quelques victuailles, mais risque de s’exprimer ailleurs et autrement.

C’est tout le contraire qui est souhaité et espéré par le petit peuple des ronds-points. C’est l’inverse qui est sans cesse rappelé comme aux «Assemblées des assemblées» de Commercy en janvier dernier ou de Saint-Nazaire le premier week-end d’avril, où ont travaillé les représentants de 250 assemblées locales.

Celles et ceux qui ont pris le temps de s’arrêter sur les ronds-points savent que les personnes qui y vivent ont trouvé là une nouvelle famille et des raisons d’espérer et de construire ensemble. Ces cabanes du peuple sont davantage que l’assemblage des palettes qui les composent. Elles sont les symboles d’une demande et d’une espérance qui prend forme ici et maintenant. Ces petites utopies concrètes, visibles hommages au «do it yourself», sont autant de cathédrales miniatures où, en ce triste lundi soir, des personnes de tous âges et de toutes conditions ont pleuré Notre-Dame.

Pourquoi ne pas laisser en place ces dispositifs d’espérance et d’émancipation ? Pourquoi ne pas laisser vivre l’utopie concrète des ronds-points ? De qui et de quoi a-t-on peur ? Celles et ceux qui les ont bâtis et les occupent depuis cinq mois ont une expérience et une sagesse recherchées. Pourquoi ne pas laisser cohabiter tranquillement ces femmes et ces hommes qui ont retrouvé en ces lieux réputés «inhabitables» une dignité qui leur était refusée partout ailleurs ? Pourquoi ne pas accompagner cet art d’habiter les situations et les territoires du rien ? C’est un patrimoine qui disparaît dans une étrange indifférence. Plutôt que d’éteindre l’incendie de l’automne, ces tristes actes de destruction massive risquent malheureusement d’attiser le feu du printemps. S’il vous plaît ! Cessons le feu ! La France mérite mieux que cette triste tentative de tabula rasa.

Luc Gwiazdzinski géographe , Olivier Frérot ingénieur et essayiste

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A Lire... "Albert Camus journaliste" par Maria Santos-Sainz...

24 Avril 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Littérature

L’écrivain révérait le journalisme, qu’il a porté au plus haut lors de ses reportages en Algérie ou dans ses éditoriaux à «Combat». Un livre réunit ses articles pour la première fois.

Editorialiste, il aimait l’odeur de la poudre. Contre Mauriac, d’Astier, André Breton, Gabriel Marcel ou, surtout, Jean-Paul Sartre, il tirait volontiers la plume comme on tire l’épée. Jean Daniel, sur Camus son ami : il donne là «la mesure de son talent de pamphlétaire, de son habileté dans la repartie hautaine, un peu crispée mais toujours bien ajustée».

Sa querelle avec Sartre est la plus célèbre. Dans les Temps modernes, la revue de Sartre, un disciple, Francis Jeanson, attaque un livre de Camus, l’Homme révolté, non en réfutant ses thèses, mais en lui reprochant de dénoncer l’existence de camps de concentration en URSS (chose rare à gauche à cette époque). Camus, socialiste et libertaire, réplique en accusant les Temps modernes de taire «tout ce qui touche aux malheurs […] du socialisme autoritaire». Nouvelle salve où les sartriens fustigent «une morale de Croix-Rouge», un «anarchiste idéaliste», etc. L’intéressé réplique en moquant ceux qui «n’ont jamais mis que leur fauteuil dans le sens de l’Histoire». Pendant la guerre, Camus dirigeait un réseau de résistance, alors que Sartre se distinguait par une discrète abstention, faisant jouer ses pièces devant des officiers allemands.

Alors Sartre lui-même monte en ligne : «Je trouve l’existence des camps inadmissible, mais inadmissible tout autant l’usage que la presse dite bourgeoise en fait chaque jour», vieille ficelle stalinienne, comme s’il fallait cacher la vérité pour ne pas faire le jeu de la presse bourgeoise. Puis Sartre ajoute, dans une conclusion toute de morgue et de hargne mesquine : «Et si votre livre témoignait simplement de votre incompétence philosophique ? S’il était fait de connaissances ramassées à la hâte de seconde main ? Je n’ose vous conseiller de vous reporter à la lecture de l’Etre et le Néant, la lecture vous en paraîtrait inutilement ardue. Vous détestez les difficultés de pensée.» Tout le mépris de l’agrégé pour le semi-autodidacte qu’était Camus. Aujourd’hui, les idées de Camus ont éclipsé celles de Sartre, surtout celles de sa période communiste. Camus est un monument cité par tous, presque trop. Sartre, quoique respecté pour sa période existentialiste, survit d’abord par ses erreurs.

Maria Santos-Sainz, universitaire, membre de la Société des études camusiennes, s’est attachée à retracer le parcours du Camus journaliste, qui parcourt des biographies consacrées, comme celle de Jean Lacouture, mais qu’on n’avait jamais isolées en regroupant le corpus de ses articles. Sartre méprisait le métier - «mettez du sang et du sexe, il n’y a que ça qui marche !» - avait-il dit aux fondateurs du Nouvel Observateur. Camus révérait le journalisme. Il fut reporter en Algérie, secrétaire de rédaction à Paris-Soir, rédacteur, puis éditorialiste à Combat pendant la guerre, quand une parution pouvait vous valoir le peloton d’exécution, directeur du même journal de la Libération à 1946, puis, brièvement, chroniqueur à l’Express pour soutenir Mendès, vite brouillé avec un Jean-Jacques Servan-Schreiber trop narcissique. Il écrivait, il corrigeait, il réécrivait, mettait en page, il titrait, il attendait sans impatience, au cœur de la nuit, les morasses qui venaient une à une pour les superviser une dernière fois. Il croyait aux faits, qu’il distinguait du commentaire. Dans ses reportages en Kabylie, il décrit minutieusement la vie des Algériens opprimés par l’ordre colonial et guettés par la famine, en connaisseur de la misère qu’il avait vécue à Belcourt, quartier pauvre d’Alger, auprès de sa mère, femme de ménage sourde et illettrée. «Je n’ai pas appris la liberté dans Marx, écrit-il à Sartre dans le feu de la polémique, il est vrai : je l’ai apprise dans la misère.» A sa mort, les typos de Paris-Soir ou de Combat étaient tous là, se souvenant du Camus pro, blaguant au marbre, surveillant débords et fautes d’orthographe, buvant des coups aux petites heures de l’après-bouclage.

Il en ressort, surtout, une morale du journalisme, que la préface d’Edwy Plenel explicite avec brio. Camus la portait au plus haut, conjuguant la religion du fait avec l’engagement au service des humbles, comme l’indique - on l’oublie souvent - la charte internationale qui devrait gouverner la profession. «Journalisme critique», c’est-à-dire aussi honnête dans le récit qu’intransigeant dans la volonté de redresser les torts. Le jour de Hiroshima, le Monde, dans son éditorial, célèbre la percée technique qui a permis la destruction d’une ville en quelques secondes. Camus dénonce la perversion ultime de la technique mise au service de la barbarie. Il justifie ensuite l’épuration, à la différence de Mauriac, qui fustige des procès expéditifs («Saint-François-des-Assises»), puis reconnaît, un peu plus tard, que l’écrivain catholique et indulgent avait sans doute raison. Le fait scrupuleusement rapporté, puis le jugement éclairé par des valeurs d’humanité, dans le refus des complaisances, des conformismes et des concessions. Voilà un bréviaire pour les médias en pleine crise de confiance.

Laurent Joffrin

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Enseigner en Segpa « Mais madame, on est bête ! »...

24 Avril 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Enseigner en Segpa « Mais madame, on est bête ! »...

EXTRAIT

Depuis la rentrée 2018, Anne Tradardi occupe un poste en section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA), dans un collège de Quimper, dans le Finistère. Motivation, surprises et difficultés rencontrées : elle fait le point sur cette première expérience dans un environnement spécialisé.

Qu’est-ce qui vous a motivée à venir en Segpa ?

J’ai toujours eu cette idée d’aller dans l’enseignement spécialisé. J’avais décidé d’aller en IME (Institut médico-éducatif), mais il n’y en avait pas à moins de 50 km de Quimper. Alors j’ai gardé ça dans un coin de ma tête et je suis entrée en REP (réseau d’éducation prioritaire), où l’on rencontre aussi des enfants en difficulté. J’ai adoré. Mais au bout de douze ans de CP, j’ai éprouvé un peu de lassitude, due à une forme de routine. Je n’avais pas envie de finir ma carrière démoralisée, pessimiste. Je voulais retrouver une dynamique et me plonger dans une nouvelle réflexion, renouveler mes méthodes. Donc un matin, au réveil, j’ai décidé d’aller en Segpa. C’était la seule solution pour moi d’aller en « spécialisé » pas loin de chez moi. J’ai appelé le directeur de Segpa dans la matinée et je l’ai rencontré le soir même. Ma décision était prise !

Autour de moi beaucoup de gens m’ont regardée avec des yeux ahuris en me disant : « Tu deviens folle ! Tu ne vas pas y arriver, c’est trop dur ! Qu’est-ce que tu vas aller faire là-bas !? Tu vas te compliquer la vie ! » D’autres, au contraire, m’ont encouragée : « Super, vas-y ! Cela fait longtemps que tu en parles  ! »

Quel constat faites-vous après sept mois ?

Pour moi c’est très positif. J’ai l’impression d’aller au bout de ma carrière : j’ai commencé dans « les quartiers » en région parisienne, puis en REP dans le Finistère, et désormais en « spécialisé ». J’avais besoin aussi de voir ce que ces enfants devenaient : pendant douze ans je les ai vus en CP et je me demandais toujours comment ils évoluaient une fois arrivés au collège. Dès le départ je voyais bien qu’ils étaient différents, au sens où ils n’entraient pas dans les attentes de l’école. J’éprouvais une sorte de culpabilité, en élémentaire, de n’avoir pas le temps de m’occuper suffisamment d’eux. Des années plus tard, je les retrouve avec des difficultés qui se sont accumulées et amplifiées, et avec une image d’eux-mêmes très dégradée.

Je sais que mes collègues se sont démenés pour essayer de les faire avancer, mais je vois bien que c’est aussi un échec de l’école. Le défi pour moi n’est pas de leur faire rattraper tout leur « retard », mais plutôt de leur redonner confiance en eux et leur permettre d’apprendre quelque chose. Tous les jours, je fais en sorte qu’ils puissent sortir de ma classe en ayant appris quelque chose. Le regard de l’élève qui comprend quelque chose, pour moi, c’est magique, c’est du bonheur !

Je prépare plein de choses pour mes séances, mais ça ne se passe jamais comme je l’ai prévu. Et finalement, ça, ça me plait. Ce n’est pas facile mais ça m’oblige à la fois à être attentive à ce qui se passe, à devoir rebondir, faire, reconstruire, c’est riche ! Ça me fait évoluer, ils évoluent avec moi et moi avec eux ! Et puis, ils sont plus autonomes que les petits de CP.

L’organisation pédagogique, où les enseignants changent de groupe classe et où les élèves changent de professeur, me plait bien parce qu’on échange entre professeurs d’une même classe. Ça me permet de réfléchir, de voir les élèves autrement, notamment pour faire les bilans. Pouvoir travailler à plusieurs, mettre en place des projets, c’est nouveau pour moi. Il faut se mettre d’accord sur un certain nombre de points, mais ça aide finalement.

(...)

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Propos recueillis par Anne Tradardi

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Nat King Cole... Et Natalie...

23 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Malcolm Lowry...

23 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Depuis décembre 1937, et que tu es partie, et c’est maintenant le printemps 1938 à ce que j’entends, j’ai délibérément lutté contre mon amour pour toi. Je n’osai m’y soumettre. Je me suis agrippé à toutes les branches ou racines qui pouvaient m’aider à franchir tout seul cet abîme dans ma vie mais je ne puis me leurrer plus longtemps. Si je dois survivre il me faut ton secours. Autrement, tôt ou tard je tomberai. Ah, si seulement tu m’avais laissé dans la mémoire de quoi te haïr en sorte qu’à la fin nulle douce pensée de toi ne me touche jamais dans mon affreuse situation ! Mais au lieu de cela tu m’as envoyé ces lettres. Mais au fait, pourquoi envoyer les premières à Wells Fargo, Mexico ? Se peut-il que tu n’aies pas compris que j’étais toujours ici ? Ou que – si j’allais à Oaxaca – Quauhnahuac demeurait ma base. C’est très curieux. Puis ç’aurait été si facile de se renseigner. Et si seulement aussi tu m’avais écrit sur-le-champ, ç’aurait pu être différent – même une carte postale à mon nom, dans la commune angoisse de notre séparation, qui en eût appelé simplement à nous, en dépit de tout, pour mettre aussitôt fin à cette absurdité – de quelque, de n’importe quelle façon – et disant que nous nous aimions ; ou autre chose, un télégramme, de simple. Mais tu as attendu trop longtemps – ou il le semble maintenant, jusqu’après Noël – Noël ! – et le Nouvel An, et ce que tu as envoyé alors, je n’ai pu le lire. Non : à peine ai-je une fois été assez libéré de mon tourment ou assez dégrisé pour saisir plus que le sens général de l’une ou l’autre de ces lettres. Mais les sentir, je le pouvais, je le peux. Je crois en avoir quelques-unes sur moi. Mais elles font trop mal à lire, comme trop longuement ruminées. Je n’essaierai pas à présent. Elles me brisent le cœur. Et de toute façon elles sont venues trop tard. Et maintenant il n’y en aura plus, je suppose.

Hélas, mais pourquoi n’ai-je pas prétendu au moins les avoir lues, agréé l’offre d’une sorte de rétractation dans le fait même de leur envoi ? Et pourquoi n’ai-je pas expédié un télégramme ou un mot tout de suite ? Ah, pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Car je pense que tu serais revenue à temps si je t’en avais priée. Mais voilà ce que c’est que de vivre en enfer. Je ne pouvais, je ne puis te prier. Je ne pouvais, je ne puis envoyer de télégramme. Ici et à Mexico je suis resté planté là, à la Compania Telegráfica Mexicana, et à Oaxaca, tremblant et transpirant dans le bureau de poste et rédigeant tout l’après-midi des télégrammes, quand j’avais assez bu pour raffermir ma main, sans en expédier un. Et une fois j’eus une sorte de numéro de téléphone de toi et t’appelai vraiment sur longue distance à Los Angeles, mais sans succès. Et une autre fois il y eut un dérangement du téléphone. Alors pourquoi ne pas aller moi-même en Amérique ? Je suis trop malade pour me débrouiller avec les billets, pour supporter la trépidation de délire des interminables plaines à cactus. Et pourquoi m’en aller mourir en Amérique ? Il me serait peut-être égal d’être enterré aux Etats-Unis. Mais je crois que je préférerais mourir au Mexique.

En attendant, me vois-tu travaillant toujours à mon livre, essayant toujours de répondre à des questions telles que : Y a-t-il une réalité derrière, extérieure, consciente et à jamais présente, etc., accessible par n’importe quelles voies acceptables pour toutes les religions et croyances et adaptables à tous les climats et pays ? Ou me découvres-tu entre Miséricorde et Compréhension, entre Chesed et Binah (mais encore à Chesed) – en équilibre, et l’équilibre c’est tout, précaire – balançant, vacillant au-dessus de l’effroyable vide qui n’admet point de pont, de la trace qui-se-peut-à-peine-déceler de la foudre de Dieu du retour à Dieu ? Comme si j’avais jamais été à Chesed ! Ce serait plutôt le Qlipoth. Alors que je devrais avoir à mon actif d’obscurs volumes de vers intitulés Triomphe de Hurlu-nerlu ou Le Nez à la lumineuse verrue ! Ou au mieux, comme Clare, « tisser l’effrayante vision »… En chaque homme un poète avorté ! Mais c’est une bonne idée peut-être, vu les circonstances, de feindre pour le moins de suivre son grand travail sur le « Savoir secret » car on peut toujours dire, s’il ne paraît jamais, que le titre en explique l’absence.

– Mais hélas pour le Chevalier à la Triste Figure ! Car oh, Yvonne, je suis tellement hanté sans répit par tes chansons, ta chaleur et ta joie, ta simplicité et ta camaraderie, tes aptitudes à des centaines de choses, ta santé foncière, ton désordre, ton ordre tout aussi excessif – les doux commencements de notre union. Te souviens-tu de la chanson de Strauss que nous fredonnions d’habitude ? Une fois l’an les morts vivent l’espace d’un jour. Oh viens à moi encore comme autrefois en mai. Jardins du Généralige, Jardins de l’Alhambra. Et l’ombre de notre destin à notre rencontre en Espagne. Le bar Hollywood à Grenade. Pourquoi Hollywood ? Et le couvent de nonnes là-bas : pourquoi Los Angeles ? Et à Malaga, la Pension Mexico. Et pourtant rien jamais ne peut prendre la place de cette unité qu’autrefois nous connûmes et qui ne peut pas ne pas exister toujours Dieu seul sait où. Que nous connûmes même à Paris – avant l’arrivée de Hugh. Est-cela une illusion aussi ? me voilà en pleine pleurnicherie, c’est certain. Mais personne ne peut prendre ta place ; je dois le savoir à l’heure qu’il est, je ris en écrivant ceci, que je t’aime ou pas… Parfois m’envahit un sentiment des plus puissants, un égarement de jalousie désespérée qui, approfondi par l’alcool, tourne au désir de me détruire par ma propre imagination – au moins pour ne pas être en proie aux – fantômes –

(Plusieurs « mescalitos » plus tard, et l’aube au Farolito)… Le temps est un faux guérisseur, en tout cas. Comment qui que ce soit pourrait-il se permettre de me parler de toi ? Tu ne peux savoir la tristesse de ma vie. Sans cesse hanté, que je dorme ou veille, par l’idée que tu pourrais avoir besoin de mon secours, que je ne puis apporter, comme j’ai besoin du tien, que tu ne peux apporter, t’apercevant dans mes visions et dans chaque ombre, il m’a absolument fallu t’écrire ceci, que jamais je n’enverrai, pour te demander ce que nous pouvons faire. N’est-ce pas extraordinaire ? Et pourtant – ne le devons-nous pas à nous-mêmes, à ce Même que nous avons créé en dehors de nous, d’essayer à nouveau ? Hélas, qu’est-il advenu de l’accord et de l’amour qui furent nôtres ! Qu’en adviendra-t-il – qu’adviendra-t-il de nos cœurs ? L’amour est la seule chose qui donne un sens à nos pauvres allées et venues sur terre : pas précisément une trouvaille, je le crains. Tu vas me croire fou, mais c’est de cette manière que je bois aussi, comme absorbant un éternel sacrement. Oh Yvonne, nous ne pouvons laisser ce que nous avons créé sombrer dans l’oubli de cette terne façon –

Elève tes yeux vers les collines, semble me dire une voix. Quelquefois, quand je vois le petit avion rouge de la poste arriver d’Acapulco à sept heures du matin au-dessus des collines étranges, ou que plus vraisemblablement j’entends, gisant au lit (quant à cette heure j’y suis), tremblant, expirant, tressautant, – juste un menu grondement enfui – et qu’en jabotant j’allonge la main vers le verre de mescal, la boisson que jamais je ne puis, même en la portant à mes lèvres, croire réelle, que j’ai eu la merveilleuse prévoyance de mettre bien à portée la nuit d’avant, je pense que tu vas être dedans, dans cet avion chaque matin tandis qu’il passe, et que tu seras venue pour me sauver. Puis passe la matinée et tu n’es pas venue. Mais oh, à présent je prie pour cela, que tu viennes. Pourquoi d’Acapulco, à la réflexion je ne vois pas. Mais pour l’amour de Dieu, Yvonne, entends-moi, ma défense est à bout, en ce moment à bout – voici l’avion qui passe, je l’ai entendu au loin puis, rien qu’un instant, par-delà Tomalin – reviens, reviens. J’arrêterai de boire, quoi que ce soit. Je me meurs sans toi. Pour l’amour du Christ, Yvonne, reviens-moi, entends-moi, c’est un cri, reviens-moi, Yvonne, ne serait-ce qu’un jour…

Malcolm Lowry - Au-dessous du volcan

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Revue de Presse Education... Jeunesse - Réformes et conséquences...

23 Avril 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Jeunesse - Réformes et conséquences...

De quoi a vraiment besoin la jeunesse ? De classes de CP dédoublées ? De petits déjeuners systématisés ? La scolarisation obligatoire à 3 ans changera-t-elle quelque chose ? Quand on lit à quel point le scoutisme et la philosophie sont importants dans la construction de la personne, on se demande à quels besoins réels répondent les réformes de l’éducation selon Blanquer.

Jeunesse

« Cette génération de jeunes ressent la finitude du monde »
« Sentiment de ne pas être en adéquation avec ses valeurs, désir d’éthique, tentation de prendre des chemins de vie alternatifs… l’inquiétude sur le climat se lie de plus en plus, chez les étudiants et les jeunes diplômés, à une remise en cause du système économique, explique la sociologue Cécile Van de Velde. »

Le scoutisme, une « ENA buissonnière »
« De nombreux responsables politiques ont adhéré très jeunes aux scouts catholiques, protestants ou laïques. Pour certains, c’est même leur « matrice ».
C’est une école politique bien particulière. Une école qui ne nécessite aucune formation préalable et qui ne délivre pas de diplôme. Pourtant, de nombreux responsables politiques en sont issus, comme, par exemple, les deux anciens premiers ministres socialistes Michel Rocard et Lionel Jospin. Une « ENA buissonnière », en somme. Cette école, c’est le scoutisme. »

Ouverture d’esprit, tolérance, gestion du conflit... Les bienfaits de la philosophie chez les enfants
« « La philosophie, ça peut aider à changer le monde. » Cette phrase n’est pas signée Kant, Spinoza ou Descartes, mais Benamar, élève de primaire à l’école Louis Aragon, à Pantin. Pendant un an, cet enfant de 8 ans et ses camarades de classe ont assisté aux « ateliers philo » dispensés par Frédéric Lenoir, sociologue, auteur de best-sellers (1). Il a également co-fondé avec Martine Roussel-Adam l’association Savoir Être et Vivre Ensemble (SEVE), qui a formé sur trois ans plus de 4000 instituteurs et personnes extérieures à l’éducation nationale, désormais aptes à dispenser ces ateliers à travers tout l’Hexagone. Leur objectif ? Développer une pensée réflexive, créatrice et critique des enfants dès la primaire. »

Service national universel : « On va pouvoir apprendre des choses, devenir plus mature et davantage solidaire », espère Noël-David
« PORTRAITS « 20 Minutes » a rencontré 13 ambassadeurs du service national universel (SNU), qui seront parmi les premiers jeunes Français a connaître cette aventure »

Réformes et conséquences

On commence par la place des mathématiques dans le nouveau lycée.
L’indispensable enseignement des mathématiques
« Une enseignante chercheuse s’inquiète de la réforme du baccalauréat en France. Pendant huit ans, elle en a expérimenté l’équivalent auprès de ses élèves britanniques et a constaté l’augmentation des échecs universitaires due au manque d’éducation scientifique et mathématique. »
Les mathématiques restent plébiscitées malgré la fin des filières au lycée
« L’heure du choix est venue pour la première génération de lycéens qui personnalisera son parcours avec la réforme du lycée.
Pas moins de 70 % des élèves de 2de envisagent ainsi de prendre la « spé maths », selon les premières estimations du ministère de l’éducation, fondées sur les vœux de 280 000 élèves issus de 1 335 lycées publics (soit près du tiers de cette classe d’âge). Ils sont aussi plus d’un sur deux à opter pour les sciences de la vie et de la Terre et la physique-chimie (respectivement 52,2 % et 50,1 %). »

On poursuit avec les petits déjeuners.
Petit-déjeuner gratuit à l’école. L’État débloque 6 millions d’euros cette année
« Proposer le petit-déjeuner gratuit dans les écoles concernera à terme « 100 000 enfants » dans les « territoires prioritaires ». Cette mesure qui fait partie des promesses du plan pauvreté, annoncé en septembre dernier par le président de la République, sera financée à hauteur de 6 millions d’euros par l’État en 2019.
L’initiative, déjà déployée dans huit académies tests que sont Amiens, La Réunion, Lille, Montpellier, Nantes, Reims, Toulouse, Versailles, sera « généralisée au mois de septembre à l’ensemble du territoire français ». »

Et la mise en perspective de Claude Lelièvre
Un petit déjeuner gratuit en ZEP : une mesure qui irait de soi ?
« La proposition de servir un petit déjeuner gratuit à tous les élèves de REP et REP+ rompt avec une difficulté le choix des élèves concernés, et le risque de stigmatisation). Mais pour entrer dans une autre difficulté : tous les élèves d’origines très défavorisées ne se retrouvent pas en ZEP, loin s’en faut. »

L’annonce d’Emmanuel Macron.
24 élèves par classe : l’idée de Macron n’est pas si simple à mettre en place
« "Cette mesure est forcément positive, mais seulement si elle s’accompagne d’une augmentation des emplois et pas d’un gonflement des effectifs dans les autres niveaux", s’inquiète Stéphane Crochet. "Nous sommes pour le ’pas plus de 24 par classe’, mais dans toutes les classes, renchérit Régis Metzger, co-secrétaire général de la SNU-ipp. Il ne faut pas pénaliser cinq générations pour en satisfaire trois". »

La loi Blanquer dans les villes et les campagnes.
Nous, maires de villes populaires, disons « non » à la loi Blanquer
Par Gilles POUX, maire de La Courneuve , Azzedine TAÏBI , maire de Stains , Patrice Bessac, maire de Montreuil , Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers , Mohamed Gnabaly, maire de l’Ile-Saint-Denis , Carinne Juste, maire de Villetaneuse et Laurent Russier, maire de Saint-Denis
« Nous, maires de villes populaires, dénonçons un projet de loi qui instaurera une école à plusieurs vitesses, qui accélérera les inégalités scolaires plutôt que les combattre. Ainsi, la scolarisation obligatoire dès l’âge de 3 ans – qui pourrait être une réelle avancée en soit – bénéficiera à l’enseignement privé sous la forme d’une subvention directe de 150 millions d’euros et la création « d’établissements publics des savoirs fondamentaux » menacera les postes de directeurs·directrices d’école. De même, la réforme des spécialités du bac 2021 se ferait au détriment des enfants des quartiers prioritaires. »

Une excellente analyse de l’école rurale, au seuil de l’éducation prioritaire
« Long format Isolement géographique et culturel, freins psychologiques à la mobilité, faible taux de réussite aux examens, décrochage scolaire… les zones rurales cumulent les difficultés. À l’heure où le gouvernement réfléchit à la prise en compte du critère de ruralité dans l’éducation prioritaire, La Croix est allée enquêter dans les Ardennes, l’un des départements les plus ruraux de France. »

Suppression de l’ENA : la mixité sociale au cœur des débats
« Les CSP supérieures y sont surreprésentées, à l’inverse des enfants d’ouvriers ou d’employés. Comment expliquer que l’école, créée dans un esprit de démocratisation de l’accès à la haute fonction publique, en arrive à de tels écarts ? »
Sciences Po : Quel est le bilan du dispositif d’ouverture sociale, 18 ans après son démarrage ?
« Lundi soir sera diffusé le documentaire Pourquoi pas moi ?* sur France 3 qui décortique le parcours de jeunes de Bondy ayant tenté d’intégrer Science Po.
Depuis 2001, les conventions éducation prioritaires ont permis d’intégrer 1.929 lycéens issus de zones difficiles.
Une fois diplômés, ils connaissent le même type de carrière que leurs camarades ayant passé le concours classique. »

Géraldine Duboz, avec l’aide de Catherine Rossignol.

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