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Vivement l'Ecole!

Éducation nationale : comment organiser les 24 élèves par classe jusqu'en CE1?...

28 Avril 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

La mesure annoncée jeudi 25 avril par Emmanuel Macron fait réagir syndicats et parents d'élèves, qui pointent l'obligation de créer des classes et de recruter des enseignants.

Au lendemain de la conférence de presse d'Emmanuel Macron, organisée afin d'exposer la réponse du gouvernement aux demandes issues du grand débat national, le temps est aux réactions. Du côté de l'éducation nationale, c'est la mesure de la limitation du nombre d'élèves à 24 par classe jusqu'en CE1 qui est retenue. L'objectif est d'avoir des effectifs à taille humaine pour de meilleurs résultats. "C'est un investissement dans nos enfants", a même martelé le chef de l'État.

Plusieurs milliers de classes supplémentaires

"Si on parle d'abaisser les effectifs, il faut envisager un budget, puisque ça a un coût. La baisse démographique ne suffira pas, donc il faut envisager des postes. Or, à la rentrée prochaine, on a des postes en moins au concours", pointe Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat des enseignants SNUipp-FSU. Le ministère reconnaît qu'il faudra créer entre 3 000 et 5 000 classes supplémentaires.

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/refondation-de-l-ecole/education-nationale-comment-organiser-les-24-eleves-par-classe-jusqu-en-ce1_3416615.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

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Du "Français musulman d'Algérie" au réfugié syrien : la fabrique du mot "migrant"...

28 Avril 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Histoire

Du "Français musulman d'Algérie" au réfugié syrien : la fabrique du mot "migrant"...

EXTRAIT

Alors que dans une lettre adressée le 24 avril dernier aux ministères de l’intérieur et du logement, les maires de treize villes ont dénoncé la "situation indigne" des migrants en France, retour sur l'histoire du mot "migrant", qui émerge dans la langue française dans les années 1960.

"Nous devons construire collectivement une réponse au défi que pose l’accueil des réfugiés en France. C’est pourquoi nous vous demandons de nous recevoir afin d’échanger sur le dispositif d’accueil et d’orientation des migrants." La lettre adressée le 24 avril dernier aux ministères de l'intérieur et du logement par les maires de treize villes de France s'ajoute aux nombreuses actualités qui concernent régulièrement la situation des personnes exilées en Europe. L'occasion de revenir sur l'histoire du terme "migrant".

Un terme qui dépasse sa définition

Il est des termes face auxquels les dictionnaires semblent de peu d'utilité, et "migrant" est de ceux-là. L'Académie française nous apprend qu'un migrant ou une migrante est "une personne qui effectue une migration". Ce qui ne dit rien de tous les implicites que contient le mot. Revenir à son apparition dans la langue donne précisément quelques pistes intéressantes.

De fait, "migrant" ne date pas des années 2000, même si cette décennie a marqué un tournant dans l'usage de ce mot. Il faut remonter aux années 1960 pour voir apparaître le terme en France. Il est d'abord utilisé comme adjectif dans des expressions comme "populations migrantes" et "travailleur migrant", avant de naître comme substantif, souvent au pluriel : "les migrants".

La catégorisation des étrangers héritée de la colonisation

Le mot "migrant" s'inscrit dans la longue histoire de la catégorisation des étrangers, et partant, de la colonisation. Dans les années 1960, le migrant est un étranger qui s'installe en France. Pour comprendre ce qui se joue dans ce terme, il faut regarder le contexte de sa naissance.

En 1965, sont créés les "Services de liaison aux populations migrantes", ou SLPM, extension de l'administration française, censée encadrer la main-d'oeuvre étrangère. Or il faut noter que cet encadrement, qui dépend des préfectures et non de l'administration sociale, est directement hérité de l'identification coloniale à l'oeuvre dans les années 1950 vis-à-vis de ceux qu'on appelle alors, depuis 1945, les "Français musulmans d'Algérie".

Séparer les Algériens du reste de la population

Dans les années 1950, en métropole, il existe des "Conseillers techniques pour les affaires musulmanes", dépendant du ministère de l'Intérieur, et qui ont pour mission, je cite, de "faciliter l'organisation de l'assistance morale, matérielle et sociale à la population musulmane." Ces services vont organiser l'assignation d'un espace physique spécifique à ces "Français musulmans d'Algérie".

Et ce avec un double souci, assez contradictoire : les séparer du reste de la population tout en essayant de les contrôler, alors même que la concentration des personnes fait craindre une plus grande difficulté à les contrôler. Les statistiques émises par les conseillers pour les affaires musulmanes trahissent ce souci de contrôle, notamment dans la répartition des logements. L'idée implicite, portée par la colonisation, est que les Algériens ne peuvent, par essence, se mêler au reste de la population française.

(...)

Bibliographie

Françoise de Barros, "Des « Français musulmans d'Algérie » aux « immigrés ». L'importation de classifications coloniales dans les politiques du logement en France (1950 – 1970)", Actes de la recherche en sciences sociales, vol. no 159, no. 4, 2005

Catherine de Coppet

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Quand Nathalie Loiseau parle de l'Europe aux enfants... Attention certaines images peuvent choquer...

28 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Commentaires:

1- Dans la présentation de Nathalie Loiseau, les éditeurs ne mentionnent pas le fait que celle-ci soit candidate LREM aux élections européennes. La BD a été publiée en mars 2019.

Quand Nathalie Loiseau parle de l'Europe aux enfants... Attention certaines images peuvent choquer...

2- D'après le scénario de cette BD, signé Nathalie Loiseau, l'esprit de tolérance est poussé à l'extrême.

A l'extrême droite?

Ainsi ce dialogue encourageant les petits écoliers européens à accepter l'homophobie d'autres écoliers européens.

Quand Nathalie Loiseau parle de l'Europe aux enfants... Attention certaines images peuvent choquer...

J'ose espérer que Madame Loiseau sera amenée à fournir quelques explications. Et à répondre aux questions que ne manqueront pas de lui poser les journalistes.

Quant à moi, je ne mettrai JAMAIS cette bande dessinée entre les mains de mes élèves. Car la tolérance, ce n'est pas accepter l'intolérance des autres. Encore moins quand l' exemple choisi est le mariage homosexuel. Si ce n'est pas un "choix orienté", alors qu'est-ce que c'est?

Enfin j'attends évidemment que le Ministère de l'Education Nationale place cette "oeuvre" dans la liste des ouvrages à ne faire entrer dans aucune bibliothèque scolaire.

Christophe Chartreux

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24 élèves maximum en GS, CP et CE1, comédie en trois actes...

27 Avril 2019 , Rédigé par Parents Profs Publié dans #Education

24 élèves maximum en GS, CP et CE1, comédie en trois actes...

Acte 1 : le conseil des Ministres

Le Président de la République : “Bon il nous faut une idée pour redonner le moral aux profs, un truc fort, symbolique. Jean-Michel, une idée ?”
Le Ministre de l’Education nationale : “On pourrait faire une rentrée en musique ?”
Le Président de la République : “Non mais c’est sérieux là. T’as pas un concept complètement disruptif ?”
Le Ministre de l’Education nationale : “Euh je sais pas… limiter le nombre d’élèves par classe ?”
Le Président de la République : “Voilà une idée qui va dans le sens du progrès. En vérité, Jean-Michel, voilà un défi collectif que nous allons conduire en responsabilité”.
Le Ministre de l’Education nationale : “Par contre Monsieur le Président, une telle réforme implique un nombre beaucoup plus important de classes. Nous devrons faire face à un problème de place dans les écoles. Il va falloir en construire des centaines dans tout le pays”.
Le Président de la République : “Magnifique. Tel François Mitterrand avec l’Institut du monde arabe ou le grand Louvre, j’aurai moi aussi mes grands travaux, du Pôle scolaire Jules Ferry à Dijon à l’annexe de l’école maternelle à Rouvroy-Vérignon”.

Acte 2 : le conseil d’Inspecteurs de l’Education Nationale

Le directeur académique : “Bon on a reçu un mail du rectorat. L’année prochaine, il ne doit pas y avoir plus de 24 élèves en grande section, CP et CE1.”
Les inspecteurs : “Il va falloir que l’on mette ça en place dans nos circonscriptions ?”
Le directeur académique : “Consigne du Ministre. On n’a pas le choix.”
Un inspecteur : “Monsieur le Directeur académique, sauf le respect dû à votre grandeur qui illumine de ses rayons notre morne quotidien, admettez qu’on est tous un peu charrette en ce moment.”
Un inspecteur : “Surtout qu’on n’a pas terminé de contrôler tous les enseignants de CP. Ca prend un temps fou. Moi je me suis organisé par ordre alphabétique, j’en suis à P comme Josette Pinchard, à l’école de Nauvay. En plus il y a des travaux sur la rocade en venant de…
Le directeur académique : “Bon soit. Mettez les directeurs d’école sur le coup, ils organiseront ça très bien.”
Un inspecteur : “Ben c’est à dire qu’on les a virés Monsieur le Directeur Académique…”

Et l'acte 3 est à lire en cliquant ci-dessous

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Nick Cave and The Bad Seeds...

27 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Philippe Djian...

27 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Elle ne disait plus à Marc qu’elle pouvait se passer de baby-sitter car c’était en pure perte. Il n’avait plus confiance. De la fenêtre de sa chambre il la suivait à la jumelle quand elle marchait pieds nus sur le sable mouillé, encore dur, et dès qu’elle faisait le moindre faux pas, trébuchait, il se raidissait sur son siège, elle le savait, comme elle savait, sans la moindre erreur possible, quand son regard était posé sur elle, fût-ce dans son dos. Il devait penser qu’elle était folle, naturellement, bonne à enfermer. Elle se mettait à sa place, plus ou moins. En tout cas, il ne voulait plus la croire ni lui faire confiance.

Philippe Djian - Les inéquitables

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Danièle Sallenave, de l'Académie Française, s'adresse aux élites méprisant les "gilets jaunes"...

27 Avril 2019 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

Extraits

"La meilleure définition du populisme, je l'ai trouvée chez un intellectuel polonais à qui j'avais plusieurs fois rendu visite avant 1989 à Varsovie, l'historien Bronislaw Geremek. Enfant juif rescapé du ghetto de Varsovie, militant chrétien et laïque convaincu, séduit par le marxisme, il se passionne pour l'histoire des pauvres, des marginaux, et plus généralement pour celle des luttes sociales. Répondant à des questions du monde.fr en juin 2008, il écrit : « Le populisme exploite l'absence du peuple sur la scène publique. "

"Qui sont les Gilets jaunes ? Ce sont des gens que les habitants des grandes villes ne croisent jamais. Des gens qu'on n' entend jamais. Il y a quelque part, dans un roman de Dickens une formulation extraordinaire pour désigner justement ceux qu'on ne voit pas et qui parfois se révoltent. « Quelque chose qui parfois se soulevait comme la mer, faisait un peu de mal et de dégâts, et retombait à nouveau."

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Pas de fermetures d’écoles, mais toujours des fermetures de classes en primaire, selon le ministre de l’éducation...

27 Avril 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Pas de fermetures d’écoles, mais toujours des fermetures de classes en primaire, selon le ministre de l’éducation...

Concernant le plafonnement à 24 élèves avant le CE2, Jean-Michel Blanquer a estimé qu’« un minimum de 2 000 créations de postes par an (…) sera nécessaire ».

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a confirmé, samedi 27 avril, la promesse d’Emmanuel Macron de ne plus fermer d’écoles primaires contre l’avis des maires. Pour des raisons « d’équité territoriale », le ministre a en revanche fait savoir que des classes continueraient à fermer en fonction des besoins.

Interrogé sur Franceinfo, M. Blanquer a ainsi nuancé les annonces faites jeudi par le président à l’issue du débat national conçu comme une réponse politique à la contestation sociale des « gilets jaunes » :

« Nous ne fermerons pas d’école primaire, c’est la première fois qu’un gouvernement s’engage à faire cela, c’est énorme. (…) Pour les classes c’est forcément différent. Personne, aucun ministre de l’éducation ne pourrait vous dire qu’il n’y a jamais de fermetures de classes. »

Parmi les maires, certains estiment néanmoins que le vrai enjeu ne concerne pas la fermeture des écoles, assez rare, mais celle des classes. « Si vous ne fermez pas une classe parfois, vous créez des inégalités puisque vous avez des gens qui bougent d’un endroit à l’autre », s’est justifié le ministre, en pointant de « grandes disparités » existantes, avec « quatorze élèves par classe en Lozère » contre « vingt-sept dans certains départements ».

(...)

Le Monde avec AFP

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Faut-il réduire la taille des classes?... (Quand le ministère condamnait la réduction de la taille des classes)

27 Avril 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Faut-il réduire la taille des classes?... (Quand le ministère condamnait la réduction de la taille des classes)

EXTRAITS

Il y a des questions qui ne se posent pas sur le terrain mais qui occupent beaucoup les experts. La réduction de la taille des classes est de celles-ci. Longtemps la réduction de la taille des classes a été repoussée avec un brin de mépris par le ministère. On avait fait la preuve de son inefficacité. Mais depuis l'arrivée d'E. Macron à l'Elysée, retournement de veste, elle est devenue la solution officielle aux difficultés pédagogiques. Du coup, les cadres, les experts , tout le petit monde éducatif s'est repositionné en pro et anti, brûlant parfois aujourd'hui ce qu'il chérissait hier. Pourtant la question de l'efficacité est toujours à apprécier dans un contexte. A quelles conditions c'est efficace la réduction de la taille des classes ?

Quand le ministère condamnait la réduction de la taille des classes

Quand un ministère change de conception sur un temps aussi court et avec une caution aussi prestigieuse (l'Elysée) forcément c'est dérangeant. Avec E Macron on a connu un autre revirement à 180° qui s'est mieux passé : le redoublement. Sans doute parce que les discours officiels viennent de s'ajuster avec des croyances bien ancrées dans la population.

Pour la réduction de la taille des classes (RTC dorénavant), c'est différent. Bien sur les enseignants voient tout de suite ce qu'il en est. Mais c'est différent pour les cadres et  le public en général.

Longtemps la doxa ministérielle était de nier l'utilité de la RTC. On en comprend bien els raisons. A l'origine de ce rejet de la RTC il y avait d'abord une étude de l'OCDE qui concluait sur l'absence de gain. " Les effets de la variation de la taille des classes sur la performance des élèves ne sont pas étayés par des éléments probants", écrivait " Regards sur l'éducation", une publication de l'OCDE, en 2011 . "Les recherches menées dans ce domaine controversé n’ont pas permis de tirer des conclusions cohérentes, même s’il apparaît que les classes moins peuplées pourraient avoir un impact sur des groupes spécifiques d’élèves, notamment les élèves défavorisés".

Des études françaises allaient dans le même sens. En 2001, une étude de Denis Meuret sur une RTC en classe de CP concluait en insistant sur les limites de la réduction de la taille des classes. Il  critiquait les dédoublements. "Les recherches ne justifient donc certainement pas une réduction de la taille des classes (RTC)... C’est le résultat le plus clair des études menées en France". Le propos  était ensuite plus nuancé ("Elles ne justifient pas non plus une attitude fondée sur l’idée que la RTC est forcément la politique la moins efficiente qui soit. Elles peuvent effectivement, semble-t-il, servir d’argument à une politique visant les populations défavorisées pendant les premières années du primaire, pourvu que la baisse soit importante, que des mesures de formation adéquates soient prises"). Mais c'est l'idée générale qui a longtemps été retenue.

A cette époque là, les études nord américaines comme STAR étaient soigneusement oubliées. Aujourd'hui elle est considérée comme une source fiable qui plaide pour la RTC.

On était dans les années Sarkozy, celles des suppressions de postes. L'idée à la mode à cette époque là était plutôt de regrouper les collégiens et les lycéens en amphis de 120 élèves pour les "matières de leçons" (terme d'un rapport de l'époque). Une solution que les enseignants savent impossible dans 80% des établissements mais qui permet d'envisager de sérieuses économies. Finalement cela ne s'est pas fait (sauf exception) et l'idée a été enterrée après 2012. Mais il n'est pas exclu elle aussi de la voir revenir...

(...)

Il est clair que dans beaucoup d'écoles la réduction n 'aurait aucun effet, même sans doute avec une pédagogie bien adaptée. Tout simplement parce que dans les écoles des quartiers favorisés les enfants ont déjà un haut bagage éducatif transmis par les parents.  Inversement c'est dans les quartiers populaires, comme l'avaient bien vu Valdenaire et Piketty, que l'efficacité est au maximum.

Les effectifs plus réduits permettent bien sur de consacrer plus de temps à chaque élève, de le connaitre mieux et de mieux l'accompagner. Mais la RTC a aussi un effet immense sur le climat de la classe. Dans des écoles très défavorisées avec des enfants perturbés cet intérêt là n'est pas négligeable. La France est le pays d'Europe où les cours sont les plus perturbés selon l'OCDE. Réduire le nombre d'élèves c'est faciliter la tenue de la classe et donc gagner un temps important d'enseignement. Enfin la RTC a aussi des effets importants sur le travail enseignant. C'est moins de corrections, moins de parents à rencontrer, autant de temps gagné pour le travail pédagogique.

(...)

François Jarraud

La taille des classes une question politique

Etude Piketty et Valdenaire

Etude suédoise

Etude Monso

Etude 2017

Etude IFé

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Faut-il réduire le nombre d'élèves par classe? Oui mais pas n'importe comment... La réduction n'a rien de miraculeux....

27 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Faut-il réduire le nombre d'élèves par classe? Oui mais pas n'importe comment... La réduction n'a rien de miraculeux....

Faut-il réduire le nombre d’élèves par classe ?

Toutes les études, notamment américaines (Etats-Unis) montrent que la réduction du nombre d’élèves par classe favorise tous les élèves, faibles et forts.

Mais ceci à une condition :

que cet effectif soit d’un maximum de 10 élèves, ce qui ne peut se faire à l’heure actuelle en France de manière généralisée, mais est possible de manière ponctuelle et ciblée. Il est prouvé que retirer 5 élèves sur un effectif de 25 n’aura aucun effet ; en revanche, retirer 5 élèves sur un effectif de 15 est porteur d’excellents résultats. (Voir School Class Size de Glass, Cahen, Smith et Filby paru en 1982).

Les recherches menées au Etats-Unis (et en France notamment par Piketty) l’ont été de la manière suivante :

les élèves ont été affectés de manière aléatoire dans des classes à effectif réduit ou dans des classes à effectif plus nombreux. Les chercheurs ont ensuite vérifié que les élèves composant les deux types de classes présentaient des caractéristiques comparables du point de vue de l’ethnie, du sexe et du statut socio professionnel des parents.

Les résultats des élèves des deux groupes ont été comparés à des moments différents de leur scolarité et à travers des indicateurs diversifiés : tous confirment l’intérêt des classes à effectif réduit (10 ou moins de 10 élèves/Jamais moins de 8).

Plus intéressants: les "groupes de besoin"

L’idée de « groupes de besoin » n’est pas nouvelle. Claparède la préconisait en…1920. Aux Etats-Unis, dans le cadre beaucoup plus récent du plan Joplin, les élèves sont attachés en fonction de leur age à une classe hétérogène. Ils la quittent pour certains apprentissages (Lecture et mathématiques principalement) qui se déroulent en groupes homogènes. Cet assouplissement respecte à la lettre trois règles immuables :

-       le temps passé en groupes homogènes est nettement inférieur au temps passé en classes hétérogènes, ce qui a pour conséquence que le groupe auquel les enfants s’identifient reste ce dernier

-       la constitution des groupes homogènes repose sur l’évaluation d’une compétence spécifique et non plus sur celle d’une aptitude générale

-       les groupes sont flexibles ; en fonction des progrès des élèves, ils peuvent être réorganisés

Le plan Joplin a fait l’objet de plusieurs évaluations :

-       l’effet positif est particulièrement sensible pour les élèves faibles, sans affecter le niveau des élèves forts

-       les résultats en lecture des élèves du programme Joplin sont nettement supérieurs à ceux des élèves fréquentant des classes « traditionnelles ».

-       aucune étude d’évaluation n’a  abouti à des résultats négatifs à propos du plan Joplin

Il est donc nécessaire, puisque cela « marche », de constituer des classes hétérogènes à petits effectifs, surtout dans les premières années de l’école primaire, déterminantes pour l’avenir. Sur cette unité de base, il sera utile de greffer un fonctionnement par groupes de besoin en respectant les trois règles énoncées ci-dessus.

Christophe Chartreux

Voir les travaux de Marcel Crahay, Professeur, Développement, apprentissage et intervention en situations scolaires, Université de Genève et Université de Liège

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