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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Colette...

29 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Au cours des heures où je me sens inférieure à tout ce qui m’entoure, menacée par ma propre médiocrité, effrayée de découvrir qu’un muscle perd sa vigueur, un désir sa force, une douleur la trempe affilée de son tranchant, je puis pourtant me redresser et me dire : « Je suis la fille de celle qui écrivit cette lettre, – cette lettre et tant d’autres, que j’ai gardées. Celle-ci, en dix lignes, m’enseigne qu’à soixante-seize ans elle projetait et entreprenait des voyages, mais que l’éclosion possible, l’attente d’une fleur tropicale suspendait tout et faisait silence même dans son cœur destiné à l’amour...

Colette - La naissance du jour

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"Demain ne peut attendre, redonnons toute leur place à l'art et la culture en Europe"

29 Avril 2019 , Rédigé par JDD Publié dans #Art, #Culture

"Demain ne peut attendre, redonnons toute leur place à l'art et la culture en Europe"

Dans un texte, cosigné par Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, respectivement tête de liste PS-Place publique aux européennes et patron du PS, des élus socialistes estiment qu'il y a aussi une "urgence culturelle" et qu'elle doit être évoquée dans le débat européen.

"À l’approche des élections européennes, l’art et la culture seraient une fois encore les grands absents des débats? Soyons ceux qui portent fièrement l’émancipation, l’humanisme, la fraternité, la solidarité, la poésie dans le discours politique, car ce sont ces principes qui sont essentiels pour donner tout son sens à la construction de l’Europe. Mieux, ils sont le garant d’une ouverture aux idées nouvelles, dans l’accélération des mutations que nous vivons. Ils donnent des outils et des espaces de réflexion pour déformater nos regards et libérer notre imagination dans nos visions d’une Europe 'réenchantée'.

Il y a urgence!

Il est temps d’inventer cette coopération nécessaire entre le monde intellectuel, les artistes et les experts au niveau européen. Notre continent se perd dans des querelles stériles, pris en tenaille entre les tenants du populisme d’un côté et les défenseurs du statu quo néolibéral de l’autre. Les premiers cherchent à instaurer un nouvel ordre menaçant les libertés et la démocratie. Les seconds s’érigent en rempart pour mieux continuer d’exploiter la planète et les populations, s’arrangeant au passage pour décrédibiliser tout projet alternatif. L’urgence est climatique et sociale, elle est aussi idéologique et donc culturelle.

L’idée européenne est bousculée, critiquée, niée. Les populistes la fustigent, pointant ses échecs pour mieux entonner le chant qui est le leur, le rejet de l'autre, soit la fermeture des frontières et le refus d'accueillir les étrangers. Les libéraux, eux, détournent les fondamentaux et négligent les valeurs visées par la construction européenne. Ils ne voient en l’Europe qu’un grand marché pour mieux asseoir la puissance des lobbies financiers. Trop longtemps la politique libérale et l’austérité ont dominé le continent. Or cela ne profite qu’à quelques-uns quand tous doivent se sentir européens. D’autres alternatives existent.

Dans ce contexte rendu critique par les crises multiples qui agitent le monde, rappelons les réussites de l’Union européenne, à commencer par le fait que nous avons construit une Institution politique enviée, et même jalousée, par les autres continents. Ces succès s’appuient sur un terreau culturel commun, travaillé des mêmes valeurs et des mêmes élans libérateurs. Notre histoire commune et notre diversité, notre diversité culturelle sont notre force. Nous devons continuer de l’irriguer par la création artistique, par le travail de l’esprit allié au génie de la main et à celui des corps.

Le monde culturel revendique pour les peuples l’émancipation, la justice sociale et la paix. Si l’Union Européenne s’est faite d’abord sur la dimension économique et l’équilibre des marchés, assurant une première forme de stabilité, elle doit revenir aujourd’hui sur ses fondamentaux : c’est par la culture et avec la fierté de placer la culture comme l’élément structurant de notre avenir qu’une nouvelle étape, à laquelle nous aspirons tous, peut advenir. La conscience des luttes à mener est maintenant établie, passons au temps des mobilisations et de l’action pour mettre en œuvre une Europe qui s’invente autrement, tournée vers les femmes et les hommes, une Europe qui a une histoire, des histoires, l’Europe de la culture.

Souvenons-nous, au moment où sont célébrés les 500 ans de la Renaissance, que l’Europe humaniste s’est façonnée sous l’impulsion de la création artistique. L’accès à l’art, la circulation des œuvres et les lieux de diffusion sont les moyens remarquables de faire vivre aussi les valeurs européennes pour que chacun en ait une expérience intime sur tous les territoires. La culture joue un rôle irremplaçable dans l’ouverture à l’autre, la découverte, le partage, l’hospitalité. Elle permet à chacun d’avoir une conscience de sa propre histoire et porte l’altérité. Elle est aussi une force contre l’oppression et l’obscurantisme. Elle a déjà montré sa volontaire implication dans le dialogue interculturel, l’accueil et l’intégration des réfugiés, participant pleinement à la définition de la société de demain.

La culture est le point de départ de nos questionnements en ce qu’elle nous confronte à d’autres manières de voir, de concevoir le monde ; elle nous bouscule dans nos routines et dans nos préjugés, en nous poussant à avancer et à créer. Une société qui se prive de cette dynamique essentielle s’appauvrit et se condamne à la stérilité.

L’espoir européen est beaucoup plus ambitieux. L’Europe n’appartient pas aux multinationales, aux géants du numérique, aux marchés internationaux et aux règlements complexes, elle appartient aux citoyens.

Cela nécessite des choix politiques qui affirment le rôle central des artistes comme de l’action culturelle, qui posent la recherche du lien social comme prioritaire et qui reconnaissent à chaque être humain sa dignité et la capacité de faire des choix et de trouver sa place.

Alors poursuivons avec fierté les combats culturels d’avenir en augmentant l’accès au programme Europe créative, au programme Erasmus+ pour le secteur culturel, en garantissant un statut et une juste rémunération aux artistes et aux créateurs européens, en soumettant les GAFAM à leur responsabilité, en faisant de la protection et de la mise en valeur du patrimoine européen un axe transversal de nos politiques… L’émotion générale suscitée par l’incendie foudroyant de Notre-Dame de Paris, symbole de la culture européenne, est la preuve tragique de ce commun qui nous rassemble.

Rappelons-nous les mots de Victor Hugo qui chérissait lui-même l’idée d’Europe : 'Le temps presse, l’humanité n’a pas une minute à perdre.' Il est urgent de considérer la culture comme le ciment de l’unité européenne."

Premiers signataires : Karine Gloanec Maurin (députée européenne), Raphaël Glucksmann (co-fondateur de Place publique, tête de liste d’Envie d’Europe "écologique et sociale" aux élections européennes), Olivier Faure (député de Seine-et-Marne et Premier secrétaire du Parti socialiste), Sylvie Guillaume (députée européenne, vice présidente du Parlement européen), Eric Andrieu (député européen, vice président du groupe de l’alliance progressiste des sociaux-démocrates), Silvia Costa (députée européenne, présidente de la commission culturelle du Parlement européen), Eider Gardiazabal Rubial (députée européenne, membre de la commission culturelle), Virginie Rozière (députée européenne), Julie Ward (députée européenne), Patrick Kanner (sénateur du Nord, président du groupe socialistes et apparentés au Sénat), David Assouline (sénateur de Paris), Sylvie Robert (sénatrice d’Ille et Vilaine), Dominique Potier (député de Meurthe-et-Moselle), Boris Vallaud (député des Landes), Jean-Patrick Gille (conseiller régional du Centre-Val de Loire), Pernelle Richardot (conseillère régionale, présidente du groupe socialiste Grand Est), Olivier Bianchi (maire de Clermont-Ferrand, secrétaire national à la culture du Parti socialiste), Juliette Mant (maire adjointe d’Arcueil), Nora Mebarek (conseillère municipale d’Ales), Vincent Tison (conseiller métropolitain-Tours Métropole Val de Loire), Jacques Renard (ancien membre de cabinet ministériel pour la culture)...

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Julia Lezhneva... Haendel et autres...

28 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Paul Nizan...

28 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie »

(...)

Qu'on ne me refasse plus le tableau séduisant des voyages poétiques et sauveurs, avec leurs fonds marins, leurs monceaux de pays, et leurs personnages étrangement vêtus devant des forêts, des montagnes, des cimes couvertes de neiges éternelles, et des maisons de trente étages. Je sais à quoi m'en tenir sur les départs dont on parlait en France entre mil neuf cent vingt et mil neuf cent vingt-sept, images déteintes de la vieille mort chrétienne au monde, renonciations au monde contre les promesses les plus solennelles du Bon Dieu, qui parlait d'une recréation, de nouvelles arènes où toute la vie serait complètement restituée. Profusion de visions, de surprises, d'incidents révélés. Abondance de divinités.

 

Et je suis retombé sur les gens qui m'avaient effrayé. C'est ce que veut dire l'expression retomber de Charybde en Scylla.

Paul Nizan - Eden Arabie

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"10.000 postes nécessaires pour ramener les classes à 24 élèves"... (Vers un changement TOTAL de cap? Cela surprendrait)

28 Avril 2019 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

"10.000 postes nécessaires pour ramener les classes à 24 élèves"... (Vers un changement TOTAL de cap? Cela surprendrait)

Emmanuel Macron entend, d'ici à la fin du quinquennat, réduire à 24 le nombre d'élèves par classe en grande section de maternelle, CP et CE1, « partout en France ». Selon nos estimations, entre créations et redéploiements, les besoins seraient de l'ordre de 10.000 postes.

« D'ici à la fin du mandat, partout sur le territoire, de la grande section de maternelle au CE1, les classes accueilleront au maximum 24 élèves. Ce mouvement sera engagé dès la rentrée prochaine », promettait la semaine dernière Emmanuel Macron dans son allocution télévisée finalement non diffusée en raison de l'incendie de Notre-Dame. Il devrait confirmer ce jeudi cette mesure très populaire chez les parents d'élèves et les enseignants. C'est notamment  une demande du principal syndicat du primaire , le SNUipp-FSU.

Cette annonce tomberait à point nommé alors qu'un front syndical s'est constitué contre le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, sur son projet de loi  et la  réforme du lycée . La mesure a un autre avantage pour Jean-Michel Blanquer. La démographie scolaire chute dans le primaire : les effectifs vont diminuer d'environ 250.000 élèves entre 2019 et 2023. Et l'Education nationale aurait donc dû « rendre » des postes d'enseignants. Avec l'engagement des 24 élèves, ces postes seraient redéployés dans le primaire, et permettraient de poursuivre la priorité affichée au premier degré.

Redéploiement compliqué

Les avantages s'arrêtent là. Car l'application de la mesure s'annonce très complexe. Redéployer des postes veut dire, là où le nombre d'élèves est insuffisant, fermer des classes. « Le problème est que les classes à fermer sont prioritairement dans les zones rurales », confie un bon connaisseur du sujet.

ans son allocution de la semaine passée, Emmanuel Macron s'engageait à ce qu'il n'y ait  plus aucune fermeture d'école  d'ici à la fin du quinquennat. Il n'a pas dit qu'il n'y aurait pas de fermeture de classes, « mais tous les maires ruraux vont être vent debout contre les classes qui ferment », poursuit cette source. Le redéploiement risque donc d'être compliqué à réaliser.

Un besoin d'environ 10.000 postes

Selon nos informations, le ministre de l'Education devrait annoncer des créations de postes. D'après nos calculs, les besoins pour mettre en place les 24 élèves par classe sont de l'ordre de 10.000 postes, en tenant compte de l'enseignement privé, où les classes sont beaucoup plus chargées que dans le public. Reste à savoir, sur ces 10.000 postes, combien le ministre annoncera de créations nettes. A raison de 60.000 euros le coût complet pour un professeur des écoles, la facture pourrait donc être élevée.

L'autre complexité vient de l'effet de seuil : « Il est terrible et très coûteux, parce que les gens ne retiennent que les 24 élèves maximum, et ce sera la guerre pour ouvrir une classe dès le 25e élève, prévient un expert. C'est pour cela que l'Education nationale avait veillé jusqu'ici à ne faire apparaître aucun seuil dans les textes officiels, traumatisée par l'erreur terrible de René Haby [ministre de l'Education en 1976, NDLR] qui avait mis toutes les classes de collège à 24 élèves. »

« Un chantier énorme »

Imaginons une classe à 28 élèves : pour atteindre les 24, « on pourrait réaffecter quatre élèves dans une autre classe de la commune, sans créer de postes », suggère un expert bien informé qui parle de « réforme de la carte scolaire ». Derrière cette mesure, se cache « un chantier énorme », admet-il.

Quel effet ces classes à 24 élèves auront-elles sur la réussite des élèves ? Des chercheurs affirment qu'entre 24 et 28 élèves, l'effet sur la réussite est faible. C'est ce qui avait d'ailleurs motivé Emmanuel Macron à faire de la « discrimination positive » avec les dédoublements de classes dans les quartiers défavorisés.

Certains parlent déjà de « gaspillage », d'autres craignent le « saupoudrage ». Le chef de l'Etat change en tout cas de pied et renonce aussi à  la généralisation des dédoublements pour tous, proposée mi-janvier, et qui, elle, aurait nécessité environ 120.000 postes.

Marie-Christine Corbier/@mccorbier

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Dédoublements - Et si E. Macron et JM. Blanquer avaient choisi la mauvaise voie?...

28 Avril 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Dédoublements - Et si E. Macron et JM. Blanquer avaient choisi la mauvaise voie?...

EXTRAIT

Et si E. Macron et JM. Blanquer avaient choisi la mauvaise voie ? Selon une étude publiée par le Journal of the European Economic Association (N° de décembre 2018), l'utilisation d'un second professeur ou d'un assistant, ce qu'on appelle en France un maitre +, a un impact très positif sur les résultats scolaires des enfants défavorisés. Cet effet a été évalué jusqu'à 30 mois après la fin du dispositif. Il est durable. Pour les auteurs, Simon Calmar Andersen et Helena Skyt Nielsen de l'Aarhus University, Louise Beuchert (VIVE) et Mette Kjærgaard Thomsen (université du sud Danemark), "l'utilisation  d'un maitre + est au moins aussi efficace que la réduction de la taille des classes. Or c'est une intervention beaucoup plus flexible capable de s'adresser à un seul groupe d'élèves pour des périodes limitées". Alors que le gouvernement a choisi de supprimer les maitres + pour assurer les CP et Ce1 dédoublés en éducation prioritaire, cette étude apporte des arguments solides pour interroger ce choix.

Le choix des dédoublements en éducation prioritaire ... puis partout

Pour améliorer le niveau scolaire des enfants défavorisés, le ministre de l'éducation nationale applique la promesse électorale d'E Macron : le dédoublement des classes de CP et CE1 de l'éducation prioritaire. Selon le ministère,  ces dédoublements consommeront 12 000 postes quand ils seront terminés ce qui devrait être le cas à la rentrée 2019.

Mais de nouvelles mesures de réduction du nombre d'élèves par classe devraient suivre. Selon Challenges, le président de la République devrait annoncer prochainement la limitation de toutes les classes , de la GS de maternelle au CE1, à 24 élèves. La moitié des classes des maternelles publiques  comptent plus de 24 élèves et 38% des classes de l'école élémentaire. Des taux encore plus élevés existent dans le privé s'il était inclus dans cet engagement. Cette extension devrait encore consommer des milliers de postes. Au total le ministère pourrait bien consacrer près de 20 000 postes à ces dédoublements.

Rappelons que jusque là, le ministère a financé ces mesures de dédoublement en fermant des classes dans le rural ou en maternelle. Il a aussi puisé largement dans les "maitres +", un dispositif initié par le gouvernement précédent qui consiste à affecter un enseignant supplémentaire dans des écoles de l'éducation prioritaire pour intervenir avec un autre enseignant soit auprès de certains élèves soit en divisant la classe en deux temporairement. Des 4000 postes initiaux seulement 1496 subsistaient à la rentrée et la moitié devraient encore disparaitre à la rentrée 2019.

Des résultats décevants

Or les résultats de ces dédoublements ne sont pas fameux. Selon une étude de la Depp (division des études du ministère) publiée en janvier dernier, on constate une baisse de la proportion d'élèves en très grande difficulté dans les classes de rep+ dédoublées. "Le dispositif permet une baisse de cette proportion d'élèves de 7.8% pour le français et de 12.5% en maths", déclare l'étude. Autrement dit, sur 60 000 élèves de Rep+, 24 000 auraient du être en grande difficulté. Avec le dispositif il y a 2000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3000 en maths. Il en reste quand même 22 000 et 21 000 en grand difficulté.

Une étude de A Bouguen, J Grenet et M Gurgand, publiée à la rentrée 2017, avait conclu à l'efficacité des dédoublements de CP. " Le dédoublement de la taille des classes (de 24 à 12 élèves par classe) conduirait, d’après les études recensées dans cette note, à une amélioration des performances scolaires comprise entre 20 % et 30 % d’un écart-type", disait-elle. Or l'étude de la Depp publiée le 23 janvier évoque des écarts types de 8% en français et 13% en maths, soit nettement en dessous des résultats attendus.

De plus, l'étude ne donne pas de résultats à moyen ou long terme. Or les dédoublements en Cp et Ce1 sont rendus possibles par la récupération de postes aux autres niveaux. Même en éducation prioritaire il faut augmenter le nombre d'élèves par classe en maternelle comme après le Ce1 pour trouver les postes des dédoublements. Autrement dit l'élève risque fort d'avoir une situation scolaire dégradée avant le CP et après le Ce1.

(...)

F Jarraud

L'article

Les résultats des dédoublements

Les leçons des dédoublements

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Initier les enfants à l’art, une mission pas impossible...

28 Avril 2019 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Art

Initier les enfants à l’art, une mission pas impossible...

EXTRAIT

Par quoi commencer ? Que faut-il dire, expliquer ? A partir de quel âge peut-on emmener les enfants au musée ? Marie Sellier auteure d’une quarantaine de livres d’initiation à l’art répond à nos questions.

Considérons les premières étapes franchies. Oui, il faut initier les enfants à l’art dès le plus jeune âge. Non, ça ne se fera pas tout seul. Oui, c’est bien de les emmener au musée ou à une exposition. Ok, je me lance. Reste un problème de taille : la perspective apparaît souvent anxiogène, voire prend carrément des allures de parcours du combattant. Il suffit de s’imaginer un samedi après-midi dans le hall bondé du Louvre, les enfants électriques, l’ambiance surchauffée et toutes ces œuvres en embuscade. Par quoi commencer ? Quel chemin choisir ? J’emmène le petit avec la grande ou vaut mieux séparer les visites ?

Si l’on veut bien être honnête, la difficulté vient ainsi d’abord des adultes eux-mêmes. Pas vraiment experts, pour la plupart, en histoire de l’art, ils tremblent à l’idée du discours à tenir devant tel ou tel tableau ou, pire, telle installation contemporaine. La Dentellière, c’est quel peintre déjà ? Véronèse, quel siècle ? Miró, quel mouvement ? Que faut-il dire, expliquer, raconter ? Leurs souvenirs d’interminables visites de musées quand ils étaient petits pèsent également une tonne. L’expérience les avait dégoûtés pour un bon moment.

Marie Sellier, auteure d’une quarantaine de livres d’initiation à l’art, a eu la chance d’échapper à cette malédiction grâce à une grand-mère bonne fée, qui l’a prise très tôt par la main pour lui faire découvrir en douceur la beauté des œuvres. En 1992, elle créait la collection « L’enfance de l’art » à la Réunion des Musées nationaux. Depuis, elle n’a cessé de rencontrer des enfants à travers animations scolaires et ateliers. Son expérience est précieuse.

“Ne pas leur asséner des dates, des noms de mouvements en ‘isme’”

« Tout commence par la peur des adultes, cette espèce de trouille de celui qui se sent exclu d’un monde dont les codes lui échappent. Je suis toujours étonnée du nombre de personnes qui me disent : “L’art, je n’y connais rien.” Ou des enseignants qui se rabattent sur le français ou les maths en lieu et place de l’initiation artistique qu’ils craignent de ne pas maîtriser. La démarche, pourtant, est d’abord sensible, ouverte à tous, il suffit d’ouvrir les yeux, sans préjugés. De laisser venir les émotions. Mais la plupart des gens qui se sentent à l’écart ne s’autorisent même pas à regarder l’œuvre d’art. Il faut donc saisir les enfants avant qu’ils soient contaminés par cette grande peur et leur montrer des œuvres. Ne pas jargonner, ne pas leur asséner des dates, des noms de mouvements en “isme”. Les mettre par exemple devant Les Nymphéas, de Monet, sans leur infliger toute la vie du peintre. Les laisser barboter, s’imprégner de la beauté de l’œuvre, parce que l’art, c’est ça, une œuvre n’existe que par le regard qu’on porte sur elle. Dans un premier temps, peu importe que l’artiste ait vécu à telle ou telle époque. Les adultes comme les enfants n’ont aucune raison d’avoir peur. »

“Les enfants ont le droit de ne pas être sensibles à Rembrandt par exemple.“

« On peut initier les enfants à l’art le plus tôt possible. Je suis émerveillée par la capacité des bébés à saisir ce qui les entourent, en particulier à sentir la beauté des reproductions qu’on leur présente. C’est incroyable ce qu’une œuvre d’art peut dire aux enfants. Elle n’est pas raisonnable, elle exprime autre chose du monde que les enfants entendent. Elle est intouchable, existe par elle-même, on ne peut rien lui ajouter ni rien lui enlever. Sa beauté est de l’ordre du sacré, et les tout-petits y sont parfaitement sensibles. Plus tard, à l’adolescence, la démarche sera plus difficile si elle n’a eu aucun précédent, car toutes les barrières sont alors installées qui éloignent de l’art. En particulier toutes ces injontions écrasantes, ceci est beau, cela ne l’est pas, cet artiste est reconnu, il faut l’aimer. Je suis désolée, mais les enfants ont le droit de ne pas être sensibles à Rembrandt par exemple. A 8 ans, il ne m’intéressait guère, je préfèrais des tableaux plus anecdotiques à ses grands portraits qu’aujourd’hui je place au sommet. A l’époque, j’aimais beaucoup La Mort de Sardanapale, de Delacroix, ces chevaux hennissants, ces femmes agonisantes, ces voiles qui volaient. Et pourquoi pas ? »

(...)

Propos recueillis par Michel Abescat

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Hommage aux déportés...

28 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire

Hommage aux déportés...

« Ce cœur qui haïssait la guerre… »

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,
 Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
 Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.

Robert Desnos, 1943 (paru dans L’Honneur des poètes) 

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"Dernier" poème de R. Desnos

« J’ai rêvé tellement fort de toi,
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste rien de toi,
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra dans ta vie ensoleillée. »

Robert DESNOS.  Dernier poème.

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De l' "art d'être français"...

28 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

De l' "art d'être français"...

Depuis la conférence de presse donnée par le Président Macron - sa première en deux ans - et son allusion à l' "art d'être français", chacun y va de son explication.

Peut-être n'y en a-t-il pas?... Tant la pensée complexe d'un Président de la République très affaibli se perd souvent dans des méandres dominés par le flou.

Peut-être y en a-t-il une?... Claire... Belle...

Celle de Cioran, un étranger, un roumain émigré, est à lire... Elle est sublime et autrement plus juste que la vague allusion d'un chef d'Etat, un jour d'avril, sous les ors si lourds de la République.

Christophe Chartreux

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« Pays du mitan, entre le Nord et le Sud, la France est une Méditerranée avec un supplément de brume. Dans cette contrée où sont nés les cathédrales et Pascal, le bleu est  foncé, et bien qu’elle excelle en clartés, elle n’en est pas moins rayée  par des suggestions d’obscurité. La France, dans sa totalité, est plus  profonde qu’elle ne paraît. Parmi tous les grands pays,  aucun ne donne l’impression – à première vue – de plus de  superficialité. Ceci parce qu’elle a cultivé les apparences. Mais elle  les a cultivées en profondeur ; elle les a soignées ; elle a jardiné.  Elle n’a pas le sens des mondes souterrains et elle n’est pas  poursuivie par les essences, mais elle est le pays du phénomène en  soi. »

Emil Cioran - De la France

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