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Vivement l'Ecole!

Amiante dans les écoles : lançons une enquête citoyenne!...

20 Mars 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Amiante dans les écoles : lançons une enquête citoyenne!...

Le collectif Urgence amiante écoles, soutenu par les principales associations de défense des victimes de ce matériau dangereux, lance un appel dans «Libération» pour établir une cartographie de la présence de l'amiante dans les établissements scolaires. Et forcer les autorités à agir.

Tribune. Interdit en France depuis 1997, l’amiante n’a pourtant pas disparu de nos écoles, collèges et lycées. La dangerosité de ces fibres invisibles et inodores ne diminue pas avec le temps. Avec le vieillissement du bâti, et les travaux qui tardent parfois, le risque d’une exposition des élèves et de l’ensemble du personnel est plus élevé que par le passé.

Le problème n’est pas suffisamment pris aux sérieux. Tous les établissements devraient légalement avoir un dossier technique amiante (DTA) indiquant où il y a de l’amiante et dans quel état ; or 30% des écoles primaires et maternelles n’ont toujours pas de DTA.

Est-il nécessaire de rappeler que des expositions brèves suffisent pour développer des cancers mortels trente à quarante ans plus tard ? Ce délai ne contribuerait-il pas à diluer les responsabilités et à perpétuer l’oubli ? Nous refusons tant d’inertie et de cynisme ! Il est urgent d’établir un état des lieux détaillé et exhaustif de l’amiante dans tous les établissements scolaires pour éviter de mettre en danger les élèves et personnels. Et mettre les autorités face à leurs responsabilités.

Seuls les CHSCT exercent aujourd’hui une mission de prévention des risques, et voilà qu’ils sont promis à la disparition à la fin de leur mandature actuelle… Les responsables politiques ne nous écoutent pas ? Agissons sans eux. Tout parent d’élève, tout membre du personnel doit pouvoir accéder librement et sans restriction au DTA, conformément à la loi. Agissez en réclamant la fiche récapitulative de ce document au chef d’établissement et en nous envoyant les informations. Nous lançons une enquête citoyenne sur l’amiante dans nos écoles avec le soutien des associations qui accompagnent des victimes et des familles en deuil. Aidez-nous.

Le collectif Urgence amiante écoles est soutenu par l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante, l’AVA, Ban Asbestos France, la Coordination des associations des victimes de l’amiante et de maladies professionnelles, le Comité anti-amiante Jussieu, le Réso a+, et l’association Henri Pézerat.

collectif Urgence Amiante Ecoles

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La loi Blanquer prévoit-elle le remplacement de l'école maternelle par des jardins d'enfants et des profs par des étudiants ?

20 Mars 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

La loi Blanquer prévoit-elle le remplacement de l'école maternelle par des jardins d'enfants et des profs par des étudiants ?

Le projet de loi «pour une école de la confiance» prévoit de modifier le pré-recrutement des enseignants en confiant progressivement des responsabilités aux assistants d'éducation. Le texte accorde aussi temporairement le droit aux jardins d'enfants d'assurer l'instruction obligatoire.

Question posée par Léa le 18/03/2019

Bonjour,

Vous nous avez posé cette question que nous avons raccourcie : «A la veille d’une grève des enseignants, un "mot" circule sur Facebook, affirmant qu’un projet de loi va "abîmer l’école primaire publique". Parmi les inquiétudes, une école maternelle menacée alors que des jardins d’enfants remplaceraient l’école maternelle pour les moins de 6 ans, qui ne seront plus encadrés par des enseignants mais par des étudiants avec deux ans d’études. Est-ce vrai ?»

Vous joignez à votre message un lien vers une publication de Facebook, dans lequel une femme explique avoir reçu un mot de l’équipe enseignante de l’école de son fils en vue de la journée de grève interprofessionnelle prévue ce mardi. Journée à laquelle a appelé le Snuipp (syndicat majoritaire en primaire) suivie à 23,84 % dans le premier degré, d’après le ministère. Dimanche déjà, le mouvement enseignant des «Stylos rouges» a manifesté sous la pyramide du Louvre pour s’opposer aux à la réforme «Blanquer». Le projet de loi incriminé – dit «pour une école de la confiance» – a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 19 février.

D’après le message relayé par l’internaute, «l’école maternelle est menacée : il y aurait des "jardins d’enfants" pour accueillir les moins de 6 ans pendant deux ans… sans enseignants». Par ailleurs, «les enseignants seront remplacés par des étudiants après deux années d’université. Après trois années d’université, ils pourront enseigner à temps partiel», accusent les auteurs du mot.

Des étudiants progressivement en charge de fonctions d’enseignement

Sur ce deuxième point, le projet de loi prévoit bien d’ouvrir progressivement «des fonctions pédagogiques, d’enseignement ou d’éducation» aux assistants d’éducations qui préparent les concours pour devenir personnel enseignant ou d’éducation. Rappelons que les assistants d’éducation sont souvent des étudiants boursiers qui travaillent plusieurs heures par semaine dans des établissements scolaires en tant que surveillants par exemple.

En novembre 2018, le site Café pédagogique s’était procuré un document du directeur des ressources humaines de l’Education nationale dans lequel il était précisé le nouveau parcours de formation sur trois ans, à partir de la deuxième année de licence (L2). Ainsi, dès la L2, l’étudiant peut effectuer de l’aide au devoir, mais aussi des «co-interventions ponctuelles» sous la responsabilité du professeur. Puis, en M1, il peut effectuer le «remplacement d’enseignants compatible avec la continuité pédagogique des enseignements», d’après ce que prévoit le document (et non dès la L2 comme l’assure le mot relayé sur Facebook).

Lors des débats en commission à l’Assemblée nationale, la corapporteure LREM Fannette Charvier a défendu cette mesure critiquée par la gauche (et les syndicats) en précisant notamment que les étudiants en deuxième année n’avaient pas vocation à remplacer des professeurs en classe. «Pour l’instant, il n’est pas prévu que le stagiaire soit vivier de remplacement», indique à CheckNews, Anne-Christine Lang, corapporteure.

L’instruction obligatoire donnée dans les jardins d’enfants autorisée temporairement

Un autre point est critiqué dans le message relayé par l’internaute sur Facebook : la possibilité de placer un enfant en jardin d’enfants plutôt qu’en maternelle. Actuellement, le jardin d’enfants est un lieu de garde pour les enfants de plus de 2 ans et jusqu’à 6 ans qui ne sont pas scolarisés ou alors à mi-temps. Le projet de loi prévoit de faire débuter l’instruction obligatoire à l’âge de 3 ans. Or, celle-ci peut être dispensée «soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix», comme le prévoit l’article L. 131-2 du code de l’éducation, mais pas dans les jardins d’enfants.

A lire aussi Regroupements écoles-collèges : les directeurs ont peur du dégraissage

Dans ce contexte, l’article 4 bis (introduit par un amendement) autorise un moratoire de deux ans, durant lequel l’inscription dans un jardin d’enfants vaut comme respect de l’instruction obligatoire : «L’instruction obligatoire peut, au cours des années scolaires 2019-2020 et 2020-2021, être donnée aux enfants âgés de 3 à 6 ans dans un établissement d’accueil collectif recevant exclusivement des enfants âgés de plus de 2 ans dit "jardin d’enfants".» Un contrôle de l’Etat est tout de même prévu «afin de s’assurer que l’enseignement qui y est dispensé respecte les normes minimales de connaissances requises».

«Cet amendement vise à admettre, à titre transitoire, qu’une inscription en jardin d’enfants puisse être prise en compte au titre de l’obligation d’instruction pour les enfants de 3 à 6 ans. Il s’agit de ménager un délai de deux ans pendant lequel les jardins d’enfants pourront adapter leur activité au nouveau contexte constitué par l’obligation d’instruction à 3 ans», précise l’exposé des motifs de l’amendement ayant introduit la mesure. Cette mesure a été plutôt bien accueillie pendant les débats dans l’hémicycle, même s’il n’est pas encore précisé la façon dont les jardins d’enfants devront s’adapter. D’après la corapporteure Anne-Christine Lang, l’objectif est «une sortie progressive» du jardin d’enfants vers l’école.

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Cordialement

Emma Donada

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Revue de Presse Education... Chauffe et surchauffe — Climat — Et si ... — Ressources...

20 Mars 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Chauffe et surchauffe — Climat — Et si ... — Ressources...

Et bien ça commence à chauffer dans le système, et le climat s’en mêle. D’autre se demandent si on pouvait... Quelques ressources comme d’habitude.

Chauffe et surchauffe

Grève dans la Fonction publique : à quoi s’attendre pour les écoles et les transports à Paris et en Ile-de-France ?
Une grève est annoncée dans la fonction publique pour ce mardi 19 mars 2019 à l’appel notamment du syndicat CGT. A Paris et en Ile-de-France, les transports ne devraient pas être très perturbés, mais plusieurs écoles seront fermées.”

Loi Blanquer : pourquoi certaines écoles seront en grève mardi 19 mars ?
Dans le Doubs, plus d’une dizaine d’écoles seront fermées mardi 19 mars, d’autres fonctionneront à effectif réduit. En grève, les enseignants du premier degré dénoncent le projet de loi Blanquer et en particulier un amendement : l’article 6 quater. Il prévoit la création d’établissements publics d’enseignement des savoirs fondamentaux. Ce regroupement des écoles primaires avec un collège de rattachement à l’initiative des collectivités territoriales se ferait selon les syndicats au détriment de la qualité et de la proximité.”

Grève du 19 mars : 40 % des enseignants comptent suivre le mouvement
Les professeurs des écoles dénoncent l’absence de nouveaux moyens et veulent protester contre « l’orientation de la politique éducative ».” Source AFP

Hérault : Jean-Michel Blanquer évite les enseignants très mobilisés contre les réformes de l’Education Nationale
Alors que la grève nationale est très suivie par les enseignants, très mobilisés contre le projet d’école et la réforme du lycée voulus par le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer est en visite dans l’Hérault, à la rencontre d’élèves pour la semaine de la presse à l’école.”

Les médias signalent de partout les actions d’enseignant dans les lycée contre la réforme. Quelques exemples...
Reims : les enseignants manifestent contre la réforme du lycée
Des réformes du lycée "massives", "brutales", "mensongères". Ces mots, écrits sur les tracts à destination des parents d’élèves, ne font pas dans la demi-mesure. Ils illustrent la forte opposition des enseignants aux réformes du lycée (bacs, programmes, conditions d’enseignement) portées par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer.”

Sarcelles : les enseignants alertent les parents d’élève sur la réforme du bac
Les professeurs du lycée Jean-Jacques-Rousseau à Sarcelles ont commencé à se mobiliser contre la réforme du bac et du lycée. Ce samedi, lors de la journée portes ouvertes de l’établissement, ils ont profité de la présence des parents d’élèves pour les alerter sur les effets de ces changements qui seront appliqués dès la rentrée prochaine.”

Nanterre : les enseignants en colère corrigent leurs copies en public
« Les stylos rouges sont dans une colère noire ! » L’opération correction de copies en public ce dimanche matin place des Belles-Femmes à Nanterre attire l’œil de certains curieux. Et c’est bien le but recherché par cette dizaine d’enseignantes du collectif d’enseignants né du mouvement des gilets jaunes fin 2018.”

Des enseignants occupent le lycée Villaroy contre la loi Blanquer
La nuit tombe, et plus aucun élève n’est présent au lycée Villaroy de Guyancourt ce jeudi 14 mars aux alentours de 19 h, pourtant environ 25 enseignants sont rassemblés devant les portes de l’établissement pancartes en main. Ce soir-là, ils ont occupé le lycée jusqu’à 23 h, en opposition à la reforme du lycée qui doit entrer en vigueur cette année, portée par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer. Les professeurs de Villaroy dénoncent des « mensonges autour de la communication du ministère » et « des conditions de mise en œuvre déplorables ».”

Dans l’Expresso du 18 mars 2019 du Café pédagogique trois articles sur l’atmosphère éducative...

Bernadette Groison : "On sent la colère et l’incompréhension qui montent chez les enseignants"
Menaces : Les syndicats du premier degré écrivent à JM Blanquer
Second degré : Le Snes Fsu contre les intimidations
« Lorsque les enseignants courent après le temps », une tribune de Fanny Capel, Professeur de lettres en lycée
A quoi ressemble la journée type d’une classe de lycée ? Dans une tribune au « Monde », la professeure de lettres et membre de l’association Sauver les lettres Fanny Capel raconte ce « fléau de l’école qu’est le manque de temps, le temps perdu, le temps mal employé »” pour les abonnés

Réforme Blanquer : vers un effacement de la voie royale « allemand, latin, maths » ? Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires
Cette voie royale scolaire empruntée par les initiés depuis un demi-siècle semble s’effriter via les valses hésitations qui ont eu lieu au niveau du collège et la nouvelle place dévolue aux mathématiques dans la réforme du lycée.”

Bac 2021 : le casse-tête des spécialités par Olivier Rollot
Plus que quelques semaines avant que les élèves de seconde choisissent leurs spécialités de première et tous s’interrogent : « en quoi nos choix vont-ils influer les choix des filières dans l’enseignement supérieur ? » Même question du côté des établissements postbac : « qu’attendons-nous de nos futurs étudiants ? ». Les directeurs d’IUT sont ceux qui sont allés le plus loin dans la démarche : pour chacun de leurs DUT ils ont défini en ce début d’année quels étaient les enseignements de spécialité « très adapté », « adapté » et « complémentaire ». Comme eux l’ensemble des filières réfléchit à informer les futurs bacheliers sans pour autant les enfermer dans un seul choix de spécialités. Casse-tête en vue face à des lycéens – et à leurs parents – qui attendent des réponses précises…

Climat

La marche des lycéens pour le climat à Paris a rassemblé au moins 29.000 personnes
Cette marche s’inscrit dans l’appel à la Grève mondiale pour le climat lancé par Greta Thunberg.”

Marche pour le climat : entre 29 000 et 40 000 jeunes manifestent à Paris
Collégiens, lycéens, étudiants... Partout dans le monde, les jeunes se mettent vendredi en grève pour le climat. Plus de cent pays, plus de 1 600 villes... Les jeunes du monde entier font grève, vendredi 15 mars, pour dénoncer l’inaction des politiques face au réchauffement climatique. L’initiative a été lancée par l’adolescente suédoise Greta Thunberg. "On fait grève parce qu’on veut un futur et on va continuer", a-t-elle déclaré à Stockholm.”

Grève pour le climat : Antoine Soulas, de l’Ecole normale supérieure à la désobéissance civile
L’un des leaders du mouvement parisien de grèves scolaires nous explique comment il s’éloigne de plus en plus de cette « société aliénante et basée sur la destruction de l’environnement ».”

Colombes : la manif pour le climat, c’est aussi en maternelle
Les 150 élèves de l’école Charles-Perrault ont appris le tri sélectif et planté des graines, ce vendredi à l’occasion de la grève internationale pour le climat.”

Et si...

Comment l’Etat compte recadrer la formation des profs
Pour les ministres Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, la formation des enseignants du primaire et du secondaire doit être revue. Entretien exclusif.” Par Carole Barjon et Pascal Riché

Une réflexion sur les futurs établissements publics locaux des savoirs fondamentaux Par Delahaye JP sur son blog : Le blog de Delahaye JP
L’amendement inséré dans le projet de loi pour une « école de la confiance » pose une question importante pour l’avenir de la démocratisation de la réussite scolaire. S’agit-il de concevoir un cursus scolaire mieux articulé en faisant mieux travailler ensemble les écoles et les collèges dans une école du socle pour tous préparant, pour tous, des formations ultérieures d’égale dignité ?

Mon idée pour la France : « Libérer l’expérimentation dans l’enseignement public »
Par Jean-François Boulagnon
« Le Monde » a demandé à des contributeurs de tous horizons de proposer, chaque jour, une idée pour changer la France. Selon Jean-François Boulagnon, principal de collège, Il faut promouvoir une vraie politique de l’innovation, en sécurisant les établissements expérimentaux publics.”

Contre le technicisme en pédagogie par Irène Pereira, enseignante en philosophie et chercheuse en sociologie, présidente de l’IRESMO, Paris
Bien souvent la pédagogie est réduite à un ensemble de techniques, alors que l’essence de la pédagogie n’est pas d’ordre technique.”

« La formation initiale des enseignants est de plus en plus nécessaire et de moins en moins suffisante »
A l’heure où le ministère lance une nouvelle refonte de la formation des enseignants, le professeur de sciences de l’éducation Pierre Périer analyse les évolutions de la professionnalisation et de l’identité des enseignants.” Propos recueillis par Séverin Graveleau. Réservé aux abonnés

Ressources

Les déterminants de la poursuite d’études en classe préparatoire aux grandes écoles : les enseignements de la procédure APB Note d’information n°4 - Mars 2019
À niveau scolaire égal, l’académie d’origine, la présence d’une C.P.G.E. dans le lycée mais aussi le sexe et l’origine sociale influencent sensiblement la décision des élèves de choisir une C.P.G.E. en premier voeu sur A.P.B. L’ampleur des effets étudiés est particulièrement grande chez les lycéens en série scientifique. Pour ces derniers, et à caractéristiques égales, il faut qu’une fille ait une moyenne supérieure de 1,5 points au baccalauréat pour qu’elle ait la même probabilité qu’un garçon de placer une C.P.G.E. en premier voeu. Parmi les élèves qui demandent une C.P.G.E. en premier voeu, les probabilités d’obtenir ce premier voeu, fortement corrélées à leur niveau scolaire, sont en revanche indépendantes du sexe et de l’origine sociale. Néanmoins, deux effets contraires semblent influencer le choix des lycées accueillant des C.P.G.E. À résultats scolaires égaux, les élèves postulants déjà présents en terminale dans ce lycée ont une probabilité plus forte d’être admis. Les élèves issus de lycées où le niveau scolaire est plus faible sont plus susceptibles d’être admis sur leur premier voeu en C.P.G.E.

La sensibilisation à l’esprit d’entreprendre dans l’enseignement secondaire du système éducatif. Quelques balises pour son évaluation tirées d’une revue de la littérature scientifique par Marcus Dejardin , Dans Dynamiques régionales 2019/1 (N° 7), pages 13 à 34

Jean Foucambert, un militant globalement inflexible de l’« école du peuple » Par Luc Cédelle
Il a été l’expert de ce que l’on a appelé la « méthode globale » de lecture. Ostracisé depuis trente ans, il défend malgré tout cette approche abandonnée par l’éducation nationale.” réservé aux abonnés

Bernard Desclaux

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London Grammar...

19 Mars 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... William Boyd...

19 Mars 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... William Boyd...

Il se leva et alla dans la cuisine se servir un verre de vin. Malgré tous les attraits du marivaudage, il comptait bien rester marié à Irmgard quoi qu’il arrive. Trois épouses, c’était plus qu’assez pour un seul homme dans le cours d’une vie, estimait-il, voilà pourquoi il n’aurait plus jamais de liaison, plus jamais. Toutes ses infidélités se réduiraient à des baisers volés. Quand il avait pris cette décision après avoir épousé Irmgard, il avait douté de son efficacité, mais à tort puisqu’ils étaient là tous les deux, cinq ans plus tard, avec deux bébés en route, et il n’avait couché avec nulle autre que sa légitime. En revanche, il avait embrassé quarante-deux femmes au cours des cinq dernières années, selon son dernier pointage, et paradoxalement, ces baisers lui avaient permis de rester fidèle, de sauver son couple. À l’époque de son mariage avec Edith puis avec Jessica, il n’avait cessé de coucher à droite à gauche pour se sentir en vie, il avait été dûment pris en flagrant délit et il en avait payé le prix émotionnel et financier. Non, non, maintenant il était un homme plus heureux et plus avisé.

Il retourna dans le salon et s’assit sur un accoudoir du fauteuil d’Irmgard, qui scrutait ses cartes. Il posa un baiser sur le haut de son crâne et elle lui caressa la cuisse. Étonnant, ces baisers qu’il volait, songea-t-il. Des actes aussi intimes que de faire l’amour, d’une certaine manière. Des actes de fornication buccale. Le contact de ses lèvres sur d’autres lèvres, la douceur de ce bouche-à-bouche, la pénétration des langues, la fusion des langues, l’abandon, les sentiments déclenchés, les messages envoyés durant cette relation illicite... Il retourna dans la cuisine et envoya un texto à Riley Spacks.

Dans le bar en terrasse situé sur le toit de son club, l’ambiance était très tranquille. Seuls une demi-douzaine de fumeurs invétérés se serraient sous les chauffages extérieurs répartis autour de la piscine au repos pour l’hiver. Assis au comptoir devant des cocktails, Riley et lui s’extasiaient sur la vue.
« Vous avez déjà fumé ? demanda-t-il.
– Non. Et vous ?
– Non plus, étonnamment, répondit-il avec un sourire. Bon, je vous ai trouvé un acheteur. À un million. »
Il la sentit submergée par une vague de soulagement, comme si elle avait rougi intérieurement. Quels problèmes avaient donc été résolus par cette annonce ? se demanda-t-il. Quelles nouvelles portes s’ouvraient à elle, maintenant ?

« Parfait, commenta-t-elle. Formidable. Merci.
– Tout est OK avec Mme Daubeny, n’est-ce pas ? ajouta-t-il précautionneusement.
– Elle m’a légué le tableau dans son testament. Il est à moi.
– Très bien. »

Il lui fournit toutes les instructions nécessaires : elle devait apporter le tableau chez lui à une heure donnée et, une fois sur place, elle pourrait vérifier que le virement avait bien été effectué sur le compte en banque qu’elle avait indiqué ; ensuite, elle pourrait partir et Ludo livrerait le tableau à son nouveau propriétaire.
« Simple comme bonjour, commenta-t-elle. Qui est l’acquéreur ?
– Il souhaite rester anonyme. »

Ludo commanda un autre cocktail. Ross Haverley-Grant avait trouvé un acheteur prêt à débourser 2,2 millions de livres. Il refusait de lui révéler son identité, mais Ludo soupçonnait fort un autre négociant de ses amis, ce qui complexifiait le complot. Des bénéfices seraient engrangés tout le long de la chaîne de revente du Freud, mais ils n’égaleraient jamais les siens. Il fit rapidement ses calculs : cinq pour cent à Ross ; pour lui-même, la « commission » de dix pour cent en tant que découvreur payée par Riley ; et puis le bonus caché, son bénéfice secret à lui de plus d’un million de livres. Un million cent quatre-vingt-dix mille livres sterling, pour être précis.
« Pourquoi vous êtes-vous adressée à moi ? demanda-t-il.
– Je me suis renseignée. On m’a dit que vous étiez très compétent, très fiable. »

Il ressentit un petit frisson de mauvaise conscience, mais se rappela le principe du caveat venditor. Riley voulait un million et elle l’avait obtenu grâce à lui. L’accord existant (ou pas) entre Lily Daubeny et elle était son affaire à elle. Il s’agissait là d’une transaction commerciale et chacun avait droit à sa part de bénéfices. Il lui faudrait faire un petit tour de passe-passe comptable, payer quelques impôts assurément, mais c’était là sans nul doute la plus grosse vente de sa vie de négociant. D’ailleurs, elle marquerait peut-être la fin de sa vie de négociant, et ce serait un vrai soulagement. Il jeta un coup d’œil à Riley, qui remuait son olive dans son martini d’un air pensif. Oui, c’était vraiment une très belle jeune femme. Elle leva son verre et ils trinquèrent.
« Du moment que vous ne m’escroquez pas, dit-elle avec un sourire en plissant les yeux d’un air soupçonneux. Ou bien si ?
– Personne n’escroque personne, répondit-il avec une sincérité maximale. C’est une transaction tout ce qu’il y a de plus simple. Alors comme ça, Lily Daubeny est votre tante ? lança-t-il histoire de changer de sujet.
– C’est ce qu’elle prétend, mais je pense que c’est ma mère en fait. C’est pour ça qu’elle me lègue le tableau. Je crois qu’elle m’a “donnée” à sa sœur à ma naissance. Elle avait la quarantaine, j’étais une gêne. Je n’ai aucune idée de qui était mon père. »
Ludo fut quelque peu choqué par cette révélation, par ces sombres histoires de famille divulguées tout de go. Il ne voulait pas en apprendre plus sur la conception de l’enfant qui était devenue Riley Spacks.
« Vous permettez que je vous dise quelque chose ? demanda-t-il d’une voix plus grave. Quelque chose de personnel ?
– Oui.
– Je vous trouve follement attirante. Follement. Vous êtes l’une des plus belles femmes que j’aie jamais rencontrées.
– Merci, dit-elle sans paraître troublée de ce compliment.
– J’aimerais beaucoup vous embrasser. Je peux ? »

Elle le regarda en penchant la tête de côté, comme si elle le redécouvrait.
« Non. Je ne veux pas vous embrasser. Je n’en ai pas la moindre envie. »

Tout se déroula à merveille selon les arrangements convenus. Riley apporta au bureau le tableau enveloppé dans du papier kraft. Ludo appela Ross. Ross transféra les 2,2 millions sur le compte de Ludo domicilié dans les îles Anglo-Normandes. Une fois l’argent arrivé, Ludo vira neuf cent mille livres sur le compte de Riley à Djakarta. Riley appela sa banque, qui confirma le versement. Ludo prit le Freud, l’enveloppa dans un drap et l’enferma dans le grand coffre de la chambre forte, puis rappela Ross, qui confirma qu’il viendrait le récupérer en personne le lendemain.
Au crépuscule, dans l’avant-cour gravillonnée de sa maison, ils échangèrent une poignée de main entre le 4 × 4 et la Bentley. Elle portait des bottes à talon et il trouva étrange de la voir plus grande de dix centimètres.
« Vous êtes sûre que vous ne voulez pas que je vous appelle un taxi ?
– Non, j’ai envie de marcher un peu. De digérer tout ça. De trouver du sens.
– Bien sûr. Toutes les implications.
– Exactement. Toutes les implications.
– Super journée, dit-il en lui souriant. Félicitations.
– Je suis descendue à l’hôtel Oberon, dans le quartier de Mayfair. Chambre 231.
– Chambre 231. Je connais l’Oberon.
– Voudriez-vous m’y retrouver à 20 heures ? proposa-t-elle. Je trouve que nous avons besoin de fêter dignement cette bonne nouvelle. »

Allongé nu sur le lit, épuisé, dans la chambre 231 de l’hôtel Oberon, Ludo écoutait Riley prendre une douche. Il se sentait de plus en plus bizarre et sujet à un profond malaise inconnu qui enflait en lui. Évidemment, cela faisait plus de cinq ans qu’il n’avait pas couché avec une autre femme. Il avait oublié comment c’était, les émotions et les sensations que cela déclenchait... Il consulta sa montre : bientôt minuit. Nom de Dieu ! Cela faisait presque quatre heures qu’il folâtrait tout nu dans un lit avec une Riley Spacks tout aussi nue. Il vérifia son téléphone. Irmgard lui avait envoyé un texto : « Tu rentres quand ? » Il était devenu fou ou quoi ? Il s’assit dans le lit, se leva et commença à s’habiller.
Riley sortit de la salle de bains en peignoir alors qu’il cherchait sa cravate.
« Tu pars déjà ?
– Ha ha. Je suis censé être à un vernissage. Je vais devoir trouver une explication bien tournée.
– Je suis sûr que tu es très fort pour ça. »
Il enfila sa veste et elle se dirigea vers la porte pour la lui entrouvrir. Il l’embrassa tendrement. Leurs langues se touchèrent.
« Merci.
– Tu vois, tu y es arrivé, à m’embrasser. C’est bien ça que tu voulais, non ?
– On a fait plus que s’embrasser, ma douce.
– Ce qui prouve bien qu’un baiser, ce n’est jamais assez.
– Riley, je voulais te dire...
– Je suis encore là pour une semaine. Après, je pars. Tu reviendras me voir ? »
Il y pensa un instant. Non. Mauvaise idée. Il se frotta les yeux. Très mauvaise idée. Il avait enfreint toutes ses règles, ce soir.
« Bien sûr. Quand ça ?
– Je t’enverrai un texto.
– Bonne idée. Envoie-moi un texto.
– Merci, Ludo, dit-elle en ouvrant plus grand la porte pour le laisser sortir. Sois sage. »

Quand Irmgard lui mit sous le nez les textos, les dates, l’hôtel, le contenu précis des brefs messages que Riley et lui avaient échangés, il ne se fatigua même pas à essayer de nier. Riley Spacks était partie, entre-temps, partie depuis quelques jours. Elle avait dit qu’elle retournait à Bali. Elle resterait en contact, il faudrait qu’il lui rende visite... Mais il savait bien que c’était fini.

William Boyd - Tous ces chemins que nous n'avons pas pris

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Débat des intellectuels: «C’est un gros piège, on sert la soupe et il nous assène sa com politique.»/SMS envoyé pendant ce débat

19 Mars 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

Débat des intellectuels: «C’est un gros piège, on sert la soupe et il nous assène sa com politique.»/SMS envoyé pendant ce débat

Entre Macron et les intellos, le non-débat des idées

Une soixantaine d'universitaires étaient à l'Elysée lundi soir pour un dernier grand débat avec le Président. Les échanges ont pris la forme d'un long tunnel de questions-réponses sans autre vertu que celle de servir l'opération communication d'Emmanuel Macron

«Etes-vous l’héritier d’une longue décomposition du modèle politique?» La question lancée vers 20 heures au président de la République par le sociologue Michel Wieviorka aurait pu, après déjà deux heures de questions-réponses, muscler les échanges entre le chef de l’Etat et les 64 intellectuels invités à débattre avec lui lundi soir. L’affiche promettait d’être belle, un président premier de la classe face à de brillants esprits de la nation. Mais très vite, de débat, il n’y a pas eu. Certes, on était à l’Elysée, avec des universitaires sérieux, mais le décor aurait pu être celui de n’importe quelle des salles des fêtes où Emmanuel Macron a présidé des discussions depuis deux mois : même tables de cantines, mêmes sages passages de micro, même déférence, parfois.

Certains intellectuels oublient qu’ils doivent poser des questions et se lancent dans des exposés trop longs et un peu ternes, d’autres se focalisent sur des thèmes secondaires qui, au vu du temps imparti à chacun (2 minutes en théorie), détournent des questionnements d’ensemble qui devraient être centraux. Aucun n’a l’occasion de réagir à la réponse présidentielle. Malgré la (grotesque) tentative de l’essayiste Pascal Bruckner d’ambiancer la salle dès la première question (avec les gilets jaunes la France serait face à «un coup d’Etat au ralenti», une menace «anarchofasciste»), malgré l’opiniâtreté de la sociologue Dominique Méda (lire sa tribune après coup) qui reproche au Président des mesures dignes de la première année de l’ENA, de la politiste Agathe Cagé, ou de la sociologue Irène Théry, de mettre Emmanuel Macron face à ses reniements ou contradictions, la discussion ronronne. La faute aux intellectuels ? «Certains de mes collègues n’ont pas respecté la règle de la question courte, condition pour qu’un dialogue s’instaure», s’agace un participant le lendemain.

«Symptôme»

Comme à la piscine, chacun dans son couloir de nage a déroulé ses obsessions théoriques. D’autres ont profité de l’arène médiatique pour aborder des questions délaissées par l’exécutif. La politiste Réjane Sénac se lance vers 23 heures dans un long plaidoyer sur l’égalité femmes-hommes. Guillaume Erner, le journaliste de France Culture qui anime la discussion, tente de l’interrompre. «On n’est pas nombreuses alors on tient un peu la parole», rétorque-t-elle. C’est vrai que l’assemblée réunie par l’Elysée est très très masculine, avec deux tiers d’hommes. Christine Erhel, directrice du Centre d’études de l’emploi et du travail, au Cnam, tente de rappeler au Président un fait préoccupant : 57% des Français pensent que les inégalités salariales dans les entreprises ne disparaîtront jamais. Une forme de désespérance qui touche particulièrement les femmes mobilisées dans le mouvement des gilets jaunes. Emporté par d’autres questions et interventions, le Président ne répondra pas.

Paradoxalement, le meilleur contradicteur du Président durant la soirée aura sans doute été lui-même lorsqu’il constate, à propos des partis et des corps intermédiaires : «S’ils avaient été très structurés et très forts, je ne serais pas devant vous. Je suis le symptôme le plus avancé de la crise des corps intermédiaires !» S’il dit ne pas beaucoup aimer l’expression, il la développe tout de même et précise la place des universitaires dans la société : «Derrière les gilets jaunes les plus radicaux, il y a la volonté de nier toute forme de représentation […] et toute forme d’autorité, explique-t-il. Je crois en des formes d’organisation du collectif. […] Je pense que les intellectuels ont cette responsabilité, car ils ont une autorité dans la société, qui est académique : ils savent plus de choses, et ils ont lu plus de livres.» Le Président leur fait une invitation : «Redéfinir le projet français et européen» et «reconstruire une projection politique de ce qu’est le combat climatique», manière de dire que le Président ne peut pas tout.

Décalage

Sur le fond, l’ensemble des discussions est technique. Particulièrement la parole d’Emmanuel Macron, souvent désincarnée, asséchante derrière sa grandiloquence, parfois en décalage avec le registre théorique des questions, et ne manquant pas une occasion de se référer à l’Europe à quelques semaines des élections. Sur l’écologie, le Président maintient l’idée d’augmenter le prix du carbone pour assurer la transition vers une société plus écologique. Mais c’est un réformisme tranquille pariant sur la croissance qui l’emporte, quelques mois après les mises en garde formulées par son ministre démissionnaire Nicolas Hulot. «Si on dit juste : "On est tous foutus, je suis un combattant encore plus vrai de ce sujet parce que je trouve que vous n’allez pas assez vite", à la fin tout le monde se dit : "On n’y arrivera pas !"» a expliqué le Président face aux intellos. En matière de laïcité, Emmanuel Macron en revanche change de position : contrairement à ce qui se dessinait il y a quelques semaines, la loi de 1905 ne devrait pas être modifiée. Et quand il appelle à donner une place à l’islam en France, Hakim El Karoui, expert pour l’Institut Montaigne, lui rétorque : «Ce n’est pas l’Etat, ce sont les musulmans qui vont créer l’islam de France.»

Quelques minutes plus tard, l’historien Benjamin Stora souhaite que la France soutienne les démocrates algériens mobilisés depuis plus d’un mois contre un nouveau mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Macron souligne les limites que lui impose sa fonction : «Il y a des échanges constants pour accompagner ce qui est une forme de transition des dirigeants, mais je ne peux pas aller beaucoup plus loin sur ce sujet.» C’est aux intellectuels, dit-il aussi, et à la société civile d’ouvrir des «voies d’eau». Il annonce la tenue en juin d’un «Sommet des deux rives». Trompant les attentes de ceux qui s’attendaient à ce que la thématique se poursuive, l’islamologue Gilles Kepel note que ce 18 mars marque l’anniversaire du début de la Commune de Paris, enchaîne sur «cette espèce de détestation de la démocratie représentative» que manifestent selon lui les gilets jaunes, pour finalement regretter que notre Parlement «parle assez peu». Le Président confirme alors son intention d’introduire une plus grande proportionnalité lors des élections et un plus grand pouvoir de contrôle des politiques publiques.

Piège

Vers 2 heures du matin, ceux qui sont restés jusqu'au bout sont pâlots, cernés. Le grand oral du Président aura duré plus de huit heures. Lui semble en grande forme, heureux de ce marathon intellectuel qu’il juge à la hauteur de son intelligence et le renarcissise. Au fond, l’exercice – inédit sous cette forme – était-il tenable ? Beaucoup d’intellectuels ont refusé l’obstacle (Agacinski, Lordon, Foessel…), flairant que l’organisation du «débat» saperait par principe l’échange et empêcherait le déploiement d’une pensée un peu plus construite. «J’ai participé parce qu’en tant que fonctionnaire je n’envisageais même pas de ne pas me rendre à une invitation du président de la République», écrit sur Facebook le sociologue Gérald Bronner. «Le résultat de tout cela fut une adjonction assez incohérente de contributions (la mienne ne fit pas exception à cette règle) et aucun récit commun n’a pu émerger.» D’autres, à gauche, regrettent d’y avoir participé et craquent en direct à coups de SMS envoyés sous la table : «C’est un gros piège, on sert la soupe et il nous assène sa com politique.»

Sur le rôle des intellectuels, plus tôt dans la soirée, Emmanuel Macron avait dit : «On m’a reproché d’être dans la verticalité, mais il y a des gens qui savent, il y a des gens qui représentent. Toute parole ne se vaut pas sur tous les sujets à tous les moments. Comment on remet une échelle de valeur ?» En terminant la longue série de ses grands débats avec des intellectuels, le président de la République aura ainsi appelé chacun à retrouver sa place. Les intellos à l’université, les gilets jaunes loin des Champs-Elysées, et lui à la tête de l’Etat.

Sonya Faure , Cécile Daumas , Thibaut Sardier

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Blanquer, le bon élève du gouvernement de moins en moins populaire auprès des profs...

19 Mars 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Blanquer, le bon élève du gouvernement de moins en moins populaire auprès des profs...

EXTRAIT

«On rencontre les équipes du ministère mais on n’est pas du tout écoutés.»

«Si je devais résumer mon ressenti de prof, je dirais qu’on a le sentiment d’être complètement méprisés», me dit Raphaël, professeur de mathématiques en Seine-Saint-Denis chez qui je sens pointer une forme de fatigue à force de mobilisation. Il participe à la grève de la fonction publique, ce mardi 19 mars. Et il n'est pas le seul: les journalistes qui suivent l’éducation ressentent un décalage de plus en plus grand entre le terrain et l'image plutôt rassurante du ministre étayée par des sondages positifs et son traitement médiatique amène, comme ce jour au JT de TF1 où Jean-Pierre Pernaut demande à Jean-Michel Blanquer s’il est content… on a vu des interviews de ministres plus incisives.

Le corps enseignant se sent malmené

Voilà comment un de mes collègues de la presse écrite (il ne souhaite pas être cité nommément) voit les choses: «Il me semble qu'il a une image beaucoup plus lisse chez les journalistes politiques que chez les rubricards [les journalistes affectés à une rubrique en particulier, ndlr]. Pour les services politiques c'est le techno pragmatique associé à l'incarnation du bon directeur d'école, sévère mais juste. Ça colle bien avec une opinion publique finalement assez conservatrice. Pour nous, au contraire, c'est un bonhomme très politique avec une vision tout à fait honorable mais très marquée idéologiquement de “l'éduc nat”. En fait, on ne met pas la même chose sous le terme politique: Blanquer n'est pas bon en politicaillerie que ce soit avec les syndicats ou les parlementaires mais il mène bien une politique de réforme en profondeur de l'institution. Mais c'est visible pour les spécialistes. Et les enseignants, bizarrement, n'y prêtent pas vraiment attention. Même si ça commence tout juste à bouger.»

Si ça «bouge», c'est parce que des professeures et des enseignants se sentent sincèrement malmenés et «sonnés par une avalanche de modifications radicales subies de la part d’un ministre qui met en avant la notion de confiance. Et dans le même temps, sa loi pour une “école de la confiance” commence par un article pour nous faire taire», explique Raphaël en faisant référence au premier article de la future loi qui insiste sur le «devoir de réserve des fonctionnaires de l’Éducation nationale».

Un article dangereux, estime la Fédération syndicale unitaire (FSU), car il «vise à inscrire dans la loi une obligation de réserve qui n’y figure pas. Il permettrait de donner un fondement légal à des mesures disciplinaires condamnant des personnels jugés coupables de “faits portant atteinte à la réputation du service public”, expression suffisamment floue pour y inclure toute critique des politiques scolaires».

L’inquiétude formulée par ce syndicat et d’autres serait que la hiérarchie de l’Éducation nationale tente de «museler les personnels et de faire taire leurs critiques et leur opposition aux réformes».

(...)

Louise Tourret

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Grand débat : des intellectuels pris en otage...

19 Mars 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

Grand débat : des intellectuels pris en otage...

Invitée à débattre lundi soir avec Emmanuel Macron, la sociologue Dominique Méda estime que la rencontre s'est transformée en faire valoir présidentiel. Avec un chef de l'Etat qui n'a absolument pas pris la mesure de l’urgence sociale et écologique.

Tribune. Selon la définition communément admise (1), le débat est «une discussion généralement animée entre interlocuteurs exposant souvent des idées opposées sur un sujet donné». Après celui avec les maires, c’était au tour des intellectuels de tomber dans le piège : car de débat il n’y en eut point.

J’avais accepté l’invitation à participer pensant – bien naïvement je l’avoue – que nous pourrions au moins de temps en temps rebondir pour, à notre tour, répondre au président de la République. Mais il n’en a rien été. Comme avec les maires, le non-débat avec les intellectuels, a consisté en une litanie inexorable de «réponses» d’Emmanuel Macron aux questions posées par les intellectuels. Comme nous étions plus de 60, il aurait fallu pour qu’il puisse y avoir sinon un véritable échange, au moins un retour sur ce qui avait été dit par le Président, que chacun puisse vraiment se limiter à deux minutes de parole. L’envie de chacun d’exposer plus longuement sa vision a fait que l’on a assisté à la juxtaposition de questions-réponses au cours desquelles le Président a eu tout loisir d’asséner ses convictions devant des intellectuels pris en otage (au moins pour ceux qui étaient en désaccord profond avec sa politique, peu nombreux).

En le regardant parler pendant huit heures, écoutant certes chacun et répondant en effet aux questions, j’ai compris à quoi nous servions. Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir.

Sur les questions économiques et sociales, là où il y aurait en effet pu avoir débat, c’est-à-dire discussion animée sur des solutions diverses, la porte a été systématiquement refermée. La réponse aux toutes premières questions a clairement indiqué la voie : il n’y aura ni augmentation des dépenses publiques (ici litanie sur la dette léguée aux générations futures) ni augmentation des impôts des plus aisés (là refrain sur le poids de la pression fiscale) ni grand plan d’investissement dans la transition écologique et sociale (Nicolas Sarkozy l’a fait, et cela n’a rien changé…) ni expérimentation du revenu de base. Fermez le ban. Tout au long de la soirée, le travestissement de la vérité qui consiste à ne pas faire les distinctions qui s’imposent a été de mise, notamment sur la question des impôts. A la question de savoir s’il augmenterait les impôts des plus aisés, le Président a répondu ras-le-bol fiscal de toute la population ; sur l’augmentation de la taxe sur l’héritage, il a opposé la peur des paysans de ne pas pouvoir transmettre leur patrimoine à leurs enfants. Sans jamais distinguer entre les différentes catégories de la population, sans jamais répondre à la question précise portant sur les catégories les plus aisées pour lesquelles il serait évidemment possible de mettre en place une tranche d’imposition supplémentaire (en faisant la pédagogie minimale qui s’impose étant donnée l’ignorance générale qui entoure ce dispositif) ou bien de taxer plus fortement l’héritage.

Voilà pour la forme. Mais le fond est pire. Car ce débat avait été organisé, presque en urgence, pour discuter de la grave crise sociale que traverse la France, pour mettre sur la table les diverses manières d’en sortir. L’impression que je retire de cette soirée est que le Président n’a absolument pas pris la mesure de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons, de l’urgence sociale et écologique. Il n’a pas pris la mesure de la colère sociale et du désir de justice qui traverse le pays, il n’a pas compris qu’à force de ne pas y répondre, le ressentiment s’accumule et que peu à peu, ceux qui jusqu’à maintenant se sont tus, les habitants des quartiers relégués, les allocataires de minima sociaux et les chômeurs menacés de sanctions, risquent de rejoindre la masse des premiers gilets jaunes qui se sont exprimés. Tout se passe également comme s’il ignorait la puissance des symboles : c’est une action symbolique que d’avoir supprimé l’ISF et mis en place le prélèvement forfaitaire unique. C’est une action symbolique qui serait nécessaire pour apaiser la crise.

Mais les symboles ne suffiront pas. Le mouvement des gilets jaunes est parti d’une réalité bien concrète. En France pour un nombre de plus en plus grand de personnes, le travail ne paye pas, les emplois sont en nombre insuffisant, le coût de la transition écologique ne peut être supporté par les plus modestes. Pour répondre en même temps à la question sociale et écologique, il n’y a qu’une solution, un investissement massif financé notamment par une augmentation du déficit. Le Président l’a refusé mais à mesure que le non-débat avançait, il a semblé prendre en compte une chose : la notion de dépenses publiques est trop générale, en effet certaines «dépenses» sont des investissements et non des coûts. Cela a été reconnu pour les dépenses d’éducation et de recherche (les interventions des Prix Nobel en faveur d’une amélioration du sort fait aux chercheurs étaient remarquables). Mais c’est aussi le cas des dépenses en faveur de la transition écologique et de son indispensable volet social. Encore un effort Monsieur le Président !

(1) Selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales.

Dominique Méda professeure d'université Paris-Dauphine

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La social-démocratie est morte ? Vive la social-démocratie !...

19 Mars 2019 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Politique

La social-démocratie est morte ? Vive la social-démocratie !...

La social-démocratie est morte ? Vive la social-démocratie ! Un appel à sauver et à cultiver son « jardin imparfait » face aux tentations libérales et populistes. À contre-courant.

Par Najat Vallaud-Belkacem

Contre les vents d’une époque que l’on dit promise au libéralisme ou au populisme et au risque de paraître ringarde aux esprits prétendument « modernes » si prompts à changer d’idée à la moindre brise, je le confesse volontiers : je suis, je reste sociale-démocrate. Oui, j’aime, aujourd’hui comme hier, aujourd’hui plus encore qu’hier sans doute, cette social-démocratie en péril, son histoire, son imperfection assumée, son refus de l’absolutisme comme du dogmatisme, son ambition de transformation sociale sans grand soir ni guillotine. J’aime ses hésitations, ses tâtonnements, ses erreurs même sur le chemin d’un progrès si difficile à définir. Les commentateurs la proclament morte ? Je veux la faire vivre.

Certes, je ne suis pas aveugle. Je vois bien que les partis sociaux-démocrates perdent les élections partout en Europe. Notre déroute française de 2017 m’habite depuis sept mois. Je cerne nos erreurs, nos divisions, nos renoncements. En silence jusque-là. Notre débâcle n’est pas qu’une affaire de pédagogie ratée ou de communication mal gérée. Elle ne s’explique pas non plus par la force des réseaux conservateurs. Elle a des causes plus profondes. Le divorce entre une large majorité de nos concitoyens et la gauche dans laquelle je me reconnais est indéniable. Nos idées sont devenues minoritaires, et il nous incombe à tous de chercher à comprendre pourquoi. De réfléchir. De sortir, donc, de la société du spectacle. Les innombrables batailles culturelles perdues, bien avant 2012, ont creusé une faille qu’aucune agence de communication, aucune synthèse interne et aucun plan média ne sauraient combler. Nous avons perdu la plupart de ces batailles faute de les avoir menées. Tout simplement. Nous nous sommes embourgeoisés.  Endormis. Nous avons cru que des principes pouvaient être acquis. Or, ce qui n’est pas défendu, ce qui n’est pas repensé constamment périt. Pour n’avoir par exemple, en matière éducative, pas su revendiquer l’égalité comme objectif éducatif et la réussite du plus grand nombre comme moyen, nous avons laissé prospérer l’idée selon laquelle l’égalité serait l’ennemie du mérite, l’élévation du niveau d’ensemble serait une « guerre à l’excellence » ; la prise en compte du besoin de l’élève, le règne de « l’enfant roi » ; la pédagogie active en petits groupes, favorisant l’expression orale et le travail coopératif, le « rejet de la transmission des savoirs », etc.

Lorsqu’une bataille culturelle est perdue, un préjugé s’installe, et ce que les scientifiques appellent le « biais de confirmation » joue à plein. Inverser un préjugé – chose qu’Einstein jugeait plus difficile à pulvériser qu’un atome – est une mission titanesque. Nous n’avions ni les concepts ni l’énergie pour la relever. Qui donc est responsable de cette inversion des rapports de force culturels en France et ailleurs ? Nous. À rester dans notre zone de confort intellectuel, à entonner sans cesse le refrain des certitudes, à préférer la rengaine des slogans à l’exigence de reformulation et à l’invention de nouveaux concepts, à préférer la com à la pensée tout simplement, nous avons nous-mêmes altéré l’éclat de nos idées, de nos mots, de nos principes. Comment expliquer par exemple que le rapport au travail soit devenu un totem de droite alors qu’il constitue le fondement de la gauche politique et syndicale ? Comment comprendre que, selon le Crédoc, plus de deux Français sur trois acquiescent à la culpabilisation de la pauvreté, si l’on ne saisit pas à quel point nous avons-nous mêmes vidé de leur substance les notions de solidarité ou de fraternité ?

Nous avons perdu. Devons-nous changer nos convictions ? Avons-nous échoué à cause de nos idéaux ou à cause de notre rapport distendu à ces idéaux ? Faut-il voir dans le Brexit, dans le populisme de gauche, dans les résurgences nationalistes ou séparatistes, ou encore dans la séduction grandissante d’un libéralisme débridé, autant de raisons de se convertir aux nouvelles pensées dominantes ? Faut-il accepter cette recomposition politique présentée comme inévitable entre un grand bloc libéral, une droite xénophobe, nationaliste, autoritaire, et une gauche populiste, souverainiste ? Je le refuse. On pourra tourner les choses comme on voudra, on a besoin, en France comme ailleurs, d’une autre voie. Une voie que l’on dira tortueuse, mais qui mène seule à un avenir vivable pour tous. Le débat qui est devant nous n’est pas inédit, il est inscrit dans l’histoire moderne du socialisme européen. Nos camarades allemands du SPD, en signant la charte de Bad Godesberg en 1959, avaient su se redéfinir en admettant les principes de la liberté économique tout en prônant une large redistribution des revenus. En France, le congrès d’Épinay en 1971 favorisait une nouvelle émergence socialiste qui aboutissait, dix ans plus tard, à l’élection de François Mitterrand. Aujourd’hui, alors que les gauches européennes se fracturent, qu’il s’agisse de l’Espagne, de la France ou de la Suède, il y a encore des expériences qui réussissent, comme au Portugal, pour nous rappeler qu’une plateforme des gauches dont les socialistes sont le pivot n’est nullement condamnée par l’histoire. Il n’y a pas de fatalité en politique.

La tâche sera difficile car la social-démocratie, dans son essence même, entre en contradiction avec l’immédiateté et l’univocité dont les citoyens semblent de plus en plus friands. Elle est à mes yeux ce « jardin imparfait » qu’évoque Montaigne, un jardin en redéfinition et en reconstruction permanentes, un jardin qui n’est jamais achevé et que chaque génération cultive avec ses propres outils, selon ses propres codes. Elle est une chose profondément humaine, loin de tous les absolutismes totalitaires que cherchent à incarner des hommes seuls. Il faut accepter, je crois, de s’engager groupés dans la quête de l’égalité, de l’abolition des privilèges sans grand soir ni big-bang, sans savoir où le chemin que nous dessinons d’une main malhabile nous mènera.

Nous sommes utopistes et réalistes. Si le sens étymologique de l’utopie ne nous égare pas, et que c’est précisément ce qui n’existe en aucun lieu, alors nous devons accepter que nous ne savons pas où se trouve l’utopie socialiste, sans pour autant renoncer à la chercher, à la reformuler, à la réinventer sans cesse. Ma conviction est qu’elle n’est pas dans le ciel des idées, ni dans un passé idéalisé, et encore moins dans un avenir avorté, mais dans les femmes et les hommes qui chercheront à l’atteindre. Elle est une idée directrice au sens où l’entendait Kant.

Ce n’est pas un cycle électoral de cinq, dix ou même vingt ans qui s’achève sous nos yeux, mais une ère idéologique et culturelle de près de cinquante ans allant de la préparation du congrès d’Épinay à cette époque post-Solférino. On tourne la page de trois générations d’acteurs politiques. Si nous voulons donner une chance à la refondation en profondeur de la social-démocratie, et non pas simplement repousser l’échéance d’un terminus ultime d’un appareil partisan, ne nous laissons pas enfermer dans le confessionnal beaucoup trop étroit du quinquennat de François Hollande.

En 1971, François Mitterrand ouvrait un chemin nouveau en resserrant les rangs autour d’une ligne politique célèbre, celle de la rupture avec l’ordre établi. Celui qui ne consentait pas à cette ligne de rupture, disait-il, ne pouvait pas être adhérent du Parti socialiste. Plus jamais par la suite nous n’avons exprimé cette exigence de clarté et de radicalité dans ce que nous sommes, ce que nous défendons et ce que nous voulons, sans fléchir d’une manière ou d’une autre devant la puissance supposée de l’opinion dominante, sans nous laisser dévier par des vents de l’histoire que nous jugions contraires à telle ou telle de nos convictions. À nous aujourd’hui de redéfinir précisément ce avec quoi nous voulons rompre : la perspective d’un monde devenu inhabitable du fait d’un mode de croissance qui épuise les ressources de la planète et invivable du fait de l’explosion des injustices et des inégalités jusqu’à l’insoutenable. Le moment est venu de renouer avec ce geste politique, non pas en nous retournant sur nous mêmes ou en jouant aux gardiens de musée, mais en tendant la main à la génération qui vient, celle qui inventera le socialisme de demain. Un geste dont la réussite passera par deux ambitions intimement liées : rebâtir un grand récit qui donnera du sens à notre histoire et à notre futur, et ouvrir la social-démocratie aux contributions des intellectuels, artistes et militants culturels, ainsi qu’aux mouvements sociaux dont nous nous sommes trop longtemps tenus à l’écart.

C’est ainsi que nous regagnerons ces batailles culturelles que nous avons perdues, et, au passage, c’est ainsi que nous préparerons l’avenir, car, à titre personnel, je n’ose imaginer un monde dans lequel, face aux grands défis qui s’annoncent autour de l’intelligence artificielle, de l’homme augmenté ou des sciences prédictives, les seules réponses politiques apportées seraient celles du tout-libéralisme, du tout-populisme ou encore du tout-« a-politisme » dans lequel l’opportunisme l’emporte sur le rêve d’une société émancipatrice. Plus juste. Plus solidaire.

Najat Vallaud-Belkacem

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