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Vivement l'Ecole!

Dangereuse, inutile, incohérente... La loi sur "l'Ecole de la confiance" sous le feu des critiques...

14 Février 2019 , Rédigé par From Press Publié dans #Education

Dangereuse, inutile, incohérente... La loi sur "l'Ecole de la confiance" sous le feu des critiques...

Quelle  vision de l'Education promeut exactement la loi sur "l'Ecole de la  confiance", portée par Jean-Michel Blanquer? Ce texte fourre-tout de 25  articles suscite d'âpres critiques de l'opposition et des syndicats  enseignants, qui dénoncent notamment "une reprise en main" du système  éducatif par l'exécutif.

Ça s'est passé dans la nuit de lundi à mardi: les députés ont voté la présence obligatoire  dans les salles de classe des drapeaux français et européens, ainsi que  des paroles de la Marseillaise. L'adoption de cet amendement surprise,  proposé par le député Les Républicains Eric Ciotti, a achevé de  brouiller la compréhension du projet de loi sur "l'Ecole de la  confiance", dont l'examen a commencé lundi 11 février à l'Assemblée  nationale. 

"Il  n’y pas de colonne vertébrale dans cette loi, tacle l'historien de  l'éducation Claude Lelièvre. C’est donc normal qu’il y ait des  amendements sur tout et n’importe quoi." Quelle vision de l'éducation  promeut exactement la loi sur "l'Ecole de la  confiance", projet fourre-tout de 25 articles qui réforme aussi bien la  maternelle que la formation des enseignants? "Je ne vous propose ni de  refonder ni de reconstruire", avait affirmé le ministre dans son  discours d'introduction dans l'hémicycle. Mais "une nouvelle étape de  cette épopée glorieuse de l'école depuis la fin du XIXe siècle: il lui faut encore faire réussir pleinement tous les élèves."

Une loi pour des mesures... déjà prises

Ce  texte vient en réalité compléter une série de mesures déjà prises par  le gouvernement, comme le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les  zones prioritaires et la réforme du lycée et du baccalauréat. Le texte  est contesté dès son premier article, qui rappelle le devoir  "d'exemplarité" des enseignants et le respect que doivent leur  manifester en retour élèves et familles. Des enseignants y voient une  volonté de "museler" leur liberté d'expression, alors que des mouvements  comme les "Stylos rouges" ou #PasDeVague ont émergé fin 2018 sur les réseaux sociaux, dans le sillage des gilets jaunes, afin d'obtenir pour le premier, un meilleur statut des enseignants et, pour le second, dénoncer les violences scolaires.

La  baisse de l'âge de la scolarisation à trois ans, prévue dans le texte,  ne concernera finalement qu'une toute petite minorité d'enfants -25.000  par an environ- qui ne fréquentaient pas jusqu'à présent l'école  maternelle. Cette innovation, inscrite dans l'article 2, pèsera  cependant sur les finances des communes. L'Etat promet de compenser ce  surcoût, que Jean-Michel Blanquer évalue à 100 millions d'euros par  an. Vantée comme "emblématique" par le ministre, l'instruction  obligatoire à trois ans, fait crier dans les rangs LR "à l'injustice",  les collectivités devant à l'avenir financer les maternelles privées  sous contrat. La gauche y voit un "cadeau" au privé.

Un  amendement LREM adopté en commission, et auquel le ministre n'est pas  hostile, entend aussi permettre de regrouper les classes d'un collège et  d'une ou plusieurs écoles environnantes au sein "d'établissements  publics des savoirs fondamentaux". "Encore plus d'écoles qui fermeront,  dans les zones peu denses éloignées des grandes villes", dénonce le chef  de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon.

"Pas besoin d'en passer par la loi"

Le  projet de loi Blanquer prévoit aussi une refonte de la formation des  enseignants, qui sera assurée par des Instituts nationaux supérieurs du  professorat et de l'éducation, appelés à remplacer les écoles  supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE), qui ont elles-mêmes  succédé en 2013 aux IUFM. Le ministre veut homogénéiser le contenu de  cette formation sur tout le territoire, alors qu'aujourd'hui son contenu  diffère d'un établissement à l'autre."On peut s’interroger une fois de  plus sur la continuité des politiques publiques et leur évaluation,  pointe le Snes-Fsu, syndicat majoritaire dans le second degré. Les ESPE  datent de 2013, aucun bilan sérieux de leurs difficultés de  fonctionnement n’a été mené."

Autre point qui crispe, le  remplacement du Conseil national d'évaluation du système scolaire  (Cnesco) -instance indépendante- par le Conseil d’évaluation de l’école,  dont quatre membres sur dix seront des représentants du ministère de  l'Education nationale. Cette décision fait craindre aux syndicats "une  reprise en main" de l'évaluation du système scolaire par l'exécutif. Une pétition citoyenne a été lancée pour la sauvegarde du Cnesco.

"En réalité, à part pour deux mesures, la suppression du Cnesco et l'instruction obligatoire à trois ans, le ministre n'avait pas du tout besoin d'en passer par une loi", explique le spécialiste de l'éducation Claude Lelièvre. C'est un coup de com' de Jean-Michel Blanquer pour asseoir sa stature dans l'opinion", conclut-il.

Source: https://pressfrom.info/fr/actualite/france/-191929-dangereuse-inutile-incoherente-la-loi-sur-l-ecole-de-la-confiance-sous-le-feu-des-critiques.html

"En  réalité, à part pour deux mesures, la suppression du Cnesco et  l'instruction obligatoire à trois ans, le ministre n'avait pas du tout  besoin d'en passer par une loi", explique le spécialiste de l'éducation  Claude Lelièvre. C'est un coup de com' de Jean-Michel Blanquer pour  asseoir sa stature dans l'opinion", conclut-il.

a baisse de l'âge de la scolarisation à trois ans, prévue dans le texte, ne concernera finalement qu'une toute petite minorité d'enfants -25.000 par an environ- qui ne fréquentaient pas jusqu'à présent l'école maternelle. Cette innovation, inscrite dans l'article 2, pèsera cependant sur les finances des communes. L'Etat promet de compenser ce surcoût, que Jean-Michel Blanquer évalue à 100 millions d'euros par an. Vantée comme "emblématique" par le ministre, l'instruction obligatoire à trois ans, fait crier dans les rangs LR "à l'injustice", les collectivités devant à l'avenir financer les maternelles privées sous contrat. La gauche y voit un "cadeau" au privé.

Un amendement LREM adopté en commission, et auquel le ministre n'est pas hostile, entend aussi permettre de regrouper les classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles environnantes au sein "d'établissements publics des savoirs fondamentaux". "Encore plus d'écoles qui fermeront, dans les zones peu denses éloignées des grandes villes", dénonce le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Source: https://pressfrom.info/fr/actualite/france/-191929-dangereuse-inutile-incoherente-la-loi-sur-l-ecole-de-la-confiance-sous-le-feu-des-critiques.html

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Un simulacre de débat...

14 Février 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Un simulacre de débat...

Il y a quelques temps déjà, Harold Bernat intitulait, dans "Le néant et le politique - Critique de l'avènement Macron" paru aux éditions L'Echappée", son chapitre 1:

"Construction du simulacre Macron"

Un simulacre, rappelons-le, est ce qui n'a que l'apparence de ce qu'il prétend être.

Depuis 2017, date de la parution de ce livre, les français ont assisté sidérés, médusés, admiratifs aussi parfois, à l'installation méthodique, pensée, théorisée d'une suite de "simulacres". Je n'en ferai pas ici l'énumération mais m'attarderai sur un seul: celui du Grand Débat National.

Un "modèle"' de simulacre car il n'est pas "Grand", ne correspond en rien aux diverses définitions du mot "Débat" et n'est "national" qu'en partie, la jeunesse et les "quartiers" tournant largement le dos à la convocation du Président de la République.

Car il s'agit bien de cela. D'une convocation à débattre sur ordre, de manière très encadrée, ceci afin de contrebalancer le débat inorganisé, anarchique, spontané, libre mis sur les rails de la démocratie par les Gilets Jaunes avant que ceux-ci soient délogés des ronds-points investis, puis dépossédés de la réflexion contradictoire par les violences des populistes extrémistes de gauche et de droite. Violences fort bien exploitées par le sommet de l'Etat et par toutes celles et ceux ayant intérêt à faire taire la "parole anarchique", c'est à dire cette infime minorité de français au pouvoir ou dans les contre-pouvoirs, mais ayant en commun de vivre des avantages que ce même pouvoir et ces mêmes contre-pouvoirs leur octroient. Ils se reconnaîtront.

Le Grand Débat National a été décidé d'en-haut. Les médias nous en montrent l'écume.

Une écume omniprésente incarnée par la silhouette en chemise blanche et cravate noire du cadre supérieur "briefant" ses équipes, micro en main, debout quand la France est priée de rester assise: Emmanuel Macron toujours pressé de construire la start-up nation de ses rêves. Pour parvenir à ses fins, n'encourage-t-il pas la création d'une Ecole "marchandisée", formant (formatant?) de futurs collaborateurs dociles, "bankable", souples et corvéables à merci?

Comment un "débat" - j'enferme le mot entre des guillemets tant ce "débat" n'en est pas un - décidé, verrouillé par le pouvoir pourrait-il déboucher sur autre chose que des décisions - déjà prises sans doute - favorisant toujours les castes dirigeantes et celles vivant à leurs crochets?

Le Président Macron, le gouvernement et sa majorité ont très vite compris le danger que pouvaient représenter les Gilets Jaunes: incarner une limite infranchissable aux pouvoirs politiques et économiques. C'était évidemment intolérable et trop risqué quand cette limite est le spectacle des injustices - fiscales entre autres mais pas uniquement - jetées quotidiennement à la face des français par le biais des chaînes d'informations, et pour certaines, de communication gouvernementale, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Insupportable pour une majorité composée de "français qui vont bien", ne représentant qu'une part infime de la nation profonde, n'ayant pour la quasi totalité d'entre eux jamais connu les difficultés quotidiennes dont s'entretenaient les gilets jaunes sur les ronds-points.

Dire tout cela, je le sais, sera contesté - et c'est tant mieux car le débat c'est cela - par celles et ceux qui voient dans les Gilets Jaunes un "ramassis inculte", des "fachos", des "militants d'extrême gauche avides de sang", des "nantis en mal de contestation", des "complotistes", etc. Je reprends ici les formulations lues en particulier sur les réseaux dits "sociaux". La haine qui s'est abattue sur ce mouvement n'a d'égale que la peur panique qu'il a provoquée dans le microcosme. Ce microcosme fonctionnant dans l'entre-soi, parfois même par la cooptation - Alain Juppé au Conseil Constitutionnel - et ayant confisqué le pouvoir à ces outrecuidants qui ont un jour eu le toupet d'avoir seulement l'idée de le reprendre par la parole. Ils osaient dénoncer le pouvoir et ses injustices institutionnelles dont la principale concerne le pouvoir économique permettant à quelques-uns de s'approprier la souveraineté nationale.

Voilà pourquoi ce "Grand Débat" mis en scène par le Président de la République est un simulacre.

Alors y participer, pourquoi pas? Mais au moins que ce soit en connaissance de cause.

Christophe Chartreux

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Coup de coeur... Eric Vuillard...

13 Février 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ils écoutèrent. Le fond du propos se résumait à ceci : il fallait en finir avec un régime faible, éloigner la menace communiste, supprimer les syndicats et permettre à chaque patron d’être un Führer dans son entreprise. Le discours dura une demi-heure. Lorsqu’Hitler eut terminé, Gustav se leva, fit un pas en avant et, au nom de tous les invités présents, il le remercia d’avoir enfin clarifié la situation politique. Le chancelier fit un rapide tour de piste avant de repartir. On le congratula, on se montra courtois. Les vieux industriels paraissaient soulagés. Une fois qu’il se fut retiré, Goering prit la parole, reformulant énergiquement quelques idées, puis il évoqua de nouveau les élections du 5 mars. C’était là une occasion unique de sortir de l’impasse où l’on se trouvait. Mais pour faire campagne, il fallait de l’argent ; or, le parti nazi n’avait plus un sou vaillant et la campagne électorale approchait. À cet instant, Hjalmar Schacht se leva, sourit à l’assemblée, et lança : « Et maintenant, messieurs, à la caisse ! »

 

Cette invite, certes un peu cavalière, n’avait rien de bien nouveau pour ces hommes ; ils étaient coutumiers des pots-de-vin et des dessous-de-table. La corruption est un poste incompressible du budget des grandes entreprises, cela porte plusieurs noms, lobbying, étrennes, financement des partis. La majorité des invités versa donc aussitôt quelques centaines de milliers de marks, Gustav Krupp fit don d’un million, Georg von Schnitzler de quatre cent mille, et l’on récolta ainsi une somme rondelette. Cette réunion du 20 février 1933, dans laquelle on pourrait voir un moment unique de l’histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n’est rien d’autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens, qu’un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l’avenir bien des partis à proportion de leur performance.

Eric Vuillard - L'ordre du jour

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Confiance, le ministre Blanquer a dit confiance...

13 Février 2019 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education

Confiance, le ministre Blanquer a dit confiance...

Jean-Michel Blanquer encourage-t-il vraiment l’indépendance des acteurs du monde de l’éducation ? La question se pose, alors que son projet de loi “Pour une école de la confiance” est examiné à l’Assemblée nationale.

Pour une école de la confiance, tel est le titre du projet de loi examiné depuis ce lundi 11 février à l’Assemblée nationale. De la confiance, il en faudra aux députés pour valider l’intégralité des articles qui le composent. Parmi les principaux points de crispation, l’article phare, qui entend abaisser l’instruction obligatoire de l’âge de 6 à 3 ans. La mesure peut paraître symbolique puisque selon l’étude d’impact du ministère, 98,9% des 3-5 ans sont déjà scolarisés (reste tout de même environ 26 000 enfants). Mais elle suppose que les communes mettent la main à la poche afin de financer les maternelles privées sous contrat. Dans l’édition d’hier du Monde, Jean-Michel Blanquer évaluait à 100 millions d’euros le montant du surcoût pour les collectivités.

Vers une perte d’indépendance ?

De la confiance, il en faut aussi au monde enseignant pour accueillir sans sourciller l’éventail des articles présentés. Le ministre a beau assurer vouloir « bâtir l’école de la confiance dans un esprit d’indépendance et d’autonomie », il ne cesse d’envoyer des signaux inverses. Primo, les directeurs des écoles qui forment les professeurs du primaire et du secondaire ne seront plus nommés par un conseil composé de représentants d’enseignants, mais par les ministres de l’Education et de l’Enseignement supérieur eux-mêmes – précisons que les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), créées en 2013 pendant le mandat de Vincent Peillon, deviennent des Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé).

Secundo, il sera désormais demandé aux personnels « une exemplarité dans l’exercice de leur fonction et, pour les familles, le respect de l’institution scolaire, dans ses principes comme dans son fonctionnement ». La formulation est jugée « ambiguë » par certains syndicats enseignants qui redoutent une potentielle « obligation de réverve » visant à museler la profession. Qu’adviendra-t-il, interroge ainsi le Snuipp FSU, le syndicat majoritaire des professeurs des écoles, « à un professeur qui dénonce une réforme » ou témoigne sur les réseaux sociaux, comme le firent en octobre dernier sur Twitter, via le hashtag #PasDeVague, des dizaines de milliers d’enseignants en colère, ou depuis décembre les Stylos rouges ? Face à la levée de boucliers, le texte a été amendé et précise que ce devoir d’exemplarité s’entend « dans le respect de la loi du 13 juillet 1983 », qui garantit la liberté d’opinion aux fonctionnaires.

Evaluation des équipes éducatives

Tertio, un Conseil d’évaluation de l’école sera désormais chargé d’évaluer les établissements scolaires, comme cela se fait dans d’autres pays. Il devrait s’agir de mesurer le fonctionnement des équipes éducatives, et non seulement les enseignants de façon individuelle. Depuis son entrée en fonction, Jean-Michel Blanquer ne cesse de revendiquer l’importance de l’évaluation, supposée objective, afin de libérer l’action publique de l’emprise des débats idéologiques, qui à ses yeux minent les politiques éducatives.

Sauf que ce Conseil d’évaluation de l’école remplace le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), un organisme indépendant notamment chargé de mesurer l’action... de son ministère. Et alors que le Cnesco choisissait lui-même les sujets de ses enquêtes, et pouvait être saisi par des commissions parlementaires, la nouvelle officine, dont les membres dirigeants – faut-il préciser – seront nommés par le ministre, devrait travailler pour ce dernier. « Le Cnesco ne disparaît pas, il se transforme. Il continuera à s’appeler Cnesco, ce sera une chaire académique », se défend Blanquer. Sans préciser ce que recouvre exactement cette « chaire » (un poste ?), comme s’en inquiètent associations de parents d’élèves et syndicats enseignants dans une lettre ouverte et une pétition. Vous avez dit « confiance » ?

Marc Belpois

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Loi pour une École de la confiance, la mal nommée...

13 Février 2019 , Rédigé par Se-Unsa Publié dans #Education

https://www.artmajeur.com/fr/martine-dinet/artworks/8976577/le-doute

https://www.artmajeur.com/fr/martine-dinet/artworks/8976577/le-doute

La loi Blanquer poursuit son chemin législatif : après l’examen en Commission des affaires culturelles, les débats en séance plénière à l’Assemblée nationale se déroulent du 11 au 19 février, avec plus de 1000 amendements à examiner.
Pour le SE-Unsa, à chaque étape, le ministre creuse davantage le sillon de la défiance avec la communauté éducative.

On s'en souvient, l’École de la confiance allait faire son entrée dans le code de l’éducation avec l’article premier de cette loi. La définition de la communauté éducative était complétée par un nouvel alinéa construisant « le lien de confiance » par « l’engagement et l’exemplarité » des personnels impliquant alors « le respect des élèves et de leurs familles ». Mais de nombreux enseignants se sont émus de cet article, craignant pour leur liberté d’expression. Le Conseil d’État a, pour sa part, demandé le retrait d’un article inutile. Le ministre aurait pu alors retirer cet article comme signe de sa volonté d’apaisement. Il n’en est rien : l’article subsiste dans sa rédaction originale avec un renvoi à la loi de 1983 définissant les droits et obligations des fonctionnaires. Comme entrée en matière, on pouvait rêver mieux !

Initialement justifié par la décision présidentielle d’abaisser à 3 ans l’âge de l’instruction obligatoire, le projet de loi comporte une dizaine d’autres sujets offrant une apparence hétéroclite. S’y est ajoutée, depuis la semaine dernière, sous la forme d’un amendement parlementaire et sans aucune concertation, la création d’établissements publics des savoirs fondamentaux permettant de regrouper des classes primaires et le collège et qui pose plus de questions qu’elle n’en résout.

Tous les articles ne sont ni de même nature, ni de même portée, mais plusieurs d’entre eux contribuent bien à un projet de transformation de l’École. Ils traduisent une volonté de revenir sur plusieurs dispositions de la loi de Refondation pour mieux exercer un contrôle vertical :

Par ailleurs, d'autres mesures contribueront à renforcer les inégalités entre les élèves comme la création d’un statut dérogatoire au statut des EPLE : l’EPLE international, qui accueillera des élèves sélectionnés.

Concernant l'instruction obligatoire dès 3 ans, le SE-Unsa porte cette revendication depuis 2004 pour éviter tout remplacement de l'école maternelle par des jardins d'éveil et pour permettre de scolariser les quelques élèves qui ne le sont pas actuellement pour des questions de fragilité sociale ou territoriale. Cependant,  il s’agit surtout de suivre de près la mise en œuvre. Cette mesure nécessaire de sécurisation et de reconnaissance de l’école maternelle doit conduire à des améliorations concrètes pour l’École publique, et ceci sans effet d’aubaine pour l’enseignement sous contrat. En effet, l’instruction obligatoire à trois ans contraindra les communes à financer les écoles maternelles privées, au détriment des écoles publiques et de la mixité sociale.

En conclusion, le SE-Unsa juge que ce projet de loi, aussi bien dans la méthode que dans le contenu, traduit bien le fossé qui se creuse entre le ministre et les personnels de l’Éducation nationale. Décidément, la confiance ne se décrète pas.

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« Les députés n’ont-ils pas mieux à faire ? » : l’affichage du drapeau français en classe vu par le monde éducatif...

13 Février 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Les députés n’ont-ils pas mieux à faire ? » : l’affichage du drapeau français en classe vu par le monde éducatif...

EXTRAITS

Certains voient dans l’amendement de la loi « école de la confiance » un « mépris » pour les enseignants.

C’est un amendement de dernière minute, mais qui n’a pas fini de faire parler de lui. Déposé par Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, et voté dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 février, quelques minutes avant la clôture de la première séance d’examen du projet de loi « école de la confiance » à l’Assemblée nationale, il prévoit de rendre obligatoire l’affichage du drapeau français, du drapeau européen et des paroles de La Marseillaise dans toutes les classes du premier et du second degré.

Le dépôt et le vote de cet amendement ont créé un tollé dans l’hémicycle. Les députés de l’opposition se sont plaints d’un vote trop rapide, et ont réclamé une seconde délibération. Elle interviendra à la fin de l’examen du texte, d’ici à vendredi.

A la reprise de la séance, mardi 12 février, d’autres amendements concernant les symboles républicains ont été défendus : la droite a demandé de rendre obligatoire la levée hebdomadaire du drapeau et la pratique de La Marseillaise. Plusieurs autres amendements se focalisaient la pratique de l’hymne national. Ils ont tous été rejetés. Un seul amendement a été adopté mardi, malgré un avis défavorable du gouvernement, qui instituait l’obligation d’avoir, dans toutes les écoles, des cartes de la France où figurent les territoires ultramarins, à la demande des députés d’outre-mer. « On pourrait tapisser les murs de la classe de bonnes intentions », a déclaré le ministre au cours de ces débats.

(...)

D’autres priorités

A l’instar de la députée George Pau-Langevin (Parti socialiste), qui dénonçait dans l’hémicycle une mesure imposée aux professeurs dans l’espace de la classe, le président de la FCPE juge que cet amendement relève d’un « très grand mépris pour les personnels éducatifs, pour qui les valeurs du drapeau et le sens de La Marseillaise sont un travail éducatif quotidien. » Catherine Nave-Bekhti abonde :

« Cet amendement permet d’en remettre une couche sur l’idée que l’école ne transmet pas les valeurs de la République, ou qu’elle n’y serait pas suffisamment attachée. »

La syndicaliste rappelle que, dans l’exposé de l’amendement, les parlementaires ont fait figurer l’idée qu’il fallait « rappeler symboliquement » l’attachement de l’école aux valeurs républicaines.

« C’est une manière de dire que les enseignants n’en font pas assez. Alors que c’est inscrit dans tous les programmes de toutes les matières, comme enseignement et comme pratique. »

(...)

Violaine Morin

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Loi sur l’école: les débats se déportent un peu plus sur la droite...

13 Février 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Loi sur l’école: les débats se déportent un peu plus sur la droite...

EXTRAIT

L’examen du projet de loi « pour une école de la confiance », porté par le ministre de l’éducation nationale, a débuté le 11 février. La tonalité conservatrice des débats sur l’uniforme, le drapeau ou la restriction de la liberté d’expression des enseignants est manifeste.

ll existe une constante dans les débats sur l’école. Quel qu’en soit l’objet initial, des thématiques finissent toujours par s’imposer. L’uniforme, le drapeau ou l’hymne national surgissent souvent. Le projet de loi « pour une école de la confiance », dont l’examen en séance publique à l’Assemblée nationale a débuté le 11 février pour toute la semaine, n’y a pas dérogé.

À l’origine, cette loi vise à abaisser l’âge obligatoire de l’instruction à trois ans, contre six à l’heure actuelle. Même si, comme l’ont souligné plusieurs observateurs, dans les faits seuls 27 000 enfants seront concernés à la rentrée prochaine, selon une étude du ministère, car 98,9 % de cette classe d'âge font déjà l'objet d'une instruction.

De fait, cette obligation entraîne dans son sillage une conséquence concrète. Les communes vont devoir financer les maternelles privées sous contrat. L’opposition dénonce un cadeau fait au privé, puisque les collectivités vont devoir endosser un surcoût de 100 millions d’euros. Les syndicats parlent d’une somme plus proche des 150 millions d’euros.

Pourtant, Jean-Michel Blanquer avait juré à Mediapart en septembre 2017 qu’il n’utiliserait pas l’arsenal législatif pour tout changer : « Je ne veux pas opérer de destruction. Je ne ferai pas de loi, je ne vais pas bouleverser les programmes, ni lancer de refondation. »

Fourre-tout, cette loi – parfois technique – n’a aucune ligne directrice et ne semble servir qu’à mettre en musique les chevaux de bataille d’un ministre très sûr du bien-fondé de ses idées et qui souffre peu la contradiction. D’autres articles visent à réformer la formation des enseignants, à encadrer l’expression des enseignants ou à supprimer le Conseil national de l’évaluation scolaire pour le remplacer par un conseil d’évaluation de l’école chargé, comme son nom l’indique, d’évaluer les établissements scolaires. Le Cnesco perdurera sous la forme d’une chaire universitaire au sein du Conservatoire des arts et métiers (Cnam).

Dans l’Hémicycle, le ministre a défendu l’esprit de sa loi. Et impossible de ne pas noter le glissement à droite du débat. Ce n’est pas la première fois que LREM partage des opinions avec l’opposition, LR notamment. Les lois asile et immigration, contre les manifestations et sur le renseignement ont déjà montré une porosité avec les idées du parti dont est issu le premier ministre. Et dénote d’un certain autoritarisme. La loi sur l’école ne fait pas exception, comme en témoignent les thématiques discutées en fin de soirée le 11 février et l’après-midi du 12.

Onze amendements déposés par Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN) ont porté sur l’instauration d’un uniforme pour les élèves. La droite a tellement hâte d’imposer ses thématiques qu’en plein débat sur l’absentéisme scolaire, dans la soirée de lundi, Maxime Minot, des Républicains, commence par défendre son amendement sur l’uniforme avant de se rendre compte de sa bévue. Le même a déposé un autre amendement encore plus maximaliste. Il propose que le « chef d’établissement veille à ce que le corps enseignant porte une tenue conforme à l’autorité que doit inspirer un enseignant ».

Jean-Michel Blanquer ne s’oppose pas, sur le principe, au fait que les élèves soient vêtus selon un code précis. Dans l’Hémicycle, un argument est récurrent. Instaurer un uniforme permettrait de gommer les inégalités et les différences sociales. D’autres, dont le ministre, citent l’outre-mer pour appuyer leurs propos. Une députée prend la parole pour s’agacer de cette idée reçue : « Ceux qui disent qu'en outre-mer on porte l'uniforme n'y ont jamais mis les pieds. » Sabine Rubin, de La France insoumise, peste contre le fait qu’on « parle chiffons » au lieu d’éducation.

Sans succès. Le ministre de l’éducation nationale s’explique et puise dans son expérience de recteur en Guyane : « J'ai vu les bienfaits de l'uniforme. Je suis conscient de ça, je continue à l'encourager. Il serait peu adapté de vouloir l'imposer, mais il faut en ouvrir la possibilité. » Il a aussi rappelé qu’il préférait que chaque établissement décide au cas par cas. D’où le rejet des amendements.

Dans la même veine, de longs échanges ont porté sur l’enseignement de la Marseillaise et l’affichage de ses paroles dans les salles de classe. Là encore, les oppositions ont été franches. La rapporteure Anne-Christine Lang a expliqué qu’il ne fallait pas l’imposer aux enseignants.

Le ministre a expliqué que le débat autour de la Marseillaise et de son apprentissage était « important ». Et de déplorer que, dans tous les autres pays du monde, cela soit un sujet totalement consensuel, là où la France traîne encore les pieds. Et d’y aller de sa petite anecdote, où il explique que des élèves de 4e d’un collège REP +, donc défavorisé, à Montpellier ont discuté avec lui et, avant de prendre congé, lui ont chanté l’hymne national. Ce qui l’a ému, dit-il.

Son récit n’a pas eu le même effet sur l’opposition de gauche. Un député s’agace d’une « confusion entre le dressage et l’éducation ».

Michel Larive, de La France insoumise, est aussi virulent et fustige une inquiétante « dérive nationaliste ». Il explique que le lever de drapeau « doit rester dans les casernes ». « Un drapeau qui se lève, des uniformes, un hymne qui se chante, ça ne me dit rien qui vaille pour la démocratie. » Et la députée LR Annie Genevard de rétorquer qu'elle n'a pas « la nation honteuse ».

L’amendement est rejeté ; mais à chaque fois, la majorité a du mal à s’opposer frontalement à ces propositions, qui insufflent une coloration réactionnaire à l’école.

Elle y adhère parfois franchement. Lundi soir, aux alentours de 23 h 30, une discussion s’engage à l’initiative du député LR Éric Ciotti, connu pour ses obsessions vis-à-vis des questions identitaires. Un peu plus tôt, il avait félicité le ministre de l’éducation nationale sur ses prises de position contre l’absentéisme et la violence scolaire (« Nous approuvons souvent – pour ma part, en tout cas – le diagnostic que vous livrez et les paroles justes que vous prononcez, mais nous attendons des réponses et des actes tout aussi justes et forts »).

Celui-ci a proposé un amendement mettant en place l'obligation de la présence d'un drapeau tricolore et européen, ainsi que celle des paroles de l’hymne national dans les salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat.

Jean-Michel Blanquer a considéré que l'amendement concernant « l'apprentissage effectif de l'hymne national » était « un progrès par rapport aux objectifs pédagogiques », ajoutant qu'il était à ses yeux « important de montrer que l'enseignement des éléments de l'éducation morale et civique (EMC) est présent ». Il a promis que la mesure serait très facilement mise en œuvre, « à des coûts tout à fait assumables par le ministère ».

(...)

Faïza Zerouala

Suite et fin en cliquant ci-dessous (pour abonnés)

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Les drapeaux et la Marseillaise à l"Ecole: beaucoup de bruit pour pas grand chose?... Par Claude Lelièvre...

13 Février 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Les drapeaux et la Marseillaise à l"Ecole: beaucoup de bruit pour pas grand chose?... Par Claude Lelièvre...

Si l'on en juge par rapport aux enjeux fondamentaux de l'Ecole et à partir de son fonctionnement réel, sans aucun doute. Mais il en va tout autrement dans le domaine politique voire politicien, ne serait-ce que dans leur effet de ''masquage'' ou de ''détournement''. Mais pas seulement

C'est d'ailleurs ce qui m'a fait juger (dans une interview au "Monde") "intéressante l’entente trouvée entre la majorité et les députés de la droite, qui ne réclamaient pas l’affichage du drapeau européen, mais uniquement celui du drapeau français. L’amendement modifié, qui a finalement été voté, fait mention à la fois du drapeau français et du drapeau européen. Les députés de la droite défendent la présence de symboles nationalistes dans l’école, tandis que les macronistes sont sur une ligne patriotique et européenne. L’amendement ''transpartisan'' voté à l’Assemblée nationale permet de réunir les deux sensibilités''.

Mais à quel prix? Plus politicien que politique? La ligne nationaliste voire identitaire (Ciotti- Wauquiez) peut-elle se conjuguer avec celle d'Emmanuel Macron en campagne pour les présidentielles (voire les Européennes). Episode donc ''intéressant'' (significatif, voire symptomatique) pour saisir les manoeuvres en cours dans le domaine politique où l'on voit le ministre de l'Education nationale et ses soutiens ne pas hésiter à reprendre parfois (mais quasi exclusivement) des amendements venant de LR lors de la discussion de son projet de loi (une loi ''fourre-tout, voire ''attrape-tout'' qui est de nature à permettre précisément ce genre de manoeuvres en tout genre).

Cela dit (et ce n'est pas rien...), il convient de souligner que l'article L111-1-1 du Code de l'éducation indique déjà que les drapeaux tricolore et européen doivent figurer au fronton des établissements scolaires (l'amendement voté est plus intrusif: ''dans toutes les classes du primaire et du secondaire''...). Cela avait été introduit dans la loi de refondation de l'Ecole, comme il avait été répondu le 23 juillet 2013 à une question écrite d'un parlementaire: : « Le ministre de l'éducation nationale a inscrit la dimension européenne de l'enseignement dans la loi du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République qui dispose que ''l'école doit favoriser l'intégration des futurs citoyens français dans l'espace politique de l'Union européenne [...] elle assure conjointement avec la famille l'éducation morale et civique qui comprend, pour permettre l'exercice de la citoyenneté, l'apprentissage des valeurs et symboles de la République et de l'Union européenne, notamment de l'hymne national et de son histoire' ».

A ce sujet, quid de l'ensemble des couplets de la "Marseillaise'' qui devront être affichés dans toutes les classes du primaire et du secondaire et connus des élèves selon le nouvel amendement voté?

On se contentera du billet que j'avais mis sur mon blog d'Educpros il y a trois ans , le 4 février 2016

« La Marseillaise » a accompagné le chant pétainiste « Maréchal nous voilà ! » durant toute la période du régime de Vichy. Pas toute la « Marseillaise'' certes. Car, durant cette période, deux couplets ont été généralement privilégiés : le premier, et le sixième (« Amour sacré de la patrie ») . Et deux autres couplets ( les plus ''républicains'') ont été tout à fait censurés (mais ce ne sont pas automatiquement les plus connus, et surtout les plus aisés à comprendre pour les élèves).

Couplet 2

Que veut cette horde d'esclaves,

De traîtres, de roi conjurés?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers dès longtemps préparés? (bis)

Français, pour nous, ah! quel outrage!

Quels transports il doit exciter!

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage

Couplet 3

Quoi! des cohortes étrangères

Feraient la loi dans nos foyers!

Quoi ces phalanges mercenaires

Terrasseraient nos fiers guerriers (bis)

Grand Dieu! par des mains enchaînées

Nos fronts sous le joug se ploieraient

De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées.

Quant au couplet 1 (qui ne gênait pas le Maréchal), il est loin d'aller de soi ; et les explications ne seront sans doute pas si faciles que cela à établir et à faire partager. Avec «Allons enfants de la patrie!»: d'emblée, la communauté nationale est présentée comme une famille. Certes, le danger est politiquement identifié: c'est la tyrannie, illustrée par une image: «Contre nous de la tyrannie l'étendard sanglant est levé». Pas moins, pas plus: les objectifs politiques de l'agression menée contre la France par les monarchies européennes en 1792 ne sont indiqués que par un seul mot dans toute la première strophe: «tyrannie» (auquel le refrain répond par son antidote: «citoyens»). Puis vient une image rurale: «Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats?» «Mugir», «féroces»: ils sont comme des bêtes. «Ils viennent jusque dans vos bras»: l'invasion est dépeinte comme une effraction au plus proche de notre intimité. «Egorger vos fils, vos compagnes»! . L'imaginaire est convoqué pour dépeindre les ennemis comme des égorgeurs d'enfants et de femmes ; ce qui fait que l'appel à la guerre citoyenne apparaît finalement comme un traditionnel appel à la vendetta. Et le refrain conclut: «Qu'un sang impur abreuve nos sillons»: l'intention prêtée à ces ennemis bestiaux d'égorger vos fils et vos compagnes vous autorise (selon une loi du talion implicite) à les saigner à leur tour comme des bêtes... (selon une libre reprise d'un texte de Joëlle Martine paru dans « Libération » le 13 juillet 1998).

Bon, il y a du boulot"

Claude Lelièvre

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