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Vivement l'Ecole!

Qui sont les élèves violents?...

29 Janvier 2019 , Rédigé par Telos Publié dans #Education

Qui sont les élèves violents?...

EXTRAIT

En relançant l’idée de sanctions financières à l’encontre des parents d’élèves violents, Jean-Michel Blanquer a remis sur le devant de la scène médiatico-politique un sujet très polémique et très controversé, alors qu’un document de travail sur la sécurité à l’école est actuellement en discussion au sein de la majorité. Mais, avant d’envisager des mesures et de discuter de leur efficacité supposée, encore faut-il poser le bon diagnostic sur le phénomène.

L’enquête qui avait été menée en 2016 dans les lycées sur la radicalité[1] ouvre quelques pistes à ce sujet, notamment sur le profil des jeunes les plus tentés par l’usage de la violence et nous voudrions en livrer quelques résultats dans Telos. 

On demandait à ces jeunes lycéens de classe de seconde s’ils avaient déjà fait ou pourraient faire les actes suivants : affronter les forces de l’ordre et la police, provoquer des dégâts matériels dans la rue ou affronter d’autres manifestants. Il ne s’agit donc pas de violences directement scolaires, mais il y a fort à parier que les jeunes tentés par la violence à l’extérieur de leur établissement puissent l’être aussi dans le cadre scolaire. Ces trois comportements sont d’ailleurs très fortement corrélés (coefficients supérieurs à 0,5 et même 0,6 entre l’affrontement avec la police et les dégâts matériels dans la rue), laissant supposer qu’il y a bien un syndrome général d’acceptation de la violence.

Un puissant effet territorial

Un des enseignements majeurs qui se dégage de l’analyse des résultats est la force d’un effet contextuel et territorial : les élèves des lycées situés à proximité ou dans des quartiers sensibles[2] sont deux fois et demi plus nombreux à déclarer avoir fait ou pouvoir faire de tels actes, que les jeunes d’un échantillon témoin représentatif des 15-17 ans (45% contre 18%). L’écart est considérable.

Ce résultat est évidemment dérangeant. Certains pourront penser que l’on stigmatise ainsi des populations défavorisées qui sont déjà en butte à bien des discriminations. Ces inégalités et ces handicaps sont indéniables, mais la réalité de comportements violents plus présents qu’ailleurs dans certaines parties du territoire l’est tout autant et ne fait pas mystère. Le résultat de cette enquête n’est donc pas en lui-même surprenant. Ce qui est impressionnant et peut-être moins attendu, c’est l’ampleur, dans une population très jeune de lycéens ordinaires vivant dans ces quartiers, de l’acceptation de la pratique ou du principe de la violence. On peut en donner une autre illustration : 35% d’entre eux déclarent qu’il peut être acceptable dans la société actuelle de participer à une action violente pour défendre ses idées (15% chez les 15-17 ans, ce qui n’est pas négligeable non plus).

(...)

Olivier Galland

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Le Monde propose un nouveau rendez-vous avec l'éducation, chaque mardi...

29 Janvier 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Le Monde propose un nouveau rendez-vous avec l'éducation, chaque mardi...

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

29 janvier

 

Le Monde lance "Le Monde de l'éducation", une nouvelle newsletter hebdomadaire, réservée aux abonnés

 

Le Monde propose un nouveau rendez-vous avec l'éducation, chaque mardi. Pour Luc Bronner, directeur des rédactions du Monde : "L'éducation est, depuis toujours, un sujet fondamental pour Le Monde. Nous sommes convaincus d'avoir un rôle à jouer pour raconter le monde enseignant, favorisser les débats d'idées, donner la parole aux initiatives locales, décrypter les politiques publiques et partager des ressources pédagogiques. Avec ce rendez-vous proposé à tous les abonnés numériques au Monde.fr, nous franchissons une étape dans le développement de notre service aux passionnés d'éducation."

 

La newsletter "Le Monde de l'éducation" s'articule autour de quatre grands axes éditoriaux : le terrain, la discussion, la lutte contre les fake news, une sélection de ressources pédagogiques et d'articles Culture & Voyages.

 

Lire Le Monde de l'éducation, édition du 29 janvier

 

Télécharger le communiqué de presse

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Le pauvre Blanquer, les violences scolaires et la pauvreté... Par Claude Lelièvre...

29 Janvier 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Le pauvre Blanquer, les violences scolaires et la pauvreté... Par Claude Lelièvre...

Le Conseil des ministres de mercredi devait statuer sur les mesures à prendre contre les ''violences scolaires'', déjà différées en décembre dernier. Mais les désaccords, y compris dans la majorité, n'ont pas été surmontés, en particulier quant à la mesure envisagée de rétorsion sur les allocations familiales. Une mesure qui ne peut vraiment affecter que les ''pauvres''.

Et pourtant cela fait longtemps que l'on sait que la ''pauvreté'' n'est nullement centrale dans la problématique générale des violences scolaires. Le laisser accroire, d'une façon ou d'une autre, c'est participer au détournement politicien des préoccupations qui se sont fait jour lors de l'épisode ''pasdevagues'' de l'automne dernier.

Le 17 novembre 2018, le chef du gouvernement Edouard Philippe a chargé le député LREM Stéphane Testé d'une mission temporaire sur ''la protection de l'école'' dont la lettre de mission demande notamment des propositions sur "la responsabilisation des familles et l'accompagnement à la parentalité pour prévenir les violences, l'ensemble des comportements inadaptés ou encore l'absentéisme scolaire"

Et notre ministre actuel de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer en a remis une couche en proclamant 1e 10 janvier dernier qu'il fallait prendre des mesures comme celles de retraits d'allocations familiales pour "les parents complices d'une évolution violente" de leurs enfants, une formule qu'il a reprise et confirmée plus tard avec complaisance."Complices'', il faut oser ! Pauvre Blanquer!

Et cela d'autant plus qu'il est loin d'être évident qu'une éducation ad hoc voire une bonne intrégation scolaire soient des gages de non-violence scolaire. Loin s'en faut. On le sait notamment depuis l’étude de l’INSERM menée sous la direction de Marie Choquet en 2003 dans les collèges et lycées ( ''Violences des collégiens et lycéeens; constats et évolutions'', INSERM U472, à partir de l'enquête ESPAD 2003)

Les auteurs de l’enquête ont classé les élèves en quatre groupes pour ce qui concerne leurs niveaux scolaires : moins de 7, entre 8 et 11, entre 12 et 15, et enfin 16 ou plus. Et ils ont enregistré et classé leurs déclarations en matière de violence.

Pour les filles, le lien entre la note scolaire et le fait d’être auteur de violences scolaires existe certes nettement (sauf pour les violences verbales ) ; et il est inversement proportionnel. Plus les filles ont une note moyenne élevée, moins elles sont auteures de violences. Ainsi le fait de donner des coups varie de 16% (pour celles qui ont une note inférieure à 7) à 6% pour celles qui ont une note supérieure à 15) ; de voler de 14% à 2%, d’accomplir des actes racistes de 6% à 2%, et de faire du racket de 4% à 1%.

Pour les garçons, il existe certes également un lien statistique entre leur niveau scolaire et le fait d’être auteurs de violences scolaires . Mais ce lien est inversement proportionnel pour certaines violences seulement. Ainsi le fait de donner des coups varie de 40% (pour ceux qui ont une note moyenne inférieure à 7 ) à 25% ( pour ceux qui ont une note supérieure à 15 ), et celui d’être auteur de vols de 23% à 7%. Toutefois, les relations statistiques sont nettement plus complexes voire surprenantes pour d’autres types de violences. Ainsi les élèves ayant moins de 7 sont bien ceux qui sont le plus auteurs de racket ou d’actes racistes (à hauteur respectivement de 7% et 8%), mais les élèves qui ont une moyenne supérieure à 15 sont plus souvent auteurs de racket ou d’actes racistes que ceux qui ont une note moyenne entre 12 et 15 (respectivement 3% contre 2%, et 6% contre 4%)…

Enfin et surtout, en tout état de cause, il ne faudrait pas fermer les yeux sur le fait trop souvent négligé que, même dans les cas où il est établi que les mauvais élèves sont statistiquement plus violents que les autres élèves, ils n’ont pas pour autant le monopole de ces violences : des pourcentages significatifs de bons élèves y prennent également leur part, parfois loin d’être négligeable…

Comme il a été rappelé à plusieurs reprises dans des billets précédents au fil des années (et même si cela ne constitue pas une panacée) le plus important est de tenter d'en finir pour l'essentiel avec ce qui est trop souvent le cas dans nos établissements: le renvoi réciproque des responsabilités entre les enseignants et leur hiérarchie ou administration, ou bien encore vers un ''extérieur'' (même si cela peut avoir sa part de réalité).

Les succès les plus probants de la lutte pour réduire l’ampleur et l’intensité des violences scolaires passent en effet par certaines mises en œuvre collectives, par le collectif. De nombreux travaux de chercheurs américains le montrent sans appel, en particulier ceux de l’équipe de Denise C. Gottfredson, qui a mené une enquête de victimation et climat scolaire sur un échantillon de plus de deux cents établissements. Cette recherche a établi que les facteurs les plus explicatifs de l’augmentation de la victimation sont l’instabilité de l’équipe enseignante (‘’teachers turnover’’) et le manque de clarté et l’injustice dans l’application des règles (‘’fairness’’, ‘’clarity’’), même si des facteurs exogènes au fonctionnement des établissements (tels, en particulier, que la concentration des désavantages) peuvent également jouer leur rôle en l’occurrence. « Les écoles dans lesquelles le corps enseignant et l’administration communiquent et travaillent ensemble pour planifier le changement et résoudre les problèmes possèdent un meilleur moral des enseignants et pâtissent de moins de désordre. Les écoles dans lesquelles les élèves perçoivent des règles claires, des structures valorisantes et des sanctions sans ambiguïtés souffrent également de moins de désordre »

Certes, ce n'est pas très facile à mettre en oeuvre. Alors on ne sera pas autrement surpris que la tentation de la facilité (pour l'essentiel inefficace) soit forte. Elle préside semble-t-il aux principaux axes annoncés pour le moment. L'option fondamentale qui se dégage est en effet celle de ''l'externalisation'' du problème des violences scolaires. Elles viendraient pour l'essentiel de l'extérieur de l'Ecole et devraient être traitées à l'extérieur. D'où les trois axes principaux des problèmes et solutions mis sur le devant de la scène: "la sécurisation aux abords des établissements''; l'exfiltration des élèves qui posent le plus de problèmes via le développement de ''structures spécifiques''; l'''aide à la parentalité''...

Claude Lelièvre

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Quelle excellente réforme monsieur Blanquer!...

29 Janvier 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Quelle excellente réforme monsieur Blanquer!...

Dans une lettre ouverte au ministre de l'Education nationale, des enseignants du lycée de la Venise Verte à Niort ironisent sur l'«efficacité» de la réforme.

Tribune. Nous, enseignants très soumis, trépignons et applaudissons d’enthousiasme en lisant votre prose monsieur le ministre, et celle de tous les éminents spécialistes que vous n’avez pas manqué de consulter, tous gens des hautes sphères, très éloignés du monde enseignant certes, mais très compétents. L’idée, lumineuse entre toutes et qui sous-tend la réforme consiste à orienter l’élève dès la seconde, à faire de lui le futur travailleur utile, efficace, productif et parfaitement adapté aux bassins de l’emploi. Alors oui, orientons monsieur le ministre, orientons !

Que les facultés ne soient plus encombrées de jeunes gens qui cherchent leur voie, qui changent de parcours, qui tâtonnent ! Quelle perte de temps, d’argent et surtout d’efficacité ! Car voilà bien le maître mot de cette réforme, sa quintessence, osons le dire ! Nous voulons un lycée efficace, des élèves efficaces, des lieux d’études efficaces qui seront le vivier de jeunes gens dynamiques et frétillants. C’est là que votre idée du choix des enseignements de spécialité prend toute sa valeur. Ce choix déterminant ne sera rien moins que le vestibule de Parcoursup, lui-même antichambre d’études spécifiques et d’un métier utile à la société. La voie est ainsi tracée, l’élève sur les rails de la réussite !

Billevesées

Bien sûr, cela oblige les élèves à penser leur parcours jusqu’à bac+3 dès la seconde, voire dès la 3e puisqu’il est entendu que l’adolescent efficace et prévoyant, épaulé par des parents qui n’ignoreront plus rien des arcanes et subtilités de cette réforme grâce à de nombreux sites d’informations mis à disposition de tous par l’Education nationale, sites très clairs et très précis (des centaines de pages, excusez du peu), se sera renseigné sur les combinaisons de spécialités afin de penser sa stratégie dans le choix d’un lycée. Ainsi, vous rendez l’adolescent, l’enfant même, responsable, avisé et efficace, qualités qu’il est bon d’acquérir le plus tôt possible pour trouver sa place dans notre belle société.

Des esprits chagrins – il en existe toujours monsieur le ministre et malheureusement au sein même de nos établissements – qualifient cette réforme d’aberrante car selon eux l’élaboration du projet de l’élève précède désormais l’enseignement qu’il reçoit. Ils ajoutent avec perfidie que l’élève ne construit plus un projet en prenant son temps (toujours cette propension détestable à perdre son temps !) à partir de la formation qu’il reçoit mais en fonction d’un projet qui préexiste. Autre argument avancé, et qui ne vaut pas mieux que le précédent, le choix donné à l’élève serait restreint dans la mesure où les lycées ne proposeraient pas les mêmes enseignements de spécialité. On nous parle alors d’absence de transparence, d’égalité et autres billevesées !

Ce qui nous met du baume au cœur monsieur le ministre, c’est que malgré quelques détracteurs, votre réforme se met en place ! A l’heure où nous écrivons, dans chaque établissement, on se répartit les heures, on calcule, on additionne, on redistribue mais heureusement l’idéologie sublime de cette réforme n’est nullement ou que très rarement discutée. Et c’est bien normal. Ne sommes-nous pas les serviteurs zélés de l’Etat ? Nous vous le répétons monsieur le ministre, votre réforme est grande, généreuse, visionnaire et vous avez eu mille fois raison de ne pas tenir compte du vote du Conseil supérieur de l’Education le 12 avril qui s’est prononcé contre elle. Ces gens-là se rendront compte de leur aveuglement dès la rentrée 2019, vous remercieront, nous en sommes convaincus, et clameront leur enthousiasme haut et fort.

le collectif d’enseignants du lycée de la Venise Verte à Niort

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Bertrand Belin...

28 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Eric Holder...

28 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Litterature

Supposons qu’en été, fatigué de la plage, ou bien en hiver, coincé sur la presqu’île battue par la pluie, vous décidiez de visiter un endroit insolite dont on vous a parlé. Au milieu de la forêt, une librairie d’occasion, une bouquinerie dont les bacs, à l’entrée, semblent n’attirer la convoitise que des chevreuils, des corbeaux. On vous en aura parlé puisqu’aucune indication ne la signale, aucune publicité, pas de panneau.

Il s’agit d’une fermette basse, disposée en L. L’intérieur, refait à neuf, procure le sentiment d’arriver en plein match derrière les tribunes ou au‐dessus des gradins. Des milliers de livres montrent leur dos, du sol au plafond, tandis que des échelles figurent les allées centrales.

Deux fenêtres donnent depuis l’entrée, de ce côté du bâtiment, sur une grande portion de lande, une friche revenue à l’état de nature, et qu’un tracteur tond deux fois l’an. Puis c’est la lisière de bois noirs sous les écailles vertes que le vent écarte. De hauts chênes semblent y monter la garde, bras croisés.

Plus loin s’enchevêtre la végétation caractéristique des terres humides et sableuses, saules, acacias, fougères, entre des périodes d’arbres bientôt indistincts à force d’être emmêlés. On les nomme « chablis ». Sous le fouet des branches basses, des chasseurs y perdent leur chien dans l’eau qui monte jusqu’aux genoux.

Cependant vous avez décidé d’y aller. Ce sera l’occasion d’une promenade à bicyclette, en voiture... Peut‐être afin de dénicher une belle édition, un grimoire, un ouvrage peu connu, ou bien pour retrouver des titres sous des couvertures naguère familières – « Alice », « Les Six Compagnons » en Hachette Bibliothèque verte. Au fait, si nous emmenions les enfants ? Venez par ici, bande de loustics. Ça vous sortirait.

À moins que vous vouliez simplement satisfaire votre curiosité. Ceux qui la connaissent se targuent d’y avoir été, prennent des mines d’explorateurs. Est‐ce qu’elle existe, au moins, cette bouquinerie ?

Le cœur de la presqu’île, non content de verdir et de s’épaissir à mesure qu’on y avance, présente, généreux, de plus en plus de chemins pour tâcher de s’en sortir. Peu comportent d’indications, à quoi, à qui bon ? Qui renseigner par ici ? Quel étranger s’aventurerait, porteur d’une fragile adresse, dans ce delta, un réseau de crastes – mi‐fossés, mi‐canaux – que recouvre mal, à cette heure, celui des GPS ?

Les seuls personnages dans le paysage, comme sur les gravures du XVIIe siècle, sont incarnés par des ouvriers isolés de loin en loin, penchés au‐dessus de la vigne.

– Allez donc voir à la mairie, si elle est ouverte. Ils sauront vous dire là‐bas...

Que la grange aux livres n’existe pas, ou alors pas à leur connaissance, ou alors pas trop.

– Comment ça, « pas trop » ?

– Eh bien, pas officiellement. Aucune publicité, pas de panneau. Antoine vit en ermite.

– Vous pouvez m’indiquer comment y aller ?

– Peut‐être, si je tenais le volant... Vous avez quoi comme voiture ? Je plaisante. Pas de carte détaillée non plus ? (Elle se tourne vers sa collègue.) Tu pourrais indiquer, toi, vers le palud de la Madègne... ?

– Y aller, peut‐être. Mais pour expliquer, houla ma pauvre ! Tu tournes quinze fois à gauche et quinze fois à droite. Va‐t’en les détailler sans te tromper d’une !

On songe enfin à téléphoner. On va l’appeler, cet Antoine, on va lui dire ce qu’on en pense, de sa technique de vente, là, en direct, depuis les locaux de la mairie, où les secrétaires ne sont pas loin de partager l’avis du vacancier, une boutique introuvable, n’est‐ce pas anticommercial ? Absurde ?

– Vous voulez bien me donner son numéro ? Cela ne servirait à rien, personne ne peut le joindre ? C’est la meilleure... Il possède bien un numéro de portable, non ?

Mon abonnement, peu cher, n’est pas adapté. Pour capter, je dois prendre mon vélo, pédaler quelques minutes avant d’atteindre un pylône sous le fil qui chante. L’opération n’a pas lieu tous les jours, souvent par distraction.

Au moins la moitié des aventuriers abandonnent le projet sous les yeux des employées impuissantes, de l’autre côté du guichet. Dans la vente, être si peu commerçant... Un magasin inaccessible, je rêve ! Ou alors il se fout du monde, c’est‐à‐dire du public. Et dans ce cas‐là, nous avons tous tendance à nous prendre pour le public... Faudrait voir à pas nous la faire à l’envers !

D’autres impétrants ne s’arrêtent pas là et continuent leurs investigations. Le nombre restera inconnu, hélas, de ceux dont l’aventure a mal fini. Du récit des opiniâtres qui touchent enfin au port, il ressort que le pays veuille à tout prix retenir le client.

On s’embourbe, on s’ensable, on abandonne son véhicule quand ce n’est pas un sanglier, un chevreuil qui l’a immobilisé. Du côté des cyclistes, on évoque surtout les chiens que des colons barbelés, récemment installés, n’hésitent pas à lâcher...

Bref, ça se mérite. On est bien content d’avoir trouvé. Venez voir, les enfants. On dirait la maison de la fée Tartine, si, au lieu de sucre, ce n’étaient des bouquins... Même les tabourets, les meubles, les abat-jours sont en livres.

On étouffe un peu. C’est quoi, cette lumière au bout ? La ravissante terrasse ! Avec son platane centenaire, une treille de glycine qui veille sur une tribu de chaises dépareillées, en dessous d’elle, de fauteuils, de transats, de tables de bistrot...

C’est charmant, on a envie de trouver dans l’ordre un siège et de quoi lire. Ah, c’est le but ? Si je préfère du thé, du café ou de l’eau ? Je suis un peu embarrassée... Euh, comment dire, c’est gratuit ?

Par ici les enfants ! Pour vous, monsieur propose, c’est sympa, du Coca ou du jus d’orange. Ouf, ça fait du bien de s’asseoir. Vous ne devez pas avoir beaucoup de clients, dites donc...

Je tiens de l’un d’eux l’histoire du bouquiniste au Panama. Le métier, là‐bas, n’est pas si répandu – et la qualité, semble‐t‐il, de son stock est telle – que ce bouquiniste ne vaille le détour, ou plutôt l’ascension. Car le bougre a choisi, plutôt que la capitale, d’aller s’établir à plus de deux mille mètres, dans la province de Chiriquí.

Des nouvelles récentes nous apprennent qu’il a quitté son nid d’aigle pour le village en dessous, son chien ne supportant plus l’altitude. Chacun son modèle, son héros. Le mien habite la province de Chiriquí.

Songe‐t‐il, lui aussi, comme dans les contes chinois, à échanger sa place contre une en France, dans le Sud‐ Ouest, non loin de l’océan, à la fin de l’été ? Septembre, qui a fait grincer le portail de l’école, n’est plus qu’à quelques jours de se refermer dans un claquement de portières, celui de la plupart des clients. Pour certains, le lieu est devenu de pèlerinage. Ils reviendront l’an prochain.

Trois jours inattendus de vent froid ont jeté sous la treille les premières feuilles mortes en forme de pétales pour la glycine, de mains ouvertes pour le platane, que le bouquiniste, à l’aide d’un balai fabriqué au Sichuan – don de Mme Wong –, ne ramasse pas sans mélancolie.

Le terme de « client » rend mal compte d’une relation intime, érudite, passionnée, parfois obsédante... On m’associera peut‐être aux vacances, à la bicyclette, aux couchers de soleil dans le parfum balsamique des pins. Eux ignorent à quel point ils me manqueront.

La peau se rapproche un peu du squelette durant cette période. Les routes au loin ont tendance à se taire, c’est pour mieux entendre les vagues qui dévorent la côte, le grondement, par‐delà la forêt, de milliers de buffles écumants qui broutent le rivage, attaquent les dunes, défoncent le ciment, une perpétuelle basse à laquelle des coefficients élevés ajoutent, certains jours, des fréquences supersoniques.

Il conviendrait, ces jours‐là, de s’évader, d’aller à Bordeaux, par exemple, ou bien sur l’autre rive, en Charente. Hélas, en guise de véhicule, hormis un vélo, je ne possède qu’une camionnette, d’une jolie couleur lilas, certes, cependant sujette à des avaries successives. Naguère l’embrayage, avant‐hier les freins, aujourd’hui une fuite d’huile...

« Tu maigriras jusqu’aux os », répète l’hiver dans un souffle, éparpillant comme dans une mauvaise blague le tas de feuilles qu’il faut à nouveau recueillir. On entend, pas si lointaine, la tronçonneuse de Jean‐Louis – ici, où on les reconnaît à leur cadence, on sait la machine de Jean‐Louis autoritaire, impatiente, tempétueuse.

Eric Holder - La belle n'a pas sommeil

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Colère de Christophe Bouillon (PS) contre LREM après le débat sur l'école inclusive...

28 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Colère de Christophe Bouillon (PS) contre LREM après le débat sur l'école inclusive...

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Rappel des faits ci-dessous

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Evaluation CP dédoublés: "...une communication qui claironne le contraire de ce que les données disent."

28 Janvier 2019 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Evaluation CP dédoublés: "...une communication qui claironne le contraire de ce que les données disent."

"... des résultats qui ne reposent sur aucune étude scientifique publiée, des affirmations qui ne s'appuient que sur le vent et surtout une communication qui claironne le contraire de ce que les données disent. "

F Jarraud

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EXTRAIT

(...)

" C'est un résultat très bon... Les élèves concernés ont fait des progrès importants. On a réussi à monter le niveau de ceux qui sont dans la plus grande difficulté". Sur TF1 le 23 janvier, JM Blanquer en personne est venu pour présenter les premiers résultats des CP dédoublés au journal télévisé. Il a vanté les progrès des élèves en français et en maths.

Un peu avant l'entourage du ministre, C Kerrero, son directeur de cabinet, F Rosenwald, directrice de la Depp et JM Huart, directeur de la Dgesco, ont eux aussi commenté ces résultats. C Kerrero parle de "premier grand jour" pour le ministère. "L’effet du dédoublement est statistiquement très significatif", affirme F Rosenwald.

C'est aussi ce que dit le dossier de presse du ministère. " Les premiers résultats du dédoublement des CP en REP+ sont positifs...  Les objectifs de la mesure de dédoublement des classes étaient aussi l’amélioration du climat scolaire dans les classes ; l’amélioration des conditions de travail des professeurs ; la personnalisation accrue des pratiques d’enseignement ; le renforcement des formations et de l’accompagnement des professeurs. L’étude de la DEPP établit que ces objectifs ont été atteints. L’évaluation de l’impact du dédoublement sur les compétences des élèves indique que l’effet est de 8 % d’écart-type en français et de 13%  en mathématiques, en faveur des élèves de REP+, par rapport au groupe témoin. Cet effet est donc statistiquement très significatif ". Propos qui seront repris ensuite dans un communiqué gouvernemental.

Des affirmations sans preuves

Or cet épisode illustre parfaitement les dérapages à craindre si l'évaluation de l'Ecole tombait, comme le demande la loi Blanquer , dans les mains d'un conseil placé entre les mains du ministre.

Il faut d'abord signaler que le ministère s'exprime alors qu'aucune étude scientifique n'a été publiée. Le dossier de presse parle de l'évaluation, d'un échantillon composé de 15 000 élèves, d'une enquête auprès d'enseignants, sans qu'on n'ait aucun élément pour savoir comment les échantillons sont composés ou quels élèves sont concernés par ces progrès. La confusion est entretenue entre une étude scientifique dont on parle, voire dont on mime les résultats, et le communiqué de presse. L'étude scientifique, qui devrait être la base de la communication, n'est pas publiée. On parle donc sur du vide. Et ce n'est probablement pas par hasard comme on le verra.

(...)

Qui pose la question de la loi Blanquer

Ensuite parce que cette communication est faite alors que la loi Blanquer propose de remplacer le Cnesco, un organe indépendant d'évaluation de l'Ecole, par une nouvelle structure , le Conseil d'évaluation de l'école, qui, au vu de sa composition, sera totalement dépendant du ministre.

Or cet épisode montre ce qu'est l'évaluation de l'école comme l'entend JM Blanquer. Une soumission de la publication des résultats au calendrier politique. Un mélange de données scientifiques avec de la communication. Des résultats proclamés qui sont à l'opposé de la réalité quand celle-ci se révèle décevante.

Toute cette semaine les membres de la Commission de l'éducation de l'Assemblée vont travailler sur les articles de la loi Blanquer. La démonstration est faite qu'on ne peut pas laisser l'évaluation de l'école dans les mains d'une structure dépendant du ministère.

François Jarraud

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A mes élèves homosexuels, trans, bi...

28 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

A mes élèves homosexuels, trans, bi...

A mes élèves homosexuels, trans, bi...

C'est aux adolescents, nos élèves, auxquels je pense en écrivant ces lignes. Aux adolescents, filles et garçons, qui sentent confusément ou de manière absolument certaine qu'ils sont et seront homosexuels.

A quoi pouvaient penser ces jeunes filles et garçons en voyant et en écoutant, il y a quelques mois, des milliers de Français, avec, parmi eux peut-être, des parents qui ignorent tout de la sexualité de leurs propres enfants, défiler en hurlant leur opposition, pour beaucoup leur haine, au mariage pour tous, mais d'abord à l'homosexualité, cette "déviance", cette "inversion", cette "atteinte intolérable à l'ordre naturel de l'humanité"  ? N'étaient-ils pas, ces jeunes homosexuels, en droit d'avoir peur, tout simplement peur, face à ce déferlement d'intolérance  ?

J'ai eu, j'ai et j'aurai des élèves homosexuels.

Devenu athée mais d'éducation traditionnellement catholique, baptisé, communié et confirmé, je peux concevoir les interrogations, les doutes, les interpellations de conscience. Je ne peux, en revanche, accepter les appels à l'ostracisation, à la stigmatisation, au rejet, à l'isolement, à l'enfermement, à la violence jusqu'au meurtre dans des caricatures abominables amenant certains à comparer les homosexuels à des singes. A des singes!

Alors, pour mes élèves homosexuels, avec tant d'autres je me suis battu à ma manière afin que leur droit à l'égalité de choix - celui de se marier ou pas, celui d'adopter ou pas - leur soit reconnu comme il l'est déjà dans de nombreux pays très catholiques comme l'Espagne et le Portugal.

Je pense à ces centaines, peut-être ces milliers de filles et garçons moqués, insultés, traités de PD, de tapettes, de fiottes, de gouines, de goudous, de lopettes, d'invertis, de tarlouzes. Le corpus dans ce domaine est d'une "richesse" infinie. Au XXIème siècle le triangle rose a disparu. Les mots sont restés. La honte aussi.

Pour mes élèves homosexuels, je me battrai - car les haines n'ont pas disparu; les agressions violentes en témoignent encore -  afin que soit effacée cette honte qui n'a pas lieu d'être. Je me battrai au nom de traditions familiales chrétiennes -  mais oui  - qui m'ont permis d'être d'abord à l'écoute, d'être d'abord dans le partage, d'être d'abord dans l'amour des autres et du prochain, quelle que soit son orientation sexuelle.

Pour mes élèves homosexuels, je défendrai et appelle à défendre la dignité à laquelle ils ont droit.

Pour tous mes élèves enfin, je me battrai pour construire une société civile tendant le plus possible vers l'égalité et vers la compréhension des uns entre les autres, hétérosexuels, homosexuels, trans et bi dont le point commun est d'AIMER...

Christophe Chartreux

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Homophobie à l'école : "Si un garçon dit qu'il est gay, il va être harcelé moralement"...

28 Janvier 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Homophobie à l'école : "Si un garçon dit qu'il est gay, il va être harcelé moralement"...

Alors que le gouvernement lance lundi une campagne pour lutter contre l'homophobie en milieu scolaire, franceinfo a pu suivre l'intervention d'une association dans un lycée parisien. 

"Tous égaux, tous alliés". C'est le nom de la nouvelle campagne lancée, lundi 28 janvier, par le gouvernement contre l'homophobie et la transphobie à l'école. Elle doit se déployer sous forme d'affiches dans tous les collèges et lycées, avec aussi des guides d'accompagnement pour les enseignants. Il y a urgence, selon les associations. En 2017, SOS Homophobie a reçu une centaine de témoignages d'homophobie et transphobie en milieu scolaire : insultes, menaces et, plus rarement, agressions physiques. 

Pour mettre fin à ces actes, en hausse de 38% par rapport à l'an dernier, les associations multiplient les interventions en milieu scolaire. Dans le lycée professionnel Gustave Ferrié, dans le 10e arrondissement de Paris, franceinfo a pu suivre l'une d'entre elles. 

Concernant l'homophobie et la transphobie, ou même le sexisme, je n'ai pas fondamentalement le sentiment que les élèves vivent des choses différentes que celles que je vivais, moi, il y a 40 ans, au collège et au lycée.Pascal, bénévole chez SOS Homophobieà franceinfo

Ils sont environ une vingtaine d'élèves, dans l'amphithéâtre. Face à eux, trois bénévoles de l'association SOS Homophobie. L'un deux questionne : "Quand on est lesbienne ou gay, est-ce que c'est un choix ?". Un élève répond que "l'on choisit plutôt un style de personne", un autre, "que c'est à cause des hormones". À première vue, pas d'hostilité chez ces adolescents. Mais de nombreuses idées reçues restent bien ancrées, constate Pascal, l'un des bénévoles. "Peut-être que, parmi eux, dans le lycée, il y a des élèves qui sont concernés, qui se cachent parce qu'ils ne se sentent pas à l'aise. Ce que l'on souhaite leur montrer, c'est que l'on peut être LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans) et être heureux", explique-t-il.

Il y a encore du travail. Quand on demande par exemple à ces jeunes si un garçon du lycée peut dire qu'il est gay, voici leur réponse : "Il y a beaucoup de garçons dans l'école et chaque garçon a un a priori différent sur ce sujet-là. Du coup, si un garçon dit qu'il est gay, ce sera très compliqué à assumer derrière, parce qu'on va beaucoup se moquer de lui, il va être harcelé moralement. Et s'il n'est pas fort mentalement, il ne va pas supporter".

Je suis toujours étonné de voir qu'en 2019, des années après le vote de la loi sur le mariage pour tous, qu'il y ait encore autant d'homophobie chez les jeunesGilles, bénévole chez SOS Homophobieà franceinfo

Ces réactions, Gilles a bien du mal à s'y habituer, malgré des années d'interventions scolaires derrière lui pour le compte de SOS Homophobie. "Aujourd'hui, on a vu des réactions de jeunes qui disent : 'Non mais, moi, monsieur, je suis homophobe.' C'est fou quand même qu'aujourd'hui un jeune de 18 ans, dans Paris, dise qu'il est homophobe."

Gilles se sent malgré tout utile dans ces lycées. Il raconte d'ailleurs que, quelquefois, un jeune profite d'une intervention pour se confier en fin de séance, sur son homosexualité parce qu'il se sent enfin écouté. 

Édité par Adrien Bossard et Alexis MorelRadio France
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