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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... René Descartes...

7 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Philosophie

Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce donc qu’une chose qui pense ? C’est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent. Certes ce n’est pas peu si toutes choses appartiennent à ma nature. Mais pourquoi n’y appartiendraient-elles pas ? Ne suis-je pas encore ce même qui doute de presque tout, qui néanmoins entends et conçois certaines choses, qui assure et affirme celles-là seules véritables, qui nie toutes les autres, qui veux et désire en connaître davantage, qui ne veux pas être trompé, qui imagine beaucoup de choses, même quelque fois en dépit que j’en aie, et qui en sens aussi beaucoup, comme par l’entremise des organes du corps ? Y a-t-il rien de tout cela qui ne soit aussi véritable qu’il est certain que je suis, et que j’existe, quand même je dormirais toujours, et que celui qui m’a donné l’être se servirait de toutes ses forces pour m’abuser ? Y a-t-il aussi aucun de ces attributs qui puisse être distingué de ma pensée, ou qu’on puisse dire être séparé de moi-même ? Car il est de soi si évident que c’est moi qui doute, qui entends, et qui désire, qu’il n’est pas ici besoin de rien ajouter pour l’expliquer. Et j’ai aussi certainement la puissance d’imaginer ; car encore qu’il puisse arriver (comme j’ai supposé auparavant) que les choses que j’imagine ne soient pas vraies, néanmoins cette puissance d’imaginer ne laisse pas d’être réellement en moi, et fait partie de ma pensée. Enfin je suis le même qui sens, c’est-à-dire qui reçois et connais les choses comme par les organes des sens, puisqu’en effet je vois la lumière, j’ouïs le bruit, je ressens la chaleur.

René Descartes - Méditations Métaphysiques

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Lorsque Najat Vallaud-Belkacem parle de "L'école entre révélation et élévation"... (Vidéo)

7 Janvier 2019 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education

"L'éducation est un sujet d'élévation du pays, et c'est aussi un élément de justice sociale.  "

Jean-Michel Blanquer - Ministre de l'Education Nationale - France Culture/6 janvier 2019

En 2016, Najat Vallaud-Belkacem avait elle aussi abordé ce thème de l' "élévation" à l'occasion des "Controverses de Descartes" que vous pouvez écouter ou réécouter dans la vidéo ci-dessus.

Écoutez... Prenez le temps... C''est autre chose...

Christophe Chartreux

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Les vacances scolaires: une pierre d'achoppement pour les «stylos rouges»?... Par Claude Lelièvre

7 Janvier 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Les vacances scolaires: une pierre d'achoppement pour les «stylos rouges»?... Par Claude Lelièvre

Contrairement aux «gilets jaunes» qui peuvent apparaître comme un espace rassembleur de revendications de différentes catégories, les «stylos rouges» se présentent comme l'expression revendicatrice d'une catégorie particulière - celle des enseignants - avec ses spécificités, dont l'importance des vacances scolaires n'est pas la moindre, un aspect fortement distinctif voire clivant...

Certains ''Stylos rouges'' appréhendent qu'il faudrait sans doute créer des ''ponts'' avec les non-enseignants via des propositions de changements dans le système scolaire. Mais la problématique des ''réformes'' scolaires est délicate à manier car les risques de division sur ces questions là l'emportent a priori sur les chances de rassemblement.

Restent alors avant tout les deux points basiques de revendications: diminution du nombre d'élèves par classe et/ou augmentation des rémunérations des enseignants. Dans le contexte de l'objectif de diminution du nombre de fonctionnaires, la tendance gouvernementale actuelle est à l'accroissement des revenus des professeurs du secondaire via des heures supplémentaires (reprise d'un slogan connu de la période sarkoziste : ''travailler plus pour gagner plus'') . Jean-Michel Blanquer l'a encore souligné dimanche dernier en précisant que 250 millions étaient prévus pour ces nouvelles heures supplémentaires défiscalisées (mais elles ne concernent en tout état de cause que les professeurs du secondaire).

Cependant, même dans ce cas de figure, ce que les uns et les autre ont généralement en tête ( et c'est aussi très présent sur les réseaux sociaux ou dans nombre de médias) quand il s'agit des enseignants , c'est l'importance des vacances scolaires. Cela suscite des affrontements (ou des blocages) plus ou moins bien informés ou fondés.

La première remarque à faire, c'est que la durée globale de semaines de vacances scolaires n'a pas bougé depuis la fin de la troisième République (période où elle s'est fortement installée, en différents épisodes de croissance)

A partir de l’établissement de la troisième République, les ‘’grandes vacances’’ de l’enseignement secondaire vont débuter de plus en plus tôt dans l’année (et durer plus longtemps ). En 1875, il est décidé qu’elles commenceront désormais le 9 août ; puis, à partir de 1891, le 1er août. En 1912, le début des ‘’grandes vacances’’ est avancé au 14 juillet ; mais elles durent toujours jusqu’au 1er octobre. On est donc passé de 1874 à 1912, d’un mois et demi de ‘’grandes vacances’’ à deux mois et demi.

Dans l'enseignement primaire l'arrêté du 4 janvier 1894 fixe la durée des vacances à six semaines. Mais il contient une disposition qui a son importance : « Toutefois, sur l'avis du Conseil départemental, la durée des vacances peut être portée à huit semaines, dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances ». La prolongation de deux semaines va se faire pour différents motifs, et se généraliser. Elle est d'abord octroyée exceptionnellement comme une récompense (pour les enseignants). L'arrêté du 27 juillet 1896 l'accorde au personnel « qui aura contribué au fonctionnement de cours réguliers d'adultes et d'adolescents ». Cela est renouvelé d'année en année ; avec des dispositions supplémentaires : la circulaire du 12 juillet 1897 étend le bénéfice de ces dispositions « aux instituteurs qui ont contribué au succès des œuvre post-scolaires (association d'anciens élèves, patronages) ». A la toute fin du XIXème siècle, un usage s'est créé : la durée normale des grandes vacances est passée de six à huit semaines. L'arrêté du 21 juillet 1900 indique dans son article 2 que « en aucun cas la durée des grandes vacances ne pourra dépasser huit semaines ».

En 1922, on ajoute quinze jours au mois et demi de vacances d'été. Elles vont du 1er août au 30 septembre. En 1938, les grandes vacances scolaires du primaire sont alignées sur celles du secondaire et fixées du 15 juillet au 30 septembre. C’est le Front populaire. Les congés payés commencent souvent le 14 Juillet. Or les élèves allaient à l’école jusqu’au 1er août. On institue donc des grandes vacances qui vont du 15 juillet au 30 septembre. «Il faut que les vacances des enfants et les congés des parents soient mis en harmonie», déclare Jean Zay, ministre de l’Education nationale. C’est aussi l’explosion des mouvements de jeunesse, des colonies de vacances. Les enseignants sont encouragés à y participer.

La deuxième remarque à faire également est que la durée globale actuelle de semaines de vacances se situe pour l'essentiel dans la moyenne des autres pays (signe qu'elle a sans doute ses raisons propres d'existence, tenant d'abord au fait que cela concerne avant tout des enfants et des jeunes)

Selon les comparaisons internationales décrites en 2010 dans le cadre de l'OCDE, la France fait partie du quart des pays examinés ( 32 en tout) dont la durée de l'année scolaire n'excède pas 36 semaines alors que la médiane des 32 pays se situe à 38 semaines (et que le tiers d'entre eux dépasse les 40 semaines). Seuls deux pays ont une année scolaire moins longue (35 semaines) que celle de la France (36).

La France ne se situe pourtant que dans la moyenne pour ce qui concerne les ''grandes vacances'' avec ses 9 semaines de congés estivaux ; mais c'est en France que les congés en cours d'année sont les plus longs (avec 4 périodes de deux semaines réparties sur les dix mois de l'année scolaire). Les autres pays ont rarement des ''petites vacances'' qui dépassent la semaine.

La troisième remarque, c'est qu'il faut sans doute tordre le coup à un ''canard'' récurrent (et qui court encore actuellement dans les réseaux sociaux voire certains médias). Deux mois de vacances d’été, certes, mais seulement dix mois de paye par an : voilà ce que rétorquent certains enseignants lorsqu’on leur oppose leurs longs congés d’été. Un contre-pied qui serait justifié… s’il était vrai..

En 1986, ce type d'argumentation avait fait l’objet d’une question d’un député RPR, Robert-André Vivien, au ministre de l’Education nationale, comme l'a rappelé le 10 décembre 2012 le professeur des écoles Lucien Marbœuf sur son excellent blog ''L’Instit’humeurs''. Le député soutenait alors que «des commissions interministérielles […] ainsi que le décret du 10 juillet 1946 portant sur le traitement des différents fonctionnaires de l’Etat avaient fixé les traitements des enseignants aux 10/12e de celui des fonctionnaires de grades équivalents afin de tenir compte des vacances alors plus importantes dont ils bénéficiaient». Faux, lui avait objecté le ministre de l'Education nationale René Monory, le renvoyant au décret du 10 juillet 1948 : «Il n’existe pas de règle juridique ni de clause implicite établissant un rapport entre les rémunérations des personnels enseignants et celles des fonctionnaires appartenant à des corps classés dans les mêmes catégories.» Lucien Marbœuf, qui a passé au crible les textes officiels, est catégorique: aucun décret n’établit que les enseignants ne doivent être payés que dix mois par an.

Dans "Libération'', le 31 juillet 2010, Joël Péhau, secrétaire national du syndicat Unsa, avait été lui aussi très affirmatif : il s’agit d’«un mythe». Les professeurs du primaire et du secondaire sont bien payés douze mois par an, et non pas dix. «Les dix mois sur douze, cela remonte à une ordonnance prise avant que la fonction publique n’existe. On rapportait les dix mois de paye sur douze mois, mais c’est tombé. Depuis, il y a eu plusieurs décrets statutaires, en 1946, 1983 et 2003 détaillant la rémunération des professeurs, et ils sont bien payés douze mois sur douze; le reste, c’est de la littérature" .

Claude Lelièvre

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Stylos Rouges... La rentrée...

7 Janvier 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Stylos Rouges... La rentrée...

Après quinze jours de vacances de Noël, il est désormais l'heure de la rentrée scolaire lundi 7 janvier pour les écoliers Français. Une rentrée également marquée par le mouvement des "stylos rouges". Ce groupe Facebook, né dans le sillage des "gilets jaunes" réunit désormais plus de 52 000 profs en colère. Ils réclament notamment de meilleurs salaires et conditions de travail. Ils s'estiment les grands oubliés de la crise sociale actuelle. 

Plusieurs professeurs ne veulent pas se limiter aux réseaux sociaux et ont prévu des actions concrètes dans les établissements scolaires. Pour eux, cette rentrée est la première occasion de passer à l'étape supérieure. Mais il est cependant difficile de construire une mobilisation à partir de Facebook et sans syndicats, l'une des caractéristiques, pour l'instant, de ce mouvement. Dès lors, plusieurs formes de contestations sont envisagées. 

20 sur 20 pour tous les élèves

Dans l'académie de Lille par exemple, les "stylos rouges" veulent se faire entendre via les évaluations des élèves et mettre 20 sur 20 à tout le monde selon Nita, professeur de français dans le Pas-de-Calais.

On se contentera de la note maximale pour tout le monde parce que c'est un des seuls moyens de pression que les enseignants ont aujourd'hui.Nita,
professeur de français
franceinfo

"Le collectif des stylos rouges du Nord et du Pas-de-Calais demandent une rétention des évaluations par les enseignants. On continue à évaluer les élèves par des interrogations et des devoirs, mais on ne leur rend pas les copies. On met 20 à tout le monde pour les enseignants qui veulent continuer à utiliser des notes "classiques". Les professeurs garderont pour eux les vraies évaluations, mais ne communiqueront plus aux élèves les vrais résultats", explique l'enseignante.
 
Au niveau national, d'autres actions sont envisagées, mais elles sont encore en discussion. Il pourrait y avoir des rassemblements le week-end ou encore un envoi collectif de lettres au ministère. Pour l'heure, il est impossible d'évaluer l'ampleur réelle que prendra ce mouvement avec le retour en classes.

Alexis Morel

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Coopération entre élèves - Organiser la coopération dans sa classe...

7 Janvier 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Coopération entre élèves - Organiser la coopération dans sa classe...

Il y a les treize desserts de Noël, et il y a ces treize fiches libres de droits réalisées par Pierre Cieutat, Sylvain Connac, Cyril Lascassies et Cécile Morzadec, dans le cadre d’un atelier sur la coopération entre élèves des Rencontres du CRAP-Cahiers pédagogiques en aout 2017. Il s’agissait dans cet atelier de faire vivre aux participants des formes de travail organisées en classes coopératives. Pour susciter l’aide, l’entraide et le tutorat, un plan de travail a été adossé à une partie des échanges. Chaque participant a alors pu choisir d’étudier, seul ou avec d’autres, un item correspondant à ses besoins, intérêts ou désirs. C’est dans ce cadre que ces fiches ont été mises à disposition, pour accompagner les réflexions autonomes par des ressources structurantes.

On trouve sur le site de l’ICEM34 des versions mises en forme pour être exposées sous forme de kakemonos.


Les mots de la coopération

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Fiche 0 - Les mots de la coopération

Travail en groupe

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Fiche 1 - Travail en groupe

L’aide et le tutorat

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Fiche 2 - L’aide et le tutorat

Les conseils coopératifs

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Fiche 3 - Les conseils coopératifs

Les démarches de projet

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Fiche 4 - Les démarches de projet

Les jeux coopératifs

PDF - 407.7 ko
Fiche 5 - Les jeux coopératifs

Gestion de la classe

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Fiche 6 - Gestion de la classe

Les marchés de connaissances

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Fiche 7 - Les marchés de connaissances

Les plans de travail

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Fiche 8 - Les plans de travail

L’évaluation

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Fiche 9 - L’évaluation

La différenciation

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Fiche 10 - La différenciation

Andragogie

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Fiche 11 - Andragogie

Les DVDP (discussions à visée démocratique et philosophique)

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Fiche 12 - Les DVDP

À lire également sur notre site :

Rencontres du CRAP 2017 - La coopération, c’est politique ! Conférence de Sylvain Connac

L’actualité de la recherche - La coopération en classe ou comment engager ses élèves dans des échanges fructueux, par Catherine Reverdy

La compétition n’est pas une fatalité ! Antidote n° 11, par Catherine Chabrun

Intégrer les parents dans un marché des connaissances, par Angélique Libbrecht

C’est à plusieurs qu’on apprend tout seul, paroles d’« experts » interrogés dans le cadre d’un module de formation proposé par le Centre d’études supérieures pédagogiques du Hainaut

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Chers amis...

6 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis...

Chers amis,

un dimanche chargé m'oblige à faire une pause ce jour...

A demain donc et bonne reprise aux collègues et aux élèves.

CC

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Mendelssohn... Par Rena Kyriakou...

5 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Emile Zola...

5 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La veilleuse, dans un cornet bleuâtre, brûlait sur la cheminée, derrière un livre, dont l’ombre noyait toute une moitié de la chambre. C’était une calme lueur qui coupait le guéridon et la chaise longue, baignait les gros plis des rideaux de velours, azurait la glace de l’armoire de palissandre, placée entre les deux fenêtres. L’harmonie bourgeoise de la pièce, ce bleu des tentures, des meubles et du tapis, prenait à cette heure nocturne une douceur vague de nuée. Et, en face des fenêtres, du côté de l’ombre, le lit, également tendu de velours, faisait une masse noire, éclairée seulement de la pâleur des draps. Hélène, les mains croisées, dans sa tranquille attitude de mère et de veuve, avait un léger souffle.

Au milieu du silence, la pendule sonna une heure. Les bruits du quartier étaient morts. Sur ces hauteurs du Trocadéro, Paris envoyait seul son lointain ronflement. Le petit souffle d’Hélène était si doux, qu’il ne soulevait pas la ligne chaste de sa gorge. Elle sommeillait d’un beau sommeil, paisible et fort, avec son profil correct et ses cheveux châtains puissamment noués, la tête penchée, comme si elle se fût assoupie en écoutant. Au fond de la pièce, la porte d’un cabinet grande ouverte trouait le mur d’un carré de ténèbres.

Emile Zola - Une page d'amour

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Education - Cela suffit ! La riposte doit venir !

5 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Education - Cela suffit ! La riposte doit venir !

Cela suffit ! La riposte doit venir !

Les pédagogues - c'est à dire TOUS les enseignants de ce pays, le cours magistral et frontal étant aussi une pédagogie... - éprouvent aujourd'hui toutes les peines du monde à être entendus. Ne parlons même pas d'être écoutés. L'objectif du Président de la République, de son gouvernement et de sa majorité est clair désormais. Il s'agit d'en finir avec les débats qu'ils ont décrété être dépassés. Tel ou tel "pédagogue"- mais aussi telle ou telle figure des "républicains" - n'a plus de place dans le paysage "éducation", à tel point que certains quotidiens de grand renom les ont "blacklistés" sans autre forme de procès.

Au nom du monde neuf, au nom de l'importance supposée de certains visages apparus ces derniers mois: Stanislas Dehaène et les neurosciences, Cédric Villani et la méthode de Singapour, Souad Ayada et ses préconisations d'une modernité audacieuse : retour aux fondamentaux et apprentissage chronologique de l'Histoire. Pour ne citer que les plus en vue, ceux mis en lumière dans les colonnes du Point, de Valeurs Actuelles, du JDD, de la quasi totalité des chaines de radios et télévisions, et même - qui l’eût cru? - du Monde... France2, France Culture, France Inter et Mediapart essayant de mener la résistance.

Il ne s'agit plus de résister. Il va s'agir de riposter!

Car cela suffit de voir, de lire, d'entendre tous les jours des décennies de recherches en Sciences de l'Education - je tiens aux majuscules! - être insultées, méprisées, caricaturées de manière aussi mensongère qu'incompétente ! Cela suffit de constater tous les jours l'abaissement, la complaisance, la servilité des zélateurs d'une politique éducative menée depuis l’intronisation d'Emmanuel Macron. L'esprit critique, le recul nécessaire pour une réflexion équilibrée et distanciée ont disparu du pays de Descartes et Voltaire ! N'ont-ils pas honte, ces contempteurs osant affirmer, parlant de la nouvelle Présidente du Conseil Supérieur des Programmes, que celle-ci est "trés appréciée par les enseignants" (Le Monde) ou qu'elle est "une chance pour la France" (Le Figaro).

"Trés appréciée"? Une "chance"? Alors que personne ne la connaissait avant sa nomination! Que très rares sont ceux qui ont lu un seul de ses écrits! Qu'elle n'a encore strictement rien fait! Nous sommes là dans un de ses très/trop nombreux "exemples" de sidération, de béate et stupide admiration a priori, très loin de la démarche scientifique, très loin de l'éthique journalistique.

Cela suffit d'entendre répétés comme autant de mantras obsessionnels qu'un retour aux "fondamentaux" (la France est championne d'Europe du temps passé sur les "fondamentaux"), qu'une Histoire apprise chronologiquement (Elle l'est! Ouvrez et lisez les manuels!), que faire la rentrée en chantant, que des dispositifs non évalués comme "Devoirs faits" ou le fait de diviser par deux les effectifs de CP en REP+, que les neurosciences, que des méthodes (de Singapour) imposées d'en-haut sans l'ombre d'une concertation, que la sélection à l'entrée de l'université, bref que toutes ces idées ne faisant ni sens ni liens, pourraient magiquement faire de notre école la maison de toutes les réussites.

Cela suffit de lire en permanence la condamnation éternelle de Najat Vallaud-Belkacem pour justifier les "changements" en cours. Najat Vallaud-Belkacem n'est HELAS plus Ministre. Qu'on lui fiche la paix! Sans oublier de dire néanmoins qu'avec elle et entre autres, le nombre de décrocheurs est passé de 150 000 par an à moins de 100 000, que l'OCDE avait loué les progrès constatés, que le nombre de latinistes - NON le latin n'est pas mort avec elle, bien au contraire! - est en forte augmentation dans toute la France (+ 6%), ce qui n'était plus arrivé depuis des années et des années, tout cela dans le silence complice de celles et ceux préférant l'entre-soi. Cet entre-soi aujourd'hui à  nouveau privilégié!

Cela suffit d'entendre et de lire les élucubrations de chroniqueurs-euses irresponsables et insultants, d'une totale incompétence, rejoignant dans leurs délires vengeurs quelques gratte-papier en mal d'une gloire aussi éphémère qu'imméritée et débitant au kilomètre des pamphlets médiocres rencontrant tragiquement l'oreille d'intellectuels en vue. 

Oui cela suffit! C'est toute la profession qui est aujourd'hui menacée, quelle que soit la pédagogie adoptée. Toutes et tous les enseignants sont les victimes d'un combat politique qui les dépasse. Un combat qui n'a pour seul but que faire taire celles et ceux proposant d'autres voies. Car les propositions existent mais sont empêchées d'être discutées sur la place publique.

Sans parler des élèves! 

Oubliés, méprisés et relégués au dernier rang d'une école injuste qui entraîne le pays sur le toboggan vertigineux de l'inconscience aveugle et égoïste! 

Quelle honte! Quelle tristesse! 

Mais quelle colère aussi !

Christophe Chartreux

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"Nouveaux" programmes - "L’élève acteur est mort au profit de l’élève de l’automatisation"... (+ commentaire)

5 Janvier 2019 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

"Nouveaux" programmes - "L’élève acteur est mort au profit de l’élève de l’automatisation"... (+ commentaire)

C'était en décembre 2018...

CC

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EXTRAITS

Je les ai lus, les projets d’ajustement et de clarification des programmes du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) en français qui nous tombent dessus en cette avant-dernière semaine d’école… Au premier regard, pas de bouleversement, des petites modifications par ci, par là… Un mot en moins, un mot en plus. Une structure qui rappelle celle des programmes de 2015.  Mais en y regardant de plus près, on remarque que ces petits riens changent beaucoup l’impression générale. J’ai donc mené une analyse comparative, points par points, afin d’éclaircir cette impression.

(...)

L’élève acteur est mort au profit de l’élève de l’automatisation, la notion apparaissant à plusieurs reprises au détriment de celle d’acteur qui, elle, disparaît complètement des projets d’ajustements des cycles 2 et 3. Et, toujours selon moi, la révolution est là. Le changement de posture est subtil mais clair. Adieu, élève qui tâtonne, essaie, découvre. C’est le grand retour des exercices de systématisation – qui étaient, certes, toujours d’actualité avec les programmes de 2015 mais avec une entrée différente. Les élèves ont-ils vraiment besoin de comprendre pour automatiser ? Les ajustements insinuent que non.

Le domaine de l’écriture, quant à lui, dans son introduction (pour le cycle 3) notait que « chaque élève peut ainsi devenir progressivement un acteur conscient et autonome de ses production ». Dans les nouveaux textes, l’écrit devient un outil au profit de l’acquisition des compétences grammaticales, « il est important d’établir un lien entre la rédaction de textes et l’étude de la langue en proposant des situations d’écriture comme prolongements à des leçons de grammaire et de vocabulaire et des situations de révision de son écrit en mobilisant des acquis en orthographe. ». L’élève que l’on s’image auteur, qui s’essaie dans le récit me semble bien loin. Il me faut, tout de même, reconnaitre que dans les exemples de situations, on évoque – une fois – l’imagination.  N’en demeure que l’écrit est constamment renvoyé à son utilité.

Le plus-que-parfait plutôt que la compréhension ?

La mort du prédicat, annoncée depuis un certain temps - au profit du retour aux compléments qu’ils soient d’objet direct, indirect, circonstanciels (temps, lieu, cause) - est bien actée.* L’attribut du sujet, l’épithète, les adverbes, les conjonctions, les prépositions, les notions de polysémie et d’homonyme font, eux aussi, leur grand retour. Nous pouvons nous questionner sur la pertinence de ces notions dès le cycle 3, voire 2 pour certaines. Les manuels mis à jour en 2016 se retrouvent déjà obsolètes. L’apprentissage de la conjugaison est lui aussi bouleversé. Le passé composé et le plus-que-parfait s’ajoutent au présent, futur, imparfait et passé simple.

La lecture est, comme nous nous y attendions, centrée sur le codage-encodage. La compréhension, grand problème de nos petits lecteurs, me semble bien peu de fois évoquée. Quitte à « ajuster » les programmes, n’aurait-il pas été pertinent d’accentuer ce travail qui doit être fait sur la compréhension ?

(...)

Lilia Ben Hamouda

Les projets d'ajustement

Les nouveaux programmes de l'école et du collège

Le billet complet (et bien d'autres) est à lire en cliquant ci-dessous

* Commentaire

Merci au Café Pédagogique et à Lilia ben Hamouda d'avoir lu attentivement ces "nouveaux" programmes.

"La mort du prédicat, annoncée depuis un certain temps - au profit du retour aux compléments qu’ils soient d’objet direct, indirect, circonstanciels (temps, lieu, cause) - est bien actée."

J'ajouterai, très rapidement et sans contredire l'excellent billet à lire sur le site de "Café", ces deux points. Le premier en forme de question:

1- quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi l'outil "Prédicat" (enseigné dans le Grevisse, "Bible de la grammaire "traditionnelle" - Grevisse 13e édition, paragraphes 237 à 240) ne doit plus être utilisé alors qu'il s'agit d'un moyen TRES efficace - je peux l'assurer car je l'ai employé en classe - pour faire progresser les élèves, notamment ceux les plus en difficulté?

Je ne peux pas croire qu'il s'agisse d'effacer un "symbole". "Symbole" d'un quinquennat, "symbole" d'un ministère, "symbole" d'une ministre...

Si tel était le cas, outre le ridicule, ce serait une fois de plus ne pas comprendre les réels intérêts des réformes, intérêts qui ne peuvent être que concernant les ELEVES!

2- au sujet du "retour" des COD/COI/CC, je laisse la parole à "Charivari:

(...)

Contrairement à ce qu’on peut lire dans les journaux mal informés, l’enseignement du prédicat ne remplace pas celui des compléments de verbe (COD…) : il le précède.

Le prédicat ne remplace pas le COD, il le contient. Dans la phrase d’exemple ci-dessus, le prédicat c’est chante une comptine, et le COD, qui complète le verbe à l’intérieur du prédicat, c’est une comptine.

Puisque cette notion de prédicat ne remplace pas celle de COD, vous en déduirez vous-mêmes que ce nouveau terme n’a aucune conséquence sur l’enseignement de l’orthographe, et, en particulier, aucune conséquence sur l’enseignement de l’accord du participe passé avec le COD placé avant le verbe. L’accord du participe dans ce cas particulier figure toujours au programme du collège, à la même place que dans les programmes précédents. Il n’a pas été « repoussé » du tout.

Je le prouve (extrait des nouveaux programmes du collège) :

"Nouveaux" programmes - "L’élève acteur est mort au profit de l’élève de l’automatisation"... (+ commentaire)

Ah bon, les élèves de primaire n’apprennent plus à accorder les participes passés ? On attend le collège maintenant ?

Là encore, journalistes ou politiques ont hurlé au loup alors que les nouveaux programmes n’ont rien changé à l’enseignement de l’accord des participes. Comment avant, les écoliers apprennent les cas d’accords les plus courants, quand les collégiens apprennent le cas d’accord « tordu » :

A l’école primaire, les élèves apprennent que le participe passé s’accorde avec le sujet après l’auxiliaire être :
Les souris sont mangées par les chats.
… mais que le participe passé ne s’accorde pas avec le sujet après l’auxiliaire avoir :
Les chats ont mangé_ des souris.

Voilà ce qu’on enseigne à l’école primaire, depuis les programmes de 1995 (donc ça n’a rien à voir avec les derniers programmes de 2015) et je vous assure que ce n’est déjà pas facile du tout. Beaucoup d’adultes font des erreurs sur ces accords « courants » de participes. Par égard pour eux, je ne publierai pas ici les tweets de politiques, pourtant énarques, qui se trompent sur ces accords élémentaires.

Les collégiens, eux, apprennent, en plus, à accorder le participe avec le COD, quand ce dernier est placé avant le verbe. C’est seulement pour cet accord qu’ils ont besoin de reconnaitre le COD (Ex : Les souris que les chats ont mangées ont disparu…). Ce cas d’accord -tordu-, on attend le collège pour l’enseigner. Ce n’est pas nouveau, cela vingt ans que c’est comme ça. Cela n’a rien à voir avec les nouveaux programmes ni avec l’apparition du prédicat.

(...)

Texte complet en cliquant ci-dessous

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