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Vivement l'Ecole!

Blanquer ira-t-il jusqu'à "mettre la pauvreté en prison''?... Par Claude Lelièvre

11 Janvier 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Blanquer ira-t-il jusqu'à "mettre la pauvreté en prison''?... Par Claude Lelièvre

Cela a été la formule employée par le leader de la droite cléricale au Sénat - Hervé de Saisy- en 1881 pour tenter de s'opposer à la loi d'obligation de scolarisation de Jules Ferry et aux peines prévues contre les parents contrevenants.

Jules Ferry répond ce même 14 juin 1881: " on ne passera pas notre temps à des poursuites, à des procès, à des condamnations ; ce n’est pas le gendarme qui sera le grand ressort de cette loi ; la condamnation judiciaire est nécessaire comme réserve ; mais notre loi, si vous voulez la lire, est toute faite de contrainte morale "

Il y a 10 ans, en décembre 2009, l’UMP a lancé une pétition pour une meilleure application du titre III de la loi du 31 mars 2006: " La loi du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances prévoit, en son titre III, la création d’un contrat de responsabilité parentale et la faculté de suspendre tout ou partie des prestations familiales afférentes à l’enfant dans le cas d’un manquement de ce dernier à l’obligation d’assiduité. Si vous êtes pour une meilleure application de la loi du 31 mars 2006, signez la pétition du Mouvement populaire " ( http://www.u-m-p.org/petitions/allocation-parents )

L'antécédent de l'Angleterre qui s’était déjà engagée, depuis le début de ce troisième millénaire, dans une politique résolument répressive envers les parents jugés responsables de l’absentéisme de leurs enfants apparaissait pourtant fort peu convaincant . Entre 2005 et 2007, pas moins de 133 parents ont été emprisonnés pour cette seule raison ; ce qui n’a pas empêché par ailleurs la distribution de plus de 8000 amendes à d’autres parents (pour le même motif) dans la seule année 2008 alors que la prison infligée aux autres était sensée les faire réfléchir et ramener leurs enfants à l’école. Dans le même temps, le taux d’absentéisme est passé de 0,7% à 1%, alors même que le nombre de parents emprisonnés passait – lui - de 51 par an en 2002-2004, à 82 en 2005-2007.

Aujourd'hui (on n'arrête pas le'' progrès'') il ne s'agit plus seulement de la fréquentation scolaire mais des violences des élèves. Le 17 novembre 2018, le chef du gouvernement Edouard Philippe a chargé le député LREM StéphaneTesté d'une mission temporaire sur ''la protection de l'école'' dont la lettre de mission demande notamment des propositions sur "la responsabilisation des familles et l'accompagnement à la parentalité pour prévenir les violences, l'ensemble des comportements inadaptés ou encore l'absentéisme scolaire"

Il est vrai qu'à la suite du déferlement sur internet de "pasdevagues'' il peut sembler politiquement opportun à certains politiques de substituer une cible à une autre, et de faire retomber la ''responsabilité'' des violences scolaires sur les parents.

Et notre ministre actuel de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer en a remis une couche en proclamant jeudi dernier lors d'une visite dans les Hautes Alpes qu'il fallait prendre des mesures comme celles de retraits d'allocations familiales pour "les parents complices d'une évolution violente" de leurs enfants, une formule qu'il a reprise et confirmée plus tard avec complaisance dans la journée.

"Complices'', il faut oser ! D'autant qu'il s'agit à l'évidence d'un préjugé de classe, car ceux qui peuvent être sérieusement ''touchés au porte-monnaie'' ce sont les pauvres. "Classes laborieuse, classes dangereuses'' pense-t--on depuis longtemps dans certains milieux. Comme si les violences scolaire (et les élèves violents) pouvaient être circonscrits à la sphère des milieux socialement en difficulté. On n'est pas en plein ''pragmatisme'' (soi-disant cher à Jean-Michel Blanquer) comme le montre l'antécédent de l'Angleterre, mais en pleine idéologie et manoeuvre politique. Mais Jean-Michel Blanquer n'est-il pas toujours empressé lorsqu'il s'agit des aspects politiciens de son ministère?

Claude Lelièvre

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Joan Baez... Bon anniversaire...

10 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Georges Bernanos...

10 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La conférence est une entreprise de séduction, et on ne peut à la fois séduire et convaincre, on ne saurait tout à la fois convaincre et plaire. C’est une grande naïveté de croire que les hommes sont dupes de leurs erreurs, qu’on les en peut détacher sans leur faire mal. La plupart ne sont pas plus dupes de leurs erreurs que de leurs vices, ils les aiment, et, quand ils ont cessé de les aimer, ils leur restent encore plus étroitement attachés par l’habitude, comme un jeune amant à une vieille maîtresse. « Je voudrais au moins savoir les raisons qui t’empêchent de rompre avec la Comtesse ? », dit je ne sais quel personnage d’Henry Becque. Et son interlocuteur lui répond d’une voix plaintive : « Adrien, tu n’es pas juste envers moi, tu me demandes l’impossible. Comment veux-tu que je te les avoue, puisqu’elles sont inavouables… »

Nous rencontrons ainsi tous les jours des gens que nous nous efforçons de guérir de leurs illusions, alors qu’ils les ont perdues depuis longtemps ; ils n’ont seulement pas le courage de s’en créer d’autres, et la simple vérité leur fait peur. C’est ce qui rend tant de conversations suspectes, et décevante la profession de convertisseur. On voit ainsi beaucoup de malheureux passer d’une opinion à une autre, et nous nous apercevons vite qu’ils n’ont fait que changer de fauteuil : la seule chose qu’ils ne savent pas faire, c’est de se tenir debout.

Georges Bernanos - La Révolte de l'Esprit

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Stylos rouges: et maintenant les profs? (+ commentaire)

10 Janvier 2019 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education

Un mouvement sympa qui défend une école très "plan-plan", très ancrée dans le passé, qui ne souhaite pas réformer en profondeur mais à la marge.

Le "stylo rouge" et l'idée du "20/20 à tous les élèves" est à ce titre particulièrement signifiant

La demande de retrait des réformes passés aussi.

Quant au rapprochement souhaité par certains avec les Gilets Jaunes, il est stratégiquement et politiquement particulièrement dangereux.

Enfin je n'entends aucune proposition originale d'action qui remplacerait l'inutile grève d'un jour.

CC

Ps: heureux d'entendre le SNES accorder un satisfecit à la politique éducative du gouvernement précédent. Un peu tard...

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Stylos rouges: un révélateur, aussi, de la forme scolaire?

10 Janvier 2019 , Rédigé par Mediapart

Stylos rouges: un révélateur, aussi, de la forme scolaire?

EXTRAIT

Par la symbolique dans laquelle il s’inscrit, le mouvement des stylos rouges révèle la prégnance d’une forme scolaire qu’il permet de revisiter et de repenser.

Il a déjà été beaucoup écrit sur le mouvement des stylos rouges qui mobilise de nombreux enseignants. On ne reviendra pas, dans ce billet, sur les revendications exprimées dans leurs manifestes, ni sur l’attention qui leur est portée par les syndicats comme par le ministre. On se focalisera plutôt sur ce que ce mouvement, par le choix de son intitulé comme de ses modes d’action, dévoile de la forme scolaire.

La particularité, en effet, de la forme scolaire, c’est d’être tellement prégnante dans les esprits qu’elle semble aller de soi : quoi de plus naturel, semble-t-il, que la succession des heures de cours mettant face à face dans une salle une classe et un professeur de discipline,  que l’organisation standardisée des salles (modèle de l’autobus) comme des établissements scolaires (modèle de la boîte d’œufs) ? Rien en fait n’est plus culturellement et historiquement daté que l’organisation de l’enseignement. La forme scolaire, selon Guy Vincent, est « une forme socio-historique de transmission[1] ».

De ce point de vue, que nous révèle le mouvement des stylos rouges ? En choisissant le stylo rouge comme emblème, ils évoquent la figure du professeur corrigeant le travail écrit de l’élève. Ils mettent ainsi en lumière une image de leur fonction qui privilégie, comme la forme scolaire, l’écrit par rapport au dire, le savoir par rapport au faire. En choisissant comme mode d’action à la rentrée de janvier dans l’académie de Lille d’afficher des notes de 20 sur 20, ils révèlent la persistance de la culture de la note et de la moyenne générale dans notre forme scolaire. Aujourd’hui encore, des bulletins trimestriels de collégiens et de lycéens affichent une moyenne générale. Distribuer des 20 à tous les élèves quand cette note est réputée exceptionnelle, c’est mettre en péril le culte de la sacro-sainte note sur 20.

(...)

Jean-Pierre Véran

Suite, fin et liens en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Réformes - Divers...

10 Janvier 2019 , Rédigé par Les cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Réformes - Divers...

Une actualité peu fournie aujourd’hui. On y parle encore et toujours des réformes.

Réformes

On commence par l’anniversaire d’une réforme : il y 60 ans, l’école devenait obligatoire jusqu’à 16 ans
“En France, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans. Il n’en a pas toujours été ainsi. On doit cette mesure à une ordonnance signée par le général De Gaulle, le 6 janvier 1959.”

Beaucoup plus actuel, la réforme du lycée professionnel. Quand Jean-Michel répond à Jérôme sur le « Harvard du pro » … Le blog de ELIANE LE PORT
“Interpellé par un auditeur de France Inter sur la réforme de la voie professionnelle qui supprime purement et simplement la moitié des horaires de l’enseignement général dans les programmes, Jean-Michel Blanquer ne se démonte pas et continue de défendre une réforme qui fera advenir, selon ses termes, le « Harvard du pro »…”

Les élèves s’expriment aussi sur les réformes.
« Réussir à l’école, ce n’est pas seulement avoir de bonnes notes » par Marlène Thomas
“« Libé » donne la parole à tour de rôle à des élèves de seconde pour recueillir leur avis sur le système éducatif et les réformes en cours. Aujourd’hui, Sandra, 15 ans.”

UN « LIEN DE CONFIANCE » RENFORCÉ POUR MIEUX BAILLONNER LES PROFS ?
Une mise au point efficace sur le prétendu devoir de réserve des enseignants.
“Fonctionnaires, les enseignants relèvent du statut de la fonction publique déterminé par la loi du 13 juillet 1983. Si celle-ci met noir sur blanc le respect de la laïcité, le « devoir de neutralité » et un devoir de discrétion professionnelle (c’est-à-dire ne pas dévoiler les informations qu’il détient) du fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, nulle trace d’un « devoir de réserve ». Et pour cause : Anicet Le Pors, le ministre communiste qui porta le texte à l’époque, expliquait lui-même dans une tribune publiée en 2004 que « l’obligation de réserve ne figure pas dans le statut » des fonctionnaires. Au contraire : la loi expose en son article 6 que « la liberté d’opinion (leur) est garantie ». « En définitive, rappelait alors l’ancien ministre, la question est plus politique que juridique et dépend de la réponse à une question simple : le fonctionnaire est-il un citoyen comme les autres ? (…) Est-il un sujet ou un citoyen ? »”
Service national : J.M Blanquer s’oppose au port des signes religieux (i24NEWS)

Divers

VIDÉO - Éducation : pourquoi est-il dorénavant si simple de devenir professeur ?
« “ÉCLAIRAGE - Face au manque notable de professeurs dans certains collèges et lycées, l’Éducation nationale est contrainte d’embaucher de nombreux contractuels. Malgré l’inexpérience de certains candidats.” »

Dictée guidée : un nouveau moyen de progresser en orthographe ? Marie-Line Bosse, Professeur de psychologie, Université Grenoble Alpes
« Le dispositif d’apprentissage que nous avons testé est très simple : il s’agit de pratiquer régulièrement un exercice de dictée sur un support guidant l’écriture. Chaque mot du texte est à écrire dans un « squelette », composé de cases indiquant son nombre de lettres, leur forme (avec des lettres montantes ou descendantes) et la présence de « graphèmes », plusieurs lettres associées en un seul son ou « phonème » (comme « ou », prononcé « /u/ »).
Ainsi, les élèves sont aidés dans leur production et obligés, à chaque fois que leur premier choix orthographique ne correspond pas au squelette fourni, de réfléchir activement (par exemple en se remémorant une règle d’accord qu’ils allaient oublier d’appliquer) et de modifier leur production en conséquence. »

Les étudiants français n’ont pas trop la "bougeotte" ! Seuls deux lycéens sur dix quittent leur académie après le bac
Marie-Christine Corbier
“Une étude de l’Insee, publiée ce mardi, révèle une mobilité encore relativement limitée des jeunes bacheliers pour leur entrée dans l’enseignement supérieur.”

L’université de Chicago va construire un immense campus à Paris
“L’université de Chicago va implanter à Paris une base arrière pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient de 9 500 mètres carrés. Des passerelles sont prévues avec des établissements comme Sciences Po.” La question reste le prix des études dans cet établissement.

Parution de "SOS Parcoursup"​ Auteur : Bruno MAGLIULO, livre publié par L’Etudiant Editions, et disponible en librairies et sur l’Internet (www.editionsopportun.com) à partir du 10 janvier 2019.

Géraldine Duboz

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Entre les enseignants, des écarts de salaires qui persistent - Par Claude Lelièvre

10 Janvier 2019 , Rédigé par The Conversation - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Entre les enseignants, des écarts de salaires qui persistent - Par Claude Lelièvre

Depuis fin décembre, le collectif « les stylos rouges » milite sur les réseaux sociaux en faveur de meilleures conditions de travail pour les enseignants et d’une hausse de leur rémunération, appelant à cette occasion à un « arrêt de la différenciation entre le premier et le second degré ». « Nous voulons les mêmes avantages, salaires et traitements pour tous », ont-ils lancé dans une liste de vingt revendications publiée sur leur compte Twitter.

Ces écarts et inégalités ne datent pas d’hier. On peut citer par exemple cette observation de l’historien anglais Théodore Zeldin dans son Histoire des passions françaises :

« En 1914, les instituteurs d’Alsace-Lorraine (alors sous souveraineté allemande) recevaient un salaire deux fois plus élevé que celui de leurs collègues français et, dans une enquête internationale, les enseignants du primaire en France furent classés comme les plus mal payés d’Europe, venant à la vingt-cinquième place, à égalité avec ceux du Monténégro. »

Des professeurs des écoles désavantagés

Lorsque, à la fin des années 1880, les instituteurs sont devenus fonctionnaires d’État, l’écart de leurs rémunérations par rapport aux professeurs du secondaire est resté très important : un professeur de collège gagnait alors trois plus qu’un instituteur en début de carrière, et deux fois plus en fin de carrière (un agrégé huit fois plus en début de carrière, et six fois plus en fin de carrière).

On aurait pu croire que la création en 1990 du corps des professeurs des écoles (à égalité indiciaire de principe avec celui des professeurs certifiés du secondaire, et avec le même niveau académique de recrutement) allait renvoyer tout cela aux oubliettes de l’histoire. On en est cependant encore loin, même si ces inégalités ont diminué.

Selon une étude de la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) de 2017, et le bilan social du ministère de l’Éducation publié en avril 2017, les professeurs des écoles de moins de 30 ans ont un revenu net moyen de 1 831 euros, contre 1 990 euros en moyenne pour les certifiés et 2 517 pour les agrégés de la même tranche d’âge.

Les professeurs des écoles de plus de 50 ans ont eux en moyenne un revenu net de 2 567 euros – contre 2 996 euros pour les certifiés et 3 940 euros des agrégés de plus de 50 ans. La différence entre les professeurs des écoles et les certifiés tient en partie à ce que ceux-ci ont davantage d’indemnités, et surtout ont la possibilité de faire des « heures supplémentaires années ».

Comparaisons internationales

L’étude comparative internationale serrée (et tenant compte pour la première fois de l’ensemble des revenus) menée sous l’égide de l’OCDE à partir des données de 2012 a établi de façon difficilement contestable les disparités de revenus des différentes catégories d’enseignants selon les pays.

Le salaire moyen des professeurs des écoles françaises est de 17 % inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Mais ceux des professeurs de collège ou de lycée – eux- atteignent presque la moyenne des 34 pays de l’OCDE ; ils sont seulement 3 % en dessous pour les professeurs de collège, et 2 % en dessous pour les professeurs de lycée.

Poussant plus loin l’analyse, les experts de l’OCDE ont comparé ces revenus avec ce que ces professeurs à haut niveau de diplôme universitaire gagneraient s’ils avaient opté pour une autre carrière. Le professeur des écoles est encore le grand perdant en gagnant seulement 72 % de ce qu’il pourrait escompter avec son niveau de diplôme s’il travaillait ailleurs que dans l’Éducation nationale. La perte est moindre au collège (86 %) et presque nulle au lycée (95 %).

On notera toutefois que le professeur de lycée français gagne nettement moins que ses collègues de même niveau dans certains pays : 14 % de moins que l’enseignant finlandais ou américain, 28 % de moins qu’un Néerlandais, et surtout 54 % de moins que son voisin allemand.

La question des heures supplémentaires

On doit insister sur le fait que l’augmentation des « heures supplémentaires années » n’est pas de nature à corriger les inégalités frappant pour l’essentiel les professeurs des écoles, bien au contraire. Sans fermer la voie à d’autres mesures, c’est pourtant l’annonce qui a été privilégiée dimanche dernier par le ministre de l’Éducation nationale, Jean‑Michel Blanquer, 250 millions étant déjà prévus pour cela.

Certes, dans son rapport « Gérer les enseignants autrement », la Cour des comptes a mis en avant que, sur le plan budgétaire, « le coût moyen d’un emploi à temps plein (hors charge) est de 42 800 euros pour un certifié, 34 830 euros pour un contractuel, et de 24 551 euros seulement pour l’équivalent en heures supplémentaires ».

Mais il y a déjà eu à ce sujet un précédent édifiant dans le cadre du mot d’ordre sarkozyste : « Travailler plus pour gagner plus ». En 2007 le ministère de l’Éducation nationale a mis en place une politique incitant les enseignants à effectuer des HSA avec des mesures générales (défiscalisation des heures supplémentaires instituée par la loi du 21 août 2007) ou spécifiques à l’Éducation nationale (création d’une prime de 50 euros au bénéfice des enseignants qui assurent au moins trois HSA).

In fine, le rapport de la Cour des comptes a mis en évidence que ces rémunérations supplémentaires « ont été réparties très inégalement entre les enseignants dans la mesure où le nombre d’HSA varie fortement selon le type d’établissement et le niveau d’enseignement ». Ainsi, « 46 % des enseignants du secondaire n’effectuent aucune heure supplémentaire ; cela va de 52 % en collège à 12 % en classes préparatoires aux grandes écoles […]. Les professeurs certifiés assurent en moyenne 0,9 HSA par semaine ; les professeurs agrégés enseignant en CPGE ont en moyenne 4 HSA ».

Claude Lelièvre

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Coup de coeur... Roland Barthes...

9 Janvier 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

L'EFFRACTION DU SENS

Le haïku a cette propriété quelque peu fantasmagorique, que l'on s'imagine toujours pouvoir en faire soi-même facilement. On se dit : quoi de plus accessible à l'écriture spontanée que ceci (de Buson) :

C'est le soir, l'automne,
Je pense seulement
A mes parents.

Le haïku fait envie : combien de lecteurs occidentaux n'ont pas rêvé de se promener dans la vie, un carnet à la main, notant ici et là des "impressions", dont la brièveté garantirait la perfection, dont la simplicité attesterait la profondeur (en vertu d'un double mythe, l'un classique, qui fait de la concision une preuve d'art, l'autre romantique, qui attribue une prime de vérité à l'improvisation).

Roland Barthes - L'Empire des signes

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L’écran populaire... "Que font les individus des images et des personnages qu’ils reçoivent ainsi tous les jours?"

9 Janvier 2019 , Rédigé par La Vie des Idées Publié dans #Education, #Médias

L’écran populaire... "Que font les individus des images et des personnages qu’ils reçoivent ainsi tous les jours?"

EXTRAIT

Souvent allumé du matin au soir, le petit écran rythme plus que jamais la vie quotidienne des classes populaires. Mais que font les individus des images et des personnages qu’ils reçoivent ainsi tous les jours à leur domicile ?

Le regard du sociologue n’est jamais aussi perçant que lorsqu’il scrute des réalités banales qui semblent relever des seuls choix personnels des individus. La réception quotidienne de la télévision en est une au même titre que les goûts alimentaires et beaucoup d’autres comportements apparemment soustraits à l’injonction de toute norme sociale.

La télévision est aujourd’hui présente dans la quasi-totalité des foyers : plus de 95 % en sont équipés. Sa massification la banalise au point d’en faire une réalité quotidienne, si bien entrée dans les mœurs qu’elle apparaît dépourvue de tout relief social. Les sociologues eux-mêmes ont fini par s’en désintéresser.

Pourquoi si peu d’études aujourd’hui sur la réception de la télévision, alors que depuis les années 1960-1980, la durée moyenne de réception a quasiment doublé, et plus encore au sein des catégories sociales populaires ? Olivier Masclet pointe les effets pervers des travaux de deux grands sociologues, Bourdieu et Hoggart ! Le premier réduit l’attrait de la télévision dans les milieux populaires à un degré zéro des pratiques culturelles. Richard Hoggart suppose lui que la culture populaire traditionnelle est assez forte pour rendre imperméables ceux qui la partagent aux « illusions » des messages délivrés par les médias. Moralité : circulez, il n’y a rien à voir pour le sociologue dans les relations des classes populaires à la télévision.

L’enquête menée par Olivier Masclet démontre le contraire. Renouant avec l’objectif fixé par G. Friedmann dans les années 1960 de décrire la « télévision vécue », il cherche à comprendre comment les usages que font de la télé les familles populaires modifient ou non leur identité sociale, transforment leurs styles de vie et donnent forme à leur rapport au monde. Pourquoi Karine, femme au foyer et sans diplôme, préfère-t-elle Cristina Yang à Meredith Grey qui est pourtant l’héroïne principale de la série Grey’s Anatomy ? Pourquoi, au lieu de s’identifier à la première, tout entière orientée vers l’altruisme, se sent-elle plus proche de Cristina, virile, ambitieuse et sans pitié, « cash et rentre-dedans » ? Les dimensions morales de l’interaction se révèlent ici décisives. Le projet est ambitieux et délicat à réaliser. L’accès à l’intimité des familles implique un climat de confiance. Le sociologue doit convaincre celles et ceux qu’il interroge qu’il est aussi familier qu’eux des univers très variés qu’ils fréquentent à travers leurs écrans, sans manifester le moindre jugement de valeur qui risquerait de transformer l’entretien en examen de légitimité culturelle. La tâche est d’autant plus rude que la fracture culturelle entre ces univers et ceux dont les milieux intellectuels sont familiers est profonde : les chaînes du service public, Antenne 2, Arte, la Cinq n’ont presque jamais droit de cité sur les écrans des familles populaires enquêtées !

L’auteur a pris le parti d’interroger des personnes qu’il connaissait parce que leurs enfants étaient scolarisés dans la même école que les siens ou qu’il les rencontrait dans le cadre d’associations ou d’autres activités au sein d’une même ville. Compte tenu d’un cahier des charges aussi lourd et d’une population aussi réduite, l’intérêt et la richesse de cette enquête relèvent du tour de force.

(...)

À propos de : Olivier Masclet, L’invité permanent, la réception de la télévision dans les familles populaires, Armand Colin, 2018, 272 p., 24 €

Christian Baudelot, « L’écran populaire », La Vie des idées , 2 janvier 2019. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-ecran-populaire.html

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