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Vivement l'Ecole!

Doucement mais sûrement, comment Jean-Michel Blanquer se met les profs à dos...

26 Décembre 2018 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Politique

Doucement mais sûrement, comment Jean-Michel Blanquer se met les profs à dos...

C'était en mars 2018...

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Une vaste consultation annuelle des professionnels de l'éducation révèle des éléments sans appel.

À l'évidence, la lune de miel entre ministre de l'Éducation nationale et la communauté éducative arrive à son terme.

Après de multiples "unes" de journaux dithyrambiques, après pléthore de sondages tous plus élogieux les uns que les autres, après des émissions de télévision plébiscites, le ministre fait face à un premier revers significatif.

Une vaste consultation annuelle - 33 000 réponses- des professionnels de l'éducation réalisée par l'UNSA -syndicat réformiste, progressiste et modéré dans ses positions- révèle des éléments sans appel :

  • Seulement 21% des professionnels de l'éducation se déclarent en accord avec les choix politiques éducatifs du ministre.

  • Les cadres de l'Éducation nationale – inspecteurs du premier et second degré, personnels de direction – sont passés pour la première fois du soutien au rejet des réformes ministérielles puisque 60% d'entre eux sont en désaccord avec l'actuelle politique éducative.

Et pourtant, dans le même temps, toujours selon cette consultation, 92% des enseignants continuent à aimer leur métier quand seulement 37% le recommanderaient, traduisant ainsi un profond malaise.

Malaise tout d'abord très fortement ressenti face au manque de considération, de respect du statut et de la fonction, malaise lié aux conditions de travail jugées insatisfaisantes chez les personnels de direction comme chez les inspecteurs.

Malaise enfin concernant les rémunérations aujourd'hui maltraitées par les récentes décisions de l'actuel gouvernement : gel du point d'indice, report du PPCR – Parcours Professionnels Carrières Rémunération – établi sous le gouvernement précédent, journée de carence, hausse à peine compensée de la CSG...

Au-delà de cette régression statutaire et financière, cette vaste consultation traduit par ailleurs une absence de soutien pour les réformes éducatives de la politique ministérielle.

Si le ministre Blanquer a supprimé la réforme des rythmes scolaires et la réforme du collège, pour autant, et c'est une première, aucune catégorie de personnels interrogée lors de cette consultation ne soutient le ministre.

Ses déclarations récentes sur "l'allant des professeurs pour les réformes" se heurtent aujourd'hui à une implacable réalité : seuls les inspecteurs de l'enseignement agricole ou conseillers techniques et pédagogiques supérieurs du mouvement sportif approuvent les réformes engagées.

A n'en pas douter, les très nombreuses suppressions de classes en milieu rural, le démantèlement - sans aucune évaluation - du dispositif "Plus de Maîtres que de Classes" pourtant plébiscité par les équipes éducatives, la remise en cause de la scolarisation des enfants de 2 ans, la réforme du Baccalauréat rejetée par le Conseil Supérieur de l'Éducation, ou encore la sélection déguisée mise en œuvre dès le lycée pour l'accès à l'université s'inscrivent en totale contradiction avec la soi-disant "école de la confiance" prônée par le ministre Blanquer.

Bien plus qu'un avertissement, cette grande consultation vient rappeler au ministre de l'Éducation nationale, s'il en était besoin , que l'École de la République et la réussite de tous les enfants méritent mieux que des slogans.

Yannick Trigance

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L’école au défi de la pauvreté...

26 Décembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

L’école au défi de la pauvreté...

EXTRAITS

La mission des enseignants, placés, avec d’autres catégories du personnel scolaire, « au front » de la misère, va bien au-delà de l’enseignement quand, à tous les niveaux de la scolarité, le dénuement, sans surprise, affecte les apprentissages.

Ils enseignent à Mulhouse (Haut-Rhin), Grigny (Essonne), Vaulx-en-Velin (Rhône), Montreuil (Seine-Saint-Denis) ou Paris, dans ces réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP +) qui « conjuguent », comme ils disent, la difficulté sociale et scolaire.

Prendre en charge des enfants en situation de grande pauvreté n’a, pour eux, rien d’exceptionnel : ils se sont presque habitués à apporter une collation en classe pour ces élèves qui « sautent » le petit déjeuner ; une paire de chaussettes propres quand la température dégringole, parce qu’ils ont repéré un enfant nu pieds dans ses baskets. Et ils n’hésitent pas à mettre la main au porte-monnaie quand la coopérative ne suffit pas à emmener toute la classe au cinéma.

La précarité est sous leurs yeux, au quotidien. Et pourtant, reconnaissent-ils, il leur a souvent fallu du temps – et de l’accompagnement – pour la regarder en face.

« La pauvreté et même la grande pauvreté passent, je pense, assez inaperçues en classe », raconte Danielle Ruetsch, chargée d’une classe de CE1 dédoublée à Mulhouse. « Quand on regarde les enfants, on n’a pas immédiatement conscience de l’état d’insalubrité et de surpopulation de certains logements », explique cette enseignante chevronnée. Mais on peut le « deviner », au détour de petites phrases qu’ils rapportent à leurs camarades – « des histoires de souris, de cafards et d’autres petites bêtes adoptées tels des animaux de compagnie ». Par des « odeurs », aussi, « de linge mal séché dans des logements exigus ou enfumés ». Ou par des remarques entendues en classe (« 5 euros un livre, c’est cher… »).

(...)

Un travail de détective

En France, sixième puissance économique au monde, un enfant sur cinq vit dans la pauvreté, un sur dix dans la très grande pauvreté, a rappelé l’inspecteur général honoraire de l’éducation nationale, Jean-Paul Delahaye, dans un rapport de 2015, ayant fait date, sur le sujet. L’ancien conseiller de Vincent Peillon, ex-ministre de l’éducation, y a décrit combien, en France plus qu’ailleurs, le poids de l’origine sociale pèse sur les parcours scolaires. Il y a aussi rendu hommage aux professeurs placés « au front » de la misère, et dont la mission va bien au-delà de l’enseignement.

C’est parfois un vrai travail de détective que ces professeurs doivent mener pour comprendre pourquoi tel élève s’endort en classe ou ne tient pas en place : « Les nuits sont courtes quand on vit dans une seule pièce avec ses parents, sa fratrie, la télé allumée », raconte une enseignante de Marseille. Pourquoi tel autre n’apporte pas la tenue de sport ou le matériel demandé : « On leur parle des devoirs de l’élève, et ils nous regardent les yeux écarquillés, comme si on les ramenait à une réalité à mille lieues de la leur, la survie », dit Mathilde Regnier, professeure à Vaulx-en-Velin.

Le travail d’écoute et d’enquête est compliqué par le « turnover » des enfants, expliquent ces enseignants. « Les familles les plus pauvres sont aussi celles qui se déplacent le plus, et rarement de leur propre initiative, observe Clotilde Granado, formatrice impliquée au sein de l’association ATD Quart Monde. Pas facile de garder un lien avec l’école quand on va d’hôtel social en hôtel social. Ou pire, quand on dépend des marchands de sommeil. » Et même quand l’hébergement est acquis, d’autres facteurs jouent – comme l’absence de connexion Internet, ou une coupure de ligne téléphonique – et contribuent à brouiller les pistes.

(...)

Identifier les moyens de faire réussir tous les enfants demande aux enseignants une connaissance fine du territoire où ils exercent que « beaucoup d’entre eux, parce qu’ils ne sont pas issus des classes populaires, n’auront pas sans l’accompagnement adéquat », reprend M. Delahaye. Cela demande, dans le même temps, de faire le « pari de l’ambition », défend l’inspecteur honoraire : « Même confrontée à des situations extrêmes, l’école ne doit pas en rabattre avec les exigences scolaires. »

Pour s’en prémunir, les enseignants invoquent un autre besoin : « plus de mixité » sociale. Ils font aussi le même constat : cette mixité n’existe pas, ou si peu, dans les zones où ils sont affectés.

Mattea Battaglia

L'article complet (pour abonnés) est à lire en cliquant ci-dessous

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Jakub Józef Orliński... Contre-ténor... (Avec Natalia Kawalek) - Vivaldi... Haendel...

25 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Et en  bonus ce cadeau. Le danseur de breakdance est ce même contre-ténor...

Preuve étant faite que le classique sait aussi s'amuser...

CC

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La Macronie" n'est pas "trop intelligente"... Loin de là...

25 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Texte publié sur le site de Philippe Meirieu le 24 octobre 2018

La Macronie est une île. Isolée, coupée de plus en plus du "continent des français", des citoyens. Elle a une île voisine, presque jumelle: la Mélenchonie. Un duel sans fin les oppose par médias et réseaux sociaux interposés. Un combat sans autre intérêt - si je puis dire - que d'assécher le débat, éliminer les adversaires et affaiblir la démocratie. Si nous n'y prenons pas garde, lorsqu'à la fin s'étant entre-tués il ne restera rien d'autre que deux terres désertes et mortes, vides de tout, qui prendra la place laissée vacantes par ce duo d'apprentis-sorciers?

Il y a plus grave encore... Si le débat politique est en ce moment réduit à une affligeante médiocrité, c'est d'abord et avant tout parce que l'intelligence est, en Macronie, tous les jours agressée. 

Il est aujourd'hui devenu plus gênant, voire dangereux, de faire preuve d'intelligence que de suivre le troupeau agressivement gardé par les bergers macroniens! Malheur aux députés de la majorité osant émettre un avis contraire à la ligne dictée depuis l'Elysée!

Le Président, le gouvernement, les députés de la majorité, ces "maîtres des horloges" semblent gagnés par le démon de la précipitation. Qu'un événement se produise et les voilà tous frénétiquement installés devant leurs claviers pour inonder la toile de leurs éléments de langage; en voici d'autres courant les plateaux de radios et télévisions pour débiter quasi industriellement ces mêmes éléments de langage reçus sur les téléphones portables. Sans l'ombre jamais - ou très rarement - d'un contradicteur de poids. Les journalistes, eux-aussi soumis aux contraintes de la vitesse ne s'embarrassent pas d'opposer un argument. Il faut laisser dire, même n'importe quoi. 

Les médias que j'appelle "mainstream", ceux qui tournent en boucle dans les halls et bars d'hôtels, dans les cafés, les boutiques d'aires d’autoroutes, parfois même les salles d'attente préfectorales, assomment les téléspectateurs et auditeurs, les poursuivent, les happent, les traquent. Partout. Jusque dans leur voiture.  Et nous voilà sommés d'entendre toujours les mêmes opinions, claironnés par les mêmes personnes, souvent à longueur de semaine et de week-end. Goldnadel, Zemmour, Bastié, d'Ornellas entre autres jusqu'aux éditocrates de Valeurs Actuelles. Ils accusaient la gauche de bien pensance. Mais au moins pensait-elle! Elle...

A ceux-là, et sans les mettre sur le même plan, vous ajoutez quelques pincées d'Aurore Bergé, Benjamin Griveaux et Christophe Castaner pour obtenir l'illusion de la "disruption" et de l'originalité. Tragique captation de l'intelligence qui devrait être partagée quand elle est de plus en plus confisquée pour être détournée.

Jamais, à aucun moment, il ne vous sera proposé d'avoir le droit de ne pas comprendre. De savoir le dire ni le faire dire. Jamais, à aucun moment, il ne vous sera permis d'interroger le "non savoir". Jamais, à aucun moment, il ne vous sera demandé de vous intéresser à la part d'ombre alors qu' "il n'y a pas de lumière sans ombre" (Aragon).

L'intelligence en Macronie n'a plus de place. Ou seulement si celle-ci se glisse dans une réflexion apprise, convenue et conforme à la pensée élyséenne. Alors il sera dit de vous que vous êtes "intelligent", jugement de valeur d'une rare stupidité. Oui, voilà: l'intelligence en Macronie est devenue "stupidité" paresseuse, simulacre. Un détournement!

Heureusement il existe des résistances. Les Julia et Agathe Cagé, Raphaêl Glucksmann, Yves Citton, bien d'autres encore mais trop peu entendus appliquent sur les ondes un baume réconfortant. Ils ne détiennent nullement le "monopole" de l'intelligence! Ils osent simplement proposer autre chose que les simplismes populistes - le populisme est un mensonge! - imposés à notre quotidien. Bien mieux qu'originaux, ils offrent à la réflexion ce que la Macronie veut effacer: le débat d'IDEES! Cette "disputatio" que Macronistes et Mélenchonistes abîment à force de querelles picrocholines aussi vaines que médiocres. Mais qui plaisent aux temps contemporains, avides de  spectaculaire bien davantage que de profondeur réflexive.

L'exemple de l'emballement qui a saisi le gouvernement lors du "braquage" d'une collègue d'un lycée de Créteil, est l'illustration de ce détournement de l'intelligence. Dès les images diffusées sur les réseaux sociaux, ce fut le déferlement d'annonces, de déclarations martiales, de prises de position incroyablement rapides, de condamnations. Le hastag "Pas de vague" vint alourdir la barque. Qui coula définitivement avec les multiples plateaux télés et radios voyant se succéder des "experts" dont l'immense majorité n'a jamais mis le bout du bout d'un orteil dans un établissement scolaire. 

Croyez-vous que quelqu'un, au gouvernement, avant toute prise de parole, eut l'idée de rendre visite à l'équipe pédagogique pour l'écouter? Non.

Croyez-vous que quelqu'un, au gouvernement comme dans les médias osa cette iconoclaste question:

comment une vidéo tournée de manière illégale a-t-elle pu être multi-diffusée et utilisée sans que jamais personne ne demande son retrait et son interdiction? Non...

Elle fut posée pourtant. Par ceux-là même qu'on aurait aimé voir et entendre en lieu et place des "sachants" de tous bords: nos collègues du lycée Branly de Créteil! (voir lien de bas de page).

Des femmes et des hommes intelligents...

Christophe Chartreux

https://www.huffingtonpost.fr/thierry-boucher/ce-quil-se-passe-vraiment-dans-notre-lycee-branly-nest-pas-ce-que-vous-avez-vu-dans-cette-video-violente_a_23569445/?fbclid=IwAR3U2R3D2KEkCZyLv-iBLSC0a7B9bYIEGbRNH2utR0BuM8QhxZxDSAH11eU

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La langue arabe est l'une des plus belles de France... (+ deux chansons interprêtées par Lina Sleibi)

25 Décembre 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

C'était en février 2018...

EXTRAIT

Que répondre aux esprits étriqués chez qui l’arabe n’inspire que la crainte de voir l’identité nationale broyée par le communautarisme? Pour commencer, que le plurilinguisme est créateur de richesse, de transmission et d'empathie.

Le 5 février dernier, sur le plateau de «Touche pas à mon poste», Isabelle Morini-Bosc expliquait à propos de l’affaire Mennel qu’il n’était pas convenable de chanter en arabe par les temps qui courent. Cet éclair de xénophobie si naturellement exprimé ne m’aurait pas tant heurté si ce qu’il sous-entendait n’était pas, à ce point, admis socialement et représenté politiquement. Oui, par les temps qui courent, ma langue maternelle inspire les craintes et engendre des réactions insensées. Elle est pourtant l’une des plus belles langues de France.

On m’a fait comprendre que ma langue maternelle n'était rien d’autre que le langage des terroristes

Un jour, alors que j’étais étudiant, j’ai écrit un mot en arabe sur un tableau, à la craie blanche: «سندباد» (Sindibad). C’était à la demande de mon enseignante de didactique de français, durant un exposé sur l’exploitation pédagogique du conte des Milles et Une Nuits. Elle s’étonnait que je persiste à dire «Sindibad» au lieu de «Sindbad» comme c’est écrit sur la couverture. J’ai écrit le mot en arabe pour lui montrer comment une méconnaissance des diacritiques de l'alphabet (le «shakl») pouvait être à l’origine de cette erreur de traduction.

Plus tard, j’ai appris que personne n’avait songé à effacer la preuve de ce bilinguisme malséant, qu’une photo a été prise et que de gauche à droite, des courriels ont été envoyés de pour tenter de comprendre ce qui était écrit. Petite panique anodine au nom de l’état d’urgence qui excuse et justifie les peurs les plus infondées, parce qu’on ne sait jamais.

Ce jour-là, on m’a fait maladroitement comprendre que ma langue maternelle, millénaire, la langue de Gibran Khalil Gibran, ma langue aux cent noms pour dire «Amour», n'était rien d’autre que le langage des terroristes. Cet incident sans gravité ne m’inspire aujourd’hui qu’un rire moqueur.

«Nous entendons déjà suffisamment parler l’arabe quotidiennement dans les transports en commun et dans la rue en France»

La peur que suscite la langue arabe n’est pas toujours sans conséquence: en 2015, une maman d’élève écrivait à une institutrice pour lui reprocher le choix du film Wadjda au prétexte que «nous entendons déjà suffisamment parler l’arabe quotidiennement dans les transports en commun et dans la rue en France».

La même année, dans le village de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), une information judiciaire a été ouverte après des menaces envers deux institutrices qui voulaient faire chanter à leurs élèves la chanson «Imagine» de John Lennon en cinq langues différentes, dont l’arabe.

On pourrait croire que ces symptômes allergiques ne sont le fait que de quelques individus marginalisés dont l’ignorance cultive le racisme en Haute-Corse ou sur le plateau de «Touche pas à mon poste». Mais en 2016, la controverse autour de l’enseignement facultatif de l’arabe dès le CP n’a laissé aucune place à autant de naïveté. Des hommes et des femmes politiques, à droite comme à gauche, ont pris la parole pour dire combien la langue arabe serait communautaire et favoriserait le repli identitaire. Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale du MRC à l'Éducation, a déclaré dans Le Figaro Vox que «quand des Arabes apprennent l'arabe en primaire, c'est du clientélisme et de l'assignation identitaire». Annie Genevard du parti Les Républicains a parlé d’une «langue communautaire qui ruine la cohésion nationale». Quand des élues étalent ainsi leur mépris de la langue arabe au nom du «vivre-ensemble-en-gommant-toutes-les-différences», elles servent de caution idéologique à toutes à toutes les bassesses dont sont victimes les arabophones dans leurs vies quotidiennes. 

C’est cette même vision des choses, honteusement erronée, qui avait poussé Nicolas Sarkozy en 2006 à lister le fait de ne pas parler sa langue d’origine parmi les critères majeurs qui montrent une «réelle volonté d’intégration», permettant ainsi d’éviter à l’élève en situation irrégulière d’être expulsé.

La deuxième langue la plus parlée en France

La méfiance d’un certain bilinguisme, soupçonné d’être un handicap à une bonne intégration et même de nuire à la France, peut expliquer en partie pourquoi l’enseignement de l’arabe est délaissé par l’Éducation nationale. Dans L’enseignement de l’arabe au sein de l’institution scolaire française, l’inspecteur général Bruno Levallois montre qu’il y a une véritable carence à ce niveau: seulement 217 établissements proposaient un enseignement d’arabe en 2011 alors que le Capes d’arabe a été supprimé la même année. Tout se passe comme si l’arabe n’avait pas été reconnu comme une «langue de France» en 1999, après la signature de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, que la France n'a d'ailleurs pas ratifiée. Et on continue de faire semblant qu’elle est une langue étrangère, qu’elle n’est pas la deuxième langue la plus parlée en France, par quatre millions de locuteurs.

Ces voix qui se lèvent pour ôter à la France une partie de sa richesse culturelle ont toutes un point en commun: elles ne s’appuient sur aucune recherche linguistique ou sociologique –rien de scientifique ni même d’empirique. Rien si ce n’est une bête intuition qui s’alimente à des sources douteuses pour flatter les esprits apeurés.

Je le dis avec d’autant plus d’assurance que la recherche scientifique, elle, tend à prouver le contraire: Jim Cummins a montré en 1979 que pouvoir développer ses compétences dans sa langue d’origine, non seulement ne relève pas d’un handicap, mais agit positivement pour renforcer sa maîtrise du français. En effet, selon ce chercheur internationalement reconnu pour ses travaux sur le bilinguisme, un premier seuil de compétence doit être dépassé dans la langue maternelle pour éviter que l’exposition intensive à la seconde langue ne conduise au semilinguisme ou bilinguisme soustractif, c’est-à-dire une faible maîtrise des deux langues. En outre, si par bonheur un certain seuil de compétence langagière est dépassé dans les deux langues, le bilinguisme devient additif et entraîne alors des effets positifs sur les compétences cognitives supérieures.

(...)

Rachid Zerrouki, Professeur de collège

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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"Joyeux Noël Monsieur Blanquer"...

25 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

"Joyeux Noël Monsieur Blanquer"...

Il existe à Ribérac, ancienne sous-préfecture de la Dordogne déclassée par Poincaré en 1926, un lycée dénommé d’après un troubadour de la fin du 12e siècle originaire de la ville, Arnaut Daniel, pensionné par Richard Cœur de Lion, célébré par Dante dans son Traité de l’éloquence, introduit en Espagne par Fernando de Herrera, acclamé par les poètes de la Pléiade comme par les romantiques et chanté par T.S Eliot.

Dans ce lycée, un professeur cinéphile fonda en 2012 une option facultative consacrée au 7e art. Il y reçut, entre autres, les réalisateurs Bertrand Tavernier, Benoît Jacquot, Raoul Coutard et Pascale Ferran, les critiques Michel Ciment et Jean-Jacques Bernard. Il faut croire que cette initiative répondait à une attente, puisque en six ans, les effectifs des lycéens inscrits à cette option sont passés d’une vingtaine à plus de 80. D’anciens élèves ont créé une association avec le cinéma municipal. Elle organise des projections ouvertes aux familles et à leurs concitoyens, elle a développé un partenariat actif avec Arte, elle permet aux lycéens les moins argentés de participer à des sorties cinéphiliques (Ribérac compte 19 % de chômeurs). Aucun représentant de la Direction académique à l’éducation artistique (DAAC) ou de la Direction régionale à l’action culturelle (DRAC) n’a trouvé le temps depuis 2012 de se rendre sur place, bien que cette option ait contribué à endiguer le départ des élèves les plus favorisés vers de plus gros lycées – et donc favorisé la fameuse mixité sociale. Les effectifs de la section Littéraire sont passés de 15 à 21 élèves.

Forts de ces résultats, et craignant pour l’avenir des options facultatives dans la réforme en cours, les responsables de cet enseignement ont demandé qu’il soit reconnu comme option de spécialité, évaluée au Bac. Une réunion des représentants de la DAAC et de la DRAC a jugé en décembre que les élèves intéressés par une telle spécialité n’avaient qu’à se déplacer à Angoulême. La préfecture de la Charente est située à 1h15 de Ribérac. On voit par là que les incitations à limiter l’usage de la voiture n’ont pas encore été transmises à toutes les administrations, mais surtout que l’aménagement culturel du territoire ne fait pas encore partie de son aménagement tout court, quelques promesses récentes que les frondeurs de novembre et décembre soient parvenus à obtenir du gouvernement.

Des élèves acteurs de leur structuration

Les deux professeurs dévoués à l’option facultative de Ribérac ont alerté leur profession. Ils ont reçu de nombreux témoignages de collègues qui, comme eux, essaient de faire passer leur amour du théâtre, du cinéma ou des arts plastiques dans des villes comparables à la leur et qui connaissent le même verdict alarmant de leur DAAC. Ils ajoutent : « la réforme tape surtout sur les établissements les plus isolés, les plus éloignés des grands lieux de passation de culture. Cette utopie culturelle que nous essayions de créer autour de l’amour du cinéma n’est sûrement pas grand-chose comparativement à des objectifs chiffrés globaux mais nous avions réussi à tisser du lien, à faire en sorte que les élèves soient acteurs de leur structuration, puissent penser que l’école pensait à eux et leur ouvrait de vrais horizons et non des ateliers macramés débilitants. Le cinéma redevenait ce qu’il doit être : un espace plus grand que nous et qui nous grandit tous. »

À ceux qui pensent que la réponse faite au Lycée de Ribérac ressemble fort aux prémices d’une réforme qui verra la fermeture des établissements de petite taille dans des petites villes et le regroupement des élèves dans de grosses unités d’enseignement, le ministre peut encore infliger un démenti en revenant sur une décision aussi parfaitement technocratique. Après tout, c’est Noël.

Le ciel vous tienne en joie.

Philippe Meyer 

Philippe Meyer est écrivain, journaliste, animateur du podcast « L’esprit public de Philippe Meyer ».

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Alison Balsom... Oui encore! Mais quand on aime...

24 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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C'était en janvier 2018 - Pas de contre-projet "Education" à opposer aux propositions actuelles?... Mais absolument si!

24 Décembre 2018 , Rédigé par christophe - Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Baccalaureat

C'était en janvier 2018 - Pas de contre-projet "Education" à opposer aux propositions actuelles?... Mais absolument si!

Un certain nombre de commentateurs et chroniqueurs affirment souvent que l'opposition n'a pas de contre-projet. Qu'elle s'oppose par principe sans rien offrir au débat.

Un exemple, parmi d'autres:

Dans Le Courrier picard, Bertrand Meinnel juge les propositions « attendues et à peine révolutionnaires ». Mais ça ne l'empêche pas de reconnaître que, si elles se traduisaient dans les faits, ce serait pour le coup le signe d'une mutation profonde : « Si, après la loi travail ou NDDL, cette réforme des filières du lycée et du bac est menée à bien et sans heurts majeurs, ce gouvernement aura démontré que la France change en profondeur. Hormis les partis d'opposition hostiles, plus par principe que pour défendre un autre projet, si plus personne ne réussit à s'écharper sur le fond ou la forme d'une réforme de l'éducation, une part de notre particularisme national aura vraiment disparu. » (Voir lien en bas de page)

Or c'est parfaitement faux. Concernant l'Ecole - au sens large - il existe des propositions et un projet. Encore faut-il le lire.

Je reproduis ci-dessous le point 4 du memorandum laissé par Najat Vallaud-Belkacem à l'attention de toutes et tous. On y constatera que l'ancienne Ministre de l'Education Nationale propose de changer le lycée avant de toucher au Baccalauréat et non de toucher au Baccalauréat pour transformer le lycée. Nuance de taille dans l'ordre à respecter.

Certaines propositions font partie du "package" mis en débat (mais y a-t-il vraiment concertation, le Ministre semblant avoir bouclé le dossier) par Jean-Michel Blanquer. Elles s'inscrivent dans un ensemble qui fait sens, sans les outrances démagogiques qui affaiblissent, voire annihilent, les efforts du Ministère actuel.

Bonne lecture

Christophe Chartreux

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Une réforme globale du lycée au premier cycle de l’enseignement supérieur

Après la scolarité obligatoire commune à tous les élèves de la Nation, la mission du lycée est la préparation à une qualification supérieure diplômante et qualifiante permettant à chaque jeune de s’insérer socialement, économiquement et professionnellement dans la société. Dans cette perspective, le lycée doit être la première brique d’un cursus de qualification garante d’une insertion professionnelle. Pour cela, je plaide pour qu’une réforme du lycée adopte un modèle de formation qui comporte plusieurs changements par rapport au collège, mais aussi par rapport au modèle de lycée classique conçu pour le bac et l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Le lycée que j’appelle de mes vœux est un lycée polyvalent qui regroupe les différentes voies de formation. C’est un lycée qui regroupe des élèves sous statut scolaire, des apprentis, des adultes en formation continue. C’est un lycée qui développe de nouveaux modes de formation plus modulaires, plus progressifs et plus réversibles avec un tronc commun et des unités de formation, en fonction des projets d’orientation des élèves et du niveau de maîtrise qu’ils se fixent. C’est un lycée qui forme les jeunes à s’orienter et à se former tout au long de leur vie. C’est un lycée qui favorise l’insertion professionnelle des élèves. C’est un lycée qui regroupe des formations menant aux baccalauréats et des formations de l’enseignement supérieur. C’est un lycée qui contribue à la nécessaire démocratisation exigeante de l’enseignement supérieur. C’est pour cela que je l’appellerais volontiers « lycée-campus ».

Il est aussi un lycée du XXIe siècle qui offre d’autres manières d’apprendre et assure les apprentissages avec des options artistiques et culturelles, linguistiques ou sportives. Il est numérique. Cela veut dire que toute formation y est hybride, qu’une place importante est faite aux principes liés à la révolution numérique. Il laisse une grande place à la pédagogie de projet, la créativité et le travail en équipe. Il est solidaire. Il fait confiance aux élèves, propose de renforcer leur engagement et leur contribution à un climat scolaire serein, citoyen. Il assure une offre associative et citoyenne. Il est ouvert au monde international : il offre la possibilité d’une mobilité internationale, de la diversité linguistique. Il est ouvert à son environnement économique et social ainsi qu’aux entreprises. Il favorise les pédagogies et les pratiques innovantes. Le lycée-campus travaille en réseau, inspiré des Campus des métiers et des qualifications, avec les autres lycées du territoire, avec des partenaires nationaux ou internationaux (sociaux, économiques, culturels, etc.), et bien sûr avec les établissements de l’enseignement supérieur.

C’est sur cette base que nous pourrons poursuivre la modernisation du système d’orientation post-bac afin de réduire les inégalités d’accès aux différentes filières par manque d’information.

Il faudra aussi repenser le premier cycle universitaire qui accueillera bientôt plus d’un million de jeunes. Cette démocratisation que nous appelons de nos vœux ne peut se satisfaire d’une augmentation des effectifs sans réflexion sur l’organisation, notamment du premier cycle, sur la pédagogie, etc.

Tout particulièrement, il sera nécessaire de mieux utiliser le concept de spécialisation progressive introduit dans la réforme de 2013. Chaque jeune doit s’inscrire dans un parcours adapté à ses compétences et à son projet personnel et professionnel. Cela veut dire, notamment, amplifier le décloisonnement disciplinaire lors des deux premières années, en particulier dans certaines filières mono-disciplinaires les plus demandées. Cela veut dire repenser une première année de « sciences », de « droit », d’« économie-gestion », de « sciences humaines », de « sciences sociales », etc. dans une logique plus propédeutique qui doit permettre à certains étudiants de bénéficier d’une orientation « retardée » (fin de première ou de deuxième année) et en permettant à d’autres une vraie spécialisation dès la première année comme certains établissements l’ont d’ores et déjà fait.

Mais le premier cycle universitaire tel que nous le connaissons ne peut être la seule solution à tous les enjeux de demain. Il faut pouvoir diversifier les parcours pour anticiper les métiers de demain avec une réelle collaboration entre la communauté universitaire et les milieux socio-économiques comme, là aussi, certains établissements l’ont fait. Ainsi des orientations vers la licence professionnelle, au sein du premier cycle, devront être possibles plus tôt (fin de première année).

Enfin, nous devons développer la validation des acquis de l’expérience (VAE), que nous avons enfin simplifiée, pour les jeunes qui s’insèreront post-bac en leur proposant un accompagnement qui doit les conduire vers une VAE (par exemple d’un BTS, d’un DUT ou d’une licence professionnelle).

Najat Vallaud-Belkacem

Le texte est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous/Lien 2

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Joyeuses fêtes de Noël...

24 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

CHANSON DU JOUR DE NOËL
 
  Une pastourelle gentille
 Et un berger en un verger
 L’autre hier en jouant à la bille
 S’entredisaient, pour abréger :
                     Roger
                     Berger,
                     Légère
                     Bergère,
 C’est trop à la bille jouer, 
 Chantons Noë, Noë, Noë.
  
 Te souvient-il plus du prophète 
 Qui nous dit cas de si haut fait, 
 Que d’une pucelle parfaite 
 Naîtrait un enfant tout parfait ? 
                     L’effet 
                     Est fait : 
                     La belle 
                     Pucelle 
 A eu un fils du ciel voué : 
 Chantons Noë, Noë, Noë.


 Clément Marot

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 Complainte de saint Nicolas recueilli par Gérard de Nerval (1842)
 
  Il était trois petits enfants 
  Qui s'en allaient glaner aux champs.
 
  S'en vont au soir chez un boucher. 
  « Boucher, voudrais-tu nous loger ? 
  Entrez, entrez, petits enfants, 
  Il y a de la place assurément.» 
  Refrain 
    
  Ils n'étaient pas sitôt entrés,  
  Que le boucher les a tués,  
  Les a coupés en petits morceaux,  
  Mis au saloir comme pourceaux. 
  Refrain 
    
  Saint Nicolas au bout d'sept ans,  
  Saint Nicolas vint dans ce champ.  
  Il s'en alla chez le boucher :  
  « Boucher, voudrais-tu me loger ? » 
  Refrain 
    
  « Entrez, entrez, saint Nicolas,  
  Il y a d'la place, il n'en manque pas. »  
  Il n'était pas sitôt entré,  
  Qu'il a demandé à souper. 
    
  « Voulez-vous un morceau d'jambon ?  
  Je n'en veux pas, il n'est pas bon.  
  Voulez vous un morceau de veau ?  
  Je n'en veux pas, il n'est pas beau ! 
  Refrain 
    
  Du p'tit salé je veux avoir,  
  Qu'il y a sept ans qu'est dans l'saloir. 
  Quand le boucher entendit cela,  
  Hors de sa porte il s'enfuya. 
  Refrain 
    
  « Boucher, boucher, ne t'enfuis pas,  
  Repens-toi, Dieu te pardonn'ra. »  
  Saint Nicolas posa trois doigts. 
  Dessus le bord de ce saloir : 
  Refrain 
    
  Le premier dit: « J'ai bien dormi ! »  
  Le second dit: « Et moi aussi ! »  
  Et le troisième répondit : 
  « Je croyais être en paradis ! » 
  Refrain 

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Les sapins
 
Les sapins en bonnets pointus
  De longues robes revêtus
  Comme des astrologues
  Saluent leurs frères abattus
  Les bateaux qui sur le Rhin voguent
 
  Dans les sept arts endoctrinés
  Par les vieux sapins leurs aînés
  Qui sont de grands poètes
  Ils se savent prédestinés
  À briller plus que des planètes
  
  À briller doucement changés
  En étoiles et enneigés
  Aux Noëls bienheureuses
  Fêtes des sapins ensongés
  Aux longues branches langoureuses
  
  Les sapins beaux musiciens
  Chantent des noëls anciens
  Au vent des soirs d’automne
  Ou bien graves magiciens
  Incantent le ciel quand il tonne
  
  Des rangées de blancs chérubins
  Remplacent l’hiver les sapins
  Et balancent leurs ailes
  L’été ce sont de grands rabbins
  Ou bien de vieilles demoiselles
  
  Sapins médecins divaguants
  Ils vont offrant leurs bons onguents
  Quand la montagne accouche
  De temps en temps sous l’ouragan
  Un vieux sapin geint et se couche
  
  Guillaume Apollinaire

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Rêvé pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
       Avec des coussins bleus.
       Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
       Dans chaque coin moelleux.
    
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
       Grimacer les ombres des soirs,
       Ces monstruosités hargneuses, populace
       De démons noirs et de loups noirs.
       
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
       Un petit baiser, comme une folle araignée,
       Te courra par le cou...
       
Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,
       - Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
       - Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud 

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Noël...
 
C´était vingt-deux heures à peine, ce vendredi-là
C´était veille de Noël et, pour fêter ça,
Il s´en allait chez Madeleine près du Pont d´ l´Alma
Elle aurait eu tant de peine qu´il ne vienne pas
Fêter Noël, fêter Noël

En smoking de velours vert, en col roulé blanc
Et le cœur en bandoulière, marchant à pas lents
A pied, il longeait la Seine tout en sifflotant
Puisqu´il allait chez Madeleine, il avait bien l´ temps
Charmant Noël, charmant Noël

C´était vingt-deux heures à peine, ce vendredi-là
C´était veille de Noël et, pour fêter ça,
Elle s´en allait chez Jean-Pierre, près du Pont d´ l´Alma
Il aurait eu tant de peine qu´elle ne vienne pas
Fêter Noël, fêter Noël

Bottée noire souveraine et gantée de blanc
Elle allait pour dire "Je t´aime" marchant d´un pas lent
A pied, elle longeait la Seine tout en chantonnant
Puisqu´elle allait chez Jean-Pierre, Mmh mhm mhm
Charmant Noël, charmant Noël

Or, voilà que sur le pont ils se rencontrèrent
Ces deux-là qui s´en venaient d´un chemin contraire

Lorsqu´il la vit si belle des bottes aux gants
Il se sentit infidèle jusqu'au bout des dents

Elle aima son smoking vert son col roulé blanc
Et frissonna dans l´hiver en lui souriant
- Bonsoir je vais chez Jean-Pierre, près du pont d´ l´Alma
- Bonsoir, j´allais chez Madeleine, c´est juste à deux pas

Et ils allèrent chez Eugène pour y fêter ça
Sous le sapin de lumière quand il l´embrassa
Heureuse, elle se fit légère au creux de son bras
Au petit jour, ils s´aimèrent près d´un feu de bois
Joyeux Noël, joyeux Noël

Mais après une semaine, ce vendredi-là
Veille de l´année nouvelle, tout recommença
Il se rendit chez Madeleine, l´air un peu sournois
Elle se rendit chez Jean-Pierre, un peu tard, ma foi

Bien sûr, il y eut des scènes près du Pont d´ l´Alma
Qu´est-ce que ça pouvait leur faire à ces amants-là?
Eux qu´avaient eu un Noël comme on n´en fait pas
Mais il est bien doux quand même de rentrer chez soi
Après Noël,
Joyeux Noël
 
Barbara
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Rions un peu avec le Président...

23 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Rions un peu avec le Président...

Voilà des années que je me tue à répéter:

"la politique fiction ça ne fonctionne pas!"

Mais quand est-ce qu'on va m'écouter???

Allez, joyeuses fêtes de Noël ou de ce que vous voulez quand même!

CC

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