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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... 103 écrivains, une lecture des Pyrénées d'ouest en est...

29 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... 103 écrivains, une lecture des Pyrénées d'ouest en est...

« PROMENADE À URSUYA

Hasparren

À partir du deuxième col, lorsque l’on a

En face le massif noir de Baïgoura :

Des deux côtés on voit de petites montagnes

Basculer dans le ciel entre nous et l’Espagne.

Elles sont d’un bleu tendre, en ce jour si léger

Qu’elles semblent de l’air qui s’est mis à bouger.

Un souffle, qu’on ne sent même pas, les efface

Parfois en ne laissant qu’un nuage à leur place.

Mais, par temps calme, on voit, de leurs flancs irisés,

Rejaillir des rayons de lumière brisés,

Et, plus bas, on dirait des golfes pleins de vide.

Nous entendons sonner les agnelles timides,

Nous enjambons la source au pied de châtaigniers,

Nous suivons le serpent que trace le sentier,

Et, dominant toujours ce doux et clair vertige,

Nous nous sentons pareils aux milans qui dirigent

D’un compas élargi le cercle de leur vol

Au-dessus de chevaux au long poil, espagnols.

Enfin, redescendant à travers la prairie

En pente qui fait suite à cette métairie,

Nous longeons un gros mur plein de géraniums.

Voici l’église et son petit harmonium

On est au cœur du pays basque, c’est Macaye.

Au presbytère en fruits, avant que l’on s’en aille,

On boit un coup de vin avec l’humble curé

Qui chasse la bécasse et sait bien la tirer.

Il prend sa canne et, quelque temps, nous accompagne,

Car nous continuons au flanc de la montagne

Que nous voulons boucler de l’un à l’autre bord.

Nous passons aux rochers où le bouvier est mort.

L’ombre tombe. Là-haut s’attarde la lumière

À ce col où l’on voit l’arbre d’une clairière.

Nous y sommes. Voici les pylônes de fer,

La route, le progrès, les villes et l’enfer. »

Francis Jammes

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Stylos Rouges - "Il est temps que l'Etat prenne soin de ses enseignants !"

29 Décembre 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Stylos Rouges - "Il est temps que l'Etat prenne soin de ses enseignants !"

Des professeurs en colère ont créé un groupe Facebook, mi-décembre. Il compte déjà plus de 23 000 membres.

Et maintenant, les enseignants. Des professeurs en colère ont créé, mercredi 12 décembre, un groupe Facebook pour faire entendre leur mécontentement. Son nom :  "les stylos rouges en colère". Il compte déjà plus de 23 000 membres. Comme les  "gilets jaunes", eux aussi ont une liste de revendications à soumettre au gouvernement. Parmi elles, "revaloriser leur métier tant mis à mal", "exiger une vraie bienveillance de l'Etat pour ses élèves en améliorant leurs conditions d'apprentissage", et "faire reconnaître la qualité de leur fonction et leur travail".

Il est temps que l'Etat prenne soin de ses enseignants aussi !Les stylos rouges en colère sur Facebook

En plus de l’augmentation de salaire et le dégel du point d’indice, les enseignants réclament de "meilleures conditions de travail", "qui passent par une augmentation des postes de prof et une baisse des élèves par classe." 

"Nous avons constaté que les 'gilets jaunes' ont réussi à obtenir quelques avancées, même si ce ne sont que des miettes. Mais aucune des décisions du gouvernement ne concerne les enseignants, constate Grégory Benjamin, professeur de collège dans les colonnes de La Voix du Nord. Pourtant, nous subissons aussi les augmentations des taxes, de l'électricité, et autres." Avant d'ajouter : "Le temps de l'action est maintenant venu. Après les 'gilets jaunes' et les lycéens, les 'stylos rouges' ont décidé de suivre le mouvement et reconquérir certains droits".

France Info

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Roland Goigoux : Comment le ministère reprend en main les enseignants...

29 Décembre 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Roland Goigoux : Comment le ministère reprend en main les enseignants...

EXTRAITS

"Les évaluations de CP CE1 sont un cheval de Troie". Intervenant lors de la seconde journée du colloque sur le métier enseignant organisé par le Snuipp Fsu, Roland Goigoux a analysé les évaluations nationales et la gouvernance impulsée par JM Blanquer dans un silence impressionnant, celui d'une salle qui est toute ouïe. Le Snuipp devait en conclusion appeler à l'unité pour faire face aux injonctions ministérielles.

"On m'a appris un métier d'exécutant"

Très connu des enseignants par ses travaux sur l'apprentissage de la lecture, notamment son étude Lire Ecrire, et sa collection "Narramus", Roland Goigoux a fait salle comble le 28 novembre. Pendant deux heures il a analysé la gouvernance de l'Education nationale mise en place par JM Blanquer en mettant l'accent sur les évaluations nationales. Un sujet qu'il avait abordé sous l'angle des apprentissages dans cet article ou celui-ci.

(...)

Arnaque dans l'utilisation de la science

Comment le ministère peut-il imposer de "bonnes pratiques" aux enseignants ? Pour Roland Goigoux il y a une "arnaque complète" dans l'utilisation de résultats scientifiques par le ministre. D'abord parce que "les neurosciences ne s'intéressent pas aux pratiques enseignantes et ne les étudient pas" alors que le ministre s'appuie sur elles pour imposer ses vues. Il "laisse confondre deux choses différentes : prendre appui sur les neurosciences et fonder une politique scolaire sur des données probantes... La science a des choses à dire mais elle ne fait pas la classe".

A l'appui de ses déclarations, R Goigoux fait appel à des textes de F Ramus , par exemple cet article très explicite sur la neuroéducation. " On peut considérer que se réclamer des neurosciences pour guider les pratiques pédagogiques est contre-productif. Les enseignants ont sans aucun doute besoin de connaissances scientifiques plus à jour sur les apprentissages de leurs élèves et sur l’efficacité relative de différentes pratiques pédagogiques, mais ces connaissances sont fournies par la psychologie et les sciences de l’éducation. Faire passer les résultats sur l’apprentissage de la lecture ou sur la mémorisation pour des résultats des neurosciences, passé un neuroenchantement transitoire, engendre méfiance et défiance, et risque de ce fait de faire échouer l’intégration de ces résultats cruciaux au sein de la formation des enseignants", écrit F Ramus.

R Goigoux utilise aussi des déclarations de S Dehaene pour mette en  évidence le fait que les neuroscientifiques ne connaissent pas grand chose à l'Ecole...

(...)

Le rôle des évaluations nationales

Enfin il y a les évaluations nationales de CP et CE, sur lesquelles R Goigoux insiste car elles résument bien la situation.

Pour lui, les évaluations instaurent un nouveau mode de pilotage mis en place par JM Blanquer. Puisque les programmes et les évaluations finales ne réussissent pas à imposer des pratiques aux enseignants, le ministre a décidé d'agir par les outils et des méthodes imposées. Les évaluations de rentrée en CP vont être suivies d'évaluations en février. Celles ci ont été conçues en faisant appel à la psychologie expérimentale sans l'adapter à la situation scolaire.

Les évaluations sont faites pour mettre en évidence les 15% d'élèves faibles. Les enseignants devront expliquer aux parents les résultats mais surtout ce qu'ils vont faire en remédiation. Le ministère a publié déjà des outils de remédiation qui vont être imposées par les inspecteurs et par le controle parental. "C'est une méthode de gouvernance très réfléchie", explique R Goigoux.

Les évaluations vont permettre de "réguler l'activité du maitre et des équipes de circonscription en exerçant une pression accrue sur les enseignants". Elles permettront aussi d'évaluer individuellement chaque enseignants dans l'optique d'une rémunération au mérite.

(...)

Pour R Goigoux, l'Ecole est menacée de caporalisation alors que partout ailleurs règne le management collaboratif. "L'enjeu c'est l'hégémonie des idées du conseil scientifique créé par JM Blanquer sur nos métiers".

(...)

L'Ecole a déjà vécu une tentative de cet ordre sous G de Robien où le ministre avait laché les parents sur les enseignants. Cela avait échoué et pourtant JM Blanquer était déjà aux commandes. Une des clés sera la capacité des enseignants à apporter des réponses aux attentes des parents sur la réussite scolaire.

François Jarraud

Billet à lire en cliquant ci-dessous

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The Wise Guyz...

28 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Amos Oz...

28 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Mon cher ami, je ne crois pas en l’amour universel. L’amour est limité par nature. On peut aimer cinq personnes, peut-être dix, très rarement quinze. Mais ne venez pas me dire que vous aimez le tiers-monde tout entier, ou l’Amérique latine, ou le beau sexe. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la rhétorique. Des paroles en l’air. Des slogans. Nous ne sommes pas nés pour aimer plus qu’un petit nombre d’êtres humains. L’amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions. On peut aimer quelqu’un parce qu’on s’aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l’objet de cet amour, le soumettre ou, à l’inverse, se livrer à lui.

Amos Oz - Judas

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Vers des écoles publiques spécialement créées pour les enfants de cadres étrangers en France...

28 Décembre 2018 , Rédigé par BFMTv - Les Echos Publié dans #Education

Vers des écoles publiques spécialement créées pour les enfants de cadres étrangers en France...

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, ambitionne de créer un nouveau statut pour favoriser l'émergence d'écoles internationales dans l'hexagone.

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"Je n'ai jamais entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière..."

28 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Art

"Je n'ai jamais entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière..."

"Je n'ai jamais entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière..."

Il y a quelques années, ce devait être en 2012 ou 2011, j'ai pu obtenir des places gratuites pour des rencontres sportives de haut niveau (football en majorité) et à peu près un même nombre de "pass" donnant droit à la visite gratuite de Musées parisiens dont Le Louvre et Orsay. Le total de ces places et entrées avoisinait la trentaine, une quinzaine pour les matchs et l'autre quinzaine pour les musées. Je décidai donc évidemment d'en faire profiter mes élèves de quatrième. Pourquoi ceux-là  ? J'avoue avoir oublié mais là n'est pas l'essentiel.

Je savais par expérience que les places "sportives" auraient plus de succès que les places "artistiques". Ce fut le cas puisque seuls deux élèves choisirent des entrées au Louvre et Orsay quand tous les autres, filles et garçons, se jetèrent comme des morts de faim sur les entrées au stade. Je dus procéder à un tirage au sort et je fis, ce jour-là, beaucoup de mécontents.

Cette anecdote démontre - Pierre Bourdieu l'a dit bien avant moi - que plus l'offre est importante, plus elle crée et accroit les inégalités. Car elle n'est pas préparée en amont. Nos élèves - les miens issus d'un milieu rural dans un contexte social majoritairement "en difficultés" - sont souvent très au fait de la "chose sportive", notamment le football que tous et de plus en plus, toutes, ont pratiqué dès le plus jeune âge et le pratiquent fort longtemps après leurs études. Ils en comprennent les règles, connaissent leurs "stars" bien mieux que leurs leçons, s'identifient à un Lionel Messi ou Kilian M'Bappe. Ils saisissent très vite, car on le leur a appris, les enjeux financiers de ce sport. "Sponsor" et "mercato" n'ont aucun secret pour eux. A l'école, au collège, au lycée, cet apprentissage se poursuit. Certains rêvent même de marcher sur les traces de leurs "artistes" favoris. Ils portent souvent le maillot de leur équipe favorite, Barcelone et "PSG" tenant le haut de l'affiche. Ils tapissent les murs de leurs chambres de posters. Ils reproduisent les gestes de leurs "Dieux".

Je n'ai JAMAIS entendu aucun élève me dire qu'il rêvait de devenir Van Gogh ou Monet, François Villon ou René Char, Mozart ou Bach, Emile Zola ou Albert Camus  !

Je n'ai JAMAIS entendu aucun élève me dire qu'il avait le poster de Le Clézio ou de Niki de Saint Phalle au dessus de son lit  !

Je n'ai JAMAIS entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière ou Sartre  !

Cela s'explique très aisément. Nos élèves, malgré tous les efforts remarquables des collègues professeurs d'école, puis de nos collègues professeurs d'arts plastiques en collège, n'ont que très peu l'occasion de pénétrer les grandes "arènes de l'art" sauf, évidemment, ceux dont les parents ont des habitudes culturelles qu'ils transmettent à leurs enfants. En milieu rural, une sortie dans un Musée nécessite un déplacement, souvent coûteux, mobilisant des personnels, le tout alourdi par des obligations "paperassières" certes obligatoires mais freinant souvent les meilleures volontés. Et l'offre artistique, de plus en plus grande quoi qu'on en dise, ne fait alors que creuser les inégalités existantes puisque cette offre n'intéresse souvent que les élèves DEJA acquis aux règles de l'art. Education artistique qui, au passage, s'arrête dans sa phase obligatoire, au collège.

Il est absolument obligatoire de réduire cette inégalité. Dès la maternelle et jusqu'au dernier jour des études, qu'elles soient courtes ou longues. Un tableau, une oeuvre musicale, un film, une sculpture, un roman, un monument, bref une oeuvre d'art a ses règles, ses enjeux, ses "stars". Il suffit de les connaître pour pouvoir les apprécier. Souvent nos élèves rêvent de vivre la vie de tel ou tel sportif... Ils rêvent d'une autre vie. Sans le savoir ils sont amateurs d'art. Car à quoi sert l'oeuvre d'art sinon à nous faire vivre d'autres vies que les nôtres, fut-ce quelques secondes? Reste à leur permettre d'en avoir les moyens...

Et que ces moyens soient offerts à toutes et à tous!  A égalité...

Alors peut-être entendrons-nous bientôt une ou un élève nous dire, le regard pétillant de bonheur:

"Un jour, je serai Annie Ernaux!"... "Un jour, je serai Salvador Dali!"...

Christophe Chartreux

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Mineurs isolés : «Certains préfèrent mourir de froid plutôt que de rester au centre Alpha»...

28 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Migrants

Mineurs isolés : «Certains préfèrent mourir de froid plutôt que de rester au centre Alpha»...

Un endroit loin de tout, avec du personnel trop peu nombreux et non qualifié et des conditions d’hygiène qui laissent à désirer. A Saint-Clément-les-Places, dans le Rhône, le foyer destiné à l’accueil de 40 mineurs crée des tensions depuis quatre mois.

Ils sont une demi-douzaine à discuter, assis sur un banc. Il fait à peine quelques degrés mais leurs vêtements ne sont pas épais. Soudain, ils se jettent à terre, pour se cacher. «Si elle nous voit, on est morts !» souffle l’un deux. Elle, c’est une animatrice du foyer où ces mineurs non accompagnés (MNA) vivent depuis fin août. La femme passe au loin, les garçons finissent par se relever. Quelle crainte cloue au sol ces adolescents âgés de 15 à 17 ans ? «Les représailles, disent-ils. Si on nous voit parler avec vous, c’est pas bon.» Un professionnel qui travaille à leur contact avait prévenu : «Dans leurs regards, dans leurs postures, ces jeunes ont d’abord peur des adultes.»

Alternatives

La scène se déroule à Saint-Clément-les-Places, un village de 600 habitants à une heure de route de Lyon. Au creux d’un vallon, autour de l’église, deux rangées de maisons encadrent la rue principale. Un commerce fait office de bar-épicerie. Plus bas, on trouve une vaste salle polyvalente et un terrain de sport encerclé par les prés à vaches. C’est sur la colline en surplomb qu’a ouvert le 31 août, dans l’urgence, le centre Alpha, un lieu d’accueil expérimental pour les mineurs arrivés seuls sur le territoire français, géré par l’Adaear, une association spécialisée dans la protection de l’enfance.

Le dispositif est financé par le département du Rhône qui, depuis deux ans, doit faire face à un afflux important de MNA sur son territoire, comme partout en France. Au 21 novembre, la collectivité prenait en charge 222 jeunes (contre 75 en 2016), dont 106 arrivés en 2018. Multipliant par trois en deux ans les moyens alloués à ce public (près de 8 millions d’euros pour 2018). Cette enveloppe, auparavant marginale, représente le quart de son budget de l’Aide sociale à l’enfance.

Pour remédier à la saturation des structures d’accueil classiques, des alternatives sont recherchées. Le foyer Alpha, mis à l’essai pour cinq ans, en est une. Les bâtiments (un ancien centre de formation) appartiennent au département, qui dit avoir injecté 586 000 euros pour sa réhabilitation et son équipement. La collectivité indique verser à l’Adaear 100,35 euros par jour et par jeune accueilli, contre «un prix journée habituel de 140 euros», explique Nicolas Hermouet, directeur général de l’Adaear.

Prévu pour 40 mineurs, le centre a connu mi-novembre une vague de fugues. Huit jeunes sont partis, selon une source associative, remplacés depuis par de nouveaux MNA placés à Saint-Clément. «Certains préfèrent mourir de froid que de rester là. On a l’impression d’être dans un endroit où on n’est pas aimés. La malt raitance, ce n’est pas seulement frapper une personne», se désole un jeune. Hormis quelques ressortissants du Bangladesh et d’Afghanistan, la majorité des adolescents viennent d’Afrique de l’Ouest.

«Sit-in»

A peine ouvert, le centre Alpha a défrayé la chronique locale. Le 10 septembre, les gendarmes ont été appelés par des automobilistes bloqués par les jeunes assis sur la route, aux entrées du village, pour dénoncer leurs conditions de vie. Le «sit-in», qui a duré une dizaine de minutes, s’est dispersé sans recours à la force.

Le 11 octobre, l’intervention de la gendarmerie, venue déloger un pensionnaire qui s’opposait à son transfert, a été plus musclée. Sur une vidéo que Libération a visionnée, on voit une quinzaine de jeunes face à 10 gendarmes devant un bâtiment du centre. Les adolescents s’en tiennent à des protestations orales. Un gendarme brandit une grenade lacrymo, un autre dégaine sa matraque télescopique. Le jeune «évacué» est menotté face contre terre. Le directeur du centre Alpha, Patrick Baës, que l’on aperçoit au début de la séquence, ne semble pas tenter de médiation entre les jeunes et les forces de l’ordre. Joint une première fois pour convenir d’un rendez-vous, il n’a ensuite plus répondu aux appels de Libé.

Après le «sit-in» des jeunes, Christophe Guilloteau, président LR du conseil départemental du Rhône et proche de Laurent Wauquiez, s’est rendu à Saint-Clément «pour recadrer les choses», a-t-il expliqué dans l’hebdomadaire le Pays du 20 septembre : «Ces gamins s’imaginent sans doute que les choses se font en un claquement de doigts. […] Ceux qui ne sont pas satisfaits peuvent voir ailleurs comment ils sont accueillis.» «On nous répète qu’on devrait être contents parce qu’on dort au chaud. Mais je ne suis pas venu en France pour dormir. Je veux aller à l’école, je veux travailler», s’exclame un jeune, qui regrette n’avoir eu «aucune explication» sur son déplacement dans le centre Alpha de Saint-Clément, alors qu’il était déjà pris en charge dans un foyer et scolarisé : «S’ils veulent vraiment notre intégration, il faut nous répartir, pas nous regrouper dans un endroit loin de tout.»

«Ils n’ont qu’à faire du stop»

L’éloignement, c’est la première «violence» faite à ces enfants, estime une source interne. Le premier arrêt de car se trouve à 5 kilomètres de Saint-Clément. Or certains jeunes suivent des formations à plusieurs dizaines de kilomètres, à Thizy ou en banlieue lyonnaise, «ce qui génère une dépendance totale vis-à-vis du personnel éducatif pour les déplacements», note la même source. Le soir, des garçons régulièrement «oubliés» attendent dans le froid et dans l’obscurité un hypothétique ramassage. Un employé s’indigne : «La direction m’a dit : "Ces jeunes ont traversé l’Afrique et l’Europe dans les pires conditions, ils sont capables de rejoindre le centre par leurs propres moyens, ils n’ont qu’à faire du stop."» A plusieurs reprises, les adolescents ont été laissés seuls dans les locaux, le temps pour les encadrants d’effectuer un trajet. Nicolas Hermouet, le directeur général de l’Adaear, reconnaît : «Nous avons mal évalué la question des transports, une réflexion est en cours avec le département.» Elle pourrait aboutir au recrutement d’un ou plusieurs chauffeurs.

L’équipe du centre de Saint-Clément-les-Places (17 équivalents temps plein) souffre d’un sous-effectif chronique. Depuis le 31 août, sur 11 personnes embauchées, 5 au moins ont démissionné. Des intérimaires ont été appelés pour des missions courtes. «Triste constat, la plupart des employés qui décident de rester semblent le faire surtout pour l’opportunité que représente un travail à temps plein proche de chez eux», note une source interne. Le maire de la commune, Daniel Fol, confirme : «La majorité du personnel vient de Saint-Clément ou des villages alentour.» Peu sont familiers du profil de ces jeunes exilés. «Dans la planification de 2019, un transfert de compétences de trois jours sur la spécification MNA est prévu», indique Nicolas Hermouet.

Un jeune raconte : «Il y a une nouvelle animatrice, pour nous appeler, elle fait "Hé oh !". Personne ne s’appelle "Hé oh" ici.» De 23 heures à 6 heures, un seul adulte est présent dans le centre. «C’est un temps où les ados sont en demande, ils n’arrivent pas à dormir, ils ont besoin de se confier, certains ont connu la torture en Libye, beaucoup racontent les traversées en [bateau pneumatique]», rapporte un professionnel.

«Système D»

Libération a visionné une vidéo montrant une altercation nocturne entre les jeunes et un vigile qui les insulte copieusement avant d’aller s’enfermer aux toilettes. «Très peu de temps est consacré à la relation avec le jeune, on est accaparés par les besognes, débordés par la gestion de la vie quotidienne», souligne un employé. L’absence de service de ménage («L’évaluation de la prestation est en cours», dixit Nicolas Hermouet) et de maître de maison (la personne qui coordonne l’intendance) ne permet pas de garantir la sécurité alimentaire. Libération a eu accès à des photos de la cuisine dans un état de saleté manifeste : sol taché, fours encrassés, plaques de cuisson rouillées. Les images montrent aussi des préparations livrées entamées, datant de la veille mais remisées au frigo dans leurs plats de chauffe. En temps normal, si elles ne sont pas consommées au terme du repas, les denrées cuisinées doivent être jetées à la poubelle. «On vient de loin, d’accord. Mais si vous voyiez ça, vous ne mangeriez pas, personne ne mangerait», commente un jeune.

Près de quatre mois après l’ouverture du centre, des pensionnaires n’ont toujours pas de serviette de toilette digne de ce nom. «Quand je suis arrivé, j’en ai demandé une à une animatrice, raconte un ado. Elle m’a tendu un rouleau de papier toilette en me disant "t’as qu’à prendre ça".» Un employé du foyer le déplore : «Même avec le système D, ça ne suffit pas. Ils sont arrivés en France en tongs, avec des chaussures fines et des petites vestes. Les intempéries sont costaudes ici, la moindre des choses, ce serait de s’assurer qu’ils ont tous un gros blouson, ne serait-ce qu’un pantalon chaud, un pull, des gants et un bonnet.» Et d’interroger : «On est dans une sorte de rationnement. Est-ce qu’on ferait pareil avec de jeunes Français ? Je ne crois pas.»

«Un peu de temps»

Quatre adolescents ne sont toujours pas scolarisés, en raison de «pathologies personnelles», indique Nicolas Hermouet. Parmi eux, un pensionnaire vivrait reclus dans sa chambre depuis son arrivée. Or la présence en pointillés de l’infirmière, embauchée à mi-temps et non remplacée pendant plus de deux semaines d’arrêt maladie, compromettrait le «circuit du médicament». «Elle part à 16 heures en laissant un classeur avec les ordonnances et un grand sac plastique avec tous leurs cachets», s’étonne un employé, qui pointe la lourdeur de certains traitements, prescrits pour des symptômes hépatiques, dépressifs ou schizophréniques.

Alertées, quatre avocates lyonnaises ont reçu 19 jeunes après que la direction du centre leur a refusé l’accès au lieu. «C’est assez alarmant, les témoignages sont concordants sur le fait qu’ils n’ont jamais eu communication des décisions des juges des enfants ou des tutelles à leur sujet, alors que le département nous dit le contraire», explique Me Sophie Hassid.

Autre constat : «Personne ne s’occupe de faire leurs demandes de passeport ou de carte consulaire, on ne les finance pas, on leur conseille seulement d’économiser sur leur argent de poche», détaille Me Hassid. Une pratique «illégale», souligne Me Sabah Rahmani, car le département du Rhône, en tant qu’organisme de placement ou tuteur, «est tenu d’accompagner les démarches pour la reconstitution de leur état civil».

«On ne les voit pas comme des enfants mais comme des gens qui sont venus profiter des conditions soi-disant favorables de notre pays», regrette un employé de Saint-Clément. La situation du centre a fait l’objet fin novembre de trois saisines du Défenseur des droits par les quatre avocates, RESF 69 (Réseau Education sans frontières) et les élus écologistes Guillaume Gontard (sénateur de l’Isère) et Myriam Laïdouni-Denis (conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes), auxquels une visite du centre a également été refusée.

Nicolas Hermouet demande «un peu de temps», convaincu de «réussir» sa mission. «Et j’espère que les gamins qu’on accueille vont trouver leur compte», précise-t-il. Quand on était sur le banc, dans le froid, à Saint-Clément, un jeune nous a dit : «Même si on me met dehors demain parce que j’ai parlé, je raconte tout ça pour les frères qui vont venir après.» L’afflux de mineurs non accompagnés en France ne devrait cesser de croître dans les mois et les années à venir. Les centres Alpha pourraient devenir légion.

Maïté Darnault envoyée spéciale à Saint-Clément-les-Places. Photos Bruno Amsellem

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Heure de colle et téléphone portable... Quand l'institution réinvente l'eau tiède et fait fausse route...

28 Décembre 2018 , Rédigé par Europe1 Publié dans #Education, #Politique

Heure de colle et téléphone portable... Quand l'institution réinvente l'eau tiède et fait fausse route...

C'était en mai 2018...

CC

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Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer envisage de remplacer des heures de colle par des punitions pédagogiques, indique RTL.

Les traditionnelles heures de colle vont-elle être supprimées? Selon RTL, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer souhaite s'attaquer aux système des punitions dans les établissements scolaires. Le ministre envisagerait de mettre en place des mesures plus pédagogiques. Exemple donné par RTL : si un élève était pris en train d'enregistrer une vidéo en plein cours, l'élève ne serait pas astreint à une heure de colle mais devrait plutôt faire un exposé sur le droit à l'image. En cas de faits plus graves, plutôt que d'être expulsé de son établissement, l'élève pourrait passer du temps auprès d'une association. Selon la radio, la réforme pourrait s'appliquer dès la rentrée scolaire de septembre

Blanquer prépare également l'interdiction des portables au collège

Le ministre de l'Education nationale prépare également l'interdiction des téléphones portables au collège, une des promesses du candidat Macron. La réforme doit également être mise en place dès l'année prochaine. Cette mesure va être inscrite dans un projet de loi qui arrivera à l'Assemblée nationale le mois prochain. Les règlements intérieurs des établissements interdisent l'usage des portables en classe. Mais pas dans l'enceinte d'un collège car cela revient à attenter aux libertés publiques. Il faut donc une modification de la loi.

Les collèges pourraient choisir entre plusieurs options : interdire totalement aux élèves de venir avec leur portable à l'école; obliger les élèves à laisser leur portable dans une boite toute la journée; ou interdire aux élèves de sortir leur portable de leur sac.

"Il est important de ne plus avoir les portables qui envahissent la vie de nos adolescents au moment où ils doivent étudier, au moment où ils doivent tout simplement être entre eux dans la cour de récréation", avait indiqué Jean-Michel Blanquer en mars. "Nous faisons ça dans l'intérêt des enfants, des adolescents, des élèves, pour qu'ils soient protégés contre tous ces abus, ces dérives qui existent aujourd'hui au travers des réseaux sociaux et qui conduisent au cyberharcèlement", expliquait-il. Plusieurs syndicats et parents d'élèves jugent cette mesure très difficile à mettre en place.

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Commentaire:

1- Les heures de colle sont TOUJOURS obligatoirement - en tout cas dans mon collège mais dans de TRES nombreux autres - accompagnées d'exercices en rapport avec le programme et/ou le fait reproché.

AUCUNE heure de colle ne se déroule sans une activité pédagogique.

2- Les "punitions pédagogiques" sont mises en place depuis des années. (C'est loin d'être une solution miracle au passage.)

L'exclusion temporaire dans une association? Sans l'accord des parents, c'est impossible.

Dès qu’il y a dérive type alcool, photo ou vidéo prise en cours et qu’il y a atteinte avérée et/ou potentielle à autrui, cela ne relève plus de la colle mais de la commission éducative ou du conseil de discipline avec, à chaque fois, un exposé sur les risques. 

Rien de nouveau donc dans cette permanente réinvention de l'eau tiède!

3- Au sujet de l'interdiction des téléphones portables, les propositions de l'institution sont TRES proches de l'existant.

Interdire totalement le téléphone portable est contraire à TOUTES les consignes de sécurité puisque, conformément à la loi, nous apprenons à nos élèves à se signaler à l'aide de cet outil, s'ils se trouvent isolés et cachés dans le collège, en cas d'intrusion.

Le téléphone portable est un outil qui s'apprend! L'interdire n'est pas un acte pédagogique et ne protègera l'élève de rien. Au contraire la frustration créée rendra l'élève plus dépendant encore!

Lire à ce sujet l'article de François Taddei en lien ci-dessous.

Christophe Chartreux

 

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Lina Sleibi...

27 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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