Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

A Voir... "Une affaire de famille"... Un film de Hirokazu Kore-Eda...

12 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Cinéma

Lire la suite

"Faire taire les profs sur les réseaux sociaux"...

12 Décembre 2018 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"Faire taire les profs sur les réseaux sociaux"...

EXTRAIT

Loi Blanquer : Ce que la confiance veut dire... 

"L'école de la confiance" c'est le slogan préféré de JM Blanquer , celui qui a été utilisé pour justifier sa politique tout au long de ses 18 mois de présence au ministère de l'éducation nationale. C'est encore le nom de son projet de loi sur l'école qui devrait bientôt arriver devant le Parlement. La confiance c'est, selon le Larousse, "le sentiment de quelqu'un qui se fie entièrement à quelqu'un d'autre, à quelque chose". Mais le projet de loi de JM Blanquer redéfinit le terme et sa portée. Il éclaire du coup le véritable projet du ministre. L'école de la confiance c'est celle de la mise au pas des enseignants.

L'article 1 de la loi Blanquer

 L'école de la confiance a déjà pris de sérieux coups depuis le phénomène #pasdevagues. Les enseignants ont largement témoigné de l'absence de confiance de l'institution à leur égard. Un sentiment bien rendu en retour. On croyait d'ailleurs le slogan enterré mais le ministre n'a pas hésité à l'utiliser à nouveau, juste avant que les lycéens apportent à leur tour un net démenti...

Le projet de loi "pour une école de la confiance" commence par un premier article qui porte sur "l'engagement de la communauté éducative". Comme d'autres articles de ce texte, il cache bien son jeu.

L'article 1 du projet de loi demande d'insérer un article L. 111-3-1 dans le Code de l'éducation ainsi rédigé : " Art. L. 111-3-1 - Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. "

(...)

François Jarraud

L'étude d'impact

La loi Blanquer : Dossier

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Lycéens de Mantes - Soumission...

12 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation - Laurent Joffrin Publié dans #Education

Lycéens de Mantes - Soumission...

On ne sait pas très bien qui a décidé de contraindre quelque 150 lycéens à s’agenouiller les mains sur la tête pendant une interpellation à Mantes-la-Jolie, devenue le temps d’une vidéo Mantes-la-Grimaçante. Ce qui est sûr, c’est que cette brimade d’un autre âge est une initiative funeste et choquante. Certes, les policiers n’étaient pas assez nombreux, dit-on, pour opérer dans des conditions normales. Certes, la scène diffusée sur les réseaux sociaux a été précédée d’incidents violents. Mais les symboles ont une force autonome, qui excède de loin toutes les explications qu’on peut fournir après coup. D’autant qu’une partie de ces jeunes gens ont été pris dans la nasse et n’avaient commis aucune infraction.

Une silhouette de policier botté et casqué devant un groupe humilié et contraint à une soumission silencieuse : chacun sait que ces images émanent en général de pays soumis à dictature. Nous n’y sommes pas, évidemment. Les lycéens arrêtés ont été ensuite relâchés ou bien placés en garde à vue selon la procédure classique, sans être plus avant maltraités. Mais l’image demeure. C’est un miracle qu’elle n’ait pas provoqué un de ces embrasements dont le milieu lycéen est coutumier. Le mouvement des gilets jaunes, on l’a compris sur le tard au sommet de l’Etat, est né aussi d’un sentiment d’humiliation, celui-là même qui est à l’origine de tant d’explosions sociales dans l’histoire. Les protestataires, jusqu’à présent, se sont contentés de retourner le symbole en s’agenouillant volontairement, les mains sur la tête, devant les policiers ou les CRS lors des manifestations de samedi dernier. Méritoire retenue, somme toute, qui montre que la masse des gilets jaunes ne cherche pas l’affrontement pour l’affrontement. Autrement dit, après la singulière bévue de Mantes, le gouvernement s’en tire pour l’instant à bon compte.

Laurent Joffrin

Lire la suite

Comment la jeunesse de Mantes a été mise à genoux...

12 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Comment la jeunesse de Mantes a été mise à genoux...

Extrêmement choquante, l’image des 150 lycéens parqués dans un terrain vague, mains sur la tête, a enflammé les réseaux sociaux et attisé le mouvement couvant dans les établissements scolaires. «Libération» est retourné à Mantes-la-Jolie pour retracer la journée où le maintien de l’ordre a basculé dans l’humiliation massive.

Une mère de famille se souvient de son angoisse de jeudi dernier. Et aussi du labyrinthe. Son fils de 17 ans, élève du lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, était injoignable dans la matinée. Alors elle a activé la géolocalisation de son portable, lequel indiquait sa présence tout près de l’établissement. Après, tout a vrillé. La police, la garde à vue, les images de 151 adolescents à genoux les mains sur la tête, et la médiatisation, alors qu’elle attendait des nouvelles au commissariat de Trappes, à une cinquantaine de kilomètres de chez elle. Elle dit : «Toute la nuit, il a attendu qu’on vienne le chercher. Il croyait qu’on ne voulait plus de lui à la maison.» Puis : «Est ce que les enfants qu’on a envoyés à l’école jeudi matin sont les mêmes que ceux qu’on a récupérés le vendredi ? Seuls les plus forts vont arriver à passer au-dessus de tout ça. Mais les autres ? Cette histoire, ils vont la garder en eux.»

Jeudi 6 décembre, ces 151 jeunes, dont le moins âgé a 13 ans, ont été interpellés par les forces de l’ordre. Ils sont restés agenouillés plusieurs heures les mains sur la tête - un élément contesté par les autorités, mais répété par des lycéens et les témoins. Avant d’être transférés dans différents postes de police du département. Tout s’est passé dans un espace aux allures d’enclos, en face de Saint-Exupéry, à quelques mètres du bâtiment des Restos du Cœur et d’un autre lycée, Edmond-Rostand. A la fin, l’écrasante majorité des adolescents n’a reçu qu’un simple rappel à la loi. Ce qui équivaut pour Arié Alimi, l’avocat des familles - dont certaines s’apprêtent à déposer plainte - à la preuve absolue d’un raté.

Une séquence vidéo, qui a filtré quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux, immortalise et mondialise la scène : dans l’imaginaire, elle renvoie à la guerre, à la dictature ou à un ailleurs très lointain - ironie, Recep Tayyip Erdogan, le président turc aux gants d’acier, a appelé la France à la retenue.

Bouteilles de gaz

On a croisé des adolescents dans le brouillard : certains ne réalisaient pas encore l’ampleur de l’affaire. Lundi 3 décembre, des élèves s’étaient lancés dans une mobilisation, comme dans d’autres lycées, et la tension est montée crescendo au fil des jours. Mardi 4, un lycéen d’Edmond-Rostand en capuche se rappelle de la conclusion d’une «alliance» : «Lundi, ça avait chauffé avec la police. Des gens de Saint-Exupéry sont venus nous voir pour demander un coup de main. On ne voulait pas attaquer… Vous voyez, on était sur la défensive. On a le droit de manifester, non ? Pourquoi ils viennent provoquer ?»

Mercredi 5, les élèves avaient été confinés dans l’établissement. «On a abaissé les volets électriques», témoigne Nathalie Coste, professeure d’histoire-géographie à Saint-Exupéry depuis vingt-cinq ans. Poubelles cramées, voitures incendiées, hurlements, face-à-face avec la police dans le quartier : elle dépeint une situation hors de contrôle et des éléments extérieurs, venus profiter du contexte et se mêler aux élèves. Le parquet de Versailles : «La vidéo doit être replacée dans le contexte des jours précédents, avec des actions de type violences urbaines. La veille du coup de filet, des jeunes ont pénétré chez une personne âgée et ont dérobé des bouteilles de gaz qu’ils ont utilisé sur des barricades. Sans l’intervention rapide des pompiers, elles auraient pu exploser, ce qui est infiniment dangereux.» La prof : «Le rectorat voulait malgré tout garder l’établissement ouvert. Nous demandions le contraire.» Avec d’autres collègues, l’enseignante conseille aux parents de garder leurs enfants à la maison jeudi 6. «L’appel a été suivi. Je n’ose même pas penser aux conséquences sinon.» Puis : «Le meilleur élève de terminale S est parti en garde à vue. Désormais, un sentiment d’humiliation prédomine.»

«Des petits du collège étaient en panique»

Samir (1), 16 ans, montre du doigt l’espace en contrebas d’un parking, où les images ont été filmées. Il attendait là, avec son sac à dos. Il comptait aller en cours. Quand il a vu «les keufs arriver de partout», il a tenté de se planquer à l’intérieur des Restos du Cœur, devant lesquels était stationné un camion frigorifique. Ils étaient une petite trentaine, cachés dans le local associatif, retenant leur respiration, avant que la police «n’ouvre toutes les portes» et ne leur mette la main dessus.

«Quand on était à genoux, y avait des filles qui pleuraient. Des petits du collège étaient en panique. Moi, ça allait, personnellement, je savais comment ça allait tourner.» Il est resté pendant près de trois heures, rotules sur le goudron, les bras en suspension. «On avait interdiction de bouger. Tu pouvais quand même demander à aller aux toilettes mais c’était pas forcément accordé.» Un de ses camarades a baissé les bras, il s’est pris «une tarte».

Ludovic Kauffman, directeur départemental de la sécurité publique affirme l’inverse : «Ils ne sont pas restés les mains sur la tête comme ça pendant des heures. Le nombre de policiers, entre quinze et vingt, ne leur permettait pas d’avoir un autre dispositif pour sur veiller tous les individus, dont certains étaient quand même dangereux.» Jean-Jacques Brot, le préfet des Yvelines, ajoute: «Ils ont trouvé un moyen, qui n’est pas contraire aux règles habituelles, de les faire se tenir tranquille et procéder aux palpations.»

«Vous allez être des stars…»

Un quadragénaire costaud, travailleur social de la ville, l’assure : «Les fauteurs de trouble ont réussi à s’échapper. C’est leur terrain de jeu : ils jouent souvent avec la police. Ceux qui se sont fait prendre ont, au pire, suivi le mouvement à cause des vidéos sur Snapchat.» Il raconte aussi que des lycéens ont voulu fuir en escaladant un muret, des policiers les attendaient juste derrière. «Ils les ont gazés dans un premier temps. Les gamins ont remonté leur sweat pour respirer. Les policiers les ont braqués en leur ordonnant de lever les mains en l’air.» Plusieurs interpellés rapportent des insultes : «140 connards qui vont passer à la télé, vous allez être des stars…» Et mêmes des propos racistes. Dans l’une des plaintes déjà rédigées et qui devraient être déposées rapidement, il est fait mention d’un «fonctionnaire de police [qui] repoussait [un jeune] contre le sol, le visage dans une flaque d’eau, et posait son pied sur sa tête».

Rachida, mère d’un jeune interpellé jeudi : «Il était encore dans sa bulle de môme de 17 ans mercredi. Il me disait : "T’inquiète, maman, je fais rien de mal, juste je manifeste." J’ai grandi dans les quartiers populaires, je suis rodée malheureusement. J’ai essayé de le préparer : "Tu risques de te faire ramasser, si ça arrive, faut pas résister." Il n’a pas du tout le profil du casseur, rien à voir. Sa première sortie en soirée pour un anniversaire, c’était l’année dernière. Jusque-là, je l’avais mis dans le privé, c’était sa première année dans un lycée public.» Un collectif de mamans s’est créé. L’une des membres : «On est vingt pour l’instant, on organise une marche de solidarité demain [mercredi 12 ndlr]. On espère que d’autres familles vont nous rejoindre, ce n’est pas facile. Il y a des parents qui n’osent pas ou d’autres qui ne savent même pas qu’ils peuvent porter plainte. La plainte, ce n’est pas pour réparer, mais pour le symbole. Pour apaiser la colère

Un élève de première en gabardine se souvient d’un très long silence quand, jeudi 6, la police a quitté les lieux. Et des trentenaires du Val-Fourré voisin - environ 20 000 habitants - expliquent pourquoi le quartier ne s’est pas embrasé : en définitive, peu de gamins étaient originaires de ces grands ensembles-là. Saint-Exupéry et Edmond-Rostand sont des lycées de secteur qui n’englobent pas que les quartiers populaires. Un trentenaire du Val-Fourré, mi-cynique mi-résigné : «Je ne comprends pas pourquoi ils se sont agenouillés. Si ça avait été des gamins d’ici, jamais ils n’auraient accepté.» Et : «Qui va bouger ici pour ces gamins ? Qui se soucie de ce qui se passe à Mantes-la-Jolie ?»

«Je me vengerai»

Mantes-la-Jolie, terrain historique de révoltes urbaines, entretient une relation cabossée avec la police. Au point que des gamins croisés là-bas ne paraissent pas plus choqués que ça par les événements et déroulent une routine faite de contrôles d’identité aussi réguliers que tordus. Certains d’entre eux se demandent combien vaut maintenant leur dossier scolaire à l’heure de Parcoursup, craignant désormais pour la gueule de leur réputation. Saint-Exupéry n’est pas un ghetto abandonné : il a une convention avec Sciences-Po et Saint-Cyr. Nathalie Coste : «Au quotidien, les choses se déroulent sans problème

A lire aussi Face aux lycéens, des policiers sans expérience de maintien de l’ordre

Arié Alimi, l’avocat des familles, s’occupe de rédiger les plaintes. Il voudrait en déposer une première pile avant la marche ce mercredi. Il énumère une tripotée de motifs. Violation des règles de procédure : des enfants expliquent ne pas avoir vu de médecin lors de leur garde à vue, pourtant obligatoire. Les conditions d’interpellations, qu’il qualifie d’actes de torture : «Ce qui s’est passé est indigne de la République. Les lycéens ont passé des heures à genoux. Quelles que soient les violences reprochées, on ne fait pas ça, surtout à des enfants. C’était totalement disproportionné et la suite le montre : l’immense majorité d’entre eux n’ont eu qu’un rappel à la loi. Si des faits leur étaient reprochés, ils auraient été conduits devant le juge pour enfants.» Il poursuit : «Il y a une forme de résignation chez les parents aussi. Comme si tout ça était presque normal. La vidéo met en exergue la répression policière quotidienne dans les quartiers.» Nathalie Coste, professeure au lycée Saint-Exupéry, raconte la difficulté du moment : trouver les leviers pour que les élèves verbalisent ce qui s’est passé. Il faut réparer. Contexte confus près d’une semaine plus tard : «On doit reconstruire des valeurs humanistes, même si on se sent un peu seuls pour le faire.» Un élève de seconde, 16 ans : «Les blocus, c’est mort, je reste dans ma chambre. J’ai passé trente heures dans ma cellule comme un con. Je me vengerai.» Rachida, la mère de famille : «Pour moi aussi, il y a une blessure. Je fais ma solide, mais en fait, j’ai du mal à gérer. Comment vont-ils grandir avec ça ?»

Raillés sur les réseaux

Mardi matin, le site Mantes-Actu diffusait une nouvelle vidéo : à 8 h 30 du matin, un blocus de Saint-Exupéry était envisagé, mais les cours assurés. Sur les grilles du lycée, des élèves avaient écrit sur des feuilles scotchées «non à l’humiliation», «stop à la violence». Rachida poursuit : «Je suis allée devant le lycée pour les canaliser. On devait être une dizaine de mamans. Ils étaient un petit groupe - pas ceux de la vidéo. Ils brûlaient des poubelles, voulaient en découdre avec les policiers. On a eu beaucoup de mal à les calmer.» Cette vidéo n’arrange rien : les gamins qui apparaissent dessus se font railler sur les réseaux sociaux. Le préfet : «Ça devenait de plus en plus dangereux. Nous avons décidé d’interpeller les meneurs. J’assume naturellement le changement de tactique consistant à faire procéder à des interpellations, pour enrayer cette spirale de violence urbaine.» Le travailleur social de Mantes soupire : «Il y a cette phrase prononcée dans la vidéo : "Voilà une classe qui se tient sage." Il y avait déjà de l’humiliation dans la position. Cette phrase, c’est du zèle. Bref, tout ça pour ça.»

Beauvau enquête sur la vidéo

Le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot, a qualifié l’initiative de «lamentable» . Manifestement captée via un téléphone portable, la vidéo des lycéens de Mantes-la-Jolie, agenouillés et mains sur la tête, suscite un vif tollé depuis sa diffusion. En France, elle est devenue l’un des symboles de la fronde antigouvernementale, à tel point que des gilets jaunes ont mimé ce week-end dans des manifestations la position de soumission adoptée de force par les adolescents. Contraint de réagir, le ministère de l’Intérieur a diligenté une enquête administrative dès le lendemain des faits, afin de démasquer l’auteur des images. S’il devait s’agir d’un des policiers présents sur les lieux, il pourrait être poursuivi pour deux motifs : être sorti de son devoir de réserve et avoir filmé un mineur lors d’une interpellation. Un comportement passible de 15 000 euros d’amende. Pour sa part, le parquet de Versailles n’a ouvert aucune enquête judiciaire à ce stade.

Marie Piquemal , Willy Le Devin , Ismaël Halissat , Ramsès Kefi

Lire la suite

Georges Brassens...

11 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

100 euros de plus par mois pour les smicards? Un peu de pédagogie pour dégonfler tout ça...

11 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

100 euros de plus par mois pour les smicards? Un peu de pédagogie pour dégonfler tout ça...

Ceux qui se sont contentés de l'allocution télé d'Emmanuel Macron, hier, ont peut-être compris que le Smic allait augmenter de 100€ dès janvier prochain. L'annonce avait tout pour marquer les esprits. Mais la réalité est un tantinet plus compliquée : il s'agit en fait d'une augmentation plus rapide que prévu de la prime d'activité et d'une baisse des cotisations sociales (chômage et maladie), ajoutée à la hausse mécanique de 1,8% en janvier. Et le chef de l'Etat, certains de ses lieutenants et l'Elysée ont dû s'y reprendre à plusieurs fois pour que ce soit à peu près clair. Un comble pour la prise de parole la plus attendue du quinquennat. 

L'annonce de Macron 

«Le salaire d’un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euros de plus pour l’employeur» : c'est la phrase exacte d'Emmanuel Macron à la télé. L'idée d'une hausse du Smic est (volontairement ?) implantée. 

Les précisions de Pénicaud 

Dans les minutes qui suivent sur France 2, Muriel Pénicaud est chargée de détailler cette annonce qui semble la contredire directement, elle qui s'était opposée à toute hausse du Smic la veille. La ministre du Travail explique, avec un groooos lapsus au passage : «Ce que j'ai dit, c'est qu'on n'allait pas augmenter le Smic au sens classique du terme […]. Ce que le Président a annoncé, cette augmentation de 100% [sic], elle inclut la revalorisation du Smic, qui est déjà prévue [et] le reste, ça va être la solidarité, ça va être le budget de l'Etat, qui va permettre de compléter ces salaires.» 

Le tweet de Macron 

45 minutes après son discours, le compte Twitter du chef de l'Etat relaye ses propos. Avec deux différences majeures par rapport à la version orale : «Comme je m’y étais engagé pendant la campagne, le salaire d’un salarié au Smic augmentera au total de 100€ par mois, sans qu’il en coûte un euro de plus à l’employeur, et cela dès 2019 au lieu que ce soit étalé pendant tout le quinquennat.» Il s'agit donc de la «simple» application plus rapide d'une promesse de campagne. De quoi justifier un non-changement de cap.

Les confirmations de l'Elysée 

Auprès de France Info puis du Figaro, l'Elysée confirme dans la soirée ce que tout le monde commence à comprendre : ces 100€ net correspondent en fait aux hausses, déjà votées, de la prime d'activité chaque année jusqu'en 2021 mises en œuvre en une fois en 2019, plus une baisse de cotisations sociales. Soit «l'équivalent d'un 13e mois de salaire, 100€ net de plus chaque mois», promis par le candidat Macron. Ce que confirment les secrétaires d'Etat Olivier Dussopt (sur BFMTV) et Gabriel Attal (dans le Figaro). 

Peu avant 23 heures, la version définitive et clairement compréhensible de cette annonce est livrée par la présidence à l'AFP : «Les 100 euros de plus (net) pour le Smic correspondent à une prime d'activité de 80 euros et une baisse des charges de 20 euros.» Cela s'ajoute donc au 1,8% supplémentaire au 1er janvier, contrairement aux premières précisions de Pénicaud. Et quand cela sera-t-il effectif ? «Le plus tôt possible, au plus tard en avril», selon la présidence citée par l’AFP. 

Et bah voilà, c’était pas si compliqué.

Etienne Baldit

@chez_pol

Libération

Lire la suite

L’origine sociale, source d’inégalité pour l’orientation scolaire...

10 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Orientation

L’origine sociale, source d’inégalité pour l’orientation scolaire...

Le Conseil national d’évaluation des politiques scolaires a interrogé 1 200 jeunes. Leurs réponses aident à comprendre le système éducatif et ses lacunes.

Il y a deux façons de voir les choses. La vision optimiste : un jeune sur deux est satisfait de l’accompagnement à l’orientation reçu pendant ses années lycées… Ce qui veut aussi dire qu’un sur deux ne se sent pas suffisamment aidé par l’institution scolaire dans cette étape déterminante. Le Conseil national d’évaluation des politiques scolaires (Cnesco), dont l’avenir est fortement menacé par le projet de loi Blanquer, publie une étude très intéressante sur un sujet assez peu documenté et pourtant central : l’orientation. 1 200 jeunes de 18 à 25 ans ont été interrogés. Leurs réponses sont pour certaines surprenantes.

Deux tiers stressés par l’orientation

On ne tombera pas de sa chaise en apprenant que le mot «orientation» est parfois synonyme de palpitations et autres symptômes du genre - les systèmes d’affectation (APB et aujourd’hui Parcoursup) n’y étant pas pour rien. Deux tiers des jeunes répondent avoir été stressés à cause des choix d’orientation. Surtout les filles, et les enfants d’ouvriers et d’employés. Plus ils ont de bonnes notes, plus ils considèrent que l’institution scolaire les a aidés dans leur choix d’orientation. C’est le cas pour 50 % des «plutôt bons élèves» et «très bons», contre 30 % des «plutôt pas bons» et «pas du tout» bons élèves. 15 % des élèves déclarent ne jamais avoir reçu d’aide au cours de leur scolarité. Le sentiment d’être bien accompagné par son établissement varie aussi : ceux qui étaient dans un collège d’éducation prioritaire se sentent plus aidés (53 %) que les autres (42 %).

Un jeune sur cinq estime ne pas avoir le choix

«A peine plus de la moitié des jeunes (57 %) avaient un projet professionnel au moment de choisir leur orientation», relève Nathalie Mons, la présidente du Cnesco. Quant aux critères pris en compte par les élèves au moment de faire leur choix, «le goût pour un métier et pour une discipline» arrive comme élément principal pour un tiers des élèves et ce, quel que soit le niveau social des familles. La rémunération arrive loin derrière, considérée comme un critère important pour 20 % des jeunes interrogés. «Ils s’accrochent à leur rêve, c’est un résultat intéressant et positif.»

A nuancer quand même : le goût du métier arrive plus haut pour les enfants de cadres (50 %) que les enfants d’ouvriers (40 %). Là encore, s’ajoutent des différences notables entre les filles et les garçons : la rémunération du métier choisi et la possibilité d’être rapidement en poste priment davantage pour les garçons (27 %) que pour les filles (14 %).

L’étude met en avant une autre donnée intéressante : le sentiment d’avoir (ou pas) choisi son orientation. 20 % des élèves passés par un lycée professionnel estiment ne pas avoir eu le choix, et ont donc le sentiment de subir leur orientation. L’origine sociale joue aussi plein pot : 19 % d’enfants d’ouvriers et employés déclarent ne pas avoir eu le choix de leur orientation, contre 10 % pour les enfants de cadres.

Le coût des études, décisif et dissuasif

71 % des jeunes déclarent avoir écarté d’eux-mêmes une ou plusieurs orientations qui les intéressaient. Jusque-là, commente Nathalie Mons, rien de très surprenant, l’orientation étant par définition un processus de choix. Mais plusieurs questions se posent. Les filles renoncent plus que les garçons (78 % contre 64 %). Les raisons avancées par les jeunes interrogées ont surpris les chercheurs : «On aurait pu penser que l’explication principale était les résultats scolaires. Or c’est le coût des études qui revient comme l’élément le plus dissuasif, décrypte Nathalie Mons. Ce qui peut surprendre dans un pays comme la France où l’université a un coût raisonnable…» L’un des éléments d’explication : derrière le «coût des études», les jeunes englobent les frais de scolarité et le «coût d’opportunité», c’est-à-dire l’argent perdu en faisant des études plutôt qu’en travaillant. La durée des études est d’ailleurs la troisième raison avancée pour expliquer les renoncements : 25 % des femmes refusent à cause de la durée, contre 18 % des hommes. 24 % des enfants d’employés contre 15 % chez les cadres. Sans surprise, l’éloignement géographique joue aussi.

18 % ont recours à un coach privé

L’enquête montre aussi l’influence prépondérante de la famille dans les choix d’orientation. 80 % des jeunes déclarent avoir parlé d’orientation à la maison, et pour la moitié d’entre eux, les parents étaient leur premier interlocuteur. Et les inégalités sociales jouent un grand rôle. Les familles les plus aisées n’hésitent pas à embaucher des coachs privés : 18 % des jeunes de 18 à 25 ans déclarent y avoir fait appel. Pour 7 % d’entre eux, c’était un coach payant, 11 % ont eu recours à une formule gratuite, grâce à des associations par exemple. «Mais ce privilège, payant ou gratuit, reste plutôt réservé aux familles favorisées qui savent que cette offre existe.» Ces inégalités sont renforcées par l’institution : on compte un conseiller d’orientation pour 1 200 élèves en moyenne, avec des disparités territoriales fortes. Ils sont encore moins nombreux dans les académies défavorisées, comme à Créteil.

Marie Piquemal

Lire la suite

«j’aurai bientôt onze ans / je songe à m’habituer» ...

10 Décembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Littérature

Il neige ce matin
Dans la rue des Marais
David court
Et je lui cours après

La sonnette a parlé
Tournez vos sabliers
Et la blouse vert d’eau
Pénètre sous la peau

16h30, les cris
Les sabliers vidés
Bientôt j’écrirai tout
Quand je saurai viser

En attendant j’embrasse
La joue qui s’est baissée
Dans la rue verglacée
Et à demain l’angoisse

Il neige ce matin
Cinq ans à tout casser
Dans la rue des Marais
David est essoufflé
Je l’ai bientôt rejoint
Et je ne sais plus après

Christelle est la première
À ne pas vouloir m’aimer
Je pressens une liste
Longue à se dérouler

Hier sous les remparts
Le chien s’est échappé
J’aurai bientôt onze ans
Je songe à m’habituer

Au sang de betterave
Au jus de rose mêlé
Je saurai m’habituer
Je ne saurai jamais
Et j’irai dispersé
Loin de rue des Marais

C’est un vieux effrayant
Qui entre dans ma chambre
Et fait claquer la porte
Je ne saurai jamais
Si j’ai rêvé tout ça
La porte renvoyée
À la face du grand-père
Un jour rue des Marais

La perche dans le chlore
Me semble hors de portée
Dans un instant je plonge
Le monde aura gagné

Dans le square la roue tourne
Tranchante, dentelée
Le genou comme la pierre
S’en va cicatriser

Une ville à deux versants
Haute et basse m’obsède
Tout m’y est arrivé
Et depuis je décline
Sur tous les tons la tristesse
Qu’elle m’a refourguée

Il neige ce matin
La pierre embourgeoisée
Accueille sourcils froncés
La belle intruse blanche
Qui me fait m’étaler
Je pleure comme un dimanche
Plus tard j’écrirai tout
Quand je saurai viser

Viser rue des Marais
La télé allumée
La vie qui démarrait
Et l’odeur de l’orange
Qui me réveillerait
Demain rue des Marais

Dominique Ané, Ma vie en morceaux, éd. Flammarion, 224 pages, 18 euros

Lire la suite

Eddy Mitchell...

9 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de Coeur... Raymond Queneau...

9 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

IMPUISSANT

Comment dire l'impression que produit le contact de dix corps pressés sur la plate-forme arrière d'un autobus S un jour vers midi du côté de la rue de Lisbonne ? Comment exprimer l'impression que vous fait la vue d'un personnage au cou difformément long et au chapeau dont le ruban est remplacé, on ne sait pourquoi, par un bout de ficelle ? Comment rendre l'impression que donne une querelle entre un voyageur placide injustement accusé de marcher volontairement sur les pieds de quelqu'un et ce grotesque quelqu'un en l'occurrence le personnage ci-dessus décrit ? Comment traduire l'impression que provoque la fuite de ce dernier, déguisant sa lâcheté du veule prétexte de profiter d'une place assise ?

Enfin comment formuler l'impression que cause la réapparition de ce sire devant la gare Saint-Lazare deux heures plus tard en compagnie d'un ami élégant qui lui suggérait des améliorations vestimentaires ?

                                      ___________________________________________

INJURIEUX

Après une attente infecte sous un soleil ignoble, je finis par monter dans un autobus immonde où se serrait une bande de cons. Le plus con d'entre ces cons était un boutonneux au sifflet démesuré qui exhibait un galurin grotesque avec un cordonnet au lieu de ruban. Ce prétentiard se mit à râler parce qu'un vieux con lui piétinait les panards avec une fureur sénile ; mail il ne tarda pas à se dégonfler et se débina dans la direction d'une place vide encore humide de la sueur des fesses du précédent occupant.

Deux heures plus tard, pas de chance, je retombe sur le même con en train de pérorer avec un autre con devant ce monument dégueulasse qu'on appelle la gare Saint-Lazare. Ils bavardochaient à propos d'un bouton. Je me dis : qu'il le fasse monter ou descendre son furoncle, il sera toujours aussi moche, ce sale con.

                                      ___________________________________________

VULGAIRE

L'était un peu plus dmidi quand j'ai pu monter dans l'esse. Jmonte donc, jpaye ma place comme de bien entendu et voilàtipas qu'alors jremarque un zozo l'air pied, avec un cou qu'on aurait dit un télescope et une sorte de ficelle autour du galurin. Je lregarde passeque jlui trouve l'air pied quand le voilàtipas qu'ismet à interpeller son voisin. Dites donc, qu'il lui fait, vous pourriez pas faire attention, qu'il ajoute, on dirait, qu'i pleurniche, quvous lfaites essprais, qu'i bafouille, deummarcher toutltemps sullé panards, qu'i dit. Là-dssus, tout fier de lui, i va s'asseoir. Comme un pied.

Jrepasse plus tard Cour de Rome et jl'aperçois qui discute le bout de gras avec autre zozo de son espèce. Dis donc, qu'i lui faisait l'autre, tu dvrais, qu'i lui disait, mettre un ottbouton, qu'il ajoutait, à ton pardingue, qu'i concluait.

Raymond Queneau - Exercices de style

Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 > >>