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Vivement l'Ecole!

Coup de Coeur... Louis Aragon...

18 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Aurélien craignit de ne pas danser assez bien pour elle. Il le lui dit. Elle ferma les yeux. Alors, se penchant sur elle, il la vit pour la première fois. Il régnait sur son visage un sourire de sommeil, vague, irréel, suivant une image intérieure. Ce qu'il y avait de heurté, de disparate en elle, s'était fondu, harmonisé. Portée par la mélodie, abandonnée à son danseur, elle avait enfin son vrai visage, sa bouche enfantine, et l'air, comment dire ? d'une douleur heureuse. Aurélien se répéta qu'il n'avait encore jamais vu cette femme qui venait d'apparaître. Il comprit que ce qui la lui avait cachée, c'étaient ses yeux. Quand elle les avait fermés, elle n'avait plus été protégée par rien, elle s'était montrée elle-même. Ils se rouvrirent plus noirs que jamais, plus animaux qu'Aurélien ne s'en souvenait.

Aurélien - Louis Aragon

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Jean-Michel Blanquer - France Inter... Quand le temps se gâte... (Vidéo)

18 Novembre 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Jean-Michel Blanquer - France Inter... Quand le temps se gâte... (Vidéo)

Je recommande d'écouter toute l'émission évidemment mais tout particulièrement le "portrait" du Ministre, réalisé par Carine Bécard.

A partir de le 26e minute et quelques secondes...

A noter que, comme pour la totalité des ministres de ce gouvernement, aucun contradicteur expert n'est opposé au Ministre.

Jamais...

Quant à ses réponses - habituelles - je laisse l'auditeur faire son opinion.

CC

A propos de "Devoirs faits", je souhaite la publication des pourcentages d'élèves concernés, par collège.

A propos des CP dédoublés, j'attends avec impatience les évaluations qui seront publiées en janvier. En espérant que celles-ci soient indépendantes, ce dont je ne doute pas.

A propos des Fables de La Fontaine, je souhaite là-aussi une évaluation des effets réels d'une mesure qui n'a concerné que 3 académies.

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Du social à l’école, pas des policiers!...

18 Novembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Du social à l’école, pas des policiers!...

EXTRAITS

Nous sommes dans l’attente du (nouveau) plan gouvernemental pour lutter contre la violence à l’école annoncé un peu prématurément à la suite de l’agression en octobre d’une enseignante par un jeune avec une arme (factice) pour être marqué présent à un cours. Une nouvelle fois se pose la question d’installer à demeure des policiers dans certains lieux scolaires. Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, quand des faits similaires défrayaient la chronique, avait déjà impulsé cette démarche en 2004 dans les Hauts-de-Seine en jouant de son autorité dans ce département, copiant l’anglais Tony Blair, avant de tenter la généraliser, mais sans grand succès devant les résistances suscitées (1). Mais est-ce La réponse adaptée ? On peut s’interroger.

Déjà on doit être dubitatif à l’idée qu’une réponse institutionnelle soit à elle seule capable de réduire la violence des plus jeunes, a fortiori de l’éradiquer. Comme on doit être sceptique quand on nous propose de lutter contre la réitération de la délinquance juvénile avérée en doublant le nombre de centres éducatifs fermés (2).

Une démarche efficace en la matière implique une stratégie pluridimensionnelle avec des axes majeurs comme la clarification des responsabilités des adultes à l’égard des enfants – par exemple qui fait quoi entre le père et le beau-père? – ou encore le développement de collaboration école-parents dans le suivi de la scolarité et déjà dans la motivation des enfants. Il ne suffit pas de déposer un enfant à l’école pour être garanti qu’il la suivra. Il faut travailler sur le sens de la scolarité à ses yeux trop souvent vécue comme une punition et sur ce qu’il peut en attendre à terme : du travail ou/et une meilleure estime de soi et une valorisation de ses compétences. Les règles et contraintes de l’école sont aussi avec la nécessité de respecter les autres et les cadres autant d’apports à l’insertion sociale des jeunes. Il faut déjà tout simplement protéger les enfants dans leur parcours quotidiens domicile-école quand trop sont victimes d’agressions ou de rackets en tous genres.

On voit les chantiers à ouvrir ou à prolonger quand on nous dit que le feu prend au lac ! Si la démultiplication des classes en primaire est indéniablement une bonne piste, on est encore loin du compte sur un projet global pour l’enfance.

(...)

Le besoin de social à l’école est réel. L’école est souvent un havre de paix pour des enfants en souffrance, un temps de répit, mais aussi un lieu qui écarte le carcan familial en leur offrant de croiser une écoute adulte. Avec cette caractéristique que quasiment tous les enfants de France – sauf les roms – la fréquentent. L’école est donc le lieu où sans discrimination tous les enfants de France peuvent révéler ou trahir les difficultés auxquelles ils sont confrontés. L’idée n’est pas d’y repérer la graine de délinquants comme y invitait en 2005 l’exploitation politique des travaux de l’INSERM, mais la situation de l’enfant étant révélatrice d’une ambiance familiale, il s’agit, en décryptant sa situation et en lui offrant des perspectives d’évolution positive, de provoquer au plus tôt une intervention sociale en faveur de la famille.

(...)

Jean-Pierre Rosenczveig

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Classes de CP dédoublées : pourquoi Griveaux a tort de parler déjà de "résultats spectaculaires"...

18 Novembre 2018 , Rédigé par JDD Publié dans #Education

Classes de CP dédoublées : pourquoi Griveaux a tort de parler déjà de "résultats spectaculaires"...

LE VRAI DU FAUX - Le porte-parole du gouvernement a indiqué, sur Europe 1 cette semaine, que les résultats du dédoublement des classes décidé en 2017 par l'exécutif étaient "spectaculaires" : "Les élèves à la fin du CP maîtrisent les savoirs fondamentaux, ce n'était pas le cas avant", a-t-il fait valoir... En réalité, ce constat a du mal à se vérifier.

"Les résultats du dédoublement des classes sont spectaculaires. Les élèves à la fin du CP maîtrisent les savoirs fondamentaux, ce n'était pas le cas avant", a déclaré lundi dernier sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Plus d'un an après la mise en œuvre de cette mesure phare du ministre de l'Éducation nationale, aucun bilan du dédoublement de 2.500 classes de CP en zone d'éducation prioritaire REP+ n'a pourtant été publié.

La direction des statistiques du ministère n'a pas achevé le traitement des évaluations d'un échantillon d'élèves, et aucun résultat n'est attendu avant janvier.

Europe1 - JDD

Lire aussi:

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Adele...

17 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de Coeur... Jules Supervielle...

17 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Celui qui chante dans ses vers,
 Celui qui cherche dans ses mots,
 Celui qui dit ombres sur blanc
 Et blancheurs comme sur la mer
 Noirceurs sur tout le continent,
 Celui qui murmure et se tait
 Pour mieux entendre la confuse
 Dont la voix peu à peu s'éclaire
 De ce que seule elle a connu 
 Celui qui sombre sans regret 
 Toujours trompé par son secret 
 Qui s'approche un peu et s'éloigne 
 Bien plus qu'il ne s'est approché, 
 Celui qui sait et ne dit pas 
 Ce qui père au bout de ses lèvres 
 Et, se taisant, ne le dira 
 Qu'au fond d'une blafarde fièvre 
 Au pays des murs sans oreilles, 
 Celui qui n'a rien dans les bras 
 Sinon une grand tendresse, 
 Ô maîtresse sans précédent, 
 Sans regard, sans cœur, sans caresses, 
 Celui-là vous savez qui c'est 
 Ce n'est pas lui qui le dira »

                      __________________________________________________

« Puisque nos battements
 S’espacent davantage,
 Que nos cœurs nous échappent
 Dans notre propre corps,
 Viens, entr’ouvre la porte,
 Juste assez pour que passe
 Ce qu’il faut d’espérance
 Pour ne pas succomber. »

                       __________________________________________________

« Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Epargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir. »

Jules Supervielle - La fable du monde

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Au Brésil, Jair Bolsonaro lance la guerre de l’école...

17 Novembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Au Brésil, Jair Bolsonaro lance la guerre de l’école...

EXTRAITS

Une proposition de loi contre le « socialisme scolaire », soutenue par l’extrême droite, vise à museler les enseignants.

Fatigué par les cris d’une petite foule réclamant le « respect des professeurs », le député brésilien Eder Mauro, ancien policier, a sommé ses adversaires au Congrès de ­Brasilia de se taire. Puis, avec ses mains, a fait le signe de les fusiller. Un geste emblématique du président récemment élu, Jair Bolsonaro, militaire de réserve, nostalgique de la dictature (1964-1985), ­réputé pour ses propos racistes, homophobes et misogynes. L’illustration, aussi, d’un changement de paradigme au sein d’un monde politique brésilien chaviré par la victoire du leader de l’extrême droite, le 28 octobre.

L’origine du tumulte, mardi 13 novembre, est l’examen en commission parlementaire de la proposition de loi dite « Escola sem Partido » (« école sans parti ») défendue, notamment, par Eder Mauro et soutenue haut et fort par Jair Bolsonaro.

Fomenté par la droite dure et le lobby évangélique, le texte, rebaptisé « loi du bâillon » par l’opposition, se fonde sur l’idée d’une école hantée par le communisme, où l’on ferait l’apologie de mœurs ­débridées et la publicité d’une pseudo « théorie du genre ». Un propos qui fait écho au discours de campagne de Jair Bolsonaro promettant le « lance-flammes » pour les ouvrages de Paulo Freire,pédagogue connu pour son travail pour l’alphabétisation des pauvres, et fustigeant le « marxisme » comme la « sexualisation précoce » des enfants à l’école.

« Pénis en plastique »

Pour lutter contre ce « socialisme scolaire », le texte prétend obliger les professeurs à la neu­tralité et au respect « des convictions de l’élève, de ses parents ou responsables ». Ils n’auraient ainsi aucune légitimité à contredire les familles sur les thèmes de l’éducation morale, sexuelle et religieuse. Une directive assez vague pour donner lieu à toutes les dérives.

Le général Aléssio Ribeiro Souto, tête pensante du programme de Jair Bolsonaro sur l’éducation, a déjà affirmé, lors d’un entretien au quotidien Estado de Sao Paulo, le 15 octobre, n’avoir pas l’intention de contrarier l’enseignement du créationnisme si telle était la ­conviction de parents. Le gradé a aussi fait part de son souhait d’« éliminer les livres d’histoire qui ne véhiculent pas la vérité sur [le coup d’Etat] de 1964 ».

« Les élèves manipulent des pénis en plastique, on leur enseigne “Marx pour les enfants” et rien sur Olavio de Carvalho [écrivain anticommuniste vénéré par le clan Bolsonaro] », lance Damares Alves, pasteur et assistante parlementaire du député Erivelton Santana, auteur de la proposition de loi.

(...)

Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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C'est dans ma tête. L'uniforme à l'école : une fausse bonne idée?...

17 Novembre 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

C'est dans ma tête. L'uniforme à l'école : une fausse bonne idée?...

La ville de Provins a mis en place, la semaine dernière, le port de l’uniforme dans les écoles primaires. La psychanalyste Claude Halmos revient aujourd'hui sur cette mesure qui pourrait ne pas produire les effets escomptés. 

62% des parents s’étaient prononcés, en juin dernier, lors d’un vote organisé par le Maire de Provins, en faveur du port de l'uniforme dans les écoles primaires de sa ville. Provins qui a mis en place cette mesure, la semaine dernière. Mesure à laquelle le ministre de l’Éducation lui-même, Jean-Michel Blanquer, s’était déclaré favorable. Le but visé est la mise en place d’une véritable communauté éducative, voire même une meilleure intégration républicaine.

Pensez-vous que le port de l’uniforme puisse avoir les effets escomptés ?  

Je crains que ce retour* à l’uniforme ne soit une fausse bonne idée, parce qu’il s’appuie, me semble-t-il, sur une erreur de compréhension de ce qu’est un uniforme. Un uniforme est un signe d’appartenance. Le fait qu’une institution, comme l’armée par exemple, impose à ses membres le port d’un uniforme a pour but d’affirmer que la relation qu’ils ont à elle, l’armée, est constitutive de leur identité. Et que celles qu’ils ont entre eux n’existent que parce qu’ils ont cette relation à elle, qui les a rassemblés.

Autrement dit, ce n’est pas le port d’un uniforme par les soldats qui fait exister l’armée ; mais au contraire l’existence et la force de l’armée qui lui permet d’exiger cet uniforme.

L’uniforme ne crée pas l’appartenance à l’institution, il n’en est pas la cause, mais seulement la conséquence

Claude Halmos

Faire porter un uniforme à des élèves en pensant créer ainsi une communauté éducative revient donc à prendre, ni plus ni moins, le problème à l’envers    

Pourquoi ferait-on cette erreur de prendre le problème à l'envers ?  

Peut-être parce que la croyance infantile en la pensée magique ("je vais mettre le pull de mon copain, et je serai aussi fort que lui. Je vais mettre un uniforme aux élèves et ils deviendront de bons petits soldats") peut survivre, même à l’âge adulte. Mais surtout parce que l’on n’analyse pas assez les raisons pour lesquelles l’école ne correspond plus aujourd’hui à ce que l’on souhaiterait.

Le sentiment d’appartenance à une communauté éducati ve que les élèves respectaient, date d’une époque où l’école de la République représentait, pour chaque enfant, une possibilité réelle d’ascension sociale. Étant donné la situation économique, ce n’est plus le cas.

Par ailleurs des éléments comme le respect de la place des enseignants, ou la compréhension de la nécessité du travail, qui sont le propre d’une communauté éducative, et que les enfants ne peuvent acquérir que par l’éducation, font aujourd’hui souvent défaut, du fait précisément de la crise de l’éducation que nous traversons.

Et puis l’idée même de communauté a changé, et devient trop souvent synonyme d’exclusion des autres : le communautarisme le prouve. C’est sur tout cela qu’il faudrait travailler.       

On a critiqué aussi le fait que les parents soient obligés de payer les uniformes

C’est une critique justifiée. D’abord sur le plan matériel : c’est, pour beaucoup de familles, une dépense trop lourde, et l’on prend le risque d’accentuer les différences entre les enfants. Et cela pose aussi un problème quant au sens de l’uniforme : on peut demander à des gens de faire l’effort de se rassembler, pour former une communauté, sous la bannière d’une institution. Mais ce n’est pas à eux de fournir la bannière… Chacun sa place et son rôle !                            

* L'emploi - fréquent à ce sujet - du mot "retour" est impropre puisque l'uniforme n'a JAMAIS existé dans l'Ecole en France.

Il est souvent confondu avec la blouse.

CC

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Contre la violence du monde, la beauté... "Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient."

17 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

A l'amie...

CC

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"Ce  jardin de l'autre côté de la fenêtre, je n'en vois que les murs. Et ces  quelques feuillages où coule la lumière. Plus haut, c'est encore les  feuillages. Plus haut, c'est le soleil.

Et  de toute cette jubilation de l'air que l'on sent au dehors, de toute  cette joie épandue sur le monde, je ne perçois que des ombres de  feuillages qui jouent sur les rideaux blancs. 

Cinq  rayons de soleil aussi qui déversent patiemment dans la pièce un parfum  blond d'herbes séchées. Une brise, et les ombres s'animent sur le  rideau. Qu'un nuage couvre, puis découvre le soleil, et voici que de  l'ombre surgit le jaune éclatant de ce vase de mimosas. 

Il suffit : cette seule lueur naissante et me voici inondé d'une joie confuse et étourdissante.

Prisonnier  de la caverne, me voici seul en face de l'ombre du monde. Après-midi de  janvier. Mais le froid reste au fond de l'air. Partout une pellicule de  soleil qui craquerait sous l'ongle, mais qui revêt toutes choses d'un  éternel sourire. 

Qui  suis-je et que puis-je faire — sinon entrer dans le jeu des feuillages  et de la lumière. Être ce rayon de soleil où ma cigarette se consume,  cette douceur et cette passion discrète qui respire dans l'air. 

Si  j'essaie de m'atteindre, c'est tout au fond de cette lumière . Et si je  tente de comprendre et de savourer cette délicate saveur qui livre le  secret du monde, c'est moi-même que je trouve au fond de l'univers. 

Moi-même,  c'est-à-dire cette extrême émotion qui me délivre du décor. Tout à  l'heure, d'autres choses et les hommes me reprendront. 

Mais  laissez-moi découper cette minute dans l'étoffe du temps, comme  d'autres laissent une fleur entre les pages. Ils y enferment une  promenade où l'amour les a effleurés. Et moi aussi, je me promène, mais  c'est un dieu qui me caresse.

La  vie est courte et c'est péché que de perdre son temps. Je perds mon  temps pendant tout le jour et les autres disent que je suis très actif.  Aujourd'hui c'est une halte et mon cœur s'en va à la rencontre de  lui-même.

Si une angoisse encore m'étreint, c'est de sentir cet impalpable instant glisser entre mes doigts comme les perles du mercure.

Laissez  donc ceux qui veulent se séparer du monde. Je ne me plains plus puisque  je me regarde naître. Je suis heureux dans ce monde, car mon royaume  est de ce monde. 

Nuage  qui passe et instant qui pâlit. Mort de moi-même à moi-même. Le livre  s'ouvre à une page aimée. Qu'elle est fade aujourd'hui en présence du  livre du monde.

Est-il  vrai que j'ai souffert, n'est-il pas vrai que je souffre ; et que cette  souffrance me grise parce qu'elle est ce soleil et ces ombres, cette  chaleur et ce froid que l'on sent très loin, tout au fond de l'air.

Vais-je  me demander si quelque chose meurt et si les hommes souffrent puisque  tout est écrit dans cette fenêtre où le ciel déverse sa plénitude.

Je  peux dire et je dirai tout à l'heure que ce qui compte est d'être  humain, simple. Non, ce qui compte est d'être vrai et alors tout s'y  inscrit, l'humanité et la simplicité. Et quand suis-je plus vrai et plus  transparent que lorsque je suis le monde ?

Instant  d'adorable silence. Les hommes se sont tus. Mais le chant du monde  s’élève et moi, enchaîné au fond de la caverne, je suis comblé avant  d'avoir désiré. 

L'éternité  est là et moi je l'espérais. Maintenant je puis parler. Je ne sais pas  ce que je pourrais souhaiter de mieux que cette continuelle présence de  moi-même à moi-même. 

Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient. 

On  se croit retranché du monde, mais il suffit qu'un olivier se dresse  dans la poussière dorée, il suffit de quelques plages éblouissantes sous  le soleil du matin, pour qu'on sente en soi fondre cette résistance. 

Ainsi  de moi. Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable.  Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle et son visage  d'éternelle jeunesse."

 

Albert Camus - L'envers et l'endroit

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Revue de Presse Education... 17 novembre 2018...

17 Novembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... 17 novembre 2018...

Devoirs faits, formation des futurs enseignants, rôle du professeur principal, harcèlement. Nous abordons rapidement ces thèmes et puis celui de l’enseignement des sciences économiques et sociales. Puis nous irons faire un tour en Finlande, pour terminer par la nuit de la philosophie.

Revenons d’abord sur quelques mesures de politique éducative récentes :

Les limites du dispositif Devoirs faits par Denis Peiron
“En vigueur au collège depuis un an, les études dirigées offrent aux élèves volontaires un accompagnement de qualité très variable.”

Formation des enseignants : des étudiants en tiers-temps dès la L2 par Erwin Canard
« Dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants actuellement en discussion, les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche envisagent la mise en place d’un prérecrutement des enseignants dès la L2. Un document qu’EducPros s’est procuré précise les grandes lignes de ce projet.  »


Le BO publie : le Rôle du professeur principal dans les collèges et les lycées
Clarification ? Redéfinition ? Augmentation de la charge de travail en particulier d’orientation ?

Violence scolaire : « Les mesures envisagées sont inadéquates et même contre-productives »
Benjamin Marol, enseignant à Montreuil, estime, dans une tribune au « Monde », que les solutions envisagées par le gouvernement, dont celles de placer des policiers dans les établissements scolaires, ne contribueront pas à améliorer la situation.”

Blanquer victime de harcèlement comme bien d’autres ? Par Claude Lelièvre
“Il semble bien que oui, si l’on en juge par une déclaration de Jean-Michel Blanquer qui vient de paraître sur « Paris Match » : « j’ai connu moi aussi le harcèlement dans la cour de récréation, le fait de se battre ; c’est ce qu’il y a de pire dans la vie quotidienne que de vivre cela ; je connais beaucoup d’enfants qui ont vécu cela et qui en ont beaucoup souffert ».”

Cnesco : A quoi joue Blanquer ?
“Dans la nuit du 13 au 14 novembre, JM Blanquer s’est opposé au maintien du budget du Cnesco en même temps qu’il a à nouveau confirmé son maintien sous une autre forme. Le ministre donne l’impression de faire des promesses qu’il n’a aucune intention de tenir. A quoi joue Blanquer ?”

Enseigner l’économie

Le bon enseignement de l’économie, une arme contre le populisme par Jean Peyrelevade
“Trop peu - et mal - enseignée, l’économie est insuffisamment comprise par nos concitoyens, ce qui ouvre le champ aux extrémismes politiques. Il faut tout reprendre en transmettant très vite des concepts de base, loin des controverses.”
On ne peut s’empêcher de penser aux gilets jaunes aujourd’hui.


Programmes de SES : où sont les élèves ?
par Philippe Watrelot ancien président du CRAP-Cahiers Pédagogiques
“Avec le Lycée Blanquer, ce n’est pas seulement le Bac mais aussi les programmes des différents enseignements qui sont modifiés. . Ils font l’objet d’une consultation durant 15 jours.
Que penser des programmes de sciences économiques et sociales (SES) ? Ils ont été l’objet d’une attention particulière et on peut même dire qu’ils ont été élaborés sous influence. Mais si leur conception pose déjà des problèmes, le contenu proposé soulève aussi de nombreuses questions tant sur le plan pédagogique que sur les finalités même de cet enseignement. On a l’impression qu’on a oublié les élèves en cours de route…”

Le modèle finlandais

Nous, vous, ils vont prendre des idées à l’étranger :
Depuis la rentrée, ces professeurs français travaillent à l’étranger
“Ils sont partis à l’international pour découvrir d’autres pratiques professionnelles, apprendre une nouvelle langue, découvrir une autre culture ou casser la routine. Aujourd’hui, Emilie Talmant exerce à Buenos Aires, Yohan Vigne à Montréal et Sandrine Laubion à Abidjan.”

Finlande : quand les enseignants définissent et gèrent eux-mêmes les programmes scolaires

“Les enseignants finlandais sont fortement impliqués dans la construction des contenus enseignés à l’échelle de leur établissement à partir des programmes scolaires nationaux. Les contenus scolaires conçus à l’échelle de l’établissement permettent de fournir un cadre commun et d’orienter le travail pratique par la définition des objectifs, contenus et méthodes d’enseignement et d’apprentissage.”

La dernière réforme des programmes scolaires en Finlande : recherche de consensus et consultation nationale
“La conception des programmes scolaires en Finlande s’appuie sur les connaissances et les expériences acquises par des projets de recherche et des expérimentations internationales. C’est un processus démocratique et structuré mobilisant tous les niveaux de l’administration de l’éducation mais aussi les syndicats, les établissements, les professionnels de l’éducation, les parents d’élèves et d’une grande étendue de groupes d’intérêt. Ces différents réseaux collaborent dans un dialogue ouvert à la recherche de consensus même si les autorités locales et les établissements scolaires ont de plus en plus leur mot à dire dans la définition des contenus scolaires, notamment au niveau local. Ce consensus politique a conduit à un vrai succès dans la réforme des contenus enseignés.”

La face cachée du miracle finlandais : de la centralisation bureaucratique à l’autonomie décentralisée
“La tradition de forte centralisation a été une caractéristique de la culture administrative finlandaise. Elle possède des racines historiques qui remontent au temps de la Couronne Suédoise (17e siècle) et au Tsar de Russie, deux pays qui ont dominé la Finlande pendant longtemps. Cetterelation forte entre Etat fort et société civile a prévalu pendant des siècles jusqu’à son indépendance. Le mouvement civique s’est constitué avec l’Etat tout au long du XIXe siècle autour d’objectifs communs jusqu’à la conception d’une école compréhensive, compromis à la Finlandaise sur des objectifs égalitaires.”

De la décentralisation finlandaise à la collaboration française ?

En France pour mémoire un article de juin 2016

Créer une culture de collaboration dans nos collèges : Est-ce possible ?
“Le palmarès des lycées ou les comparaisons de performances entre les collèges français ont le mérite de nous apporter chaque année de riches enseignements. Malheureusement, lorsque ces études sont rendues publiques, l’attention est polarisée sur les établissements collectionnant les médailles ou sur ceux se battant pour éviter le bonnet d’âne. Pourtant, ces classements nous indiquent aussi, par exemple, que deux établissements distants de populations comparables à la fois en termes de taille et de niveau socio-économique obtiennent parfois des résultats diamétralement opposés. C’est un constat d’autant plus surprenant que ces établissements sont censés faire face aux mêmes difficultés et devraient donc obtenir des performances assez proches.”

Ce que disent des élèves sur les classes coopératives en collège et lycée
par Sylvain Connac
Résumé de l’article : “Des classes coopératives voient le jour dans des collèges et lycées de l’enseignement public en France. Cette recherche s’intéresse à ce que pensent les élèves inscrits dans ces classes. Elle propose une synthèse d’un corpus de 22 entretiens semi-directifs, réalisés au sein de 11 classes de deux collèges et d’un lycée. Les entretiens mettent à jour l’avis des élèves sur plusieurs points : l’organisation de l’aide et du tutorat, le travail en groupe, l’individualisation du travail, les conseils coopératifs et, plus largement les classes coopératives qui les accueillent.”

Ressources

Débat stratégique IIPE - Mener la politique éducative - Avec Najat Vallaud-Belkacem et Stefania Giannini, ancienne ministre de l’Éducation en Italie (vidéo avec traduction quelques minutes après le démarrage).

Sur le site du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche : Historique et patrimoine. Roland Barthes : sémiologue et écrivain français

et ce soir, c’était la nuit de la philosophie à l’UNESCO.
L’UNESCO organise une grande Nuit de la Philosophie le vendredi 16 novembre 2018. Toute la nuit, des philosophes et des artistes donneront des conférences d’une vingtaine de minutes, accessibles à tous et gratuitement.
A l’occasion de la Journée Mondiale de la philosophie, célébrée chaque année le troisième jeudi du mois de novembre depuis 2005, l’UNESCO organise la 2ème édition de sa Nuit de la philosophie. L’idée est de rendre la philosophie accessible à un public éclectique avec de nombreuses rencontres de grands philosophes venus d’un peu partout dans le monde ainsi qu’avec de nombreuses performances artistiques.

Catherine Rossignol,sur une récolte de Bernard Desclaux

Je me permets de souligner l'intérêt de cette co-intervention de deux ex Ministres de l'Education dans leur pays respectif: l'Italie et la France.

Il y est question de politique éducative sous deux éclairages rarement utilisés à ce sujet:

- comment se construit une politique éducative;

- comment elle est reçue;

- comment elle est parfois déconstruite auprès de l'opinion et pourquoi.

Débat stratégique IIPE - Mener la politique éducative - Avec Najat Vallaud-Belkacem et Stefania Giannini, ancienne ministre de l’Éducation en Italie (vidéo avec traduction quelques minutes après le démarrage).

Christophe Chartreux

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