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Vivement l'Ecole!

Coup de Coeur... Pascal Quignard...

28 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

1. Histoire des chevaux

Jadis les chevaux étaient libres. Ils galopaient sur la terre sans que les hommes les désirent, les encerclent, les regroupent dans les défilés, les prennent au lasso, les piègent, les attellent aux chars de guerre, les harnachent, les sellent, les ferrent, les montent, les sacrifient, les mangent. Parfois les hommes et les bêtes chantaient ensemble. Les longs gémissements des uns provoquaient les singuliers hennissements des autres. Les oiseaux descendaient du ciel et ils venaient picorer les restes entre les jambes des chevaux qui secouaient leurs magnifiques crinières, entre les cuisses des hommes qui renversaient leur tête en arrière, assis par terre, autour du feu, qui mangeaient avidement, bruyamment, excessivement, qui frappaient soudain leurs mains en cadence. Quand le feu s'était éteint, quand ils avaient fini de chanter, les hommes se relevaient. Car les hommes ne dormaient pas debout comme les chevaux le faisaient. Alors ils essuyaient sur le sol les traces de leurs bourses et de leur sexe qui s'y étaient déposées. Ils remontaient sur leurs chevaux et ils chevauchaient sur toute la surface de la terre, sur les berges humides des mers, dans les forêts basses et primaires, sur les landes venteuses, sur les steppes. Un jour, un jeune homme composa ce chant : « Je suis sorti d'une femme et je me suis retrouvé face à la mort. Où se perd mon âme la nuit ? Dans quel monde réside-t-elle ? C'est ainsi qu'il y a un visage que je n'ai jamais vu, qui me poursuit. Pourquoi je revois ce visage que je ne connais pas ? »

Seul, il partit à cheval.

Soudain, alors qu'il était à galoper en plein jour, il fit nuit.

Il se pencha. Dans la frayeur il caressa le crin qui recouvrait l'encolure de son cheval et sa peau tiède et frémissante.

Mais le ciel devint absolument noir.

Le cavalier tira sur la chaînette en bronze des rênes. Il descendit de cheval. Il déroula sur le sol une couverture constituée de trois peaux de renne solidement nouées entre elles. Il attacha les quatre coins de la couverture en sorte de protéger, le plus complètement possible, autant lui-même que le visage de son cheval. Ils repartirent.

L'air était immobile.

Subitement la pluie s'écrasa sur eux.

Ils avançaient lentement cherchant des yeux, tous les deux, leur chemin dans le vacarme et l'eau tonitruante.

Ils arrivèrent sur une colline. Il ne pleuvait plus.

Trois hommes étaient attachés à des branches dans le noir.

Au milieu, un homme entièrement nu, avec une couronne d'épines sur le front, hurlait.

De façon mystérieuse, un autre homme, au bout d'un jonc, tendait à ses lèvres une éponge. À ses côtés, dans le même temps, un soldat enfonçait sa lance dans son cœur.

Pascal Quignard - Les Larmes

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Consentement "tasse de thé"... (Video)

28 Novembre 2018 , Rédigé par mediapart Publié dans #Education

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Les parents d'élèves... Terribles et merveilleux...

28 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Les parents d'élèves... Terribles et merveilleux...

Les réunions parents/professeurs ont commencé. Avec elles approche la trêve de Noël. Ces réunions, je les redoute un peu par leur longueur, toujours placées en fin de journée ; je n'ai pas la lucidité nécessaire pour rendre chaque entretien « productif ». Elles sont pourtant très riches d' enseignement, c'est le cas de le dire... Certains viennent avec leurs enfants, y compris les frères et soeurs. Et c'est une ribambelle bruyante qui investit la salle, vide. S'ils pouvaient venir avec les grands-parents, oncles et tantes, ils le feraient  !

Les familles des élèves de sixièmes sont toujours nombreuses à défiler. On vient voir le professeur, le regarder, voir « comment c'est fait « un prof du secondaire ». Je ne les blâme pas. C'est humain. Et puis, dans mon collège rural, les occasions de sorties sont rares. On vit encore quasiment en autarcie dans certaines fermes reculées. Il y a quelques années, un agriculteur m'a apporté un coq, soigneusement enveloppé dans du papier journal. Le problème pour moi, c'est qu'il avait encore tout ses belles plumes roux-vif ! Je n'ai jamais osé dire à ce monsieur que je m'étais débarrassé de son coq sans y toucher...

"Alors, comment ça se passe pour le petit, Monsieur...Monsieur ? 

- Monsieur Chartreux... Je suis le Professeur de Français de Mathias.

- Ah oui, c'est ça. " Et je laisse parler. Il arrive souvent qu'on ait dit trois phrases sur « le petit ». Le reste du temps, on a parlé de la ferme, des soucis, de l'endettement, des quotas laitiers et de la vache qui va vêler bientôt... Pourvu qu'il ne m'apporte pas un veau un jour ! Ils sont à des années-lumières des préoccupations qui font notre quotidien. Le petit sera agriculteur, de toute façon...

« A quoi que ça sert tout ça ? Mon petiot, y sera sur la tracteur dans un an. Alors vous savez... » En mettant ma main dans leur lourde paluche d'hommes de la terre, je me dis aussi parfois, à quoi que ça sert tout ça ? Mais je me reprends vite ! Allons, allons, l' Education, la culture, les "fondamentaux"... Tout ça...

Et puis, évidemment, il y a LE parent enseignant ! Et la plupart du temps, LE parent enseignant est dubitatif sur vos méthodes, toujours critique sur le Professeur de CM2, nullissime évidemment, ce qui explique les difficultés de la petite. Celle-ci sera (nous sommes en sixième) médecin, avocate, professeur... sa voie est tracée. Et pour ce faire, elle fera anglais-allemand, surtout pas espagnol, latin évidemment. Vous avez beau lui faire comprendre que Julie a quand même de très sérieuses difficultés et qu' avant de penser à son baccalauréat, il faudrait peut-être s'intéresser à son présent , rien n'y fait !  

« Elle sera avocate. C'est une enfant très éveillée vous savez. Elle fait du piano, de l'équitation... Elle lit beaucoup, et des livres déjà difficiles pour son age. Je les choisis moi-même ! 

- Et ça lui arrive de... comment dire, de ne rien faire et de choisir ses livres ? »

En général, l'entretien tourne court à partir de cet instant... Je m'amuse à penser qu'il me prend pour un affreux pédago ! Je m'attriste à penser à la petite... Il lui aura choisi ses livres... Il lui choisira sa robe d'avocate...

Il y a aussi la superbe blonde qui vous félicite, vous encense, vous admire, inonde votre salle de classe de parfum, et finit par vous proposer de passer prendre le café à l'occasion... "Mais et votre fils... Ah oui, mon fils ! Tout va bien ? De toute façon on a toute confiance en vous, Monsieur"

- Alors, évidemment, si vous avez toute confiance..."

Enfin, il y a les autres, tous les autres... ceux qu'on ne voit jamais  ! Pourtant ce sont ceux qu'il serait essentiel de rencontrer. Leurs enfants sont des « crétins », comme disait l'omniscient Monsieur Brighelli sans se rendre compte du mal qu'il engendre. Ils souffrent en silence ses parents-là. Certains disent que, si on ne les voit pas, c'est qu'ils s'en fichent. Peut-être pour une minorité. Mais les autres, les autres ? Ceux qui ont peur, oui PEUR d'entrer dans un collège où ils y ont de mauvais souvenirs . C'est à vous que je m'adresse ici, même si vous ne me lirez pas :

"Vos enfants ne sont pas des crétins ! Vous êtes des parents respectables ! Pourquoi ne venez vous jamais ? Pourquoi cette honte ? Pourquoi ce rejet ? L' école sélectionne les enfants, elle sélectionne aussi les parents. A quand une école des parents ? Je l'appelle de mes voeux... "

Noël approche. Ma « brune » est revenue enchantée du sapin de noël de l'école primaire minuscule qu' elle dirige.

« Tu aurais vu les yeux des gamins ! »

Je lui souris... Pourvu que les yeux de tes gamins soient toujours éclairés par les étincelles du bonheur d'aller à l'école...

Christophe Chartreux

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" Enseigner un métier d'exécutant ou de concepteur ? "...

28 Novembre 2018 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Pédagogie

" Enseigner un métier d'exécutant ou de concepteur ? "...

EXTRAITS

"L'enseignant est celui qui ose penser par lui-même. Il ne peut pas être un simple exécutant". Devant 300 enseignants, réunis par le Snuipp, Philippe Meirieu a ouvert la première journée du colloque " Enseigner un métier d'exécutant ou de concepteur ? " organisé par le Snuipp les 27 et 28 novembre. Durant deux journées, chercheurs (P Meirieu et R Goigoux), pédagogues (GFEN), enseignants et syndicalistes réfléchissent aux défis envoyés à la profession par JM Blanquer. Avec un objectif : que le métier ne leur échappe pas.

(...)

C'est à un vrai travail de déconstruction / reconstruction que se livre durant deux heures Philippe Meirieu. Partant de la maxime de JM Blanquer "lire, écrire, compter, respecter autrui", il remet ces mots dans la perspective de l'école républicaine et de la profession enseignante.

En s'appuyant sur le Dictionnaire de Ferdinand Buisson, qu'il a récemment réédité, P Meirieu met en évidence la distance entre la conception républicaine de l'Ecole et celle de JM Blanquer. "Lire pour F Buisson c'est pouvoir accéder directement aux textes et pratiquer le libre examen... Si les enfants doivent apprendre à lire c'est pour qu'ils n'aient personne à croire sur parole... Quand on renvoie l'obligation de lecture à des impératifs fonctionnels on se trompe complètement sur la finalité de la lecture qui est une finalité d'émancipation", explique-t-il. Savoir lire c'est bien comprendre et non seulement savoir décoder, comme poussent à le croire les récentes évaluations nationales. De même écrire pour F Buisson sert à construire sa pensée, c'est se donner une discipline de pensée.

P Meirieu rappelle que pour F Buisson, "les enseignants laïcs ne peuvent pas aider leurs élèves à séparer savoirs et croyances s'ils enseignent leurs savoirs comme des croyances". Une posture qui prend le contre pied des injonctions ministérielles.

(...)

F Jarraud

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Parler de sexualité à l’école : raison et sentiments...

28 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #sexualité

Parler de sexualité à l’école : raison et sentiments...

EXTRAITS

Traditionnellement intégrés à l’enseignement des SVT, les cours d’éducation à la sexualité ont été délégués, dans la région grenobloise, à des intervenants extérieurs. Leur priorité : faire parler les jeunes, en redonnant une place aux sentiments dans un discours parfois trop médicalisé.

L’éducation à la sexualité a mis du temps à trouver sa place dans les écoles. Face à différentes urgences sanitaires et démographiques [1] , l’État a décidé de donner une légitimité à ce champ d’action en adoptant une série de lois [2]. Dans le cadre d’un système sociétal reposant sur la gestion du vivant, la mort et la maladie sont les moteurs de la prise de décision du politique [3].

Les épidémies d’IST (infections sexuellement transmissibles) et la gestion de la natalité représentent un enjeu majeur depuis le XIXe siècle et s’inscrivent dans des problématiques de santé publique. Dès lors, transmettre un savoir prophylactique et des informations sur le phénomène de la reproduction adaptés à chaque âge devient une priorité.

L’opinion publique et les comités de parents d’élèves ont longtemps exprimé leur opposition concernant cet enseignement. Pour trouver un consensus, l’école a toujours privilégié la transmission d’un savoir biologique intégré aux programmes de SVT (Sciences de la vie et de la Terre). Ainsi, différentes professions sont mobilisées dans le champ de l’éducation à la sexualité, que ce soit des enseignants, des professionnels du champ médical, du conseil conjugal, des bénévoles. Bien que très différentes, ces activités et métiers peuvent tous se prévaloir d’un savoir-faire particulier pour sensibiliser les jeunes aux risques liés à la sexualité.

(...)

Cécilia Germain
Doctorante en sociologie, université Grenoble-Alpes

À lire également sur note site :
Désintox - Rumeurs sur l’éducation sexuelle à l’école : le retour, par Florence Castincaud

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Gérard Manset...

27 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de Coeur... Bernard Clavel...

27 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ainsi les barrages vident de sa vie la forêt où les Indiens ont vécu depuis la nuit des temps sans jamais demander l'aumône aux hommes blancs. En tuant la forêt, les grands barrages ont tué l'âme indienne. Ils ont privé les vrais hommes de leur dignité. On n'achète pas l'âme d'un peuple avec de l'argent. Si un peuple accepte de se vendre pour des billets de banque, c'est que son âme est vraiment noire. Et l'âme des Indiens est lumière. 

Bernard Clavel - Le Carcajou

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Nouveaux programmes du lycée : les réactions des enseignants et des syndicats...

27 Novembre 2018 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Nouveaux programmes du lycée : les réactions des enseignants et des syndicats...

EXTRAITS

Parmi les réformes des programmes annoncées par le ministère de l’Education nationale, l’histoire-géographie, les sciences économiques et sociales, le français ou encore les mathématiques suscitent des interrogations.

(...)

Un programme d’histoire-géo «trop lourd»

Le Snes-FSU explique que le programme d’histoire-géographie en classe en 2nde  établi par le CSP est jugé «trop lourd». Le syndicat donne comme exemple le projet d’étude de la « Méditerranée antique et médiévale » étudié en 10 à 12 heures (évaluations comprises). Il considère que le volume horaire est «irréaliste». De son côté, le SE-Unsa insiste sur «des choix discutables» concernant les programmes d’histoire-géo. Ils affirment que ces derniers sont «basés sur un apprentissage des dates et quelques mots de vocabulaire peu ambitieux sur le plan notionnel». Une matière qui ne mérite pas «un recul pareil», d’après le syndicat.

De plus, des professeurs interrogés par le Monde expliquent que l’enseignement de l’histoire est «trop centré sur l’histoire de la nation». Il «donne l’impression que l’on a voulu lui donner un sens, et ce sens c’est la construction de la France» affirment-ils.

(...)

L’enseignement du français est «paradoxal»

Les syndicats s’insurgent contre le nouveau programme de français «à la fois surchargé et sans ambition». Le Snes-FSU estime qu’il «maltraite les enseignant(es) en les abrutissant de travail». Le Sgen-CFDT reconnaît de son côté, «la volonté de mieux accompagner les élèves» dans la maîtrise du français ainsi que «le libre choix» de l’enseignant pour la méthode d’explication de texte. En revanche, le syndicat exprime des inquiétudes face à la suppression de l’écriture d’invention à l’épreuve écrite du baccalauréat.

Enfin, l’association des enseignants de français (Afef) juge certains points «intéressants» dans les programmes, à savoir «les orientations prises pour l’étude de la langue» ainsi que «la progressivité des points à aborder». L’étude des quatre genres littéraires –le roman, le théâtre, la poésie et l’argumentation– étant maintenue, l’Afef se soucie des «dérives» concernant l’insistance «sur les périodes classiques» ou encore le «saucissonnage par genre majeurs». L’association craint que les «quatre œuvres imposées» n’ouvrent la voie «à une abondante production éditoriale parascolaire».

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"VIDEO. Gilets jaunes : la bataille des fausses nouvelles"... (Hilarant!)

27 Novembre 2018 , Rédigé par France 2 Publié dans #Société

EXTRAIT

(...)

Sur les réseaux sociaux, une séquence a cette fois été relayée à foison par les anti-gilets jaunes : un manifestant qui, samedi 24 novembre, fait en direct un signe de la main devant une caméra… aussitôt inteprété par le compte Twitter “Team Macron” comme un salut nazi. Une députée de la majorité, Naïma Moutchou, partage elle aussi sur Twitter cette image et dénonce ceux qui “piétinent ainsi la République.”

La rapporteure de la loi contre les fausses informations prise au piège

Nous avons retrouvé la vidéo originale, avec le son cette fois. On entend l’homme prononcer distinctement “Ave Macron !”. Notre vieux dictionnaire Latin-Français est formel, “Ave” signifie bonjour en latin.

La députée qui a diffusé cette fausse nouvelle, avant de la retirer, est pourtant rapporteure de la loi contre la manipulation de l’information. Un comble. “Il peut y avoir une part d’erreur, et il faut les limiter au maximum, reconnaît Naïma Moutchou. Mais si on résonne comme ça on finit par ne plus rien dénoncer.

(...)

L'Oeil du 20h

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