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Vivement l'Ecole!

Sortir... Exposition Jakuchu - Petit Palais - Jusqu'au 14 octobre...

3 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Art

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Dédoublement des CP et CE1 - Sans dire comment, et sans étude scientifique à l'appui, Bercy promet un gain de 2 pts de PIB!

3 Octobre 2018 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education, #Politique

Dédoublement des CP et CE1 - Sans dire comment, et sans étude scientifique à l'appui, Bercy promet un gain de 2 pts de PIB!

EXTRAITS

Un rapport de Bercy annexé au projet de loi de Finances évalue l'impact économique de la politique éducative du gouvernement.

Dans le rapport économique, social et financier (RESF) annexé au  projet de loi de Finances, la direction du Tresor évalue un lien direct entre  le dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire à « environ 2 points de PIB ». L'effet est envisagé « à très long terme », avec à la clé 120.000 emplois créés. Il viendrait d'une « hausse de la productivité » et « de l'employabilité des élèves traités ».

Les politiques d'éducation sont « un moteur de la croissance de long terme », affirme le rapport. En expliquant que « les bénéfices économiques de l'investissement éducatif » conduisent à ce que « des individus mieux formés perçoivent des salaires plus élevés et occupent des emplois de meilleure qualité ».

(...)

Bercy va plus loin encore en estimant que la hausse de la rémunération des personnels de l'éducation prioritaire, la revalorisation des bourses au collège, l'adaptation des rythmes scolaires, l'instauration du programme « devoirs faits » ou encore l'aménagement de la réforme du collège « contribueront » à « rehausser la productivité de long terme » et à « améliorer la performance du marché du travail français ». Mais, sur tous ces points, sans dire comment, et sans étude scientifique à l'appui.

Marie-Christine Corbier

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Démissions et critiques en série : que se passe-t-il au Conseil supérieur des programmes?...

3 Octobre 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

Démissions et critiques en série : que se passe-t-il au Conseil supérieur des programmes?...

EXTRAIT

Marie-Aleth Grard, l'une des 18 membres de l'instance, a annoncé son départ avant la fin de son mandat, prévu dans une semaine. Son choix illustre certaines interrogations sur l'indépendance du CSP à l'égard du ministère de l'Education nationale.

"Quand on sent qu'on n'est pas entendu, mieux vaut arrêter." Marie-Aleth Grard, vice-présidente d'ATD Quart Monde, a annoncé sa démission du Conseil supérieur des programmes, dimanche 30 septembre. "Jusqu'ici, j'avais le sentiment qu'on pouvait parler de points qui nous tenaient à cœur", explique-t-elle à franceinfo. Elle regrette aujourd'hui l'absence de débats au sein de l'instance et le manque de considération du ministère de l'Education nationale, qu'elle soupçonne de mener seul la réforme des programmes du lycée. Elle craint également que ne soient oubliés les élèves en difficulté.

Quand le président a parlé des 'premiers de cordée', nous avons eu quelques échanges à ce moment-là (...) J'ai bien senti que nous ne parlions pas des mêmes enfants, que les enfants dont je parle – les plus défavorisés – ne sont pas pris en compte de la même façon que les autres.Marie-Aleth Grard, vice-présidente d'ATD Quart Mondeà franceinfo

Marie-Aleth Grard dénonce aussi le peu de considération affiché par le gouvernement. "Nous avions une marge de manœuvre assez grande, ce qui ne semble plus être le cas. Nous ne discutons plus entre nous du fond des sujets et ça me gêne."

Des désaccords de fond

Cette démission n'est pas inédite. C'est même la troisième en un an. En septembre 2017, le président Michel Lussault avait déjà claqué la porte en dénonçant l'attitude du ministère de l'Education nationale. "Je n’ai pas eu un seul contact [depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer], expliquait-il dans Le Monde. Laisser le CSP sans nouvelle me semble discourtois." Quatre mois plus tard, sa vice-présidente Sylvie Plane était partie à son tour. Interrogée dans Libération, elle citait l'exemple d'un rapport sur les sciences économiques et sociales, qui avait nécessité beaucoup de travail. "Le ministre ne nous a pas reçus, ni même accusé réception de notre travail que nous avons fini par lui envoyer."

La situation ne semble pas s'être améliorée depuis. Nommée en novembre 2017, la nouvelle présidente Souâd Ayada souhaite revenir aux "fondamentaux", en rupture avec Michel Lussault, dont les propositions sur la notion de prédicat ou sur le passé simple ont fait polémique. "Mon prédécesseur estimait qu'il fallait introduire dans l'enseignement ce qui relève de la recherche, des innovations qui, même dans l'enseignement supérieur, ne font pas l'unanimité, résume-t-elle cet été dans un entretien au Point. "Moi, je crois que l'enseignement scolaire doit rester scolaire". Un écho direct aux propos du ministre, qui souhaite rompre avec ce qu'il nomme le "pédagogisme".

Dans la foulée, trois membres du CSP, dont la démissionnaire Marie-Aleth Grard, avaient dénoncé "des coups de boutoirs désordonnés et des polémiques mal informées à chaque changement de majorité politique". Pour l'ancienne équipe, la nouvelle direction accepte mal ces critiques et soupçonne une reprise en main du ministère sur les débats de l'instance.

(...)

Fabien Magnenou

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Les devoirs, un travail au noir...

3 Octobre 2018 , Rédigé par Catherine Chabrun Publié dans #Education

Les devoirs, un travail au noir...

EXTRAIT

Les « devoirs faits », une mesure de Jean-Michel Blanquer pour le collège va s'appliquer en novembre. Une facilité de travail pour de nombreux élèves. 

Mais la réflexion sur le pourquoi de ces «devoirs » n'est toujours pas au rendez-vous. Est-ce des compléments au cours (ce qu'on n'a pas eu le temps de faire) ? Est-ce des entraînements, des exercices  ? Est-ce des recherches pour aller plus loin ?

Et je ne parle pas de la concertation entre les professeurs pour éviter les demandes cumulées  et bien sûr  le poids du cartable...

Cette mesure touche le collège, mais pas l'école élémentaire où les « devoirs » sont encore rois pour bon nombre de professeurs...

Repenser le travail personnel pour tous les enfants dès le primaire serait un beau projet!

 

Un peu d'histoire

 

L'arrêté du 23 novembre 1956 aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire. En application de l'arrêté, la circulaire du 23 novembre 1956 supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d'efficacité et de santé.

L'application de la circulaire n'est pas satisfaisante, plusieurs textes doivent rappeler l’interdiction (1962, 1964, 1971, 1986, 1990). La circulaire du 17 décembre 1964 ajoute même une précision et porte l'interdiction aux « écrits à exécuter hors de la classe », puisque certains enseignants interprètent les textes en déclarant ne pas donner des devoirs, mais des exercices écrits…

En septembre 1995, François Bayrou, alors ministre de l’Éducation nationale décide « pour lutter contre les inégalités des situations familiales » de mettre en place des études dirigées en classe qui remplaceront les fameux « devoirs écrits » à la maison, « les élèves n’ayant plus que du travail oral à faire ou des leçons à apprendre ».

Néanmoins, aucun texte ne demande aux enseignants de prescrire un travail aux élèves après la journée de classe.

Depuis, le temps réservé aux études dirigées sur le temps de classe a disparu. Chaque enseignant a sa propre conception du travail personnel...

 

(...)

 

Catherine Chabrun

 

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Revue de Presse Education...

2 Octobre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education...

Une courte revue et de réflexions pour l’essentiel

Nouvelles du CSP

Refonte des programmes au lycée : « Il n’est pas question de tout réécrire »

Propos recueillis par Joffrey Vovos. “Souâd Ayada, la présidente du Conseil supérieur des programmes, fait travailler près de 400 experts pour mener tambour battant un des chantiers phares du quinquennat : la réforme du lycée.”

Mais tout n’est pas aussi rose...

Nouvelle démission au sein du Conseil supérieur des programmes...

Cette instance, créée par l’ancienne majorité pour concocter les programmes scolaires, interroge, après le départ en un an, de trois de ses membres.

Et de trois. Trois démissions en un an. Voilà que Marie-Aleth Grard, la vice-présidente d’ATD Quart-Monde, quitte à son tour le Conseil supérieur des programmes, cette instance chargée de rédiger les programmes scolaires. Cette démission intervient après le départ tonitruant il y a un an de son président Michel Lussault, suivi à quelques mois d’intervalle de sa vice-présidente, Sylvie Plane.”

Entretien exclusif : Marie Aleth Grard : On ne peut plus discuter au CSP

Marie-Aleth Grard n’était pas venue par hasard au Conseil supérieur des programmes (CSP). Auteure d’un rapport remarqué sur l’Ecole et la grande pauvreté, elle portait l’espoir d’une école ouverte à tous, et en premier lieu aux plus démunis. Sa démission du CSP, la troisième en un an, marque plus que le changement de cap du Conseil supérieur des programmes. C’est aussi l’enterrement d’un espoir. Marie Aleth Grard s’en explique auprès des lecteurs du Café pédagogique.”

Réflexions sur le système

Pierre Mathiot chargé d’une mission Education prioritaire

Ancien chargé de mission sur la réforme du bac et du lycée, Pierre Mathiot reçoit une nouvelle commande de JM Blanquer. Avec Ariane Azéma, IGAENR, il rendra à la fin du premier trimestre 2019 un rapport sur la territorialisation des politiques éducatives, sur les politiques dédiées à l’éducation prioritaire, ainsi qu’au monde rural dans toute sa diversité. "Cette mission a pour objectif de dégager une vision globale de ce que doit être la politique territoriale de l’éducation nationale au service de la réussite de tous les élèves", annonce le ministère. La carte de l’éducation prioritaire doit être revue en 2019.”

Comment agir dans la défiance généralisée ? c’est la question que se pose Alain Bouvier sur son blog

Parler de la confiance au sein des systèmes éducatifs des différents pays demanderait de le faire un à un tant ce sujet varie dans le temps et est lié à la culture locale, à des questions politiques, philosophiques, historiques et très souvent religieuses. Ce qui va de soi ici, là est inenvisageable ; ce qui était vrai hier ne l’est plus nécessairement aujourd’hui. Voyons donc ce qu’il en est en nous limitant au système éducatif de l’Hexagone tel qu’il fonctionne actuellement.

Ce domaine est vaste et complexe. Ses acteurs, ses strates, ses partenaires et ses parties prenantes sont nombreux, tous concernés par des questions de confiance, mais pas de la même façon comme nous allons le voir.”

Jean-Michel Zakhartchouk propose Une autre façon de voir l’évaluation

Heureuse surprise que le rapport parlementaire qui vient d’être publié, dû au comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, sur « l’organisation de la fonction d’évaluation du système éducatif » ! Il contraste avec le discours dogmatique et simpliste qu’on retrouve souvent dans les déclarations ministérielles récentes et dans les directives diverses qui les accompagnent. Le fait que les deux rapporteurs soient de bord différent (LREM et ex-socialiste proche de Hamon) montre aussi que les clivages peuvent être dépassés en matière éducative, dès lors qu’on est vraiment centré sur la réussite de tous les élèves et sur l’efficacité en long terme du système. Des personnes qui me sont proches ont participé à des tables rondes consultatives et ont apprécié la qualité d’écoute des parlementaires qui ont fait appel à de vrais experts, de façon pluraliste. On ne peut là encore que s’en féliciter. On peut aussi regarder la passionnante vidéo sur le site de l’Assemblée nationale, loin des polémiques de certaines séances plénières.”

JRES 2018 (partie 1) : Des marraines et une étude

Le 19 septembre dernier à la Bellevilloise (Paris 20ème), l’Afev et ses partenaires organisaient leur onzième Journée du refus de l’échec scolaire (JRES). Un public fourni ainsi que des intervenants variés avaient répondu présent à ce rendez-vous bâti cette fois autour de l’épineuse question de l’Orientation. Retour sur une introduction dense en pistes de réflexions, et la livraison d’une enquête exclusive enquête exclusive réalisée par Trajectoires-Reflex.” Les deux autres compte-rendus se trouvent également sur ce site.

Et pendant ce temps

Blanquer lance une nouvelle valse de Dasen

Deux décrets publiés au JO du 2 octobre nomment Dasen adjoints 4 IPR, déplace deux dasen et renvoient dans son corps un dasen. Luc Launay, Dasen du Bas Rhin est réintégré dans son corps d’origine "dans l’intérêt du service". Nommé Dasen des Bouches du Rhône en 2015, il avait eu à gérer à Marseille une situation de violence dans un collège. Christophe Mauny est nommé dasen de l’Hérault. Patricia Galéazzi passe du 77 à la Sarthe. D’autres IPR sont nommés dasens adjoints : Thouraya Abdellatif dans le Pas de Calais, Véronique Gerones-Troadec dans l’Hérault, Claudine Lajus dans le 77 et Sandrine Betrancourt en Loire Atlantique.”

Bernard Desclaux

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Vanessa Paradis...

2 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Victor Hugo...

2 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Utilité du Beau

Un homme a, par don de nature ou par développement d’éducation, le sentiment du Beau.  Supposez-le en présence d’un chef-d’œuvre, même de l’un de ces chefs-  d’œuvre qui semblent inutiles, c’est-à-dire qu’ils sont créés sans souci  direct de l’humain, du juste et de l’honnête, dégagés de toute  préoccupation de conscience et faits sans autre but que le Beau ; c’est  une statue, c’est un tableau, c’est une symphonie, c’est un édifice,  c’est un poème. En apparence cela ne sert à rien ; à quoi bon une Vénus ?  à quoi bon une flèche d’ église ? à quoi bon une ode sur le printemps  ou sur l’aurore, etc.,  avec ses rimes ?  Mettez cet homme devant cette  œuvre. Que se passe-t-il en lui ? Le Beau est là. L’homme regarde ; l’homme écoute ; peu à peu, il fait plus que regarder, il voit ; il fait plus qu’écouter, il entend.

Le mystère de l’art commence à opérer ;  toute œuvre d’art est une bouche de chaleur vitale ; l’homme se sent  dilaté. La lueur de l’absolu, si prodigieusement lointaine, rayonne à  travers cette chose, lueur sacrée et presque formidable à force d’être  pure. L’homme s’absorbe de plus en plus dans cette œuvre : il la trouve  belle ; il la sent s’introduire en lui. Le Beau est vrai de droit.   L’homme, soumis à l’action du chef- d’œuvre, palpite, et son cœur  ressemble à l’oiseau qui, sous la fascination, augmente son battement  d’ailes. (…)

Il creuse et sonde de plus en plus l’œuvre étudiée ; il se déclare que c’est une victoire pour l’intelligence que de comprendre cela  ; il y a de l’exception dans l’admiration, une espèce de fierté  améliorante le gagne ; il se sent élu ; il lui semble que ce poème l’a  choisi. Il est possédé du chef-d’œuvre.

Par degrés, lentement, à mesure qu’il contemple ou à mesure qu’il lit, d’échelon en échelon, montant toujours, il assiste, stupéfait, à sa croissance intérieure ;  il voit, il comprend, il accepte, il songe, il pense, il s’attendrit,  il veut ; les sept marches de l’initiation ; les sept notes de la lyre  auguste qui est nous-mêmes. Il ferme les yeux pour mieux voir,  il  médite ce qu’il a contemplé, il s’absorbe dans l’intuition, et tout à  coup, net, clair, incontestable, triomphant, sans trouble, sans brume,  sans nuage, au fond de son cerveau, chambre noire, l’éblouissant spectre solaire de l’idéal apparaît ; et voilà cet homme qui a un autre cœur. (…)

Être grand et inutile, cela ne se peut. L’art, dans les questions de  progrès et de civilisation, voudrait garder la neutralité qu’il ne le  pourrait. L’humanité ne peut être en travail sans être aidée par sa force principale, la pensée. L’art contient l’idée de liberté, arts libéraux ; les lettres contiennent l’idée d’humanité, humanories litteræ. L’amélioration  humaine et terrestre est une résultante de l’art. Les mœurs  s’adoucissent, les cœurs se rapprochent, les bras embrassent, les  énergies s’entresecourent, la compassion germe, la sympathie éclate, la  fraternité se révèle, parce qu’on lit, parce qu’on pense, parce qu’on  admire. Le Beau entre dans nos yeux rayon et sort larme. Aimer est au-dessus de tout.

L’art émeut. De là sa puissance civilisatrice.

Victor Hugo - Notes de travail  de Victor Hugo pour son ouvrage « William Shakespeare »

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«Les racines et les ailes» du fervent latiniste Blanquer... Par Claude Lelièvre...

2 Octobre 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

«Les racines et les ailes» du fervent latiniste Blanquer... Par Claude Lelièvre...

Par Toutatis! L'activisme gallo-romain de Blanquer est un grand prodige! Face à la bronca suscitée par la place dévolue au latin et au grec dans la réforme du lycée et du bac, Blanquer donne des gages, mais qui relèvent plus du cabotage ou du cabotinage que du grand voyage historique du classique.

Au XIXième siècle, c'est Napoléon I qui a réintroduit la dominance de l'enseignement classique pour l'élite masculine après l'expérience des Ecoles centrales (de type ''encyclopédique'') créées durant la Révolution française. Il s'agit avant tout de donner de bons modèles éducatifs, d'avoir de ''bonnes fréquentations'' (attestées et sélectionnées par le temps), bien plus que des ''connaissances'' au sens factuel et/ou langagier. On recourt à une Antiquité de morceaux choisis ( les ''selectae'') que l'on '' fréquente'' assidûment par le biais de longs exercices de traduction. La pédagogie du ''modèle'' et des ''trésors littéraires'' règne en maître. Ce n'est nullement la maîtrise et la bonne compréhension du français qui sont visées.

Au début de la troisième République se met en place une inflexion importante (qui n'est pas sans rapport avec le mot d'ordre qui apparait aussi à ce moment-là dans l'enseignement primaire: "apprendre à apprendre"). On peut citer en particulier à ce sujet l'un des grands idéologues de l'Ecole républicaine, Michel Bréal : «le profit inestimable qui réside dans l’étude d’une langue morte, c’est qu’elle dépayse l’esprit et l’oblige à entrer dans une autre manière de penser et de parler. Chaque construction, chaque règle grammaticale qui s’éloigne de l’usage de notre langue, doit être pour l’élève une occasion de réfléchir. La tâche du maître n’est donc pas d’écarter les difficultés de la route, mais seulement de les disposer de façon méthodique et graduée. Il ne s’agit pas d’abréger le chemin, car c’est le chemin qui est en quelque sorte la fin qu’on se propose ».

La vraie question n’est pas la maîtrise effective du latin (ou du grec) par les bacheliers, mais de s'assurer qu''ils ont exercé leur intelligence et progressé dans la démarche méthodique. Ce qui compte, ce n’est pas le résultat en termes de ‘’connaissances’’ (savoir le latin, du latin), mais le parcours (le bon chemin, « methodos »  en grec ). Et cette conception débouchera finalement sur une formule promise à un grand succès, celle attribuée à Edouard Herriot dans l’entre-deux–guerres : « la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié », et à l'affirmation concomitante qu' « il n'y a nul besoin de connaître le latin : il suffit de l'avoir appris ».

A reprendre ce qui a été soutenu par Jean-Michel Blanquer lors de son interview dans le ''JDD'' de dimanche dernier, on mesure l'applatissement de l'ambition culturelle envisagée par le ministre de l'Education nationale actuel en regard de l'historique du classique. C'est du bricolage (sur le plan opérationel) mal masqué par le ''forçage'' des formules. Il en ''fait des tonnes''! Mais cela ne peut abuser que des non initiés, non pas les intéressés eux-mêmes.

Florilège de ''morceaux choisis'' de l'interview: "Ce qui se joue avec les langues anciennes, c'est notre capacité à avoir des racines et des ailes [bravo la reprise du titre d'une émission de télévision]. Le latin et le grec sont la sève de notre langue. Nous devons les cultiver, et les considérer non pas comme des langues mortes, mais comme l'essence vitale de notre langue. C'est un enjeu majeur de civilisation [...]. Cela commence dès l'école primaire: ma première priorité repose beaucoup sur le vocabulaire, donc l'étymologie [...]. Je suis le défenseur absolu des langues anciennes [...]. Les enjeux de civisme et de laïcité ont évidemment des racines grecques et latines [sic]. Les langues anciennes sont une école du bonheur et du discernement [...]. J'ai des citations latines en tête selon les circonstances. Tel in medio stat virtus, ''au milieu se tient la vertu'', un adage très macronien [...]. Les adages latins nous parlent de la vie sur un mode éternel"

In fine, ce qui reste si l'on a tout oublié de l'interview, ce n'est pas la culture mais l'enflure.

Claude Lelièvre

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Crise au Conseil Supérieur des Programmes: "Nous étions un lieu où on écoutait la parole des autres. Ce n'est plus le cas."

2 Octobre 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Politique

Crise au Conseil Supérieur des Programmes: "Nous étions un lieu où on écoutait la parole des autres. Ce n'est plus le cas."

EXTRAITS

Entretien exclusif : Marie Aleth Grard : On ne peut plus discuter au CSP 

Marie-Aleth Grard n'était pas venue par hasard au Conseil supérieur des programmes (CSP). Auteure d'un rapport remarqué sur l'Ecole et la grande pauvreté, elle portait l'espoir d'une école ouverte à tous, et en premier lieu aux plus démunis. Sa démission du CSP, la troisième en un an, marque plus que le changement de cap du Conseil supérieur des programmes. C'est aussi l'enterrement d'un espoir. Marie Aleth Grard s'en explique auprès des lecteurs du Café pédagogique.

(...)

Sur quoi porte votre désaccord ?

Sur le fait qu'on ne peut plus discuter au CSP. C'est devenu un lieu où on enregistre les textes proposés mais où il est impossible d'avoir des discussions. Nous étions un lieu où on écoutait la parole des autres. Ce n'est plus le cas. Je préfère arrêter.

(...)

Vous craignez que les intérêts des plus démunis ne soient plus pris en compté ?

Clairement oui. Cela se voit déjà dans la façon de s'exprimer au CSP. On n'est pas proche du tout des parents en général, et encore moins des parents pauvres.

Or la richesse du CSP était dans ses débats. Je me souviens des discussions sur le programme de maternelle. On s'est entouré de spécialistes et on a aussi consulté les enseignants. On a eu énormément de réponses ! Et on a revu notre copie en fonction d'elles.

(...)

Propos recueillis par François Jarraud

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Les transclasses ou l'illusion du mérite par Chantal Jaquet...

2 Octobre 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Idées | "Quand on veut, on peut".. pas vraiment pour la philosophe Chantal Jaquet pour qui le mérite est une pure construction politique destinée à conforter l’ordre social. Car en insistant sur les capacités personnelles des individus, l'État se dédouanne de ses responsabilité collectives.

Chantal Jaquet , philosophe et directrice du Centre d'Histoire des Philosophies modernes de la Sorbonne, a popularisé le terme de "transclasses" dans ses derniers ouvrages.  Un mot qui désigne à la fois une réalité sociale mais aussi une construction politique, celle de la méritocratie.

Qu'est ce que la méritocratie ?

Chantal Jaquet : "La méritocratie dit bien son nom c’est le gouvernement par le mérite, c’est une construction politique qui consiste à considérer qu’au fond celui qui “réussit” c’est parce qu’il a en lui des qualités, il s’est efforcé d’y parvenir et donc il a une dignité supplémentaire par rapport à celui qui n’a pas “réussi” parce qu’il serait paresseux, or ce genre de considération à mon avis est totalement frauduleuse parce qu’on ne se pose jamais la question de savoir pourquoi quelqu’un peut s'efforcer de faire des choses et pourquoi une autre personne n’a pas la force de s’efforcer. Donc la notion de mérite c’est une notion qui est une sorte de dénomination extérieure que l’on va projeter sur les individus pour considérer au fond qu’ils sont responsables de leur destin, ce qui est tout-à-fait commode d’un point de vue politique puisqu’on pourra ainsi rendre chacun responsable de son sort. Ce système de méritocratie est tout-à-fait avantageux pour des politiques conservatrices qui veulent justifier l’ordre établi puisque plutôt que de remettre en cause cet ordre, plutôt que de prendre des mesures sociales, économiques, politiques, culturelles qui amèneraient à plus de justice plus d’égalité. On considère qu’au fond l’inégalité est inscrite dans les destins individuels et que chacun reçoit proportionnellement à son mérite et que les plus méritants sont ceux qui au fond réussissent et les autres ont démérité.

(...)

Elsa Mourgues

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