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Vivement l'Ecole!

Revue de Presse Education... Consultation en ligne sur les nouveaux programmes- Génépi, enseigner dans les prisons - CLEMI - #PasdeVagues - érosion de l’autorité - contractuels - infaillibilité professorale...

31 Octobre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Consultation en ligne sur les nouveaux programmes- Génépi, enseigner dans les prisons - CLEMI - #PasdeVagues - érosion de l’autorité - contractuels - infaillibilité professorale...

Profs : ne ratez pas la Consultation sur les nouveaux programmes ! En ligne jusqu’au 4 novembre. Des devoirs de vacances, en somme. 

On revient sur le #PasdeVagues avec ce queErick Prairiat nomme l’érosion de l’autorité, le recours massif aux contractuels et l’infaillibilité professorale déclarée par notre minitre. Et on parlera aussi du Génépi, pour lequel on s’inquiète, ainsi que du CLEMI, à l’honneur avec Rose-Marie Farinella et les Awards 2018.

Cocorico

 

Commençons par une bonne nouvelle. Le programme européen d’éducation aux médias Betterinternetforkids vient de sélectionner , pour les Awards 2018, 9 candidats dont une française, Rose-Marie Farinella, qui travaille en lien avec le CLEMI. On peut lire un article d’elle (Débusquer des hoax, un jeu d’enfant) dans le dossier 536 des Cahiers pédagogiques, Eduquer aux medias et à l’information. On peut lire le projet de Rose-Marie Farinella et voter pour le mettre en valeur (attention, c’est en anglais) : 
Heureusement pour nous, son projet est aussi visible en français sur cette vidéo.


Aider... sans critiquer

 

Le Genepi est une association étudiante œuvrant auprès des personnes incarcérées . Depuis 1976, le Genepi et la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) étaient liés par partenariat national grâce auquel des personnes incarcérées (sur autorisation de la direction du centre pénitentiaire) bénéficient d’activités scolaires et socio-culturelles mises en place par les étudiants bénévoles de l’association. Le 20 septembre 2018, la direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a mis fin de manière brutale à son partenariat avec le Genepi. Suite à cette décision, des bénévoles se sont déjà vu refuser l’accès à plusieurs établissements pénitentiaires dans toute la France.Le Genepi estime que « le fond du désaccord repose sur des positions prises par des groupes locaux du Genepi pour dénoncer les conditions de vie indignes des personnes incarcérées auxquelles ces bénévoles ont été confrontés ».


Consultation express

Devoirs de vacances (urgent) 

Les programmes de 2015 ont été rédigés par cycles, latitude étant donnée aux équipes pour en répartir les acquis sur les trois ans concernés. C’est du moins l’esprit. Utopique, peut-être... Sans les réécrire, le ministère vient de rédiger, pour certaines disciplines, des « repères annuels » — ce qui permet en même temps de modifier ou infléchir plus ou moins discrètement certains contenus... Ils entreront en vigueur à la rentrée 2019 et sont pour le moment soumis à la consultation des enseignants. Attention,cette consultation est de courte durée : du 18 octobre au 4 novembre 2018. Le temps des vacances, en somme. Du coup, difficile, voire impossible, d’organiser des réunions en établissement pour prendre le temps de partager cette lecture et faire remonter, plutôt que des échos individuels, des avis et suggestions d’équipes. Ce qui serait pourtant une vraie démarche professionnelle ; la susciter et en donner le temps aurait été une marque de cette confiance affichée du ministère envers les enseignants.

Sur le Café Pédagogique, à propos de ces repères annuels, Sylvie Plane s’insurge contre « une course à la précocité » qui fixe « comme point de référence pour chaque niveau de classe des performances que très peu d’élèves de l’âge considéré sont capables de réaliser » et s’indigne : « Il est possible actuellement de produire en 38 jours des poulets adultes et consommables. Pourra-t-on hâter également le développement des jeunes enfants pour répondre à des objectifs politiques et idéologiques ? ».


Violences toujours

La tyrannie de l’instant

Les « répliques » de la secousse du pistolet factice et du #PasdeVagues se font encore sentir. Mais prenons le temps de l’analyse avec Eirick Prairat. Dans une tribune au « Monde », ce spécialiste des questions d’autorité en éducation analyse les facteurs qui ont contribué à l’ « érosion  » de cette autorité. Un terme qu’il choisit car il « rend compte de l’évolution et de la transformation des rapports d’autorité dans le champ de l’éducation ».Et il propose trois lectures pour ce processus qui, dit-il, est au travail depuis plusieurs décennies déjà dans nos sociétés : « une lecture sociologique, dans laquelle ce processus tire son origine d’une méfiance à l’égard de l’institution scolaire, une lecture philosophique, qui met l’accent sur la difficulté à enseigner à l’heure où triomphe l’idée d’égalité, et une lecture que l’on peut qualifier d’anthropologique, qui souligne la tyrannie de l’instant et de l’immédiat dans nos sociétés. »

Facteur aggravant ?

Paul Devin, inspecteur de l’éducation nationale, secrétaire général du SNPI-FSU, déplore le recours « de plus en massif » à des contractuels qui n’ont pas les qualifications requises. » « Bien sûr, il y a toujours des contre-exemples, il y a fort heureusement des contractuels qui ont un sens inné de l’enseignement et qui parviennent à se mettre seuls au niveau, en travaillant avec acharnement. Mais ce n’est pas la majorité des situations.  » Précisons que la plupart des académies mettent en place un plan de formations des personnels contractuels, un public très demandeur avec lequel les stages sont de passionnants moments de réflexion.

Infaillibilité professorale

En réponse aux enseignants qui se plaignent de n’être pas écoutés, le ministre annonce que c’est la parole de l’adulte qui prévaudra désormais. « A partir du moment où un adulte a vécu un problème, s’il dit qu’il a été insulté, c’est qu’il a été insulté, il n’a pas de raison de dire autre chose que la réalité ». Désavouerait-il ainsi tout le patient travail de désamorçage des conflits mené dans les établissements, en particulier par les conseillers d’éducation (CPE) qui donnent à tous les protagonistes d’une situation – élèves, enseignants et autres adultes —le droit de dire leur version des faits, et partent de là pour gérer au mieux les situations ? Les acteurs de terrain auront sans doute la sagesse de considérer le postulat du ministre avec ... discernement. 

Formés à la médiation ?

Toujours au chapitre des violences, JM Blanquer, interrogé par Le Figaro (ou plutôt par Madame) manifeste sa volonté de lutter contre les violences sexistes qui toucheraient un élève sur 10 (et même sur 5, dit un sondage de Madame), et demande aux enseignants de ne laisser passer aucune manifestation de ce genre, dès la maternelle. « Il n’y a pas de « petit » harcèlement. Même en maternelle, on doit repérer le fait infime qui peut dégénérer. Même une petite moquerie au fond de la classe ! Si un professeur, un personnel de cantine ou un surveillant assiste à un comportement déplacé envers un enfant, il doit intervenir ». Intervenir grâce, ajoute-t-il , à des techniques de médiation auxquelles les professionnels de l’éducation sont formés. Ce qui est rassurant, surtout s’agissant de maternelles.

Pas d’(effet d’) annonces

On a vu ces derniers jours leurs trois visages assemblés : Christophe Castaner, Nicole Belloubet et Jean-Michel Blanquer sont intervenus chacun dans la presse avec des propos parfois différents sur un « plan 
contre les violences à l’école »
 qui serait proposé par leur « comité stratégique ». Finalement le conseil des ministres n’a pas fait d’annonces mardi 30 octobre, les discussions n’étant pas suffisamment abouties apparemment entre les trois ministres. Le plan serait présenté d’ici à deux semaines.


Réflexion pédagogique

Recrutement et formation
De formation, justement, il est question dans les projets du ministère. Jean-Michel Blanquer souhaite unprérecrutement dès la Licence 2 et la mise en place d’une formation continue. On suivra avec intérêt ces projets. Le recrutement des enseignants, et en particulier la place du concours, fait l’objet de nombreux débats bien difficiles à trancher. Ce qui est certain, en tout cas, c’est la nécessité d’une formation continuée bien au-delà de l’année du concours.


Schopenhauer à la rescousse
Le J.O. du 30 octobre nous apprend que Vincent Stanek, agrégé de philosophie et docteur ès-lettres, nommé IGEN en août dernier, accède au poste de « conseiller affaires pédagogiques » au cabinet du ministre de l’éducation nationale. C’est un spécialiste de Schopenhauer dont il a traduit l’ouvrage en deux tomes , « Le monde comme volonté et représentation ». De là à s’y connaître en pédagogie ...
Revue de presse de Florence Castincaud

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Les pédagogues, ces êtres que les dictateurs détestent... (+ Extrait)

31 Octobre 2018 , Rédigé par AOC Publié dans #Pédagogie, #Politique

Les pédagogues, ces êtres que les dictateurs détestent... (+ Extrait)

Le projet éducatif de Jair Bolsonaro a été annoncé pendant la campagne électorale dont il est sorti victorieux dimanche dernier : extirper la philosophie de Paulo Freire des écoles. Interdit pendant la dictature, Freire est accusé d’avoir porté avant le coup d’État de 1964 une politique en faveur de l’alphabétisation et du développement en classe d’une conscience critique. Il est surtout porteur d’une lutte contre les discriminations insupportable à l’extrême droite désormais au pouvoir.

En 1964, un régime militaire, suite à un coup d’État, prend le pouvoir au Brésil. Il arrête les opposants. Parmi les premières cibles figure le pédagogue brésilien Paulo Freire. Ce dernier avait été mandaté par le gouvernement antérieur pour mettre en œuvre une campagne nationale d’alphabétisation dans un pays caractérisé par un très faible niveau d’éducation. Il est arrêté trois mois et torturé. Il est ensuite expulsé de force et ne pourra revenir dans son pays qu’à l’issue d’un exil de 15 ans. Son œuvre est interdite au Brésil. Il est accusé d’endoctrinement marxiste. Jair Bolsonaro n’a pas hésité à magnifier cette époque où le régime au pouvoir s’en prenait aux opposants. Il a ainsi déclaré par exemple : « L’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer ».

(...)

Irène Preira

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous (Pour abonnés)

EXTRAIT

(...)

Paulo Freire : une éducation à la conscience sociale critique

Le fond de la pensée de Paulo Freire, ce qu’il n’a jamais cessé d’affirmer tout au long de son œuvre, c’est le passage de la conscience quotidienne à la conscience critique. Pour cela, il a mis au coeur de l’activité d’enseignement le dialogue. Ce qui rapproche ses thèses de l’éthique de la discussion du philosophe Jürgen Habermas.  En effet, le dialogue est ce qui pour Paulo Freire empêche l’enseignement de sombrer dans le dogmatisme. Car cette pratique implique que l’enseignante ou l’enseignant accepte d’être en situation de problématiser son discours et de recevoir des objections dans la salle de classe.

Mais ce n’est pas seulement parce que Paulo Freire a fait de la lutte pour l’alphabétisation et pour la conscience critique une priorité qu’il est insupportable aux régimes autoritaires, c’est aussi parce qu’il considère que l’objectif de l’éducation est la lutte contre les discriminations sociales : « Le rejet catégorique d’une quelconque forme de discrimination fait également partie du penser juste. La pratique fondée sur des préjugés relatifs à la race, la classe, le genre, offense la substantialité de l’être humain et nie radicalement la démocratie » (Pédagogie de l’autonomie).

C’est pour son attachement au rôle que doit jouer l’éducation dans la lutte contre les injustices sociales que Paulo Freire est devenu un auteur aussi important dans le monde. Il a inspiré de nombreux courants en éducation qui luttent contre les discriminations : pédagogie féministe (aux États-Unis et dans d’autres pays), pédagogie critique de la race (anti-raciste aux États-Unis), pédagogie critique des normes (éducation à la sexualité en Suède)….

On le voit, ce que combat Jair Bolsonaro à travers Paulo Freire, c’est ce qui est le plus insupportables aux régimes autoritaires et fascistes : la conscience critique et la lutte contre les discriminations à l’égard des minorités en particulier sexuelles et ethno-raciales.

Irène Pereira

PHILOSOPHE, CO-FONDATRICE DE L'INSTITUT BELL HOOKS/PAULO FREIR

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Schumann...

31 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de Coeur... Marcel Proust...

31 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Un matin, Saint-Loup m’avoua qu’il avait écrit à ma grand’mère pour lui donner de mes nouvelles et lui suggérer l’idée, puisqu’un service téléphonique fonctionnait entre Doncières et Paris, de causer avec moi. Bref, le même jour, elle devait me faire appeler à l’appareil et il me conseilla d’être vers quatre heures moins un quart à la poste. Le téléphone n’était pas encore à cette époque d’un usage aussi courant qu’aujourd’hui. Et pourtant l’habitude met si peu de temps à dépouiller de leur mystère les forces sacrées avec lesquelles nous sommes en contact que, n’ayant pas eu ma communication immédiatement, la seule pensée que j’eus, ce fut que c’était bien long, bien incommode, et presque l’intention d’adresser une plainte : comme nous tous maintenant, je ne trouvais pas assez rapide à mon gré, dans ses brusques changements, l’admirable féérie à laquelle quelques instants suffisent pour qu’apparaisse près de nous, invisible mais présent, l’être à qui nous voulions parler et qui, restant à sa table, dans la ville qu’il habite (pour ma grand’mère c’était Paris), sous un ciel différent du nôtre, par un temps qui n’est pas forcément le même, au milieu de circonstances et de préoccupations que nous ignorons et que cet être va nous dire, se trouve tout à coup transporté à ces centaines de lieues (lui et toute l’ambiance où il reste plongé) près de notre oreille, au moment où notre caprice l’a ordonné. Et nous sommes comme le personnage du conte à qui une magicienne, sur le souhait qu’il en exprime, fait apparaître dans une clarté surnaturelle sa grand’mère ou sa fiancée en train de feuilleter un livre, de verser des larmes, de cueillir des fleurs, tout près du spectateur et pourtant très loin, à l’endroit même où elle se trouve réellement. Nous n’avons, pour que ce miracle s’accomplisse, qu’à approcher nos lèvres de la planchette magique et à appeler - quelquefois un peu trop longtemps, je le veux bien - les Vierges Vigilantes dont nous entendons chaque jour la voix sans jamais connaître le visage, et qui sont nos Anges gardiens dans les ténèbres vertigineuses dont elles surveillent jalousement les portes ; les Toutes-Puissantes par qui les absents surgissent à notre côté, sans qu’il soit permis de les apercevoir ; les Danaïdes de l’invisible qui sans cessent vident, remplissent, se transmettent les urnes des sons ; les ironiques Furies qui, au moment que nous murmurions une confidence à une amie, avec l’espoir que personne ne nous entendait, nous crient cruellement : « J’écoute » ; les servantes toujours irritées du Mystère, les ombrageuses prêtresses de l’Invisible, les Demoiselles du téléphone !

Et aussitôt que notre appel a retenti, dans la nuit pleine d’apparitions sur laquelle nos oreilles s’ouvrent seules, un bruit léger - un bruit abstrait - celui de la distance supprimée - et la voix de l’être cher s’adresse à nous.

C’est lui, c’est sa voix qui nous parle, qui est là. Mais comme elle est loin ! Que de fois je n’ai pu l’écouter sans angoisse, comme si devant cette impossibilité de voir, avant de longues heures de voyage, celle dont la voix était si près de mon oreille, je sentais mieux ce qu’il y a de décevant dans l’apparence du rapprochement le plus doux, et à quelle distance nous pouvons être des personnes aimées au moment où il semble que nous n’aurions qu’à étendre la main pour les retenir. Présence réelle que cette voix si proche - dans la séparation effective ! Mais anticipation aussi d’une séparation éternelle ! Bien souvent, écoutant de la sorte, sans voir celle qui me parlait de si loin, il m’a semblé que cette voix clamait des profondeurs d’où l’on ne remonte pas, et j’ai connu l’anxiété qui allait m’étreindre un jour, quand une voix reviendrait ainsi (seule, et ne tenant plus à un corps que je ne devais jamais revoir) murmurer à mon oreille des paroles que j’aurais voulu embrasser au passage sur des lèvres à jamais en poussière. 

Marcel Proust - Le côté de Guermantes

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Violences scolaires - Des annonces symboliques...

31 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Violences scolaires - Des annonces symboliques...

''3 dimensions : l'attente collective de la société de plus d'autorité ; la nécessité de soutien aux professeurs et restaurer la figure du professeur ; la nécessité d'une réponse institutionnelle aux élèves les plus perturbateurs''

 

Sur les forces de l’ordre dans les établissements : « Il ne s’agit pas d’en mettre partout, mais de permettre aux chefs d’établissement de le demander 

 

C'est DEJA le cas

 

Annonce d’une « période probatoire » d’un mois les élèves ayant été exclus (temporairement ou définitivement) : dès son retour, il devra se rendre tous les jours à la direction de l’établissement « pour faire un point sur son comportement sur les dernières 24H »

 

Dans certains établissements, les perdirs et/ou CPE vont y passer leur journée!

 

Annonce la création d’un registre des incidents dans chaque établissement : le professeur aura le droit de signaler un incident, l’établissement aura le devoir d’y répondre

 

Cela existe déjà. Nous pouvons signaler tout incident, soit sur papier libre daté/signé, soit sur un formulaire idoine. Quant à l'obligation de réponse... "Je prends bonne note de votre signalement" est une réponse. Enfin, ceci ne risque pas d'encourager les personnels de direction à signer des exclusions!

 

e Ministre répondant à une question : « je crois d’abord le professeur avant l’élève (...) leurs paroles n’ont pas le même poids (...) Il y a une présomption de vérité derrière la parole de l’adulte »

 

Réhabiliter les lignes interdites depuis 1895.

 

A savoir la possibilité de redonner des "100 fois à copier". Entre nous, je connais de TRES nombreux collègues qui continuent de le faire... Punition d'une rare stupidité, sans la moindre valeur pédagogique mais bon... Cela va plaire aux réacs.

 

La formation initiale intégrera la gestion autorité

 

Revitaliser les classes relais

 

Commentaire

Des paroles. Des symboles. 

Très peu de concret.

Rien de bien surprenant donc mais, surtout, pas du tout à la hauteur des enjeux.

Christophe Chartreux

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Violences scolaires: la tartufferie ministérielle...

31 Octobre 2018 , Rédigé par Claude Garcia - Le Monde Publié dans #Education

Violences scolaires: la tartufferie ministérielle...

Extrait

 

Cachez ce portable que je ne saurai voir. Telle fut la réaction étonnante de Jean-Michel Blanquer, quand la vidéo de l’agression d’une professeure de Créteil a tourné en boucle sur les réseaux sociaux. En fait, il reprochait surtout au portable d’avoir levé le voile sur ce qui peut se passer d’inadmissible dans les salles de classe.

 

Depuis, le ministère de l’éducation en collaboration avec celui de l’intérieur a cherché à donner plus de consistance à un énième plan, pour lutter contre les violences scolaires. Toutefois, ce 30 octobre le gouvernement a décidé de ne pas communiquer sur les intentions gouvernementales, après le conseil des ministres, contrairement à ce qui avait été annoncé. Inutile de trop s’appesantir sur le caractère irréaliste et contre-productif de mettre des policiers dans les établissements scolaires. Plus fondamentalement, on reste coi, en constatant que le ministre Blanquer qui se targue d’être moderne dans son approche de l’éducation, lui qui revendique l’apport des neurosciences et en creux dénonce l’archaïsme et le conservatisme de bien des professeurs ait oublié la célèbre prophétie de Hugo: Quand on ouvre une école, on ferme une prison.

 

Les deux ministres n’apportent pas de solutions originales: du flicage et des sanctions.  Cela ne fait pas très nouveau monde.  Le discours du nouveau pouvoir mettant en avant la « start up nation » ou son côté disruptif proclamé flirtait avec les précieuses ridicules. Molière toujours, avec la tartufferie des propositions sur les violences à l’école. Loin de résoudre les problèmes, elles sont destinées à flatter les électeurs qui ont la nostalgie de l’ancien temps, ceux qui réclament une tolérance zéro et pensent qu’avant la dernière vague d’immigration les choses étaient plus faciles.

 

(...)

 

Claude Garcia

 

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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« La réforme des programmes est une mascarade »...

31 Octobre 2018 , Rédigé par Alternatives Economiques Publié dans #Education

« La réforme des programmes est une mascarade »...

Démissions en série, prises de position véhémentes de sa présidente, refus d’audition par plusieurs organisations enseignantes… Le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) est dans la tourmente. L’instance a pourtant du pain sur la planche : ses membres travaillent depuis le mois de juin à la refonte des programmes scolaires du lycée, dans le cadre de la réforme en cours du baccalauréat, et doit remettre ses conclusions en décembre. Denis Paget, professeur de Lettres, ancien secrétaire général du Snes (Syndicat national des enseignements du second degré) et membre du CSP dont le mandat est arrivé à terme en 2018, nous donne son point de vue sur les raisons de ce malaise.

Le mode de fonctionnement et la gouvernance du Conseil supérieur des programmes (CSP), chargée de concevoir les nouveaux programmes du lycée d’ici décembre, fait actuellement débat. Comment est organisée cette instance ?

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), créé en 2013 par la loi Peillon, est une organisation originale dans sa définition puisqu’il fait cohabiter des élus et des personnalités qualifiées. Sa mission est de fabriquer des projets de programmes scolaires en créant un consensus. Mais se pose la question de son indépendance par rapport au politique et au cabinet du ministre de l’Education nationale. En théorie il dispose en effet d’une indépendance et d’une autonomie relative puisque cette instance n’est pas inscrite dans l’Education nationale comme l’est l’Inspection générale qui avait pour fonction de fabriquer l’ensemble des programmes scolaires jusqu’en 1989.

La loi Jospin de 1989 a séparé les fonctions de fabrication et d’évaluation des programmes car il est difficile d’être à la fois prescripteur et évaluateur : on arrivait en effet ainsi à des situations absurdes où les inspecteurs contrôlaient eux-mêmes l’application des programmes qu’ils avaient conçus, ils estimaient donc toujours que s’il y avait des problèmes, c’était de la faute des enseignants ! En conséquence la loi de 1989 avait créé un Conseil national des programmes qui donnait des avis mais n’avait pas la responsabilité d’écrire les projets de programmes. Jusqu’en 2013 ce sont des groupes d’experts dépendant de la direction de l’enseignement scolaire, et présidés par des universitaires  et/ou des inspecteurs généraux qui en ont assumé la rédaction. En 2005, le socle commun a été voté pour la première fois par l’Assemblée Nationale.

La loi Peillon de 2013 a donc innové en montrant que les programmes scolaires ne devaient pas seulement être ceux des ministres et de l’Education nationale mais que la nation pouvait avoir quelque chose à dire sur eux. C’est pourquoi il a mélangé, en créant le CSP, des élus, des personnalités qualifiées diverses et donné à ce conseil de grandes responsabilités sur la fabrication des programmes mais aussi sur l’évaluation et la formation des maîtres.

D’où vient le problème, alors ?

Aujourd’hui le CSP est trop soumis à la commande des ministres successifs de l’Éducation, dont les calendriers sont incompatibles avec son fonctionnement. Ses membres n’ont pas le temps de réfléchir sereinement à des programmes qui sont pourtant censés durer le temps d’une scolarité complète. Le CSP est en quelque sorte victime de l’instauration du quinquennat, mais aussi de la faible durée des portefeuilles ministériels à l’Éducation Nationale : trois ministres sous Hollande, trois sous Sarkozy, trois sous Chirac… Ainsi, depuis le début des années 2000, nous assistons à une valse permanente des programmes, qui perturbe la tâche des enseignants.

Cela n’a-t-il pas changé avec Jean-Michel Blanquer ?

Non. L’actuel ministre de l’Education Nationale avait certes promis qu’il ne changerait plus ceux du primaire et du collège : ils ont pourtant été récemment réformés et accompagnés de centaines de pages de notes de service produites pour prescrire aux professeurs ce qu’ils doivent faire. Et aujourd’hui, dans le cadre de la réforme du lycée, la présidente du CSP, Souâd Ayada, a accepté les délais prescrits. Ses membres, dont je faisais encore partie jusqu’en octobre, ont donc commencé à travailler en juin, avec l’idée de finaliser leurs travaux en décembre, sachant que les vacances scolaires ont interrompu les possibilités de réunion.

Sans avoir pu se poser et se concerter réellement, il est difficile au CSP d’avoir une réflexion sur la globalité des programmes et les attentes des élèves. Quelle doit être la culture générale d’un élève à la sortie du lycée ? Une telle question aurait mérité une temporalité longue pour trouver une esquisse de réponse : on aurait pu par exemple discuter de l’introduction d’une spécialité sur les questions environnementales, de plus en plus présentes dans l’actualité qui aurait peut-être été plus utile qu’une spécialité de géopolitique.

Les membres du Conseil, soumis à l’urgence d’écrire les programmes, vivent un malaise qui s’est manifesté par des démissions. Le premier président Alain Boissinot a démissionné parce qu’il pensait que le conseil n’était pas outillé pour remplir correctement sa mission. Michel Lussault, qui occupait cette fonction avant Souâd Ayada a dû attendre des mois que le nouveau Ministre qui ne croyait pas au CSP veuille bien le recevoir. Ce mépris l’a conduit aussi à une démission. Jean-Michel Blanquer a finalement relancé le CSP pour la réforme du lycée mais il l’a vidé d’une partie de ses capacités en supprimant tous les spécialistes de l’éducation et ceux qui ont une expérience concrète et récente de l’enseignement scolaire. En nommant des représentants des grandes écoles ou des Chambres de commerce, il est clair que l’idée est de faire du lycée l’endroit où l’on va trier les élèves pour l’université. Le temps accordé au CSP aboutit à une véritable mascarade : en 3 semaines boucler 82 projets de programmes qui ne sont pas même diffusés à l’avance aux membres du CSP.

Quels sont les contenus qui font débat ?

Les enseignements de français et d’histoire, par exemple, donnent l’impression qu’on revient quarante ans en arrière. Les cours de français risquent de ressembler à des cours d’histoire littéraire, « très Lagarde et Michard ». En histoire, on sent également une obsession chronologique et les premières propositions centraient essentiellement les enseignements sur l’histoire politique nationale sans faire de place à l’histoire sociale. La lourdeur des programmes risque de nuire à l’innovation pédagogique et à la participation des élèves.

De même, la survalorisation de la micro-économie par rapport à la macro-économie et la séparation entre sciences sociales et économiques rompt avec l’esprit des SES. L’ensemble des programmes aurait mérité d’être allégé. On sent une forte élévation du niveau d’exigence, notamment en sciences et en mathématiques, alors que le public scolaire est plus nombreux et plus varié que dans les années 1970. On dirait que ces programmes ne sont conçus que pour 25 % des élèves.

PROPOS RECUEILLIS PAR NAÏRI NAHAPÉTHIAN

 

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La Collab' de l'info : 15 vidéos sur l'éducation aux médias et à l'information...

31 Octobre 2018 , Rédigé par Geek Junior Publié dans #Education, #Médias

« La collab’ de l’info » est une série de vidéos qui réunit 15 youtubeurs et 15 journalistes pour nous proposer un décryptage des médias et de l’information.

Le fact-checking , les données personnelles, fake news… Des termes de plus en plus visibles dans les médias et qui méritent une explication. C’est l’objectif de la série de courtes vidéos « La collab’ de l’info », disponibles sur france tv éducation. Particularité de ces vidéos, elles sont présentées en duo, avec un journaliste du groupe France Télévision et un Youtubeur.

Amel Cogard, directrice des services numériques jeunesse et éducation à France Télévisions, précise « On n’a pas choisi n’importe quels YouTubeurs […], certains sont des anciens profs, des anciens scientifiques, des anciens journalistes qui apportent cette expertise dans un domaine en particulier« . On retrouve ainsi Cyrus North, que l’on connait notamment pour sa chaîne YouTube sur la philo qui nous parle des « infox » en compagnie de Karine Baste-Régis, que l’on peut voir sur France Info TV dans les émissions du matin.

Cinq vidéos sont déjà disponibles et d’autres devraient suivre dans les prochaines semaines. Une ressource indispensable pour mieux comprendre la fabrication médiatique d’aujourd’hui et de demain.

Christophe Coquis

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Policiers à l'Ecole: Belloubet et Bayrou vont-ils l'emporter sur 'Castagner'?...

31 Octobre 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Histoire

Policiers à l'Ecole: Belloubet et Bayrou vont-ils l'emporter sur 'Castagner'?...

Au ''Grand-Jury RTL-Le Figaro-LCI'', la Garde des Sceaux a tenu à faire valoir dimanche dernier que "l'école n'est pas une maison de redressement. Il est indispensable de concevoir l'école uniquement comme un lieu de savoir".

Ce faisant, Nicole Belloubet a rejoint les positions exprimées de longue date par François Bayrou, un allié politique d'Emmanuel Macron qui a son importance.

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner s'est empressé il y a quelques jours de déclarer qu’il « n’excluait pas la présence physique de forces de l’ordre à l’école » ( "avec l’accord du chef d’établissement '' a-t-il précisé par la suite).

Ce faisant, il a choisi la position de Nicolas Sarkozy à laquelle s’opposait François Bayrou dans une querelle historique passée (mais pas dépassée semble-t-il; et en un sens qui en dit long sur certains penchants actuels)

Retour en arrièreLa question de la violence à l’Ecole est très présente – et plus que jamais – durant la longue campagne de l’élection présidentielle de 2007.

Dès février 2006, Nicolas Sarkozy s’empare de ce thème et le développe longuement en appelant à la ‘’mobilisation ». Et, comme il l’avait déjà fait dès janvier 2004, Nicolas Sarkozy appelle de façon réitérée à l’installation permanente de policiers dans les établissements qui en feraient la demande.

François Bayrou se démarque très tôt de lui, dès la clôture du colloque sur l’éducation organisé par l’UDF le 11 mars 2006 : « retrouver un collège paisible, cela ne se fera pas avec des policiers dans les établissements scolaires, car si nous acceptons l’idée que la loi de l’école est la même que celle de la rue, alors l’école a perdu. Les valeurs de la rue, c’est trop souvent – hélas ! – la loi du plus fort. Et la police est là pour imposer la force de la loi aux caïds qui veulent prendre le dessus. Les valeurs de l’école ce n’est pas la loi du plus fort, c’est la loi du respect, le respect du savoir, le respect de l’éducation, et le respect de l’autre.  Si l’on veut sauver l’école, il faut défendre son système de valeurs ! C’est l’autorité du professeur et du surveillant qu’il faut reconstruire ».

Et, lors de son passage sur France II le 13 février 2007, François Bayrou répond à une question sur les violences des élèves que « la poignée d’entre eux qui déstabilisent certains établissements doivent être placés dans des établissements spécialisés où ils seront encadrés par des éducateurs chargés de leur redonner des repères », tout en réitérant sa ferme opposition à l’entrée de policiers à l’école comme le veut Nicolas Sarkozy : « une erreur de la pensée, car la loi de l’école ce sont les enseignants et les éducateurs ; si on met des policiers à l’école, c’est la défaite de l’éducation et ce sera la loi du plus fort ».

Par delà les questions de principe (qui sont en l'occurrence de toute première importance) on doit aussi noter que les tentatives effectives de Nicolas Sarkozy n'ont pas rencontré en leur temps un franc succès, loin s'en faut

A partir de 2004, Nicolas Sarkozy a fait plusieurs tentatives afin que des policiers soient installés dans des établissements scolaires sensibles. A chaque fois, il a rencontré l’opposition des principaux syndicats d’enseignants et de chefs d'établissement ainsi que les réserves de la plupart des syndicats de la police (les uns et les autres considérant qu’il s’agit d’un ‘‘mélange des genres’’ fâcheux et qui pose des questions de postes mal résolus pour les uns comme pour les autres).

Finalement, une circulaire interministérielle est parue le 16 août 2006 sous les signatures de Gilles de Robien (ministre de l’Education nationale), Nicolas Sarkozy (ministre de l’Intérieur) et Pascal Clément (ministre de la Justice), où il est dûment indiqué que « le chef d’établissement peut, après en avoir informé son conseil d’administration, en concertation avec les services de police ou les unités de gendarmerie, demander à ceux-ci d’organiser, dans l’enceinte de l’établissement, une permanence d’un agent des forces de l’ordre. Ce dernier sera à même de participer à des actions de prévention, il sera à l’écoute des personnels et des élèves, et pourra intervenir en cas de problème ». Il est aussi dûment précisé que « les autorités académiques inciteront les chefs d’établissements dans lesquels les actes de violence sont très fréquents à demander la mise en place d’un tel dispositif ».

Quatre ans après, rien ne semble s’être passé sur le terrain (peu empressé, à l’évidence, d’aller spontanément dans cette direction). Dans le contexte de l’accentuation de sa politique ultrasécuritaire, Nicolas Sarkozy annonce à nouveau l’installation de policiers au sein de collèges et lycées difficiles « sur la base du ‘’volontariat’’ du chef d’établissement », en soulignant qu’en cas de refus, le chef d’établissement devrait « prendre ses responsabilités et le signaler par écrit au ministre de l’Intérieur ».

Cette injonction renouvelée et pressante est suivie d’un certain effet à la rentrée scolaire. Mais il est significatif que l’installation de la première policière en uniforme dans le lycée polyvalent de Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne ) en présence des ministres de l’Education et de l’Intérieur ne s’est pas faite sans manifestation résolue d’opposition : un quart de enseignants ont été jusqu’à faire grève, et un fort groupe d’élèves encadrés par des représentants de la Fidel (la Fédération indépendante et démocratique lycéenne) ont accueilli les ministres bruyamment, le proviseur faisant quelque peu profil bas...

Claude Lelièvre

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30 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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