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Vivement l'Ecole!

Zebda...

21 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Baudrillard...

21 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Sociologie, #Philosophie

Medium is Message.

Ici, et dans ce sens au moins, il faut admettre comme un trait fondamental dans l'analyse de la consommation la formule de McLuhan : « Le médium, c'est le message. » Cela signifie que le véritable message que délivrent les  les media T. V. et radio, celui qui est décodé et « consommé » inconsciemment et profondément, ce n'est pas le contenu manifeste des sons et des images, c'est le schème contraignant, lié à l'essence technique même de ces média, de désarticulation du réel en signes successifs et équivalents : c'est la transition normale, programmée, miraculeuse, du Vietnam au music-hall, sur la base d'une abstraction totale de l'un comme de l'autre.

Et il y a comme une loi d'inertie technologique qui fait que plus on se rapproche du document-vérité, du « en direct avec », plus on traque le réel avec la couleur, le relief, etc., plus se creuse, de perfectionnement en perfectionnement technique, l'absence réelle au monde. Plus s'impose cette « vérité » de la T. V. ou de la radio qui est que chaque message a d'abord pour fonction de renvoyer à un autre message, le Vietnam à la publicité, celle-ci au journal parlé, etc. - leur juxtaposition systématique étant le mode discursif du médium, son message, son sens. Mais en se parlant ainsi lui-même, il faut bien voir qu'il impose tout un système de découpage et d'interprétation du monde.

Ce procès technologique des communications de masse délivre une certaine sorte de message très impératif :  message de consommation du message, de découpage et de spectacularisation, de méconnaissance du monde et de mise en valeur de l'information comme marchandise, d'exaltation du contenu en tant que signe. Bref, une fonction de conditionnement (au sens publicitaire du terme — en ce sens, la publicité est le médium « de masse » par excellence, dont les schèmes imprègnent tous les autres média) et de méconnaissance.
Ceci est vrai de tous les média, et même du medium livre, la « literacy », dont McLuhan fait une des articulations majeures de sa théorie. Il entend que l'apparition du livre imprimé a été un tournant capital de notre civilisation, non pas tant par les contenus qu'il a véhiculés de génération en génération (idéologique, informationnel, scientifique, etc.) que par la contrainte fondamentale de systématisation qu'il exerce à travers son essence technique. Il entend que le livre est d'abord un modèle technique, et que l'ordre de la communication qui y règne (le découpage visualisé, lettres, mots, pages, etc.) est un modèle plus prégnant, plus déterminant à long terme que n'importe quel symbole, idée ou phantasme qui en fait le discours manifeste : « Les effets de la technologie ne se font pas voir au niveau des opinions et des concepts, mais altèrent les rapports sensibles et les modèles de perception continûment et inconsciemment. »

Ceci est évident : le contenu nous cache la plupart du temps la fonction réelle du médium. Il se donne pour message, alors que le message réel, en regard duquel le discours manifeste n'est peut-être que connotation, c'est le changement structurel (d'échelle, de modèles, d'habitus) opéré en profondeur sur les relations humaines. Grossièrement, le « message » du chemin de fer, ce n'est pas le charbon ou les voyageurs qu'il transporte, c'est une vision du monde, un nouveau statut des agglomérations, etc. Le « message » de la T. V., ce ne sont pas les images qu'elle transmet, ce sont les modes nouveaux de relation et de perception qu'elle impose, le changement des structures traditionnelles de la famille et du groupe. Plus loin encore, dans le cas de la T. V. et des mass média modernes, ce qui est reçu, assimilé, «consommé », c'est moins tel spectacle que la virtualité de tous les spectacles.

La vérité des média de masse est donc celle-ci : ils ont pour fonction de neutraliser le caractère vécu, unique, événementiel du monde, pour substituer un univers multiple de média homogènes les uns aux autres en tant que tels, se signifiant l'un l'autre et renvoyant les uns aux autres. A la limite, ils deviennent le contenu réciproque les uns des autres - et c'est là le « message » totalitaire d'une société de consommation.

Jean Baudrillard - La Société de Consommation

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Suppressions de postes dans le secondaire : Blanquer joue avec les chiffres...

21 Septembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Suppressions de postes dans le secondaire : Blanquer joue avec les chiffres...

Les 1 800 suppressions de postes annoncées par le ministre de l'Education nationale lundi représentent en réalité la différence entre les créations et les suppressions. Le secondaire perdra en réalité 2 600 postes en 2019, tandis que environ 1 800 créations sont prévues dans le primaire.

Si l’exécutif se plaît souvent à jongler avec les mots, c’est avec les chiffres que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a décidé de jouer cette semaine. Dimanche, dans une interview au Figaro, il avait annoncé la suppression de 1 800 postes dans l’Education nationale en 2019. Des coupes exclusivement opérées dans le secondaire (collèges et lycées) et dans les services administratifs. La grogne des syndicats ne s’était alors pas fait attendre. Mais la tension n’a pas fini de monter. Mercredi, à l’AFP, le ministre a précisé que ce ne serait pas 1 800, mais 2 600 postes qui seront supprimés l’an prochain dans le secondaire.

Jean-Michel Blanquer a-t-il menti sur les chiffres ?

C’est un détail qui a toute son importance dans l’équation. Lorsque lundi, sur France Inter, Jean-Michel Blanquer a confirmé qu'«au global» le secondaire et les services administratifs perdraient 1 800 postes, il a omis de préciser que ce nombre ne correspondait pas au total de postes supprimés, mais bien au solde, c’est-à-dire à la différence entre suppressions et créations de postes. Toujours dans sa droite ligne de favoriser le premier degré, il a annoncé en parallèle que 1 900 postes y seront créés. Le ministre n’a donc pas menti, mais cette confusion a dû mal à passer auprès des syndicats. «Dans le second degré, où on est en hausse démographique c’est catastrophique. Je pense qu’il a fait exprès de ne pas donner le bon chiffre. Il s’agissait de cacher un peu la réalité», tonne Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU (premier syndicat du secondaire).

L’entourage du ministre a précisé les contours de ces coupes. En prenant en compte toutes les catégories, le chiffre grimpe jusqu’à 3 600 suppressions : environ 2 600 postes dans le secondaire, 400 dans les services administratifs et 600 dans l’enseignement privé. Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, déplore : «La confusion a été volontairement entretenue par Blanquer. La méthode est insupportable. Rappelons aussi que compte tenu de la hausse démographique, il y aurait eu de toute façon plus de monde dans les classes. Ça ne peut être que renforcé. En moyenne, au collège on devrait passer à 26 élèves par classe et au lycée souvent à 35 ou plus.»

Est-ce qu’il va pouvoir augmenter l’enveloppe des heures supplémentaires ?

Pour contrebalancer la mauvaise nouvelle, lundi, le ministre avait annoncé une hausse du budget de son ministère de 850 millions d’euros en 2019 et le maintien du volume d’enseignement grâce au recours aux heures supplémentaires, exonérées de cotisations salariales. Alors qu’actuellement, une heure sup peut être imposée aux enseignants, il compte aussi faire monter ce chiffre à deux. Le budget sera-t-il suffisant ? Stéphane Crochet : «On peut vraiment craindre qu’il n’y en ait pas assez pour augmenter le nombre d’heures supplémentaires. Il faudra attendre lundi pour avoir les termes du budget. On ne sait pas si l’enveloppe dédiée sera augmentée. On peut presque ouvrir les paris que le compte n’y sera pas.»

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT évoque aussi ce flou : «Là où il y a incertitude c’est qu’il pourrait y avoir un transfert entre le ministère du Travail et de l’Education nationale de la charge budgétaire d’une partie des contrats aidés d’assistants de vie scolaire. Si cette info est confirmée, il faudrait voir quelle masse budgétaire ça représente et si elle est déjà inscrite dans les 850 millions d’euros.» L’an dernier, selon la responsable du Sgen-CFDT, 959 millions d’euros étaient dédiés aux heures supplémentaires, crédits de suppléance et vacations dans le second degré.

Est-ce que ça va s’arrêter là ?

Si ces suppressions de postes font déjà ruer dans les brancards, le gouvernement risque de ne pas en rester là. Ces premières coupes s’inscrivent dans un projet plus large de réduction des effectifs publics : 4 500 suppressions sont prévues en 2019 et 10 000 en 2020. Emmanuel Macron s’est engagé à supprimer en tout 50 000 postes en cinq ans. Frédérique Rolet : «On a prévu d’organiser une grève contre ces suppressions, j’ai proposé aux autres fédérations de l’éducation et à la FCPE de se rencontrer, mardi. L’idéal serait de la prévoir avant les vacances de la Toussaint. On veut donner un avertissement, notre crainte est que ça continue en 2020-2021.»

Marlène Thomas

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Parcoursup : "46 000 candidats étaient toujours en attente" début septembre et non quelques milliers, dénonce un journaliste...

21 Septembre 2018 , Rédigé par christophe

Parcoursup : "46 000 candidats étaient toujours en attente" début septembre et non quelques milliers, dénonce un journaliste...

Guillaume Ouattara, journaliste à Campus Channel, a contesté, vendredi sur franceinfo, les chiffres avancés par la ministre de l'Enseignement supérieur qui parle de 2 500 candidats inscrits sur la plateforme Parcoursup sans affectation à ce jour.

La plateforme Parcoursup ferme dans la soirée du vendredi 21 septembre, alors que 2 500 élèves n'ont toujours pas d'affectation pour cette année scolaire selon le ministère de l'Enseignement supérieur. C'est 1 000 lycéens de moins qu'avec l'ancienne plateforme APB selon le ministère. Invité vendredi de franceinfo, Guillaume Ouattara, journaliste à Campus Channel, dénonce "de la communication" et avance d'autres chiffres.

franceinfo : Quel bilan tirez-vous de cette première année de Parcoursup ?

Guillaume Ouattara : Les candidats et les observateurs attendaient beaucoup de cette nouvelle plateforme. Il y avait un chiffon rouge autour d'APB, on nous avait dit que la plateforme dysfonctionnait, qu'il y avait beaucoup trop d'élèves sur le carreau. Quand on regarde juste les chiffres, on se rend compte que Parcoursup, à mon sens, fait pire et a laissé plus d'élèves sur le carreau cette année. Donc, tout ça pour ça. Beaucoup de complexité pour les élèves, beaucoup de délais d'attente. On se rend compte que Parcoursup n'a pas fait mieux que son prédécesseur.

Le ministre dit pourtant que moins d'élèves restent sans affectation. Qu'est-ce qui vous permet de dire qu'il y en a davantage ?

C'est la manière dont le ministère communique sur les chiffres, mais c'est très compliqué. Pour faire simple, quand le ministère parle de 3 500 ou de 2 500 élèves plus récemment, il ne compte que ceux qui ont eu le bac cette année. Mais il y a aussi des élèves qui étaient en réorientation, qui n'ont rien eu. Ils sont près de 4 000. On monte donc déjà le chiffre autour des 6 000 élèves sans orientation. Et il faut ajouter à ça que le ministère ne comptabilise que les candidats qu'il appelle les candidats actifs. Il y a deux critères pour être un candidat actif : soit on a contacté son rectorat pour être suivi, soit on a fait des vœux sur la procédure complémentaire. Du point de vue des chiffres et du point de vue du ministère, ils ne sont plus comptabilisés comme actifs alors même qu'ils cherchent une orientation.

Mais, il faut savoir qu'il y avait à peu près 39 000 candidats qui étaient inactifs au 5 septembre. Quand on contacte les candidats qui étaient en attente et qui sont considérés comme inactifs, ils nous disent : "Je n'ai pas contacté mon rectorat et je n'ai pas trouvé de vœu intéressant sur ma procédure complémentaire." Ils ne sont donc pas sortis de la plateforme, ils veulent toujours intégrer l'enseignement supérieur.

À quel chiffre arrivez-vous pour le nombre de personnes en attente ?

Quand on prend les chiffres du 5 septembre, le ministère communiquait autour des 3 500 candidats bacheliers toujours en attente. Le chiffre que j'avais moi était plutôt 46 000 candidats qui étaient toujours en attente. Tout l'été, ça a été beaucoup de communication comme ça. Ces catégories ont été créées au milieu de l'été. Un peu comme les chiffres du chômage, on compte les catégories A, etc. C'était la même chose avec Parcoursup. Il y a eu une volonté d'amoindrir un petit peu ce qui était en train de se passer.

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Les collèges ghettos s'expliqueraient d'abord par la fuite vers le privé...

21 Septembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Les collèges ghettos s'expliqueraient d'abord par la fuite vers le privé...

Dans une étude de l'Insee, Paris, Bordeaux et Clermont-Ferrand ont été passés à la moulinette pour mettre en évidence les facteurs qui jouent le plus dans la ségrégation des collèges.

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer en parle peu, pourtant le problème reste entier: par endroits, surtout dans les grandes villes, une partie des établissements scolaires sont ghettoïsés, en concentrant des enfants issus de familles défavorisées, ou à l’inverse n’accueillant que des élèves issus de milieux très privilégiés. Dans un sens comme dans l’autre, l’absence de mixité sociale a des effets négatifs : elle menace la cohésion nationale et nuit à la réussite scolaire des élèves les plus fragiles. Voici une étude intéressante, publiée par l’Insee. Trois villes (Paris, Bordeaux et Clermont-Ferrand) ont été passées à la moulinette en 2015 pour mettre en évidence les facteurs qui jouent le plus dans la ségrégation des collèges.

Interview:

«La mixité sociale est un avantage pour tous les élèves sans exception»

Est-ce le quartier où l’on vit ?

Il y a cet argument, qui revient vite dans les discussions sur la mixité : l’école ne peut pas tout, le problème est plus global, lié à l’habitat et la politique du logement. Comment en effet avoir des écoles accueillant des enfants de tous les milieux sociaux, quand l’établissement se situe au pied des tours HLM ou à l’inverse dans un quartier tellement chic que les loyers ne sont accessibles que pour une minorité de familles?

L’Insee a cherché à savoir dans quelle mesure la ségrégation résidentielle jouait dans l’état de mixité des écoles. Techniquement, elle a mesuré le niveau de ségrégation théorique qui prévaudrait en l’absence de tout contournement du collège public de secteur. Résultat: «Dans les trois zones urbaines considérées, le niveau de ségrégation sociale effectivement observé entre collèges est nettement supérieur à celui observé au niveau des quartiers.» Ce qui veut donc dire que la ségrégation résidentielle ne serait pas le facteur déterminant pour expliquer l’absence de mixité à l’école.

À Paris, par exemple, «la ségrégation au niveau des collèges correspond, pour moitié, à la ségrégation liée uniquement aux lieux de domicile des élèves. L’autre moitié est liée aux dérogations obtenues par les familles…»  L’Insee enfonce le clou: «Les choix des familles amplifient nettement la ségrégation sociale entre élèves.»

A lire aussi :

A mes amis qui trichent avec la carte scolaire

Est-ce les dérogations accordées par le rectorat pour éviter le collège de secteur ?

Les familles ont deux attitudes possibles quand elles veulent éviter le collège de secteur. Déroger à la carte scolaire, en rusant (changement d’adresse, jeux des options rares…) ou inscrire son enfant dans un établissement privé. L’Insee a mesuré l’impact de ces deux attitudes en termes de mixité. Le résultat peut surprendre tant il est tranché.

«Le choix d’un collège public en dehors du secteur assigné par la carte scolaire n’accroît la ségrégation entre les établissements scolaires que de façon marginale, écrivent les chercheurs. Ce type de choix peut réduire la mixité sociale dans les collèges évités (effet "évitement"). Néanmoins, pour les collèges publics "attractifs", accepter des élèves hors secteur peut augmenter la mixité de leur recrutement (effet "réallocation")».

Est-ce alors la fuite vers le privé, qui a l’impact le plus important?

Pour les statisticiens de l’Insee, les chiffres sont clairs: «Le surcroît de ségrégation s’explique pour l’essentiel par le choix de certaines familles en faveur de l’enseignement privé.» A Paris, le choix d’un collège privé contribue pour 45 % à la ségrégation observée, et le contournement de la carte scolaire pour un autre collège public à 5 % seulement. Pour les métropoles de Bordeaux et Clermont-Ferrand, la contribution de l’évitement vers le privé atteint 33 %, celle du choix d’un collège public autre que celui du secteur s’établit à 6% et 4% respectivement.

Marie Piquemal

 

 

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Revue de Presse Education... Evaluations - Austérité - Divers...

21 Septembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Evaluations - Austérité - Divers...
Les évaluations de CP-CE1 soulèvent beaucoup de questions. Les suppressions de postes aussi. On discute aussi de la réforme du lycée et de la laïcité.
Evaluations

Les syndicats d’enseignants du premier degré sont vent debout contre les évaluations de CP - CE1.

« "Nous refusons que des enfants soient étiquetés sur la foi d’un test"Le SNUipp-FSU, principal syndicat des enseignants du primaire, appelle à ne pas saisir les réponses aux évaluations ou à retarder la passation. »

Le gouvernement a donné du temps pour la saisie de ces évaluations : « Cinq heures d’APC seront dégagées par le ministère pour permettre aux professeurs des écoles de saisir les résultats des évaluations nationales de CP et CE1. »

Louise Tourret rappelle que dans l’Éducation nationale, aucune évaluation n’est innocente.
« Pour cette rentrée, Jean-Michel Blanquer a étendu les évaluations standardisées instaurées en 2017 aux classes de CE1 et de seconde. Les élèves s’y collent, mais dans quel but ? »

Et Claude Lelièvre fait une mise au point historique.Evaluations ’’Blanquer’’ : enseignants fonctionnarisés et/ou syndicalisés ?

« La contestation en acte des évaluations ’’Blanquer’’ au CP et CE1 rouvre un débat aussi vieux que les débuts de l’Ecole de la troisième République. Et il était alors très ’’tranché’’, dans tous les sens du terme. »

Austérité

L’annonce de la suppression de nombreux postes dans l’Education nationale fait couler beaucoup d’encre, notamment parce que le nombre d’élèves dans le secondaire continue à augmenter, contrairement aux justifications. Et aussi parce que prétendre améliorer le pouvoir d’achat avec le recours aux heures supplémentaires est une pilule bien grosse à avaler.

En 2019, 2 600 postes seront supprimés au collège et au lycée, et 1 900 créés dans le primaire

« Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, ont justifié la suppression de postes dans le secondaire par le besoin de s’adapter à la « démographie scolaire ».
Mais selon une récente étude de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, le service d’évaluation des politiques du ministère de l’éducation nationale, les effectifs du second degré augmenteront à chaque rentrée scolaire jusqu’en 2022. »

Heures sup’ des profs : « "On risque de bâcler notre travail"Actuellement, les chefs d’établissements peuvent forcer les enseignants à effectuer une heure supplémentaire. "En cas de nécessité locale une seconde heure pourra être imposée par le chef d’établissement, comme c’était le cas avant les années 2000", a précisé Jean-Michel Blanquer, qui clame vouloir donner la "priorité au pouvoir d’achat des professeurs". Au-delà de la crainte suscitée par cette annonce de supprimer l’équivalent de 0,2 % des emplois du ministère de l’Éducation, certains professeurs redoutent que le recours à ces heures en plus, parfois contraintes, ne débouche sur des pressions hiérarchiques à leur encontre et n’alourdissent massivement leurs semaines de travail. »

Et pour finir, une analyse de Philippe Watrelot.

Budget de l’éducation : les entourloupes de Jean-Michel Blanquer

« Le ministre rajoutait qu’il faisait un choix politique en décidant de rééquilibrer la dépense publique vers le primaire qui est particulièrement faible en France par rapport à d’autres pays. Ce souhait peut sembler légitime. Mais il est plus difficile à faire passer quand on déshabille Pierre pour habiller Paul. C’est toujours plus facile d’accepter qu’on donne un montant plus important à son voisin quand le sien ne diminue pas. »

Divers

Le bac réformé « en même temps » que la rentrée

« Drôle de rentrée pour les nouveaux lycéens : les élèves de seconde suivront les mêmes cours que leurs prédécesseurs, avec les mêmes programmes, et en même temps, ils passeront dans trois ans le nouveau baccalauréat mis en place par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer. Si rien n’a donc vraiment changé en cette rentrée, l’année scolaire 2018 sera largement consacrée à ces transformations : le baccalauréat a été modifié par un décret et sept arrêtés publiés au beau milieu de l’été, le 17 juillet, et une nouvelle organisation de la scolarité se mettra en place dès la rentrée 2019. Il faut y travailler avec les enseignants, informer les élèves et les familles. Cela ne s’improvise pas. »

Réforme du lycée : la fin du latin et du grec ?

« Une option qui ne comptera presque plus pour le bac, des langues anciennes de moins en moins proposées dans les lycées... La réforme pourrait démotiver les élèves qui souhaiteraient étudier ces langues. Pourtant, les raisons d’apprendre le latin et le grec ne manquent pas. »

« Atteintes à la laïcité » à l’école : le grand flou du ministère de l’Education

« En juillet, Jean-Michel Blanquer évoquait 30 signalements par jour pour des « atteintes à la laïcité » dans les établissements scolaires, sans précision sur leur nature. Interrogé par « Libération », le ministère a transmis des données qui ne permettent pas d’y voir plus clair. »

Géraldine Duboz

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Foray... (Un de mes anciens élèves)...

20 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Stefan Zweig...

20 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Seuls les enfants solitaires peuvent garder pour eux toute leur passion : les autres dispersent leur sentiment dans des bavardages et l'émoussent dans des confidences; ils ont beaucoup entendu parler de l'amour, ils l'ont retrouvé dans les livres, et ils savent que c'est une loi commune. Ils jouent avec lui comme avec un hochet; ils en tirent vanité, comme un garçon de sa première cigarette. Mais moi, je n'avais personne à qui me confier, je n'avais personne pour m'instruire et m'avertir, j'étais inexpérimentée et ignorante : je me précipitai dans mon destin comme dans un abîme.

Stefan Zweig - Lettre d'une inconnue

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Budget de l’éducation : les entourloupes de Jean-Michel Blanquer...

20 Septembre 2018 , Rédigé par Alternatives Economiques Publié dans #Education, #Politique

Budget de l’éducation : les entourloupes de Jean-Michel Blanquer...

EXTRAITS

Alors que les enseignants s’apprêtaient à préparer leur cartable en cette fin de week-end, le Figaro publiait en avant première dimanche 16 septembre, des extraits d’une interview du ministre de l’Education nationale. Celui-ci y annonçait que son ministère allait supprimer 1 800 postes dans le cadre de la loi de finances 2019. Le lendemain matin, il se rendait à la matinale de France Inter pour annoncer, non pas sa démission (ça ne marche pas avec tout le monde…) mais pour justifier cet arbitrage.

Des signes avant-coureurs pouvaient laisser présager d’une telle décision. La semaine précédente, plusieurs échos dans la presse avaient filtré sur des réductions de postes plus importantes. En général, c’est souvent des fuites du cabinet pour influencer les discussions en cours. Comme les prévisions de croissance sont moins importantes que prévues et qu’on est en période d’arbitrages pour le budget, c’était effectivement prévisible.

Concert de pipeau

L’intervention sur France Inter était assez habile. Jean Michel Blanquer a mis en avant le pouvoir d’achat des enseignants et avec quelques artifices de communication a essayé de minimiser et de relativiser la réduction des postes. Dans une impeccable logique de communication, d’autres membres du gouvernement et responsables parlementaires ont repris les éléments de langage. Le sommet a été atteint par le secrétaire d’Etat en charge de la Fonction publique et des Collectivités locales, Olivier Dussopt.

Celui-ci dans une interview donnée au journal Les Echos, y affirmait « l’éducation, comme les autres ministères, va mettre à profit des réorganisations pour se réformer. Ca ne veut pas dire que nous allons nécessairement supprimer des postes d’enseignants ». Et dans une autre interview, à France Info cette fois-ci, il allait même jusqu’à affirmer que le gouvernement tenait compte de la « réduction des effectifs dans le secondaire ». Il a depuis reconnu que c’était une grosse bêtise car la lecture des prévisions d’effectifs disponible sur le site du ministère montre que les effectifs d’élèves vont continuer à monter jusqu’en 2022 !

Fidèles aux postes

Revenons d’abord sur la question des postes. Un des éléments de langage est de relativiser l’importance de cette baisse. L’Education nationale, c’est 1 132 710 personnes et un peu plus de 800 000 enseignants. 1 800 postes supprimés c’est à peine l’épaisseur du trait. Pas la peine de raconter des « carabistouilles »…

Sauf que c’est symboliquement, et donc politiquement, important ! Jusque-là, le budget de l’Education nationale faisait partie des domaines préservés. Le quinquennat précédent avait même fait des (re)créations de postes un des marqueurs de sa politique. Ce n’est plus le cas. Et le signal politique est fâcheux.

Autre élément de langage : parallèlement aux suppressions dans le secondaire, il y aurait des créations de postes dans le primaire. Si on enlève 500 postes qu’on irait trouver dans les services administratifs, ce ne serait « que » 1 400 postes supprimés dans le secondaire. Mais comme à peu près 1 900 postes seront créés ou redéployés dans le primaire, notamment pour assumer le dédoublement en CP-CE1, ce sera en fait beaucoup plus dans le secondaire, de l’ordre de 2 600 postes supprimés au collège et au lycée (avec 40 000 élèves en plus).

(...)

Un budget saupoudré de poudre de perlimpinpin

« Oui, mais le budget est en hausse de 850 millions. » C’est le deuxième artifice communicationnel utilisé par le ministre et celui-ci est à double détente. Pour comprendre la première astuce, faisons d’abord un peu de calcul de proportion et de variation (un prof de SES, ça a des réflexes). 850 millions. Dit comme ça, ça semble beaucoup ! Mais le budget du ministère de l’Education nationale est de 50,6 milliards d’euros. Je vous laisse faire le premier calcul de proportion… Le deuxième porte sur la variation. On présente le budget comme étant en hausse. Un calcul rapide nous montre que c’est de l’ordre de 1,7 % d’augmentation. Tiens, c’est justement le taux d’inflation prévu pour l’année prochaine ! Autrement dit, en volume (et pas en valeur) ça n’augmente pas ! Et même, compte tenu des salaires (c’est l’essentiel du budget de l’Education nationale) et du glissement vieillesse technicité (GVT), on peut dire que ça baisse. Savoir distinguer valeur et volume, mettre en évidence les « effets de structure », c’est ce qu’on apprend en cours de SES. C’est peut-être pour ça que cet enseignement est si attaqué !

La deuxième astuce est assez simple, elle aussi. On dit que le budget « augmente » mais on y met plus de choses dedans. D’après Les Echos, 213 millions devront couvrir une nouvelle compétence, celle des AVS. Résultat : la hausse réelle serait plutôt de 637 millions (850 - 213). Sans compter que l’entourloupe peut être encore plus grande s’il se confirme qu’on intègre dans le budget tout ou partie des dépenses du futur service national universel… Ce serait un coût de 2 milliards par an.

(...)

« L’école de la confiance » est le leitmotiv des innombrables interventions médiatiques de Jean-Michel Blanquer. Mais comment construire la confiance quand on voit que les décisions sont avant tout dictées par un impératif budgétaire et comptable ? Le ministre, l’admet lui-même au détour d’une phrase : la réforme du lycée est dictée avant tout par un objectif de « rationalisation ». En d’autres termes : faire des économies. Ce n’est pas forcément mal en soi mais encore faudrait-il qu’on aille vers le mieux en termes d’efficacité. Or, les décisions prises et les textes publiés (là encore, pendant l’été) montrent surtout qu’on s’achemine vers un dispositif encore plus complexe que l’actuel et vers une usine à gaz en termes d’organisation. Mais la verticalité autoritaire technocratique du ministre et le refus de la négociation empêchent tout retour critique.

Et encore une fois, le système continuera à avancer tant bien que mal. Grâce au sens du service public et au dévouement des personnels de l’Education nationale. Des fonctionnaires mal payés et avec moins de moyens et qui seront peut-être plus méfiants sur les effets de com’ de leur ministre… le plus macronien parmi les macroniens.

Philippe Watrelot

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Dans l'Éducation nationale, aucune évaluation n'est innocente...

20 Septembre 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Pédagogie

Dans l'Éducation nationale, aucune évaluation n'est innocente...

EXTRAIT

Pour cette rentrée, Jean-Michel Blanquer a étendu les évaluations standardisées instaurées en 2017 aux classes de CE1 et de seconde. Les élèves s'y collent, mais dans quel but?

Des centaines de milliers d’élèves, en CP, CE1, sixième et seconde, vont devoir se soumettre à des évaluations standardisées d'ici au mois d'octobre. Les objectifs annoncés sont multiples: mieux comprendre leurs difficultés, établir le profil des classes et des écoles, et recueillir –même si on l'entend moins souvent– des données sur les générations d’élèves. Mais cette opération n'est pas forcément bénéfique pour l’école, ni même pour les élèves.

Les évaluations présentées par Jean-Michel Blanquer sont le fruit d’un travail effectué par les services du ministère et par le nouveau conseil scientifique de l’Éducation nationale, qui a piloté la conception des tests.

L’un de ses membres, Franck Ramus, s’est livré à une longue explication sur son blog: «[Ces évaluations] sont des “repères” qui ont pour objectif principal d’aider les enseignants à déterminer avec précision les acquis, les besoins et les progrès de chaque enfant de CP et de CE1 dans différents domaines du langage et des mathématiques. L’idée est de pouvoir intervenir au plus vite si un enfant rencontre des difficultés d’apprentissage, afin de mieux l’aider à surmonter ces difficultés. [...] Le projet aura également comme conséquence secondaire d’offrir aux enseignants, aux chefs d’établissement, aux inspecteurs et aux recteurs un état des lieux fiable des compétences des enfants dont ils s’occupent. Année après année, en collaboration avec les chercheurs, cet état des lieux permettra de suivre l’évolution des compétences des enfants et sa variation en fonction des interventions et des expérimentations. Un retour aux parents est également prévu.»

Les outils pour évaluer le niveau global existent déjà

Passons sur l’idée de pouvoir intervenir sur les difficultés d’apprentissage. On s’en doute, le personnel enseignant juge lui-même de ces difficultés grâce aux exercices et au travail effectués en classe: quoi que l'on en dise, évaluer est déjà l'une des premières fonctions de l'école.

La question de savoir si l'évaluation fait progresser les élèves est elle largement débattue, et certains collèges expérimentent par exemple d'autres manières de faire, sans notes. Et là où la technocratie avance des idées comme des vérités, les études sur la question sont un peu plus nuancées.

Nous disposons déjà d’évaluations du niveau des élèves, réalisées sur des échantillons. C’est le cas de la célèbre étude Pisa pilotée par l’OCDE, mais aussi de Pearls ou de Timss, des études internationales qui donnent un reflet assez catastrophique du niveau de nos élèves en français et en maths.

La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), l'organe statistique de l'Éducation nationale, organise également une évaluation des élèves appelée Cedre (Cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon).

Voici comment le ministère de l'Éducation nationale présente cette étude: «[Le Cedre], engagé depuis 2003, permet de mesurer les compétences des élèves en fin d’école et en fin de collège. Il couvre la plupart des domaines disciplinaires en référence aux programmes: maîtrise de la langue (école), compétences générales et langagières (collège), langues vivantes étrangères, histoire-géographie et éducation civique, sciences expérimentales, mathématiques. La présentation des résultats permet de situer les performances des élèves sur des échelles de niveau. Renouvelées à intervalle régulier, ces évaluations permettent de suivre l’évolution du “niveau des élèves” dans le temps. L’analyse fine des compétences dans les différentes disciplines constitue en soi un matériau très riche au service des enseignants.»

Si le but affiché des évaluations organisées en ce moment est d'estimer globalement le niveau des élèves, force est de constater que nous disposons en l'état de tous les outils nécessaires.

La fiabilité des résultats est loin d'être assurée

Demeure alors la troisième raison avancée par Franck Ramus: «Offrir aux enseignants, aux chefs d’établissement, aux inspecteurs et aux recteurs, un état des lieux fiable des compétences des enfants dont ils s’occupent.»

Cette idée mérite d’être examinée. Et en réalité, elle a déjà été testée sous Nicolas Sarkozy, quand Jean-Michel Blanquer était à la tête de la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco). En 2008, de nouveaux protocoles d’évaluation ont été mis en place pour «dresser un bilan des acquis des élèves en CE1 et en CM2, premiers paliers du socle commun. […] Les résultats scolaires des élèves seront un élément essentiel du pilotage», expliquait le ministère.

Un petit tour du côté des archives de la DEPP nous en dit long sur cette expérience. Dans un article de 2015, Thierry Rocher et Bruno Trosseille, du bureau de l’évaluation des élèves, procèdent à une analyse historique des évaluations standardisées, et reviennent sur les problèmes qui ont pu en découler entre 2009 et 2012. Ils soulignent en particulier la confusion des objectifs des évaluations, «à mi-chemin entre l’évaluation-bilan et l’évaluation-diagnostic», et décrivent un phénomène de «surestimation des élèves par leurs enseignants, et ce de façon plus particulièrement marquée dans le secteur privé, en l’absence de contrôle des procédures de passation et de correction».

«Une étude faisait apparaître des distorsions dans les résultats selon que les écoles ont ou non été suivies par les inspecteurs du contrôle qualité, ainsi qu’en fonction des secteurs de scolarisation.»

 

(...)

Louise Tourret

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