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Vivement l'Ecole!

Maurice André joue Vivaldi, Loeillet, Telemann, Krebs...

27 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Anton Tchekhov...

27 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Quand nous regardons longuement le ciel immense, nos idées et notre âme se fondent dans la conscience de notre solitude. Nous nous sentons irréparablement seuls, et tout ce que nous tenions auparavant pour familier et cher s'éloigne indéfiniment et perd toute valeur, Les étoiles, qui nous regardent du haut du ciel depuis des milliers d'années, le ciel incompréhensible lui-même et la brume, indifférents à la brièveté de l'existence humaine, lorsqu'on reste en tête à tête avec eux et qu'on essaie d'en comprendre le sens, accablent l'âme de leur silence; on se prend à songer à la solitude qui attend chacun de nous dans la tombe, et la vie nous apparaît dans son essence, désespérée, effrayante...

Anton Tchékov - La Steppe

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Apprentissage de la lecture... Lettre ouverte à Monsieur Dehaene...

27 Septembre 2018 , Rédigé par Mireille Brigaudiot Publié dans #Education

Apprentissage de la lecture...  Lettre ouverte à  Monsieur Dehaene...

EXTRAIT

Ceci est une lettre ouverte à  Monsieur Dehaene à propos de sa présentation de l’apprentissage de la lecture dans  "la mallette des parents" sur EDUSCOL:

https://mallettedesparents.education.gouv.fr/fr/parents/ID147/l-apprentissage-de-la-lecture-et-de-l-ecriture-au-cp

1- non Monsieur, la reconnaissance visuelle de formes par les enfants ne peut pas être mise sur le même plan que la reconnaissance auditive des sons discriminants de la langue parlée.

Les bébés n’ont aucune difficulté à reconnaître un dessin de voiture d’un dessin de vélo alors qu’ils vont mettre 2 ans et plus pour repérer et différencier les mots « papier » et « pompier ». Cela explique leur très grande facilité à reconnaitre et nommer les lettres très tôt car, pour eux ce ne sont pas des lettres mais des formes quelconques.

Le premier conseil que vous donnez - apprendre à reconnaître les lettres - construit un handicap pour les enfants qui n’ont pas de parents faisant autre chose avec les lettres, beaucoup difficile d’accès, à savoir BRUITER les lettres en écrivant.

Je vous conseille de lire l’excellente recherche de l’INSERM, Des enfants hors du lire, C. Préneron, C. Meljac, S. Netchine (dir.), Bayard-INSERM-CTNERHI, 1994, livre hélas épuisé. Cette étude tout à fait scientifique décrit les procédures impasses de ces adolescents non-lecteurs qui sont bloqués par leur reconnaissance visuelle des lettres, sans jamais pouvoir les bruiter.

(...)

Mireille Brigaudiot

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Les "assassins" de la pédagogie...

27 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Les "assassins" de la pédagogie...

La gauche, et au-delà toutes celles et tous ceux qui souhaitent un véritable projet de société sous-tendant toutes les réformes de l'école, devront poursuivre et amplifier le mouvement de refondation de l'école initié par, peu s'en souviennent, l'ENSEMBLE des mouvements pédagogiques et de la quasi totalité des syndicats.

L'appel de Bobigny

Il y a urgence. Ce sont les pédagogues et les pédagogies qu'on "assassine".

Poursuivie par Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, la refondation de l'école est nécessaire, perfectible, urgente. Elle devra illustrer concrètement une des plus belles promesses d'égalité républicaine, la plus enthousiasmante, la plus difficile aussi:

donner à TOUS les enfants les moyens de réussir à l'école. A TOUS les enfants! Dans l'EGALITE républicaine et non l' "égalitarisme" agité en épouvantail.

L'Ecole a très longtemps permis au plus grand nombre de vérifier le bien-fondé de cette promesse d'égalité. Pourtant, au fil des années, la garantie d'égalité républicaine s'en est allée vagabonder pour ne plus exister vraiment. Un "idéal" au sens sens rimbaldien du terme:

"Mon paletot aussi devenait idéal"... Idéal parce qu'en loques, quasiment inexistant, invisible et inutile...

Aujourd'hui, le chiffre est connu et admis: un fils de cadre a douze fois plus de chances d'ouvrir les portes d'une grande école qu'un enfant d'ouvrier.

La gauche ne peut accepter cette précarisation permanente, acceptée de manière fataliste. N'oublions jamais que la grande majorité des jeunes qui choisissent les populismes, qui votent RN(Ex FN), sont peu ou pas diplômés, ne parlent pas une langue étrangère et ont vécu la relégation dès les bancs de l'école.

Celle-ci, comme celles et ceux qui la servent au quotidien, ne sont pas responsables de tout. Seule, l'Ecole - comme l'enseignant - ne peut pas effacer les effets de situations contextuelles: familles, habitat, environnements divers, fragilités linguistiques, etc.

Mais l'école - comme l'enseignant - peut (doit) réformer ce qui ne fonctionne plus, transformer ses manières éducatives devenues souvent postures, accepter les différenciations.

Bien évidemment, l'institution DOIT elle-aussi s'engager à aider l'école - et les enseignants - en rééquilibrant des écarts de tous ordres devenus intolérables entre Professeurs d'école et professeurs du secondaire, en investissant dans le PRIMAIRE comme cela n'a jamais été fait, en assurant une formation initiale et continue de très haut niveau. Ce sont là des objectifs qu'il FAUDRA inscrire dans le marbre du projet à venir.

Ce n'est absolument pas ce qui se construit en ce moment.

Nous assistons d'abord et quasi uniquement à la déconstruction d'un passé honni, à la reproduction de réformes qui ont fait la preuve de leur inutilité, voire de leur dangerosité, à quelques mesurettes très éloignées des véritables enjeux mais qui ont le "mérite" d'être des sujets "populaires" (Le téléphone portable à l'école), à l'affaiblissement de l'Ecole par une diminution des moyens humains et structurels, à un manque de confiance criant à l'encontre des enseignants, au "massacre" des pédagogies préférées à une fièvre "évaluationniste". 

A cela, il n'existe qu'une réponse: la refondation de l'école, une refondation AVEC les enseignants, les personnels de l'éducation au sens large, les parents, les associations. Une refondation qui offre, au-delà de réformes urgentes, un projet de société répondant à la seule question qui vaille d'être posée:

quel monde voulons-nous pour nos enfants? Une start-up nation géante ou un monde à visage humain respectueux de la planète?

Christophe Chartreux

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Après-midi de débats autour de "bienveillants et exigeants à l’école" - 22 octobre/Paris

27 Septembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Après-midi de débats autour de "bienveillants et exigeants à l’école" - 22 octobre/Paris
Lundi 22 octobre au lycée Jacques Decour, Paris 9e

Les Cahiers pédagogiques ont publié en janvier 2018 un dossier sur ce thème (n° 542) et proposent une réflexion collective entre ateliers et table ronde sur le thème :

Bienveillants et exigeants à l’école

Le lundi 22 octobre 2018 (début des vacances d’automne) de 14h à 18h au lycée Jacques Decour, 12 avenue Trudaine Paris IXe (Métro Anvers)

La bienveillance à l’école, ce n’est pas les bons sentiments, la complaisance ou la démagogie, mais bien plutôt une attitude générale qui devrait davantage être présente dans l’institution, à tous les niveaux. Laxisme et indulgence sont des pratiques à la portée de la main, face à des publics fragiles ; elles détournent l’attention, et dispensent d’espérer d’eux de bons résultats. Il faut oser aller à contre-courant, penser ses exigences et ne pas y renoncer, ne pas leurrer les élèves. Mais précisément, seul un climat favorable qui autorise l’erreur et le tâtonnement permet d’y parvenir. Bienveillance et exigence, un couple qui ne doit pas être dissociable.

Programmation 2014-2015 Programme de l’après-midi :

- Présentation du dossier des Cahiers pédagogiques sur ce thème et du dispositif (Jean-Michel Zakhartchouk)

- Ateliers préparant des questions pour les intervenants et réfléchissant aux thèmes.

- Table ronde, avec Danièle Manesse, chercheuse et co-coordonnatrice du dossier des Cahiers, Aziz Jellab, co-auteur de « Bienveillance et bien-être à l’école », Gwenola Reto, responsable de formation et auteure d’une thèse sur la bienveillance en milieu scolaire, Bernard Corvaisier, enseignant d’Histoire-géo dans l’académie de Dijon, Christine Vallin, inspectrice de l’éducation nationale dans le Nord.

Programmation 2014-2015 Inscriptions en ligne

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Macron et la peur de l'étranger...

26 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Refugies

Macron et la peur de l'étranger...

Emmanuel Macron et son gouvernement construisent, fabriquent un discours emprunté à la droite la plus décomplexée.

L'exemple des réfugiés et de ce navire humanitaire, l'Aquarius, abandonnés par la France et par son président pourtant généreux lorsqu'il était candidat, est particulièrement signifiant. "Accueillir des migrants en France créerait immanquablement un appel d'air".  C'est absolument faux.  Non seulement les pays qui accueillent bien davantage de réfugiés que la France (qui n'en accueille aucun des 9000 promis par le candidat Macron) n'ont jamais souffert de ce supposé "appel d'air", mais ils ont observé un ralentissement très sensible des arrivées "massives". En effet, depuis deux ans, les flux migratoires sont en baisse. Tous les organismes spécialisés dans l'observation de ces flux l'affirment, preuves chiffrées et statistiques à l'appui. 

Mais le Président de la République et son gouvernement surfent sur les peurs ancestrales:

- peur de "l'autre qui n'est pas moi"; 
- peur de "l'étrange étranger".

Ces peurs se répandent jusque dans le "désert français" où aucun migrant n'a mis ni ne mettra jamais les pieds.  N'ont-ils pas, notre président et notre gouvernement, le culot monstrueux d'affirmer : "Regardez tous ces bateaux qui convergent vers l'Europe!". Évitant, en même temps, de nous dire que si ces milliers de "migrants/réfugiés" arrivent effectivement, au péril de leur vie, par la mer, c'est parce que toutes les voies terrestres se ferment les unes après les autres. Comment s'étonner alors de voir les flux migratoires, pourtant ralentis à la source, se bousculer en Méditerranée provoquant des tragédies évitables? Évitables si le Président de la République prenait soin de ne pas regarder ailleurs quand la mer lui demande d'accorder aux malheureux qu'elle "transporte" quelque attention. 

L'Histoire retiendra qu'un mois de juin 2018, puis en septembre de la même année, la France humaniste a, par son Président, assumé la honte du regard détourné. Pour le Président Macron et son gouvernement, la crise migratoire serait donc une crise des flux. Cela les arrange bien de tenir ce discours. Il évite la vérité: celle d'oser dire qu'il ne s'agit plus d'une crise des flux, mais bien d'une crise des états.

Où est donc aujourd'hui le candidat Macron? Que sont devenus ces discours européens enflammés? Où donc est son projet hurlé il y a un an? Sans doute se dissimule-t-il derrière ses discours désormais ancrés dans une tradition de droite à l'ancienne. Ces discours qui alimentent les peurs schizophréniques de nos concitoyens en agitant les chiffons noirs de l' "invasion" migratoire. Un sentiment utilisé pour plaire à la frange la plus réactionnaire de l'électorat d'Emmanuel Macron. Un calcul qui, peut-être, s'avèrera payant à court terme mais se retournera contre lui dès 2022. Pour quel résultat? Pour quelle aventure hasardeuse ? Pour quelle tragédie?

Nul ne peut répondre. Mais il convient urgemment de déconstruire les discours "macroniens" pour permettre à la France et à l'Union Européenne d'en finir avec les peurs entretenues, des peurs insensées qui ne peuvent nous conduire, toutes et tous, qu'à des catastrophes auprès desquelles les "dangers" des flux migratoires sembleront bien dérisoires.

Christophe Chartreux

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Mimi et Richard Farina... (Mimi, soeur de Joan Baez...)

26 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marguerite Duras...

26 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La solitude est toujours accompagnée de folie. Je le sais. On ne voit pas la folie. Quelquefois seulement on la pressent. Je ne crois pas qu'il puissent en être autrement. Quand on sort de soi, tout un livre, on est forcément dans l'état particulier d'une certaine solitude qu'on ne peut partager avec personne. On ne peut rien faire partager. On doit lire seule le livre qu'on a écrit, cloîtré dans le livre. Ca a évidemment un aspect religieux mais on ne le ressent pas comme tel sur-le-champ, on peut y penser après coup (comme en ce moment je le pense) en raison de quelque chose qui serait la vie, par exemple, ou d'une solution à la vie du livre, de la parole, des cris des hurlements sourds, silencieusement terribles de tous les peuples de la terre.

Marguerite Duras - Ecrire

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«Tu vois Hapsatou combien la République est minuscule devant Zemmour», par Magyd Cherfi...

26 Septembre 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

«Tu vois Hapsatou combien la République est minuscule devant Zemmour», par Magyd Cherfi...

L'écrivain Magyd Cherfi, par ailleurs chanteur du groupe Zebda, livre dans ce texte son soutien à l'entrepreneuse et animatrice Hapsatou Sy, ciblée par des propos racistes du journaliste Eric Zemmour.

Hapsatou, oh belle courageuse, oh belle noire, oh joli prénom ! Gloire d’une France qui ne s’est pas levée pour toi. Aucun écho médiatique puissant pour dénoncer la lâcheté médiatique, aucune célébrité pour dire fuck Ardisson ! Aucun politique pour lancer un «Viva Africa» au nom des soldats noirs morts pour le pays et qu’aucune stèle digne de ce nom ne salue, aucun signe sur le drapeau pas même une tresse sur la chevelure à Marianne.

Tu vois Hapsatou combien la République est minuscule devant Zemmour ! Que valent tous ses principes face à l’insulte de cette face de musaraigne, je rappelle…

— Votre prénom est une insulte pour la France

— Trop fort, Eric, t’es bien plus fort que toutes les lois qui régissent notre hexagone.

Hapsatou, tu as eu ce jour-là trois ennemis, les premiers : les chroniqueurs qui ont abandonné ton cadavre encore chaud sur le bas-côté, z’ont juste mis un coup de pied pour que tu disparaisses tout à fait dans la tranchée. Ces chroniqueurs qui continuent de chroniquer toute honte bue chez Ardisson, désormais feulent, sont devenus des hyènes. Et pour ceux qui «insultent la France» par leur prénom je préfère cacher mon dégueulis au fond du jardin.

Ton deuxième ennemi ? Zemmour bien sûr. Dire que ça rime avec amour, j’ai la gerbe.

Qu’est Zemmour au fond ?

Il n’est qu’un produit qui se vend lui-même et il vend l’infamie (fallait y penser). Il n’est pas raciste ou imbécile à la base, c’est ce qui est singulier. Il l’est devenu quand le concept a payé et c’est le concept qui l’a aliéné. Pour des artistes on dit «il a pris la grosse tête», pour Zemmour on a pas trouvé la formule.

L’important pour ce genre d’individu c’est plus «ce qui paie» qu’autre chose qui excite. Il ne provoque qu’à la condition d’un retour sur investissement car se faire traiter de raciste a son prix. C’est le salarié de l’infamie.

— Ok pour dire l’horreur, tu paies combien ?

La sympathie, l’empathie, la gentillesse, Zemmour il est pas contre mais ça remue pas les tripes, c’est de la merde. Par contre dire qu’un arabe est un criminel en puissance et le noir un singe sympa, ça ! Ça vous secoue l’humain normalement constitué. Et «l’humain normalement constitué» est le gibier favori de ce rusé calé au-dessus de la moyenne. Zemmour, c’est son intelligence plus qu’une névrose qui le constitue, il est bêtement malin (si je puis m’exprimer ainsi).

Mais la ruse a des inconvénients, elle vous dévore et devient une fin en soi. A force de louvoyer avec ses neurones il a fini par se mordre le zizi et s’aperçoit qu’on peut vivre sans et décide de vivre sans, de bander par d’autres organes. C’est son sacrifice à lui.

La preuve, on a fini par conclure qu’il dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Là encore il s’agit d’un slogan, d’un concept publicitaire et on est gêné parce que ça ressemble à la réalité et «ressembler» suffit à convaincre.

Que beaucoup de Français soient racistes cela me semble crédible mais c’est loin d’être la majorité et là encore cela suffit. Quant à la minorité dégueulasse, elle est assez importante pour vous porter aux nues, faire de vous une vedette du petit écran, voire un résistant de l’invasion arabe et à la fin cela fait de lui un petit millionnaire de l’infamie. N’oublions pas que c’est pas toujours la majorité qui gagne, une minorité importante suffit à déstabiliser nos principes et c’est le joker de ce fin joueur.

Ton troisième ennemi c’est Ardisson, ce neurone éventré, cet invertébré vertical.

Il y a quelques années nous étions invités avec Zebda à sa crade table et quand je me suis installé devant ma télé, oh effroi, nous avions disparu. Il a réussi grâce à un astucieux montage à nous faire disparaître. Pas totalement car il restait au final cut des bouts de crâne, des cheveux frisés, un quart de joue, une demi-lèvre. Nous étions bien sur le plateau et dans le même temps totalement absents. Nous ne lui avions pas plu. On ne racontait rien qui eut pu faire un «buzz» et pour ces gens-là, pas «buzzer» est une ineptie, une non-existence. Ce méchant nous a éliminés car nous n’aidions pas à sa gloire. Nous n’existions plus parce que nous n’étions rien d’autre que le contraire de Zemmour. Nous étions des gens comme toi Hapsatou, des gens «normalement constitués».

Au fait, Zemmour, en kabyle, ça veut dire olive.

Il est dans mon calendrier.

Magyd Cherfi Chanteur de Zebda, écrivain

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Des écoles alternatives, des « antipédagos » et des « hyperpédagos »...

26 Septembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Des écoles alternatives, des « antipédagos » et des « hyperpédagos »...

EXTRAIT

En cette rentrée, Philippe Meirieu nous propose un ouvrage important, La Riposte, aux éditions Autrement, dans lequel il répond aux détracteurs de la pédagogie, mais aussi à ce qu’il appelle la tentation « hyperpédago » qui concerne notamment des écoles « alternatives » dont il pointe certaines dérives. Il explique ici ce qu’il entend par là et cela constitue une sorte de regard sur le dossier que nous publierons à la fin de ce mois de septembre. Nous publions en deux fois cet entretien riche et stimulant, qui commence par un rappel historique indispensable

Qu’est-ce qui permet de rattacher ou non les nombreuses écoles et les multiples projets alternatifs du mouvement dit d’Éducation nouvelle ?
 
Il faut d’abord préciser ce que l’on entend par « Éducation nouvelle » et c’est loin d’être aussi facile qu’on ne le croit. La première new school est créée en 1889 en Angleterre par le pasteur Cecil Reddie : il y élève ses propres enfants puis l’ouvre aux enfants des alentours. Son principe : l’apprentissage par l’activité dans un cadre familial et naturel. On y apprend la biologie et la géométrie à partir du jardinage, la langue en lisant et rédigeant lettres et journaux, etc. Cette expérience serait peut-être restée confidentielle si elle n’avait été popularisée par Edmond Demolins. Demolins est un économiste français, disciple de Le Play, qui voyage en Angleterre pour découvrir les raisons qui font le succès commercial des anglo-saxons. La légende veut qu’il ait rencontré Cecil Reddie dans un pub et ait été enthousiasmé par sa vision de l’éducation. Au point qu’il en a fait un modèle dans son livre À quoi tient la supériorité des Anglo-saxons, et qu’il a créé, sur son exemple, l’École des Roches, la première « école nouvelle » française.

Ce n’est pas la première « école alternative » au système scolaire : il y en a eu auparavant, aussi bien dans la mouvance religieuse que dans la mouvance libertaire, mais c’est la première à se revendiquer du « corps doctrinal » de l’Éducation nouvelle qui tient en quelques principes simples : 1) les écoles publiques sont des machines à broyer les individualités enfantines et à briser toute créativité ; 2) l’enfant a naturellement le désir d’apprendre et l’adulte doit se mettre au service de ce désir ; 3) les apprentissages se font à travers des activités qui leur donnent sens ; 4) l’enfant peut et doit se développer librement dans des groupes qui décident eux-mêmes de leurs règles de fonctionnement ; 5) c’est ainsi qu’émergent les talents de chacun et que se construit une société où l’on aura enfin « the right man at the right place ».

En réalité, ces idées, qu’on prétend issues de Rousseau sont, alors, assez largement dans l’air du temps. Elles se développent à partir de la dénonciation de la « pédagogie noire » qui triomphe dans certaines écoles et relève clairement de la maltraitance. Elles font écho au combat de Maria Deraismes contre la toute-puissance paternelle et entrent en résonance avec les œuvres littéraires ou les travaux psychologiques qui montrent que « l’enfant est une personne ».

Mais ce n’est qu’avec la Première Guerre mondiale que ces idées vont « cristalliser ». « Plus jamais ça ! » vont s’écrier de nombreux éducateurs. Et, pour éviter le retour de la haine et du carnage, ils misent sur une autre éducation, authentiquement humaniste et plaçant l’éveil de la l’humanité dans l’homme ainsi que la formation à la solidarité au cœur – et non pas à côté – de tout enseignement. En 1921, se tient le Congrès de Calais, congrès fondateur de la Ligue internationale de l’Éducation nouvelle, présidée par Adolphe Ferrière. Il y a là des gens aussi différents que Neill le libertaire – le fondateur de Summerhill qui défraie la chronique en prônant la liberté sexuelle – et Maria Montessori, médecin et théosophe, catéchète et adepte d’une « pédagogie scientifique » strictement calibrée sur les « périodes sensibles » de l’enfant. Ce qui les réunit, c’est la même révolte contre l’éducation « traditionnelle » et, selon l’expression de Ferrière, le choix de « l’école active » contre « l’école assise ».

Il y aura, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux congrès de la Ligue internationale de l’Éducation nouvelle, mais on se tromperait lourdement en croyant que tous ceux et celles qui la rejoignent – de Piaget à Freinet, de Decroly à Geheeb, des Européens aux Africains et Sud-Américains, etc. – partagent exactement la même vision des choses : ils sont rassemblés parce qu’ils veulent « une autre école » où « l’enfant soit considéré comme une personne » et qui prépare une « société meilleure », mais, sous ces généralités, ils ont de vrais désaccords. Désaccords sur la question de l’autorité ou celle du rôle du matériel pédagogique. Désaccords sur leurs conceptions du groupe, centrées, chez les uns, sur la volonté de faire émerger au plus vite les futurs chefs et, chez les autres, sur une coopération anticipant une société communiste. Désaccords idéologiques, philosophiques et politiques de toutes sortes.

(...)

Propos recueillis par Cécile Blanchard et Jean-Michel Zakhartchouk

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