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Vivement l'Ecole!

Face aux fiches de renseignements, des élèves doublement inégaux...

2 Septembre 2018 , Rédigé par Audrey Murillo Publié dans #Education

Face aux fiches de renseignements, des élèves doublement inégaux...

Comme vu dans le billet précédent, de nombreux élèves sont gênés de compléter les fiches de renseignements distribuées par leurs enseignants, à la rentrée scolaire. En effet, les enseignants posent souvent des questions sur la situation familiale, les projets, les loisirs, le goût pour la matière…

En nous appuyant sur 689 réponses de lycéens à un questionnaire, ainsi que quelques entretiens, nous montrons ici que :

  • les élèves mettent en place des stratégies pour compléter ces fiches sans se dévoiler complètement aux enseignants,
  • les élèves ne sont pas égaux dans la mise en place de ces stratégies : les plus socialement et scolairement favorisés sont ceux qui maîtrisent le mieux ce qu’ils communiquent (ou non) aux enseignants

Différents profils d’élèves

689 lycéens, ayant répondu à un questionnaire, ont été classés1 en 4 profils :

  • les élèves très connivents : socialement et scolairement très favorisés, ils sont en majorité en série scientifique, ont obtenu le brevet avec mention Très Bien, les professions de leurs parents sont favorisées,
  • les élèves connivents : ils sont en majorité en filière générale, sont 40% à avoir obtenu le brevet avec mention Très Bien, les professions de leurs parents sont favorisées,
  • les élèves peu connivents : ils sont en majorité en filière technologique, ont très rarement obtenu le brevet avec mention Très Bien, les professions de leurs parents sont moyennement favorisées,
  • les élèves très peu connivents : ils sont en majorité en filière professionnelle, ont très rarement obtenu le brevet avec mention Très Bien, les professions de leurs parents sont souvent défavorisées.

Quelles sont les stratégies de ces élèves face aux fiches de renseignements ?

Cette figure met en avant un premier résultat : les élèves les moins connivents sont ceux qui cherchent le plus à maîtriser leur image quand ils doivent donner des renseignements sur leur famille (profession des parents, nombre de frères et sœurs…). En effet, 39% des élèves « très peu connivents » disent ne pas répondre, dissimuler certaines informations voire répondre mensongèrement, contre 26% des élèves « très connivents ».

(...)

Audrey Murillo

Billet à poursuivre en cliquant ci-dessous

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Jacques Weber : « Je suis marqué au fer rouge par l’éducation nationale »... (+ commentaire)

2 Septembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

EXTRAIT

« Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Cette semaine, le comédien Jacques Weber, inoubliable Cyrano, évoque ses rencontres avec sa femme, « une chance inouïe », et Pierre Brasseur, « essentielle ».

Comédien et metteur en scène, Jacques Weber interprétera, à partir du 14 septembre, Orgon dans Le Tartuffe de Molière, mis en scène par Peter Stein au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris. En cette rentrée, il signe également la mise en scène de La Musica Deuxième, une pièce de Marguerite Duras, qui réunira Grégory Gadebois et Stéphane Caillard au Théâtre du Petit Saint-Martin à partir du 25 septembre.

(...)

Vous dites avoir été un cancre. Est-ce vous qui n’aimiez pas l’école ou l’école qui n’était pas faite pour vous ?

C’était réciproque. Je n’aimais pas l’autorité de l’école et sa foncière injustice. J’avais des difficultés, car j’étais très introverti. J’écrivais mal, parce que j’étais hyper nerveux et très émotif. On me disait que j’étais nul, crétin. Mon père en rajoutait une couche en me lançant : « Les petits imbéciles n’ont pas la parole à table. » Tout ça me rendait complexé, avec des coups de violence terribles.

Pourquoi dites-vous que l’école était injuste ?

Parce qu’elle vous saccageait. On me traitait un peu comme un type anormal dans ses colères, ses foucades, même dans son imaginaire. Cela s'est confirmé quand on m’a mis sur une voie de garage : en classe d’adaptation. On y mettait, en clair, tous les crétins ensemble. C’est une des plus grandes horreurs de l’éducation nationale, un massacre. C’est pour cela que tous les discours sur la méritocratie me rendent dingue de rage.

Moi, je m’en suis sorti grâce à un mélange de chance et de facilité dans le métier qui m’a élu. Sinon, c’est d’une injustice crasse. Je suis marqué au fer rouge par l’éducation nationale, par la classe d’adaptation et par mon père qui me traitait de petit imbécile.

J’ai un complexe qui ne m’a jamais quitté : il suffit que quelqu’un me dise qu’il a une licence de lettres, pour que je sois émerveillé. Parfois, il m’arrive de louper des rendez-vous avec des gens magnifiques parce que je suis tétanisé. Soit je n’y vais pas, soit je ne dis pas un mot. C’est pour cela que je me suis mis à écrire. C’est une forme de résilience. Je veux un jour pouvoir me dire : « Tu es peut-être devenu un écrivain. » Mais c’est un long travail.

(...)

Vous n’avez jamais hésité à parler de politique. Pourquoi cela vous tient-il tant à cœur ?

Parce que mes indignations me remontent à la gorge tout le temps. On ne m’empêchera jamais de parler. Certaines actualités me rendent malade. Quand la France a fermé sa gueule pendant plusieurs jours sur l’Aquarius, jouant le jeu des fachos italiens, ça m’a rendu fou. Il s’agit d’aider des êtres humains !

Quand je vois la misère de certains quartiers, ça me rend dingue. Les écarts entre riches et pauvres sont de plus en plus démentiels et tout le monde accepte ça. On nous dit « Serrez-vous la ceinture ». Ok, d’accord, je suis prêt à le faire. Mais depuis qu’on entend ce discours, je ne me suis jamais serré la ceinture. A mon petit niveau, je suis un bon bourgeois, je vis bien. Si mon gaz augmente de 5 euros par mois, ce n’est pas un problème pour moi, mais pour d’autres personnes, oui.

Bernard Arnault, toutes les grandes fortunes, comment se serrent-elles la ceinture, quels efforts font-elles ? C’est tout ce que je veux savoir. A un moment, il faut arrêter le baratin. Un jour ça va péter.

Propos recueillis par Sandrine Blanchard

A lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

Weber a raison...

Je n'ai JAMAIS cru qu'un élève de primaire ou de collège soit fasciné par Molière, La Fontaine ou Prévert.

En revanche, j'ai TOUJOURS été persuadé qu'il l'était par la manière dont tel ou tel professeur en parlait...

Ah mon "institutrice" de CE1...

Mais pas "Ah Hugo!"...

Quant au "crétin" marqué au fer rouge dont parle Weber, attention de ne pas en faire souffrir à nouveau beaucoup dans l'Ecole que la Macronie veut imposer...

Attention...

Christophe Chartreux

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« Il faut favoriser la mobilité des jeunes comme moyen d’échapper aux déterminants territoriaux »...

2 Septembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Jeunesse

« Il faut favoriser la mobilité des jeunes comme moyen d’échapper aux déterminants territoriaux »...

EXTRAITS

Les dispositifs qui s’adressent aux jeunes doivent privilégier l’accès de tous les jeunes au droit commun, estime le haut fonctionnaire et documentariste Quentin Jagorel, dans une tribune au « Monde ».

La jeunesse est souvent affichée comme une priorité politique et constitue une cible privilégiée des réformes sociales lancées ou proposées, comme l’apprentissage, la garantie jeunes, les plans de formation ou le service civique.

Le plus souvent pourtant, la question des jeunes est posée en termes généraux, sans tentative de la croiser avec les déterminants territoriaux qui façonnent la diversité d’une catégorie trop souvent présentée comme un bloc. Car le territoire est une expérience concrète que vit chaque jeune dans son parcours personnel : il est tout à la fois un catalyseur et un révélateur des inégalités sociales, tant en matière de parcours scolaire et universitaire que d’accès à l’emploi et au logement.

(...)

La mobilité quotidienne des jeunes est la condition de leur insertion et de leur autonomie. Et leur mobilité résidentielle, à des fins professionnelles ou académiques, leur permet de construire un parcours de vie individuel. Or, ils ne sont pas égaux face à la mobilité : certains sont parfaitement mobiles (notamment dans les centres), d’autres sont contraints par l’insuffisance des moyens de locomotion dans leur territoire, d’autres cumulent freins matériels et psychologiques à la mobilité et se replient sur leur espace immédiat.

La réponse que doivent apporter les pouvoirs publics tient dans une expression simple et malheureusement galvaudée : l’égalité des chances, c’est-à-dire donner à chacun les moyens de vivre dans son territoire selon une modalité réellement choisie, au-delà des injonctions et des déterminismes.

(...)

... es politiques publiques ont trop souvent abordé la jeunesse comme un sujet en soi, alors qu’il s’agit d’éducation, de sport, de culture, de transports, de sécurité, d’emploi… L’approche sectorielle, souvent centrée sur les loisirs et l’introduction à la vie citoyenne, n’est pas non plus suffisante. Or, si la notion de transversalité est présente dans les discours, les freins liés aux coûts de coordination entre les acteurs restent considérables. (...)

(...)

Enfin, les jeunes de certains territoires périphériques ressentent un fort déficit de représentation et d’écoute dans les institutions. Un corollaire à toute politique de la jeunesse est de leur donner massivement la parole, dans le cadre associatif comme dans les instances de délibération politique.

(...)

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Une classe de 12 CP et de 12 CE1, c'est possible... Par Catherine Chabrun...

2 Septembre 2018 , Rédigé par Catherine Chabrun Publié dans #Education, #Pédagogie

Une classe de 12 CP et de 12 CE1, c'est possible... Par Catherine Chabrun...

EXTRAIT

Monsieur le Ministre,

Vous vous félicitez du développement des classes de CP à 12, vous avez raison. Mais une année et ensuite se retrouver dans une classe à 25 ou plus peut dérouter les élèves plus fragiles. Sans oublier que le plus souvent, elles sont mises en place au détriment des effectifs des autres niveaux.

Je vous propose donc une autre possibilité.

Au lieu de faire des classes de CP à 12 élèves et des classes de CE1 à 12 élèves en REP+, réunissez-les CP et les CE1 dans une seule classe, une alchimie pédagogique se produira renforcée avec le maître supplémentaire que vous pourrez ainsi nommer.
Deux ans pour apprendre « à lire, à écrire, à compter », comprendre le monde et assurer la suite du chemin scolaire, n’est-ce pas ce que vous souhaitez ?

Ce qui permettra aussi de dépasser les seules REP ou REP+ et d'en faire profiter tous les enfants.

Pour argumenter cette proposition, rien ne vaut l’expérience d’une pratique pédagogique sur un certain temps… Je vous livre la mienne.

Après deux années en CP, j’ai eu la chance de pouvoir enseigner dans une classe de CP/CE1 pendant six ans. Ce fut un choix volontaire partagé avec mes collègues. Ce qui a permis de respecter l’hétérogénéité (niveau et comportement), la mixité sociale et le même effectif que les classes à niveau simple.

J’ai vite compris les avantages pour eux et pour moi.

1. Le nombre réduit d’élèves

Pour le CP, c’est beaucoup plus confortable avec 12 élèves pour :

-  les découvertes collectives que ce soit en français ou en mathématiques : travail sur les textes, lettre des correspondants, repérage de ce qu’on sait, découvertes de mots de syllabes, de son, mise en commun des recherches sur les nombres, résolution de problèmes, figures géométriques, découverte des opérations….

- la production individuelle de texte

- les apprentissages graphiques personnalisés

- les entraînements et ses corrections

- le soutien personnalisé

- les différentes manipulations et l’utilisation de matériel

- les expérimentations mathématiques, scientifiques…

- la recherche d’un document, d’une ressource

- etc.

Pour le CE1, on retrouve bien sûr les mêmes avantages quantitatifs en adaptant ce qui est spécifique à leur programme.

(...)

Monsieur le Ministre

Les classes multi-niveaux, multi-âges… sont très appréciées par les enseignants Freinet et ce n’est guère étonnant.

Donner du temps, respecter les chemins singuliers de l’apprentissage, permettre à tous de progresser, donner la parole aux enfants pour qu’ils participent à l’organisation du travail, de la vie collective, accueillir les projets, articuler la vie, l’environnement et l’école… sont bien au cœur de la pédagogie Freinet.

Le mouvement Freinet a de l’expérience, il peut en faire profiter les enseignants que ce soit en formation initiale ou continue !

Monsieur le Ministre, n’hésitez pas, venez visiter nos classes !

Catherine Chabrun

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Evaluer les collèges/lycées? Des effets ravageurs...

1 Septembre 2018 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Politique

Evaluer les collèges/lycées? Des effets ravageurs...

(...)

« Des effets ravageurs »

Philippe Meirieu est chercheur en sciences de l’Éducation.

« Évaluer les établissements scolaires en se basant sur les résultats bruts des élèves ne me semble pas une bonne idée. D’une part, si ces tests sont publiés, ils peuvent avoir des effets ravageurs sur le comportement des familles, créer des listes d’attente interminables pour certains collèges, en vider d’autres et au final creuser les inégalités.

D’autre part, dès qu’on évalue les élèves avec des tests standardisés, on court le risque que les établissements réduisent leurs objectifs à la passation de ces examens. Or, en organisant toute la scolarité autour de cette préparation, on obtient une réussite en trompe-l’œil : on appauvrit considérablement les contenus des enseignements et on ignore les différentes dimensions éducatives de l’école.

L’apprentissage de la citoyenneté, l’autonomie des élèves, par exemple, ne sont pas mesurables par des tests quantitatifs. Des chercheurs l’ont montré aux États-Unis, où ces tests étaient menés, avec l’expression teaching for testing (enseigner pour tester).

Enfin, cette question de l’évaluation soulève aussi une dimension éthique importante. Les professeurs, comme les médecins, ne sont pas soumis à une obligation de résultats, mais à une obligation de moyens. Si on revient sur ce principe, on admet que toutes les méthodes sont bonnes pour inculquer telle ou telle notion aux élèves. Cela me semble très dangereux.

À mon avis, l’évaluation des établissements scolaires ne peut se faire que par eux-mêmes, de l’intérieur, avec par exemple un comité composé d’enseignants, de parents et de responsables administratifs, qui fixeraient leurs objectifs internes de progression, mais sans se comparer aux autres. »

Article complet à lire en copiant-collant le lien ci-dessous

http://www.leparisien.fr/societe/faut-il-evaluer-les-colleges-et-les-lycees-29-08-2018-7869531.php

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Canned Heat...

1 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Mouloudji...

1 Septembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique, #Littérature

Enfin tu me viendras...

Enfin tu me viendras avec tes sortilèges
Et ta beauté nocturne, et tes grands yeux profonds
Ton visage me fera revenir en arrière
Dans le temps où j'avais encore des illusions

Enfin tu me viendras comme d'un long voyage
Et l'aube en un instant deviendra crépuscule
Tout le ciel s'emplira de rires et d'orages
Je tomberai de haut, je ne t'attendais plus

Je te cherche partout ô mon double soleil
À travers mes maîtresses, à travers tes amants
Dis, réussirons-nous à nous rejoindre à temps
En conservant la fleur de l'émotion première ?

Enfin tu me viendras, il faut que tu me viennes
Viens aliéner mes jours, voler ma liberté

Ô toi mon cygne noir, ma fiévreuse sirène
Viens rompre les amarres des amours suicidées

Enfin tu me viendras et je vivrai tranquille
Et je pourrai dormir, et rêver, et t'aimer
Sans avoir le regret, des regrets inutiles
De toujours te chercher sans te trouver jamais

Le bonheur c'est à peine gros comme un dé à coudre
Viens, nous le cacherons tout là-haut sous mon toit
Et qu'au clair de ta chair je puisse enfin recoudre
Ces morceaux de ce cœur déchiré ça et là

Enfin tu me viendras avec tes sortilèges
Et ta beauté nocturne, et tes grands yeux profonds
Ton visage me fera revenir en arrière
Dans le temps où j'avais encore des illusions

                              ____________________________________________

Il suffit d'un baiser..

Il suffit d'une main frôlant une autre main
Un regard étoilé qui croise deux yeux chavirés
Il suffit d'un peu d'ombre, ils oublient le monde
Un baiser volé, les voilà tous deux prisonniers
Le soir est amoureux, les couples se forment
Le ciel est à eux, ils se lorgnent
Il suffit d'une main frôlant une autre main
Et un garçon aime une fille soudain

Et moi, tout comme un gueux, je me sens malheureux
Par tous ces amoureux qui fleurettent
Pourquoi tant de bonheur me rend-il si envieux ?
Vraiment je me fais vieux, c'est trop bête

Leur suffit d'une main frôlant une autre main
Un regard étoilé qui croise deux yeux chavirés
Leur suffit d'un peu d'ombre, ils oublient le monde
Un baiser volé, les voilà tous deux prisonniers

Le soir est amoureux, les couples se forment
Le ciel est à eux, ils se lorgnent
Leur suffit d'une main frôlant une autre main
Et un garçon aime une fille soudain

Et moi, tout seul malgré que tu sois près de moi
Je jalouse ces printemps qui s'empoignent
Dans l'amour je me noie, j'ai le cœur aux abois
Je n'ai plus vingt ans, j' m'en aperçois

Leur suffit d'une main frôlant une autre main
Un regard étoilé qui croise deux yeux chavirés
Leur suffit d'un peu d'ombre, ils oublient le monde
Un baiser volé, les voilà tous deux prisonniers
Le soir est amoureux, les couples se forment
Le ciel est à eux, ils se lorgnent
Leur suffit d'une main frôlant une autre main
Et un garçon aime une fille soudain

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Education. « C’est la rentrée d’une école inquiète » ...

1 Septembre 2018 , Rédigé par Le Télégramme de Brest Publié dans #Education, #Politique

Education. « C’est la rentrée d’une école inquiète » ...

EXTRAITS

Spécialiste en sciences de l’éducation, Philippe Meirieu, grand ponte de la pédagogie, s’interroge sur la voie suivie par l’école française, la compétition entre élèves, la problématique du téléphone portable, le rôle des parents, le mythe du retour de l’autorité.

Cette rentrée 2018 consacre-t-elle une école en mouvement ou une école en souffrance ?

C’est la rentrée d’une école inquiète, qui voit arriver de nombreux changements, dont des programmes nouveaux qui ont été publiés extrêmement tard pour l’école primaire et qui vont devoir être appliqués sans que les professeurs aient eu le temps de se les approprier. Il y a aussi une inquiétude par rapport à un certain nombre d’annonces, certes intéressantes, mais qui peuvent susciter des difficultés, comme l’évaluation des collèges et des lycées ou la modification annoncée du statut de l’enseignant.

Ces annonces illustrent-elles, selon vous, le manque de continuité entre les différents gouvernements en matière de politique éducative ?

Le problème majeur est que le temps de l’éducation est un temps long, que la mise en œuvre de nouvelles orientations demande des délais et que le temps politique n’obéit pas aux mêmes règles. Les lois d’orientation, qui entraînent des modifications de la maternelle au bac, se succèdent et ne s’inscrivent ni pour les professeurs, ni pour les parents, ni pour les élèves, ni pour les citoyens dans une vision unifiée de l’école. Alors qu’on aurait besoin de plus de continuité, de modération dans les jugements qu’on porte sur les mandatures précédentes, qui sont toujours vouées aux gémonies par les nouveaux arrivants.

(...)

L’une des mesures phare de la rentrée, l’interdiction du téléphone au collège, « ne crée pas, de facto, l’attention individuelle et collective », écrivez-vous…

L’interdiction ne me gêne pas, d’autant que le téléphone est autorisé pour des usages pédagogiques. Mais ça ne se substitue pas à la nécessité de savoir comment on peut se débrancher pendant une heure ou deux ou pour lire un livre ou regarder un paysage. La vraie question, c’est de savoir si nous sommes capables d’apprendre à nos enfants le plaisir de la lecture, de l’écriture ou du contact avec la nature, ou s’ils ne trouveront du plaisir que dans l’usage du portable et dans l’addiction aux technologies. L’interdiction marchera mais elle ne résoudra pas le problème. L’idée est qu’ils n’aient pas forcément la tentation de rallumer leur téléphone dès la sortie de l’école.

(...)

Vous vous inquiétez de « l’obsession évaluative » et de la « culture de la performance » qui s’installent. Que ce soit pour les élèves ou, désormais, pour les établissements. Pourquoi ?

L’évaluation peut être une chance, mais le risque c’est qu’elle soit utilisée pour encourager une forme de concurrence, de ségrégation, et que cela aboutisse à ce que certains établissements très demandés mettent en place des procédures de sélection alors que d’autres scolariseront ceux dont on ne voudra pas ailleurs. Aux États-Unis, où un immense programme d’évaluation et de notation des établissements a été mis en place, on a par ailleurs constaté l’apparition d’un phénomène nommé « teaching by testing ». C’est-à-dire qu’on n’enseigne plus que ce qui est évalué, toutes les autres matières passant à la trappe, comme les arts ou la formation citoyenne. Alors qu’il est nécessaire de développer dans nos écoles l’entraide entre élèves, qui est un outil d’éducation formidable dans la mesure où il fait autant progresser celui aide que celui qui est aidé. Cet apprentissage de la solidarité me paraît essentiel, pour nos élèves comme pour notre société.

Propos recueillis par Samuel Ribot

L'intégralité de l'entretien est à lire en cliquant ci-dessous

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Najat Vallaud-Belkacem... Des propos prémonitoires...

1 Septembre 2018 , Rédigé par Respect Mag Publié dans #Education, #Politique

Najat Vallaud-Belkacem... Des propos prémonitoires...

C'était le 6 avril 2017... Najat Vallaud-Belkacem, alors Ministre de l'Education Nationale, évoquait le déclinisme et l'égalité.

Des propos prémonitoires... Des débats qu'elle appelait de ses voeux... Les VRAIS enjeux de l'Ecole...

En cette rentrée 2018, on attend toujours...

Christophe Chartreux

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(...)

La politique reste très réactionnaire en somme…

Je ne dirais pas cela : en fait c’est étonnant de voir à quel point les  paroles malhonnêtes et inutilement polémiques d’une part, déclinistes et  réactionnaires d’autre part, prennent une  place disproportionnée dans  le débat public sur l’éducation. Alors même qu’elles sont si peu  représentatives de l’état d’esprit du pays. Je vois moi un pays, des  parents d’élèves, des professeurs beaucoup plus en phase avec la  modernité et les besoins des élèves d’aujourd’hui, conscients de la  nécessité pour l’école de les accompagner de façon plus individualisée  vers la réussite (et donc de repenser ses pédagogies), de s’ouvrir au  monde professionnel, de s’emparer du numérique, d’aiguiser l’esprit  critique. C’est important que l’école remplisse sa mission d’éducation  aussi sur tous ces sujets. Or quand vous lisez la plupart des tribunes  qui s’écrivent sur l’éducation, on passe complètement à côté de ces  enjeux véritables, pour faire du retour au tableau noir et à la blouse,  l’alpha et l’oméga d’une politique éducative… c’est un décalage profond  et préjudiciable.

(...)

"L’égalité se fait forcément au détriment des plus privilégiés"

Vous demandez, je cite votre livre, « une loi d’égalité au bénéfice des classes populaires ». N’avez-vous pas pu le faire pendant ce quinquennat ?

Demandez aux gens dans la rue s’ils sont pour l’égalité, tout le monde vous répondra : « Évidemment ».  Mais l’égalité se fait forcément au détriment des plus privilégiés, et  c’est là que vous vous rendez compte que ça devient compliqué.  Finalement, pour reprendre le très joli titre d’un livre de François  Dubet, il y a une préférence pour l’inégalité en France. Elle est  complètement intériorisée et elle se retrouve notamment à l’école. Tout  le monde va dire qu’il est pour l’égalité des chances, mais s’agissant  de leur enfant, on va prendre une option scolaire qui va leur permettre  de marcher sur les autres. Il faut qu’il y ait des défaits pour que l’on  soit victorieux. Alors que tout mon discours à la tête de ce ministère,  c’est qu’il n’y a pas besoin de défaits pour être victorieux. Il y a  une autre option qui peut faire en sorte que nous soyons tous  victorieux. Ce à quoi j’ai été confrontée, c’est à cette espèce de  résistance permanente contre cela qui se fait toujours au détriment des  classes populaires, qui n’ont pas de porte-voix.

(...)

Mounir Belhidaoui                    

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Evaluations au CP : danger!... "Il faut à tout prix empêcher ce désastre"...

1 Septembre 2018 , Rédigé par Le blog de l'amie scolaire : Questions de profs. Publié dans #Education, #Politique

Evaluations au CP : danger!... "Il faut à tout prix empêcher ce désastre"...
Abandonnons un moment le déchiffrage : il y a urgence. Nous y reviendrons bientôt.
 
Il faut, en effet, parler sans attendre des évaluations CP, prévues par le Ministre, qui sont tout sauf scientifiques. Une caricature de rigueur qui va certes plaire au public, mais qui n'est en réalité qu'un cumul de contresens, un déni d'éducation, dont enfants et enseignants vont payer lourdement les frais. Il faut tout faire pour les empêcher de dénaturer le travail des collègues et les apprentissages des petits.

Non, les savoirs des enfants ne s'évaluent pas comme un compte en banque.
Quand je veux savoir combien il me reste de sous, je n'ai qu'à compter : les sous sont là, si je ne les ai pas dépensés. Il n'en est pas de même de mes savoirs, ni de ceux de mes enfants.
 
Contrairement à ce que fait croire un amalgame coriace, les savoirs ne se stockent pas, et il ne suffit pas de "regarder" pour savoir s'ils sont là ou non.
 
Du reste, chacun en a fait l'expérience, ceux qu'on a acquis et brillamment maîtrisés, — par exemple, pour passer nos examens et concours indispensables — disparaissent rapidement si on ne les utilise pas : dix ans après, ils sont envolés si l'on n'en a pas eu besoin dans le travail.
 
Le savoir, c'est le contraire des piles Wonder qui ne s'usent que si l'on s'en sert, comme disait le slogan de l'époque : il s'use, lui, quand on ne s'en sert pas, ou quand on s'en sert de manière artificielle, uniquement pour vérifier sa présence, c'est-à-dire quand on "l'évalue".
 
On sait, que dans ce dernier cas, pour réussir l'évaluation, il est prudent de "réviser" juste avant. Mais alors, ce qui est évalué, c'est le vernis de la révision, et pas du tout le savoir véritable.
 
Donc l'évaluation sur exercices ou "items", bien artificielle, hors contexte, n'apporte en réalité aucune information fiable : c'est du temps de perdu. Et quand il s'agit d'évaluations nationales, avec tout le "bazar" qu'elles impliquent, c'est une perte décuplée de temps.
 
La seule évaluation possible d'un savoir, c'est la possibilité, qu'on a ou non, de l'utiliser en contexte, c'est-à-dire en situation effective de projet. Tout autre parachutage artificiel est inutile.

Mais il y a bien pire : des évaluations nationales sur des enfants si jeunes présentent trois dangers beaucoup plus graves, dénoncés pourtant depuis très longtemps.

1- Comme la définition du "savoir lire" qu'on prétend évaluer, n'est pas fournie avec précision, sans information claire sur les liens qui unissent les items proposés avec ce savoir, ceux-ci tombent dans le n'importe quoi, surtout quand les auteurs des items ne savent pas bien de quoi ils parlent... Un exemple admirable — ou terrifiant : l'item que rapporte l'Expresso du Café Pédagogique, dont voici voici la consigne : il est demandé à l'enfant de repérer le mot qui se termine par le même phonème que le mot cible (= le mot "pirate") parmi les mots désignés par quatre images : une paire de lunettes, un bateau à voile, une carotte et un sapin de Noël.
 
Etonnement sur toute la ligne, et, pour répondre, il faut au moins deux ans de linguistique:
 
comment peut-on repérer un phonème, chose abstraite comme on sait, une notion, et qui n'a que peu à voir avec le "son" qu'on entend ? Au CP, qui plus est ? Au fait, s'agit-il du "phonème" — pour être un peu précis, le son-consonne "[t] ou de de la syllabe ? Comment un enfant de six ans pourrait-il isoler ce son, de la syllabe [ate], qu'il entend dans "pirate" et pas dans "lunette" ?
 
Et surtout quel intérêt cela peut-il avoir pour pouvoir lire ?
 
Ce sont là des caricatures d'évaluation, loin de ce qu'elles prétendent être : elles ne sont ni scientifiques, ni rigoureuses.

2- Pour l'avoir observé dans tous les pays pratiquant ainsi à haute dose les évaluations scolaires (la Belgique par exemple, mais aussi la France, chaque fois qu'elles ont été imposées de cette manière), ces évaluations entraînent des "dommages collatéraux" divers :
 
* par prudence, les enseignants vont choisir (et c'est normal) d'entraîner les enfants plutôt à réussir les épreuves, qu'à construire les savoirs réels censés être évalués.
* comme leurs résultats, parce qu'ils sont nationaux vont être connus de tous, ils vont mettre obligatoirement les établissements en concurrence. On entre ainsi dans un cercle infernal de discrimination et de compétition, particulièrement malsain, parfaitement contraire aux valeurs de la démocratie.
* la crainte de voir l'établissement être mal jugé va conduire les responsables à refuser ou exclure les élèves risquant d'échouer. Les conséquences sont faciles à déduire.

3- Comme Dominique l'avait décrit avec tant d'humour pour le billet précédent, mais avec dix fois plus d'importance, pour des enfants de cet âge — ce n'était qu'un jeu, là c'est leur avenir scolaire qui est en jeu — une situation d'évaluation aussi solennelle est une source monumentale de stress, capable de bloquer pour longtemps leurs apprentissages. Ce n'est pas un scoop que de dire que la première des conditions, pour que les enfants apprennent, est qu'ils puissent travailler dans la sérénité et la confiance : le sentiment de sécurité est capital pour tous les enfants... Pour les adultes aussi d'ailleurs.

Une fois de plus, on observe que ce ministre ignore la personne des élèves, comme il ignore ce qu'est une évaluation. Il ne sait pas qu'une personne ne s'évalue pas comme un sac de pommes de terre, en la pesant de l'extérieur, mais qu'on a besoin, par respect pour cette personne, comme par efficacité, d'avoir sa participation dans ce travail d'évaluation. Pour des être humains, l'évaluation ne peut être que PARTICIPATIVE.
 
Les enfants sont bien considérés ici, non comme des personnes, mais comme des sortes "objets" que l'on peut manipuler, mesurer, contraindre, en fonction d'objectifs extérieurs, sans rapport avec ce qu'ils sont en tant qu'enfants.
 
Du reste, l'enfant est complètement absent des programmes officiels. Et les enseignants, pas davantage !

Il faut à tout prix empêcher ce désastre.
 
Eveline Charmeux
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