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Vivement l'Ecole!

Halie Loren...

4 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Pierre Lemaître...

4 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Novembre 1918 

Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande. 

Il s'en rendait bien compte, son refus de croire à l'approche d'un armistice tenait surtout de la magie: plus on espère la paix, moins on donne de crédit aux nouvelles qui l'annoncent, manière de conjurer le mauvais sort. Sauf que, jour après jour, ces informations arrivèrent par vagues de plus en plus serrées et que, de partout, on se mit à répéter que la guerre allait vraiment prendre fin. On lut même des discours, c'était à peine croyable, sur la nécessité de démobiliser les soldats les plus vieux qui se traînaient sur le front depuis des années. Quand l'armistice devint enfin une perspective raisonnable, l'espoir d'en sortir vivant commença à tarauder les plus pessimistes. En conséquence de quoi, question offensive, plus personne ne fut très chaud. On disait que la 163e DI allait tenter de passer en force de l'autre côté de la Meuse. Quelques-uns parlaient encore d'en découdre avec l'ennemi, mais globalement, vu d'en bas, du côté d'Albert et de ses camarades, depuis la victoire des Alliés dans les Flandres, la libération de Lille, la déroute autrichienne et la capitulation des Turcs, on se sentait beaucoup moins frénétique que les officiers. La réussite de l'offensive italienne, les Anglais à Tournai, les Américains à Châtillon... on voyait qu'on tenait le bon bout. Le gros de l'unité se mit à jouer la montre et on discerna une ligne de partage très nette entre ceux qui, comme Albert, auraient volontiers attendu la fin de la guerre, assis là tranquillement avec le barda, à fumer et à écrire des lettres, et ceux qui grillaient de profiter des derniers jours pour s'étriper encore un peu avec les Boches. 

Pierre Lemaître - Au revoir là-haut

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A Lire... Du côté des lycéens, Jean-Marc ROBIN, Véronique ROBIN LEUDE...

4 Août 2018 , Rédigé par Cap Education Publié dans #Education, #Pédagogie

Du côté des lycéens. Jean-Marc ROBIN, Véronique ROBIN LEUDE

La réforme du lycée voulue par le ministre de l’Éducation nationale va être mise en place à la rentrée. Elle s’adresse à des lycéens que nous connaissons finalement mal, l'ouvrage de Jean-Marc ROBIN et Véronique ROBIN LEUDE vise à combler un peu ce vide en proposant une galerie de portraits et une réflexion sur les élèves face aux apprentissages.

Ce travail s’inscrit dans un double registre : le reportage, les auteurs se sont transformés en journalistes du quotidien de la vie de trois lycées. L’essai, ensuite, difficile en tant qu’acteurs engagés, de s’extraire de ses convictions sur les mutations en cours. Les auteurs veulent partager une expérience, celle du terrain ; qu'ils jugent irréductible. Ils ont croisé deux regards, celui d'un personnel de direction et d'une professeure de philosophie. Ils souhaitent raconter les expériences subjectives des élèves dans la classe et "hors la classe".

Le lycée que les auteurs veulent décrire n’est donc pas le lycée des indicateurs chiffrés, c’est d’abord un creuset où se fabriquent des destins scolaires et des vies, c’est une communauté.

Cet ouvrage s'adresse au grand public, il peut intéresser tous les amoureux de l'Ecole en général ou les parents d'élèves qui veulent mieux comprendre leurs lycéens !

L'ouvrage est disponible au format numérique sur Lulu.com

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Politique - Et si nous parlions des véritables enjeux?...

4 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Politique - Et si nous parlions des véritables enjeux?...

La gauche en général, le Parti Socialiste en particulier, doivent - et le plus tôt sera le mieux, laisser de coté l'écume de l'actualité pour plonger dans la houle de la réflexion. A moyen et long terme.

Il est désormais urgent de lancer les chantiers - liste non fermée - suivants, tous de la même importance, de les imposer dans le débat public:

*les enjeux écologiques et environnementaux (enjeux climatiques et leurs conséquences. L'importance grandissante que vont prendre les conflits liés à la maîtrise de l'eau dans les pays du Tiers-Monde mais pas seulement. Nous serons touchés aussi);

*Les enjeux liés à nos manières de nous déplacer;

*Les "crises" migratoires;

*Les enjeux d'une éducation renouvelée de fond en comble (les "réformes" éducatives actuelles ne s'incrivent que sur le court-terme électoraliste, populiste! Les "débats" actuels sur le téléphone, le prédicat ou la formation continue me mettent hors de moi!);

*Le rôle d'une Union Européenne à reconstruire. Comment? Avec qui? Pour quoi faire? Vers quelles relations avec les Etats-Unis et la Chine?

*Revivifier les démocraties par les solidarités citoyennes par exemple. A partir de quel pourcentage d'abstention allons-nous commencer à nous inquiéter?

*Quels outils donner à l'Etat de demain pour rendre des services aux citoyens?

*La démocratie,  mais quelle démocratie quand tant de citoyens en sont exclus ou s'en excluent par rejet/dégoût/etc?

*Les enjeux de la laïcité;

*Le rôle des médias;

*Vers quelles intelligences artificielles et pour QUOI faire?

*La santé publique et les questions éthiques;

*Capitalisme ou économie de partage?

*"Start-up nation": solution ou risque majeur?

* La politique? Une nécessité... Le débat? Une valeur...

Et j'en oublie...

L'affaire Benalla n'a aucun autre intérêt que révéler la médiocrité d'un pouvoir incapable de se projeter. Il ne suffit pas d'hurler des incantations un soir de meeting électoral, il ne suffit pas de répéter des éléments de langage comme autant de mantras, pour conduire un pays, accompagner une nation vers la santé, le travail, l’éducation, la citoyenneté, l’innovation…

Chacun d'entre nous, sur le terrain, doit s'engager, s'emparer de ces sujets, les nourrir de réflexions lors de réunions publiques, dans les associations, les partis politiques, en famille, partout...

C'est sur le terrain, dans le quotidien des "gens", que nous imposerons des idées autrement plus neuves, et surtout utiles au plus grand nombre, que celles proposées aujourd'hui.

Christophe Chartreux

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4 août 1789... 4 août 2014... Deux dates pour l'Egalité....

4 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Histoire

4 août 1789... 4 août 2014... Deux dates pour l'Egalité....

Dans la nuit du 4 août 1789, les privilèges qui permettaient à une poignée de familles d'écraser l'ensemble de la Nation sont abolis.

Même si cette abolition connut quelques "entorses" et fut plus lente qu'on le dit - Cens et Champart devront être rachetés par exemple alors que les corvées et la dîme sont purement et simplement, eux, abolis - cette nuit du 4 août reste dans l'Histoire de notre pays un événement mythique et fondateur.

Le 4 août 2014, une autre Loi était officiellement promulguée. Porté par Najat Vallaud-Belkacem, Ministre - de plein exercice; pas "seulement" Secrétaire d'Etat - des Droits des Femmes et porte-parole du Gouvernement, ce texte est une avancée majeure dans le très long combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle, privée et publique.

Ce combat est évidemment loin d'être terminé...

Christophe Chartreux

Pour en savoir plus, cliquez ci-dessous

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The Beach Boys...

3 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Stéphane Mallarmé...

3 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

A un poète immoral

Puisque ce soir, onze décembre 
Mil huit cent soixante-un, je n'ai 
Qu'à rouler le chapelet d'ambre 
D'un rêve cent fois égrené,

Les pieds au feu, sans que m'égare 
Quelque bonnet blanc inconstant, 
Je vais avec ce blond cigare 
Allumer ma verve un instant.

Et, tant que sa lueur vermeille 
Égaiera l'ombre, te rimer 
Une préface où l'on sommeille, 
Moi, qui songe à les supprimer !

Si l'odelette parfumée 
Ne survit au manille, sois 
Franc, c'est qu'hélas ! Tout est fumée, 
Tabac d'Espagne et vers françois.

Tout ! ... jusqu'au vieil épithalame 
De la folie et des vingt ans, 
Car par la ville plus d'un blâme 
Ta gaîté qui sent le printemps,

Plus d'un dans sa vertu ridée 
Se drape et t'appelle immoral, 
Toi, qui n'as pas même l'idée 
D'un prospectus électoral !

Laisse chanter, ô cher bohème, 
Leur chanson à tous ces pervers 
Si pervers que pas un d'eux n'aime 
Et que pas un ne fait de vers !

Tu ne rêves pas pour ta prose 
De ruban rouge où pend la croix, 
Et préfères la gance rose 
D'un corset délacé, je crois ?

Tel le sage. Il fait à la pomme 
Mordre quelque Ève au fond des bois 
Et baise ses cils dorés comme 
Le thé qu'en t'écrivant je bois.

Watteau, fier de ta comédie 
Qui sert aux sots d'épouvantail 
À Terpsichore la dédie 
Peinte sur un fol éventail ;

Bruns aegipans, noirs scaramouches 
Au parc rêveur l'éventeront 
La nommant déesse aux trois mouches, 
Marquise ayant un astre au front !

                              _________________________________________

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui 

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui 
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre 
Ce lac dur oublié que hante sous le givre 
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui 
Magnifique mais qui sans espoir se délivre 
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre 
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie 
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie, 
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne, 
Il s'immobilise au songe froid de mépris 
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

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Education: vers un "chantier de réorganisation"?...

3 Août 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Education: vers un "chantier de réorganisation"?...

Extraits de l'article du Monde en lien ci-dessous

Education nationale : le gouvernement lance son chantier de réorganisation

Le premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ont dévoilé, jeudi 2 août, la liste des chantiers qu’ils comptent ouvrir pour « transformer le service public de l’éducation » – « à moyens contraints », a précisé M. Philippe dans un entretien à Ouest-France le 1er août.

Après les réformes qui concernaient les élèves (dédoublement des cours préparatoires et élémentaires*, obligation scolaire dès 3 ans, refonte des temps scolaire et périscolaire, réforme du baccalauréat), il s’agit maintenant de s’attaquer aux ressources humaines et à la formation des enseignants (...)

(...)

Le rapport remis en juillet par Daniel Filatre, recteur de l’académie de Versailles, préconise des formations répondant mieux aux attentes des écoles et plus individualisées pour tenir compte des parcours divers des étudiants, alternant stages et cours, en renforçant les disciplines fondamentales, notamment les maths.

Le moment du concours de recrutement pourrait être différent selon qu’il est destiné aux professeurs du premier ou du second degré, et une large place serait faite aux candidats plus âgés qui envisagent une « seconde carrière », en leur proposant une formation spécifique.

Autre objectif, le renforcement de la formation continue, qui concerne trop peu de professeurs aujourd’hui. Elle se déroulerait hors du temps scolaire et serait couronnée par des avancées de carrière ou des augmentations de salaire. Des postes à profil seraient proposés pour des enseignants aux compétences particulières, en informatique et dans le numérique, qui ont une expérience en réseau d’éducation  prioritaire ou comme conseiller principal d’éducation en internat.

(...)

...   une prime spécifique de 1 000 euros par an serait versée dès la rentrée 2018 aux 45 000 personnels concernés. Elle passerait à 2 000 euros en septembre 2019 et à 3 000 euros en septembre 2020, une part variable pouvant y être intégrée. Tout cela étant à discuter avec les syndicats. Pour améliorer le pouvoir d’achat des personnels, des heures supplémentaires pourraient être envisagées.

(...)

Pour faciliter la vie des parents, de l’administration et des établissements, un certain nombre de démarches pourront se faire par Internet – inscription, demande de bourse, cantine – avec un déploiement progressif jusqu’en 2021.

 

Le ministre a, en revanche, prudemment écarté toute réforme statutaire et la création d’un nouveau corps d’enseignants : les statuts de certifiés et d’agrégés perdureront, le sujet étant syndicalement trop sensible.

 

(...)

 

L’organisation territoriale de l’administration de l’éducation nationale sera bouleversée et redécoupée en 13 académies, comme autant de régions et avec le même périmètre, excepté peut-être en Ile-de-France

 

(...)

 

Enfin, dans le but d’instaurer une véritable culture de l’évaluation, des tests d’acquis des élèves seront, dès septembre, organisés en début et milieu du cours préparatoire, en début de CE1, à l’entrée en 6e puis en 2de, toutes filières confondues. Une instance ou agence sera créée par voie législative, au premier trimestre 2019, pour évaluer les établissements scolaires. (...)

 

Isabelle Rey-Lefebvre

* A noter: ce dédoublement ne concernait que les élèves de primaire REP+

On est TRES loin d'une réforme en profondeur. De vieilles recettes dont aucune n'a fait ses preuves...

CC

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Téléphone portable : imbroglio, confusion, incompréhension, méconnaissance...

3 Août 2018 , Rédigé par Veille et Analyse TICE Publié dans #Education, #Pédagogie

Téléphone portable : imbroglio, confusion, incompréhension, méconnaissance...

EXTRAITS

En intitulant son article « Imbroglio autour de l’interdiction du portable à l’école » la journaliste du Monde, Mathilde Damgé, (Le Monde du 01/082018) n’a fait qu’ajouter du bruit au bruit. Outre qu’elle aussi joue de son interprétation, elle reprend en fait les échanges actuels sur les réseaux sociaux et dans la presse et en fait une accumulation qui enrichit la difficulté à y voir clair. Pourtant une publication du texte (ce que nous avons fait ici même) suivi d’une analyse précise aurait permis de soulever d’une part ce qui est exactement dans les écrits officiels (4 articles sont directement modifiés) et d’autre part de mettre en évidence les zones d’incertitude du texte.

Comme le montre la jurisprudence, un texte de loi est d’abord un cadre qui ensuite se décline en des modalités différentes selon les réalités auxquelles il s’applique. Il est rare qu’un texte ne fasse pas l’objet de discussions, mais au final c’est la justice qui tente de trancher. Pour l’instant c’est la rumeur publique et malheureusement, la presse professionnelle n’est pas très à son honneur à ce propos. Jouant davantage sur l’intention politique, une promesse du candidat E. Macron tenue par un ministre JM Blanquer, que sur la problématique de fond, les usages des smartphones dans la vie quotidienne donc aussi dans le contexte scolaire, la presse n’a pas rendu service ni aux uns (les politiques) ni aux autres (les usagers, enseignants, parents, élèves etc.…).

(...)

Le portable et en fait l’ensemble des Terminaux Personnels Mobiles Connectés (TPMC) sont désormais des éléments de pratiques culturelles et sociales quotidiennes de l’ensemble de la population (jeunes et vieux…). Le choix d’engager un texte sous le thème de « l’interdiction » est en fait un signe de faiblesse éducative et managériale. Pour le dire autrement pour canaliser les pratiques, sortons le bâton… Plutôt que de favoriser des usages responsables on commence par interdire. Le sens d’apparition des mots dans les trois textes n’est pas neutre : si l’on commence par interdire et qu’ensuite on écrit « mais… », c’est qu’on n’est pas bien sûr de pouvoir arriver à interdire effectivement. C’est une question éducative fondamentale : à un tout petit on peut tenir l’interdiction, à un plus grand c’est plus compliqué (d’où la nuance sur le lycée). Quant aux enseignants, c’est quasiment impossible d’interdire, eux qui sont nombreux à avoir déjà autorisé l’utilisation de ces appareils dans leur classe (au collège et au lycée). Si l’interdiction est une agitation verbalo-juridique, l’autorisation mesurée aurait été un engagement éducatif d’une autre nature. Connaissant bien le projet éducatif jésuite, on est étonné de cette interdiction, ce projet qui veut justement responsabiliser la personne. Mais l’influence jésuite sur le gouvernement est en fait très marginale (malgré les années passées dans ces établissements par certains). 

(...)

Bruno Duvauchelle

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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La politique n'est vivante que si l'on se dispute à son sujet... 

2 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

La politique n'est vivante que si l'on se dispute à son sujet... 
La politique n'est vivante que si l'on se dispute à son sujet... 
 
Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire. Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros. Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens. Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe : "Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération). "Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante. 

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"? 

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase : « L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. » Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres :

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National. 

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues, alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort :

L'économie aura pris le pas sur la raison...

L'entreprise triomphera de toute sagesse...

La rentabilité sera, même à l'école, partout la norme...

L'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure...

La bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées !

Pour FAIRE et VIVRE la politique...

Christophe Chartreux

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