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Vivement l'Ecole!

Georges Moustaki...

8 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Charles Baudelaire...

8 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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LE CHAT
Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit ; son regard, 
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard, 

Et des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.
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Chris Rea....

7 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marcel Proust...

7 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "marcel proust madeleine"

"Il y avait bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle? Que signifiait-elle? Où l’appréhender? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi. Il l’y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l’heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C’est à lui de trouver la vérité; Mais comment? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher? pas seulement: créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière.

Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n’apportait aucune preuve logique, mais l’évidence, de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s’évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s’enfuit. Et pour que rien ne brise l’élan dont il va tâcher de la resssaisir, j’écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j’abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire, avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s’élever, quelque chose qu’on aurait désancré, à une grande profondeur ; je ne sais ce que c’est, mais cela monte lentement; j’éprouve la résistance et j’entends la rumeur des distances traversées.

Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit.

Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute œuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine.

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir."

Marcel Proust - Du coté de chez Swann

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Education - A Lire... La Riposte - Pour en finir avec le miroir aux alouettes... (Sortie le 29 août)

7 Août 2018 , Rédigé par Ed Autrement Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

La Riposte

La Riposte

Pour en finir avec le miroir aux alouettes

Chaque gouvernement charrie avec lui son lot de remèdes miracles pour réformer l'École : dédoublement des classes, méthode syllabique, semaine de quatre jours, réforme du baccalauréat, rétablissement de l'autorité, etc.

Pêle-mêle, on invoque les neurosciences et les évaluations internationales, le bon sens de Descartes et la pédagogie de Maria Montessori.
 
Afin d'y voir plus clair, Philippe Meirieu s'interroge : quels enfants voulons-nous former? Pour quel monde? Et comment faire en sorte que l'École de la République tienne sa promesse de justice et de solidarité?

Essais et documents

À paraître le 29/08/2018

Genre : Essais
304 pages - 135 x 211 mm
 
Format poche
 
EAN : 9782746747579 
 
ISBN : 9782746747579

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Robin Renucci : « La politique présidentielle affaiblit délibérément le ministère de la culture »...

7 Août 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Culture, #Politique

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EXTRAITS 

Dans une tribune au « Monde », l’acteur et huit autres représentants d’associations culturelles estiment que le président engage « une politique de retrait de sa présence sur les territoires ». 

Tribune. Malgré les déclarations de Madame la ministre de la culture, Françoise Nyssen, appelant, en juillet, les différents ministères à travailler de concert pour mettre en place une politique publique des arts plus engagée au service de la création et de l’équité territoriale, nous restons particulièrement critiques vis-à-vis des orientations mises en œuvre par le président de la République et son exécutif. Les signaux qu’envoient Emmanuel Macron et son premier ministre Edouard Philippe sont révélateurs de la manière dont ils entendent conduire la réforme du service public, et en particulier celui de la culture. Il nous apparaît clairement que le président ne croit plus suffisamment en une gouvernance qui s’appuie sur les institutions de la République. Ainsi, il n’a de cesse de délégitimer l’action de son propre ministère de la culture, diminuant progressivement son périmètre d’action, externalisant certaines de ses missions, réduisant les effectifs du cabinet de sa ministre, tout en procédant, en parallèle, depuis l’Elysée, à la nomination discrétionnaire de chargés de missions qui pilotent en coulisses la réforme de son administration et repensent sa politique. 

(...)

 

Entreprise de démolition

Ceci n’est pas notre projet. Nous attendons de notre président plus de créativité que cette entreprise de démolition aux bras faussement musclés. Nous pensons qu’une autre politique est possible et que la place prépondérante du ministère de la culture, de ses structures, de ses outils et des artistes doit être réaffirmée dans la construction du modèle sociétal de la France.

Plutôt que de poursuivre une réforme de la politique culturelle inspirée d’un modèle économique éculé et sans perspective, il est grand temps que le président de la République fasse la démonstration de sa capacité à penser un projet ambitieux dans lequel il revendiquerait l’importance de la place de l’art et de la création dans le projet d’ensemble de la société. L’organisation d’un chantier interministériel, idée portée notamment par le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, pourrait être une proposition symboliquement forte et innovante. Centrée autour du ministère de la culture, elle prendrait en considération la dimension transversale de la question culturelle, qui n’impacte pas uniquement le champ d’action du ministère. Plutôt que d’affaiblir celui-ci, l’exécutif devrait urgemment le renforcer dans ses attributions fondamentales et en faire le pivot de sa politique. C’est là désormais qu’est la modernité.

Dans ce cadre, l’ouverture d’un chantier interministériel permettrait de faire émerger la parole d’un Etat respectueux de l’équité sur les territoires, qui pense l’art et la culture comme la colonne vertébrale d’un projet de cohésion sociale et éducative. Ce chantier, nous l’avons proposé et entamé avec notre ministre de la culture, mais c’est au président de la République et au premier ministre de porter ce projet et de donner cet élan qui contribuera à la transformation de la société française. Nous attendons d’eux qu’ils interrompent leur entreprise de contournement et de démolition du ministère de la culture et qu’ils s’engagent à nos côtés sur la voie de la construction d’une politique culturelle véritablement innovante.

Signataires : Joris Mathieu, Robin Renucci, Carole Thibaut, pour l’Association des centres dramatiques nationaux (ACDN). Solenne Racapé, Alban Richard, pour l’Association des centres chorégraphiques nationaux (ACCN). Christian Sebille, pour l’Association des centres nationaux de création musicale (ACNCM). Philippe Le Gal, pour Territoires de Cirque. Céline Bréant, Daniel Favier, Joëlle Smadja, pour l’Association des centres de développement chorégraphique nationaux (ACDCN).

La tribune est à lire ci-dessous dans son intégralité

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Iggy Pop...

6 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Francis Ponge...

6 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais: car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés.

Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.

Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression?

L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon: cette gymnastique est ignoble.

L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, et ce sacrifice odorant. . .

c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.

Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.

Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.

Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, il faut en venir au pépin.

Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre.

C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs, et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille: somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.

Francis Ponge - Le Parti Pris des Choses

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Chopin... Krystian Zimerman au piano...

5 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Najat Vallaud-Belkacem...

5 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Politique

EXTRAITS

"Le jour de l'examen, le grand jour, je ne suis pas près de l'oublier. Mon père m'a accompagnée de bout en bout. Nous sommes partis de la maison vers quatre heures du matin, ma mère avait préparé un petit déjeuner, et des provisions pour un voyage gigantesque, et elle m'a embrassée comme si j'étais perdue. C'est vrai que je n'en menais pas large. Dehors il faisait froid encore, nous avons pris le bus jusqu'à la gare d'Amiens, puis le train jusqu'à la gare du Nord. Enfin nous avons pris le RER, jusqu'à la Maison des examens d'Arcueil.

Mon père m'a attendue toute la journée, pas loin, dans un café. Nous sommes rentrés épuisés, presque sans un mot. Je n'y croyais pas trop, mais l'aventure m'avait semblé osée et joyeuse. Comment dire : j'avais découvert une école qui me tentait. Je crois que j'avais fait le pas le plus difficile : convaincre mes parents ; m'inscrire, bien que mes chances m'aient semblé nulles ; passer les frontières symboliques et géographiques. Et j'ai visité Paris par le métro… Un peu Zazie, oui, c'est vrai. "

(...)

"La société est traversée d'intérêts contradictoires, et chacun d'entre nous, en dépit de ses convictions politiques, l'est aussi et peut être tenté de se mentir afin de privilégier les siens. Il y a, la journée, des femmes et des hommes qui défendent avec la plus grande ardeur et conviction le principe de mixité sociale à l'école et qui, le soir venu, trouvent une bonne raison d'écrire un mail ou un texto à la ministre de l'Education pour justifier une exception à accorder en faveur du fils ou du petit cousin.

(...)

"[...] être ministre de l'Éducation, c'est d'abord veiller à ce qu'à l'école, chacun se construise un destin, accompagné avec bienveillance. Effectivement, une ambition pareille, qui suppose de former les enseignants à la différenciation pédagogique et d'en multiplier le nombre pour réduire d'autant les effectifs d'élèves, c'est moins vendeur que de clouer au pilori tout un système à coups de formules définitives et de promesses de raser la rue de Grenelle.

Et puis, c'est tellement plus exigeant que les diatribes contre ce collège qui n'a pas vocation, bien sûr, à accueillir tous les enfants de France…(comme) ce petit dernier qui, on ne sait trop pour quelle raison, à onze ans, n'a pas accroché à l'entrée en sixième [...]. Quoi ? Il va empêcher les autres de réussir ? Il va falloir le sacrifier pour permettre à d'autres, 'plus méritants', de continuer leur route ? Sérieusement ? On n'a pas le temps, madame la Ministre, pas les moyens de l'accompagner parce que toutes les heures supplémentaires attribuées à l'établissement sont utilisées pour faire fonctionner de petites classes destinées aux meilleurs auxquels on donnera plus, toujours plus."

Najat Vallaud-Belkacem - La Vie a plus d'Imagination que toi 

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