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Vivement l'Ecole!

La  "blanquérisation" de l'éducation : radioscopie d'un système trop éloigné des vrais enjeux...                                                                                                                                

26 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Lorsque Najat Vallaud-Belkacem transmit les "clefs" du bureau occupé par elle, et avant elle par Benoit Hamon et Vincent Peillon à son successeur, elle ne se doutait pas être en train de tenir la porte, non seulement à un Ministre, mais aussi et surtout à un "système" qu'il serait fort inopportun de moquer et de ne pas prendre au sérieux.

Qu'est-ce qu'un "système"? C'est, si l'on se fie à sa définition scientifique communément admise, un ensemble de règles, d’éléments, interagissant entre eux.

Depuis l'arrivée de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, la communauté éducative a assisté, avec enthousiasme pour certains, avec indifférence pour d'autres, mais surtout médusée et sidérée, à la "blanquérisation" de l'éducation.

Depuis 16 mois, parfois quotidiennement, de nombreuses annonces et décisions - sans concertation véritable -  ont dessiné les contours d'une politique qui, sans le dire, se construit sur quelques messages dont voici ceux principalement répétés:

- l' "égalitarisme" est source d'injustices ;

- le "pédagogisme" est source d'échecs ;

- les fondamentaux ont été oubliés ;

- l'école primaire doit retrouver les 4 jours hebdomadaires ;

- les symboles (Fables/Dictées/Redoublements/Uniformes) doivent marquer une rupture avec le "laxisme" passé ;

Le tout saupoudré de deux mesures "sociales":

- les études du soir (Devoirs faits) ;

- le dédoublement des CP en REP+ 

Le but tacitement avoué des fondations du "système" est ici évident :

il s'agit de construire sur la confiance aveugle des parents qui, après avoir été bombardés pendant cinq ans d' "informations" véhiculées par les plus réactionnaires des "experts" autoproclamés en éducation, ont acquis la certitude que vouloir être juste, que vouloir réduire les inégalités socio-scolaires n'étaient en fait que laxisme de gauche, dangereux pour l'élite, inquiète d'un supposé "nivellement par le bas".

Il s'agit aussi - c'est tellement visible et audible - de donner des gages aux forces de droite, jusqu'aux plus réactionnaires d'entre elles. Aucune ne se prive de tresser des lauriers à la politique éducative actuelle. Pas une semaine sans que des Luc Ferry, Nadine Morano, Michel Onfray, Alain Finkielkraut, et même Marine Le Pen, n'adressent leurs félicitations au locataire du Ministère de l'Education Nationale.

Voilà rapidement dressé le "portrait" d'une politique éducative. Elle se veut rassurante, traditionnelle, seulement audacieuse par sa sympathie affichée pour les "neurosciences". Rassurante, traditionnelle et "scientifique" mais tournant le dos à tout ce qui se fait de mieux chez nos voisins proches au sein de l'Union Européenne. Ce qui ne laisse pas de surprendre lorsqu'on connait la fibre très sincèrement européenne du Président de la République. Comment en effet ne pas être inquiet en assistant impuissant à cette "blanquérisation", fondée sur un passé qui a échoué - souvenons-nous des errements des de Robien, Ferry, Darcos, Chatel - et que pourtant l'on copie-colle à quelques variantes près? Comment ne pas être effrayé devant la certitude affichée d'une "école franco-française" repliée sur ses - mauvaises - habitudes anciennes?

Tournant aussi le dos aux vrais enjeux de l'Ecole.

Ceux-ci ont été magistralement rappelés par Philippe Meirieu le dimanche 26 août 2018 sur France Inter:

Quels ELEVES veut-on?

- Des consommateurs en concurrence permanente/politique actuelle?

- Des ELEVES pratiquant l'entr'aide, la recherche et ayant le temps de PENSER?

Je cite, pour compléter, de mémoire:

"Il ne s'agit pas de promouvoir telle ou telle méthode pédagogique mais de dire: "Telle pédagogie pour QUOI faire?"

"Une école qui favorise la concurrence permanente et flatte les instincts consuméristes ou une école du partage, de la solidarité, de l'entr'aide?"

Voilà où devrait se situer le débat pour l'école. On est très loin des sujets traités actuellement. Hélas.

Lorsqu'on est Ministre, disait récemment François Hollande, "il ne faut pas chercher à être populaire. Il faut chercher à être juste". Le système qui, petit à petit, installe une école des "premiers de cordée" risque fort de plaire encore quelques temps. Je crains néanmoins, pour l'école que je sers modestement mais fidèlement depuis plus de trente ans, d'assister à la construction d'un édifice connu. Il y a longtemps. Dans les années 1960. Cet édifice qui savait si bien sélectionner les meilleurs sans jamais dire clairement ce que l'on faisait des autres. 

Et cela, il convient de prendre les discours gouvernementaux sur l'Ecole très au sérieux. S'en désintéresser, c'est être assurés d'en subir les conséquences néfastes redoutables pour le pays.

Christophe Chartreux

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Philippe Meirieu : "Nous sommes toujours dans une école de la concurrence et de la performance" (Audio + commentaires)

26 Août 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Rythmes scolaires, école obligatoire, réforme du collège, nouveau bac... Le gouvernement d'Edouard Philippe multiplie les annonces dans le secteur éducatif, mais avec quelle vision ? Pour en parler, Philippe Meirieu, chercheur et professeur émérite en sciences de l'éducation, est l'invité du 6/9.

La rentrée scolaire, prévue pour le 3 septembre, comporte plusieurs changements, initiés par le gouvernement : classes allégées en CE1 dans certaines zones, interdiction des téléphones portables jusqu'à la fin du collège, aides gratuites aux devoirs, retour aux évaluations en CP et sixième... A plus long terme, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, a annoncé envisager un nouveau baccalauréat pour 2021.

Vraie renouvellement ou mesures gadgets ? Philippe Meirieu, chercheur et professeur émérite en sciences de l'éducation, expose ses points de vue dans son nouveau livre, La Riposte, à paraître le 29 août aux éditions Autrement. Il s'exprime ce dimanche au micro de Laetitia Gayet.

Laetitia Gayet

Commentaires:

1- C'est anecdotique mais le téléphone portable n'est pas interdit. Il faut arrêter avec ça. Le texte de loi parle bien d'un "encadrement de son UTILISATION" . Ce qui est déjà le cas dans 99% des établissements scolaires de ce pays. Mes élèves utilisent et utiliseront cet OUTIL PEDAGOGIQUE. Ce qui les oblige à considérer cet "appendice" d'une toute autre manière ensuite. 

2- "classes allégées en CE1 dans certaines zones": je renvoie une fois de plus à la lecture de cet "avertissement" dont jamais personne ne parle. Voir lien de bas de page

Tout cela et le reste relèvent de l' "écume" politicienne. Des messages envoyés:

- à la frange réac' des électeurs;

- aux parents qu'on rassure

Les véritables enjeux sont ailleurs et Philippe Meirieu les a posés, sans haine ni esprit polémique:

Quels ELEVES veut-on?

 

- Des consommateurs en concurrence permanente/politique actuelle?

- Des ELEVES pratiquant l'entr'aide, la recherche et ayant le temps de PENSER?

 

Je cite de mémoire:

 

""Il ne s'agit pas de promouvoir telle ou telle méthode pédagogique mais de dire: "Telle pédagogie pour QUOI faire?

Une école qui favorise la concurrence permanente et flatte les instincts consuméristes ou une école du partage, de la solidarité, de l'entr'aide?"

 

Voilà où devrait se situer le débat pour l'école. On est très loin des sujets traités actuellement. Hélas.

 

Christophe Chartreux

 

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Yves Montand... Paris...

25 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Maylis de Kerangal....

25 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

«Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage.»

Maylis de Kerangal - Un Monde à portée de main

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Peter Tosh...

24 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur - Antoine de Saint-Exupéry...

24 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Ce point que je regarde est sans doute une maison d'homme à dix kilomètres sous moi. Et je n'en reçois rien. Cependant il s'agit là, peut-être, d'une grande maison de campagne, où deux oncles font les cent pas, et bâtissent lentement, dans une conscience d'enfant, quelque chose d'aussi fabuleux que l'immensité des mers.

Je découvre de mes dix mille mètres un territoire de l'envergure d'une province, et cependant tout s'est rétréci jusqu'à m'étouffer. Je dispose ici de moins d'espace que je n'en disposais dans un grain noir.

J'ai perdu le sentiment de l'étendue. Je suis aveugle à l'étendue. Mais j'en ai comme soif. Et il me semble toucher ici une commune mesure de toutes les aspirations de tous les hommes. Quand un hasard éveille l'amour, tout s'ordonne dans l'homme selon cet amour, et l'amour lui apporte le sentiment de l'étendue. Quand j'habitais le Sahara, si des Arabes, surgissant la nuit autour de nos feux, nous avertissaient des menaces lointaines, le désert se nouait et prenait un sens. Ces messagers avaient bâti son étendue. Ainsi de la musique quand elle est belle. Ainsi d'une simple odeur de vieille armoire, quand elle réveille et noue les souvenirs. Le pathétique, c'est le sentiment de l'étendue.

Mais je comprends aussi que rien de ce qui concerne l'homme ne se compte, ni ne se mesure. L'étendue véritable n'est point pour l'œil, elle n'est accordée qu'à l'esprit. Elle vaut ce que vaut le langage, car c'est le langage qui noue les choses.

Il me semble entrevoir mieux ce qu'est une civilisation. Une civilisation est un héritage de croyances, de coutumes et de connaissances, lentement acquises au cours des siècles, difficiles parfois à justifier par la logique, mais qui se justifient d'elles-mêmes, comme des chemins, s'ils conduisent quelque part, puisqu'elles ouvrent à l'homme son étendue intérieure.

Une mauvaise littérature nous a parlé du besoin d'évasion. Bien sûr, on s'enfuit en voyage à la recherche de l'étendue. Mais l'étendue ne se trouve pas. Elle se fonde. Et l'évasion n'a jamais conduit nulle part.

Quand l'homme a besoin, pour se sentir homme, de courir des courses, de chanter en chœur, ou de faire la guerre, ce sont déjà des liens qu'il impose afin de se nouer à autrui et au monde. Mais combien pauvres ! Si une civilisation est forte, elle comble l'homme, même si le voilà immobile.

Dans telle petite ville silencieuse, sous la grisaille d'un jour de pluie, j'aperçois une infirme cloîtrée qui médite contre sa fenêtre. Qui est - elle ? Qu'en a-t-on fait ? Je jugerai, moi, la civilisation de la petite ville à la densité de cette présence. Que valons-nous une fois immobiles ? 

Dans le dominicain qui prie il est une présence dense. Cet homme n'est jamais plus homme que quand le voilà prosterné et immobile. Dans Pasteur qui retient son souffle au-dessus de son microscope, il est une présence dense. Pasteur n'est jamais plus home que quand il observe. Alors il progresse. Alors il se hâte. Alors il avance à pas de géant, bien qu'immobile, et il découvre l'étendue. Ainsi Cézanne immobile et muet, en face de son ébauche, est d'une présence inestimable. Il n'est jamais plus homme que lorsqu'il se tait, éprouve et juge. Alors sa toile devient plus vaste que la mer.

Étendue accordée par la maison d'enfance, étendue accordée par ma chambre d'Oronte, étendue accordée à Pasteur par le champ de son microscope, étendue ouverte par le poème, autant de biens fragiles et merveilleux que seule une civilisation distribue, car l'étendue est pour l'esprit, non pour les yeux, et il n'est point d'étendue sans langage.

Mais comment ranimer le sens de mon langage, à l'heure où tout se confond ? Où les arbres du parc sont à la fois navire pour les générations d'une famille, et simple écran qui gêne l'artilleur. Où le pressoir des bombardiers, qui pèse lourdement sur les villes, a fait couler un peuple entier le long des routes, comme un jus noir. Où la France montre le désordre sordide d'une fourmilière éventrée. Où l'on lutte, non contre un adversaire palpable, mais contre des palonniers qui gèlent, des manettes qui coincent, des boulons qui foirent...

- Pouvez descendre !

Je puis descendre. Je descendrai. J'irai sur Arras à basse altitude. J'ai mille années de civilisation derrière moi pour m'y aider. Mais elles ne m'aident point. Ce n'est pas l'heure, sans doute, des récompenses.

Antoine de Saint-Exupéry - Pilote de Guerre

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Les directeurs, futurs pilotes d'une fusion école maternelle et élémentaire ?

24 Août 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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A partir d'une mission sur le statut de ces instituteurs détachés, deux députées LREM ont publié en plein été un rapport qui propose le mariage des écoles maternelle et élémentaire et réorganise toute la scolarité entre 3 et 16 ans.

En temps normal, le rapport des députées LREM Valérie Bazin-Malgras et Cécile Rilhac sur «les directeurs d’école» aurait pu être une bombe. En temps normal, c’est-à-dire à une autre date que le 1er août, jour choisi pour le rendre public. L’absence quasi totale de couverture médiatique à ce moment-là témoigne du vide abyssal dans lequel ce travail est tombé.

Et pourtant, certaines propositions pourraient faire réagir. Les deux parlementaires proposent en effet de fusionner l’école maternelle et l’école élémentaire en une structure unique. «L’introduction de la scolarité obligatoire dès trois ans rend obsolète la distinction entre école maternelle et école élémentaire. Il ne devrait plus y avoir que des écoles primaires», écrivent-elles. Ce n’est pas tout : «Afin d’éviter les ruptures dans les parcours scolaires, davantage de continuité doit aussi être introduite entre école et collège, c’est-à-dire tout au long de la scolarité obligatoire (de 3 à 16 ans).» Ce qui se fait dans d’autres pays vient à l’appui de la proposition : «Cette distinction entre primaire et secondaire, qui semble évidente en France, n’est pas le modèle dominant, font remarquer les deux députées. Dans beaucoup de pays européens, notamment scandinaves, il n’y a pas de séparation.»

Recrutement du directeur par concours

Pour concrétiser ce lien à construire, Valérie Bazin-Malgras et Cécile Rilhac proposent que les directeurs d’école soient aussi «les directeurs adjoints du principal du collège». Avantage pratique : «Dans les endroits où les collèges ont de petits effectifs, cela permettrait de mutualiser leur personnel administratif au profit des écoles.» Dans ce rapprochement, les directeurs d’école auraient tout à gagner, estiment-elles. «La comparaison avec les collèges est édifiante : pour un nombre d’élèves pas toujours plus important que celui d’une école, le principal est épaulé par un principal adjoint, un conseiller principal d’éducation (CPE), un adjoint gestionnaire et un secrétariat.»

Mais avant de réaliser ce grand rangement de rentrée, les deux rapporteures insistent sur la nécessité de créer un «statut de directeur». Elles recommandent de «professionnaliser cette fonction en créant un véritable statut de directeur d’école, avec un recrutement par concours ou une validation des acquis de l’expérience pour les directeurs déjà en poste ainsi qu’une formation initiale et continue». Après quoi, «désormais cadres, les directeurs pourront adopter une posture différente de celle de professeur des écoles». En clair, une évolution de carrière serait possible pour ceux qui ne souhaitent plus faire la classe.

Surcoût de 3 800 équivalents temps plein

Pour les directeurs qui veulent continuer à enseigner en primaire, les deux parlementaires suggèrent de modifier le système des «décharges d’enseignement» accordées aux directeurs en fonction de la taille des écoles. Actuellement, cette décharge n’est totale qu’à partir de quatorze classes (treize en maternelle). Les rapporteures veulent descendre ce seuil à dix classes et octroyer une décharge d’enseignement de 50% à partir de cinq classes. Selon les estimations obtenues de l’Education nationale, la mesure «représenterait un surcoût de 3 800 équivalents temps plein».

Ce surcoût annoncé n’est sûrement pas le seul point du rapport qui risque d’entraîner des critiques. Mais les auteures veulent croire que leur travail aura un avenir. «Nous pensons que les esprits sont mûrs pour une évolution du statut des directeurs d’école.» Sur le rapprochement entre école primaire et collège, «il y aura certaines difficultés à surmonter, en particulier les différences de culture et de statut entre enseignants du premier et du second degré ainsi que des collectivités de rattachement différentes (commune et département). Mais, ajoutent-elles, nous pensons que ce ne sont pas des obstacles insurmontables.»

Sibylle Vincendon

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Le «roman national» au lycée serait une nouveauté radicale... Par Claude Lelièvre...

24 Août 2018 , Rédigé par Medaiapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

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Et pourtant c'est bien ce qui semble à l'ordre du jour à la lecture d'une tribune tenue dans «Le Monde» par Souad Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes.

Comme l'a dit dans son dernier billet sur Mediapart Laurence De Cock, le dévoiement et la régression sans précédent des finalités de l’histoire scolaire au lycée suinte à travers ce passage :« La langue française et l’histoire, de la France notamment, y occupent une place essentielle, non parce qu’elles servent seulement à promouvoir, dans une société en crise, le sentiment d’appartenir à la nation, mais parce que la maîtrise de la langue est la condition d’accès à tous les domaines de la culture, parce que la connaissance de l’histoire éclaire le présent et éclairer l'avenir».

Le mieux est de lire les commentaires fort pertinents de Laurence De Cock dans ce billet ( "Il se dessine un sombre avenir pour les programmes du lycée"). Je me contenterai pour ma part de reproduire in extenso un billet paru le 3 juin 2015 qui concernait alors non pas le lycée mais le collège. On n'arrête pas le progrès.

Le « roman national » au collège serait une nouveauté « radicale »

Le « roman national » au collège serait une nouveauté, car il n'a jusqu'alors existé qu'à l'école communale (et c'est cet enjeu qui est fondamentalement au centre actuel des polémiques -politiques- sur l'enseignement de l'histoire, venant pour l'essentiel des « droites extrêmes »).

Pierre Nora sait très bien que ce serait une nouveauté puisque dans son article célèbre sur « Lavisse, instituteur national », il indique qu'Ernest Lavisse ( le promoteur fondamental de ce qui sera appelé plus tard le ''roman national'') «  ne donna tant de lui-même au primaire que parce que seule y est étudiée l'histoire de la France » ( ( « Lieux de mémoire », Gallimard, 1997, premier volume , page 254).

Tout le monde devrait en effet avoir en mémoire que les livres d'histoire de la communale commençaient certes (sous la troisième République, et au moins jusqu'à la quatrième République) par la Gaule, les Gaulois, puis les Gallo-romains ; mais que ceux de la classe de sixième traitaient – eux - de l'Antiquité (à savoir pour l'essentiel de l'Egypte, de la Grèce et de l'Asie mineure, puis de l'Empire romain).

Les programmes d'histoire de 1890 pour les classes de la troisième à la terminale de l'enseignement secondaire sont intitulés « Histoire de l'Europe et de la France » (ceux de la sixième à la quatrième étant consacrées à'' l'histoire ancienne'').

Si l'on ne retrouve pas le terme « Europe » dans les titres des programmes d'histoire de 1902 pour le secondaire, l'étude des pays européens y est bien présente. Par exemple, pour le Moyen Age : l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, les Magyars, les peuples slaves. Pour les temps modernes : l'Angleterre, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, les Provinces Unies, la Russie et l'Europe orientale. Pour l'époque contemporaine : l'unité italienne, l'unité allemande, l'Angleterre, l'Empire allemand, l'Autriche, la Hongrie, la Russie, la question d'Orient, la Belgique, la Suisse.

Encore plus significatif, certaines questions permettent même d'aborder l'Europe de façon globale : la Renaissance en quatrième et en seconde (classe où l'on étudie aussi la civilisation européenne au Moyen Age et le mouvement intellectuel en Europe au XVII° siècle) ; l'expansion européenne et les transformations de l'industrie et du commerce au XIX° siècle en troisième et en classes terminales (classes où l'on étudie aussi les caractères généraux de la civilisation européenne).

Et ces orientations ne se démentent pas dans les programmes suivants de l'enseignement secondaire, ceux par exemple de 1925 et de 1938, bien au contraire.

Il en est (plus que jamais?) toujours ainsi, même sous le ministère de Jean-Pierre Chevènement (qui n'hésite pourtant pas à reprendre volontiers à son compte la référence du ''roman national''...) dans les nouveaux programmes du collège en 1985. On peut noter en particulier les entités remarquables (en italiques) marquées pour chaque année du collège : sixième, La notion de civilisation ; cinquième, Présence du Moyen Age et naissance de l'esprit moderne ; quatrième, L'apogée de l'Europe au seuil du XX°siècle ; troisième, Accélération et dimension mondiale de l'histoire ( on peut lire ce programme en son entier dans le billet précédent).

Bref, que la question d'une prétendue ''restauration'' du roman national au collège puisse être posée en dit long sur les tendances de droite extrême à l'oeuvre    actuellement, sur la confusion ambiante et sur nos ''manques de mémoire""

Claude Lelièvre

PS: la campagne pour les européennes commence bien....Macron et les siens n'ont qu'à bien se tenir.

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Isabel Parra...

23 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Najat Vallaud-Belkacem...

23 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Je suis née à Beni Chiker, dans un petit village au nord du Maroc, à quelques kilomètres de l’enclave espagnole de Melilla. Aujourd’hui c’est une petite ville de 5 000 habitants, mais en 1977, nous étions une centaine. Peut-être moins. Je me souviens : quelques maisons de chaux blanche. Des troupeaux. Une terre aride, des pierres. Une herbe rare, ici et là, comme du lichen. Des buissons. Ni eau courante ni électricité à la maison. Et partout, le soleil qui frôle, qui brûle, qu’on ne voit plus, le soleil en son ciel gris. Aujourd’hui, pas des images, mais des sensations, un peu floues, parfois joyeuses, toujours lointaines. J’ai demandé à ma mère : tu es sûre, c’était bien comme ça, mon enfance, notre première vie ? Elle ne dit rien, elle sourit. Je crois l’entendre : mais Najat… Tu as oublié ? Tu ne te souviens pas ? Vraiment ? C’est la France qui fait ça ?

Chaque matin, je partais chercher de l’eau au puits. Comme je m’en souviens de cette eau ! Comme chez Pagnol : non pas l’eau perdue, consommée, mais l’eau précieuse, l’eau qui est une pensée, douce et tragique. Ce puits, un peu effrayant, avec la peur des esprits, bien sûr, et le bruit du seau qui tape contre la pierre en dévalant. Ces canalisations de ciment gris : l’eau devenue invisible mais qui circulait, rassurante. Enfin, l’eau du lavoir, savonneuse, fraîche, avec toutes sortes de bruits : la brosse ; le linge tapé, secoué, qui finit sur un fil dans le soleil de toute la Méditerranée. 

(...)

Il ne faut pas dire « NaDjat », qui écarte, qui chasse ou se moque : combien de fois m’a-t-on jeté ce prénom au visage ! Comme un reproche, sauf pour ceux qui le confondaient avec la « Nadja » d’André Breton. Or c’est un son assez doux, je crois. Il a toujours plu à mes amies, et à mes amis. Il m’a semblé assez rare, en France, quand je suis arrivée. Tout le monde s’appelait Marie ou Olivier. Moi j’étais Najat. À chaque fois on me disait : ça veut dire quoi ? Et je répondais, avec fierté, me semble-t-il : le salut. Parfois aussi on me disait : ça vient d’où ? J’expliquais simplement. Puis on n’en parlait plus. Dans ce silence un peu neutre, affectueux, attachant, il y a la France.

Najat Vallaud-Belkacem - La Vie a plus d'Imagination que toi

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