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Vivement l'Ecole!

La référence d'Emmanuel Macron aux ''Lumières'' est-elle éclairante ?... Par Claude Lelièvre...

16 Juillet 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Histoire

La référence d'Emmanuel Macron aux ''Lumières'' est-elle éclairante ?... Par Claude Lelièvre...

Dans son discours tenu devant le Parlement, le président de la République a plusieurs fois fait référence à « l'idéal des Lumières », en l'associant à la notion d' « émancipation » qu'il tient actuellement à mettre en avant. Mais ce n'est nullement évident. Et cela prend du coup un sens inattendu, voire révélateur.

S'il s'agit de l'émancipation par rapport aux dogmes révélés, cela va certes de soi. Mais s'il s'agit de l'émancipation par rapport à des conditions sociales d'origine ou de ''genre'', comme cela a été évoqué par le président de la République, il en va tout autrement...

Les principales figures historiques des Lumières – contrairement à une légende tenace - ne se sont en effet nullement distinguées positivement en la matière, bien au contraire. On peut citer Voltaire qui écrit en 1766 à La Chalotais (l'auteur du premier « Essai d'Education nationale ») : « je  vous remercie de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre, je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés ». Ou encore Rousseau, qui affirme dans « La Nouvelle Héloïse » qu'il n'est pas opportun d'instruire « l'enfant des villageois, car il ne lui convient pas d'être instruit ». Et cela même si quelques voix s'élèvent en sens contraire (mais très minoritaires) dont celle de Diderot : « le grief se réduit peut-être à dire qu'un paysan qui sait lire est plus malaisé à opprimer qu'un autre ».

Le scénario se rejoue, mais de façon quelque peu décalée, en pleine Révolution française. L'intervention de Rabaut Saint-Etienne devant la Convention en décembre 1792 est emblématique, car elle met en place et explicite le paradigme de base qui aura une longue suite historique : « il faut distinguer l'instruction publique de l'éducation nationale. L'instruction publique éclaire et exerce l'esprit ; l'éducation nationale doit former le cœur. La première doit donner des lumières et la seconde des vertus. L'instruction publique est le partage de quelques-uns ; l'éducation nationale est l'aliment nécessaire à tous ».

Un premier pôle pour l'élite : l'instruction publique (une ''vraie'' instruction , une ''culture du jugement'', qui « éclaire et exerce l'esprit », qui « doit donner des lumières »). Un deuxième pôle, pour le tout venant : l'éducation nationale, qui « doit former le cœur », qui « doit donner des vertus »

Est-ce au second pôle que l'on doit rattacher la justification donnée par Emmanuel Macron aux dédoublements des classes de CP et CE1 en REP ou REP+ (aux termes quelque peu étranges si l'on pèse bien tous les mots de cette justification, en particulier celui de la fin) : « on y distribue de manière différenciée le savoir fondamental, celui de lire, d'écrire, de compter et de se comporter »

On notera que la formule consacrée du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer est quelque peu différente : « permettre à tous de savoir lire, écrire, compter et respecter autrui »

On remarquera pour finir, que la seule figure des Lumières évoquée nommément dans son discours par le président de la République, à savoir Condorcet, se prononçait – lui -non pas pour un primaire des ''rudiments'' mais pour « l'élémentation des savoirs », non pas pour un primaire ''rudimentaire'' mais pour un vrai ''élémentaire''. « On a généralement confondu deux objets très différents, des élémentaires avec des abrégés. Resserrer un long ouvrage, c'est l'abréger ; présenter les premiers germes et en quelque sorte la matrice d'une science, c'est l'élémenter [...] Ainsi l'abrégé, c'est précisément l'opposé de l'élémentaire ». En définitive, il s'agissait, pour Condorcet et les siens, d'ordonner les éléments à partir desquels on peut reconstruire les savoirs. L'esprit de cet ''élémentaire'' est d'ordre propédeutique et instrumental : être préparé à apprendre – éventuellement seul – les savoirs savants grâce à leur ''élémentation''. Il est très loin de l'esprit d'un certain ''primaire'' (acquérir avant la sortie de l'école du peuple un ''viatique'' de savoirs et de savoir-faire, de prétendus ''fondamentaux'').

Eh oui, les Lumières peuvent et doivent être revisitées ! Si possible à bon escient, pour aller effectivement dans ''le bon sens'' (et non pas l'invoquer en tant qu'''élément de langage'', comme on ne cesse de le faire au ministère à tout propos et hors de propos depuis quelque temps : ''le bon sens'' serait de ''retour''...)

Claude Lelièvre

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Les Pussy Riot sur le terrain de la finale du Mondial...

16 Juillet 2018 , Rédigé par christophe

Le groupe Pussy Riot s'est travesti en policier pour cette action qu'il a appelé : « Un policier entre en jeu ». Elle était dirigée contre la répression en Russie et dédiée au 11e anniversaire de la mort du poète et artiste Dmitri Prigov

Prigov avait créé dans la culture russe l’image d’un policier céleste. Le policier céleste protège le sommeil du bébé, le policier terrestre persécute les prisonniers politiques, les emprisonne pour des publications, des likes » sur internet.

L’agent de police céleste est l’organisateur de la merveilleuse fête du Mondial de football, le policier terrestre a peur de cette fête. Le policier céleste surveille attentivement le respect des règles du jeu, le policier terrestre rentre en jeu sans respecter les règles.

Les militants exigent

  • - la libération de tous les prisonniers politiques,
  • - de cesser d’emprisonner pour des likes sur internet,
  • - l’arrêt des détentions illégales lors des rassemblements,
  • - de cesser de fomenter des affaires criminelles à des fins politiques,
  • - de « transformer » le policier terrestre en policier céleste.

Interrogés après leur arrestation les policiers leur ont dit: « Dommage qu'on ne soit plus en 1937 ». 

Et on attend toujours la libération d'Oleg Sentsov et des autres prisonniers politiques.

Les Pussy Riot sur le terrain de la finale du Mondial...
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Jean-Michel Blanquer fait le Tour de France de ses fans...

16 Juillet 2018 , Rédigé par Mediapart - Faïza Zerouala Publié dans #Education, #Politique

Jean-Michel Blanquer fait le Tour de France de ses fans...

Le ministre de l’éducation nationale a conclu son Tour de France pour l’école le 12 juillet à Bobigny. À la rencontre des Français ? De certains d’entre eux plutôt, adhérents ou sympathisants de LREM. Il ne risquait pas d’être bousculé.

La soirée de Jean-Michel Blanquer a été meilleure que sa journée. Plus tôt, le jeudi 12 juillet, le ministre de l’éducation nationale avait fait face à une fronde quasi inédite des principaux syndicats sur la question des programmes. Le soir même, il a cependant trouvé du réconfort auprès des adhérents et sympathisants de La République en marche (LREM), qui formaient l’ensemble de l’assistance pour la dernière étape d’un Tour de France baptisé « Je m’engage pour l’école ».

Plus de 300 personnes s’étaient ainsi réunies à la Chambre des métiers et de l’artisanat de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour déclarer leur amour au ministre.

En théorie, ces soirées sont faites pour réfléchir autour d’ateliers thématiques, pour lancer des pistes. L’organisation de La République en marche se veut très horizontale et il faut donner le sentiment aux membres du parti qu’ils peuvent infléchir la politique du quinquennat. 

Lorsque Jean-Michel Blanquer paraît à 19 h 30, il est accueilli comme le messie et sollicité pour des selfies, même si, plusieurs fois, une légère gêne affleurera chez lui face aux louanges appuyées des participants. Il prend poliment des notes pour signifier qu’il écoute les remontées du terrain. Inconnu du grand public avant sa nomination rue de Grenelle, il est devenu l’un des ministres les plus « disruptifs » puisqu’il détricote patiemment tout ce qui a été mis en place avant lui et ambitionne de réformer à tout va. 

Le sujet éducatif est un enjeu fort pour le parti présidentiel, qui veut « transformer » la société. La question est cruciale dans un département miné par les inégalités sociales et scolaires. Depuis un an, le dédoublement des classes de CP en éducation prioritaire est brandi pour montrer le volontarisme du gouvernement en la matière. Peu importe si la mesure se fait à moyens constants et que des communes vont devoir batailler pour trouver des locaux libres pour les quelque 150 000 élèves de l’éducation prioritaire en REP et REP+.

La mesure est aussi pratique pour l’exécutif, car elle lui permet de donner un gage « de gauche », alors que le bilan penche plutôt vers la droite. Même si, au pays de LREM, ces clivages sont obsolètes, comme le rappellera le ministre.

« C’est le retour de l’optimisme en France avec Emmanuel Macron », jure le locataire de la rue de Grenelle. Cela se ressent même à l’étranger, assure-t-il. Et de prendre pour exemple les prouesses de l’équipe de France de football dans cette Coupe du monde 2018, dans un superbe élan de récupération politique.

Durant son discours, Blanquer en profite pour rappeler ses réalisations en désamorçant à chaque fois les critiques qui, de toute façon, sont absentes de l’échange. La volonté de rendre obligatoire l’école maternelle pour tous les enfants de trois ans dès septembre 2019 est présentée comme une avancée, car elle permettra aux plus fragiles de combler leurs lacunes langagières notamment. Peu importe si 97 % des élèves sont déjà scolarisés. « 3 % cela concerne 25 000 enfants, c’est énorme », explique le ministre. Même chose pour les CP et CE1 dédoublés en REP+. « C’est concret », se félicite-t-il. 

Il ne s’est pas privé plus tôt de rappeler aussi qu’il connaît bien la Seine-Saint-Denis, puisqu’il a été recteur de l’académie de Créteil entre 2007 et 2010. Il a également exprimé sa volonté de ressusciter l’une de ses expérimentations de l’époque, « la mallette des parents ». Il s’agit de réunions en petits groupes entre parents et une poignée de professeurs pour « créer de la confiance ».

Le « plan mercredi », qui consiste à mettre en place des activités le matin ce jour de la semaine, est aussi vanté. Ou encore le futur oral instauré dans le cadre de la réforme du lycée. Il balaie derechef les critiques formulées par ceux qui considèrent que cela va exacerber les inégalités chez les élèves de quartiers populaires. « S’il y a une vérité dans cette assertion, l’élève doit sortir de lui-même », rétorque le ministre, dans une version revisitée du culpabilisateur « quand on veut, on peut ».

Durant la soirée, pas une fausse note ou une question un peu offensive n’est venue perturber l’exercice d’auto-satisfaction. Fin mai, Jean-Michel Blanquer avait passé une soirée moins paisible. Il avait été chahuté par des parents dans une réunion similaire dans le XVIIe arrondissement de Paris, notamment sur la question de l’éducation prioritaire et du manque de moyens.

Cette fois, difficile de trouver une voix dissonante dans un concert d’éloges. Le ministre séduit par sa connaissance de la matière éducative. Jean-Yves Revol est adhérent LREM depuis les premiers jours. Il est spécialement venu du Val-de-Marne pour écouter Jean-Michel Blanquer. Si ce chef d’entreprise quinquagénaire ne s’intéressait pas forcément aux thématiques scolaires, il apprécie la personnalité du ministre. « Il remet tout en cause sans concessions, analyse-t-il. Avec lui, il y a un retour aux fondamentaux, un côté très traditionnel, c’est vrai, mais on en a besoin. Il y a des enfants qui arrivent en sixième sans savoir lire correctement. »

Son autre atout, à ses yeux, est le fait qu’il ait gravité dans le monde éducatif toute sa carrière durant. « Il est du sérail et ouvert sur le monde. Il est capable d’écouter l’entreprise aussi. » Même constat pour Chloé, une jeune femme de 21 ans, assistante dans un cabinet d’avocat qui a passé sa jeunesse et sa scolarité à Noisy-le-Sec. Elle l’a trouvé « excellent » et « à l’écoute ». Venue sur suggestion de ses patrons, elle se rappelle avoir subi des discriminations lors de sa recherche de stage, ne pas avoir pu faire de séjours scolaires, faute de moyens, ou encore avoir eu à faire à des enseignants débordés. « Tout le monde est égal pour le ministre, peu importe d’où on vient. Et cela, je l’apprécie. Il a travaillé ici, il sait qu’on a du potentiel, loin de notre mauvaise image », conclut la jeune femme.

Un responsable de l’association Asad à la Courneuve, qui œuvre à l’éducation des plus fragiles, Aly Diouara, 31 ans, est venu par curiosité, poussé par un ami engagé à LREM, ce qui n’est pas son cas. Comme toute l’assemblée, il a trouvé la vedette de la soirée intéressante et surtout « cohérent[e] ». Plus que sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, qui aurait dû, selon lui, mettre en place le dédoublement des classes de CP et CE1 en REP+ .*

En revanche, il regrette de ne trouver nulle trace sur le terrain de la mesure Devoirs faits, vantée par le ministre lors de ce moment d’auto-célébration. Aly a été « agréablement surpris » par Jean-Michel Blanquer, même s’il craint que certaines promesses ne soient jamais suivies d’effets concrets et ne restent que de « beaux discours ».

Toutefois, il n’est pas convaincu de l’utilité ni de la pertinence de cette réunion et de « ses ateliers expéditifs ». Le trentenaire considère que « cela ne sert pas à grand-chose. Là, on met n’importe qui ou presque autour d’une table. C’est conçu pour les militants qui sont contents de voir le ministre en vrai ».

Faïza Zerouala

* Surtout pas!/Note du webmaster

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L'actualité et les 40 ressources éducatives de la semaine...

16 Juillet 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

L'actualité et les 40 ressources éducatives de la semaine...

EXTRAIT

 

Ce que nous avons retenu de l'actualité

 

Budget et politique Macron

 

Budget 2019 : L'éducation à budget presque constant

Après des années de forte croissance depuis 2012, le budget de l'Education nationale devrait connaitre une quasi stagnation dès 2019 et ce sur plusieurs années. Ce qui équivaut à une baisse relative compte tenu de l'inflation. C'est un des enseignements qui résultent des premiers documents de la loi de finances 2019 qui viennent d'être dévoilés devant le Parlement.

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Macron : L'éducation entre "combat de notre siècle"et réduction des dépenses

"C’est pourquoi depuis un an, nous avons tant fait pour l’éducation. C’est le combat de notre siècle parce qu’il est au cœur de nos transformations économiques, de la société postindustrielle dans laquelle nous vivons". Dans son discours devant le Congrès, le 9 juillet, Emmanuel Macron a mis l'école "au coeur" de son projet politique. Une affirmation développée mais aussi tempéré par l'annonce de nouvelles réductions des dépenses publiques. Une annonce qui concerne l'Education quand elle est lancée au moment où l'Elysée termine ses arbitrages budgétaires.

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Prime au mérite : Histoire d'une obsession

Sortie apparemment de nulle part le 2 juillet, la prime au mérite destinée aux personnels des réseaux  Rep+ a pourtant une longue histoire. Libération a récemment rappelé qu'une éphémère prime des réseaux Eclair, crée en 2011, pouvait déjà être déclinée de façon variable par le chef d'établissement. Mais l'idée d'évaluer le mérite des enseignants pour décider de leur paye est plus ancienne encore rue de Grenelle. Dès 2009, JM Blanquer, directeur de l'enseignement scolaire, y travaille. Cette histoire est aussi celle d'un échec.

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Prime au mérite : Qu'en pensent les syndicats ?

Que disent les syndicats de la prime au mérite annoncée par JM Blanquer pour les personnels des Rep+ ? S'agit-il d'une remise en cause du statut des fonctionnaires ? Frédérique Rolet (Snes) et Stéphane Crochet (Se-Unsa) répondent aux questions du Café pédagogique.

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Paritarisme : La FSU écrit au Premier ministre

" La FSU n’accepte pas que soient aujourd’hui remis en cause les organismes consultatifs de la Fonction publique et vous demande de ne pas valider ce projet. Elle vous demande, Monsieur le Premier Ministre, le maintien de la totalité des prérogatives et moyens d’action des instances actuelles. Nous ne pouvons croire que le but du gouvernement serait d’affaiblir les organisations syndicales représentatives et de fait la démocratie sociale". Dans une lettre adressée à E Philippe le 11 juillet, Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fsu, lui demande de renoncer.

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Nouveaux programmes

 

Programmes : Les syndicats quittent le CSE

Fait rarissime. Après des déclarations sur l'absence de dialogue sociale et l'autoritarisme du ministère, les syndicats, à l'exception d'un seul, ont quitté ensemble le Conseil supérieur de l'enseignement (CSE) du 12 juillet qui devait examiner les nouveaux programmes. La Fcpe et des organisations de lycéens et élèves les ont accompagné. Le ministre doit faire face à une crise sans précédent. Il a répondu par la diffusion d'une publicité vantant les nouveaux programmes.

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Le Sgen Cfdt dénonce les nouveaux programmes et boycotte le CSE

Le Conseil supérieur de l'éducation du 12 juillet a à son ordre du jour la validation des nouveaux programmes de l'école et du collège. Le Sgen Cfdt et la Fep Cfdt (enseignement privé) ont décidé de boycotter cette réunion. Ils s'en expliquent dans un communiqué qui pose des questions de fond sur la démarche ministérielle.

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Les nouveaux programmes de sciences de l'école et du collège

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a publié le "projet d’ajustement et de clarification des programmes de sciences des cycles 2, 3 et 4". Ces nouveaux programmes devraient passer devant le Conseil supérieur de l'Education le 12 juillet pour application à la rentrée 2018. Si les ajustements en SVT semblent, à première vue, mineurs, ils sont plus importants en physique chimie où certains points du programme disparaissent et où les attendus sont nettement développés.

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Sciences : Les programmes pas applicables à la rentrée

Publiés le 6 juillet, les nouveaux programmes de sciences ne seront pas applicables à la rentrée 2018, nous signale Claire Guéville, secrétaire nationale du Snes. Ils sont arrivés 48 heures trop tard pour pouvoir être inscrits à l'ordre du jour du Conseil supérieur de l'éducation du 12 juillet. A la rentrée 2018 on aura donc une situation originale. Seront applicables les nouveaux programmes de français, de maths, d'EMC mais pas ceux de sciences. Pour rendre les choses encore plus compliquées, des repères de progression dans les 3 disciplines prêtes pour la rentrée devraient être publiés par la Dgesco durant les vacances d'été.

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Bac Brevet

 

Le bac est il donné à tout le monde ?

Faut-il supprimer le bac parce qu'il "ne sert à rien" ou parce que "tout le monde l'a" ? Alors que sont publiés ce matin les résultats du bac, gageons qu'en 2018 comme en 2017, le taux de réussite au bac devrait s'établir autour de 88% de reçus. Un résultat d'ailleurs très variable selon les filières puis qu'on attend un écart de près de 10 points entre le bac général et le bac professionnel. Ce diplôme est-il vraiment donné à tout le monde ?

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Bac 2018 : 88% de reçus

Avec 88.3% de reçus, le bac 2018 se situe dans la continuité des années précédentes. Le taux de réussite augmente à peine par rapport à 2017 (+0.4%). Par contre le nombre de bacheliers augmente de 33 912 personnes par rapport à 2017 du fait de la croissance démographique exceptionnelle de 2000. On frôle les 80% d'une génération mais on ne l'atteint toujours pas.

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Brevet : Nette baisse du taux de réussite

Après l'année record qu'a été 2017, c'est la chute. Avec 87% de reçus, le taux de réussite est en recul de 2% par rapport à 2017 selon les chiffres donnés par le ministère le 13 juillet.  Un écart aussi fort pose question. Il interroge la réforme mise en place en 2017 par le nouveau ministre.

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(...)

 

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Ensemble Faran...

15 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Philippe Sollers...

15 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Tous les soirs, vers 20 heures, le ballet aérien des mouettes a lieu devant moi. Ce sont mes augures. Elles  planent, se renversent, s'offrent, montrent le bout noir de leurs ailes, se taisent très fort, se frôlent, se dispersent, disparaissent, resurgissent et, de temps en temps, bec ouvert, crient ou ricanent. Elles foncent sur moi, arrivent tout près, salut, adieu, c'est comme si elles connaissaient l'endroit, l'écluse, les toits, comme si elles savaient que quelqu'un les observe. Elles sont inexplicables, mais font signe, dans le genre « on ne dit rien, surtout ! ». Elles sont clairement divines. Leurs larges cercles, par pans inclinés rapides, sont un tissu d'équations. À cette heure, elles ne chassent plus le poisson, ne piquent pas vers l'eau, se contentent de voler pour voler, mais pas n'importe où, ici, rite et prière. C'est bouleversant de beauté.

Philippe Sollers - L'Eclaircie

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Le protocole qu' "Agir pour l'école" veut cacher...

15 Juillet 2018 , Rédigé par L'Ecole de demain Publié dans #Education, #Pédagogie

Le protocole qu' "Agir pour l'école" veut cacher...
EXTRAIT
Contexte

Nous avons le 26 mars 2018 publié sur ce site un article concernant l’expérimentation phonologique de l’association « Agir pour l’école » dans des classes de grande section de maternelle.

Nous avions dans un souci de transparence et de clarté mis à disposition en ligne le protocole complet « Du son à la lettre » qui nous a été transmis par un collègue. En effet ce document de 88 pages est distribué aux enseignants menant l’expérimentation dans leur classe, il détaille l’organisation et le contenu des séances à mener.

Le 9 juillet 2018 nous avons reçu une injonction de Monsieur Laurent Cros délégué général d’ « Agir pour l’école » nous demandant de retirer le protocole car « ce document est protégé par le droit d’auteur, aussi sa reproduction et sa représentation sans autorisation sont susceptibles d’être constitutifs de contrefaçon, délit prévu et sanctionné par l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. » Nous avons donc obtempéré et retiré le protocole non sans en expliquer la raison dans l’article.

Nous avons donc décidé, en nous appuyant sur l’article L122-5 du code de la propriété intellectuelle qui autorise « les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’oeuvre à laquelle elles sont incorporées » de ne pas en rester là et de faire une analyse commentée de ce protocole avec uniquement de courtes citations…

L’objectif de ce protocole d’expérimentation est de travailler la phonologie avec les élèves de GS. La phonologie est ce qui permet de repérer les syllabes dans un mot, puis les sons composant une syllabe. Les enfants ayant une bonne conscience phonologique réussissent plus facilement à apprendre à lire, c’est corrélé positivement. Pour le moment, rien ne prouve qu’entrainer de façon intensive à la phonologie améliore les résultats en lecture mais essayer de vérifier si c’est le cas est plutôt une bonne idée. Bien entendu le travail sur la phonologie est prévu dans les programmes et est mené dans toutes les classes de grande section de maternelle et même avant par des jeux de rimes via les comptines notamment et aussi des exercices plus systématiques avec par exemple l’outil « Phono » de Sylvie Cèbe mais il en existe plein d’autres.

Organisation

Le protocole « Du son à la lettre » d’Agir pour l’école prévoit l’organisation suivante pour travailler la phonologie :

 

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Donc si on prend une classe avec un effectif raisonnable de 25 élèves, et un seul groupe de 4 élèves en difficulté en mettant les autres groupes à 7 élèves (nombre maximum indiqué dans le protocole) ça nous fait 4 groupes dans la classe. Bien sûr de très nombreuses classes comportent plus de 25 élèves et ont plus de 4 élèves fragiles en phonologie. On est donc sur un schéma optimiste, mais nous allons voir que même dans ce cas assez idéal les conditions de l’expérimentation sont ubuesques !

Pour les élèves cela fait 30 minutes de phonologie avec l’enseignant et 1h30 en autonomie dans la classe, sans faire de bruit , parce que le PE est occupé avec un autre groupe de phonologie. En effet les autres élèves doivent non seulement être en autonomie (les ATSEM sont souvent peu présents en GS) mais aussi silencieux c’est bien précisé dans le protocole ! 

Donc on a 4 groupes avec 30 minutes de phonologie par groupe assurées par l’enseignant, cela fait que le PE est mobilisé 2 heures par jour par les groupes de phonologie (bon un peu plus car il y a les transitions, la mise en place…) soit 1/3 du temps de classe quotidien.

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Pour obtenir ce résultat « Agir pour l’école » a tout prévu, même un système de « punition collective » bien ficelé…

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Stéphanie de Vanssay

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#Parcoursup: « Aucun adulte ne supporterait ce système »...

15 Juillet 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup: « Aucun adulte ne supporterait ce système »...

EXTRAITS

Parcoursup : en attendant une réponse…

Encore un tiers des candidats sur Parcoursup espèrent une place ou une proposition plus conforme à leurs vœux. Témoignages d’une attente souvent lancinante.

Partir en vacances ou rester ? Déménager ou continuer d’espérer une place à côté de chez soi ? Conserver ses vœux « en attente de place » ou s’inscrire dans le privé, hors Parcoursup ? Cet été, l’attente sur la plate-forme qui a remplacé Admission post-bac pèse sur les aspirants étudiants et leurs familles, qui ont répondu à un appel à témoignages sur Le Monde.fr.

« J’ai eu mon bac S mention bien, j’ai candidaté pour cinq Paces [première année commune des études de santé] du Grand-Ouest et je suis toujours sur liste d’attente ! », se désole ainsi Mathéo* :

« Quelle est la logique ? L’équité ? Aujourd’hui, seuls les très très bons sont admis en Paces, alors que l’an dernier, la porte était ouverte à tousQuelle est ma faute ? Etre né un an trop tard.

Rien n’est encore définitif, puisque la phase normale de Parcoursup s’achève le 5 septembre, et la phase complémentaire, qui permettant de formuler de nouveaux vœux, dans des formations disposant encore de places –, le 20 septembre. Mais depuis l’ouverture de la procédure, le 22 mai, seulement 52,8 % des 812 000 candidats initiaux ont accepté définitivement une proposition. Une partie ont quitté la plate-forme, mais 33,5 % restent dans l’attente, parfois lancinante : plus de 160 000 candidats ont accepté une proposition sans la valider définitivement, espérant une réponse qui leur convienne davantage. Et la situation est encore plus incertaine pour les près de 110 000 candidats qui n’ont encore aucune place, et dont une partie ont demandé un accompagnement de leur rectorat d’académie. 

(...)

« Aucun adulte ne supporterait ce système »

« On est dans une procédure glissante sur toute la période de l’été. C’est très “sympa” aussi pour nous, profs principaux, car nous devons être joignables pour conseiller nos élèves. Cela nous demande donc une grande disponibilité, souligne Emilie Bathier, professeure principale d’une classe de terminale S. La difficulté étant que nous n’avons aucun recul en cette première année, et que nous n’avons pas grand-chose de factuel à leur répondre. » Dans la classe d’Emilie Bathier, sur 33 élèves devenus bacheliers, 8 attendent encore d’être fixés sur leur avenir.

La situation semble aussi délicate pour Lisa*, qui a obtenu avec la mention bien son bac S spécialité SVT (sciences de la vie et de la Terre). Cette Normande voudrait pouvoir déménager :

« J’ai formulé plusieurs vœux mais mon principal reste une licence de biologie à Toulouse, car j’avais des projets de vie là-bas : n’étant pas du secteur, j’étais 2572e le 22 mai, aujourd’hui je suis 294e. L’attente est interminable, avant, pendant et après le bac, on attend toujours… Cela veut dire que je ne sais même pas si je serai là où je veux en septembre ».

« Chaque matin, c’est la même routine. Lancer la bouilloire et consulter Parcoursup », témoigne une maman d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-seine). « Personne ne comprend » que son fils, 5de sa classe en terminale S, soit en liste d’attente dans plusieurs classes préparatoires scientifiques, et encore au 875e rang pour une licence scientifique à Paris. « Aucun adulte ne supporterait ce système. » Le salut est finalement venu d’un déblocage de liste d’attente inespéré, vendredi 13 juillet : le jeune homme ira à Dauphine, la seule université qui recrute hors Parcoursup.

(...)

... "Quel formidable système où chacun doit marcher sur l’autre pour trouver une place !" ...

Soazig Le Nevé et Adrien de Tricornot

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Sarah Blasko...

14 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Roger Martin du Gard...

14 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Roger Martin du Gard...

Ils se turent.
« Elle est donc capable de me mentir ? » se dit Antoine.
Les yeux de Rachel devinrent rêveurs, puis brillèrent à nouveau, mais d'une lueur  haineuse qui s'éteignit très vite :
« Il s'imaginait que je le suivrais partout et toujours. Il se trompait. »
Antoine éprouvait une satisfaction trouble, chaque fois qu'elle lançait vers son passé ce regard de rancune. Il avait envie de lui dire : « Reste avec moi. Toujours. » Il mit sa joue contre la cicatrice et s'y attarda. Son oreille, professionnelle malgré lui, suivait au fond de la poitrine sonore le moelleux va-et-vient vésiculaire, et percevait, lointain mais net, le tic-tac généreux du coeur. Ses narines palpitèrent. Dans la chaleur du lit, le corps entier de Rachel exhalait la même senteur que sa chevelure, mais plus discrète et comme nuancée : une odeur enivrante et fade, avec des pointes poivrées ; un relent de moiteur, qui faisant songer aux arôme les plus disparates, au beurre fin, à la feuille de noyer, au bouis blanc, aux pralines à la vanille ; moins une odeur, à tout prendre, qu'un effluve, ou même qu'une saveur ; car il en restait comme un goût d'épices sur les lèvres.
« Ne me parle plus de tout cela, reprit-elle, et passe-moi une cigarette... Non : les nouvelles, sur la petite table... C'est une amie qui me les fabrique : il y a un peu de thé vert mêlé au maryland ; ça sent le feu de feuilles, le campement dehors, je ne sais quoi, l'automne et la chasse ; tu sais, ce parfum de la poudre, quand on a tiré sous bois, et que la fumée se dissipe mal dans le brouillard ? »
Il s'étendit de nouveau le long d'elle, dans les spirales du tabac. Ses mains caressaient le ventre de Rachel, lisse et d'une blancheur presque phosphorescente, à peine rosée ; un ventre spacieux, comme une vasque creusée au tour. Elle avait conservé, de ses voyages sans doute, l'habitude des onguents orientaux, et cette chair de femme gardait la fraîcheur, la netteté impubère d'un corps d'enfant.
«  Umbilicus sicut crater eburneus », murmura-t-il, citant de mémoire et tant bien que mal un passage de ce Cantique des Cantiques qui l'avait si fort troublé vers sa seizième année. «  Venter tuus sicut... euh... sicut cupa !
– Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda-t-elle, se relevant à demi. « Attends, laisse-moi deviner. Culpa, je sais : mea culpa ; ça veut dire faute, péché. Hein ? Ton ventre est un péché ? »
Il éclata de rire. Depuis qu'il vivait près d'elle, il ne refoulait plus sa gaieté.
« Non : cupa... Ton ventre est pareil à une coupe », rectifia-t-il, en appuyant la tête sur le flanc de Rachel. Et continuant ses citations approximatives : « Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea ! Qu'ils sont beaux tes seins, ô ma soeur ! Sicut duo (je ne sais plus quoi) gemelli qui pascuntur in liliis ! Comme deux petites chèvres broutant parmi les lis ! »

Les Thibault, I, La belle saison, pp. 514-516

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