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Vivement l'Ecole!

Parcoursup : les syndicats saisissent le Défenseur des droits...

18 Juillet 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/actualites/2017/09/cartooning-for-peace-et-de-nombreux-autres-partenaires-soutiennent-educadroit-une

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/actualites/2017/09/cartooning-for-peace-et-de-nombreux-autres-partenaires-soutiennent-educadroit-une

Ils exigent la publication des critères utilisés par les universités pour classer les candidatures des élèves, alors que plus de 100 000 jeunes n'ont aucune solution pour la rentrée.

Voilà que le Défenseur des droits est invité à mettre son nez dans Parcoursup. Ce mardi, plusieurs organisations syndicales ont déposé une saisine sur son bureau, pour plus de transparence et au nom de la lutte contre les discriminations. L'appel, qui se veut «unitaire», est en effet assez cosmopolite : il est signé par l’Unef (étudiants), la FCPE (parents d’élèves), l’UNL (lycéens), le Snuep-FSU (enseignants-chercheurs), le Sneptes (personnel technique des universités), la CGT-éducation, mais aussi le SAF (avocats). «Alors que plus de 70 000 jeunes se retrouvent toujours sans aucune solution d’inscription dans l’enseignement supérieur, le gouvernement refuse de transmettre les critères de sélection utilisés par les établissements universitaires», dénoncent-ils d'une seule voix.

Ils réclament la publication des «algorithmes locaux». Au printemps, quand les universités ont reçu les dossiers des élèves, il leur a été demandé de classer les candidatures. Dans les UFR, chaque équipe a trié les dossiers comme elle a voulu (ou pu), en fonction de critères de leur choix. Certaines se sont pris la tête des heures pour s’entendre sur les critères les «plus justes» possible, d’autres moins. Quand le nombre de candidature était très élevé pour trier dossier par dossier, les enseignants-chercheurs ont utilisé des «modules d’aide à la décision». Que l'on appelle aussi les algorithmes locaux. 

«Limites de ce système»

Les organisations syndicales réclament la publication des paramétrages de ces algorithmes. «Ces critères ont eu un impact plus que déterminant sur la possibilité des jeunes de pouvoir étudier dans la filière de leur choix, disent-ils. Les témoignages démontrant les limites de ce système se multiplient : un pourcentage de boursiers inégalement réparti entre académies, une surreprésentation des jeunes d’origine sociale modeste parmi celles∙ceux se retrouvant sans solution d’inscription, des pratiques de pondération des notes en fonction du classement des lycées, une mise au ban des candidats issus de baccalauréats professionnels ou technologiques.»

Le communiqué parle de 70 000 jeunes toujours sans rien pour la rentrée. En réalité, ils sont 102 000 sans aucune solution, selon les derniers chiffres ministériels. Auxquels viennent s'ajouter les 149 000 qui sont toujours dans l'angoisse, car «en attente de mieux» : ceux-là ont certes reçu une proposition mais dans une filière demandée par défaut et dans laquelle ils ne veulent pas aller… Ils espèrent remonter sur les listes d’attente qui patinent.

Marie Piquemal

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Alison Moyet...

17 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Pascal Ory...

17 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

«Le populisme est une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche ; la radicalité est une mythologie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la réforme et du compromis et facilite, le cas échéant, la circulation de l'un à l'autre. Dans certaines conditions de température et de pression politiques la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors – dans cet "alors" se niche l'Histoire – un usage qui satisfera, en proportions variées, le goût de l'absolu qui anime les radicaux et la servitude volontaire qui anime les populistes. On appelle ça une catastrophe.» 

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Blanquer champion du monde de la simplification du bac?... Par Claude Lelièvre...

17 Juillet 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Baccalaureat

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On avait prévenu que cette simplification annoncée n'en serait pas une, mais le ministre de l'Education nationale a surpassé toutes les attentes. C'est un vrai défi au «bon sens» si souvent évoqué ces temps-ci par le ministère comme «élément de langage».

Un décret et sept arrêtés définissant les horaires des classes de lycée à partir de la rentrée 2019 et l'organisation des baccalauréats généraux et technologiques à compter des épreuves anticipées de 2020 viennent d'être publiés au Journal Officiel ce 17 juillet  (en tout début de ces vacances d'été, comme par hasard).

Comme il est très bien dit sur l'excellent site « Le Café pédagogique » : « on nous avait promis un bac plus simple. La réalité est toute autre. La réforme construit un bac général et technologique comprenant pas moins de 28 épreuves (!) avec un bachotage étalé sur deux années au lieu d'une. Le nouveau bac comprend en effet pas moins de 18 épreuves de contrôle continu qui comptent pour 40% du total des points du bac. Mais attention ! Compliquons encore un peu les choses ! Ces 40% se décomposent en "des notes obtenues aux épreuves communes de contrôle continu, pour une part de trente pour cent (30 %) ; la prise en compte, pour une part de dix pour cent (10 %), de l'évaluation chiffrée annuelle des résultats de l'élève au cours du cycle terminal, attribuée par les professeurs et renseignée dans le livret scolaire'' [...]

Les candidats seront évalués pour le bac dès le second trimestre de première. Finie donc la longue préparation aux épreuves du bac qui se construisaient en 2 ou 3 ans avec une acquisition lente des méthodes propres à chaque discipline. Très probablement, les épreuves vont se recadrer sur des connaissances brutes aux dépens des compétences qui ne pourront plus être construites.

Si les épreuves finales sont allégées, il faut bien dire que le nouveau bac comporte davantage d'épreuves et étalées sur deux longues années de bachotage effréné aux dépens des acquisitions de compétences » 

Fermez le ban ! Ah oui, il ne s'agissait pas seulement de « simplifier'' les baccalauréats généraux et technologiques, mais de les « remuscler » (autre élément de langage ministériel). Eh bien, on voit... On aurait envie de rire si c'était moins grave pour les futurs candidats (et leurs évaluateurs). La coupe est pleine, et l’illusionniste renvoyé en son miroir.

Claude Lelièvre

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L’extrême lenteur de #Parcoursup inquiète établissements et futurs étudiants...

17 Juillet 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

L’extrême lenteur de #Parcoursup inquiète établissements et futurs étudiants...

EXTRAIT

A la veille de la trêve estivale, un tiers des candidats ne sont pas fixés sur leur sort. Les responsables de formation craignent une désorganisation à la rentrée.

Les vacances qui s’annoncent devraient être un peu moins sereines que prévues pour plusieurs milliers de bacheliers et leurs familles. Avec comme un air de déjà-vu : à la mi-juillet, quelque 100 000 candidats n’ont toujours reçu aucune proposition de formation, sur la nouvelle plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, Parcoursup. Soit un chiffre légèrement supérieur à celui constaté l’année dernière, à la même période. Les résultats définitifs du bac n’ont pas apporté le sursaut que certains espéraient.

 

Plusieurs députés de l’opposition n’ont pas manqué, déjà, d’interpeller la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur une « usine à gaz anxiogène », des mots de Régis Juanico (Nouvelle Gauche) à l’Assemblée nationale, le 10 juillet, bien que la nouvelle procédure Parcoursup, désormais en continu, ne s’achève qu’en septembre. « Les choses continuent de progresser de façon satisfaisante », se défendait la ministre, sur Europe 1, le 12 juillet, soulignant que « 680 000 jeunes ont reçu en moyenne trois propositions » et que « 30 000 jeunes ont été pris en charge par les commissions rectorales et sont accompagnés ».

 

La bataille des chiffres est complexe, avec ce fonctionnement inédit à l’entrée de l’enseignement supérieur. Depuis l’ouverture de Parcoursup, le 22 mai, plus de huit candidats sur dix ont reçu au moins une proposition de formation. Mais seuls 54 % des 812 000 candidats inscrits sur la plateforme en ont accepté définitivement une, d’après le tableau de bord publié quotidiennement par le ministère, en date du 16 juillet.

 

Près d’un tiers des candidats ne sont, en revanche, pas encore fixés pour la prochaine rentrée : près de 104 000 candidats n’ont reçu aucune proposition, dont certains ont saisi le rectorat de leur académie pour être accompagnés. Auxquels il faut ajouter 152 000 jeunes qui ont certes, décroché une formation, mais ne l’ont pas validé définitivement, espérant potentiellement une réponse qui leur convienne davantage.

 

A date comparable, lors de la troisième phase de l’ancien système Admission post-bac (APB) le 14 juillet 2017, ils étaient 87 000 candidats sans aucune proposition, soit 16 000 de moins qu’aujourd’hui. La ministre de l’enseignement supérieur évoquait alors un « énorme gâchis » et lançait sa réforme mettant fin à APB, sur les chapeaux de roue.

 

(...)

 

Camille Strombini

 

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Brevet des collèges 2018 : De quoi l’épreuve de français est-elle le nom?...

17 Juillet 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Brevet des collèges 2018 : De quoi l’épreuve de français est-elle le nom?...

Un voyage dans le temps, le sujet de l'épreuve aurait pu être proposé au siècle dernier. Un piège pour beaucoup d'élèves... Une réflexion du Collectif « Lettres vives ».

Après la note de février qui modifiait en partie les modalités de l’examen de français, nous étions très curieux de voir à quoi elles allaient ressembler. Nous n’avons pas été déçus. Les concepteurs du sujet ont sans doute eu à cœur de se conformer à l’esprit des préconisations diverses de notre ministre de tutelle. En lisant le sujet, nous avons été  transportés dans le passé : textes classiques, vision traditionnelle de l’école et de ses enseignants… tout y était. Nous avons lu un sujet qui aurait pu être proposé au milieu du siècle dernier.

Un sujet fleurant bon les années 60 / un sujet passéiste

Le texte était un extrait d’Uranus, de Marcel Aymé,  choix dont on peut questionner la validité au vu des IO. En effet, en quoi se coule-t-il dans le programme de l’année de Troisième ? Nulle satire, nul engagement, nulle vision poétique du monde, nulle écriture de soi…La période historique ne saurait justifier à elle seule la pertinence de ce choix. Un texte passéiste, qui présente un enseignement sans rapport avec celui que les candidats ont reçu et qui présente les « beaux » textes classiques sans autre dessein que de les faire réciter aux élèves, semble-t-il.

Un sujet plein de pièges

Donc l’extrait était extrêmement difficile à interpréter pour nos élèves, présentant la double difficulté de les mettre devant une réalité pédagogique à peine reconnaissable et pourtant présentée sans explication, et de choisir une situation romanesque étonnante pour le moins, puisque, à cause de la guerre, les cours se déroulent au café.

Tout posait problème aux élèves : le texte en lui-même, rempli de chausse-trappes et d’ambiguïtés si fortes que beaucoup d’entre eux ont eu du mal à identifier le personnage principal, Léopold. A cela s’ajoutent des questions de compréhension qui reposaient toutes sur cette identification liminaire et une illustration tirée du film Uranus mais qui n’illustrait pas le texte, rendant ainsi son exploitation laborieuse.

Que penser d'un sujet de Brevet qui confronte à ce genre de difficultés des élèves encore peu aguerris ?

Nous avons eu le sentiment d’un traquenard, et nos élèves, fort décontenancés, également : l’examen était un piège, et pas la vérification honnête du niveau qu’ils sont supposé avoir atteint en fin de cycle 4.

Les consignes de correction, pour généreuses qu’elles aient pu être, tenant compte des difficultés auxquelles nos candidats étaient confrontés, avaient cependant le grand désavantage de n’être que fort peu claires et nous avons souvent eu la désagréable impression de jeter des points dans la balance sans pouvoir nous montrer ni très précis ni très rigoureux.

Venons-en aux questions de langue.

La langue est évidemment un enjeu de taille puisque J.M. Blanquer veut y subordonner toute réussite scolaire, tenant pour principe qu’un élève qui maîtrise la grammaire et l’orthographe est un élève en réussite. Or nous, praticiens, avons vérifié depuis longtemps que c’est plutôt la pratique assidue de l’écriture qui permet cette maîtrise progressive.

Les questions de langue, donc, se sont révélées à la hauteur de nos craintes, technicistes et détachées de toute intelligence du texte. Comme Andromaque est célébrée pour sa beauté, sans envisager de but pédagogique, la grammaire est une fête pour elle-même, et nos élèves étaient conviés à participer à la célébration de la subordonnée, relative et complétive, et mis en demeure non seulement de les reconnaître, et de les nommer mais encore d’expliquer le raisonnement grammatical utilisé, car il est évident que les élèves de troisième ont présentes à l’esprit les démarches grammaticales pour tout fait de langue.

La réécriture, en particulier, portant sur deux vers de Racine  dont nous avons bien peur que nos candidats n’aient pu en comprendre un traître mot, nous apparaît comme particulièrement retorse.

Le but de ces questions, nous semble-t-il, est un effet d’affichage qui tendrait à montrer combien le ministre va désormais revenir aux fondamentaux.

La grammaire pure et dure et hors de là point de salut !

La dictée était dans le droit fil de ces questions, accumulant difficultés langagières totalement incongrues, imparfait du subjonctif (finalement non exigible) et ambiguïtés phoniques au point que nous avons dû  accepter “maître” aussi bien que “mettre”, par exemple : “ la municipalité avait réquisitionné certains cafés pour les mettre à la disposition des élèves”

Soulignons cependant que les consignes de correction étaient toute en hypocrisie, revenant sur les plus grosses difficultés pour en atténuer la portée dans la note, mais ces consignes n’étant pas publiques, la supercherie fonctionne à plein.

La rédaction à la gloire de l’école et de la culture

Les sujets de rédaction, eux, proposaient aux élèves l’alternative suivante : se mettre dans la peau du cafetier Léopold, et confier au professeur M. Didier son « grand regret de n’avoir pu poursuivre ses études et découvrir des œuvres littéraires » ou bien trouver des arguments et des exemples pour défendre une thèse imposée par le sujet qui consistait à énumérer les bienfaits de la lecture, ainsi qu’à faire son éloge en expliquant pourquoi elle était encore importante aujourd’hui, au XXIème siècle. D’un côté le repentir de Léopold au bon professeur Didier, de l’autre un éloge de la lecture… et rien d’autre ! Dans les deux cas, finalement, il s’agissait souvent de réciter.

Dans le sujet d’invention, il s’agissait de mettre en scène le cafetier, dans une conversation avec le professeur. Le Léopold des élèves de 2018 - lorsqu’il avait bien été identifié à la lecture du texte comme un cafetier et non comme un élève, auquel cas c’était une occasion de payer deux fois une erreur de compréhension - s’est fréquemment excusé d’avoir été contraint de devoir trouver rapidement un travail parce que ses parents étaient morts, ou pauvres ; il s’est parfois rendu coupable de sa passion pour le dessin et la musique qui lui ont fait dédaigner ses études, ou bien d’avoir traversé un moment douloureux dans son adolescence et d’avoir perdu la volonté d’accéder aux savoirs scolaires. L’école est donc nécessairement célébrée par ce Léopold pétri du vif regret d’avoir laissé passer sa seule chance de s’épanouir. Le bon professeur M. Didier lui répond généralement avec bienveillance, parce que dans cette école idéale, les enseignants sont compréhensifs et parfaitement empathiques (voire miséricordieux). Très souvent aussi, il lui propose, dévoué, des heures supp’ gratuites pour le remettre à niveau et lui permettre l’accès aux grandes œuvres.

Pour ce qui est de l’éloge de la lecture imposé par le sujet de « réflexion », les attendus contenus dans le corrigé officiel disent l’essentiel : « lire pour s’évader, voyager, apprendre, s’enrichir, réfléchir, mieux se connaître, mieux écrire, partager, échanger, se réconcilier, se libérer, sortir de la réalité, s’identifier et vivre des aventures, éprouver des émotions, etc. » Ne reste plus qu’à piocher dans cette liste relativement convenue, et de trouver deux ou trois souvenirs de lectures, de préférence estampillées « grandes œuvres » par la culture scolaire, pour illustrer.

Cette année donc, ni invention, ni réflexion, mais récitation. Et pas n’importe quelle récitation… puisque c’est celle qui fait l’éloge de l’école elle-même, telle qu’elle doit être perçue par les élèves, les enseignants et les parents, ou bien celle de la lecture dans le cadre scolaire puisqu’à aucun moment il n’est permis de nuancer, ni de réfléchir à l’acte même de lire.

Puisque c’est celle qui fait l’éloge de l’école elle-même, telle qu’elle doit être perçue par les élèves, les enseignants et les parents : une école où l’on doit acquérir des savoirs académiques utiles seulement à l’école, une école où on doit réciter et répéter… ce que dit le professeur, en bon ordre.

Dès lors, où l’élève pouvait-il bien trouver la brèche qui lui permettait de livrer une réflexion authentique et une pensée personnelle ? A priori nulle part, et ceux qui y sont parvenus possédaient pour la plupart une aisance intellectuelle, une large culture, une habitude de la lecture qui les assuraient de pouvoir formuler une parole singulière et donc intéressante. Par conséquent, ces bons lecteurs, largement avantagés, étaient facilement identifiables dans les copies…tout autant que les petits lecteurs d’ailleurs… qui, à l’image de Léopold, devaient alors se mordre les doigts de ne pas avoir réussi à lire, dans leur intégralité, les grands classiques du programme imposés par leur professeur de lettres. Il n’est pas sûr que cette épreuve très sélective les ait encouragés à plus de persévérance.

On peut dès lors se questionner sur les intentions visées par le choix de ce sujet. Le message envoyé aux enseignants est très net, et commence déjà à diviser dans la salle des profs : retour de l’étiquetage et de la grammaire pour elle-même, questions sur le texte cherchant davantage à sanctionner une compréhension déjà acquise qu’à accompagner la construction du sens, disparition de la place accordée à la réception du texte par l’élève considéré alors comme un lecteur exprimant son avis et son ressenti et invité à construire lui aussi le sens du texte littéraire, polysémique par nature. Du côté de l’écriture, cette tendance se confirme : le sujet de réflexion donnant cette année la thèse à défendre, il s’agirait également de ne plus privilégier la construction et la formulation d’une pensée authentique et personnelle s’appuyant sur les contraintes du discours argumentatif mais d’apprendre à se conformer à un avis déjà donné en l’adoptant à son tour et en l’illustrant.

Le message envoyé aux élèves est assez net aussi : le brevet sanctionne surtout des connaissances et le niveau de culture, notamment scolaire, acquis. Mais c’est sans doute le message envoyé à tous les autres, ceux qui ne sont pas à proprement parlé dans l’école et qui semblent la cible prioritaire, que le choix de ce sujet formule : grâce à J.M. Blanquer, l’école renoue avec l’élitisme, l’exigence et la rigueur des savoirs, les examens ne sont enfin plus bradés et les petits Français vont de nouveau apprendre à lire et à écrire correctement.

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Halie Loren...

16 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Herman Melville...

16 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Non seulement la mer est l’ennemie de cet homme qui lui est étranger mais encore elle est démoniaque envers ses propres enfants, plus fourbe que l’hôte persan qui assassine ses invités, n’épargnant pas ceux qu’elle a engendrés. Comme une tigresse sauvage étouffe en se retournant ses propres enfants, la mer jette aux rocher de la côte les plus puissantes baleines et les abandonne flanc à flanc avec les épaves des navires naufragés. Point de miséricorde, elle ne connait d’autres maîtres que sa propre puissance. Haletant et renâclant comme un destrier affolé qui a perdu son cavalier, le libre Océan galope autour du globe.

Songez à la ruse de la mer et à la manière dont ses créatures les plus redoutables glissent sous l’eau, à peu près invisibles, traîtreusement cachée par les plus suaves tons d’azur. Songez à la beauté et à l’éclat satanique de ses plus impitoyables tribus, à la forme exquise de certains requins. Songez au cannibalisme universel qui règne dans la mer où les créatures de proie s’entre-dévorent, menant une guerre éternelle depuis l’origine du monde.

Songez à tout cela et tournez alors vos regards vers cette terre aimable et verte infiniment docile, songez à l’Océan et à la terre, ne retrouvez-vous pas en vous-mêmes leurs pareils ? Car de même que cet Océan de terreur entoure les verts continents, de même l’âme de l’homme enferme une Tahiti, île de paix et de joie, cernée par les horreurs sans nombre d’une vie à demi inconnue. Que Dieu te garde ! Ne pousse pas au large de cette île, tu n’y pourrais jamais revenir ! 

Herman Melville - Moby Dick

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La leçon de vie des « jeunes de banlieue »...

16 Juillet 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Jeunesse

La leçon de vie des « jeunes de banlieue »...

Frédéric Worms s'entretient avec Claire Marin, philosophe et écrivain.

Qui apprend le plus à qui? Il y a l’enseignante, Claire Marin, qui raconte dans La relève quinze ans d’enseignement en « banlieue ». Mais il y a aussi la philosophe et l’écrivaine, Claire Marin toujours, qui raconte dans ce livre ce que lui ont appris, à elle, ses élèves. Ses élèves d’où vient la relève. Leur leçon qui rejoint toute son oeuvre, toute sa philosophie de la vie, de la maladie et du soin. Que lui ont-ils appris donc? Comment l’ont-ils surprise donc, chaque matin et chaque jour, à la sortie du RER quand celui-ci voulait bien arriver? Cela va dans les deux sens. Plus de ressources qu’on ne pourrait croire : « on ne sait pas ce dont un élève est capable » pour s’en sortir. Mais aussi tous les maux de la vie qui les entourent : « le malaise est plus profond ». Profond parallèle avec la médecine : l’enseignant ou le médecin ne sont pas face à des élèves ou des patients idéaux, mais réels, compliqués, souffrants, mais aussi agissants et vivants. Elle ne se fera pas toute seule, mais elle est possible et il faut l’accompagner et la soutenir : la relève.

Ce qui me semblait important avec ce livre c'était de déconstruire toutes les représentations simplificatrices que j'entendais à chaque fois que je disais "j'enseigne en banlieue" ou "j'enseigne à Cergy".
Claire Marin

On ne sait pas ce dont est capable un élève. Il y a toujours la possibilité que surgisse au travers de la relation avec un élève des problèmes, des difficultés mais aussi des espoirs, des projets auxquels on n'avait pas pensé. C'est valable dans le pire comme dans le meilleur et ça reste très surprenant même après plusieurs années d'enseignement de voir à quel point un élève peut nous surprendre.

Frédéric Worms

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Aide sociale à l'enfance : quand les jeunes majeurs sortent des radars...

16 Juillet 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique, #Jeunesse

EXTRAITS

Que deviennent les jeunes bénéficiant de l’aide sociale à l’enfance une fois majeurs ? 30% des sans-abri nés en France sont des anciens enfants placés, selon le Cese, le Conseil économique, social et environnemental. Il remet ce mercredi des préconisations au gouvernement. 

"Nous sommes face en quelque sorte à un scandale économique, financier et éducatif". Voilà comment Antoine Dulin, vice-président du Cese, le Conseil économique, social et environnemental, qualifie la situation actuelle des jeunes majeurs qui sortent de l’Aide sociale à l’enfance, l’ASE. Les anciens enfants placés représentent 30% des sans-abri nés en France.

Face à ce constat, le Cese a rendu ce mercredi un rapport pour apporter des solutions à ces jeunes "souvent 'incasables', qui vont d’institution en institution sans jamais être stabilisés et n’ont pas de prise en charge globale", détaille Antoine Dulin. Ce rapport, qui se veut comme un porte-voix des "jeunes invisibles", a été commandé en mars dernier par le Premier ministre dans le cadre de la stratégie interministérielle sur la protection de l’enfance. 

En France, 300 000 enfants bénéficient d’une mesure de protection de l’enfance. Plus de 20 000 jeunes majeurs sont également concernés. Au total, leur prise en charge représente un budget conséquent. En 2016, 7,3 milliards d'euros, à la charge des départements, y ont été consacrés. Ces jeunes majeurs se retrouvent "souvent livrés à eux-mêmes, selon Antoine Dulin, ils sont soit obligés de retourner dans leur famille, avec les risques que cela comporte, soit il doivent solliciter le 115, le Samu social, les centres d’hébergement d’urgence et sont plongés dans la précarité. Certains départements, faute de moyen financier ou de volonté politique, ne s’en occupent pas."Légalement, une fois les enfants majeurs, les départements n’ont pas l’obligation de poursuivre l’aide.

Le Conseil propose deux scénarios : 

- Modifier le droit commun en garantissant à tous les jeunes de 18 ans, sortant ou non de l’ASE, l’Aide sociale à l’enfance, un parcours d’accompagnement vers l’insertion avec une garantie de ressources. Le Cese avait déjà préconisé en 2017 un "revenu minimum social garanti".

- Créer un droit spécifique pour les jeunes majeurs sortants de l’ASE, avec une prise en charge jusqu’à la fin des études ou jusqu'au premier emploi, co-financée par l’Etat et les départements. 

(...)

Clarence Rodriguez et Lise Verbeke

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