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Vivement l'Ecole!

Coup de cœur... Jean Echenoz... "Envoyée spéciale"...

22 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Au retour d’un de ces week-ends, la limousine de Gang était passée près de l’aéroport où Clément Pognel, à l’instant, venait de débarquer. Les services de Bourgeaud lui ayant forgé un rôle de conseiller agro-alimentaire, son visa n’avait pas tiré l’œil et, pour ne pas risquer d’interférences entre agents, on s’était aussi débrouillé pour le faire descendre au Potonggang, autre hôtel réservé aux touristes, loin du Yanggakdo où Jean-Pierre et Christian commençaient à broyer du noir bien qu’ils fussent beaucoup mieux logés. Car le Potonggang, nettement moins cher, présentait des inconvénients : peu d’eau chaude la plupart du temps, la nuit pas d’eau du tout, courant souvent coupé donc ascenseurs bloqués, chambre glaciale dont la fenêtre et l’accès au balcon étaient scellés, bruits nocturnes inquiétants quand Pognel tentait de trouver le sommeil sur un lit granitique, d’un confort encore inférieur à celui de son fauteuil en classe touristique.

Jean Echenoz - Envoyée spéciale

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Le 21 juillet 2017 disparaissait Anne Dufourmantelle... Gardons-la vivante...

22 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Philosophie

Le 21 juillet 2017 à Ramatuelle disparaissait Anne Dufourmantelle... Gardons-la vivante...

La nuit est notre amplitude secrète. L'espace de notre folie intime, mutique. La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l'effet d'une amnésie bienfaitrice dont l'angoisse est le reste insécable. La nuit est notre vérité, elle nous intime à rejoindre un lieu plus ancien qu'on appelle parfois l'âme, et dont la langue nous est indéchiffrable.

Eloge du risque

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" Risquer sa vie " est l'une des plus belles expressions de notre langue. Est-ce nécessairement affronter la mort - et survivre...ou bien y a-t-il, logé dans la vie même, un dispositif secret, une musique à elle seule capable de déplacer l'existence sur cette ligne de front qu'on appelle désir ?

Eloge du risque

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Venue du plus loin de la mémoire de la vie, là où mère et enfant ne font qu'un, corps fusionnés, la douceur évoque un paradis perdu. Un avant originel qui serait une aube. Mais dès le commencement, il y aura eu de la violence, de la terreur, du meurtre. Le mimétisme et la rivalité qui font flamber la haine; pas de parole sans trahison et de civilisation sans l'attrait de la cruauté la plus raffinée. Le paradis est toujours déjà perdu si on le rapporte à l'origine, et ce constat n'appartient pas aux seuls mélancoliques. Vivre est une conquête arrachée à cette passion de la perte qui est aussi un leurre; les épopées, les récits, les mythes le rappellent. Il faut avoir le courage de ne pas acquiescer à cet élan perdu car il est une terrible méprise, il fera le lit de tous les ressentiments à venir. Il donnera raison au sacrifice.

Puissance de la douceur

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Elle l’écoute.
Les grands rêves sont des trésors qui, s’ils ne sont pas captés, peuvent devenir toxiques. Et c’est le corps, alors, qui devra se charger de donner l’alerte. C’est ainsi que parfois accidents ou maladies se déclarent. Aussi prête-t-elle aux songes une attention extrême, décryptant les détails redoublés, les ellipses, les inversions...autour des associations du rêveur. L’envers du feu ne brûle pas. Elle est troublée par ces mots-là.

L'envers du feu

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On ne revient jamais de voyage, d’aucun voyage. Quand on part, on ne revient pas le même, et c’est ce dépaysement, parce qu’il fait écho à nos fragmentations intérieures, qui brutalise nos accoutumances, tant il est vrai que nous percevons le monde avec des préenregistrements continuellement tamisés parce que nous pensons déjà, savons déjà, anticipons, devinons, pressentons, pour ne pas être attrapés trop brusquement par l’inouï. Ainsi va l’amour quand il est de foudre. Il offre tous les dépaysements possibles au détour de la rue d’à côté.

En cas d'amour: Psychopathologie de la vie amoureuse

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Les êtres ne se possèdent pas, ils se reconnaissent.

Souviens-toi de ton avenir

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Du tirage au sort… au mérite, l’année où #Parcoursup a remplacé APB...

22 Juillet 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

Du tirage au sort… au mérite, l’année où #Parcoursup a remplacé APB...

EXTRAITS

Emmanuel Macron avait promis, à l’été 2017, « une révolution de l’éducation ». Un an après, la table a-t-elle été renversée ?

Renverser les tables, faire trembler les murs de l’université et trouver un autre modèle en rupture pour l’enseignement supérieur…, ils sont quelques centaines d’étudiants, opposants déclarés à la politique du gouvernement, à avoir entretenu cette ambition au printemps 2018, bloquant les facultés à Nanterre, à Saint-Denis, à Toulouse, à Montpellier, Tolbiac à Paris… Mais le premier à avoir promis une réforme explosive l’avait fait sous les dorures du palais de l’Elysée, à la fin d’août 2017. Près d’une année est passée, la table a-t-elle été renversée ?

Lors de ce premier été du quinquennat macronien, alors que lycées et universités désertés somnolent sous la chaleur estivale, Emmanuel Macron annonce, dans l’hebdomadaire Le Point, « une révolution de l’éducation »et présente le cap général de son action : « En finir avec notre imposture de ces dernières années : celle d’un pays dur aux faibles mais qui se gargarise d’égalité et de fraternité (…), d’un pays inégalitaire mais qui ne fait pas sa place au mérite, d’un pays à la fois inefficace et injuste, injuste parce qu’inefficace, inefficace parce qu’injuste. »

Dans la foulée, le président annonce la fin du tirage au sort pour l’accès aux filières en tension et brise le tabou de la sélection : « Nous ferons en sorte que l’on arrête de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde. »

(...)

Le désert des Tartares

L’effort de pédagogie semble avoir fait flop. Le 22 mai, jour où les lycéens découvrent en ligne les premiers résultats de Parcoursup, 400 000 jeunes, soit près de la moitié des 812 000 candidats, se retrouvent sans proposition. Un choc pour ceux qui constatent qu’ils ne figurent pas parmi les meilleurs profils et qui touchent du doigt le sens du mot « sélection ». « Il faut laisser le système se dérouler », déclare Mme Vidal, soucieuse de calmer les inquiétudes.

En effet, le système est conçu de manière à distribuer des propositions tout au long de la procédure, et les meilleurs candidats sont les premiers servis. « Parcoursup n’a sur ce point donné lieu à aucun changement. Comme sur APB, les meilleurs obtiennent leurs premiers choix, les moins bien classés attendent qu’une place se libère », constate Raymond Artis, président de la Fédération nationale des conseils de parents d’élèves (FCPE). Le processus doit durer jusqu’à la fin de l’été. Mais le rappel de l’enchaînement chronologique du système par le ministère ne suffit pas à calmer l’angoisse des élèves et des familles.

Lire :   Parcoursup : « “L’attente”, c’est devenu une insulte dans mon lycée, une blague »

Parcoursup et la réforme de l’entrée à l’université ont été construits sur les cendres d’APB, et dès son premier printemps, la nouvelle plate-forme fait la démonstration de ses imperfections. Cela à un bien mauvais moment, alors que le gouvernement parvenait à débloquer, une à une, les universités tenues par les opposants à la réforme et à seulement quelques jours du baccalauréat.

C’est donc avec une pression particulière que la moitié des lycéens ont passé le bac. Non pas que les candidats aient eu plus que leurs aînés peur d’un échec à l’examen (le taux de réussite atteint 88,3 % en 2018), mais ils ont dû affronter la perspective d’une orientation tronquée ou d’une absence de proposition envisageable. « La diffusion des premiers résultats a généré l’inquiétude des élèves, du stress et des questions des familles », reconnaît Philippe Vincent, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN).

« Pas de visibilité sur les stratégies des lycéens »

Le 22 mai, près de la moitié des 812 000 candidats sont sans réponse positive, à la mi-juillet, seuls 54 % des 812 000 candidats ont accepté définitivement une de ces offres, libérant, par leur choix, les autres possibilités offertes à d’autres candidats en liste d’attente. A l’heure de partir en vacances, quelque 100 000 candidats n’ont toujours aucune proposition, et 152 000 n’ont pas validé une offre de formation qui leur a été faite, dans l’espoir d’une réponse positive à un vœu leur convenant davantage. Un an plus tôt, à la même période, 87 000 jeunes étaient en attente d’une réponse positive d’APB.

(...)

Le système a donc démontré qu’il était perfectible et que la correction des défauts de l’ancien système d’orientation (APB) en a généré de nouveaux. L’évaluation de l’objectif de ne laisser aucun lycéen sur le carreau se fera en septembre, à l’heure de la rentrée universitaire. Peut-être trop tard pour ceux qui sont encore en attente d’une place. 

Eric Nunès

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Ecole inclusive? Où ça?...

22 Juillet 2018 , Rédigé par Collectif Citoyen Handicap Publié dans #Education

Ecole inclusive? Où ça?...

Le gouvernement dans une mise en scène intitulée " Ecole Inclusive " a annoncé la création de 10 000 postes d'Auxiliaires de vie scolaire MAIS ...

Ces créations sont de 1200 moindre que celles annoncées. 20 000 postes seront supprimés en contrat aidé, ce n'est donc pas des créations. Mr Blanquer étant une nullité en mathématique, voila la réalité :

20 000 contrats 20 Heures supprimés soit 400 000 heures de moins pour nos enfants;

10 000 postes 35 Heures dont seules 24 seront utilisées en temps scolaires, soit 240 000 Heures.

C'est donc 160 000 d'accompagnements en moins dès la rentrée 2018. C'est donc un très net recul contrairement à ce qui est annoncé par le gouvernement et ses amis journalistes incapables eux aussi d'effectuer un calcul de niveau élémentaire.

https://www.facebook.com/1428685764012024/posts/2112344325646161/

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Keb Mo...

21 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Michel Foucault...Le courage de la vérité...

21 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

« La démocratie ne peut pas faire appel au discours vrai. C’est à cela que s’opposera, dans le livre VII, la fameuse redescente des philosophes dans la caverne, lorsque, après avoir effectivement contemplé la vérité, on leur dira : Quel que soit le plaisir que vous ayez pu éprouver à contempler cette vérité, quand bien même vous y avez reconnu votre patrie, vous savez bien qu’il vous faut redescendre dans la cité et devenir ceux qui la gouvernent. Vous imposerez votre discours vrai à tous ceux qui veulent faire gouverner la cité selon les principes de la flatterie. Après la critique de la parrêsia démocratique, qui montrait qu’il ne peut y avoir de parrêsia au sens de dire-vrai courageux dans la démocratie, le retournement platonicien montre donc que, pour qu’un gouvernement soit bon, pour qu’une politeia soit bonne, il faut qu’ils se fondent sur un discours vrai, qui bannira démocrates et démagogues. » 

Michel Foucault - Le Courage de la vérité

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Coupe du Monde 2018 - Vingt ans après...

21 Juillet 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Coupe du Monde 2018 - Vingt ans après...

Ce billet d’humeur de Pierre Madiot a été publié sous le titre « Les lendemains de fête » dans les numéro de septembre 1998 des Cahiers pédagogiques. Il relativisait, quelques deux mois après la victoire des Bleus lors de la Coupe du Monde de football, les effets de l’union nationale et de la paix sociale affirmées, passée l’euphorie de l’été. Il nous a paru intéressant de le relire vingt ans après, alors que racisme et discriminations restent désespérément d’actualité

La France se remet d’une incroyable bouffée de délire. Pendant près de trois mois, un bonheur sans égal s’est emparé des gens.

Au début, personne n’osait vraiment y croire... Et voilà que le succès est arrivé. Un vrai succès d’équipe, beau comme un hymne national, fort comme une guerre de libération, improbable comme un rêve d’après-boire. Le président et le premier ministre sont alors grimpés au plus haut dans les sondages, les grèves se sont éteintes, ou on n’en a plus parlé. Le peuple réuni, gagné par une soudaine euphorie fraternelle, s’est senti fort, indestructible. Et sous le regard envieux de l’univers tout entier, il a osé montrer une joie indécente. Toute crainte l’a quitté.

II fallait y penser...

Alors que les sociologues analysaient des données irréductibles, que les politiciens s’adressaient les pires diatribes et que les journalistes inquiets calculaient leurs points d’audimat, il a suffi qu’un Arménien, ayant reçu le ballon d’un Kabyle, le passe à un Guadeloupéen, batte le goal adverse, puis que le même Kabyle récidive cinq jours plus tard… pour que le pays entonne la Marseillaise.

Ces jours-là, les vagues de la ola se sont échappées des stades et ont déferlé dans la rue, sur les places et jusque dans les maisons qui se répondaient de fenêtre en fenêtre, emportant dans un même élan les habitants de toutes origines. On s’est alors aperçu que les jeunes issus de l’immigration et qui agitaient si fièrement leur drapeau tricolore s’emparaient de cette victoire sans pour autant s’en attribuer le mérite. Leurs démonstrations d’enthousiasme étaient autant de façons de revendiquer une image qu’ils désiraient confondre avec celle de tous ceux que l’événement avait ainsi rassemblés.

Depuis, la paix sociale règne, l’harmonie de la victoire gomme les inégalités, abolit les différences et ranime l’espoir. C’est beau, un bel espoir, quand il pousse en avant et donne la force d’entreprendre ! Et là, ils étaient des millions, massés derrière Barthez à repousser la balle, aux côtés de Zizou, à orienter le jeu, des millions à insulter l’arbitre et à tacler dans les salons.

Nous-mêmes, pédagogues patentés, dotés d’une solide distanciation critique, nous nous sommes surpris à vociférer devant la télé et à hurler de joie au coup de sifflet final comme si la partie de foot mettait fin à l’angoisse de l’échec tout en réalisant magiquement l’unité identitaire que l’école poursuit de ses efforts.

Comme quoi la puissance de l’exploit mythique est redoutable même et surtout quand il n’existe que sous la forme d’un jeu et que les manifestations auxquelles il donne lieu s’expriment sous la forme de la parodie : parodie de combat, parodie de désespoir, parodie de joie, parodie d’appartenance. Personne n’est dupe ? Voire ! Car, maintenant que se sont dissipés les excès des effets journalistiques, on s’aperçoit que ce qu’il y a derrière cet événement est bien maigre. L’histoire que les joueurs écrivent pour la nation est-elle autre chose qu’une histoire en fin de compte un peu vide ? Les valeurs que l’entraîneur emprunte ne sont-elles pas des valeurs de compétiteur ? Et, si, après tout, l’on a bien le droit de s’enivrer un peu d’émotions et de jeu, rien ne vient relayer l’instant de folie pour donner à ce sentiment d’appartenance inespérée un sens qui aille au-delà du fantasme. Pire même, le vaste consensus mou qui a résulté de l’apothéose finale ne risque-t-il pas de virer à une sorte de tristesse de fête inutile, de désenchantement devant ce qui n’était peut-être qu’un spectacle sans lendemain ? Or, qu’y a-t-il de pire qu’un mythe auquel on ne croit peut-être pas vraiment ? Ne va-t-il pas contribuer par contrecoup à renforcer toutes les raisons que le désespoir attend pour recourir de nouveau à la violence ? Pour remédier à la gueule de bois qui les accablera, les passants dégrisés qui auront peine à reconnaître dans leurs voisins de rue les héros de la soirée historique, tenteront alors d’oublier que, si la chaleur de l’événement a réveillé des sentiments heureux, tout, pour l’essentiel sera resté comme avant.

C’est pourquoi, nous autres enseignants, dès que nous aurons célébré la finale de la Coupe du Monde, nous retournerons pensifs à nos réflexions. Saurons-nous répondre à cette demande sociale d’une idée fondatrice, formatrice et socialisante que l’euphorie footballistique nous fait entrevoir, mais de la préoccupation de laquelle elle ne saurait nous écarter ?

Pierre Madiot
Alors professeur de lettres au lycée expérimental de Saint-Nazaire

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Derrière l’algorithme de Parcoursup, un choix idéologique...

21 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #L'Obs

Derrière l’algorithme de Parcoursup, un choix idéologique...

EXTRAITS

DISSENSUS. Cessons de penser que les algorithmes prennent des décisions ; ils ne font qu’exécuter les choix de ceux qui les ont écrits, rappelle le chercheur Hugues Bersini.

La répartition des étudiants entre les universités et les filières est un problème complexe puisqu’elle s’effectue sur base d’un conflit massif entre l’offre et la demande : on dénombre plus de 880.000 candidats pour un total (à raison de 10 vœux possibles par candidat) de quelques 7.000.000 de vœux de formation [810.000 ont in fine validé leurs voeux, NDLR]. La résolution d’un tel conflit n’est plus sérieusement envisageable humainement. Dès lors qu’un algorithme travaille à cette mise en relation n’est pas à remettre en question. La vraie question est celle de l’objectif assigné à l’algorithme et des choix qu’il doit exécuter. 

Des cartes récemment publiées montrent un résultat consternant depuis la mise en place de l’algorithme de Parcoursup : la diminution de la mobilité des étudiants issus des périphéries crève les yeux. Des responsables politiques et des citoyens, légitimement heurtés par ce constat, s’en saisissent aujourd’hui pour accuser l’algorithme de Parcoursup d’être un "algorithme discriminant". En cela, ils rejoignent, sans toujours en avoir conscience, ceux qui souhaitent engager en Europe une réflexion pour attribuer une personnalité juridique aux algorithmes.

(...)

Dans le cas de Parcoursup, la théorie du ruissellement voudrait que les étudiants méritants, mais surtout issus des milieux favorisés, domiciliés dans les quartiers aisés, ayant déjà bénéficié des lycées réputés, désormais formés par des facultés prestigieuses, deviennent encore meilleurs, puis finissent par favoriser le bien de l’ensemble de la société et par pousser les étudiants défavorisés à s’améliorer. Il faudrait que les champions universitaires, professeurs comme étudiants, consacrent de leur temps et de leur talent à rehausser le niveau des universités en difficulté. En réalité, le système éducatif devient pénalisant, décide pour les jeunes de cinq années de formation, d’un parcours de vie, et bloque la mobilité sociale dès le début de la vie. 

(...)

Avec le tirage au sort, on rebattait les cartes, on accordait moins d’importance au relevé des notes passées, à la réputation du lycée, à la localisation géographique puisque ce système n’avait pas pour but de classer et de sélectionner l’ensemble des étudiants. On envoyait le signal à tous les étudiants que, moyennant la satisfaction des attendus, que quelle que soit la réputation d’un établissement supérieur, quel que soit son ranking objectif ou imaginaire, ils avaient une chance.

Bien sûr, des étudiants brillants n’ont pas obtenu la filière ou l’université de leur choix à cause du tirage au sort. Comment ne pas entendre leur déception ? Mais, au-delà des cas individuels malheureux, il faut prendre la mesure de l’orientation inégalitaire générale qui a succédé à APB. La France était pourtant déjà de tous les pays européens le plus inégalitaire avec celui de l’Angleterre. Un système comme APB ou Parcoursup serait inimaginable ailleurs en Europe parce que l’on considère que chacun doit avoir sa chance. Et Parcoursup n’est qu’une seconde sélection puisqu’il ne concerne même pas les hautes écoles comme Polytechnique, Centrale ou HEC, où l’on rechigne en plus à appliquer les décrets européens favorisant la mobilité des étudiants. 

(...)

Propos recueillis par Benoît Kanabus

(*) Hugues Bersini est notamment l’auteur de "Big Brother is driving you. Brèves réflexions d'un informaticien obtus sur la société à venir", Académie royale de Belgique, 2017, et de "Haro sur la compétition", PUF, 2010.

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#Parcoursup : le privé comme dernier recours...

21 Juillet 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Parcoursup

De nombreux élèves ayant obtenu leur bac en juin sont encore en attente d'une affectation pour la rentrée prochaine. Les écoles privées sont, pour beaucoup, une alternative.

Parcoursup, la nouvelle plateforme d'admission postbac, est vivement contestée par beaucoup d'étudiants. À ce jour, 20 juillet, près de 12% des inscrits du site internet sont toujours sans aucune proposition d'orientation concrète. C'est le cas de Gwendal, qui vient d'obtenir un Bac Pro de cuisine en Bretagne. Pour trouver une formation à la rentrée, il a décidé de quitter Parcoursup.

L'alternative du privé

Il prend rendez-vous dans une école de marketing, une école privée pour trouver un BTS. Comme lui, des centaines de lycéens se tournent vers les établissements privés, qui rivalisent de communication pour les attirer. Les candidatures ont augmenté cette année. Les écoles privées sont une alternative que tout le monde ne peut pas s'offrir, il faut compter jusqu'à 6 500 € par an pour une formation d'ingénieur, par exemple.

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Coupe du Monde 2018 : quelle a été la scolarité des Bleus?...

21 Juillet 2018 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Coupe du Monde 2018 : quelle a été la scolarité des Bleus?...

EXTRAITS

Difficile pour les footballeurs professionnels d'étudier en parallèle. Mais parmi les 23 Bleus, certains ont quand même réussi à décrocher un diplôme.

(...)

Des études abandonnées par manque de temps

Par manque de temps ou par choix tactique, la majorité des joueurs français ont privilégié le football aux études – bien souvent à regrets. Antoine Griezmann, auteur de 4 buts en 7 matchs lors de la compétition, a été recruté par le club espagnol de la Real Sociedad à 14 ans. Il a continué sa scolarité près de la frontière espagnole, à Bayonne, mais a finalement stoppé ses études à cause d’une formation sportive trop chargée.

Paul Pogba et Benjamin Pavard sont dans le même cas que “Grizou”. Le premier, recruté par Manchester United à l’âge de 16 ans, a malgré lui été contraint de renoncer à passer son Bac. Le second, formé au LOSC, a étudié en parallèle au lycée Jean Perrin de Lambersart, en sports-études, puis au pôle espoirs de Liévin (une structure qui permet d’être formé au foot tout en suivant un cursus scolaire), avant d’opter pour un brevet d’éducateur sportif, qu’il a finalement abandonné. “J’encadrais des jeunes, je n’ai pas fini mes études car je suis passé pro”, explique-t-il à Libération.

Reste le seul joueur à avoir essayé, malheureusement en vain, de passer son Bac, envers et contre tout. Le défenseur Samuel Umtiti, “plutôt bon élève” et voulant “éviter le cliché des footballeurs qui ne savent pas parler”, selon Le Parisien, a ainsi, bien malgré lui, “un peu lâché” ses devoirs en terminale, à cause d’un “emploi du temps surchargé”… avant de rater son bac STMG spécialité marketing.

(...)

Restent les huit Bleus diplômés. Capitaine de l’équipe de France, le gardien de but Hugo Lloris, qui a suivi un cursus scientifique au lycée Thierry Maulnier de Nice, a obtenu son BacS en 2005, pendant qu’il préparait en parallèle l’Euro des moins de 19 ans avec la sélection nationale. Autre joueur le plus diplômé, l’attaquant Olivier Giroud a obtenu un Bac ES, puis un Bac+2 en filière Staps à l’université – en parallèle de sa formation au Grenoble Foot 38 et de sa sélection en équipe de France des moins de 16 ans.

De son côté, Raphaël Varane a décroché son Bac ES… après avoir retardé son transfert de Lens vers le Real Madrid. “Je n’ai pas réalisé que c’était Zidane qui m’appelait, et vu que j’étais en plein dans mes révisions pour le bac, je lui ai demandé poliment de me rappeler plus tard”, raconte-t-il à SoFoot.

Le prodige Kylian Mbappé, plus jeune buteur en finale d’un Mondial depuis Pelé (il n’est âgé que de 19 ans), a obtenu son Bac STMG gestion en 2016, malgré la signature de son premier contrat pro avec l’AS Monaco. “J’avais besoin de ce diplôme pour mes projets d’après-carrière, dont celui de devenir entraîneur”, explique-t-il au Parisien.

Enfin, le milieu de terrain N’golo Kanté, qui n’a pas fréquenté de centre de formation dans sa jeunesse, a eu le temps de suivre des études : il possède ainsi un Bac pro et un BTS comptabilité.

(...)

Fabien Soyez

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