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Vivement l'Ecole!

#Parcoursup - Le casse-tête de la rentrée...

27 Juillet 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup - Le casse-tête de la rentrée...

Philippe Pujas, directeur de l’IUT de Béziers : «Il y a un risque réel de ne pas remplir les classes en septembre»

«Au départ, Parcoursup ne devait pas changer grand-chose pour nous, les filières sélectives. En réalité, si. On navigue à vue depuis le départ. D’abord, parce qu’on s’est retrouvé avec une augmentation très importante du nombre de candidatures, les élèves ayant la possibilité de formuler un vœu pour un même DUT dans plusieurs villes. Du temps d’APB, jamais je n’ai vu un jeune de Béthune postuler à notre IUT de Béziers. Avec Parcoursup, si. Au-delà du tri des dossiers, le vrai problème s’est posé au moment d’appeler les candidats. Nous n’avions aucune donnée statistique ou de modélisation sur lesquelles s’appuyer pour avoir une idée de la façon dont ces candidatures allaient se répartir.

«Fallait-il appeler beaucoup plus de candidats que notre nombre de places pour être sûrs de remplir nos effectifs ? Comment savoir où arrêter la liste d’attente ? Cela ne sert à rien de laisser croire à des élèves qu’ils peuvent éventuellement être appelés sur liste d’attente s’ils n’ont aucune chance d’être pris. Ce ne serait pas responsable. Nous avons donc posé une limite. Sauf que là, on se retrouve dans l’incertitude, avec un réel risque de ne pas remplir les classes en septembre. Dans le DUT "tech de co", pourtant très prisé, il y a 20 places (sur 90) occupées par des élèves qui n’ont toujours pas confirmé leur choix. Imaginons qu’ils ne viennent pas : et ceux sur liste d’attente ont très certainement été affectés ailleurs. Qui va donc venir chez nous ? Et puis, je ne cesse de m’interroger sur ces élèves qui gardent un vœu en attente. Qu’espèrent-ils ? Quelles sont leurs chances d’obtenir "mieux" en septembre ? Et on ne peut même pas les contacter pour savoir.»

Aurélien Antoine, vice-doyen de la fac de droit  de l’université Jean-Monnet à Saint-Etienne : «Certains de nos étudiants n’auront pas accès à la remise à niveau»

«Le nouvel algorithme Parcoursup traduit les objectifs du Plan étudiant du gouvernement. Mais dans les faits, je pense que certains d’entre eux seront inapplicables à la rentrée ! Ma faculté a par exemple choisi de ne pas assurer les modules de remise à niveau cette année («Oui si» sur la plateforme). L’idée est intéressante. Mais elle représente parfaitement la dérive des pouvoirs publics depuis une quarantaine d’années en matière d’enseignement supérieur : on nous demande d’en faire plus sans nous accorder davantage de moyens. Et Parcoursup n’est que l’arbre qui cache la forêt… Le problème est bien plus profond : il est notamment difficile de comprendre que l’Etat consacre autant de moyens pour les élèves de grandes écoles, alors que les subventions accordées aux universités stagnent. C’est un souci dans une société qui se veut républicaine et égalitariste. Malheureusement donc, à Saint-Etienne, certains de nos futurs étudiants ne profiteront pas de la remise à niveau dont ils ont pourtant besoin. Et ils continueront sans doute d’être en échec. C’est une situation regrettable, que seule une refonte globale de l’enseignement supérieur pourrait améliorer. Etablissons une fois pour toutes que BTS et IUT sont la suite logique des bacs technologiques et professionnels. Quant à l’université, elle correspond davantage aux titulaires d’un baccalauréat général. Bref, permettons aux uns, aux autres, de se réaliser dans le domaine qui leur correspond.»

François-Xavier Roux-Demare, doyen de la fac de droit, économie, gestion et AES de l’université de Bretagne occidentale à Brest : «Il est difficile de se projeter pour préparer la rentrée»

«Quel amphithéâtre attribuer à quelle promotion ? Combien de chargés de TD faudra-t-il trouver ? Aujourd’hui, je n’en ai aucune idée. Je ne sais toujours pas quel sera le nombre définitif d’étudiants dans ma faculté à la rentrée. Avec Parcoursup, les lycéens ont beaucoup plus de temps pour confirmer leur affectation. Au moment des résultats du baccalauréat, nous étions encore dans l’incertitude pour 25 % des effectifs. C’était moins du temps d’APB, où l’on avait une meilleure visibilité. A l’heure actuelle, on a encore une cinquantaine de "Oui - en attente" sur une capacité de 200 étudiants.

«Autre difficulté : les remises à niveau. La réforme prévoit de proposer des modules d’accompagnement aux élèves qui n’auraient pas le niveau nécessaire. En pratique, vu que nous n’avons pas encore la liste définitive des promotions, nous ne pouvons pas savoir combien auront besoin de ces modules. Il y a fort à parier qu’ils seront plus nombreux que prévu. De toute façon, ma faculté est fermée pour l’été. On gérera les problèmes restants à la rentrée. C’est difficile de se projeter. Au printemps, déjà, nous avons été contraints de recourir au "surbooking" en appelant plus d’élèves qu’il n’y a de places. Pendant un moment, nous avons eu peur de ne pas remplir tous les amphithéâtres.»

Marie Piquemal - Arthur Le Denn

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Des grains de sable dans la machine #Parcoursup...

27 Juillet 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

Des grains de sable dans la machine #Parcoursup...

Avec la nouvelle plateforme, les inscriptions à l’université ont pris du retard. Près de 130 000 élèves dont un vœu a été validé gardent sous le coude au moins une autre proposition, grippant le système. Explications.

Un petit changement, pour la forme. Le tableau de bord permettant de suivre, jour après jour, l’application de la réforme d’accès au supérieur a changé. La colonne «candidats n’ayant pas encore reçu de proposition» s’appelle désormais «candidats qui souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup». Interdit de sourire. Le ministère de l’Enseignement supérieur en a plein le dos de ces articles de presse «qui relèvent du commentaire politique alors qu’objectivement, le nouveau système Parcoursup fonctionne très bien, conforme aux prévisions». Tout de même. La machine semble grippée. Peut-être encore davantage que du temps de l’ancien système Admission post-bac (APB, lire l'encadré plus bas).

Sur les 812 000 élèves inscrits lors du démarrage sur la plateforme, seule une grosse moitié (467 000) a validé définitivement une proposition et sait donc où aller en septembre. Pour les autres, à des degrés divers, c’est encore le flou. 145 000 candidats ont pris la poudre d’escampette : ils ont abandonné la procédure (on était dans le même ordre de grandeur sous APB). Ensuite, 55 000 ne donnent plus signe de vie : pas un seul clic. Ces «candidats fantômes» inquiètent en haut lieu. Enfin, il y a cette catégorie qui n’existait pas du temps d’APB et qui fait aussi aujourd’hui tourner en bourrique les services du ministère (quoi qu’ils en disent) : il s’agit de ceux qui ont une proposition mais conservent, sous le coude, un ou plusieurs vœux en attente au cas où une place viendrait à se libérer. Jeudi, ils étaient 127 263 dans cette situation et «ce stock» d’élèves diminue lentement…

Avec des répercussions en cascade. A tous les niveaux, de l’université jusqu’aux classes prépas les plus élitistes, la plupart des promos ne sont toujours pas constituéesLes inscriptions administratives ont pris du retard par rapport à l’année dernière, annonçant une rentrée de septembre rock’n’roll. Mais qui sont donc ces élèves en attente qui gripperaient le système ? Revue des possibles.

L’hypothèse du vœu de secours et la prime à l’attente

Première possibilité, ces quelque 130 000 élèves ont accepté une place dans une formation où ils ne veulent pas aller. Et attendraient donc fébrilement qu’une place se libère ailleurs… Ce qui voudrait dire qu’ils ont formulé en amont un vœu qu’ils ne voulaient pas du tout ? Est-ce crédible ? Oui, car cet hiver, beaucoup de profs de lycée, inquiets du nouveau système, ont insisté pour que leurs élèves formulent au moins «un vœu de secours» dans une filière peu demandée, pour ne pas se retrouver «sans rien» en septembre.

Problème : tous les élèves ne peuvent pas se permettre d’attendre. C’est ce qui chiffonne le plus Simon, prof de maths dans une prépa de l’est de la France : «Quand l’élève doit trouver un logement par exemple : toutes les familles n’ont pas les moyens financiers pour s’y prendre au dernier moment et payer le prix fort. Qui a le choix d’attendre jusqu’au bout ? Les plus aisés, c’est une évidence.» D’autant plus avantagés, estime-t-il, qu’ils bénéficieront d’un «effet d’aubaine». A la fin de la procédure, parie Simon, les élèves qui auront pu attendre, et même ceux en bas des classements, pourraient remonter en flèche et décrocher une place dans une formation prisée.

La théorie du collectionneur

C’est une hypothèse qui circule, notamment dans les couloirs du ministère. «La fameuse théorie du collectionneur, ça ne vous dit rien ?» commence un prof de prépa du lycée Kerichen à Brest. A l’en croire, ces élèves qui se gardent un vœu sous le coude auraient en réalité un choix déjà arrêté dans leur tête. «Ils savent où ils iront à la rentrée mais conservent des vœux en attente "pour voir". Et pour s’enorgueillir ensuite : "Si j’avais voulu, j’aurais pu aller là".» Cette hypothèse serait d’autant plus plausible, dit-il, chez les élèves de milieux favorisés : «Ils s’autocensurent moins que les autres et osent des choix assez audacieux qu’ils maintiennent.» Yann Garandel, enseignant-chercheur en anglais à Paris XIII et qui a une «parcoursupienne» à la maison, a une hypothèse un peu similaire : «Pour moi, certains jeunes se gardent un vœu un peu comme un ticket de loto. Pour laisser une petite place au hasard ou aux rencontres de l’été.»

L’autoblocage et la tentative de déstabilisation

C’était le jeudi 12 juillet, en pleine Coupe du monde. Claire Mathieu, une pointure en algorithmes (directrice de recherches au CNRS et chargée de mission auprès du ministère depuis novembre sur Parcoursup), se met à écrire sur Twitter : «Si le candidat A a accepté un vœu d’une formation F1 en maintenant son vœu pour F2 en attente, et que le candidat B a accepté un vœu d’une formation F2 en maintenant son vœu pour F1 en attente, il ne se passera rien de plus.» Dit autrement : Jean-Paul a une place dans la formation dont rêve Jean-Jacques qui, lui, est accepté là où Jean-Paul a toujours voulu aller. Auto-blocage, c’est ballot. Fin de l’histoire. «Les formations F1 et F2 ont fini de recruter. Elles ont fini mais elles ne savent pas qu’elles ont fini», écrit la chercheuse. Est-ce pour faire bouger les lignes que le ministère a publié le «taux de remplissage» ?

Ce 12 juillet, quelques heures avant, les élèves avaient découvert sur la plateforme ce nouvel indicateur : le taux de remplissage de chacune des formations, défini comme le «pourcentage de candidats ayant accepté la proposition»… Oscillant entre 95 % et 100 % à chaque fois. Voyant ça, une partie des élèves ont abandonné leurs vœux en attente, croyant n’avoir plus aucune chance d’être pris… Avant d’apprendre via le compte officiel de Parcoursup sur Twitter : «Bonjour, cette info correspond au pourcentage de candidats qui ont accepté définitivement la formation ou qui l’ont acceptée en maintenant des vœux en attente.» Un indicateur qui ne donne que peu d’informations, donc… Accusé d’avoir voulu déstabiliser les élèves, le ministère se défend : «On est dans la transparence depuis le début, on avait annoncé en amont qu’on publierait les taux de remplissage après les résultats du bac. C’est ce que nous avons fait.» Et comment expliquer cette augmentation subite des capacités d’accueil dans une partie des facs ? «Il y a toujours 10 % environ d’absents à la rentrée, c’est simplement pour anticiper cela qu’on augmente artificiellement le nombre de places. D’habitude, on le fait en septembre, là on s’y prend plus tôt», répond le ministère, qui répète avec assurance que «tout se passe comme prévu».

En classes prépas, l’attente qui fait fuir

Il n’y a pas que les élèves qui sont dans l’attente. «La grande nouveauté, par rapport à APB, c’est que désormais tout le monde est dans l’attente, même nous, le corps enseignant.» François Boisson est pourtant professeur dans un établissement parisien très prisé, au lycée Charlemagne. La nouvelle promo maths sup MPSI n’est pas encore constituée : seuls 54 élèves sur 96 ont validé définitivement, les autres ont dit oui sans confirmer. Qu’attendent-ils ? Une place à Henri IV ou Louis-le-Grand, les prépas les plus prestigieuses ? C’est une hypothèse.

Vérification faite auprès de Roger Mansuy, qui exerçait jusqu’ici à Louis-le-Grand, «dans nos prépas aussi, nous avons des élèves qui n’ont toujours pas confirmé leur venue». Il poursuit : «Je ne doute pas que l’effectif sera au complet à la rentrée, mais cette situation pose malgré tout des problèmes, notamment une désorganisation dans le travail du secrétariat, qui va devoir gérer les inscriptions administratives au dernier moment.» Sur le papier pourtant, le nouveau système Parcoursup ne changeait rien dans le recrutement des filières sélectives (prépas, BTS ou IUT). Mais dans la pratique, il a des répercussions non anticipées. Les classes prépas des villes moyennes patinent dans la semoule. La semaine dernière, l’association des profs de prépas économiques et commerciales alertait dans un bref communiqué : «Les prépas dites de proximité sont loin de faire le plein.»

Mickaël Prost, de l’association des professeurs de prépas scientifiques, raconte que seuls 50 % des élèves acceptés en prépa ont confirmé leur choix. Pourquoi ? Plusieurs hypothèses là aussi, mais dans le lot, une qui stresse pour de bon les profs de prépa : que des élèves se soient découragés. «Au-delà des hypothèses de blocage, nous n’avons qu’une peur, c’est qu’avec la publication des rangs de classement, des élèves aient abandonné leur projet d’aller en prépa, craignant ne pas être à la hauteur…» A Chambéry (Savoie), la semaine dernière, un prof de prépa, inquiet de se retrouver devant une classe à moitié vide, a lancé un appel sur Twitter… pour trouver des volontaires.

Marie Piquemal

Une comparaison difficile avec APB

Peut-on comparer Parcoursup avec APB ? Pas simple. D’abord, parce que l’algorithme d’affectation APB moulinait seulement trois fois, et affectait les places d’office en fonction de l’ordre de préférence pré-établi par les élèves. A l’inverse, Parcoursup tourne toutes les nuits et laisse à chaque fois le choix aux candidats. La procédure d’affectation prend forcément plus de temps. Si l’on s’en tient aux candidats n’ayant aucune proposition et toujours «actifs sur la plateforme» (montrant des signes de vie), mercredi, ils étaient 17 999, contre 7 811 deux ans plus tôt. Pour l’année 2017, cet indicateur n’a pas été rendu public : le ministère préférant en pleine polémique sur APB communiquer sur le chiffre mêlant les candidats actifs et inactifs, plus touffu. Même à la fin de la procédure, il restera compliqué de comparer les deux systèmes : on ne pourra pas évaluer le niveau de satisfaction des élèves par exemple, vu que cette année les vœux ne sont pas classés. Comment savoir s’ils sont là où ils voulaient vraiment aller ?

MP

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Sting...

26 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jose Mauro de Vasconcellos...

26 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Portugâ, regarde ma figure, mon museau plutôt, pas ma figure. À la maison, ils disent que j’ai un museau parce que je ne suis pas une personne, je suis un animal, un Indien Pinagé, le fils du diable.

-Je préfère encore regarder ta figure.
-Mais regarde bien. Regarde toutes ces traces de coups. »

Les yeux du Portugais prirent une expression triste et inquiète.

« Mais pourquoi t’a-t-on fait ça ? »

Et je lui racontai, je lui racontai tout, sans une exagération. Quand j’eus terminé, ses yeux étaient humides et il ne savait quoi faire.

« Ce n’est pas possible de battre de cette façon un petit garçon comme toi. Tu n’as pas encore six ans. Notre-Dame de Fátima !

-Je sais pourquoi. Je ne vaux rien. Je suis si mauvais qu’à Noël c’est un petit diable qui naît à la place du petit Jésus !...
-Des sottises, tu es un véritable ange. Tu es peut-être un peu espiègle… »

Cette idée fixe commençait à m’angoisser.

« Je suis si mauvais que je n’aurais pas dû naître. Je l’ai dit à maman l’autre jour. »

Pour la première fois il bégaya.

« Tu n’aurais pas dû dire ça.
-Je t’ai demandé de te parler parce que j’en avais vraiment besoin. Je sais que c’est affreux pour papa de ne pas trouver de travail parce qu’il est vieux. Je sais que ça doit le rendre très malheureux. Maman doit partir très tôt pour qu’on puisse payer la maison. Elle travaille aux métiers à tisser du Moulin anglais. Elle porte une ceinture parce qu’elle a soulevé une caisse de bobines et ça lui a donné une hernie. Lalà est une jeune fille qui a beaucoup étudié et elle a dû devenir ouvrière à la fabrique…Tout ça, c’est injuste. Mais quand même, il ne devait pas me battre si fort. À Noël, je lui ai promis qu’il pourrait me battre tant qu’il voudrait, mais cette fois c’était trop. »

Il me regardait, interdit.

« Notre-Dame de Fátima ! Comment un enfant peut-il ainsi comprendre et faire siens les problèmes des grandes personnes ? Je n’ai jamais vu ça ! »

Il soupira.

« Nous sommes des amis, oui ou non ? Nous allons parler d’homme à homme. Bien que j’en aie parfois la chair de poule de parler de certaines choses avec toi. Bon, je crois que tu n’aurais pas dû dire ces gros mots à ta sœur. D’ailleurs, tu ne devrais jamais dire de gros mots, tu sais ?
-Mais je suis petit. C’est le seul moyen que j’aie pour me venger.
-Tu sais ce que ça veut dire ? »

Je fis oui avec la tête.

« Alors, tu ne peux pas et tu ne dois pas.
-Portugâ ! »

Il y eut un silence.

« Hum,
-Tu n’aimes pas que je dise des gros mots ?
-Pas du tout.
-Eh bien, si je ne meurs pas, je te promets que je n’en dirai plus.
-Très bien. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de mourir ?
-Je t’expliquerai tout à l’heure. »

Nouveau silence. Le Portugais était préoccupé.

« Je voudrais savoir autre chose puisque tu as confiance en moi. Cette fameuse chanson, le tango, tu savais ce que tu chantais ?
-Je ne veux pas te mentir. Je ne savais pas exactement. Je l’ai apprise parce que j’apprends n’importe quoi et que la musique était jolie. Sans penser à ce que ça voulait dire… Mais il m’a tellement battu, Portugâ, tellement…Ça ne fait rien… »

Je reniflai longuement.

« Ça ne fait rien, je vais le tuer.
-Qu’est-ce que tu dis, petit, tuer ton père ?
-Oui, je le ferai. J’ai déjà commencé. Tuer, ça ne veut pas dire que je vais prendre le revolver de Buck Jones et faire boum ! Non. Je vais le tuer dans mon cœur, en cessant de l’aimer. Et un jour il sera mort.
-Que d’imagination dans cette petite tête ! »

Il disait ça, mais il ne parvenait pas à cacher l’émotion qui l’étreignait.

« Mais moi aussi, tu avais dit que tu me tuerais…
-Je l’ai dit au début. Ensuite, je t’ai tué à l’envers. Je t’ai fait mourir en te faisant naître dans mon cœur. Tu es la seule personne que j’aime, Portugâ. Le seul ami que j’aie. Ce n’est pas parce que tu me donnes des images, de la limonade, des gâteaux et des billes…Je te jure que je dis la vérité.
- Écoute, tout le monde t’aime bien. Ta mère, même ton père, ta sœur Gloria, le roi Luis…et  ton pied d’oranges douces, tu l’aurais oublié par hasard ? Le dénommé Minguinho et…
-Xururuca.
-Eh bien, alors !...
-Maintenant, ce n’est plus pareil, Portugâ. Xururuca est un simple oranger qui n’est même pas capable de donner une fleur…Ça, c’est la vérité…Mais toi, non. Tu es mon ami, c’est pour cela que je t’ai demandé de nous promener dans notre auto qui sera bientôt seulement la tienne. Je suis venu te dire adieu.
-Adieu ?
-C’est vrai. Tu vois, je ne suis bon à rien, j’en ai assez de recevoir des coups et de me faire tirer les oreilles. Je vais cesser d’être une bouche de plus… »

Je commençais à sentir un nœud douloureux dans ma gorge. J’avais besoin de beaucoup de courage pour dire la suite.

« Tu vas t’enfuir ?
-Non. J’ai pensé à ça toute la semaine. Ce soir, je vais me jeter sous le Mangaratiba.1 »

Il ne dit rien. Il me serra très fort dans ses bras et me réconforta de la façon dont lui seul savait le faire.

« Non. Ne dis pas ça, pour l’amour de Dieu. Tu as une belle vie devant toi. Avec cette imagination et cette intelligence. Je ne veux pas que tu penses ni que tu répètes ça ! Et moi ? Tu ne m’aimes pas ? Si tu m’aimes vraiment, si tu ne mens pas, tu ne dois plus parler de la sorte. »

Il s’éloigna de moi et me regarda dans les yeux. Il essuya mes larmes du revers de la main.

« Je t’aime beaucoup, Moustique. Beaucoup plus que tu ne le penses. Allons, souris. »

Je souris, un peu soulagé par ma confession.

« Tout ça va passer. Bientôt, tu seras le maître de la rue avec tes cerfs-volants, le roi des billes, un cow-boy aussi fort que Buck Jones…

José Mauro de Vasconcellos - Mon Bel Oranger

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L'affaire #Benalla? L'illustration des dérives d'un attachement féodal...

26 Juillet 2018 , Rédigé par Harold Bernat Publié dans #Politique

L'affaire #Benalla? L'illustration des dérives d'un attachement féodal...

(...)

"Après le capital financier de Marx et le capital symbolique de Bourdieu, le capital relationnel mesure une nouvelle conception du pouvoir. La "génération Macron" se relie en surface. Emmanuel Macron a ainsi levé une partie de l'argent de sa campagne comme d'autres constituent une cagnotte pour leur mariage en quelques clics sur Internet et un appel de fonds sur Facebook. Efficacité du réseau. Rien à voir cependant avec une quelconque "philia" politique. Nul besoin de partager des convictions solides pour transmettre ses liquidités. La logique relationnelle, clanique, le réseautage se passent très bien d'un ordre de valeurs transcendantes. Pour la "génération Macron", tout est jeu de positions et lutte des places. Ce capital relationnel partage le destin des champignons: il se reproduit en milieu humide. Souvenir d'un contact, d'une accolade, d'un sourire, d'une petite attention que les nouveaux maîtres ès émotions délivrent en fonction de leurs intérêts bien compris. Les nouveaux partenaires de l'émotion efficace, toujours dans les limites du principe de libéralité suffisante, se reconnaissent. Ils s'aiment déjà et se jurent fidélité. Le "Fürhung", ce vieux principe féodal qui consiste à être adoubé par le chef en un geste, par thaumaturgie et magie initiatique du contact, retrouve ici toute sa place."

(...)

Harold Bernat - Le néant et le politique/Critique de l’avènement Macron - Ed L'Echappée

                          ____________________________________________

Cet extrait du livre d'Harold Bernat explique de manière lumineuse les liens qui unissent les membres de la Macronie. 

Si Mr Benalla est à ce point défendu - le Président de la République l'a fait APPLAUDIR par ses affidés le mardi 24 juillet - c'est parce qu'il a bénéficié un jour de ce "Fürhung" dont parle Harold Bernat. 

"Souvenir d'un contact, d'une accolade, d'un sourire, d'une petite attention"...

La "manipulation" des émotions en guise de "liens politiques" et d' "intérêts bien partagés"...

Tous ces gens sont symboliquement tellement "enfermés" dans leur admiration/dévotion au "chef" qu'il leur est très difficile ensuite de se défaire, de se démettre, encore plus de contredire ce même "chef".

Un "Nouveau monde" fort poussiéreux...

Christophe Chartreux

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Bientôt un rectorat par grande région académique...

26 Juillet 2018 , Rédigé par L'Etudiant Publié dans #Education, #Politique

Bientôt un rectorat par grande région académique...

La réforme territoriale est lancée. En 2020, les régions académiques ne compteront plus qu'un rectorat. Cette annonce de taille en pleines vacances scolaires ne passe pas du côté de certains syndicats, qui voient rouge.

De 30 à 13. Le gouvernement a rendu ses arbitrages sur la réforme territoriale : il n'y aura en 2020 plus qu'un rectorat par région académique. Après une réunion des recteurs à Matignon le 16 juillet, les ministres de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, ont choisi d'esquisser, dans une interview à l'agence de presse professionnelle AEF, les grandes lignes de cette révolution qui aura lieu "par étapes successives en fonction de la maturité des projets et du dialogue avec les élus locaux".

Le tempo des annonces passe mal

Une annonce tardive qui passe mal chez les syndicats. "Une réforme pareille présentée en plein mois de juillet quand tout le monde est en vacances. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un peu cavalier", glisse Jean-Rémi Girard, le président du Snalc. "En termes de communication, cela passe mal. Il n'y a aucun respect pour le dialogue social, lâche excédé Jean-Marc Boeuf, le secrétaire général d'A&I-Unsa. On nous a reçus au ministère en mai mais on a l'impression d'avoir été menés en bateau. Cela met les syndicats réformistes en difficulté. À un moment, comment fait-on ?" Même amertume du côté du Sgen-CFDT. "À aucun moment, les ministres n’évoquent la question du dialogue social ou même de consulter les usagers. Cela soulève de sérieuses inquiétudes pour la construction de la réforme dans les académies", regrette Catherine Nave-Bekhti, co-secrétaire générale du syndicat.

Ces organisations attendent de pied ferme une réunion pour y voir plus clair et envisagent une réaction commune à la rentrée. "Nous attendons aussi de voir le positionnement des élus locaux sur le sujet. Certains ne seront pas enchantés que leur ville perde un rectorat…", ajoute Jean-Rémi Girard. C'est justement cette réaction politique qui a amené le gouvernement à jouer la prudence sur ce sujet. "Le dossier a été retardé car, du point de vue des élus, on a quand même quelques sujets, certains territoires sont délaissés, comme Limoges ou Amiens. Il y a un traitement politique de la question à faire avant les annonces", expliquait-on il y a quelques semaines au ministère de l'Éducation nationale.

Des élus que Jean-Michel Blanquer a tenu à rassurer dans l'entretien. "Certaines fonctions des rectorats pourront être positionnées dans des villes qui ne sont pas capitales régionales. Il pourra y avoir par exemple un rectorat d’académie dans une ville et la chancellerie des universités dans une autre. Il n’y aura ni perdants ni gagnants", assure-t-il.

(...)

Laura Taillandier

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Education - Rendre le métier plus pénible pour le rendre plus attractif?...

26 Juillet 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Education - Rendre le métier plus pénible pour le rendre plus attractif?...

EXTRAITS

Le rapport sénatorial sur le métier enseignant reprend les objectifs de Cap 22 

26/07/2018 - 03h00- "Ce ne sera pas un rapport comptable". Les propos du sénateur Max Brisson (LR), auteur avec la sénatrice Françoise Laborde (RDSE), du rapport sur le métier d'enseignant, sont pourtant démentis par le contenu du rapport qui évoque des modifications de statut , de recrutement, d'affectation qui reprennent largement les recommandations du rapport Cap 22 : annualisation des services, révision du temps de travail, obligation de remplacement, personnalisation des affectations et reconnaissance du "mérite". On notera deux apports. D'abord l'idée de varier le calendrier de recrutement des enseignants entre 1er degré et 2d degré. Ensuite la reconnaissance d'un point que le Café pédagogique en juin : derrière la question du concours d'admissibilité en L3 il y a celle de la récupération des 25 000 postes de fonctionnaires stagiaires.

"Ce ne sera pas un rapport comptable. Ce ne sera pas non plus un rapport de dénigrement. On veut jeter un regard bienveillant sur la profession". Max Brisson, agrégé, inspecteur général, et Françoise Laborde, professeure des écoles, publient le 25 juillet un rapport attendu sur le métier enseignant, réalisé pour la commission de l'éducation du Sénat,. Et il est peu en accord avec ces engagements. Si le rapport aborde les questions de recrutement, d'affectation, de statut et de carrière, ses préconisations sont toujours très proches des idées ministérielles et du rapport Cap 22, qui, lui au moins, annonce clairement la couleur sur son obsession budgétaire.

Recruter en L3

Supprimer 25 000 postes de professeurs stagiaires

Changer les règles d'affectation

Annualiser le temps de travail

Rendre le métier plus pénible pour le rendre plus attractif ?

Avec tout cela peut on rendre le métier d'enseignant plus attractif ? Evidemment ce n'est pas en aggravant les conditions d'exercice, en rendant l'accès au métier plus couteux et en maintenant des salaires bas qu'on améliore l'attractivité. Celle ci apparait donc comme un prétexte. L'objectif réel de ce rapport c'est de matérialiser le soutien de la Commission de l'éducation du Sénat au projet ministériel et gouvernemental.

François Jarraud

Le rapport

Sur les concours

Sur Cap 22

La Cour des comptes demande l'annualisation

 

Le billet complet est à lire ci-dessous

 

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Paolo Conte...

25 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Gilles Perrault.. Dossier 51...

25 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Date : 19-10-1968
Origine : Mercure
Destinataire : Minerve
Objet : 51
Classement : TS
Référence : 2154 GD

51 est mort.

Il s'est tué sur la route le 18-10-1968 vers 10 H. du matin, heure à laquelle s'ouvrait au ministère des affaires étrangères une conférence où il était attendu. Il était au volant d'une voiture Peugeot 404 qu'il avait loué à Paris vingt minutes plus tôt. On ignore quelle était sa destination. Il était seul à bord.Sa voiture a quitté la chaussée à environ cinq cent mètres de la sortie de l'autoroute de l'Ouest vers Versailles et a percuté de plein fouet un pylône du terre plein central après avoir enfoncé le rail de protection; 51 est mort sur le coup.

D'après la presse parisienne, l'enquête n'a pas permis d'établir les causes de l'accident. La chaussée était sèche. Les examens n'ont révélé aucune défaillance mécanique. Il n'y a pas de trace de coup de frein. L'hypothèse retenue est que 51 a été victime d'un malaise.

Gilles Perrault - Dossier 51

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25 Juillet 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Cinéma

Synopsis

Esmail, jeune et charmant iranien vit au Danemark où il travaille comme  déménageur. Pourtant, le soir venu, il fréquente les lieux huppés de la  ville pour séduire des femmes, espérant ainsi se marier et obtenir un  permis de séjour. Lorsqu'il rencontre Sara, tout bascule. Sur le point  d’arriver à ses fins, il est traqué par un homme mystérieux …

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