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Vivement l'Ecole!

Anwar...

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Romain Gary...

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Je n'ai jamais imaginé qu'on pût être à ce point hanté par une voix, par un cou, par des épaules, par des mains. Ce que je veux dire, c'est qu'elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n'ai jamais su où aller depuis. »

Romain Gary - La Promesse de l'Aube

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Le dédoublement des CP en REP+... Cette bonne idée sur le papier...

24 Juin 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

Le dédoublement des CP en REP+... Cette bonne idée sur le papier...

EXTRAIT

Services publics dans les campagnes : "C'est une bataille permanente que nous menons"

(...)

Ces services publics sont-ils adaptés aux territoires aujourd'hui ou est-ce qu'il y a parfois des dysfonctionnements ? Le dédoublement des classes de CP dans les écoles, par exemple, paraît être une bonne idée sur le papier...

C'est effectivement une bonne idée, mais à Allonnes, ça va coûter 35 000 euros sur le budget de la Ville. Nos deux enseignants supplémentaires présents pour intervenir dans les écoles en renfort, dans le cadre du plan "plus de maîtres que de classes", vont également disparaître avec le dédoublement des CP. Aujourd'hui, il y a besoin d'être en alerte, en exigence. Nous n'avons pas assez de policiers, le gouvernement vient de limoger le directeur de l'hôpital psychiatrique parce qu'il se battait pour conserver son autonomie et des moyens pour pouvoir relever le défi... C'est une bataille permanente que nous menons. D'ailleurs, à l'entrée de la ville, nous avons un panneau sur lequel il est écrit "zone préservée services publics" parce que c'est une longue histoire d'actions, de lutte avec les habitants, pour obtenir parfois un certain nombre d'évolutions ou d'avancées.

(...)

France Info

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Littérature jeunesse avec Claudine Desmarteau et Laurent Moreau...

24 Juin 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Littérature jeunesse avec Claudine Desmarteau et Laurent Moreau...

Claudine Desmarteau et Laurent Moreau sont les invités de Christophe Ono-dit-Biot à l'occasion de la publication de leurs livres respectifs : "Un mois à l'ouest" (Thierry Magnier, 173 pages) et "Jouer dehors" (Hélium, 48 pages).

Aujourd'hui, c’est presque les vacances, on va arrêter de penser à soi et on va penser aux autres, aux petits, aux petits lecteurs, ceux qui deviendront les grands lecteurs de demain, ceux qui dévorent, qui veulent dévorer, des livres, et nous avons donc invité deux auteurs "jeunesse", comme on dit, dont il faut absolument que vous fassiez la connaissance, il s’agit de Claudine Desmarteau et de Laurent Moreau.

Claudine Desmarteau est illustratrice et romancière pour la jeunesse, on lui doit notamment les aventures du personnage "Le petit gus", déclinées en série chez Albin Michel, une sorte de petit frère du Petit Nicolas. Elle publie chez Thierry Magnier un roman pour les adolescents, Un mois à l’Ouest, aux éditions Thierry Magnier. Un mois à l’ouest, c’est avant tout le récit du road-trip de Fred, alsacien de 20 ans, en Amérique, de Montréal à New-York, en passant par Québec. Un road-trip forcé, assez sombre, qui tient davantage de la fuite – Fred ne pouvant supporter de rester à Montréal, après sa rupture avec Emma, la fille pour qui il a fait ce voyage depuis Strasbourg – que d’une soif de voyage et de découverte. Ce sera tout de même un voyage pour le moins marquant pour le narrateur, l’occasion de rencontres impromptues, parfois dangereuses. 

On doit à Laurent Moreau une véritable somme de livres que nous avons avec nous ici… Dans la forêt des masques, notamment, règle le problème des cadeaux d’anniversaire. Il publie aujourd'hui Jouer dehors, aux éditions Hélium, qui s’adresse à un public bien plus jeune que celui de Claudine Desmarteau – à partir de 4 ans. C’est un imagier, qui met en scène les déambulations d’un petit garçon et d’une petite fille, invités par leur maman à jouer dehors, à travers quatorze paysages (la montagne, la jungle asiatique, la banquise ou encore les déserts africains), l’occasion pour eux de découvrir plus de 250 espèces d’animaux, dont beaucoup sont menacées. Les animaux sont-ils le vecteur le plus puissant pour "parler" aux jeunes esprits ?

Vincent Cuvelier a écrit, dans un livre intitulé Je ne suis pas un auteur jeunesse : "Ce métier, je ne sais pas ce que c’est, auteur jeunesse, pour moi ça ne veut rien dire, écrivain, ça a plus de gueule, auteur jeunesse je sais pas c’est un peu cucul la praline, comme si parce qu’on écrit pour des gamins, on n’assumait pas complètement la dimension artistique du métier, genre on serait des auteurs, ça suffit pour les mômes, c’est bien bon, pour moi c’est simple, je fais des livres, j’écris, donc je suis écrivain." "Où est l’enfance est l’âge d’or", disait également Novalis, et on est un peu au cœur de l’âge d’or avec ces deux auteur, ce qui ne va pas sans une certaine gravité parfois, comme on le voit avec le sujet de Claudine Desmarteaux. Il n’empêche, ces auteurs sont, dans la mesure où ils écrivent pour la jeunesse, les garants d’un enjeu crucial, la transmission de la littérature. En effet, les enfants, et même les petits font leur apprentissage de la vie, de la lecture, qui est la vie, grâce à eux, grâce à leurs livres. l’enfant "entre en littérature" par l’écoute, par la vue, puis par la lecture. Un tout-petit est endormi par une berceuse. Plus âgé, il apprend des chansons et des comptines, il se fait raconter des histoires, puis il regarde les images de l’album que l’adulte lui lit à voix haute. Souvent l’enfant voit les images et le texte jaillit, dit par un autre...

Merci à Claudine Desmarteau et Laurent Moreau de participer à cette émission consacré à la littérature dite jeunesse.

Christophe Ono-dit-Bio

Leurs choix musicaux :

  • Claudine Desmarteau : Wish You Were Here, The Pink Floyd
  • Laurent Moreau : Tour, The Courtneys
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« Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes »

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

« Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes »

« Depuis que je suis enseignante, je me suis très souvent remise en question » ; « Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes » ; J’adore inventer des situations nouvelles pour vois comment vont réagir les enfants » ; « Mes lectures ? Des livres de pédagogie, de linguistique, de psychologie de l’enfant, et pas seulement du Dolto… ».

Mais quel est ce Professeur d’Ecole qui s’exprime aussi librement, avec autant d’enthousiasme ? Certainement une « mordue » qui ne décrochera plus.

Oui mais seulement voila… C’ est une veinarde : elle enseigne en maternelle, la section « chouchoute », l’univers clos, protégé, à l’écart des conflits et du démon de l’échec scolaire. En maternelle, ni examen, ni sanction. De plus, c’est la vitrine de la recherche pédagogique. Bref la maternelle est une oasis, un lieu d’expression et d’épanouissement épargné par les contraintes.

Coin-poupées, coin-cuisines, coin-livres… Des images aux couleurs vives accrochées partout aux murs… Un cochon d’Inde dans une cage, la mascotte des enfants… L’énorme calendrier où sont notés les anniversaires…En rouge et en gros caractères le dimanche... Des bouts de moquette de toutes les couleurs où l’on s’assoit pour lire, en puisant à pleines mains dans de grands paniers remplis de livres…Nathalie s’est mise à part ; elle prépare la cuisine des poupées… Tout à l’heure sera « le temps des mamans » où chacune d’elles viendra dans la classe chercher son enfant, en prenant tout le temps qui lui sera nécessaire…C’ est qu’elle a bien changé l’école maternelle. Hier on y exécutait les ordres au sifflet ; aujourd’hui elle est le salon de l’innovation pédagogique, enviée par le monde entier ! Lentement mais sûrement, la scolarisation des tout-petits (2 ans) progresse. Personne ne conteste plus les apports d’une école maternelle vivifiée par les recherches pédagogiques et par l’application de méthodes nouvelles :

  -       elle permet de repérer très tôt les handicaps
  -       elle offre de meilleures chances pour la réussite scolaire ultérieure

Il convient néanmoins de nuancer ces indiscutables réussites. L’école maternelle n’efface pas la tare indélébile du système éducatif, à savoir la reproduction des inégalités sociales. Le fils d’ouvrier/employé qui rentre à l’école à trois ans n’a guère d’espoir, statistiquement parlant, de mieux réussir sa scolarité primaire que son camarade fils de cadre, lequel ne l’aura pourtant rejoint qu’en CP. Et la créativité des professeurs d’école en maternelle n’est pas encore pour eux un passeport pour la réussite scolaire. Hélas !

A ce sujet, il est nécessaire de souligner que les professeurs d’école exerçant en maternelle pratiquent un militantisme pédagogique hors du commun. La liste des « charmes » de l’école maternelle, trop longs à énumérer, est le résultat de ces réflexions en commun, de ces permanentes remises en question, de l’ébullition pédagogique qui font envier notre école maternelle partout dans le monde :

-       Le dialogue parents/enseignants y est plus qu’encouragé. Les parents ont le droit d’entrer dans les classes, de s’attarder avec les autres parents et enseignants
  -       Certains parents mettent la main à la pâte et participent à l’animation de l’école
  -       Les heures d’accueil peuvent être modulées en fonction du rythme des enfants
  -       La sonnerie est très souvent supprimée
  -       Dans les écoles où sont scolarisés les « 2 ans », ceux-ci entrent après les « géants » de 5 ans afin d’éviter les bousculades
  -       L’enfant est astreint au code collectif de vie mais il peut choisir ses activités, avancer à son rythme
  -       L’enseignant est délivré de programmes imposés trop contraignants,  des carnets de notes et des devoirs
  -       L’enseignant peut prendre son temps, observer, écouter et attendre tel ou tel bambin.

Mais les premiers sombres nuages commencent à s’accumuler au dessus de nos écoles maternelles. On a dit et répété aux parents qu’elles préparaient, qu’elles conditionnaient l’avenir scolaire des enfants. Désormais la maternelle est de plus en plus intégrée dans la stratégie scolaire. (En particulier dans les milieux aisés). Certains vont jusqu’à se persuader qu’intégrer le CP à 5 ans offrira plus de chances à leur progéniture pour « faire » Normale Sup. ou Polytechnique.  Les professeurs d’école maternelle font l’objet d’une cour (d’une pression ?) insistante de la part des parents qui souhaitent voir leur enfant savoir lire à 5 ans, voire 4. On veut désormais une maternelle performante, mieux organisée, bref qui « produise » des effets visibles rapidement. Et la maternelle se mue, peu à peu, en antichambre du CP. C’est une erreur formidable !  Mais elle résulte :

  -       de la pression que d’aucuns font peser sur les parents par un discours lamentablement alarmiste et non dépourvu d’arrières pensées politiques.
  -       d’une période incertaine où « avenir » rime souvent avec « chômage ». 

   
  Il est à craindre que d’autres demandes croissantes pesant sur cette école ne fassent voler en éclats ce qui assurait les belles heures de la maternelle :
   
  -       la liberté pédagogique
  -       l’inventivité et la prise en compte des innovations pédagogiques
  -       l’absence de contraintes
  -     la prise en compte du développement de l’enfant sanctionnée par son évolution et par elle seule

Tout ce qui n’existe plus en école élémentaire...

Christophe Chartreux

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Enseigner, c'est vivre - 23 septembre 2006...

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Enseigner, c'est vivre - 23 septembre 2006...

Ecrit le 23 septembre 2006...

Je suis tombé dans l'enseignement comme Obélix dans la potion de son druide bien aimé. Mon arrière-grand père, mon grand père et mon père étaient instituteurs, hussards noirs de la République. Seul mon père a souhaité un jour sortir du rang et devenir Inspecteur de l' Education Nationale. Je lui en ai, pendant un temps, terriblement voulu.

Partis en Algérie pendant les années de sang, de 1955 à 1960, mes parents m'ont fait naître dans cette  Algérie française qui n'était française que par la volonté des colons puis de l'armée. Je n'ai aucun souvenir de mon pays natal, l'ayant quitté à l'âge de trois ans pour le Maroc où sont restés mes plus beaux souvenirs. Jusqu'au jour où mon père, triomphant, nous a annoncé, à ma mère et à moi, qu'il avait décroché le concours d' Inspecteur. J'avais seize ans et ce succès signifiait le retour en France. Un monde s' écroulait ! J'ai compris, plus tard, qu'on n'est pas du pays de sa nationalité, mais du pays où l'on a son passé, ses amis d'enfance et ses premières amours, du pays de son école et des ses maîtres. J'aime la France, bien entendu ! Mais mon coeur a laissé sa trace dans le sable des plages d'El Jadida et de Casablanca, à tout jamais.

Je vois encore mon père, assis à la table de la cuisine, corrigeant les copies pendant que je faisais mes devoirs. C'est tellement mieux d'avoir son père pour demander de l'aide et obtenir réponse. Nombre de mes élèves, en rentrant chez eux, n'ont pas cette chance. Je le regardais, du coin de l'oeil, appliqué à toujours expliquer telle erreur, en rouge, «la couleur du maître et des empereurs de Chine» disait il. Et la soirée s'écoulait, sans télévision. Les nouvelles de France n'étaient audibles, sur France Inter, qu'à partir de neuf heures du soir, et encore ! On écoutait le Pop club de José Arthur... Alors je dévorais les livres comme autant de délicieux loukoums. Il fut mon premier maître.

Ma mère ne travaillait pas, comme on dit bêtement pour une femme qui ne perçoit pas un salaire. Elle a travaillé à m'élever, dans le respect absolu du Maroc, dont j'ai appris la langue, dont j'ai apprécié les coutumes. Chez moi, le jeudi, les amis s'appelaient David, Khadija, Antonio et Jean-Pierre. Jamais nous ne faisions de différences entre juifs, musulmans et chrétiens. Certaines familles françaises nous le reprochaient. Il en aurait fallu bien plus pour impressionner mes parents. Cela me peine d'entendre aujourd'hui dans le pays de Voltaire toutes les intolérances, les soupçons savamment entretenus, les haines. Je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre. Mes amis avaient leurs confessions mais surtout un coeur, un regard et des mots qui me bercent encore. D'illusions ? Peut être...

C' est au Maroc que j'ai entendu pour la première fois le mot pédagogie. Je me souviens très bien des discussions animées le dimanche à la plage entre mon père et ses collègues. Ah Célestin Freinet ! C'est qu'ils en seraient presque venus aux mains, ces grands enfants ! Mais tout se terminait avec l'accent de là-bas dans des éclats de rire... Et du haut de mes dix ans, je me disais déjà que cela devait être un sacré métier si l'on en parlait même le dimanche à la plage. Et ce Freinet devait être quelqu'un d'importance. Peut être qu'il viendrait un jour dîner à la maison ! Plus tard j'entendrai aussi le nom de Philippe Meirieu. Mon père lui vouait une grande admiration.

« Papa, je veux être professeur plus tard. »

Je crois que si j'avais annoncé avoir découvert le trésor des Etrusques, il en aurait été moins fier !

« Mon fils, tu empruntes un chemin noble et difficile mais, écoute moi bien, mon fils-je, l'entends encore, si tu es professeur, il faudra, tu m'entends bien, il faudra que tu aimes avant toute chose, avant toi même, avant ta future femme, que tu aimes tes élèves ! Il n'y a pas d'enseignement sans amour ! Enseigner, c'est vivre et on ne vit pas sans amour ! Tu as compris mon fils ? »

Il avait raison mon père. Il est parti le 4 septembre 2005, le jour de la rentrée, sans prévenir. Le jour de la rentrée ! Il m'a fait ça, à moi ! Je suis certain qu'il l'a fait exprès pour que je pense à lui à chaque début d'année scolaire. Il aurait pu en faire moins le bougre !

Ma mère l'a suivi le 8 janvier 2006. Elle me laissait lire tard le soir. Ils sont restés près de moi pendant toutes mes années d'études. Ils sont près de moi chaque jour.

Je souhaite à tous les enfants de France de trouver leurs parents le soir en rentrant de l'école...

Il faut que je pense à photocopier l'acte I, scène 4 d' Andromaque pour mes troisièmes...

C'est curieux comme la tragédie prend toute son ampleur, toujours, au soleil !

Christophe Chartreux

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Enseigner ou l’art d’improviser...

24 Juin 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Enseigner ou l’art d’improviser...

EXTRAIT

Le métier d’enseignant s’invente au jour le jour, les cours se nourrissent des interactions avec les élèves, s’enrichissent d’année en année des expériences précédentes, des connaissances acquises au fil du temps. Caroline Jouneau-Sion, professeure d’histoire-géographie au lycée Germaine-Tillion à Sain-Bel dans le Rhône, vit sa profession comme celle d’un artisan où la créativité est sans cesse sollicitée.

Longtemps, elle a eu l’impression de bricoler avec l’inquiétude du manque de construction solide susceptible d’être assimilé à un manque de sérieux. Elle se souvient de l’été 99 pendant lequel elle se préparait à son année de stage. Que préparer, pour quelles classes, les questions se bousculent alors qu’elle ne saura qu’à la fin août auprès de quelles sections elle allait intervenir. Elle empile les ressources à la bibliothèque, frénétiquement, sans se sentir prête, jusqu’à ce que son mari lui suggère d’aller voir sur Internet. Elle découvre les richesses du partage et de la mutualisation en tombant sur les cours de Françoise Moréda en histoire et Cécile De Joie en géographie, qu’elle adapte. Dans la foulée, elle s’abonne à la liste de diffusion H-Français, adhère peu après à l’association Les Clionautes, en devient la présidente. Ce sont dans ces échanges, ces lectures, qu’elle étoffe ses pratiques professionnelles.

Elle raconte qu’elle a quitté son costume de « combattante » pour une approche plus « enseignante » avec les élèves le jour où elle a lu une contribution sur le thème de « vous savez qu’on peut sourire aux élèves, ce n’est pas grave ». Elle a le sentiment de construire au jour le jour son métier, de répondre par ces trouvailles et ses initiatives qui en découlent, aux problèmes qu’elle rencontre, aux particularités des contextes et des élèves, de vivre aussi ainsi sa profession loin de l’ennui.

(...)

Monique Royer

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Discours de remerciement à Madame Najat Vallaud-Belkacem - Remise des Palmes Académiques

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Discours de remerciement à Madame Najat Vallaud-Belkacem - Remise des Palmes Académiques

Madame Vallaud-Belkacem, chère Najat,

Monsieur le Maire de Longueville,

Madame Delandre, chère Béatrice

chers collègues, chers élèves, chers parents, mesdames et messieurs...

merci à toutes et tous d'avoir répondu à mon invitation. Je remercie aussi les absents qui ne pouvaient être là mais, ils me l'ont dit, auraient été très heureux de partager ce moment de convivialité avec nous toutes et tous.

S'il y a bien quelque chose que je ne sais pas faire, c'est parler de moi. Alors, je vais vous parler de personnes que vous ne connaissez pas ou peu. A travers eux, c'est évidemment de moi dont il sera question. Mais surtout de ce métier qui m'a tant apporté et m'apportera encore...

Vous comprendrez aisément que je m'attarde tout d'abord sur la présence exceptionnelle de Najat Vallaud-Belkacem qui nous fait, qui ME fait l'honneur et le plaisir d'être présente pour me remettre les Palmes Académiques. Jamais dans mes rêves les plus fous je n'aurais pu imaginer un tel "moment privilégié" comme disait Proust lorsqu'il désignait un souvenir venant cogner à sa mémoire. Je peux t'assurer, Najat, que ce moment présent restera pour moi à jamais un "souvenir proustien".

Najat c'est l'Amie majuscule, celle qui avant d'être Ministre, puis Ministre, puis "plus Ministre" est restée la même. Une femme de très grande valeur et fidèle à SES valeurs.

Evidemment, elle est aussi, par le pays de sa naissance, ce trait d'union entre notre passé et notre présent. La couturière de nos souvenirs en quelque sorte...

Je voudrais aussi saluer trois personnes absentes mais que je tiens à citer. Toutes trois auraient aimé être parmi nous mais la distance ou, pour l'une d'entre elles, un petit problème de santé sans gravité, les ont empêchées de partager ce moment avec nous:

Il s'agit de:

Claire Bussienne, agrégée d'arabe, chargée du développement des programmes d'arabe dans les établissements français au Maroc, avec qui j'échange beaucoup et qui m'apprend énormément.

Cécile Alduy, professeure de littérature de la renaissance à l'Université de Stanford en Californie qui m'apprend aussi à chacun de nos échanges par-delà l'Atlantique et le continent nord américain.

et mon ami Philippe Meirieu qui m'enrichit presque quotidiennement de son immense savoir en matière de recherches pédagogiques.

Et puis celles et ceux sans lesquels ni moi ni aucun enseignant ne serions ce que nous sommes.

Nos élèves.

Ils nous mettent parfois en colère mais au bout du compte, nous les aimons et nous vivons ensemble, au quotidien des moments exceptionnels et privilégiés. Ils sont celles et ceux qui nous permettent d'exercer une profession particulière: celle consistant à transmettre, tels des relayeurs sur une piste d'athlétisme, le "bâton/témoin" de nos connaissances. Que serions-nous sans eux?

Parfois ils désobéissent...

A ce sujet, écoutons Louise Tourret, journaliste à France Culture et qui collabore au site Internet SLATE:

"Il faut s'abstenir de regarder les enfants comme des êtres qui nous déçoivent quand leurs propos s'écartent de ce qui est attendu d'elles et eux. La transgression permet finalement de mieux éduquer, parce qu’elle offre plus d'opportunités d'échanger." *

Il n'y a rien à ajouter tant le propos est juste.

Recevoir une distinction offre l'occasion de regarder en arrière. Me sont revenus certains visages, certains noms...

Ces personnes ont jalonné mon parcours et ont participé à me construire.

Des professeurs. D'abord, à El Jadida au Maroc où je suis arrivé trois ans après ma naissance en Algérie. Je me souviens en particulier de Michèle Revol, une enseignante qui pratiquait la bienveillance - rien à voir avec le laxisme - avant que ce mot soit à la mode. Elle est restée gravée dans ma mémoire à jamais. J'ai toujours essayé de copier sa manière de transmettre. Je ne crois pas y être parvenu tant elle était exceptionnelle.

Je me souviens aussi de Casablanca et  du Lycée Lyautey (ces lycées français de l'étranger qu'il faut soutenir. Les professeurs qui y travaillaient, celles et ceux qui y travaillent aujourd'hui accomplissent un travail absolument remarquable dans la diffusion, dans le partage de ce que la France peut offrir de mieux en matière de culture). C'est au lycée Lyautey que j'ai découvert Camus...

Je me souviens de ma directrice de mémoire de maîtrise et de DEA, Françoise Joukovsky, professeur à l'université de Mont Saint Aignan, spécialiste en littérature de la Renaissance. Elle aussi d'une incroyable bienveillance, d'un dévouement de tous les instants. Une humaniste, forcément. Cette femme appliquait à la lettre cette recommandation de Michel Foucault lorsqu'il parlait d'enseignement. Il disait: "Il faut érotiser les savoirs!". Cela me convient tout à fait. Et Françoise Joukovsky le faisait mieux que personne, érotisant ses connaissances pour que nous ayons toujours plaisir à découvrir, à comprendre, à savoir. Un immense bonheur!

Je me souviens forcément de ma mère qui m'a accompagné dans les bons et moins bons moments de mon adolescence.

Et puis une femme que je n'ai jamais oubliée. Elle s'appelait Khadija; je la surnommais Khadouj. Elle était notre "bonne" au Maroc ("Bonne" avec d'immenses guillemets car je déteste ce terme). Elle était d'abord, avant tout et seulement la grande soeur à qui je me confiais lorsqu'enfant j'avais à partager un moment heureux ou moins heureux. Cette femme ne savait ni lire ni écrire mais elle savait mieux que personne lire dans mon regard et écrire dans ma mémoire. Rien d'elle ne s'est jamais effacé. J'ai appris énormément d'une femme illettrée... Paradoxe intéressant.

Je me souviens aussi d'un homme

Mon père préparant ses cours...

Mon père revenant du lycée...

Il était l'incarnation d'une école émancipatrice, libératrice. Libératrice de tous ces déterminismes sociaux qui font que le beau mot EGALITE inscrit aux frontons de nos bâtiments publics, de ce collège, reste encore - et restera toujours - un combat permanent, permanent et absolument nécessaire.

L'EGALITE des droits et des moyens bien plus que l'égalité des chances, cette égalité des chances que Philippe Meirieu aime ranger du coté de La Française des Jeux. L'avenir d'un enfant ne se joue pas aux dés. Il se construit jour après jour. Une tache difficile mais tellement exaltante!

L'EGALITE, que l'on caricature parfois en parlant d' "égalitarisme", c'est cet idéal commun qui n'appartient à personne mais qui ne peut que se partager. Un idéal commun qui permet aux enseignants, femmes et hommes que nous sommes de ne jamais nous satisfaire des inégalités. Ces inégalités qui hélas ont une fâcheuse tendance, vous l'aurez remarqué, à toujours se reproduire dans les mêmes groupes sociaux, en les frappant toujours d'une inexorable et identique fatalité. Cette fatalité, je la refuse et la refuserai toujours.

Mon père, que j'observais préparer ses cours, corriger ses copies sur la grande table du salon aux volets fermés pour nous protéger des morsures du soleil marocain, mon père dont j'attendais assis sur les marches de la maison le retour du lycée et qui en revenait toujours avec le sourire. Mon père m'a légué cela: le bonheur d'enseigner. J'espère que de là où il est, il est fier de son fils...

Enfin je voudrais remercier ma compagne qui me supporte depuis plus de 20 ans et je peux vous assurer que c'est un exploit. Merci à toi d'être ce que tu es, toi qui es aussi enseignante, en primaire où d'autres problématiques se posent mais nous faisons le même métier. Un jour, je suis persuadé que tu seras à ma place, que Najat t'épinglera cette belle médaille au revers de la veste... Et tu l'auras mérité bien davantage que moi.

En conclusion très brève, je laisserai la parole à Monsieur Germain, l'instituteur d'Albert Camus, un autre natif d'Afrique du Nord... Voilà ce qu'il disait à son élève dans une lettre restée célèbre:

"Je crois, durant toute ma carrière, avoir respecté ce qu'il y a de plus sacré dans l'enfant: le droit de chercher sa vérité."

Merci encore Najat d'être présente, de t'être rendue disponible, toi qui - je vais révéler un secret - n'as pas le permis de conduire et, plus sérieusement, sachant que ta vie professionnelle et ta vie familiale sont très prenantes. Donc, une fois encore, un immense merci à toi, merci d'être l'amie tellement précieuse et fidèle que tu es chaque jour...

Merci à vous toutes et tous!

Bonne soirée! Profitez des bonnes choses! Et surtout, surtout, n'en laissez pas une miette!!!!

Christophe Chartreux - 22 juin 2018

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Juliette...

23 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... François Cavanna...

23 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Dieu se dit que, s'Il avait su, Il aurait commencé par créer la lumière. Ce qui prouve qu'Il avait encore beaucoup à apprendre. Or Dieu, étant omniscient, ne peut rien apprendre qu'Il ne sache déjà. A moins naturellement qu'Il n'ait décidé, dans Sa toute-puissance, de ne plus savoir telle ou telle chose, c'est-à-dire de n'être plus omniscient. C'est-à-dire de n'être plus Dieu. Car Dieu peut tout, même cesser d'être Dieu. Même Se supprimer Lui-même. Ce qui est un peu gênant, car alors Dieu n'est pas éternel. Car s'Il est éternel, Il ne peut pas mourir, même s'Il en a décidé ainsi, et alors Il n'est pas tout-puissant. Dieu a donc le choix : ou bien pas éternel, ou bien pas tout-puissant. Et dans les deux cas : pas Dieu. Ceci est un problème insoluble. Un problème insoluble est un problème qui n'a pas de solution. S'il n'a pas de solution, personne ne peut la trouver, pas même Dieu. Donc, un problème insoluble est plus fort que Dieu. Mais les problèmes insolubles, comme toutes les choses, ont été créés par Dieu. (Pourtant, Il ne se rappelait pas avoir créé celle-là...) La créature ne peut pas être au-dessus de son Créateur. Tout ça donne à penser.

François Cavanna - Les écritures

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