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Vivement l'Ecole!

Revue de Presse Education... Politique éducative — Jeunesses — Vrac...

26 Juin 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Politique éducative — Jeunesses — Vrac...

Actualité éducative déjà en vacances sans doute. Quelques articles sur la politique éducative ici en France, sur la jeunesse, et un peu de vrac.

Politique éducative

Et l’on commencera par un retour !

Celui de L’éternel ’’retour’’ de l’hymne national à l’Ecole. Mais quelle’’ Marseillaise’’ ? par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires. “Le CSP, invité par Jean-Michel Blanquer à fixer des repères annuels de progression pour les programmes, n’a pas hésité à le faire pour l’hymne national lui-même. Et l’on est partagé entre le sentiment d’un inachèvement patent ou celui d’un ridicule achevé.”

Politique enseignante : la France est-elle mauvaise élève ? Trois questions à Noémie Le Donné. Par Institut Montaigne. “Le 11 juin 2018, l’OCDE a publié l’étude “Des politiques enseignantes efficaces – Perspectives de PISA”, qui analyse les résultats de l’enquête PISA 2015 sur l’enseignement à l’échelle mondiale, en se concentrant tout particulièrement sur ceux concernant les politiques enseignantes. Verdict : la France est particulièrement mauvaise élève en la matière. Pour quelles raisons ? Comment peut-elle s’inspirer des modèles vertueux existants ? Noémie Le Donné, analyste à la direction de l’éducation et des compétences de l’OCDE, l’une des auteurs de ce rapport, répond à nos questions.”

Apprendre à lire, ce n’est que du b.a.-ba ?Le ministère de l’Éducation nationale vient de transmettre un guide aux professeurs des écoles, qui leur recommande de privilégier la méthode syllabique pour l’apprentissage de la lecture. La réalité scientifique est plus nuancée.”

Education : le Conseil supérieur des programmes publie des « ajustements » à la réforme de 2016. “Les amendements, dans lesquels on retrouve de nombreuses promesses du ministre Blanquer, concernent les mathématiques, le français et l’enseignement moral et civique.”

Rémi Brissiaud : Des nouveaux programmes plus lourds. “Présentés bien différemment des autres, nettement plus légers, les programmes pour l’école et le collège en maths semblent copiés - collés des programmes de 2015. En apparence rien n’a changé. Une anomalie que Rémi Brissaud éclaire : si les nouveaux programmes ne changent guère c’est que le changement est ailleurs, dans les "repères pour les mathématiques" que le ministère a aussi publiés déjà pour les CP. Pour R Brissiaud, ce document signe la fin des cycles et alourdit sérieusement les contenus en CP.” La fin des cycles… mais c’est parfait pour un “retour” aux redoublements !"

Nouveaux programmes : Des enseignants furieux sur Internet. “" Il y a d’ailleurs quelque chose de très violent et de méprisant à l’égard des profs dans le calendrier de telles annonces de changements de programmes, au moment où les enseignants sont occupés par des tâches diverses et/ou épuisés par l’année passée : école de la malveillance ?" La publication de nouveaux programmes pour l’école et le collège dans 4 disciplines commence à agiter les salles de classe. Tous les enseignants sont loin d’en être informés. Beaucoup parmi ceux qui le sont accueillent mal de nouveaux textes qui ne deviendront officiels que le 12 juillet pour application à la prochaine rentrée.”

Rythmes scolaires : "Il y a un sujet des vacances en France, on va devoir le poser", estime Blanquer. “Avec 140 jours de classe, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des pays développés, et par conséquent les journées de travail les plus longues et les plus chargées. "Il y a un sujet des vacances en France. Ça fait longtemps que je dis que l’on va devoir le poser, tranquillement mais sûrement", a déclaré le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, vendredi au micro de la matinale d’Europe 1. "Au cours du quinquennat, on va réfléchir à cette question-là", promet-il.”

Interview de Vincent Troger : « La réforme de la voie professionnelle s’inscrit dans la continuité des politiques précédentes », Vincent Troger est maître de conférences à l’ESPE de l’université de Nantes et chercheur au CREN (Centre de recherche en éducation de Nantes)

Quel bilan, un an après, pour les classes de CP dédoublées ? par Julien Baldacchino. “Dans une enquête publiée ce lundi, le syndicat d’enseignants SNUipp-FSU dresse un bilan du dédoublement des classes de CP dans les zones REP+, qui doit être étendu aux CE1 à la rentrée prochaine. Si l’impact pédagogique est bon, la mesure est problématique pour l’organisation des écoles.”

Jeunesse

Le sociologue François Dubet scrute cinquante ans de jeunesses françaises. “Ou comment l’incertitude, "devenue un sentiment de masse", a remplacé la foi dans l’avenir. Entretien. “François Dubet a commencé ses recherches de sociologue dans les années 1970, en étudiant les luttes et mouvements sociaux. Puis, il a travaillé, notamment, sur les banlieues et sur l’éducation. Dans son nouveau livre, il s’intéresse à la jeunesse, qu’il aborde à travers trois générations : les années 1960, les années 1985–1995, quand il faut apprendre à devenir adulte dans le chômage et la précarité, et les années 2010. Entretien à bâtons rompus.” Réservé aux abonnés malheureusement…

Défiance, complotisme, radicalisation : l’immensité du défi. “Enquête après enquête, il se confirme que la perception conspirationniste du monde et la défiance revendiquée envers les vérités dites « officielles » ne relèvent pas de la boutade adolescente mais d’un phénomène massif, international et touchant toutes les générations.” “Un sondage de plus, cette fois à l’échelle européenne, vient confirmer les constats alarmants issus de différentes enquêtes précédentes sur l’emprise massive des théories du complot au sein des populations, non seulement parmi les jeunes mais aussi parmi les adultes.”

Tableau de bord de la jeunesse. Indicateurs. “L’INJEP a rassemblé et mis en ligne en lien avec ses partenaires 78 indicateurs de référence sur la jeunesse dans huit domaines de la vie quotidienne. Des données publiques fiables, réactualisées, et librement accessibles permettant à l’ensemble des acteurs de jeunesse de disposer d’une vision transversale et objective des jeunes de 15 à 30 ans.”

Et pour les tenant du “c’était mieux avant”, une référence, ancienne : Orientation et sélection scolaires : une enquête sur les enfants à la sortie de l’école primaire par Alain Girard, Henri Bastide, in Population Année 1955 10-4 pp. 605-626. Dans le cadre des “grands retours à …” on pourrait y revenir avec la suppression des cycles !

Vrac

Bac 2018 : une pétition dénonce le sujet de maths « trop difficile » de la série S. “Signée par 62 000 personnes depuis la fin de l’épreuve de mathématiques du bac S, vendredi, la pétition appelle à « une harmonisation des notes » pour ne pas pénaliser les candidats.”

Gard : le directeur d’un collège catholique qui avait dénoncé un viol a été licencié

Un directeur d’école catholique licencié par le diocèse après avoir dénoncé un viol. “Paul Gobillot, directeur du collège privé de Saint-Ambroix (Gard), a prévenu la gendarmerie avant sa hiérarchie. Pour justifier sa décision, celle-ci avance des dysfonctionnements.”

Bernard Desclaux

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Sur France 3, l’esprit critique à bonne école...

26 Juin 2018 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education

EXTRAIT

(...)

A l’origine de « l’atelier d’autodéfense intellectuelle » créé en septembre 2011 par Sophie Mazet, professeure d’anglais au lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), une expérience menée avec des terminales, qui lui permit de mesurer combien démêler le vrai du faux pouvait leur être difficile. « J’avais glissé, parmi les textes étudiés en classe, des articles de The Onion (1), média américain d’informations parodique dont se rapproche Le Gorafi, en proposant à mes élèves de les détecter. Aucun ne l’a été ; pas même le dernier de l’année, qui prêtait à Barack Obama un discours se terminant par : “God bless America, and fuck you !”. » Les travaux du linguiste américain Noam Chomsky et un voyage scolaire au Rwanda, visant notamment à étudier le rôle avéré des médias dans le génocide des Tutsis, inspirèrent dès la rentrée suivante à Sophie Mazet cet atelier facultatif, conçu pour développer l’esprit critique de jeunes exposés à l’influence des discours dominants et à certaines théories complotistes diffusées sur les réseaux sociaux.

(...)

François Ekchajzer

Le vrai du faux Mardi 26 juin 00h15 sur France 3

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Maxime Le Forestier... chante Brassens

25 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Rouaud...

25 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Entrant en tenue de soldat dans la chambre, à la tombée de la nuit, il s’approche sans bruit du berceau, se penche avec précaution pour ne pas verser sur cette petite chose endormie les tumultes de la guerre – abasourdi de joie soudain par ses minuscules poings serrés sur des songes blancs, ses cheveux d’ange, le trait finement ourlé de ses yeux clos, le réseau transparent de ses veines, l’inexprimable fraîcheur de son souffle qui trace sur la main meurtrie d’Emile comme une invitation au silence. Soulevant le voile de mousseline, Mathilde présente son œuvre à son grand homme. Car elle le voit grand dans sa triste tenue de combat qui sent la sueur, la poussière, l’infortune des armes. Elle lit dans ses traits durcis, dans les plis inédits de son visage autour de sa bouche et sur son front, l’âpreté de sa vie là-bas, ce courage permanent qu’il puise dans ses entrailles. Elle n’ose lui parler des privations de l’arrière, à lui qui est privé de tout, des rudes tâches d’homme à accomplir, des décisions à prendre seule, de sa lassitude, de ce Noël insipide sans lui […]. Elle se sent pleine de reconnaissance et de pitié. Posant une main sur sa nuque, elle avoue ce manque cruel de tendresse qu’il partage avec elle, tandis que, levant la tête du berceau, il s’enivre du doux parfum de la femme poudrée. Elle a tellement attendu qu’elle n’est plus certaine de reconnaître en cet homme celui dont elle guettait désespérément le retour. Elle se demande maintenant à le contempler près d’elle si elle n’a pas vu trop grand pour son tricot, quand elle essayait, en refermant ses bras sur elle dans une étreinte fictive, d’évaluer de mémoire le torse de son mari, avec cet emplacement pour poser sa tête à elle, ce creux tout exprès contre l’épaule qu’elle cherche de son front à présent… »

(...)

« La lettre de Commercy mit dix ans à arriver jusqu’à nous. Elle marqua pour Mathilde la fin de sa jeunesse, ce moment d’abdication où, si l’on s’autorise encore à rêver, c’est en s’interdisant désormais d’imaginer que la rêverie débouche un jour sur le réel. Dès la formule de condoléances, on comprend que rien de ce qu’on espère vraiment n’arrive jamais, qu’il n’y a pas de miracle, pas d’histoire de Polonaise aux grands yeux mettant le grappin sur un galant petit Français, pas d’amnésie provisoire, mais qu’Emile est bien mort. Simplement, son camarade signale l’avoir enterré de façon sommaire au pied d’un eucalyptus, où il saurait le retrouver si la famille se montrait désireuse de ramener le corps parmi les siens- ce qui avait été, semble-t-il, le désir du mourant et la raison de cet escamotage, pour éviter une inhumation collective ou la lente décomposition sur le champ de bataille. Mais il y a déjà plusieurs lignes que la vue de Mathide se brouille, et sur un clignement de paupières une ribambelle de larmes s’affale sur le papier. Ce n’est pas tant la confirmation de cette mort qu’elle a de toute façon apprise il y a douze ans maintenant, mais ce trait final qui clôt l’attente, cette porte qui se referme. »

Jean Rouaud - Les Champs d'Honneur

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Jean Rouaud : « Très cher Manu... »

25 Juin 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Jean Rouaud : « Très cher Manu... »

EXTRAITS

Dans une tribune au « Monde », le prix Goncourt 1990 revient sur l’altercation entre le chef de l’Etat et un jeune en marge des commémorations de l’appel du 18-Juin.

Cher Manu,

Ou plutôt très cher Manu, si on considère la folle montée des enchères qui accompagne votre mandat, au point que le gel des aides personnalisées au logement (APL), après la ristourne de 5 euros, a un côté tirelire en céramique rose comparé aux cadeaux somptueux offerts aux puissants.

En même temps, on a compris que 5 euros, c’était du « pognon » (en gros, l’argent que les enfants économisent pour la fête des mères), et que les cadeaux fiscaux, les dividendes, les salaires pharaoniques, c’est de l’investissement, du ruissellement, comme le bouquet final du feu d’artifice du 14-Juillet, quand des ombelles étincelantes se déversent au-dessus des campeurs ébahis qui resteront un jour de moins, parce que d’année en année le budget vacances est de plus en serré. Du moins pour ceux qui ont encore la chance de partir.

Sémantiquement, « pognon » fait vieux, plus du tout utilisé, mais c’est sans doute voulu, puisque tout est passé au pesoir de votre propagande. Que les aides aux démunis coûtent du blé, une blinde ou un bras, les démunis, ça risquait de leur parler. Ce n’était donc pas à eux que le message s’adressait. En langage crypté, « pognon » vise directement les nantis, qui ont toujours, sémantiquement, un train de retard quand ils se la jouent peuple. Un peu comme ce candidat à la présidentielle qui allait toujours faire ses courses à Prisunic. Et même à « Prisu », s’il s’était vraiment lâché. Ce qui lui a coûté votre place.

Ce sont les mêmes, nantis, vieux et bien-pensants, tous honnêtes gens, c’est-à-dire gens de grands biens, qui, au nom des valeurs (sonnantes et trébuchantes), refusaient jadis catégoriquement toute idée d’impôt sur le revenu, qu’ils considéraient comme un « vol de la propriété » – « le secret des fortunes violé », s’étranglait l’ignoble Thiers –, et qui trouvent aujourd’hui insupportable, inconcevable, inenvisageable, et pour tout dire scandaleux, d’aider leur prochain sous prétexte que tous ces assistés ne seraient pas fichus de se débrouiller par eux-mêmes.

C’est la grande loi naturelle du monde, que chacun soit récompensé selon son mérite. Celui de vos commanditaires est-il grand d’être nés pour la plupart une cuillère dorée dans la bouche ? De plus, on ne voit pas en quoi il y aurait du mérite à avoir du mérite. Le méritant ne peut que se féliciter de sa chance d’être méritant. Ce qui ne l’autorise en rien.

(...)

Votre mentalité de pion de dortoir

Tellement peu votre « affaire », les difficultés à vivre et à survivre du plus grand nombre, que les humbles en font cruellement l’expérience chaque fois que vous descendez de votre trône de parvenu docile aux puissances d’argent.

A peine un pied sur le parvis du peuple vous souffletez les « illettrées » des abattoirs de Bretagne, les ouvriers incapables de se payer des costards, les infirmières toujours à se lamenter d’empiler les heures. Il est évident que, dans ce cas, on ne peut exiger de vous que vous penchiez votre légendaire compassion sur la terre et les animaux. Les animaux continueront ainsi à être maltraités avant d’être abattus sans anesthésie, les poussins mâles d’être jetés vivants à la broyeuse, la terre d’être abreuvée de glyphosate et autres substances assassines, qui engraissent les profits de Bayer et de Monsanto, et on demandera à Total et à l’huile de palme d’assurer la transition énergétique.

(...)

Et maintenant, c’est la jeunesse que vous sermonnez, avec votre mentalité de pion de dortoir. La jeunesse s’en prendrait à votre olympique fonction. Laquelle jeunesse, si elle ne se conduit pas bien, n’aura pas ce beau costume qui est pour vous le mètre étalon de la réussite. Et qu’est-ce qui nous vaut ce courroux jupitérien ? La jeunesse vous aurait appelé Manu. Ce qui est tendre si vous vous rappelez la chanson de Renaud. « Eh déconne pas Manu, c’t’à moi qu’tu fais d’la peine. » Ce qui est objectivement vrai.

(...)

L’été arrive, c’est le moment de tomber la veste. « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste. » Encore un truc de vieux. L’an 01, cette fois. Un conseil pratique que vous auriez pu donner au jeune homme pour le jour où il voudra « faire la révolution ». Ce qui laisse des ouvertures. Il n’est pas inutile de rêver. Les rêves sont des programmes, cher Manu.

Jeannot

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous (pour abonnés)

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A Lire... "Trois jeunesses. La révolte, la galère, l'émeute" - François Dubet...

25 Juin 2018 , Rédigé par Bord de l'eau Edition Publié dans #Education, #Sociologie, #Jeunesse

A Lire... "Trois jeunesses. La révolte, la galère, l'émeute" - François Dubet...
Qu’est-ce qui change, qu’est-ce qui semble immuable ? Cette question se pose particulièrement à propos de la jeunesse qui semble tour à tour radicalement différente ou bien toujours la même au delà des modes. Il est d’autant plus malaisé de répondre à cette question que les images, les angoisses et les espoirs, projetés sur la jeunesse effacent souvent la « réalité » des expériences juvéniles, et que celles-ci ne sont pas homogènes en fonctions des conditions sociales, des sexes et des parcours des individus.
 
En comparant diverses figures des expériences juvéniles au fil des cinquante dernières années, ce livre n’essaie pas seulement de nous dire ce qui a changé chez les jeunes, mais aussi ce qui changé dans la société. Au cours de trois générations, la recherche d’une individualité de plus en plus singulière et autonome se heurte à l’émergence de nouvelles inégalités et surtout, de nouvelles manières de produire ces inégalités. Les dimensions relativement stables de l’expérience juvénile se heurtent à des épreuves profondément différentes.
 
François Dubet est sociologue et auteur de plusieurs livres et articles fondés sur des recherches entre les années 70 et aujourd’hui. Ses ouvrages ont été traduits dans le monde entier.
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Premier degré : Les élèves de Rep simplement privés d'école?...

25 Juin 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Premier degré : Les élèves de Rep simplement privés d'école?...

EXTRAITS

Pourquoi ne pas installer votre classe isolée au pied d'un HLM ? Cette perspective ne vous est pas venue à l'idée. Mais elle est imaginée par le ministère. La Caisse des dépôts rend compte de la signature le 21 juin d'un accord entre Les entreprises sociales pour l'habitat , la fédération des sociétés HLM, et le ministère de l'éducation nationale pour trouver des locaux pour les classes de Cp et Ce1 de l'éducation prioritaire dédoublées.

(...)

... " les ESH s’engagent à "appuyer l’Etat dans sa recherche de locaux pour accueillir les nouvelles classes dédoublées en proposant des locaux en pied d’immeubles..."

(...)

... Pas besoin d'école, pour les enfants des quartiers populaires. Autant leur mettre l'école à la maison...

F Jarraud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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A mes élèves... Je vous ai tant aimés!...

25 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

A mes élèves... Je vous ai tant aimés!...

Qu'est ce qu'aimer lorsqu'on parle d'Ecole, d'élèves?

Aimer, c'est à mes yeux être heureux d'aller au collège chaque matin. Oh je sais parfaitement que nombreux sont les collègues qui, en lisant ces lignes, ne peuvent pas partager mon point de vue. Et je les comprends, confrontés qu'ils sont à de multiples incivilités, voire des violences. J'ai l'immense privilège de n'avoir jamais connu ces établissements dits "difficiles". Je ne peux donc ni ne veux donner aucune leçon à ce sujet. La souffrance enseignante existe. La souffrance sociale des élèves existe. Ce sont les rencontres de ces souffrances accumulées qui font du quotidien parfois un enfer. A ceux-là, professeurs et élèves, je veux dire toute ma compréhension et mon soutien. L'idéal n'existe pas... Mais combattre pour l'en approcher reste et restera un devoir commun

Aimer, c'est être touché par des instants de grâce. C'est savoir encore être ému et ne pas le cacher. C'est trembler d'émotion devant telle réponse inattendue, telle erreur naïve, telle copie remplie d'erreurs mais aux propos si justes. C'est savoir toujours féliciter et encourager l'excellent élève. Mais si, ils sont encore très nombreux ! C'est, au sortir d'une séance, être épuisé mais heureux d'avoir le sentiment de la réussite. Surtout pas la certitude! La séance d'après sera différente et peut-être un échec absolu...

Aimer, c'est partager des instants tranquilles et discrets avec ses collègues. De quelque matière qu'ils soient, quel que soit leur "niveau", leur expérience. Nous devons travailler en commun, en équipe. J'espère que la formation des enseignants des générations futures insistera sur ce point... Chaque collègue est un trésor d'inventions, une mine de renseignements utiles, une oreille attentive. Ecoutons-nous! Parlons-nous! Partageons nos angoisses, nos soucis. avouons nos échecs. Nous ne sommes pas parfaits et ne le serons heureusement jamais. "La chair est triste hélas et j'ai lu tous les livres" pleurait Mallarmé... Nous ne ferons pas le tour de ce métier, même en partant en retraite à quatre-vingts ans...

Aimer, c'est savoir sanctionner. Souvent les anti "pédagogistes" nous caricaturent, faisant croire que nous serions une bande de Bisounours, pardonnant tout, laxistes, ne corrigeant jamais, abandonnant "l'élève au centre du système"... Nous savons et devons sanctionner quand cela s'avère nécessaire. et c'est souvent nécessaire. Mais la sanction est aussi une pédagogie. Elle a ses règles. Il serait trop long de les rappeler aujourd'hui... Sanctionner n'est pas punir. Sanctionner, c'est une autre manière d'aimer...

Aimer, c'est regretter ses élèves. C'est regretter l'odeur si particulière de la salle de classe. Elles ne laissent plus échapper celle de l'encre ou du bois ciré, caressé par des mains adolescentes. Mais entre les murs, dans cet espace maintenant vide, j'entends leurs voix. Pour certaines, la dernière fois... Et j'en éprouve un sentiment indéfinissable... Ni nostalgie, ni tristesse... Autre chose... Parfois les mots sont inutiles...

Aimer, c'est refermer la porte derrière soi. C'est tourner la page 32 - je crois - de ma carrière et déja, avec gourmandise, commencer à rédiger la suivante. Qui seront-ils? Que ferons-nous? Je ne sais encore... Les pages des livres de nos carrières ont une particularité unique: elles sont vierges et c'est nous, les enseignants, qui les écrivons...

A l'année prochaine Pierre, Sélim, Lucille, Flora, Arnaud, Louis, Cécile, Guillaume...

Oui... Je vous ai tant aimés !

Christophe Chartreux

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Rémi Brissiaud : Des nouveaux programmes plus lourds...

25 Juin 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Politique

Rémi Brissiaud : Des nouveaux programmes plus lourds...

EXTRAIT

Présentés bien différemment des autres, nettement plus légers, les programmes pour l'école et le collège en maths semblent copiés - collés des programmes de 2015. En apparence rien n'a changé. Une anomalie que Rémi Brissaud éclaire : si les nouveaux programmes ne changent guère c'est que le changement est ailleurs, dans les "repères pour les mathématiques" que le ministère a aussi publiés déjà pour les CP. Pour R Brissiaud, ce document signe la fin des cycles et alourdit sérieusement les contenus en CP.

Le projet d’« ajustement et de clarification » des programmes de mathématiques des cycles 2 et 3 vient de paraitre. On observe deux changements majeurs par rapport aux programmes 2015 : on n’y trouve ni les repères de progressivité (les paragraphes correspondants ont disparu) ni les exemples d’activités associées aux diverses compétences et connaissances requises (la colonne correspondante a disparu). En fait, concernant la classe de CP, les deux parties manquantes se retrouvent dans un autre document paru en février 2008 et intitulé : « Quelles compétences et quelles connaissances doit-on attendre d’un enfant à la fin de son CP ? » avec comme sous-titre : « Repères pour les mathématiques ».

Est-ce que ces « ajustements » ne seraient que de pure forme et ne changeraient rien sur le fond, comme il est sous-entendu ? C’est faux ! Sous l’apparence d’un aménagement technique, en 2018, on substitue à la logique de définition des programmes par cycles en 2015 une définition par classes. Par ailleurs, on observe un alourdissement irresponsable de ce qui est demandé aux élèves de CP.

Du programme 2015 aux divers documents 2018

Le document sous-titré « Repères pour les mathématiques en CP » est paru en février 2008 dans une section du site eduscol intitulée : 100% de réussite au CP. Les « exemples de situations de classes et d’activités » que l’on trouvait dans le programme 2015 ont été largement modifiées et elles figurent aujourd’hui dans ce nouveau document sous l’intitulé « exemples de réussites ». Le schéma ci-dessous synthétise les copiés-collés opérés par le ministère et les changements subreptices qu’ils introduisent.

 

(...)

Rémi Brissiaud

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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L'éternel ''retour'' de l'hymne national à l'Ecole. Mais quelle'' Marseillaise''?... Par Claude Lelièvre...

25 Juin 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Histoire

Le CSP, invité par Jean-Michel Blanquer à fixer des repères annuels de progression pour les programmes, n'a pas hésité à le faire pour l'hymne national lui-même. Et l'on est partagé entre le sentiment d'un inachèvement patent ou celui d'un ridicule achevé

Projet d’ajustement et de clarification du programme d’enseignement moral et civique des cycles 2, 3 et 4 arrêté le 24 mai 2018 par le Conseil supérieur des programmes. Repères annuels de progression.

« Au CP, les élèves apprennent à identifier le drapeau français et comprennent la signification de ses couleurs. Ils savent reconnaître la Marseillaise. Ils savent que le 14 juillet est le jour de la fête nationale. Ils expérimentent la prise de décision à la majorité dans la classe et l’école.

Au CE1, les élèves connaissent la devise « Liberté, égalité, fraternité » et les monuments à proximité de l’école. Ils apprennent à chanter le premier couplet de la Marseillaise. Les élèves savent que la langue de la République est le français. Ils identifient les responsables et élus au niveau de la commune : le maire et les conseillers municipaux.

Au CE2, les élèves savent chanter par cœur le premier couplet de la Marseillaise. Ils identifient l’effigie de Marianne comme un symbole de la République française. Ils connaissent des monuments emblématiques de la République française. Ils savent que le français, langue de la République, est aussi une langue internationale ; ils connaissent des États où l’on parle français. Ils savent que voter est un droit, ils connaissent le principe du suffrage universel. Ils accèdent à une première connaissance de l’organisation du territoire national : le département, la région. Ils identifient les principaux dirigeants du pays : le président de la République, le Premier ministre, le gouvernement

Au CM1, les élèves découvrent le contexte historique de la création du drapeau tricolore et de la Marseillaise. Ils savent chanter par cœur un ou plusieurs couplets de la Marseillaise en public. Ils reconnaissent le drapeau européen et l’hymne à la joie. L’article 1er de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et le contexte de son écriture font l’objet d’une première étude. Les élèves approfondissent leur connaissance des droits de l’enfant (Convention internationale des droits de l’enfant). Les élèves accèdent à une première compréhension du principe de la démocratie représentative et connaissent une définition simple de la démocratie : « c’est grâce au suffrage universel que le pouvoir est confié à plusieurs personnes ». Ils savent quels sont les élus nationaux désignés au suffrage universel direct (président de la République, députés, maires) ou indirect (sénateurs). Les élèves savent que les langues régionales existent à côté de la langue nationale et que la communauté de langue et de culture françaises s'appelle la francophonie ».

Et on en a fini (au CM1) avec les ''repères de progression'' où figure la « Marseillaise », qui n'est plus jamais mentionnée ensuite pour les autres classes du cycle 3 ni celles du cycle 4 (de la classe de CM2 jusqu'à la classe de troisième).

Nous voilà (nous dit-on et comme si c'était la première fois) avec la Marseillaise à l'Ecole ! Celle qui a accompagné de fait « Maréchal, nous voilà !» durant l'Occupation et l'Etat français ? Ou bien la « Marseillaise » républicaine, celle de la Résistance et de la Libération ?

On peut partir du (re)commencement de l'enseignement de la « Marseillaise » à l'école primaire en 1985 avec le souvenir marquant dans les médias du ministre de l'Education nationale Jean-Pierre Chévènement. Mais dans les programmes du primaire (arrêté du 15 mai 1985), ce fut beaucoup plus modeste : un simple mot dans l'une des lignes du programme d'instruction civique du...cours préparatoire : « les symboles de la République : Marianne, le drapeau tricolore, la Marseillaise, le 14 juillet ».

Fin février 2005, lors de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi d'orientation sur l'Ecole soutenu par le ministre de l'Education nationale François Fillon, un amendement présenté par Jérôme Rivière rendant obligatoire l'apprentissage de l'hymne national est adopté. L'article 15 de la loi Fillon prévoit « l'apprentissage obligatoire de l'hymne national et de son histoire »

Selon Jérome Rivière, « ce qu’exige la loi, c’est non pas d’apprendre La Marseillaise par cœur, mais de l’enseigner [...]. Il ne s’agit pas, chaque matin, de mettre les enfants en rang par deux dans la cour de l’école pour chanter La Marseillaise. L’école a un rôle primordial dans la transmission des valeurs de la République. Il est donc normal d’enseigner l’hymne national qui les exalte, de redire quelles sont ces valeurs […]. L’enseignement de La Marseillaise permet, en partie, de répondre à l’enjeu de l’assimilation des populations extérieures sur le territoire national. L’hymne national est un moment fort de ralliement qui marque que nous adhérons tous à un modèle de société. D'ailleurs pas une seule main ne s'est levée dans l'Hémicycle pour s'opposer au vote de cet amendement. La Marseillaise, c’est l’inverse de ''Maréchal, nous voilà ''».

Sans doute. Mais « La Marseillaise » a pourtant accompagné le chant pétainiste « Maréchal nous voilà ! ». Pas toute la « Marseillaise » certes. Car, durant cette période, deux couplets ont été généralement privilégiés : le premier, et le sixième Amour sacré de la patrie ») . Et deux autres couplets (les plus ''républicains'') ont été tout à fait censurés (mais ce ne sont pas automatiquement les plus connus, et surtout les plus aisés à comprendre pour les élèves) :

Couplet 2

Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Refrain

Couplet 3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Quant au couplet 1 (qui ne gênait pas le Maréchal), il est loin d'aller de soi ; et les explicitations ne sont pas si faciles que cela à établir et à faire partager. Avec «Allons enfants de la patrie!»: d'emblée, la communauté nationale est présentée comme une famille. Certes, le danger est politiquement identifié: c'est la tyrannie, illustrée par une image: «Contre nous de la tyrannie l'étendard sanglant est levé». Pas moins, pas plus: les objectifs politiques de l'agression menée contre la France par les monarchies européennes en 1792 ne sont indiqués que par un seul mot dans toute la première strophe: «tyrannie» (auquel le refrain répond par son antidote: «citoyens»). Puis vient une image rurale: «Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats?» «Mugir», «féroces»: ils sont comme des bêtes. «Ils viennent jusque dans vos bras Egorger vos fils, vos compagnes»! L'imaginaire est convoqué pour dépeindre les ennemis comme des égorgeurs d'enfants et de femmes ; ce qui fait que l'appel à la guerre citoyenne apparaît finalement comme un traditionnel appel à la vendetta. Et le refrain conclut: «Qu'un sang impur abreuve nos sillons»: l'intention prêtée à ces ennemis bestiaux d'égorger fils et compagnes autorise (selon une loi du talion implicite) à les saigner à leur tour comme des bêtes... (selon une libre reprise d'un texte de Joëlle Martine paru dans « Libération » le 13 juillet 1998).

In fine, doit-on prendre au sérieux ces ''repères annuels de progression'' (voulus par le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer) ? Est-ce sérieux, en particulier quant à l'hymne national ? Car, à l'évidence, rien n'est simple en l'occurrence ; aussi bien pour ce qui concerne le nombre de couplets à prendre en compte que pour leur explicitation (si l'on veut aller dans un sens clairement républicain). Et laisser cela aux premières années de l'élémentaire est un choix ahurissant (qui en dit long d'ailleurs sur la précipitation et le manque de réflexion qui a présidé à cette ''opération'' dans son ensemble, voire sur un certain ''laissez-aller'' en matière idéologique).

Claude Lelièvre

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