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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Joy Sorman...

27 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Depuis longtemps déjà le lion m'a détrôné, ravalé au rang de bouffon même si mon aspect imposant impressionne encore un peu. Mais les hommes me suspectent de douceur et de bonhomie - ma tête trop arrondie, trop fournie en poils soyeux, ce brun trop duveteux, cet air mélancolique et cette prédisposition à devenir peluche, serrée contre un cœur enfantin, dernier rempart face à la peur de l'obscurité quand il est l'heure de dormir. L'ours est passé du côté des enfants, il n'y aura pas de retour possible, rien ne pourra défaire cette malédiction et cet attachement, à moins que je ne décapite sur-le-champ un jeune spectateur.

Joy Sorman - La Peau de l'Ours

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A tous les gardiens du temple de la langue française... A tous les faux réformateurs...

27 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Littérature, #Pédagogie

A tous les gardiens du temple de la langue française... A tous les faux réformateurs...

La langue française n’est point fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas.

L’esprit humain est toujours en marche, ou, si l’on veut, en mouvement, et les langues avec lui. Les choses sont ainsi. Quand le corps change, comment l’habit ne changerait-il pas ? Le français du dix-neuvième siècle ne peut pas plus être le français du dix-huitième, que celui-ci n’est le français du dix-septième, que le français du dix-septième n’est celui du seizième. La langue de Montaigne n’est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n’est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n’est plus celle de Pascal. Chacune de ces quatre langues, prise en soi, est admirable, parce qu’elle est originale. Toute époque a ses idées propres, il faut qu’elle ait aussi les mots propres à ses idées.

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s’efface du sol. C’est de cette même façon que des idées s’éteignent, que des mots s’en vont.

Il en est des idiomes humains comme de tout. Chaque siècle y apporte et en emporte quelque chose. Qu’y faire ? Cela est fatal. C’est donc en vain que l’on voudrait pétrifier la mobile physionomie de notre idiome sous une forme donnée. C’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter ; les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent

 

Victor Hugo - La Préface de Cromwell - 1827

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Education - Quand l'Assemblée Nationale auditionne l'incompétence...

27 Juin 2018 , Rédigé par Assemblée Nationale Publié dans #Education, #Numerique

Education - Quand l'Assemblée Nationale auditionne l'incompétence...

Vous entendrez ci-dessous les propos tenus dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale par madame Karine Mauvilly.

Elle est auditionnée par le député "La République En Marche" Bruno Studer sur le thème:

L’école dans la société du numérique

Je laisse chacune et chacun se faire son opinion quant à la pertinence des idées développées par madame Mauvilly.

Je joins le billet du Café Pédagogique, publié le 30 août 2016. Bruno Devauchelle y livrait une critique du livre co-écrit par Karine Mauvilly:

Philippe Bihouix et Karine Mauvilly , Le Désastre de l'école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans. Seuil. EAN 9782021319187

Christophe Chartreux

"Quand un livre aborde des questions importantes, on s'y intéresse... Mais lorsque les auteurs de ce livre se permettent d'utiliser des méthodes et procédés rhétoriques discutables, on regrette qu'à des bonnes questions qui méritent toute notre attention, ils ne permettent pas au lecteur de faire lui-même le travail d'analyse, mains tentent d'imposer leurs réponses. Dès la quatrième de couverture on peut y lire un propos qui n'est qu'une rumeur sur les choix éducatifs des dirigeants d'entreprise informatiques de la Silicon Valley. En d'autres termes ce livre, opportun en cette période rentrée, favorable aux ventes d'ouvrages polémiques, ne sera qu'un opus de plus dans la galerie des ouvrages qui sont avant tout polémiques mais pas provocateurs."

(...)

Bruno Devauchelle

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Pour participer à la "Ruche Socialiste"...

27 Juin 2018 , Rédigé par PS Publié dans #Politique

Pour participer à la "Ruche Socialiste"...

Le parti doit changer, il ne le peut qu’avec vous ! C’est le sens du travail que nous avons engagé depuis le printemps 2018. Nous vous invitons à y contribuer.

Nous vous convions à participer ce vendredi 29 juin à 18h au Cirque d'Hiver à Paris à un grand événement "Europe Together", consacré aux enjeux écologiques, avec comme intervenant majeur le Président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

Pour le programme et l'inscription, c'est ici.

Au-delà, nous avons sensiblement modifié l’organisation de nos débats en les ouvrant à tous ceux qui veulent nous accompagner dans notre renaissance.

Venez partagez vos idées sur la ruche socialiste, notre nouvelle plateforme participative pour construire ensemble le projet des socialistes.

Actuellement, vous pouvez contribuer au chantier européen, pour préparer avec nous l'Europe de demain. Ce chantier, comme tous ceux qui suivront, se conclura par un vote ouvert à tous. 

Nous ne sommes pas les seuls à solliciter vos avis, mais nous sommes les seuls à vous proposer de décider avec nous. Car pour nous, vous écouter n'est pas une technique de séduction, c'est un engagement.

Dans les prochains mois, nous lancerons au moins six autres chantiers sur des thèmes divers :

- l'avenir de notre système de retraites

- les services publics de proximité

- les nouvelles solidarités pour faire face à la pauvreté et la précarité

- les institutions et la démocratie

- l'alimentation

- l'accompagnement des nouvelles formes du travail

Sur la ruche socialiste vous pouvez également nous soumettre vos idées pour de prochains chantiers.

Prendre avec nous le chemin de la renaissance ou laisser nos chemins se séparer, le choix est vôtre. Nous aurons toujours à cœur de respecter vos droits à la protection de vos données personnelles. 

Si vous avez des questions sur notre application du règlement général sur la protection des données (RGPD) contactez-nous à rgpd@parti-socialiste.fr

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Ce que nous disent les "ajustements" des programmes de français...

27 Juin 2018 , Rédigé par Questions de Classe(s) Publié dans #Education, #Politique

  Ce que nous disent les "ajustements" des programmes de français...

Il y a quelques jours le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) a publié ses projets "d’ajustements" des programmes de français, mathématiques et éducation civique (sur l’EMC, lire le très bon billet de Bernard Girard). Le CSP explique avoir été mandaté par le ministère pour "clarifier les programmes", que des "ajustements" sont aussi prévus pour l’ESP et les sciences, et que la DEGESCO prépare des "repères annuels de progressivité" afin "d’aider les professeurs à mieux organiser leur enseignement au fil du cycle".

En attendant d’en savoir plus, petite lecture et analyse des "ajustements".

Des programmes à l’écriture simplifiée

Comme annoncé par le ministère, cet « ajustement » des programmes sera d’abord une « clarification » ; pour ne pas dire une « simplification ». Les phrases sont plus courtes, les mots moins compliqués : il y a moins de concepts venus des sciences de l’éducation et de la didactique.

Cette entreprise m’interroge. En 2015, le syndicat Sud Éducation par exemple, signalait déjà ce qu’il appelait la « densité » des programmes rendant difficile leur appropriation par les équipes (il s’agissait surtout de critiquer le manque de concertation et de temps prévu pour leur appropriation), et on entend encore régulièrement des collègues se plaindre de programmes trop compliqués qu’ils/elles ne comprennent pas. Alors oui, c’est vrai que passer de « maitriser les relations entre l’oral et l’écrit » à « passer de l’oral à l’écrit » ou de « raisonner pour résoudre des problèmes orthographiques » à « s’initier à l’orthographe lexicale » (cycle 2), ça simplifie. Il y aurait probablement à réfléchir à ce que politiquement et pratiquement simplifier des programmes à destination des enseignant.e.s cela signifie : prise en compte des réalités du terrain ou transformation du métier en tâches d’application ?

Blanquer « ajuste » donc les programmes : on sent d’ailleurs ces ajustements écrits à la hâte, le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) ne s’étant pas donné la peine de réécrire les textes, mais bricolant un mélange de copier-coller et d’ajouts, parfois malheureux et plutôt mal placés.

Ajuster, cela lui permet de ne pas dire qu’il les change. Le ministre continue sa réforme du primaire par petits gestes lourds de sens qui tentent de modifier en profondeur l’école, sans pour autant se lancer dans une grande réforme qui, il le sait, sera mal reçue par les enseignant.e.s. Dans ces « ajustements », il y a ainsi autre chose qu’un souci de lisibilité pour les collègues. Pour comprendre, ce qui s’y joue, il faut donc regarder les ajouts et les disparitions par rapport à la version précédente. Essayons donc d’observer quel projet politique et pédagogique se trame dans les « clarifications » des programmes de français de cycle 2 et 3…

Cycle 2 : entre le code et la copie

Comme on peut s’y attendre, des prescriptions nouvelles sont subtilement introduites quant à l’apprentissage de la lecture. Alors que mémorisation orthographique et traitement du code étaient traités dans un même paragraphe sur la lecture, la nouvelle mouture met en avant la question du code dans un premier paragraphe où ce qui signifie le « code » est explicité. Que l’acquisition du « code » signifie l’acquisition de la correspondance grapho-phonologique, il me semble que cela est une évidence pour n’importe quel.le enseignant.e du primaire ; mais cette clarification permet habilement de faire prendre matériellement plus de place au « code » dans les programmes. On retrouve par ailleurs le résultat (assez consensuel) de l’étude Lire-Ecrire : l’apprentissage du code se doit d’être rapide dans les premières périodes de l’année de CP (« très concentré sur les périodes 1, 2 et 3 du CP »). Face à cela, les passages sur l’apprentissage de la compréhension sont au contraire très simplifiés.

Lire, c’est avant tout décoder nous rappelle subtilement le ministre à travers ces « ajustements ».

Concernant l’écriture, les ajouts et suppressions sont aussi significatifs. Le premier paragraphe est ainsi exclusivement dédié à « apprendre à copier » pour s’entrainer au geste et à la mémorisation de l’orthographe des mots. Toutefois, suppression discrète mais significative, lorsque les programmes de 2015 évoquaient la copie, ils précisaient : « les exigences qui s’appliquent à la copie sont justifiées par l’usage réel qui sera fait des messages ou des textes copiés » rappelant ainsi qu’il est important que les élèves donnent du sens à cette pratique d’écriture. S’il semblait au ministère important de donner plus de place à l’apprentissage de la copie dans les programmes, il ne lui semblait donc pas nécessaire de rappeler cette évidence pédagogique qu’on n’apprend pas à écrire avec des tâches absurdes (ce qui dans le cas de la copie semble important à préciser).

L’étude de la langue, quant à elle, n’offre pas de grand changement mis à part qu’il faut faire régulièrement des « leçons de grammaire et de vocabulaire » (grande nouvelle) et qu’une « dernière phase consist[ant] à automatiser et mémoriser les compétences acquises » est importante. Calme avant la tempête : passons au cycle 3.

Cycle 3 : de la mort de l’auteur au retour de la tradition

Comme au cycle 2, on voit disparaitre des programmes la complexité de la compréhension des textes, notamment littéraires. A ce titre, l’énoncé de la compétence passe de « comprendre un texte littéraire et l’interpréter » à « comprendre un texte littéraire et se l’approprier », gommant tristement la riche distinction entre compréhension et interprétation. Lorsque le texte précédant explicitait les différentes procédures de compréhension d’un texte (repérage des personnages, mise en relation de liens logiques et chronologiques, prise d’indices, productions d’inférences, etc.), le nouveau texte simplifie à l’extrême : « Être capable de s’engager dans une démarche progressive pour accéder au sens » et « Être capable de recourir, de manière autonome, aux différentes démarches de lecture apprises en classe ». On s’en souvient, pour Blanquer, le principal obstacle à la lecture, c’est la non-maitrise du code. Ceci explique peut-être que concernant « l’enseignement explicite de la compréhension », on ait plus affaire ici à une simplification qu’à une clarification.

Quant à l’écriture, si le texte offre un développement intéressant quant aux écrits de travail, les auteurs procèdent pour le reste à des suppressions qui laissent entrevoir quelles sont leurs ambitions pour nos élèves. « Au cycle 3, les élèves affirment leur posture d’auteur », énonçaient les programmes de 2015. Et « chaque élève peut ainsi devenir progressivement un acteur conscient et autonome de ses productions ». Ces deux expressions « auteur » et « acteur conscient et autonome » pouvaient sembler anecdotiques, elles complexifiaient les programmes en les tirant vers des domaines rentrant de manière moins conventionnelle dans une grille d’évaluation. Mais justement, reconnaitre en l’élève un auteur, cela pouvait être une piste pédagogique intéressante pour qu’apprendre à écrire ne soit pas seulement une compétence scolaire (puis professionnelle) mais bien une voie vers l’émancipation. Dans les « ajustements », cela est terminé.

Mais le coup de théâtre final, ce sont les « clarifications » en grammaire au cycle 3 : parce que, oui, complément de phrase, complément du verbe et prédicat étaient trop compliqués. C’est donc le grand retour des COD, COI, compléments circonstanciels, mais aussi des 1er, 2ème et 3ème groupes, du passé simple et du plus-que-parfait à toutes les personnes ! On n’apprenait plus la grammaire à nos enfants, nous voilà rassuré.e.s. La tradition de la grammaire scolaire revient au galop malgré l’inutilité des trois groupes de verbes et le caractère incompréhensible pour des enfants de 9 ans de ce que signifie « complément d’objet » (d’ailleurs, quel fameux objet complète le COD ?). De même le polémique et mal aimé prédicat (appelé aussi, de manière un peu réductrice, groupe verbal) disparait. Ce qui est finalement pratique lorsqu’on clarifie des programmes, c’est que cela peut se faire sans ne s’accompagner d’aucune justification. Cela est assez clair : même en lisant avec, comme le préconise le texte, le « regard bienveillant de l’enseignant », ce retour en arrière, apparait comme avant tout un coup de communication politique, plutôt qu’un coup de maitre pédagogique.

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Revue de Presse Education... Déplacement du Ministre à Poitiers - Reprise de parcoursup - Addictions aux écrans et contenus pornographiques...

27 Juin 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Déplacement du Ministre à Poitiers - Reprise de parcoursup - Addictions aux écrans et contenus pornographiques...

Une visite du Ministre dans l’un des rectorats de la désormais plus vaste région de France, Parcoursup qui redémarre et l’éducation libidinale au programme de cette revue estivale.

Jean-Michel Blanquer en visite à Poitiers aujourd’hui

Le ministre de l’Education nationale est attendu ce lundi à Poitiers. En préambule de cette visite officielle, Jean-Michel Blanquer doit s’exprimer ce matin devant les personnels sur l’avenir du rectorat.”

Et il en profite : A Poitiers, Jean-Michel Blanquer rebaptise l’Esén. “Rebaptisée en 2015 Esenesr, l’école supérieure de l’éducation nationale, basée au Futuroscope, s’appellera désormais Institut des hautes études de l’éducation nationale et de la formation. C’est ce qu’a annoncé ce matin Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, en visite toute la journée à Poitiers.

Parcoursup

Parcoursup 2018 : reprise des réponses et début de la procédure complémentaire. "Après la suspension de la procédure durant le bac, les candidats vont pouvoir formuler de nouveaux vœux, dans les formations où il reste des places."

Les bacheliers de nouveau confrontés à l’enfer de Parcoursup. Présentée par Pauline de Torsiac, Florence Gault, Christian Vadon. “Parcoursup, le retour. Après les épreuves du baccalauréat, l’application qui avait fait tant polémique à son lancement va être réactivée le 26 juin prochain. A cette même date s’engagera la procédure complémentaire permettant aux candidats de formuler des vœux sur des places restées vacantes. Parcoursup est toujours très critiquée. Notamment par la plateforme SOS Étudiants portée par des syndicats d’enseignants, des lycéens, mais aussi par des parents d’élèves.

Rappel : Installation du comité de suivi de la loi Orientation et réussite des étudiants : discours de Frédérique Vidal. "Frédérique Vidal s’est exprimée lors de l’installation du comité de suivi de la loi Orientation et réussite des étudiants, jeudi 21 juin 2018". Le discours de la ministre.

Philippique à Mme. le ministre Frédérique Vidal par Pierre Tripier sur son blog : Le blog de pierre tripier sur Médiapart.
Je n’avais pas suivi les objections étudiantes à Parcours-sup, mais quand j’ai vu que les meilleurs étudiants de lycées périphériques n’avaient pas d’affectation alors que des élèves moyens des lycées de centre-ville étaient casés, mon sang n’a fait qu’un tour, d’où cette Philippique à Mme. la ministre Frédérique Vidal

Addiction aux écrans et contenus pornographiques

"Un rapport nous renseigne sur la hausse de la consommation de contenus pornographiques chez les jeunes. Permise par la multiplication des sources et des plateformes de porno en libre-accès, cette hausse nous interroge sur l’incidence réelle ou supposée sur les pratiques sexuelles des adolescents." Des éclairages intéressants, un bref résumé écrit ou l’émission en posdcast.

Emmanuelle Rimbaud

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Foster The People...

26 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Anne Dufourmantelle...

26 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

La nuit est notre amplitude secrète. L'espace de notre folie intime, mutique. La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l'effet d'une amnésie bienfaitrice dont l'angoisse est le reste insécable. La nuit est notre vérité, elle nous intime à rejoindre un lieu plus ancien qu'on appelle parfois l'âme, et dont la langue nous est indéchiffrable.

Eloge du risque

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" Risquer sa vie " est l'une des plus belles expressions de notre langue. Est-ce nécessairement affronter la mort - et survivre...ou bien y a-t-il, logé dans la vie même, un dispositif secret, une musique à elle seule capable de déplacer l'existence sur cette ligne de front qu'on appelle désir ?

Eloge du risque

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Venue du plus loin de la mémoire de la vie, là où mère et enfant ne font qu'un, corps fusionnés, la douceur évoque un paradis perdu. Un avant originel qui serait une aube. Mais dès le commencement, il y aura eu de la violence, de la terreur, du meurtre. Le mimétisme et la rivalité qui font flamber la haine; pas de parole sans trahison et de civilisation sans l'attrait de la cruauté la plus raffinée. Le paradis est toujours déjà perdu si on le rapporte à l'origine, et ce constat n'appartient pas aux seuls mélancoliques. Vivre est une conquête arrachée à cette passion de la perte qui est aussi un leurre; les épopées, les récits, les mythes le rappellent. Il faut avoir le courage de ne pas acquiescer à cet élan perdu car il est une terrible méprise, il fera le lit de tous les ressentiments à venir. Il donnera raison au sacrifice.

Puissance de la douceur

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Elle l’écoute.
Les grands rêves sont des trésors qui, s’ils ne sont pas captés, peuvent devenir toxiques. Et c’est le corps, alors, qui devra se charger de donner l’alerte. C’est ainsi que parfois accidents ou maladies se déclarent. Aussi prête-t-elle aux songes une attention extrême, décryptant les détails redoublés, les ellipses, les inversions...autour des associations du rêveur. L’envers du feu ne brûle pas. Elle est troublée par ces mots-là.

L'envers du feu

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On ne revient jamais de voyage, d’aucun voyage. Quand on part, on ne revient pas le même, et c’est ce dépaysement, parce qu’il fait écho à nos fragmentations intérieures, qui brutalise nos accoutumances, tant il est vrai que nous percevons le monde avec des préenregistrements continuellement tamisés parce que nous pensons déjà, savons déjà, anticipons, devinons, pressentons, pour ne pas être attrapés trop brusquement par l’inouï. Ainsi va l’amour quand il est de foudre. Il offre tous les dépaysements possibles au détour de la rue d’à côté.

En cas d'amour: Psychopathologie de la vie amoureuse

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Les êtres ne se possèdent pas, ils se reconnaissent.

Souviens-toi de ton avenir

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"M'sieur... M'sieur!!!"...

26 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

"M'sieur... M'sieur!!!"...

Ecrit le 26 juin 2008... Toujours tellement actuel...

Certains déjà m'ont dit au revoir. Le collège étant "fermé" pour cause de brevet jeudi et vendredi, les manuels étant rendus au CDI, Lucille, Julie, Arnaud, Florian, Max, Sélima et bien d'autres, rassemblés en volée de moineaux, sont venus me saluer, riant, criant, piaillant avant l'envol vers des contrées plus chaudes que la Normandie humide et encore bien froide le matin... On vous aura l'année prochaine ? Vous partez en vacances ? Vous allez où m'sieur ? Allez dites-le nous ! On pourra venir vous voir l'an prochain même si on n'est plus au collège ? Ils se marcheraient dessus s'ils pouvaient. Doucement !!! Je suis fatigué ! Mais m'sieur vous n'êtes jamais fatigué vous ! Et je les laisse parler, crier, s'ébrouer... Je les regarde ouvrir leurs ailes. Ils sont en troisième pour certains d'entre eux... Ils achèvent un cycle, une période de leur vie. Ils ne le savent pas encore, le pressentent, s'en inquiètent mais le cachent derrière leurs grands sourires... A vouloir revenir, peut-être souhaitent-ils une dernière fois visiter leur enfance et lui dire adieu. J'en ai connus beaucoup dès leur arrivée en sixième. Je voudrais leur donner mille conseils mais je ne trouve pas les mots. Et puis ils n'écoutent pas... Ils sont déjà partis, déjà ailleurs. Ils ne sont plus "à nous"... C'est une grappe humaine maintenant qui m'entoure et j'essaye d'atteindre la salle des professeurs... M'sieur...M'sieur... Je suis dans le brouillard et je n'entends plus qu'un brouhaha. Pourtant, je me sens bien, protégé par ces enfants rieurs qui font mon quotidien depuis trente-deux ans (Période actualisée). Qui le modèlent, le transforment d'heure en heure. Qui forme l'autre? Eux-aussi m'ont beaucoup appris... D'autres m'apprendront encore... M'sieur...M'sieur... Je reconnais cette voix... Ce pépiement aigu... Julie! Une bavarde, une élève "à problèmes", deux fois exclue cette année... Je ne l'ai pas ménagée ; elle non plus d'ailleurs. Dans ses yeux, je ne sais si je dois lire le soulagement de quitter un collège qu'elle n'a jamais aimé dans ce qu'il lui apportait ou la crainte des difficultés qui l'attendent encore au dehors... Julie... La salle des professeurs est en vue... M'sieur... M'sieur... On dirait qu'avant le grand départ, la migration sans retour, ils s'accrochent encore à la branche qui les a portés pendant quatre ans. Les ailes sont prêtes mais l'hésitation est palpable. Que de questions ils doivent se poser! Les avons-nous bien préparés? Ils me parlent, me touchent presque... Je sais que je leur réponds mais je ne m'entends plus... M'sieur... M'sieur... La porte est là... Derniers instants... Et je me surprends à me sentir si bien au milieu d'eux, malgré les cris, les bousculades... Il faut qu'ils partent... Il le faut! Alors, j'ouvre la porte qui mène vers la salle des professeurs, frontière infranchissable aux élèves. Le silence se fait... Total... Terrible... Et dans un grand sourire de circonstance, je m'entends leur dire la plus stupide des banalités... Bon, j'ai du travail... je dois vous laisser... On se reverra de toute façon...

Et ils s'en vont, et ils "s'en volent"...

Derrière moi, j'ai refermé la porte...

M'sieur... M'sieur... Oui... Oui... Je suis là!

Christophe Chartreux

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Le sport en banlieue: «Sois bon avec le ballon ou crève»...

26 Juin 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

EXTRAITS

Loin du sport de haut niveau prôné par l'État, les populations des banlieues dites sensibles s'organisent pour développer un sport loisir.

Il déborde un premier défenseur par la droite, en dribble un deuxième par la gauche avant de repiquer plein axe. Face à lui, grande ouverte, la cage adverse. Ici, à Sarcelles, tout le monde le sait: lorsque Djamil est lancé balle au pied et qu'il commence à prendre de la vitesse, plus personne ne peut l'arrêter. Le scénario est écrit. But. Comme les stars du football, il enlève son maillot, celui de Griezmann à l'Euro 2016. Souvenir de ce moment fatidique où la France est passée à un poteau du titre. Un Euro 2016 à domicile, dont ici, à Sarcelles, on n'a pas vraiment vu la couleur. «Nous on était à l'extérieur, raconte Djamil en renfilant son maillot. Je me rappelle de mes potes parisiens qui me racontaient l'ambiance de folie là-bas, les fan-zones, tout ça. C'est con, c'est à quelques stations de RER, mais c'est comme si on était dans deux mondes différents. Nous, notre fan-zone, c'était le McDo du coin.»

Ce n'est pas la première fois que Djamil et ses partenaires de football constatent le désintérêt de la France à leur égard. «Les lumières et les paillettes, elles sont pas pour nous, c'est tout. Ici, soit tu es champion du monde, soit tu n'es rien. Le sport pour s'amuser, pour se détendre, pour la forme, ça n'intéresse pas. Si tu n'es pas le futur Mbappé, tu n'existes pas.» Du coup, ils organisent leurs propres tournois hors de la fédération, comme beaucoup d'autres jeunes en banlieue.

Le sport et le rap ne sont pas des remèdes miracles

Benjamin Coignet dirige l'Agence pour l'éducation par le sport, une association partenaire du ministère des Sports qui a accompagné en vingt ans plus de 6.500 initiatives de formation des jeunes. Il partage la colère de Djamil: «L'État considère la banlieue comme un vivier du sport français, regrette-t-il. L'idée, c'est de faire de quelques sportifs d'exception un repère pour les autres, une élite qui n'est en fait qu'une illusion tant les places sont rares». Il a fait sa thèse en sociologie sur l'innovation sociale dans les associations sportives de ces quartiers, et constaté cette obsession sur les terrains. «Il n'y a pas de logique de sport-loisir ou de sport-santé dans les quartiers, comme c'est le cas dans le reste de la France, mais une conception de sport-élite très particulière. À cause de cette politique uniquement tournée vers l'excellence, la pratique du sport au quotidien est délaissée», souligne-t-il.

Intégrer les jeunes des banlieues par le sport, tel a été le grand fantasme français, depuis les années 1960 et la première politique sportive de l'État dans ces zones sensibles. Et comme toute idée reçue, elle a sa part de vérité. «Il est démontré que les jeunes qui pratiquent du sport, que ce soit en club ou juste dans leurs loisirs, ont de meilleures notes, décrochent moins et ont de meilleures carrières que la moyenne. Le sport éducatif, ce n'est pas une légende», soutient Gilles Vieille-Marchiset, directeur de l'unité de recherche Sport et Sciences sociales à l'université de Strasbourg.

(...)

Annoncés en grande pompe par Emmanuel Macron et Anne Hidalgo lors de l'été 2017, les Jeux olympiques de 2024 promettent de bénéficier à un Grand Paris s'étendant bien plus loin que les frontières intra-muros de la Ville Lumière. De quoi enfin sortir de l'ombre? Pour Djamil, il n'y a que peu d'espoir, pas plus que d'excitation. «Plus le pays organise d'événements de fous, plus on se sent lésés de n'en tirer, nous, aucun profit. On est les grands oubliés du sport.»

(...)

... «La vie est toujours trop cruelle. Tout ce que nous pouvons faire, c'est essayer de passer le ballon et laisser le soleil briller. En espérant qu'il brille pour tout le monde». Pour l'instant, c'est loin d'être le cas.

Jean-Loup Delmas

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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