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Vivement l'Ecole!

Francesca Solleville... Je me bats!...

20 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Je me bats

Même si l’heure est parfois à la désespérance
Attendu que la frime gouverne et fait sa loi
Même si les années dans lesquelles on s’avance
Ont la couleur du triste et du chacun pour soi
Même si le bonheur n’est plus une évidence
Mais semble s’éloigner à chacun de nos pas
Même si l’on me dit que c’est perdu d’avance
Que le monde est ainsi et qu’on n’a pas le choix

Je me bats

Même si maintenant c’est être en résistance
Et risquer d’être seul que d’élever la voix
Pour dire sans relâche l’incroyable arrogance
Des plus riches que tous, des maîtres d’ici-bas
Même si le normal, c’est l’infinie souffrance
Des enfants décharnés aux yeux vidés, sans joie
Même si le correct se nomme indifférence
Même s’ils parlent fort ceux qui baissent les bras

Je me bats

Je suis d’un temps d’espoir, d’un temps de délivrance
Où l’on osait rêver, et les peuples là-bas
Faisaient tomber leurs chaînes et brisaient le silence
Oh les jolis printemps au parfum de lilas
Devant nous se levaient des matins d’innocence
Plus jamais il n’y aurait d’humiliés, de parias
Plus jamais d’esclavage, et plus de violence
N’était-ce pas simplement raison, dites-moi?

Je me bats

Aujourd’hui les passants sous les néons sinistres
Vont chacun dans leur bulle et pressent un peu le pas
Les voyous brassent l’or, les bornés sont ministres
Et l’on met chapeau bas devant les renégats
L’époque est au commerce l’époque est aux combines
L’homme n’est qu’un objet que la finance broie
Le futile et l’idiot remplissent les vitrines
Cependant qu’au lointain ricane l’argent roi

Je me bats

Avec mes pauvres mots, qui sont mes seules armes
Avec les sacrifiés, les vaincus d’autrefois
Tous ceux qui n’avaient rien que leur sang et leurs larmes
Les mineurs, les canuts, les pioupious, les sans-droits
Avec les femmes usées, petites sœurs de misère
Des bas quartiers de boue où se terrent les rats
Avec tous ceux d’ici qu’habite la colère
Avec les méprisés et ceux qui n’oublient pas

Je me bats

Si longtemps que j’aurai la force, qu’on le sache
De me tenir debout, de chanter, d’être là
Tant qu’il me restera une once de panache
Tant que dans mes veines un sang rouge coulera
Je me battrai encore et toujours et sans cesse
Pour saluer la vie qui palpite et qui bat
Et quand je m’en irai ce sera sans tristesse
Puisque d’autres viendront qui diront après moi

JE ME BATS

Michel Bühler

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Coup de coeur... Danière Sallenave...

20 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Danièle Sallenave

Danièle Sallenave

Mais le dégoût de vivre? Jamais.

Jamais non plus ce désir bouddhiste d'en finir avec le monde, ou cette capacité qu'on attribue aux stoîciens de regarder avec philosophie la mort de sa femme, de ses enfants puisqu'on a toujours su qu'ils étaient mortels.J'ai un dégoût puissant pour le dégoût.

Lui, Pierre, est un homme dégoûté, cela se lit dans les deux plis amers de sa bouche qui descendent en une moue dédaigneuse, ce dédain le vise, lui, uniquement.

Danièle Sallenave - D'amour

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Songe à la douceur d'aller à Tolbiac...

20 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Songe à la douceur d'aller à Tolbiac...

Réaction aux propos tenus par Georges Haddad, président de l'université Paris 1, au sujet de la Commune de Tolbiac.

Là, tout n'était que violence, drogue et sexe ?

Mardi 17 avril, j'ai été à Tolbiac faire une conférence intitulée "Liberté, égalité, Université!". Pendant deux heures, j'ai dialogué avec les participant.e.s, abordant notamment le problème posé par la parole magistrale en amphithéâtre, reprenant une interrogation de Max Weber, la nature du savoir scientifique enseignée à l'Université par rapport au savoir scolaire, la "causalité du probable" qui devrait interdire toutes les sélections parce qu'elles sont toujours sociales… Nul.le n'a cherché à imposer son point de vue, chacun.e a voulu échanger, comprendre, envisager des changements dans nos coutumes universitaires. L'expression était libre, simple et pleine d'intelligences particulières et collective.

Là, tout n'était que violence, drogue et sexe ?

J'ai discuté le lendemain avec des collègues parisien.ne.s. Nous avons rapidement ressenti que nous appartenions à une seule et même communauté, que nous étions des universitaires, des chercheurs et des chercheuses, que chacun.e à notre manière, nous souhaitions défendre l'Université et la changer. Nous nous sommes reconnus dans le même rejet de la sélection, du tri, de la compétition, dans la même envie de partager le savoir avec le plus grand nombre.

Là, tout n'était que violence, drogue et sexe ?

Échangeant avec les un.e.s et les autres, je n'ai pas croisé la moindre personne qui aurait pu dire une phrase comme "On me l'a dit, et je crois que c'est vrai". Il est vrai que je me suis rendu sur place, que je n'ai insulté personne, ni les étudiant.e.s, ni mes collègues, ni celles et ceux qui venaient voir ou séjourner quelques temps. Dans cette Commune libre, j'ai éprouvé cette joie intense et simple qui menace l'ordre triste du monde, la joie de réfléchir et de partager. J'y ai entendu, j'entends encore, comme un soubresaut révolutionnaire, un seul mot que chaque visage semblait exprimer, ce mot, cette phrase que j'adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent entrer à l'Université : "bienvenu, vous êtes ici chez vous".

Christophe Pébarthe, maître de conférences en histoire grecque, habilité à diriger des recherches, université Bordeaux Montaigne

Invitation à Georges Haddad, président de l'université Paris 1. Réaction aux propros tenus par celui-ci au sujet de la Commune de Tolbiac (http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/17/le-president-de-paris-i-consterne-par-le-capharnaum-du-site-de-tolbiac_5286479_4401467.html)

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Les trompettes de Parcoursup...

20 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

D'après les éléments de langages du gouvernement, APB était une usine à gaz pratiquant un scandaleux tirage au sort. Parcoursup va-t-il faire mieux?

Parcoursup est un service proposé par l'état qui permettra prochainement d'affecter futurs bacheliers dans les filières d'enseignement supérieur de leur choix.

L'état chaque année fait face à la déclinaison d'un ancien et classique problème de mathématiques appliquées : les mariages stables. 

L'enjeu est de taille, maximiser le nombre de couple candidat/formation stable dans le temps tout en maximisant la satisfaction générale ou à défaut minimiser l'insatisfaction générale.

Nos données d'entrées sont simples : 887 681 candidats et 13200 formations.

  1. Un problème de ressources

    Remarquons dans un premier point un certain déséquilibre. Le nombre de places disponible dans l'enseignement supérieur est inférieur au nombre de prétendants. Ce déséquilibre est encore plus flagrant cette année à cause du mini choc démographique des années 2000. Ce sont ces bébés 2000 qui frappent aujourd’hui à la porte de l'enseignement supérieur.

    Le problème n'est donc plus seulement de répartir au mieux huit œufs dans une boite de huit, mais de placer huit œufs dans une boite de six. Il faut être très clair, même le meilleur algorithme d'affectation au monde est incapable résoudre ce problème. Il y aura des œufs cassés. L'enseignement supérieur est face à un manque de ressources structurelles qui l'empêche de pourvoir honorer ses promesses.

  2. Le meilleur algorithme

    C'est un problème de mathématiques caractérisé par une forte explosion combinatoire à la frontière entre la théorie des systèmes complexes et la théorie des jeux. Ce problème des mariages stables fut résolut en 1962 par David Gale et Lloyd Shapley par un algorithme qui porte désormais leurs noms. 

    Chose importante à retenir, l'algorithme de Gale Shapley est reconnu actuellement comme le meilleur algorithme d'affectation. La puissance de l'algorithme de Gale Shapley réside dans le classement. Le candidat classe ses vœux dans l'ordre de préférence désiré sans aucune stratégie.

    Entre 2009 et 2017, le service Admission Post Bac chargé d'affecter les bacheliers implémentait cet algorithme. La plateforme APB réalisait plutôt bien la tâche qu'on lui avait attribué avec un vœux proposé à 80,6% des candidats dès le premier tour en 2016.

    APB a un ancêtre toujours vivant : SCEI, le Service des Concours des Écoles d'Ingénieurs mis en place au début des années 2000 à l'initiative du Professeur Bernard Koehret de l'Institut National Polytechnique de Toulouse. Impressionné par l'efficacité de cet outil, l'état a commandé une version pour l'admission dans l'enseignement supérieur avec quelques aménagements, APB était né. Le gouvernement actuel considère peut être que APB est une « usine à gaz » mettant en pauvre un scandaleux « tirage au sort », mais nos grandes écoles d'ingénieurs continuent d'utiliser la version originelle pour affecter les candidats suite à aux concours d'entrées. Les grandes écoles d'ingénieurs savent que lorsque cet outil est bien utilisé il réalise un excellent travail.

(...)

"Ingénieur différent"

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Parcoursup - Orientation - Evolutions...

20 Avril 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Parcoursup - Orientation - Evolutions...

Une revue centrée sur parcoursup (encore et toujours) et sur l’orientation. Et puis quelques flash sur quelques évolutions dans le monde de l’éducation.

Parcoursup

Des Présidents d’université et des enseignants montent aux créneaux.
Parcoursup : six présidents d’université demandent l’ouverture de négociations. “Dans une tribune publiée mercredi, ils souhaitent que le ministère ouvre le dialogue et écoute les inquiétudes des opposants à la loi ORE.”

Nantes Ces enseignants à l’Université refusent la sélection des lycéens.Les sections Sud-éducation et FSU de l’Université de Nantes demandent le retrait de loi Ore (Vidal) et sa plateforme d’orientation Parcoursup.”

Universités : « La tenue de ces simulacres d’examens est irresponsable ». “Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires de Paris I-Panthéon-Sorbonne s’élève contre l’instrumentalisation des examens par le gouvernement.”

Blocages des universités. Le président de Nanterre propose des états généraux pour sortir de la crise. “Le président de Nanterre, Jean-François Balaudé, a proposé mercredi 18 avril d’organiser sur son campus des « états généraux de la recherche et de l’enseignement supérieur » pour son université, actuellement bloquée par des étudiants opposés à la réforme de l’accès au supérieur. « Je retiens de l’assemblée générale et de différentes motions qui nous ont été adressées la proposition tout à fait bien venue » d’organiser ces états généraux à Nanterre, fac emblématique de la contestation d’où était parti le mouvement étudiant en mai 1968, « dans un délai rapproché », affirme-t-il dans un communiqué.”

Et puis on analyse la loi et parcoursup
Accès à l’université : les points litigieux… ne sont pas dans la loi !Sur le site de "The Conversation France", Guillaume Bagard, doctorant à l’université de Lorraine, Georges El Haddad, doctorant en sciences économiques et Ater à l’Isam-IAE de l’université de Lorraine, Hélène Rossinot, interne en santé publique à l’AP-HP et Inès Ahmed Youssouf Steinmetz, doctorante en droit à l’université de Lorraine, mettent à jour les limites de la loi ORE.”

Parcoursup : « Le dispositif ne résout ni le problème de la déshumanisation ni celui de l’opacité ». “Dans une tribune au « Monde », les universitaires Joëlle Farchy et Cécile Méadel estiment que la question des algorithmes est au cœur des contestations sur la nouvelle procédure d’affectation des bacheliers. Selon elles, il faut repenser cet outil.”

Et un autre démontage de parcoursup : Les trompettes de Parcoursup par Ingénieur différent sur son Blog : Le blog de Ingénieur différent. “D’après les éléments de langages du gouvernement, APB était une usine à gaz pratiquant un scandaleux tirage au sort. Parcoursup va-t-il faire mieux ?” A lire !

Mais sinon tout va bien...

Orientation

Et ça manife aujourd’hui !
Que vont devenir les Centres d’information et d’orientation. “Les syndicats des personnels de l’Education nationale ont été reçus un à un par le ministère et s’inquiètent : de nombreux Centres d’information et d’orientation (CIO) vont fermer leurs portes dans les années à venir.”

Valérie Pécresse : "La Région est le bon niveau pour offrir un service d’orientation pour tous" par Marie-Caroline Missir. “En lançant sa plate-forme Oriane, dédiée à l’orientation des jeunes, la Région Île-de-France entend faciliter l’insertion professionnelle de chaque jeune Francilien. Une initiative qui préfigure le transfert de la compétence orientation aux Régions, prévue par le projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel". Dans un entretien à EducPros, la présidente de Région détaille sa vision sur les réformes en cours.” Avec par exemple la question : “Comment envisagez-vous la place des CIO  ?
Je m’interroge sur les CIO, qui auraient vocation selon le projet de loi à être repris par les Régions. Je compte expérimenter les regroupements des missions locales et des CIO en lien avec les mairies, pour lutter plus efficacement contre le décrochage, une des grandes priorités de la Région. Ces nouvelles structures auraient une action beaucoup plus volontariste en allant chercher les décrocheurs via des campagnes de phoning et en leur "poussant" des solutions de raccrochage. Il ne faut pas attendre que le décrocheur pousse la porte mais pousser la porte du décrocheur. Je viens d’obtenir le fichier des décrocheurs de la Région. Ils sont 23.000 pour huit départements, soit 3.000 par département. Il devient jouable de les contacter un par un pour leur apporter une réponse personnalisée et adaptée à leur situation
.”

Mais heureusement : Il paraît que les profs sont qualifiés pour s’occuper de l’orientation (même sans formation). “Il faudra s’occuper de l’orientation… Mais quand ? Impossible de le faire pendant nos précieuses heures de vie de classe ! J’applaudis cette décision éclairée de nos dirigeants bien-aimés. Je me dis qu’ils doivent bien croire en nos géniales capacités de conseillers d’orientation psychologues, non ?
Et là aussi tout va bien !

Evolutions

Enfants à haut potentiel : un véritable enjeu sociétal par Carole Bisenius-Penin, Maître de conférences Littérature contemporaine, CREM, Université de Lorraine. “Il ne s’agit pas d’une pathologie, d’un handicap mais d’une spécificité, une « façon d’être au monde » qui résulte de compétences certaines, mais qui engendre aussi paradoxalement troubles de l’apprentissage, échec, souffrance psychologique et touche en France 2,3 % de la population scolaire (soit un ou deux enfants par classe).”

La pédagogie Montessori détournée en business nébuleux. “Jeux, livres et écoles… Le nom de la célèbre pédagogue italienne est victime d’une utilisation abusive. L’Association Montessori perd le contrôle de son label, semant la confusion auprès des parents et professionnels du secteur.”

L’intelligence artificielle aux portes des écoles. “Depuis quelque temps, l’école s’adapte à la société en mouvement, donc progressivement à l’intelligence artificielle. Ces premiers pas sont cruciaux et aident à un apprentissage personnalisé ou adaptatif des enfants : ceux qui sont en décrochages pourront se rattraper et les plus performants se développer. Comment cette technologie contribue-t-elle concrètement à l’apprentissage des enfants ? Les plateformes d’intelligence artificielle se développent-elles dans l’Education nationale ?” Alarme ou espoir ?

Dans les cliniques juridiques, les apprentis juristes s’exercent sur des cas réels. “Au sein des universités et des écoles, les cliniques du droit se multiplient et viennent en aide aux personnes éloignées des arcanes administratives.”

Au pays de Trump, la colère des enseignants secoue tous les États. “Aux USA, les profs n’en peuvent plus, et ils le font entendre. En Oklahoma, par exemple : « Après plus de 10 ans d’économies et de négligence des autorités, nos élèves sont dans des classes surpeuplées, au mobilier insuffisant, avec de vieux livres scolaires qui tombent en morceaux, dans une école qui n’est ouverte que 4 jours par semaines, avec des enseignants qui sont obligés de vendre leur plasma sanguin, d’avoir un deuxième boulot ou de recourir aux banques alimentaires pour nourrir leur famille. »

Bernard Desclaux

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Hélène Martin...

19 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Toni Morisson...

19 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Paul D ne dit mot, parce qu'elle n'attendait pas de réponse de sa part ni n'en désirait, mais il comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Écouter les tourterelles à Alfred, Géorgie, et n'avoir ni le droit ni la permission d'y prendre plaisir, parce que dans cet endroit, brume, tourterelles, soleil, poussière cuivrée, lune - tout appartenait aux hommes qui avaient des fusils. De petits hommes, pour certains, et des hommes grands aussi, qu'il aurait tous pu briser comme fétus, s'il l'avait voulu. Des hommes convaincus que leur virilité résidait dans leur fusil et qui n'étaient même pas gênés de savoir que, coups de feu ou pas, les renards se moquaient d'eux. Et ces "hommes" qui faisaient rire jusqu'aux renardes pouvaient, si vous les laissiez faire, vous priver d'entendre les tourterelles ou d'aimer le clair de lune. Si bien que vous vous protégiez et que vous finissiez par aimer petit. Que vous choisissiez la plus petite étoile du ciel pour vôtre ; que vous couchiez la tête tordue pour apercevoir la bien-aimée par dessus le bord du fossé avant de vous endormir. Lui glissiez des coups d’œil timides entre les arbres au moment de l'enchaînage. Brins d'herbe, salamandres, araignées, piverts, scarabées, vous n'aviez droit qu'à un royaume de fourmis. A l'exclusion de tout ce qui était plus grand. Une femme, un enfant, un frère - un grand amour comme ceux-là vous eût déchiré de part en part, à Alfred, Géorgie. Il savait exactement ce qu'elle voulait dire : arriver quelque part où l'on pouvait aimer tout ce que l'on voulait - ne pas avoir besoin d'autorisation pour désirer -, eh bien, ça c'était la liberté.

Toni Morisson - Beloved

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A Lire... La France des Belhoumi - Stéphane Beaud...

19 Avril 2018 , Rédigé par La Vie des Idees Publié dans #Education, #Sociologie

A Lire... La France des Belhoumi - Stéphane Beaud...

Le sociologue Stéphane Beaud a entrepris de raconter l’histoire de l’intégration à bas bruit des Maghrébins en France, en restituant la trajectoire d’une famille. Un travail précis et exigeant qui permet la compréhension en profondeur des évolutions de notre société.

C’est au cours de ses enquêtes sur les transformations de la classe ouvrière que Stéphane Beaud a rencontré la question de l’immigration nord-africaine en France. Il l’a retrouvée lorsqu’il a abordé l’analyse du système d’enseignement à partir de la situation des élèves qui se situent au plus loin des normes établies de l’excellence scolaire. On ne peut pas concevoir la situation des classes populaires en France si on laisse de côté l’importance qu’y ont les individus et les familles issus de l’immigration, hier comme aujourd’hui. Gérard Noiriel l’avait montré dans un ouvrage pionnier, Longwy. Immigrés et prolétaires, en 1984 (Paris, PUF).

Réinsérer les immigrés dans la logique des rapports de travail et de classe permet d’éviter les pièges que recèle une approche purement culturelle ou symbolique : il est facile, surtout à la lumière des tensions actuelles entre les populations, de majorer l’effet de la dimension religieuse ou ethnique des groupes issus d’une immigration récente. L’illusion est partagée par les analystes, pressés de rendre compte des problèmes en termes de différences ou d’incompatibilités culturelles, et par une partie des groupes concernés, qui peuvent être conduits à exagérer leurs différences culturelles en fonction de la logique bien connue de l’inversion des stigmates. Le dernier livre de Stéphane Beaud permet d’éviter ces écueils. La qualité de l’enquête, menée pendant 5 ans sur une famille d’origine algérienne, est une contribution originale et forte à la connaissance d’une minorité à propos de laquelle se sont accumulés clichés et fantasmes.

(...)

Jean-Louis Fabiani

Recensé : Stéphane Beaud, La France des Belhoumi. Portraits de famille (1977-2017), Paris, La Découverte, 2018, 352 p., 21 €.

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L’avant-mai ou la chronique de l’imprévu...

19 Avril 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique, #Mai 68

EXTRAIT

Laissez-vous raconter l’effervescence qui a précédé les événements du printemps 68 par un étudiant engagé dans la nébuleuse des organisations étudiantes. La Sorbonne de Mai 68, comme si vous y étiez !

En septembre 1967, je quitte le Lycée Louis-le-Grand qui ne veut pas de moi en khâgne. Le paradoxe est que mes études vont être payées dans des matières où mes résultats étaient insuffisants, car j’ai réussi le concours des IPES [1] ! Je me retrouve à la Sorbonne avec, sans le savoir encore, une année extraordinaire à vivre.

C’est un moment où se multiplient groupes gauchistes et organisations étudiantes : crise du parti communiste avec naissance de l’UJCML (Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes, pro-chinoise), organisations trotskistes (FER ou Fédération des étudiants révolutionnaires, JCR ou Jeunesse communiste révolutionnaire, Lutte ouvrière) mais aussi Étudiants socialistes unifiés (ESU) avec une Union des étudiants communistes (UEC) exsangue mais encore vivante. Je n’aurai garde d’oublier Dany Cohn-Bendit et Roland Castro qui fondent le mouvement du 22 mars en 1968 à l’occasion de l’occupation d’une tour de l’université de Nanterre, pour faire libérer l’un des leurs, membre d’un comité Vietnam, et obtenir la libre circulation des garçons et des filles dans les cités universitaires.

Pourtant, « la France s’ennuie » (Viansson-Ponté, Le Monde, 15 mars 1968) : « Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c’est l’ennui. Les Français s’ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde, la guerre du Vietnam les émeut, certes, mais elle ne les touche pas vraiment. »

(...)

Richard Étienne
Professeur honoraire en sciences de l’éducation, université de Montpellier

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"CRS SS", l'histoire d'un slogan qui ne date pas de 1968...

19 Avril 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Mai 68

"CRS SS", l'histoire d'un slogan qui ne date pas de 1968...

Le slogan "CRS SS" s'est installé dans le répertoire contestataire et militant dans les années 60. Pourtant il date en fait de 1948. Trois ans après la fin de la guerre, les mineurs qui vivent une des grèves les plus dures et les plus violemment réprimées de l'histoire sociale, font rimer CRS et SS.

De Mai 68 à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en passant par les manifestations autour de la COP 21 ou celles contre la "loi Travail", le slogan “CRS SS” refleurit régulièrement, quoique d’une saisonnalité aléatoire. Beaucoup, y compris dans les médias, l’attribuent au soulèvement étudiant de Mai 68. Et c’est vrai qu’une image reste associée à la formule, celle d’une affiche sortie tout droit de l’Atelier populaire de l’Ecole des Beaux-Arts, où étaient sérigraphiées les affiches qui apparaîtront sur les murs parisiens en mai et juin 1968.

Pourtant, le slogan “CRS SS” ne date pas de 1968. Il a même vingt ans de plus, et verra le jour alors que les compagnies républicaines de sécurité (CRS) émergent tout juste - créées fin 1944, elles deviennent en 1947 forces de réserve nationales en cas de manif, grève, émeutes etc. En 1948, la journaliste Simone Téry titre un article “CRSS” dans l’édition du 5 novembre 1948 de L’Humanité. L’article couvre la grève des mineurs qui a démarré le 4 octobre de la même année, en réaction aux décrets Lacoste, d’une veine répressive.

Ces textes annoncent notamment une baisse des salaires alors que l’inflation est galopante, mais aussi le passage au paiement à la tâche et une moindre protection sociale alors que les mineurs sont étrillés par les maladies professionnelles. Scandale dans les houillères, le 4 octobre 1948, 340 000 mineurs se mettent en grève. C’est le début d’un mouvement social qui sera très durement réprimé par le ministre de l’Intérieur, Jules Moch, qui n’hésite pas à demander aux forces de l’ordre de tirer à balles réelles, de traîner de force des mineurs d’Afrique du nord jusqu’aux galeries. Les blindés sont aux abords des carreaux des mines, et le couvre-feu est décrété sur les corons. 

(...)

Chloé Leprince

Suite et fin à consulter ci-dessous

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