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Vivement l'Ecole!

De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires...

30 Avril 2018 , Rédigé par Injep Publié dans #Education, #Politique, #Jeunesse

De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires...

Auteur : Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche, INJEP

Descriptif

Dans le cadre d’une vaste enquête réalisée auprès de 7 000 lycéens visant à mesurer leur degré d’adhésion à des thèses et pratiques radicales, l’INJEP participe plus spécifiquement au volet portant sur le sentiment d’injustice et de discrimination. Les résultats font apparaître un puissant désir de réussite de la part de lycéens déclarant pourtant subir de multiples injustices et discriminations. La forte adhésion des jeunes des quartiers populaires au modèle d’intégration, qui est censé garantir l’égalité des chances à chacun quelle que soit sa place sur le territoire français, peut toutefois engendrer de profondes frustrations en cas de défaillance de ce principe d’égalité.

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Université Populaire Musée du Quai Branly - Jacques Chirac - Programmation mai 2018...

30 Avril 2018 , Rédigé par Musée Quai Branly Publié dans #Education, #Histoire, #Art

UNIVERSITÉ POPULAIRE

MUSÉE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC

***

PROGRAMMATION MAI 2018

Autour de quatre cycles thématiques – Du neuf dans la famille, L’invention du futur, Les Grandes Révoltes et Grands Témoins –l’Université populaire du musée du quai Branly – Jacques Chirac, sous la direction de Catherine Clément, interroge pour la onzième année les rapports entre les cultures et les questions d’universalité, d’altérité et de mémoire.

 

* LES CONFÉRENCES EN MAI *

CYCLE : L’INVENTION DU FUTUR

Mercredi 02 mai - 18H30

L’astrologie en Occident et en Inde


Par Arnaud Esquerre, sociologue, chargé de
recherche au CNRS et Catherine Clément,
philosophe et écrivain

Cette conférence propose de confronter deux approches de l’astrologie : d’une part la vision scientifique du sociologue Arnaud Esquerre qui questionne et étudie les pratiques de l’astrologie en Occident, d’autre part la vision subjective de Catherine Clément basée sur ses expériences personnelles de l’astrologie en Inde.

 

CYCLE : LES GRANDES RÉVOLTES

Vendredi 16 mai - 18H30

Richard Wagner

Par Alain Badiou,
philosophe, romancier et essayiste

Depuis plus d’un siècle Richard Wagner est au cœur d’intenses débats suscités notamment par les fondements et les répercussions idéologiques de son œuvre. Convoqué par des philosophes tels qu’Adorno, Nietzsche ou Heidegger, Wagner a ainsi fait l’objet de nombreux procès à charge. En écho à son ouvrage Cinq leçons sur le ‘cas’ Wagner, paru en 2010 aux éditions Nous, Alain Badiou propose de ré-étudier le « cas » Wagner en s’appuyant, entre autres, sur l’analyse critique des thèses d’Adorno ou de Philippe Lacoue-Labarthe. Il redéfinit ainsi ce que constitue aujourd’hui l’évocation du nom « Wagner » et, tout en s’appuyant sur une connaissance pointue de l’œuvre du compositeur, déconstruit l’existant pour ouvrir une réflexion nouvelle sur l’art d’aujourd’hui et de demain.

CONTACT PRESSE

Agence Alambret Communication

quaibranly@alambret.com

+33 (0) 1 48 87 70 77

 

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Glose, l’application de lecture pour l’école...

30 Avril 2018 , Rédigé par Academie Grenoble Publié dans #Education, #Pédagogie, #lecture

En espérant très vivement que tablettes, téléphones portables et autres écrans ne soient pas purement et simplement bannis des enceintes scolaires.

CC

                                     ____________________________________

Glose est un site internet et une application pour smartphone et tablette, qui permet aux professeurs et professeurs documentalistes de choisir des livres pour leurs élèves, de les distribuer au format numérique (ebook), et d’enrichir leur lecture d’annotations, commentaires et analyses autour des textes. Glose permet donc une lecture numérique, mobile, interactive et augmentée, qui encourage les élèves à lire plus et de manière plus approfondie les textes qu’ils étudient en classe.

 

Elle regroupe trois services en un :
 
  • une interface de lecture enrichie permettant de partager des notes, images, vidéos et conversations dans les marges des textes lus en classe ou à la maison.
  • un réseau social où chaque professeur et chaque élève a son profil personnel sécurisé pour archiver textes et notes, échanger avec les autres lecteur, et créer des cercles de lecture fermés.
  • une librairie numérique de près d’un million de titres disponibles en un clic – avec des dizaines de textes gratuits particulièrement pertinents – et de nombreux contenus vidéo autour des livres.
La plateforme est facile à prendre en main et plait aux élèves testés. Elle regroupe beaucoup de contenus (100 grands classiques gratuits, textes historiques : l’essentiel des textes que nous utilisons en collège et lycée etc…) et d’outils pédagogiques (outils de contribution, de collaboration, de discussion) dans une intégration élégante. Elle permet aussi au professeur d’avoir un compte rendu détaillé de l’activité de ses élèves en lien avec le texte (sur demande).
 
L’usage de cette plateforme en classe est intéressant pour :
 
  • promouvoir la lecture (notamment sur tablette)
  • permettre aux élèves d’interagir sur leurs découvertes : l’exercice de lecture et d’analyse des textes reste une tâche habituellement personnelle
  • développer une nouvelle pratique des médias modernes, comme supports de pratiques citoyennes mais aussi créatives
  • développer une pratique sur le mode de la classe inversée
Voici une plaquette de Glose qui met en évidence les fonctionnalités principales et des exemples de scénarios pédagogiques.
 
Voir aussi: 
 
http://www2.aclyon.fr/enseigne/lettres/IMG/pdf/gloseeducation_pour_enseignants.pdf
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Mark Knopfler...

29 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Emmanuel Levinas...

29 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

Résultat de recherche d'images pour "altérité et transcendance"

Cette manière d'être pour l'autre, c'est-à-dire, d'être responsable pour l'autre, c'est quelque chose de terrible, car cela signifie que si l'autre fait quelque chose, c'est moi qui suis responsable. L'otage est celui que l'on trouve responsable de ce qu'il n'a pas fait. Celui qui est responsable de la faute d'autrui. Je suis en principe responsable, et avant la justice qui distribue, avant les mesures de la justice. C'est concret vous savez ! Ce n'est pas inventé ! Quand vous avez rencontré un être humain, vous ne pouvez pas le laisser tomber. La plupart du temps, on laisse tomber, on dit, j'ai tout fait ! Or, on n'a rien fait ! C'est ce sentiment, cette conscience qu'on n'a rien fait qui nous donne le statut d'otage avec la responsabilité de celui qui n'est pas coupable, qui est innocent. L'innocent, quel paradoxe ! C'est celui qui ne nuit pas. C'est celui qui paye pour un autre.

Autrui nous engage dans une situation où vous êtes obligé sans culpabilité, mais votre obligation n'en est pas moindre. C'est en même temps une charge. C'est lourd et si vous voulez, la bonté c'est cela.

Emmanuel Levinas - Altérité et transcendance

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Pourquoi nous refusons le dispositif « Parcoursup », et ce que nous proposons...

29 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Résultat de recherche d'images pour "non"

Tandis qu'un certain nombre de voix s'élèvent pour dénoncer la sélection à l'Université, d'autres en font appel au "principe de réalité". Or, que l'on soit totalement, en partie ou pas du tout favorable à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur, le certain est que la plateforme Parcoursup ne saurait en aucune manière répondre au principe d'une orientation "réussie" des étudiant.e.s.

Rappel du contexte

La plateforme Parcoursup a été mise en œuvre dans la plus grande précipitation (entre octobre et décembre 2017), sans aucune concertation avec les établissements du secondaire et du supérieur, et sans même attendre que la loi « relative à l’Orientation et à la Réussite des Étudiants » soit votée par le Parlement : tout le monde a donc été placé devant le fait accompli, bien que hors cadre légal (pour mémoire : la loi ORE a été promulguée le 8 mars 2018, alors que le calendrier de la saisie des vœux par les lycéen.ne.s s’échelonnait du 20 janvier au 13 mars).

En février, après que les enseignant.e.s du secondaire ont dû répondre à l’injonction d’évaluer l' « autonomie », la « capacité à s’investir », la « capacité à réussir » ou la « cohérence » du projet de formation des lycéen.ne.s, en prenant éventuellement en compte leurs loisirs ou leurs activités extra-scolaires afin de les valoriser (la totalité de l’existence de ces jeunes gens, y compris ce qui est censé échapper à la scolarité, tendant du même coup à devenir une valeur d’échange sur le marché de l’enseignement supérieur), il a été annoncé que des commissions d’examen des vœux seraient mises en place au sein des universités, lesquelles auraient vocation à examiner des milliers de dossiers avant de les classer un à un (les ex-aequo ne seraient pas tolérés).

Conscient qu’il serait humainement impossible de procéder à tel classement (que l’on soit complètement, moyennement ou pas du tout favorable à un telle procédure, quel cerveau pourrait comparer puis hiérarchiser, aussi rationnellement qu’équitablement, 3000 voire 5000 dossiers selon les filières ?), le Ministère a mis à la disposition des équipes pédagogiques un outil informatique dit d’« aide à la décision ».

En découvrant cet outil (une formation express a été organisée à Paris les 19-21 mars ; le 9 avril, la version définitive de l’outil n’était toutefois toujours pas accessible), les enseignant.e.s-chercheur.e.s ont compris qu’il leur incomberait d’attribuer, comme bon leur semble, si ce n’est au petit bonheur la chance, d’une part des notes et d’autre part des coefficients aux différents items constitutifs des pièces déposées sur Parcoursup (bulletins de note, « fiches avenir », projets de formation).

Ainsi, on pourrait au choix décider de privilégier les notes obtenues en philosophie, en biologie ou en sport, accorder des bonus à l' « esprit d’initiative » ou à la « méthode de travail » des lycéen.ne.s, donner un grand poids ou pas de poids du tout aux avis émis par les professeurs principaux ou les chefs d’établissement – le tout pouvant de surcroît être paramétré différemment selon les séries de bac, ce qui crée de facto une discrimination entre les diplômes censés légalement garantir l’accès à l’université.

Notre diagnostic

Au cours de ces dernières semaines, nous n’avons cessé de nous interroger, individuellement et collectivement, sur la conduite à adopter vis-à-vis de cette réforme « en marche forcée », de débattre de la façon dont nous pourrions nous approprier cet outil le plus démocratiquement possible, de peser le pire et le « moins pire ».

Au bout du compte, nous sommes nombreux et nombreuses à avoir pris la décision de ne pas constituer les commissions d’examen de vœux, parce que :

-     nous considérons qu’un « paramétrage » statistique dont nous ne maîtrisons ni les logiques ni les effets ne saurait en aucune manière répondre à une orientation « réussie », et encore moins résoudre les véritables problèmes auxquels les étudiant.e.s de première année de Licence sont confrontés ;

-     nous contestons le principe de quantification de données essentiellement qualitatives, de surcroît sujettes à des variations locales impossibles à pondérer, et refusons de déguiser l’arbitraire en mesures objectives ;

-     nous estimons que la préférence accordée par les lycéen.ne.s à telle ou telle formation, le désir et/ ou la nécessité qu’ils et elles ont de s’inscrire dans tel ou tel établissement, est un élément primordial pour décider de leur accueil dans l’enseignement supérieur, et que l’absence de prise en compte de ces données dans Parcoursup (où les vœux ne sont plus classés) rend cette procédure d’autant plus injuste et inappropriée au regard des problèmes qu’elle prétend résoudre.

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous (Lire en particulier la liste des signataires qui ne forment pas un bataillon de "gauchistes")

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Le cahier Seyes, un idéal... Vraiment? (vidéo)

29 Avril 2018 , Rédigé par Karambolage Publié dans #Education, #Pédagogie

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Une société où l'on n'exigera plus d'une adolescente qu'elle s'interdise une "jupe indécente"...

29 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

Résultat de recherche d'images pour "mai 68 photo"

En mai 68 j'avais 10 ans. Je vivais au Maroc - comme je le rappelle souvent car ce pays est "le mien" autant que celui qui me fut donné par mes parents.

J'ai connu les événements de mai par la radio que mon père, enseignant, écoutait le soir. Même enfant, je comprenais l'importance de ce qui se passait en France sans en saisir les fondements politiques. Plus tard, beaucoup plus tard, une fois retombées les passions, une fois lus les analyses, les commentaires, les livres d'historiens, de sociologues, j'ai acquis l'intime conviction qu'il y avait bien un "avant Mai-68" et un "après Mai-68".

Mai 68... Mai 2018... Un anniversaire. 50 années ont passé. Tout a changé. La jeunesse - disons les 16/25 ans, même si à 60 ans j'ai conservé mon âme, mes rêves et mes révoltes d'enfant et d'adolescent - a changé. La "société" a changé.

Celles et ceux qui tentent d'établir des comparaisons entre les événements de Mai 68 et ceux de 2018 - grèves diverses; mouvements dans les universités par exemple - sont souvent renvoyés à leurs chères études. "Mais enfin ouvrez les yeux! La jeunesse contemporaine n'est pas révoltée. Elle est en phase avec son époque. Elle veut réussir, gagner de l'argent! Startup nation for ever! Une génération Macron en quelque sorte"...

Et pourtant...

Certains signes, parfois ténus, d'autres souvent plus visibles, laissent penser que "Mai-18" pourrait lui aussi avoir un avenir. Ou "Mai-19"... 

Je lisais récemment dans la presse que de plus en plus de lycéennes sont rappelées à l'ordre par les directions de leurs établissements pour le seul fait de porter des "tenues indécentes". Je vous laisse "juges".

Cela me rappelle un épisode qui m'a profondément marqué. Je ne l'ai jamais oublié. Je n'ai jamais oublié le visage de cette élève de seconde ou de première, je ne sais plus, très sévèrement appelée à comparaître devant la surveillante générale tant redoutée. A comparaître dans la cour, pendant une récréation, accusée de porter une jupe - à carreaux, je les vois encore - trop courte. Trop courte car elle dévoilait ses genoux! Alors, munie d'une paire de ciseaux, la surveillante générale a découpé l'ourlet, complice de l'indécence. Et Angèle, je me souviens aussi de son prénom, a fondu en larmes. "Eh bien voilà, c'est bien mieux comme ça! Et cessez de pleurer mademoiselle!". 

Cet épisode ne se reproduira jamais ainsi. Aujourd'hui, il sera demandé à l'élève de ne plus porter telle ou telle tenue. Comme si le "vice" n'était pas davantage dans l'oeil de celui qui regarde que dans le corps de celle qui "montre". Comme si être jolie devenait une faute. Mais les effets sont les mêmes. Les adolescentes ne pleurent plus aussi facilement. Leur révolte intérieure n'en est pas moins aussi violente!

Il existe aussi cette jeunesse "radicale" vue dans les diverses ZAD (Zone à défendre), la plus célèbre étant celle de Notre Dame des Landes. Elle aussi rêve d'une autre manière de vivre, de consommer, de produire, d'appréhender l'avenir. Un petit coté "flower power". Ils ont été chassés au nom de la loi. Sans beaucoup d'aides. Sans soutien populaire massif. Le Ministre de l'Intérieur a envoyé les CRS et tout est - à peu près - rentré dans l'ordre. Mais les traces laissées sur les corps comme dans les esprits ne s'effaceront pas aisément.

Et puis les étudiants, plus exactement DES étudiants, partis à l'assaut d'un système - Parcoursup - sélectif, mais aussi partis à l'assaut d'une vision de la société à venir, imposée par le candidat Macron devenu Président. Légitimement mais - même s'il peine à le reconnaître - si fragilement élu tant le pourcentage d'électeurs inscrits l'ayant porté au pouvoir est faible. Au premier tour d'abord, car je parle ici des "macroniens" véritables. Pas de celles et ceux qui, comme moi, ont voté Emmanuel Macron au second tour pour écarter la menace Le Pen sans la moindre illusion sur la politique qui allait être appliquée.

Une vision "macronienne" de la société pour le moins uniforme, tournée vers la "réussite" à n'importe quel prix, offrant de l'espoir aux "premiers de cordée" bénéficiaires d'un "ruissellement" aléatoire. La "réussite" se traduisant D'ABORD, dans l'esprit à la mode du moment, par la réussite financière. Start up nation for ever! 

Mais jamais, JAMAIS le moindre mot pour celles et ceux laissés sur le bord du chemin. Que deviennent les "échoués"? Que deviendront celles et ceux rejetés par Parcoursup? Que dira-t-on à celles et ceux qui attendront, à vie, le "ruissellement"? Nul ne le sait! Nul ne s'en soucie! Au sommet...

Qu'elles sont loin mes années universitaires où nous savions aider celle ou celui qui peinait à comprendre tel sujet, tel cours. Les solidarités existaient encore. Nous n'étions pas une élite. Nous étions des rêveurs. Et parfois, nous nous tenions la main en cachette sous les tables, pendant que de merveilleux professeurs partageaient leurs savoirs...

Pour le moment, les français continuent d'être dans la sidération. Elle se fissure petit à petit, à mesure que se déchire le voile flou d'un projet devenu réalité. Une réalité "de droite", bien et fermement de droite. Ôtons les guillemets...

Alors, mai 68 peut-il "revenir"? Je le crois. La France ne s'ennuie pas. C'est bien pire: elle semble indifférente à un président et à des ministres que de très nombreux français ne connaissent même pas, et ce malgré une occupation médiatique forcenée et répétitive. 

Peut-être reverra-t-on un jour une jeune fille blonde juchée sur les épaules de son camarade de défilé, réclamant à son tour une société plus juste, plus ouverte à celles et ceux trop souvent oubliés...

Une société où l'on n'exigera plus d'une adolescente qu'elle s'interdise une "jupe indécente"...

Et les gaz lacrymo seront sa Madeleine de Proust...

Christophe Chartreux

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Une professeur de 32 ans et son élève de 16 ans. Une histoire d'amour qui finit mal sur fond de barricades de mai 68...

29 Avril 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Histoire

Article Paris Soir 04 septembre 1969

Le 1er septembre 1969, une professeure de lettres de 32 ans se suicide au gaz dans son appartement des quartiers nord de Marseille. Quelques mois plus tôt, Gabrielle Russier battait le pavé du côté du Vieux-Port au côté de Christian Rossi, un lycéen de 16 ans. Son jeune amant.

1er épisode : Mourir d'aimer

C'est une professeure de lettres brillante, promise à un poste à la faculté d'Aix. Il est son élève de seconde dans le lycée marseillais où elle enseigne. Gabrielle et Christian vont s'aimer au rythme des manifestations de mai, où l'on crie « Vivre c'est aimer ». Mais à l'automne 1968, la fête est bien finie. Les parents de Christian portent plainte pour détournement de mineur. Christian fugue et Gabrielle est jetée en prison. Suivra un acharnement judiciaire qui la conduira vers une lente descente aux enfers. Jean Cau se déchaîne dans Paris Match, dénonçant ses « allures lesbiennes » (Gabrielle portait les cheveux courts), et à travers elle « les pantalons serrés, la drogue et la pédérastie »... « Cela tient de San Antonio et de Racine, cela se terminera peut-être par un faits divers », écrit-elle alors depuis les Baumettes.

Le combat de cette femme éprise de liberté cessera définitivement à la veille d'un nouveau procès, le 1er septembre 1969.

Ne m'en veuillez pas. je suis à bout de forces. Parce que la lucidité et la compréhension des choses et des êtres ne m'ont servi à rien. On me répète par les papiers que je reçois, que je suis coupable et j'en arrive à envier ceux qui le sont vraiment, qui rient dans la cour. Je ne pourrais plus jamais rire. On a fait une montagne avec rien. On me garde ici pour des faits très anciens nullement répréhensibles. Je n'arrête pas d'essayer de comprendre. Je tourne, je tourne dans ma tête les idées les plus noires. Je ne sais plus raisonner, réfléchir. J'ai peur pour les enfants. J'ai si peur. "Gabrielle Russier"

En 1971, son amant Christian Rossi livrera un unique témoignage: « Ce n'était pas du tout une passion. C'était de l'amour. La passion, ce n'est pas lucide. Or, c'était lucide. Les (deux ans) de souvenirs qu'elle m'a laissés, elle me les a laissés à moi, je n'ai pas à les raconter. Je les sens ».

Avec Valérie Nogues, fille de Gabrielle Russier, Anne, ancienne élève de Gabrielle, Corinne Bouchoux et Claude Lelièvre, historiens et Mireille Cifali, professeure de sciences de l'éducation.

En savoir plus en cliquant ci-dessous

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Cécile Alduy « L’opportunisme politique facilite le glissement idéologique »...

28 Avril 2018 , Rédigé par L'Humanité Publié dans #Politique

Cécile Alduy
Professeure à Stanford, chercheuse associée au Cevipof

Cécile Alduy

L’auteure de Marine Le Pen prise aux mots, considère que le Front national sert un prêt-à-penser à une part croissante de politiques. Entretien.

Peut-on aujourd’hui considérer que la récupération des expressions du Front national et de l’extrême droite par des représentants politiques issus d’autres horizons va croissant ?

Cécile Alduy La réutilisation stratégique d’expressions phares du discours frontiste a été inaugurée par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007. Cela fait donc plus de dix ans que les lieux communs du FN sur l’immigration ont été repris, et donc validés, par des figures qui prétendaient par ailleurs lui faire « barrage ».

Ce qui est plus récent, c’est la contamination, consciente ou inconsciente, des discours de certains à gauche ou à l’extrême gauche par la langue frontiste, de Jean-Luc Mélenchon, qui parle des travailleurs détachés qui « volent le pain » des Français, à Gérard Collomb, qui évoque des « régions submergées par des flux de demandeurs d’asile » et reprend l’élément de langage de Marine Le Pen en 2012 sur le fait que cet afflux représenterait « chaque année une ville de taille moyenne ».

On peut dire que le Front national a gagné la bataille des mots, et sans doute la bataille culturelle. Le ministre de l’Intérieur peut bien lui-même ne pas partager la vision du monde du FN, fondée sur l’opposition manichéenne entre les « Français » purs et les « autres », immigrés, minorités religieuses, « nomades ». Mais il accrédite leur « cadrage » de la question migratoire en termes purement quantitatifs, sécuritaires et répressifs avec des raccourcis et des métaphores qui étayent le discours de peur du FN.

S’agit-il d’un glissement idéologique ou d’un opportunisme politique ?

Cécile Alduy Cela dépend des acteurs. Il y a une imprégnation croissante de la vulgate frontiste sur l’immigration dans de très larges pans de la population (plus de 60 % des Français déclarent qu’il y a trop d’immigrés) et cela se reflète chez les politiques, qui sont « désinhibés » par ce type de sondages. Mais entre Laurent Wauquiez, qui lorgne un espace politique à saisir sur sa droite dans un contexte de crise sévère du FN, et Manuel Valls, qui a adopté depuis plusieurs années un discours sécuritaire, autoritaire et ultra-laïc qui l’amène à des mots très alarmants sur l’immigration ou l’islam, les motivations sont différentes. Le premier est dans l’opportunisme politique (gagner des électeurs, phagocyter le FN) ; le deuxième dans une affirmation idéologique (vision d’une République laïque unifiée et sécuritaire, mais d’essence démocrate et universaliste).

Pour d’autres, comme François Hollande demandant la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme, c’est une forme d’abdication devant l’opinion et d’échec à proposer d’autres solutions. Le problème, c’est que, quelles que soient les raisons invoquées, reprendre les expressions et surtout le cadre de pensée du FN, c’est valider sa vision du monde, décomplexer les électeurs et, demain, ses mesures d’exclusion. L’opportunisme politique facilite le glissement idéologique des acteurs, et des électeurs, qui sont abreuvés d’un même discours.

J’habite aux États-Unis : j’ai vu de mes yeux les effets ravageurs de la légitimation du racisme par les mots du personnage le plus puissant de l’État.

Pourquoi cette contamination touche-t-elle à la fois une part de la droite et une certaine gauche ?

Cécile Alduy Il y a des raisons historiques : avec la vague meurtrière des attentats terroristes islamistes depuis 2015, les questions du profil des terroristes, souvent (mais pas toujours) issus de l’immigration, de la sécurité et de la place de l’islam dans la République – thèmes de prédilection du FN – sont au cœur des préoccupations des Français.

Il est donc légitime que les politiques s’en emparent. Mais comme il n’y a eu aucun travail de réflexion de fond pour offrir un autre modèle que le discours frontiste fondé sur l’amalgame « immigration = insécurité économique, culturelle et physique », les politiques reprennent ces clichés.

La force du discours frontiste est de proposer ces « prêts-à-penser » qui fournissent des causes simples à des phénomènes complexes. En l’absence d’un modèle de compréhension du monde actuel alternatif, ce prêt-à-penser continuera à séduire, car il est le seul en piste.

Cécile Alduy, Professeure à Stanford, chercheuse associée au Cevipof  

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