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Vivement l'Ecole!

Scolarisation obligatoire à 3 ans : le cadeau discret de Macron au privé...

28 Mars 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Scolarisation obligatoire à 3 ans : le cadeau discret de Macron au privé...

Avec son annonce de mardi, effective dès 2019, le chef de l’Etat concrétise une idée en débat depuis des années. Problème : les mairies craignent de devoir payer pour les écoles sous contrat.

«J’ai décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019», a déclaré mardi matin Emmanuel Macron, ouvrant les assises de la maternelle, organisées mardi et mercredi par le ministère de l’Education. «Dans notre mythologie républicaine, l’école maternelle n’occupe pas toute la place qu’elle pourrait occuper. Elle est et sera davantage à l’avenir un moment fondamental de notre parcours scolaire», a vanté le Président. Cette mesure qui paraît avant tout symbolique va en réalité avoir des répercussions financières bien concrètes pour les mairies… En faveur du privé sous contrat.

Combien d’enfants cette mesure va-t-elle concerner ?

Aujourd’hui, 97,6 % des enfants de 3 ans (et quasiment 100 % des enfants de 4 et 5 ans) vont déjà à l’école maternelle. Cette annonce n’aura donc de conséquence que pour le petit pourcentage restant, soit 26 000 enfants au total. Et encore : rien n’obligera les parents à mettre leurs enfants à l’école. Comme le rappelle l’historien Claude Lelièvre sur son blog sur Educpros.fr, ce n’est pas l’école en tant que telle qui est obligatoire, mais l’instruction. Elle peut se faire, au choix, à l’école, (publique ou privée) ou à la maison. La liberté d’enseignement est en France une liberté fondamentale, tout en haut de la hiérarchie des normes. Vérification faite auprès de l’Elysée, Macron parlait bien mardi matin d’allonger «l’instruction» et non la scolarisation.

Pourquoi une telle annonce?

Dans le discours de Macron, cette mesure servira à «lutter contre la fabrique des inégalités profondes». «Derrière ce chiffre [de 26 000 enfants de plus de 3 ans non scolarisés, ndlr] qui peut paraître insignifiant, il y a une réalité», a défendu le Président, parlant «d’inégalités diverses» : le faible taux de scolarisation en maternelle en outre-mer, et des «disparités dans la journée», avec des enfants qui ne vont pas à l’école l’après-midi pour ne pas payer la cantine, assure le Président. Qui insiste : cette mesure n’est en rien «anodine» - les réformes modifiant la durée d’instruction se comptent sur quelques doigts. Elle a été étendue à 14 ans en 1936 et à 16 ans en 1959. Et depuis la loi Ferry de 1882, l’instruction obligatoire a toujours commencé à 6 ans. L’idée de scolariser les enfants plus tôt n’est pourtant pas nouvelle, mise sur la table plusieurs fois. Pendant la campagne présidentielle notamment, François Fillon (LR) avait inscrit dans son programme cette mesure symbolique. Sous Hollande, l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem avait déjà évoqué l’idée, proposant d’aller plus loin, en étendant l’obligation de 3 à 18 ans afin de lutter contre le décrochage scolaire.

Quelles seront les conséquences pour les municipalités ?

«Pourquoi croyez-vous que jusqu’ici cette idée ne s’est jamais concrétisée ?» interpelle, très inquiet, Damien Berthilier, le président du réseau français des villes éducatrices, qui rassemble les élus soucieux de leurs politiques éducatives. La raison est financière, explique-t-il, avec des «sommes colossales en jeu» pour les mairies. En effet, la loi Debré de 1959 sur les écoles privées sous contrat prévoit que les municipalités participent dans les mêmes proportions aux frais de scolarité pour les enfants de leurs communes, qu’ils soient dans des écoles publiques ou privées sous contrat. Jusqu’ici, cette obligation ne concernait que les écoles élémentaires, puisque l’instruction n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans (entrée au CP). Les écoles maternelles privées - qui accueillent environ 300 000 enfants - entretenaient donc leurs locaux et achetaient leurs fournitures avec leurs propres moyens. Mais à la rentrée 2019, avec l’obligation à 3 ans, les communes vont logiquement devoir sortir le portefeuille… «Les sommes sont énormes, surtout en maternelle avec le coût des Atsem [Agents territoriaux spécialisés en maternelle, ndlr]. Si l’on ne change pas d’urgence la loi Debré, les élus vont se retrouver en grande difficulté.» Interrogé lors du point presse mardi, le ministre, Jean-Michel Blanquer, a éludé : «Pas de changement à venir en ce qui concerne le privé.» Une position qu’il devra préciser vu les coûts en jeu.

Cette mesure pourrait-elle mettre en cause la préscolarisation dès 2 ans ?

C’est une crainte dans l’air, nourrie ces dernières semaines par les déclarations du ministre de l’Education sur fond de batailles locales contre les fermetures de classes, plus nombreuses en maternelle. Début mars, au micro de France Inter, Jean-Michel Blanquer citait ainsi une étude de France Stratégie montrant, selon lui, qu’il n’est «pas certain que cela [la préscolarisation dès 2 ans, ndlr] ait un intérêt particulier pour l’enfant». Sous Hollande, l’ancienne majorité avait au contraire mené une politique volontariste en faveur de la scolarisation dès 2 ans pour lutter contre les inégalités sociales. Mardi matin, Macron a pondéré, certainement pour rassurer : «La scolarisation en deçà de 3 ans n’est pas toujours souhaitable mais ce qui est vrai, c’est que dans certains quartiers, elle est parfois bénéfique.»

Marie Piquemal

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Maternelle, une lettre ouverte au ministre...

28 Mars 2018 , Rédigé par Snuipp - FSU Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

Maternelle, une lettre ouverte au ministre...

À l'initiative du SNUipp-FSU et à quelques jours des "assises", dix organisations du monde éducatif écrivent leur ambition pour l'école maternelle, une école première qui nécessite de vrais moyens et une formation de qualité

Lettre ouverte au ministre de l'éducation nationale

Paris le 24 mars 2018

à M. Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le ministre de l’Éducation,

Des assises de l’école maternelle sont organisées. Sans doute s’agit-il de faire un état des lieux de l’existant et présenter les leviers d’amélioration. C’est pourquoi, nous, représentants des personnels, de parents et d’associations qui constituons la communauté éducative, devons participer à la réflexion. Nous avons une analyse et un projet pour l’école maternelle qui repose sur les réalités de terrain. L’école n’est pas un sujet qui doit être traité dans l’entre soi mais qui doit prendre en compte les approches plurielles et être mis en débat avec celles et ceux qui la font vivre. Pour nous l’école maternelle, est une école à part entière, école première où l'on apprend ensemble !

L'école maternelle doit être une école bienveillante et exigeante. Souvent lieu de la première socialisation hors de la famille et lieu de la première rencontre des familles avec l'institution scolaire, elle est avant tout un milieu où l'on grandit en apprenant avec les autres... Les apprentissages y sont multiples et complexes, permettant le développement de chaque enfant. Les enseignantes et enseignants, les ATSEM, les AESH et l’ensemble des interventions des personnels qualifiés et experts prennent en compte les multiples dimensions du développement de l'enfant et mettent en place des modalités spécifiques d'apprentissage. Les enseignants s'assurent de la construction des savoirs par une évaluation des acquisitions fondée sur une observation continue et attentive des réussites et des progrès de chaque élève. Le langage, dont la place essentielle a été réaffirmée dans le programme de 2015, est à la fois le produit et la source de ces apprentissages. C'est bien à l'école maternelle que les élèves sont amenés à construire un nouveau rapport au langage, pour communiquer mais aussi parler et penser le monde. 

Les parents ne s'y trompent pas, ils manifestent à l'école maternelle soutien et confiance et y scolarisent massivement leurs enfants. Entre la crèche et l'école élémentaire, l'école maternelle doit prendre toute sa place et défendre sa spécificité. Pour cela elle doit offrir un cadre sécurisant à tous les enfants, leur renvoyer un regard positif, créer les conditions d'une égalité d'accès au savoir, permettre l'activité intellectuelle grâce à l'action et au langage pour élaborer leur pensée.

Le rôle de l’école maternelle est fondamental pour garantir la réussite de tous les élèves.

Tout au long du cycle 1 se construisent des savoir être et savoir-faire essentiels pour un développement harmonieux de chaque enfant et de ses capacités à entrer dans les apprentissages de l’école maternelle et de la suite de leur scolarité. L’école s’appuie sur le principe fondamental que tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser.

Des recherches nationales montrent la corrélation entre scolarisation précoce et réussite future. La scolarisation à 2 ans est un facteur de réussite notamment pour les enfants les plus éloignés de la culture scolaire. Mais cela suppose des adaptations matérielles et temporelles, des moyens et une pédagogie prenant en compte les besoins et le développement des très jeunes enfants. Les conditions d’accueil doivent donc répondre à ces exigences.

Gratuite, l'école maternelle bien que non obligatoire, exige une feuille de route ambitieuse. Elle a aussi besoin de stabilité pour confirmer son rôle essentiel dans la réussite de toutes et tous. Cela nécessite un investissement de l’état et des collectivités locales.

C'est en agissant sur les effectifs par classe, la formation de tous les personnels, l'aménagement des espaces et du temps, le maintien de contenus d'apprentissages exigeants dans tous les domaines, le développement de la relation aux familles, la présence effective des réseaux d'aide (RASED), la complémentarité des personnels que nous ferons grandir encore l'école maternelle.

C'est cette ambition partagée que nous souhaitons porter dans le cadre des assises de la maternelle.

Isabelle Racoffier, présidente de l’AGEEM
Roseline Prieur-Ndiaye, présidente du CRAP-Cahiers pédagogiques
Liliana Moyano, présidente de la FCPE
Isabelle Lardon, secrétaire du GFEN et Jacques Bernardin, président du GFEN
Agnès Joyeux, membre du CA collégial de l'ICEM-pédagogie Freinet
Claire Le Calonnec, secrétaire générale d’Interco-CFDT
Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT
Regis Metzger, Arnaud Malaisé, Francette Popineau, secrétaires généraux du SNUipp-FSU
Didier Bourgoin, secrétaire général du Snuter-FSU

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Revue de Presse Education... Maternelle - Critiques - Divers...

27 Mars 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Maternelle - Critiques - Divers...

C’est la maternelle qui, une fois n’est pas coutume, occupe le devant de la scène. On peut aussi lire des critiques à l’égard de l’action du ministère. Quelques informations variées pour terminer

Maternelle

Aujourd’hui se tiennent les assises de la maternelle, sous l’égide de Boris Cyrulnik. A cette occasion le gouvernement a annoncé l’extension de l’instruction obligatoire qui débuterait à 3 ans et non plus à 6 ans. A noter que les médias parlent faussement de scolarisation obligatoire alors qu’il s’agit de l’instruction.

« Boris Cyrulnik plaide également pour davantage de professeurs dans les écoles maternelles : "Ce serait le rêve de doubler le nombre de postes, parce qu’on établit plus facilement des relations affectives quand on a 13-14 enfants à gouverner et à sécuriser, que quand on en a 30. C’est probablement trop même si dans certains pays comme en Chine, peu d’enseignants ont beaucoup d’enfants et ils ont des résultats excellents". »

En face, beaucoup de voix critiques s’élèvent.

« Le ministre de l’Education nationale enchaîne les annonces de réforme comme une motocyclette qui pétarade. Au menu cette semaine : la maternelle. Dans quel sens Jean-Michel Blanquer veut-il aller, tandis que le modèle français est cité en exemple dans d’autres pays ?« Quelle était l’urgence alors que les nouveaux programmes ne sont en place que depuis 2015 et sont appréciés par les enseignants ? » interroge la secrétaire générale du SnuiPP (principal syndicat des enseignants du primaire), Francette Popineau. Elle s’étonne qu’aucun des représentants de la communauté éducative n’ait été associé en amont aux assises prévues ce mardi et inaugurées par Emmanuel Macron. Au pupitre, on entendra surtout - et encore - des neuroscientifiques, comme Stanislas Dehaene, qui préside le tout frais Conseil scientifique de l’Education nationale ».

Francette Popineau s’exprime au micro de Sud Radio : "Il est urgent d’améliorer la maternelle, mais sans doute pas de la réformer. Nous avons des programmes tout à fait récents (2015) et qui ont été plébiscités par la communauté éducative, puisqu’il n’y a pas eu de votes contre ces programmes, ce qui est suffisamment rare pour être noté ! Sur les contenus, il n’y a donc pas de raison de faire des modifications. En revanche, on doit améliorer l’école maternelle en faisant attention aux effectifs (bien trop importants pour des élèves de cet âge) et à la formation des enseignants (formation initiale, formation continue). Mais est-ce bien de cela dont on va parler à ces assises de la maternelle… ?"

Sylvie Plane, dans Libération, se demande si l’école maternelle est menacée : « Concernant l’encadrement, la note évoque deux possibilités : doubler le nombre d’enseignants et rejoindre ainsi les standards internationaux ou faire appel à davantage d’Atsem recrutés au niveau CAP. La première hypothèse est manifestement trop coûteuse, le doublement des enseignants de CP dans les quartiers très défavorisés (REP +) a été une entreprise compliquée, et le ministère peine à réaliser sa promesse de dédoubler les CE 1. Aussi est-il tentant de confier plus de responsabilités aux Atsem, surtout si se met en place une structure accueillant les enfants de 1 à 5 ans. Les Atsem sont payés par les collectivités territoriales alors que les enseignants sont des fonctionnaires d’Etat. »

L’Humanité emploie même un titre provocateur : Blanquer envoie la maternelle aux assises.. (article réservé aux abonnés)
Pour Les Echos, c’est la scolarisation des moins de 3 ans qui est remise en question.

Et , « au cœur des réflexions, les fameuses Atsem qui, aux côtés des enseignants, sont le fil conducteur des enfants. Quelle vraie place leur donner ? » (Libération)

Critiques

Daniel Andler : « Les inquiétudes concernant l’entrée des sciences cognitives à l’école sont injustifiées »
“Pour le philosophe et fondateur du département d’études cognitives de l’ENS, il faut découvrir la meilleure com­binaison d’approches pour le traitement des difficultés les plus criantes dans l’éducation nationale.”

Claire Leconte : « La semaine des quatre jours n’existe nulle part ailleurs dans le monde »
« La chronobiologiste Claire Leconte, professeur émérite de psychologie de l’éducation, travaille depuis plus de trente ans sur l’aménagement des temps de l’enfant. Entretien. »

La réforme Blanquer : une école en trompe-l’oeil ? Par Vincent Coussedière. “Les commentateurs ont pris l’habitude de souligner que Jean-Michel Blanquer était le meilleur élève de la classe de Macron. Nous le pensons aussi mais pour des raisons différentes des leurs — non pour nous en réjouir, mais pour le déplorer. Blanquer fait avec l’école ce que Macron fait avec la France : il plaque une communication admirablement maîtrisée et des réformes d’apparat sur une réalité dont le pourrissement ne sera pas ralenti, mais simplement parfaitement masqué.”

Divers

Il y a 194 ans naissait Julie-Victoire Daubié, première femme à décrocher le bac
En août 1831, à l’âge de 37 ans, elle devenait la première femme à avoir le bac. Dix ans plus tard, elle est également devenue licenciée en lettres
.

Le clavier s’impose, mais l’écriture à la main fait de la résistance
« Pour les inconditionnels du clavier, l’écriture à la main serait un outil obsolète, et son prochain abandon inéluctable. Pourtant, à ce jour, la plupart des chercheurs jugent que l’apprentissage de l’écriture ne saurait se passer de l’implication du geste. »

La « shooting generation » demande des comptes aux élus américains
« Le mouvement de lycéens né après la tuerie de Parkland en Floride mobilise dans tous les Etats-Unis, samedi, pour réclamer un encadrement plus strict des armes à feu. »

Géraldine Duboz

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Une maternelle "nouvelle" en 2019? C'est une plaisanterie!

27 Mars 2018 , Rédigé par La Croix Publié dans #Education, #Politique

Une maternelle "nouvelle" en 2019? C'est une plaisanterie!

Alors qu'une grand-messe a été organisée aujourd'hui à Paris, sous la présidence d'Emmanuel Macron et en présence du Ministre de l'Education Nationale, afin de présenter ce que sera la maternelle à partir de 2019, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter celle qui fut installée par Najat Vallaud-Belkacem.

C'était en août 2015.

Lisez bien ce qui suit... Nous en reparlons après...

Christophe Chartreux

                                ________________________________________

Mardi 25 août, à une semaine de la reprise des cours, la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem tient sa conférence de presse de rentrée.

Parmi les nouveautés : l’entrée en vigueur de nouveaux programmes pour l’école maternelle, qui doit mieux prendre en compte le développement de l’enfant, en privilégiant des activités ludiques, et lutter plus efficacement contre les inégalités.

Quelque peu éclipsés par la réforme du collège et ses nombreuses controverses, les nouveaux programmes de maternelle, qui ont fait l’an dernier l’objet d’une consultation des enseignants, entreront en vigueur à la rentrée.

Le cap fixé doit permettre de trouver un délicat équilibre entre l’épanouissement personnel de jeunes enfants et leur préparation à l’entrée en classe de CP. Avec, au passage, l’objectif affirmé de gommer les inégalités entre les élèves.

Pour y parvenir, le Conseil supérieur des programmes (CSP), qui a rendu sa copie définitive en mars dernier, profite du fait que les trois années d’école maternelle forment désormais un cycle pédagogique unique, alors qu’avant 2013, la grande section était rattachée au CP et au CE1.

Une école maternelle « bienveillante »

Il distingue cinq domaines d’apprentissage, mettant en avant la « mobilisation du langage », les activités physiques et artistiques ou encore la structuration de la pensée des jeunes enfants.

« Cela donne la possibilité d’exercer une pédagogie spécifique à l’école maternelle, qui n’est ni une garderie, ni un petit CP », approuve Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU. Le syndicaliste salue également « la revalorisation de la place du jeu, et notamment du jeu libre, comme les imitations ».

Car c’était là l’une des principales critiques formulées à l’égard des précédents programmes : trop de papier et de crayons, pas assez d’activités ludiques. « Considérer l’enfant certes comme un élève, mais aussi tout simplement comme un enfant, est une bonne chose », se réjouit Bénédicte, directrice d’école maternelle à Paris.

Dans la même logique, le CSP a voulu repenser les méthodes d’évaluation. « Il y avait des dérives avec les programmes précédents, trop de pression sur les élèves qui aboutissait à la mise en difficulté de certains, regrette Claire Krepper, secrétaire nationale SE-Unsa. Là, l’évaluation sera basée sur l’observation de l’enfant, fixée par rapport à une progression plutôt qu’une norme. »

Autant d’évolutions vers ce que l’éducation nationale appelle une école maternelle « bienveillante », qui doit « donner envie aux enfants ».

Des directives plus précises pour les enseignants

Les nouvelles directives pour les enseignants sont également plus détaillées que les précédentes, notamment en mathématiques. Elles s’appliquent ainsi à différencier chaque connaissance, même la plus basique.

« Un enfant peut savoir réciter les nombres jusqu’à 30, sans pour autant être capable de dénombrer une collection de quinze objets, ce qui nécessite une certaine organisation pour ne rien oublier », souligne Claire Margolinas, chercheuse en didactique des mathématiques.

Plus de précisions peuvent donc, selon elle, encourager les enseignants à ne rien laisser de côté, comblant ainsi, autant que faire se peut, les écarts sociaux entre les élèves. Un élément essentiel de la lutte contre les inégalités, érigée en priorité.

Reste qu’en la matière, un changement de programmes ne peut pas tout. « La réduction des inégalités n’est pas quelque chose qui se décrète, avertit Claire Margolinas. Et ce d’autant plus que les programmes ne déterminent qu’une partie de ce que font les professeurs. » En outre, leur impact ne sera réellement mesurable qu’à moyen terme, le temps que les enseignants se les approprient.

(...)

Les cinq axes des nouveaux programmes

Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions : l’accent est notamment mis sur la dimension orale, indispensable pour faciliter l’entrée dans la culture de l’écrit.

Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique : le sport doit permettre de contribuer audéveloppement moteur, sensoriel et affectif des enfants, mais aussi de développer leur sociabilisation et de « construire l’égalité entre filles et garçons ».

Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques : l’école maternelle se veut une porte d’entrée vers les arts visuels, du son ou du spectacle vivant.

Construire les premiers outils pour structurer sa pensée : les enfants découvrent les nombres et apprennent les quantités, les positionnements, les ordres de grandeur, ainsi que les formes. Ils appréhendent pour la première fois la géométrie et la mesure, qui seront enseignées à l’école élémentaire.

Explorer le monde : les enseignants se concentrent sur l’apprentissage des dimensions spatiales et temporelles, ainsi que sur l’exploration des objets et de la matière.

MARGAUX BARALON

Donc, si vous avez pris le temps de lire cet article de La Croix et de comparer avec ce qui a été annoncé aujourd'hui, vous avez pu à la fois:

- constater des différences très sensibles dans la construction du projet. Alors que les Assises de la maternelle ont privilégié l'entre-soi de quelques uns ("L’Education nationale est représentée par une inspectrice générale nommée en janvier par Blanquer et qui a pour domaine de spécialité les protéines impliquées dans l’olfaction chez la mouche drosophile et la myélinisation" nous apprenait ce matin Sylvie Plane dans Libération). sans même convier les représentants syndicaux, les programmes 2015 avaient été construits après concertations. L'évaluation est également abordée dans une réflexion poussée;

- constater les ressemblances aussi. Il semble que Rue de Grenelle, peut-être en manque d'inspiration, on ait retenu:

* l'école de la bienveillance;

* l'importance des activités artistiques;

* l’importance des aspects ludiques dans la pédagogie.

Comme un petit air de "copié-collé" présenté en nouveauté. C'est l'une des marques de fabrique de ce gouvernement: faire du "faux neuf" avec du "vrai ancien".

Pour rappel, les programmes 2015 furent et sont toujours plébiscités par les professeurs exerçant en maternelle.

Outre le fait de n'avoir rendu ce jour que le triste brouillon d'une pâle copie, les "inventeurs" de la "maternelle 2019" n'ont rien trouvé de mieux à faire que de détruire ce qui fonctionnait fort bien tout en étant améliorable.

Mais certainement pas avec les mesurettes présentées ce 27 mars 2018.

Christophe Chartreux

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Mercedes Sosa... (et Joan Baez)

27 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Hector Bianciotti...

27 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Hector Bianciotti...

Durant des années parfois, la vie semble manquer de vie, du moins à nos yeux. Jusqu'à ce qu'un jour, bon ou mauvais, les choses reviennent vers nous, nous cernent - les moments qu'alors nous ignorions qu'ils seraient notre enfer ou, plus rarement, notre paradis, reviennent et, se tenant par la main, forment une ronde d'heures, réduisant, estompant les images de la raison, et tout un carnaval grandit alors dans l'ombre tandis qu'un enfant, un train qui part, une mère en larme, une voix, un visage, ou le portrait de ce visage, un crépuscule qui allonge l'ombre des statues, un mort ou un adieu apparaissent et demeurent, omniprésent dans la masse stratifiée de cette vie que les années ont polie - comme dans les cicatrices profondes de la pierre surgissent, quand la patience les polit, la goutte d'eau, la fougère ou le triangle équilatéral, plus forts que la splendeur compacte de la pierre.

Hector Bianciotti - L'Amour n'est pas aimé

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Instruction obligatoire à 3 ans : "Il s'agit surtout d'un symbole"...

27 Mars 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

Instruction obligatoire à 3 ans : "Il s'agit surtout d'un symbole"...

Selon Eric Charbonnier, analyste éducation auprès de l’OCDE, abaisser l'âge de l'instruction obligatoire à 3 ans ne suffit pas à enrayer les disparités sociales en maternelle

L'Elysée entend "faire de l'école le lieu de l'égalité réelle". L'âge de l'instruction obligatoire sera donc abaissé, dès la rentrée 2019, de 6 ans - ce qui correspond à l'entrée au CP - à 3 ans, a annoncé l'Elysée ce mardi 27 mars, alors que s'ouvrent les "Assises de l'école maternelle". Actuellement, 97,6% des enfants sont scolarisés dès 3 ans, malgré de nombreuses inégalités au sein de l'Hexagone et dans les territoires d'Outre-mer.

Dans le même temps, France Stratégie a publié début mars une note d'analyse sur l'état des écoles maternelles en France : alors que le pays a longtemps été un modèle parmi les pays de l'OCDE, sa réputation  "est aujourd'hui ébranlée", y souligne l'organisme. Les différentes enquêtes internationales sur les acquis des enfants questionnent la responsabilité de l'école maternelle dans les résultats jugés " insuffisants " des jeunes français.

La mesure voulue par Emmanuel Macron peut-elle suffire à enrayer ces mauvais résultats ? Pour Eric Charbonnier, analyste éducation auprès de l'OCDE, cette annonce est avant tout "symbolique". Elle ne doit pas exonérer le gouvernement de s'attaquer à l'aspect qualitatif de l'enseignement.

La mesure annoncée par Emmanuel Macron peut-elle ramener vers l'école les 2,4% d'enfants qui n'y vont pas ?

Oui, bien sûr. Cette mesure est un symbole fort puisqu'elle souligne l'importance de la maternelle pour lutter contre les inégalités. Notre système est déjà universel mais l'annonce va faire prendre conscience que l'école est importante pour développer le langage.

Ces 2,4% [d'enfants qui ne vont pas à l'école entre 3 et 6 ans] sont généralement issus des milieux défavorisés ou alors ne sont pas prêts à rentrer en école maternelle, souvent parce qu'ils ne répondent pas encore à des objectifs de propreté par exemple.

Quel est l'objectif de cette mesure ?

Elle fait suite aux différents résultats de la recherche internationale : on sait que les trois premières années de la vie sont propices au développement du cerveau, avec des pics au niveau du langage et des relations sociales. Avant même l'entrée en maternelle, il y a donc des inégalités assez fortes, qu'elle n'arrive pas à combler. 

Une étude du CNRS montre ainsi qu'au moment de l'entrée en CP, 20% des enfants maîtrisent entre 200 et 250 mots alors que les 80% restants en connaissent plus de 1.200. Et ceux qui passent plus de temps à l'école maternelle ont également de meilleurs résultats à 15 ans !

Il faudrait aussi que la pédagogie soit davantage axée autour du jeu et de la socialisation des jeunes enfants. Il y a tout un aspect autour du bien-être à prendre en compte : d'ailleurs, la révision de programme de 2015 [sous François Hollande] est une bonne chose puisqu'elle met l'accent sur cela. Mais elle voit ses effets limités car les effectifs trop importants dans les classes…  

Justement, le gouvernement ne se trompe-t-il pas de combat ? Ne vaudrait-il mieux pas, par exemple, augmenter le nombre d'enseignants ?

Il s'agit surtout, comme je l'ai expliqué précédemment, d'un symbole : la mesure va faire du bien aux enseignants d'école maternelle qui avaient peur d'être mal considérés. Mais je n'ai rien entendu sur le taux d'encadrement, ni sur la formation du personnel. La France compte en moyenne un enseignant pour 22 enfants, lorsqu'en moyenne, les pays de l'OCDE en dénombrent 1 pour 14.

Et les recherches ont clairement montré que la taille des classes favorise l'interaction entre élèves et enseignants. En ce qui concerne les Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) et les enseignants, il n'y a pas de formation spécifique à ce niveau scolaire : ce sont les mêmes prérequis demandés que pour la primaire. La France a réussi à amener la quasi-totalité des enfants à l'école, mais les conditions de travail ne sont pas idéales pour les enseignants : l'école maternelle doit dorénavant évoluer vers plus de qualité.

Pourquoi le fonctionnement actuel de la maternelle n'arrive-t-il pas à enrayer les disparités sociales ?

Tout simplement parce que la maternelle n'a pas eu les investissements escomptés. Dans les premiers niveaux de l'éducation, les dépenses de l'Etat sont inférieures de 15% par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE. Au contraire, les lycées ont bénéficié de 37% de dépenses annuelles de plus que les pays de l'OCDE.

Il n'y a pas non plus eu de politique efficace dans les zones défavorisées.

Y-a-t-il un pays de l'OCDE dans lequel la maternelle représenterait un modèle à suivre ?

Il y a même tout un ensemble de pays dans lesquels de l'âge de 1 ans jusqu'à 10 ans, le système de la petite enfance est performant : la Suède, la Norvège, le Canada par exemple ont des objectifs pédagogiques adaptés à l'âge des enfants.

Le personnel est qualifié pour tous les âges, il y a beaucoup d'échanges entre ceux des crèches et des maternelles, ce qui facilite le transfert d'un niveau à un autre. Et il n'y a qu'un seul ministère responsable de la petite enfance donc plus de cohérence en termes de politique éducative, alors qu'en France, le ministère de l'Education nationale et celui de la Famille (ou de la Santé, actuellement) sont tous les deux concernés.

Propos recueillis par Virginie Ziliani

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Les questions que pose l’abaissement de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans...

27 Mars 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Maternelle

Les questions que pose l’abaissement de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans...

EXTRAIT

La scolarisation est actuellement obligatoire à partir de 6 ans, mais le serait à l’avenir à partir de 3 ans : c’est ce qu’a annoncé le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, mardi 27 mars. Explications.

Combien d’enfants sont concernés ?

20 000

En réalité, l’immense majorité des enfants âgés de 3 ans fréquentent l’école maternelle : ils étaient plus de 795 000 à la rentrée 2016. Seuls 19 740 n’avaient pas intégré la petite section, soit moins de 2,4 % de leur classe d’âge. On trouve parmi eux, entre autres, des enfants handicapés qui ne peuvent être accueillis faute d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) dans les écoles.

Dès la moyenne section, en revanche, la totalité des enfants étaient scolarisés en 2016 (un taux qui peut même dépasser 100 %, car l’effectif constaté dépasse parfois la population totale du même âge estimée par l’éducation nationale à partir des bilans démographiques).

97,6 % des enfants de 3 ans sont scolarisés en France

A la rentrée 2016, 795 501 enfants sur 815 241 ont été accueillis en maternelle à 3 ans
 
Durant les quinze dernières années, la proportion d’enfants scolarisés à 3 ans a très légèrement diminué : en 2000, l’école accueillait 100 % de cette classe d’âge, et même un tiers des enfants âgés de 2 ans. Quinze ans plus tard, on retrouve en maternelle 97,6 % des petits de 3 ans, mais seulement 11,6 % des tout-petits.
 
(...)
 
Ann-Aêl Durand
 
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L'école maternelle est-elle menacée?...

27 Mars 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Pédagogie, #Maternelle

L'école maternelle est-elle menacée?...

Une refonte de l’accueil des très jeunes enfants se profile. Boris Cyrulnik se voit confier l’organisation d’assises, organisées les 27 et 28 mars, qui font la part belle aux neuroscientifiques.

La réforme du lycée et du baccalauréat est menée à marche forcée. Les programmes de l’école élémentaire et du collège, entrés en vigueur en 2015, sont en train d’être revus. La maternelle avait échappé jusqu’à présent au chambardement. Ça n’est plus le cas.

Les faits

Le 10 janvier, France Stratégie, organisme rattaché au Premier ministre, publie une note sur la scolarisation des enfants de 2 ans. Elle signale les difficultés à en évaluer les effets mais ne la remet pas en cause.

Le 3 mars, parution, attendue depuis longtemps, de décrets concernant le statut et les concours de recrutement des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, les Atsem.

Le 15 mars, publication par France Stratégie d’une note d’analyse sur l’école maternelle.

Les 27 et 28 mars se déroulent les Assises de la maternelle dont Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, a confié l’organisation à Boris Cyrulnik et à l’association Institut petite enfance (IPE) - Boris Cyrulnik qui propose des formations (payantes) aux professionnels de la petite enfance.

Eléments de décryptage

Différents rapports, ceux de France Stratégie, comme ceux de l’Inspection générale de l’Education nationale (Igen), publiés peu auparavant, signalent quatre problèmes qui se posent à l’école maternelle : les effectifs surchargés, le faible nombre des Atsem, le manque de formation spécifique des enseignants, la nécessité d’un accueil adapté aux très jeunes enfants.

Pour autant, cela ne veut pas dire que l’école maternelle va mal ou qu’elle ne remplit pas son rôle : une enquête (Harris Interactive, réalisée en 2015) a montré que 85 % du grand public a une idée positive de cette école et estime qu’elle fonctionne bien ; la note de France Stratégie signale que 79 % des enseignants de maternelle sont satisfaits des nouveaux programmes. Mais la coïncidence entre la publication des différents rapports et la tenue des assises incite à penser que pourrait se préparer une réforme de la maternelle.

Le premier indice est fourni par le titre de la note du 15 mars : «Un nouvel âge pour l’école maternelle ?». La note déplore, avec raison, que la maternelle ait pu perdre de sa spécificité en se calquant sur l’école élémentaire et en visant des apprentissages académiques. Mais elle dit aussi que les récents programmes scolaires ont restitué à la maternelle sa spécificité. Toutefois, une formule comme «l’école maternelle française a longtemps bénéficié d’une excellente réputation… Cette réputation est aujourd’hui ébranlée», instille l’idée d’un déclin, conclusion que retiennent certains médias. Le second indice est fourni par le choix des intervenants aux assises : à deux exceptions près, ils ne sont pas spécialistes de l’école maternelle. Une bonne partie d’entre eux sont des formateurs de Boris Cyrulnik qui interviennent d’ordinaire auprès de personnes préparant le CAP petite enfance ou le concours d’Atsem. Beaucoup d’autres sont des neuroscientifiques ou des économistes du Conseil scientifique de l’Education nationale créé par Blanquer. L’Education nationale est représentée par une inspectrice générale nommée en janvier par Blanquer et qui a pour domaine de spécialité les protéines impliquées dans l’olfaction chez la mouche drosophile et la myélinisation. N’aurait-il pas été plus raisonnable de faire appel à des inspecteurs spécialistes de l’école maternelle et à des chercheurs travaillant sur ce domaine ?

Quelle forme pourrait prendre cette réforme ? Si elle a lieu, elle devra se faire sans bruit, réaliser des économies, mettre en œuvre les conceptions éducatives du ministre. La note du 15 mars fournit des pistes à partir desquelles on peut extrapoler. Tout d’abord, comme toute attaque frontale provoquerait de l’émoi, le ministre commencera par afficher combien il aime cette école. Il pourra prendre appui sur une recommandation fort pertinente de la note de France Stratégie conseillant d’atténuer la césure qui intervient lorsqu’à l’âge de 3 ans, quand les enfants quittent la famille ou la crèche pour entrer à l’école. Mais sur le site de France Stratégie, une infographie va plus loin et propose que l’on crée des «structures accueillant les enfants de 1 à 5 ans» (1). Cela rappelle les «jardins d’éveil» que Nadine Morano avait tenté d’instaurer quand elle était aux affaires. La césure aurait alors lieu à 5 ans.

Concernant l’encadrement, la note évoque deux possibilités : doubler le nombre d’enseignants et rejoindre ainsi les standards internationaux ou faire appel à davantage d’Atsem recrutés au niveau CAP. La première hypothèse est manifestement trop coûteuse, le doublement des enseignants de CP dans les quartiers très défavorisés (REP +) a été une entreprise compliquée, et le ministère peine à réaliser sa promesse de dédoubler les CE 1. Aussi est-il tentant de confier plus de responsabilités aux Atsem, surtout si se met en place une structure accueillant les enfants de 1 à 5 ans. Les Atsem sont payés par les collectivités territoriales alors que les enseignants sont des fonctionnaires d’Etat.

Reste la question des apprentissages attendus : entre l’accompagnement éducatif des jeunes enfants et les tests que devront subir les élèves à leur entrée au CP, il y a un grand écart. Il faudra donc que la grande section de maternelle devienne une «classe préparatoire au CP».

Le ministre a sans doute prévu cela, lui qui pense qu’il existe «une» bonne méthode mêlant Montessori et neurosciences. On y ajoutera un peu de théorie sur la résilience, pour se concilier le médiatique docteur Cyrulnik, et il sortira de cela «la» recette qui sera diffusée à l’envi dans les formations.

(1) http://www.strategie.gouv.fr/ publications/un-nouvel-age-lecole-maternelle

Sylvie Plane professeure émérite de sciences du langage

A retenir:

"Les 27 et 28 mars se déroulent les Assises de la maternelle dont Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, a confié l’organisation à Boris Cyrulnik et à l’association Institut petite enfance (IPE) - Boris Cyrulnik qui propose des formations (payantes) aux professionnels de la petite enfance."

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"une enquête (Harris Interactive, réalisée en 2015) a montré que 85 % du grand public a une idée positive de cette école et estime qu’elle fonctionne bien ; la note de France Stratégie signale que 79 % des enseignants de maternelle sont satisfaits des nouveaux programmes."

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"le choix des intervenants aux assises : à deux exceptions près, ils ne sont pas spécialistes de l’école maternelle"

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"... une formule comme «l’école maternelle française a longtemps bénéficié d’une excellente réputation… Cette réputation est aujourd’hui ébranlée», instille l’idée d’un déclin, conclusion que retiennent certains médias. Le second indice est fourni par le choix des intervenants aux assises :

à deux exceptions près, ils ne sont pas spécialistes de l’école maternelle.

Une bonne partie d’entre eux sont des formateurs de Boris Cyrulnik qui interviennent d’ordinaire auprès de personnes préparant le CAP petite enfance ou le concours d’Atsem.

Beaucoup d’autres sont des neuroscientifiques ou des économistes du Conseil scientifique de l’Education nationale créé par Blanquer.

L’Education nationale est représentée par une inspectrice générale nommée en janvier par Blanquer et qui a pour domaine de spécialité les protéines impliquées dans l’olfaction chez la mouche drosophile et la myélinisation.

N’aurait-il pas été plus raisonnable de faire appel à des inspecteurs spécialistes de l’école maternelle et à des chercheurs travaillant sur ce domaine ?"

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"... sur le site de France Stratégie, une infographie va plus loin et propose que l’on crée des «structures accueillant les enfants de 1 à 5 ans» (1). Cela rappelle les «jardins d’éveil» que Nadine Morano avait tenté d’instaurer quand elle était aux affaires. La césure aurait alors lieu à 5 ans."

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"... deux possibilités :

doubler le nombre d’enseignants et rejoindre ainsi les standards internationaux ou faire appel à davantage d’Atsem recrutés au niveau CAP. La première hypothèse est manifestement trop coûteuse, le doublement des enseignants de CP dans les quartiers très défavorisés (REP +) a été une entreprise compliquée, et le ministère peine à réaliser sa promesse de dédoubler les CE 1"

"... confier plus de responsabilités aux Atsem, surtout si se met en place une structure accueillant les enfants de 1 à 5 ans. Les Atsem sont payés par les collectivités territoriales alors que les enseignants sont des fonctionnaires d’Etat.

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"Il faudra donc que la grande section de maternelle devienne une «classe préparatoire au CP»."

"Le ministre a sans doute prévu cela, lui qui pense qu’il existe «une» bonne méthode mêlant Montessori et neurosciences. On y ajoutera un peu de théorie sur la résilience, pour se concilier le médiatique docteur Cyrulnik, et il sortira de cela «la» recette qui sera diffusée à l’envi dans les formations."

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Revue de Presse Education... Evaluation (réforme du bac) - Violences sexistes sur les campus...

27 Mars 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Evaluation (réforme du bac) - Violences sexistes sur les campus...

Les enjeux de l’évaluation (et la réforme du bac)

Le contrôle continu, et en particulier les moyennes des élèves et donc les notes obtenues aux évaluations au cours de l’année, sont les indicateurs de référence qui dictent les décisions majeures prises pendant la scolarité d’un élève, à commencer par les difficiles questions d’orientation. Mais de quelle évaluation parle-t-on lorsqu’il s’agit de contrôle continu ? Que reflètent ces notes, puisque c’est bien de cela dont il est question, qui déterminent tant à l’école ?

En introduisant ce questionnement par la réforme du baccalauréat, c’est plus largement la question du sens de l’évaluation, ou plutôt DES évaluations qui est posée dans cet article de "The Conversation France" par Charles Hadji, professeur honoraire en Sciences de l’éducation à l’Université de Grenoble.

Violences sexistes sur les campus

Saint-Cyr : des témoignages édifiants de pratiques inqualifiables
Dans cette enquête intitulée "Lycée Saint-Cyr : une machine à broyer les femmes", Guillaume Lecaplain et Anaïs Moran signent pour Libération un article choc qui lève le voile sur une machinerie misogyne qu’on espérait d’un autre temps. Elle orchestre "traditionnellement" un harcèlement sexiste et violent envers toute femme qui aurait la prétention de vouloir accéder à une carrière d’officière de l’armée de terre. Entre humiliations et violences, tout a été organisé pour faire craquer celles qui témoignent dans ce dossier.

Des affiches contre les violences sexistes et sexuelles sur les campus
“La campagne « Stop aux violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur » a été dévoilée par le gouvernement, lundi 19 mars. Elle est conjointement lancée par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.”
http://jactiv.ouest-france.fr/campus/affiches-contre-violences-sexistes-sexuelles-sur-campus-84537

Mélanie Jonquière

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