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Vivement l'Ecole!

Universités - Julie Le Mazier: «Le mouvement est en train de prendre»...

29 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Université

Universités - Julie Le Mazier: «Le mouvement est en train de prendre»...

EXTRAIT

Une douzaine de facultés sont bloquées, intégralement ou en partie, pour protester contre la réforme d’accès à l’enseignement supérieur. Spécialiste des mobilisations étudiantes, Julie Le Mazier évoque un mouvement qui manque encore de coordination, mais qui connaît une accélération.

Julie Le Mazier est docteure en science politique, auteure d’une thèse intitulée « Pas de mouvement sans AG : les conditions d’appropriation de l’assemblée générale dans les mobilisations étudiantes en France (2006-2010). Contribution à l’étude des répertoires contestataires » et chargée de cours à l’Université Paris XIII-Villetaneuse.

La spécialiste des mouvements étudiants, membre de Sud Éducation, revient pour Mediapart sur la mobilisation qui traverse les universités en France depuis quelques semaines. Les étudiants et lycéens protestent contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), définitivement adoptée le 8 mars dernier. Celle-ci prévoit notamment la mise en place d’attendus, soit une liste de compétences requises pour intégrer telle ou telle filière.

Les étudiants, et lycéens, se mobilisent contre Parcoursup et la loi ORE, il y a eu accélération avec plusieurs blocages de fac, est-ce le signe que le mouvement est en train de prendre ?

Julie Le Mazier : Quelques indicateurs démontrent que le mouvement est en train de prendre. C’est toujours difficile à diagnostiquer, car nous ne sommes pas des prophètes. Néanmoins, les chiffres de participation aux assemblées générales ces derniers jours sont importants. Ils étaient plus de 2 000 à Toulouse et Montpellier. Si on les compare avec ceux des mouvements étudiants de la fin des années 2000, on se rapproche des chiffres de la mobilisation contre le Contrat première embauche (le CPE) en 2006 avec des étudiants et professeurs qui débordaient des amphithéâtres. Les blocages qui commencent sont aussi un signe à prendre en compte.

La seule chose fragile en revanche, c’est que le mouvement est circonscrit à certaines villes. Toulouse s’est mobilisée d’abord en raison du projet de fusion. Les violences à Montpellier ont aussi motivé les étudiants. Cela va-t-il essaimer ? Impossible de le déterminer pour le moment, mais si elles restent isolées cela risque d’être compliqué de maintenir le mouvement. Il n’y a pas eu de grosse manifestation réunissant à la fois lycéens et étudiants. Même si celle du 1er février était relativement importante pour une première. La deuxième a stagné en raison de différents facteurs aussi différents que le choix de dates très rapprochées, à cinq jours d’intervalle, la neige et surtout le manque d’informations. Les lycéens étaient confrontés à Parcoursup avec tout le stress que cela génère. Il leur fallait avoir de bonnes notes pour leur dossier.

Si cela gagne les universités, c’est aussi parce qu’on connaît mieux les contours de la réforme de la licence avec la question de la compensation qui disparaîtrait ou la fin du rattrapage de la deuxième session. Les syndicats étudiants font aussi leur travail d’information.

Les ingrédients sont-ils réunis pour une forte mobilisation sachant que la nouvelle loi touche directement les lycéens et les futurs étudiants ? Qu’est-ce qui permet de pérenniser un mouvement ?

D’abord, il faudrait que les différentes universités se coordonnent avec des journées de manifestation communes qui auraient un retentissement médiatique plus fort. Cela peut s’inscrire dans le cadre d’une coordination nationale ou grâce à l’entremise des syndicats. Quelques-unes ont eu lieu mais cela n’a pas eu beaucoup d’écho.

Pendant la lutte contre le CPE, pendant les congés de février, 10 000 étudiants ont occupé la gare de Rennes. Il y avait eu une grande assemblée générale puis une manifestation. Les leaders de la grève étudiante ont profité des vacances scolaires pour faire la tournée des établissements parisiens et dans les alentours pour chauffer les troupes. Il fallait alors élargir le champ des possibles des étudiants et leur montrer que ça valait le coup de s’engager. Chaque AG débutait par une liste des facs en grève pour créer un effet d’entraînement. Cela n’aurait pas fonctionné s’ils avaient continué à mener des actions minoritaires avec des collectifs militants.

Aujourd’hui, il y a des lycéens et étudiants qui ne sont pas informés. Cela dépend aussi des universités et de l’inventivité des collectifs militants qui proposent plus ou moins de choses. Les cours alternatifs peuvent inciter les étudiants à venir quand même à l’université. La dimension conviviale entre aussi en ligne de compte. Les grévistes vont tisser des liens d’amitié et apprendre à vivre au rythme des ateliers de confection de banderoles ou d’affiches. Cela peut être anodin mais comme cela ne requiert pas de compétences particulières, cela peut permettre aux moins politisés de se sentir intégrés au sein d’un projet collectif. Il faut aussi qu’il y ait des cortèges pour aller en manifestation. Personne n’ira jamais seul.

Y a-t-il des formes d’action reproduites de mouvement en mouvement ?

Le milieu étudiant se renouvelle chaque année. Il est frappant d’observer qu’il y a une continuité dans les modes d’action que ce soit en 1968, 2006, 2010 ou 2016 avec des blocages, des occupations d’universités, des assemblées générales et des manifestations. Des traditions se perpétuent, car le début d’un mouvement est initié par des militants qui ont déjà l’habitude de le faire ou qui appartiennent à des organisations qui perpétuent cette mémoire de lutte. Ils expliquent par exemple l’importance des AG ou pourquoi les grèves des cours sont nécessaires pour éviter que seuls les grévistes ne soient pénalisés.

Pourquoi les jeunes mobilisés sont-ils les bêtes noires des dirigeants politiques ?

Ces mouvements font peur aux dirigeants, car ils sont moins contrôlables. Les syndicats étudiants sont moins reconnus par les politiques que ceux de salariés. Les jeunes réclament souvent tout ou rien, il n’y a pas de levier de négociation. Si vous mettez plein de jeunes dans la rue, ils courent, ils débordent. La peur de la jeunesse est structurelle dans les sociétés. Elle se radicalise aussi plus vite et facilement car elle a moins d’attaches, pas de famille, pas d’emploi. Elle peut ne pas avoir peur de finir en garde à vue par exemple.

Par ailleurs, quand une partie d’une classe d’âge vit une grève, elle se politise. Les soixante-huitards ne se contentent pas d’avoir fait Mai-68. Les anonymes ont poursuivi la contestation à différentes échelles. Cela produit des conséquences sur le long terme. Cette mémoire existe chez les gouvernants, car cela peut être dangereux de ne pas contenter la jeunesse. Alain Devaquet a été contraint de démissionner après la mort de Malik Oussekine en dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986. Vingt ans plus tard, Dominique de Villepin a vu sa carrière politique ruinée par le CPE.

(...)

Propos recueillis par Faïza Zerouala

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Attentats: l'école au péril des «détrousseurs de cadavres et imposteurs»...

29 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

https://www.ouest-france.fr/societe/justice/attaques-dans-l-aude-hommage-national-au-gendarme-arnaud-beltrame-mercredi-aux-invalides-5647797

https://www.ouest-france.fr/societe/justice/attaques-dans-l-aude-hommage-national-au-gendarme-arnaud-beltrame-mercredi-aux-invalides-5647797

EXTRAITS

« Détrousseurs de cadavres et imposteurs » : médias hystériques, politiciens déchaînés, tous communiant sans vergogne dans une émotion de façade dont les ressorts profonds n’ont guère à voir avec la nature de l’événement. Et, une nouvelle fois, l'école doit faire allégeance.

« Détrousseurs de cadavres et imposteurs » : l’expression, utilisée par Dalton Trumbo pour désigner ceux qui exploitent à des fins personnelles les millions de victimes de la Première guerre mondiale (1), s’applique incontestablement à l’instrumentalisation de la mort d’un gendarme en service non commandé – il n’a pas obéi aux ordres – dans un attentat terroriste. Médias hystériques, politiciens déchaînés, de Mélenchon à Le Pen, tous communiant sans vergogne dans une émotion de façade dont les ressorts profonds n’ont guère à voir avec la nature de l’événement.

Dans cette mise en scène éhontée, le ministre de l’Education nationale ne pouvait évidemment demeurer à l’écart. Par un message adressé aux établissements scolaires, il appelle personnels et élèves à participer à l’hommage national rendu au gendarme, à « se recueillir ». Mais se recueillir sur quoi, rendre hommage à quoi ? Au courage personnel d’un homme qui a sacrifié sa vie pour protéger celle des autres ? Qui a fait le choix d’obéir à sa conscience personnelle plutôt qu’au règlement de gendarmerie ? Qui, comme le suggère son confesseur, a fait passer sa foi religieuse avant on ne sait trop quelle vertu civique ? Trop facile de faire parler les morts. Et Blanquer n’y manque pourtant pas, pour qui « l’acte héroïque du colonel Arnaud Beltrame […] vient rappeler notre appartenance à un ensemble qui nous dépasse : la Nation. Cela nous invite à réfléchir aux notions de courage, de dépassement de soi et de citoyenneté au XXIe siècle. Ce moment d’hommage sera également l’occasion de rappeler le rôle des forces de sécurité au service des Français.» Autrement dit, pour le ministre, c’est à la nation, à la république, aux forces de l’ordre que les établissements scolaires devront rendre hommage.

(...)

Mise à jour (28/03/2018, 13h15)

« La longue et belle histoire de la France »,  de Jeanne d’Arc à De Gaulle, en passant par Jean Moulin et les « héros de Verdun »  (qui auraient probablement préféré rester en vie plutôt qu'être honorés du titre posthume de héros), des « militaires aux pompiers et aux professeurs » (sic) : dans le registre de la récupération, Macron a également fait très fort. L’insolente logique des politiques et de leurs hommages officiels.

http://www.lemonde.fr/societe/live/2018/03/28/en-direct-suivez-l-hommage-national-au-gendarme-arnaud-beltrame_5277404_3224.html

B Girard

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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La “maternelle obligatoire”, un cadeau au privé pas vu (mais approuvé !) à la télé... Par Samuel Gontier...

29 Mars 2018 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Médias

La “maternelle obligatoire”, un cadeau au privé pas vu (mais approuvé !) à la télé... Par Samuel Gontier...

EXTRAITS

Oubliée, l’une des principales conséquences de l’instauration de l’instruction obligatoire à partir de 3 ans, annoncée mardi par Emmanuel Macron. En revanche, les JT de TF1 et France 2 ont récemment chanté les louanges de trop rares internats destinés aux “tout-petits”…

« Une immersion au cœur d’un internat vraiment pas comme les autres, promet Laurent Delahousse dimanche dernier. Il accueille des élèves de primaire âgés de 6 à 10 ans. » Qui dit mieux ? TF1 : « Un internat pour élèves de maternelle », vante Gilles Bouleau le 17 octobre dernier. Et ce mardi, Emmanuel Macron annonce justement « l’école obligatoire à partir de 3 ans », selon les JT. Et pourquoi pas l’internat obligatoire à 3 ans ? Non, je déconne. Quoique.

 
 

Je m’endors heureux, mardi, de la formidable avancée sociale mise en œuvre par notre président. Comme dit Gilles Bouleau au 20 heures : « Scolariser les enfants dès l’âge de 3 ans, tout le monde est d’accord, c’est une bonne chose. » Certes, la mesure est « surtout symbolique, note le reporter dans une école de banlieue, puisque plus de 97 % des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés sans y être obligés ». Elle ne touchera que 25 000 enfants (20 000 à 30 000 selon France 2) qui jusque-là ne l’étaient pas.

 
 

C’est déjà ça. Car, en plateau, une journaliste de TF1 vient détailler tout ce qui se passe « dans le cerveau d’un enfant de 3 à 6 ans » et combien l’apprentissage lui est bénéfique. De son côté, Anne-Sophie Lapix, après avoir évacué l’annonce présidentielle en une phrase, lance un reportage pour expliquer que « certains comme le psychiatre Boris Cyrulnik réclament à présent le dédoublement de ces classes ». Bref, il reste des progrès à réaliser. Mais notre président vient d’en accomplir un formidable.

 
 

Mercredi, patatras, cruelle désillusion. Mes lectures et conversations du matin m’apprennent que rendre l’instruction obligatoire à 3 ans constitue un providentiel cadeau à l’enseignement privé, dont les maternelles vont passer sous contrat avec l’Etat… et bénéficier de subventions. Pourquoi TF1 et France 2 n’en ont-elles pipé mot ? Gilles Bouleau promettait pourtant de détailler les « conséquences concrètes » de la mesure. Avant de concéder devant sa collègue lui poser une « question évidente : « Ce qu’on apprend à l’école maternelle est-il adapté à un si jeune cerveau ? » Et ce qu’on apprend au JT est-il adapté au cerveau d’un citoyen qui se voudrait éclairé ?

Cette étrange omission intervient justement après des reportages des deux chaînes dans des internats « vraiment pas comme les autres » (France 2), réservés aux « tout-petits » (TF1). « Il y a quelques semaines, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, assurait vouloir revitaliser les internats, rappelle Gilles Bouleau. Certains de ces établissements accueillent déjà des enfants en très bas âge. » « Comment vivent-ils cette expérience et pourquoi ce choix des parents ? », se demande Laurent Delahousse.

(...)

Dieu soit loué, on peut compter sur l’enseignement catholique. Lequel compte sur les vertus du retour à la saine vie de la campagne. « Inscrire votre enfant à Claveisolles, c’est avoir la certitude qu’il évoluera loin des tourments et tentations de la ville », clame la directrice sur le site de l’internat, où le publi-reportage réalisé par France 2 ne déparerait pas à côté du sujet déjà réalisé par France 3. Cependant, ce n’est pas facile d’être séparé si jeune de ses parents. Aussi les deux reporters s’attendrissent-ils sur les coups de blues des bouts de chou.

 
 

C’est la scène du coucher. « Maman qui manque, quoi de plus normal pour ces tout-petits ? », s’apitoie TF1. « Difficile de se coucher loin de ses parents », compatit France 2. « Mélanie, leur éducatrice, est là pour leur lire des histoires et leur faire des bisous, parfois jusqu’à n’en plus finir », admire TF1. « Ce soir-là, leur maman à tous s’appelle Nathalie. C’est la surveillante. Et eux sont comme douze frères et sœurs », conte France 2. C’est à ce moment que j’ai pleuré.

 
 

Les enfants m’ont rassuré : « C’est un peu notre deuxième maison », « une semaine, en vrai, ça passe super vite » ; leurs jeux et leurs cris m’ont ragaillardi. Et les reporters ont apporté les preuves des bienfaits de l’internat précoce. « A l’école, les internes sont souvent parmi les meilleurs élèves », se félicite France 2. « Valorisés, encadrés, ces enfants ont du coup moins de difficultés en classe », se réjouit TF1. « Ils arrivent le matin, ils sont concentrés, ils sont réveillés, ils ont pris un bon petit-déjeuner, un petit bol d’air, ils sont curieux », détaille une institutrice sur France 2. « Etre interne, c’est aussi être responsable, poursuit le journaliste, participant à une réunion avec les délégués du dortoir qui est « un peu un conseil de famille » au sein d’« une grande famille », selon la directrice.

 
 

L’internat que visite TF1, lui, permet d’« améliorer le comportement grâce à des objectifs que les éducateurs adaptent à chaque élève. » « L’objectif premier est de les rassurer et de leur offrir un cadre sécurisant. Quelque chose de très cadrant et très sécurisant », explique la directrice, qui précise de manière sybilline l’origine de ses pensionnaires : « C’est des enfants parfois un peu cabossés de la vie, qui vivent des choses pas toujours très facile… »

Car les deux établissements catholiques n’ont pas les mêmes caractéristiques. L’internat dont France 2 cite à peine le nom appartient au Centre scolaire Notre-Dame de Claveisolles, un complexe scolaire pour tous âges, du berceau au supérieur, regroupant l’école Saint-Nicolas, l’école Sainte-Angèle, l’école Notre-Dame-du-Mas, le collège Notre-Dame, etc., le tout judicieusement situé Montée du Couvent, selon le site de l’institution.

 
 

France 2 justifie la présence de bambins dans cette pension « parce que leurs parents ne parviennent pas à jongler entre leur travail et l’éducation des enfants. Le père de Liz, chef d’entreprise, passe beaucoup de temps sur la route ». C’est d’ailleurs au volant de sa voiture que ce premier de cordée confie : « Quand on travaille beaucoup, je crois qu’on n’a pas assez de temps pour s’occuper correctement des enfants, donc l’internat est un bon moyen de substitution. » Plus économique que l’emploi de précepteurs et d’une gouvernante même si « l’année scolaire est un investissement pour les parents : 4 700 euros pour le couvert, le logement et les cours », précise le reporter.

Bonne nouvelle : grâce à la nouvelle largesse accordée par Emmanuel Macron à l’enseignement privé, ces tarifs pourront s’appliquer dès la maternelle, au grand bénéfice des premiers de cordée qui ont autre chose à faire que torcher des mioches. Tant qu’il y est, le gouvernement devrait aussi subventionner des internats pour les véritables « tout-petits », dès leur sortie de la maternité. Ça créerait pas mal de ces emplois de service si bénéfiques à notre économie de start-up nation.

Si le complexe scolaire auquel France 2 accorde une remarquable exposition semble purement catholicommercial, l’école Saint-Etienne affiche de plus nobles ambitions sociales. Sans toutefois oublier ses racines chrétiennes : la page d’accueil de son site présente un « article écrit par Margaux et Eva », intitulé « La chorale du pèlerinage de Lourdes », conclu avec enthousiasme « Quel beau pèlerinage ! »

(...)

Comme dirait Gilles Bouleau, financer l’enseignement privé – catholique – « tout le monde est d’accord, c’est une bonne chose ». Pour TF1, pour France 2 et pour le gouvernement – qui le fait. J’attends avec une impatience toujours vaine que Manuel Valls et ses amis se répandent sur les plateaux pour dénoncer cette atteinte à leur « laïcité de combat ».

Samuel Gontier

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Joyeuses Pâques : deux cadeaux historiques au privé ! Par Claude Lelièvre...

29 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Joyeuses Pâques : deux cadeaux historiques au privé ! Par Claude Lelièvre...

Hier, « Libération » a titré le premier : « scolarisation obligatoire à trois ans : le cadeau discret de Macron au privé ». Mais il existe aussi un autre cadeau, non moins discret : la participation des établissements privés aux examens du baccalauréat via le ''contrôle continu'' à la sauce Blanquer.

Il aurait été possible d'avoir une ''vraie'' simplification du baccalauréat en admettant l'intégration du ''vrai'' contrôle continu (c'est à dire les évaluations habituelles faites en première et terminale) pour une part relativement importante de l'examen.

Le ministre Jean-Michel Blanquer a choisi une autre voie en n'accordant au ''vrai'' contrôle continu qu'une part de 10%, et en donnant un pourcentage de 30% à des examens se faisant au sein des établissements. En conséquence les établissements privés ont reçu sans coup férir un cadeau important. Jusqu'alors, les dossiers de leurs élèves (les résultats du ''vrai'' contrôle continu) pouvaient certes avoir quelque poids lors des oraux de rattrapage ou surtout dans les candidatures à l'entrée en classes préparatoires aux grandes école, en IUT ou en STS. Mais il ne s'agissait pas à proprement parler d'épreuves d'examens ad hoc. Ce sera désormais le cas, et un précédent : les établissements privés vont participer es qualité à la tenue même d'examens conduisant à des ''grades'' (le baccalauréat en l'occurrence, qui est l'un des ''grades'' universitaires, le premier).

C'est une rupture historique ; car, depuis Jules Ferry, le monopole de la ''collation des grades'' avait été dévolu exclusivement à l'enseignement public. Cela avait été encore réaffirmé récemment par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche lors d'une réponse à une interrogation, dans le JO du Sénat du 9 septembre 2012. « En France, l'enseignement supérieur est libre mais la législation réserve à l'État le monopole de la collation des grades, des diplômes et des titres universitaires (article L. 613-1 du code de l'éducation) et ne permet pas d'habiliter les établissements d'enseignement supérieur privés à délivrer des diplômes nationaux de licence, master ou doctorat (articles 2 et 3 du décret n° 2002-481 du 8 avril 2002 relatif aux grades et titres universitaires et aux diplômes nationaux »).

Finalement, il est fort douteux que l'on ait une simplification du baccalauréat (c'est pourtant ce qui était annoncé urbi et orbi, et au programme du candidat Emmanuel Macron). Mais on aura en fait la fin du monopole du public en matière de ''collation des grades''. Un véritable cadeau (pas annoncé du tout) au privé.

L'autre « cadeau discret au privé » comme il est dit à juste titre dans « Libération » concerne « l'obligation de scolarisation » (ou plutôt  «  l'obligation d'instruction ») à partir désormais de l'âge de trois ans. On sait qu'il n'y a pas à proprement parler d'obligation de fréquentation scolaire à partir de l'âge de six ans (mais « une obligation d'instruction qui peut se faire dans une école publique, ou une école privée, ou dans la famille »). Comme les pourcentages de fréquentation de l'école maternelle sont déjà très élevés et qu'on ne voit pas comment on pourrait décider une fréquentation scolaire obligatoire pour les enfants de trois à six ans (alors que ce n'est nullement le cas pour les enfants de plus de six ans), on ne saisit pas quel est le changement effectif qui pourrait avoir lieu en la matière.

Il y a pourtant au moins un changement effectif qui a de bonnes chances d'avoir lieu : l'aide des municipalités aux école privées sous contrat est actuellement facultative ; elle ne devrait plus l'être. Le ministre Jean-Michel Blanquer a tenté de ''botter en touche'' en faisant une réponse dilatoire à des questions posées à ce sujet. Il est pourtant bien placé, en tant qu'ancien Haut fonctionnaire de l'Education nationale, pour savoir comment le Conseil d'Etat (saisi de la question de l'aide des municipalités aux écoles) avait tranché en 1985 : pour la scolarité dite obligatoire (''l'obligation d'instruction'' à partir de 6 ans), obligation de l'aide pour les écoles privées sous contrat (comme pour les écoles publiques). En revanche et pour ce qui concernait les écoles maternelles, le Conseil d' Etat s'était prononcé pour le caractère facultatif du financement en raison de la « scolarisation » en maternelle, elle-même facultative. Mais on était en 1985. Et la décision prise en ce mois de mars 2018 d'une « obligation de scolarisation » (ou plutôt d'une « obligation d'instruction ») à partir de l'âge de trois ans devrait logiquement (et juridiquement) changer la donne. Un changement effectif qui ne serait pas de l'ordre du détail, loin s'en faut. Une manne providentielle pour les établissements privés sous contrat. Soupe à la grimace pour nombre de municipalités et d'établissements publics.

In fine, deux cadeaux surprises en deux mois pour le privé. Alléluia !

Claude Lelièvre

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Revue de Presse Education... Maternelle - Supérieur - Techno...

29 Mars 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Maternelle - Supérieur - Techno...

L’essentiel de l’actualité porte sur les débats à propos de la maternelle suite à la déclaration d’hier. Quelques rares infos concernant le supérieur. On en profitera pour récolter les infos du côté du développement technologique et en particulier les usages de l’IA.

Maternelle

Le Café pédagogique propose deux articles sur ce sujet.

Maternelle : Des Assises historiques ou pas ?"Moment historique", la formule est de JM Blanquer. Mais, ce 27 mars, que s’est il vraiment passé lors des Assises de la maternelle ? Certes, Emmanuel Macron a annoncé son intention d’avancer l’âge de la scolarité obligatoire à 3 ans dès la rentrée 2019. Mais qu’est ce que ça change alors que 98% des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés en maternelle ? E Macron a-t-il fait un cadeau à l’enseignement privé ? Et que vont devenir les toutes petites sections de maternelle, celles qui accueillent des enfants de moins de 3 ans ? La mesure Macron fera-t-elle un ou deux enterrements ?

Maternelle : Les professionnels attendent du concret. “Quelles réactions aux mesures annoncées par Emmanuel Macron lors des Assises le 27 mars ? L’Ageem , association des professeurs de maternelle, y voit la reconnaissance qu’on est bien enseignant en maternelle. Le Snuipp souligne qu’aucun moyen n’est annoncé alors même que l’extension de la scolarité et l’accent mis sur le bien être des élèves l’exigent. Le Se Unsa salue l’extension de la scolarité obligatoire même si elle pose la question du financement du privé car ça consolide la maternelle. Pour le syndicat la crainte de voir une nouvelle structure imposée en lieu et place des TPS demeure. Le Sgen Cfdt ne voit dans l’extension de la scolarité obligatoire qu’une annonce tant qu’elle n’est pas accompagnée de financement. A défaut l’obligation n’apportera que des inconvénients. L’Andev et la Fcpe posent aussi la question des moyens.”

Avec l’école obligatoire à 3 ans, "on explique aux parents tout ce qu’on apporte aux enfants et on va agir sur l’assiduité", selon la députée LREM Anne Brugnera. Anne Brugnera, députée La République en marche du Rhône et membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, était l’invitée sur franceinfo mardi. Son interview sur FranceInfo.

Pourquoi je n’approuve pas la scolarité. Par Philips Michel, pédiatre. “Rendre la scolarité obligatoire dès 3 ans, c’est ne pas prendre vraiment en compte les besoins des enfants. Jusqu’à 3 ans (et souvent au delà), un enfant a besoin d’un environnement soutenant, adapté. La Maternelle ne répond pas toujours à ces besoins.”

Education : Pourquoi Macron et Blanquer pensent que tout se joue en maternelle. Par Héloïse de Neuville. Décryptage avec Eric Charbonnier, analyste à la Direction de l’Education de l’OCDE.

Libération répond à la question : Est-ce l’instruction ou l’école qui est obligatoire ? Et le résumé de la réponse est : “le gouvernement français a décidé d’abaisser, à partir de la rentrée 2019, l’âge d’instruction à trois ans au lieu de six. L’instruction correspond à l’enseignement des savoirs. Si des parents souhaitent ne pas placer leurs enfants dans une école maternelle, ils devront le déclarer à la mairie et au directeur académique de l’éducation nationale.”

Supérieur

« Prof en Fac » : quand Sorbonne Université accueille des professeurs de lycée…Depuis deux ans maintenant Sorbonne Université organise une rencontre, « Prof en Fac », entre les professeurs de lycées (spécialités chimie-physique et science de la vie et de la terre) et les enseignants de la faculté des Sciences et Ingénierie. Prof en Fac propose deux parcours, selon les disciplines, à la découverte de « l’université 2.0 ».”

Les universités européennes, pour "redonner un second souffle" au processus de Bologne par Laura Taillandier. “Réunis dans le cadre du colloque annuel de la CPU, les présidents d’université ont débattu des futures universités européennes, dont le premier appel à projets sera lancé à l’automne 2018 dans le cadre d’Erasmus +. Ce projet en construction ne sera pas une labellisation de structures existantes, prévient la ministre de l’Enseignement supérieur.”

Techno

Apple : comment la réalité augmentée sur les iPad va transformer l’enseignement. “C’étaient finalement les stars de la keynote d’Apple, qui a eu lieu hier à Chicago. Les applis en réalité augmentée ont attiré l’attention des journalistes à l’issue de l’événement où était présenté un iPad plus abordable.”

Intelligence artificielle : « Il faut forger une alliance des sites de pointe en Europe ». “Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.”

Alliance entre IBM et Apple pour rendre les applications plus intelligentes

Les moteurs de recherche dopés par l’intelligence artificielle. “L’intelligence artificielle s’engouffre partout y compris dans les moteurs de recherche. Les géants de la recherche (Google, Bing…) en raffolent, mais les acteurs plus discrets comme le français Qwant s’y mettent aussi pour améliorer la pertinence de leurs résultats.”

Ressources

Notes critiques du livre de MARTIN Jean-Paul. La Ligue de l’enseignement. Une histoire politique (1866-2016) Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2016, 606 p.
par Jean-Yves Seguy.

Bernard Desclaux

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Angelique Ionatos...

28 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Homère...

28 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Alors survint l'âme du Thébain Tirésias, le sceptre d'or en main. Il me reconnut et me dit:

«Descendant de Zeus, fils de Laërte, Ulysse aux mille expédients, » pourquoi donc, malheureux, quittant la lumière du soleil, es-tu venu voir les morts et la région sans joie? Mais éloigne-toi de la fosse, écarte la pointe de ton épée, que je boive du sang et te dise la vérité. » Il parlait ainsi; moi, je m'éloignai et remis au fourreau mon épée aux clous d'argent. Quand il eut bu le sang noir, l'irréprochable devin m'adressa ces paroles: « C’est le retour doux comme le miel que tu cherches, glorieux Ulysse ; mais un dieu te le rendra pénible ; car l'Ébranleur de la terre ne te laissera point passer, je pense; il a conçu en son cœur de la rancune contre toi ; il t'en veut d’avoir ôté la vue à son cher fils. Mais, malgré sa colère, vous pourriez encore, au prix d'épreuves, arriver chez vous, si tu veux contenir ton cœur et celui de tes compagnons, dès l’instant où tu approcheras ton vaisseau bien charpenté de l’île du Trident, après avoir échappé à la mer violette, quand vous y trouverez au pacage les vaches et les robustes moutons d'Hélios, qui voit tout et entend tout. Si tu ne leur fais aucun mal, si tu penses à votre retour, vous pourrez encore, non sans souffrir, atteindre Ithaque ; mais si tu les endommages, alors je te prédis la perte de ton vaisseau et de tes compagnons ; et toi, si tu échappes au trépas, tu rentreras tard, en triste état, après avoir perdu tous tes compagnons, sur un vaisseau étranger ; tu trouveras en ta maison de quoi te peiner ; des hommes arrogants, qui dévorent ton bien, en prétendant à ta noble femme et lui offrant des présents de noces. »

Homère - L'Odyssée

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A Voir... Madame Hyde... Un film de Serge Bozon avec Isabelle Huppert...

28 Mars 2018 , Rédigé par Libération Publié dans #Cinéma

Isabelle Huppert irradie le nouveau film de Serge Bozon dans le rôle d’une professeure de physique martyrisée par ses élèves, mais qui change radicalement de comportement et de méthodes après avoir été électrocutée. Un film politique, fantastique, extatique.

(...)

Marcos Uzal

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Scolarisation obligatoire dès 3 ans : Jupiter en maternelle...

28 Mars 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

https://femmes.orange.fr/people/news-people/article-emmanuel-macron-moque-par-des-eleves-de-maternelle-a-cause-de-ses-poils-CNT0000010Ol28.html

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EXTRAIT

La politique, cet art du symbole. Emmanuel Macron intervient très peu dans le débat éducatif mais, quand il le fait, c'est avec un sens aigu du retour sur investissement. Ce mardi 27 mars, en marge des Assises de la maternelle, qui se tiennent actuellement au Conservatoire national des arts et métiers, le président de la République s'est donc déplacé en compagnie du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans une école maternelle du 19e arrondissement de Paris.

Il s'agissait pour lui d'assister à un atelier de phonologie (l'étude des sons et de leurs correspondances alphabétiques) et surtout d'annoncer une mesure à très haut potentiel médiatique, en l'occurrence l'abaissement de l'âge de la scolarité obligatoire de 6 à 3 ans, et ce dès la rentrée 2019. Depuis 1959 et l'ordonnance Berthoin portant la fin de la scolarité à 16 ans, personne n'avait osé toucher au totem de l'obligation scolaire. C'est dire le niveau de disruption.

Faux problème

L'école obligatoire à 3 ans : dans les gros titres, cela sonne fort. Et cela sonne d'autant mieux aux oreilles du président que cela ne coûte – presque – rien au budget de l'Etat. Notre école maternelle passe à raison pour un joyau de la République et, à l'exception de quelques territoires d'outre-mer, le réseau d'établissements de l'Education nationale est accessible à l'ensemble de la population, scolarisant 97,6% des 3-6 ans.

Les seuls à y échapper sont les 30% de petits Guyanais, que Jean-Michel Blanquer, recteur à Cayenne de 2004 à 2006, n'a pas réussi davantage que ses prédécesseurs à scolariser (les Mahorais ne sont pas mieux lotis). Auxquels il faut ajouter – de manière plus marginale – les rejetons de bobos cévenols (ou parisiens !) avides de pédagogies alternatives, quelques enfants de primo-arrivants ne maîtrisant pas les codes de leur pays d'accueil, et la progéniture de familles traditionalistes chrétiennes et musulmanes soucieuses d'éduquer leurs enfants selon les préceptes de la Sainte Bible et du Saint Coran.

Faut-il le préciser : l'annonce présidentielle ne changera rien au sort de ces derniers. Car en France, ce n'est pas l'école, mais l'instruction qui est obligatoire, la liberté de l'enseignement étant protégée formellement par la Constitution. Autrement dit, les parents restent libres de scolariser leurs enfants où bon leur semble – à leur domicile notamment – pourvu qu'ils se soumettent au contrôle des inspecteurs de l'Education nationale. Un contrôle qui s'est toujours exercé de manière aléatoire, et dont on peut douter qu'il devienne plus exigeant à l'avenir.

Pour ce qui est des petits oubliés de l'océan Indien ou du fleuve Maroni, la question qui se pose par ailleurs n'est pas celle de l'obligation scolaire, mais bien celle des moyens. Le ministère en est conscient et souhaite porter le plus gros de ses efforts – soit 1.000 postes équivalents temps-plein d'ici 2019 – sur ce dossier. Mais déjà faudrait-il que les collectivités outre-marines, exsangues financièrement, construisent suffisamment d'écoles pour accueillir des milliers de nouveaux écoliers. Or, rien n'indique que ce sera le cas.

(...)

Gurvan Le Guellec

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La maternelle est déjà au top, donnez-lui simplement les moyens de remplir ses missions... (+ vidéo... hilarante)

28 Mars 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

EXTRAITS

Mardi 27 mars, Emmanuel Macron a ouvert les Assises de la maternelle en annonçant l'abaissement à 3 ans de l'âge de la scolarité obligatoire. Une mesure symbolique, qui a éclipsé la nécessité d'accorder des ressources supplémentaires à cette école.

La mesure n'était pas au programme d’Emmanuel Macron et on ne sait pas depuis quand elle était prévue, seulement que la rumeur enflait depuis la veille: l’âge de début de l’obligation d’instruction change, elle sera désormais fixée à 3 ans.

Ce n’est pas tous les jours que nous assistons à une annonce de cette ampleur en éducation, et le Président de la République l’a annoncée en personne, le mardi 27 mars, avec toute la solennité qu’une telle déclaration peut inciter à adopter:

L'âge de la scolarisation obligatoire était fixée à 6 ans depuis… la loi Jules Ferry de 1882. Revenir dessus, c’est s’attaquer à un symbole très fort. Le Président n’a d'ailleurs pas manqué de rappeler le lien étroit et historique unissant la République à son école.

Consensus autour de la maternelle à 3 ans

Dans la vision des politiques, la République se construit «dans et par l’école» –une idée aujourd'hui très consensuelle, saluée entre autre par la CGT Éduc'action dans le communiqué publié juste après la déclaration élyséenne: «En annonçant ce mardi 27 mars, lors de ces Assises, la scolarisation obligatoire des élèves dès 3 ans, le président accède à une vieille revendication de la CGT Éduc’action. Nous reconnaissons que c’est un geste important pour travailler à l’égalité d’accès aux savoirs, aux connaissances et à la sociabilisation des tous les enfants vivant dans notre pays.»

L'idée de devoir scolariser les enfants à 3 ans a largement pénétré la société: 97% des enfants français en âge de fréquenter la maternelle y vont –même si ce chiffre cache des disparités, en particulier dans certains départements d’outre-mer. Pas de révolution scolaire donc, loin de là.

Ce matin du 27 mars, il ne s’agissait que d'un symbole; les questions pratiques ont d’ailleurs été laissées de côté. Celle de l’assiduité et du temps effectif de présence des enfants n’a pas été abordée: beaucoup d’élèves de petite section ne fréquentent pas la maternelle l’après-midi, dont une grande partie est consacrée à la sieste. Devront-ils désormais rester ou revenir après le déjeuner? Même si le ministre Blanquer a parlé d’une obligation similaire à celle qui vaut pour l'élémentaire, on peut parier que la mesure va donner lieu à des aménagements locaux et des tolérances, en fonction des établissements.

L’ouverture des Assises de la maternelle, qui fut le théâtre de cette annonce, ont permis de développer la vision du pouvoir politique pour la maternelle. Le Président et le ministre se sont exprimés, tout comme le psychiatre Boris Cyrulnik, organisateur de ces journées. Balayant les inquiétudes qui circulaient, le discours s’est voulu fédérateur.

L’école maternelle est essentielle aux apprentissages, a précisé Emmanuel Macron. Les enseignants en sont convaincus et les parents scolarisent tous leurs enfants; même s'il est toujours opportun de le dire et de l’entendre, difficile de trouver des contradicteurs. Si la maternelle avant 3 ans fait encore débat, la scolarisation à partir de cet âge ne rencontre pas d’opposition majeure. Les partisans de l’instruction à domicile ne sont pas plus nombreux pour les enfants de 3 ans que pour les années qui suivent.

Quelque 27.000 enfants seraient concernés par la nouvelle mesure –un chiffre assez faible, comparé aux douze millions d’élèves français. Mais elle permettra peut-être une homogénéisation des situations et de conforter le statut d’école «à part entière» de la maternelle.

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