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Vivement l'Ecole!

Réveille-toi Jaurès!...

20 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

Réveille-toi Jaurès!...

Réveille-toi Jaurès! Mustapha Saha
 
Le démon de minuit saisit la Présidence
L'estoc décapite quiconque n'obtempère
L'autocrate s'adjuge prestige et dissidence
La pensée s'absente la raison désespère

Les causes s'estompent sous grands effets d'annonce
L'Assemblée s'agite la loi se désaccorde
L'étranger se terre son voisin le dénonce
Le tzigane acquitte la potence et la corde

Le cynisme sans fin multiplie ses facettes
Le travailleur oublie le goût de la cerise
L'expert aux enchères surcote ses recettes
L'agioteur prospère à l'abri de la crise

L'esprit des ténèbres déroule son emprise
La liberté s'égruge entre enclume et marteau
Maurras de son caveau dirige l'entreprise
Le bouc émissaire s'exécute au château

Tes enfants s'étripent pour un bout de pouvoir
Les dragons du passé sous projecteurs s'acclament
Les sages interdits taisent leur bon savoir
Les apprentis sorciers nouveaux rois se proclament

La bête en fanfare tisonne son flambeau
La voix de la guerre sur réseaux s'amplifie
Les chemises brunes profanent ton tombeau
Réveille-toi Jaurès la paix se crucifie.

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Chansons de mai...68

20 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Un texte de Mustapha Saha en hommage à Jacques Sauvageot, "coeur pur" de Mai 68

20 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Littérature

Coup de coeur... Un texte de Mustapha Saha en hommage à Jacques Sauvageot, "coeur pur" de Mai 68

Le temps des barricades...

 

Rappelle-toi Clara la cachette stressante

Où nos corps éprouvés par les coups de matraque

S’aimantèrent sans bruit jusqu’à l’aube naissante

Pendant que rugissaient les griffons de la traque

Mon mouchoir imprégné d’une odeur de manille

Comme unique parade aux gaz lacrymogènes

Ton haleine embaumée d’un nectar de vanille

Où mon souffle puisait ses bulles d’oxygène

Rappelle-toi Clara le campus de Nanterre

Où germa la révolte au creux des bidonvilles

Je n’avais pour trésor qu’un matelas par terre

Tu vivais dans les ors d’un manoir à Trouville

Des forbans de piscine épris de libido

Ainsi nous décrivait la presse puritaine

Et notre abordage ludique et sans credo

Chavira le navire et son grand capitaine

Pirates sûrement de vie pleine et festive

Quand nous prîmes d’assaut la tour des mandarins

Tu flânais sur le pont seule contemplative

J’étais déjà croché dans tes rêves marins

Rappelle-toi Clara cette cour des miracles

Que l’austère Sorbonne abrita par gageure

Ces clowns autogérés qui jouaient les oracles

Ces belles tatouées de slogans ravageurs

Et ces mots affranchis des entraves morales

Et ces mains délivrées de mille ans d’interdits

Qui célébraient sans fin sur des fresques murales

Le feu d’artifice des plaisirs inédits

Les doctes professeurs mangeaient des mandarines

Les statues de marbre clignaient d’un œil complice

Je flattais en secret ta bouche purpurine

Tu murmurais mon nom comme un tendre supplice

Rappelle-toi Clara ces mutins du savoir

Qui scandaient en couleur aux portes des palais

La beauté dans la rue la laideur au pouvoir

Et transformaient l’asphalte en jardins d’azalées

Des brassées de pensées s’offraient sur les trottoirs

Des tourbillons d’idées à donner le vertige

Jaillissaient de partout furtifs aléatoires

Des projets insensés fleurissaient les vestiges

Nous fûmes du gaullisme incrédules témoins

Et de notre légende acteurs sans vanité

Des fous de liberté rien de plus rien de moins

Le temps de nos vingt ans valait l’éternité

Rappelle-toi Clara la retraite aux Beaux-arts

La lecture à deux voix de Marcuse et Fanon

Les artistes grimés comme des maquisards

Les affiches tirées comme obus de canon

Et ces moments de trêve entre deux escarmouches

Passées dans l’urgence d’inventives ripostes

Forgeurs de canulars meneurs et fines mouches

Croisaient leurs trouvailles du centre aux avant-postes

Et ces journées de paix sur les bords de la Seine

Sous les saules pleureurs s’éloignait la colère

J’écrivais un hommage aux captifs de Vincennes

Tu plongeais dans un livre et voguait la galère

Rappelle-toi Clara l’ultime barricade

Que nos mains écorchées cimentaient de broutilles

Ton sourire inondé de désir en cascade

Mon regard embrumé de fictives Bastilles

Les bricoleurs testaient d’improbables mélanges

Les stratèges parlaient de théories des feintes

Je dormis dans tes bras du bref sommeil de l’ange

Tu veillas sans rancœur nos utopies défuntes

La rue des Saints-Pères sa plage et ses pavés

Furent vite écurés par les pires cerbères

Du sang noir serpentait sur mon jean délavé

Un clochard nous sourit au pied d’un réverbère

Mustapha Saha, cofondateur du Mouvement du 22 Mars

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Nanterre, 22 mars, les racines de Mai...

20 Mars 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

Nanterre, 22 mars, les racines de Mai...

A la nouvelle fac de Nanterre, le mouvement étudiant lancé au printemps cristallisera les luttes et fournira le terreau de la mobilisation de la jeunesse deux mois plus tard.

«Allez on va chez les filles !» Sitôt dit sitôt fait. La première occupation du quartier des filles à la cité U de Nanterre remonte au 21 mars 1967, un an presque jour pour jour avant la naissance officielle du mouvement des 142, futur «Mouvement du 22 mars». Ce n'est pas un coup de tête, plutôt un ras-le-bol des étudiants soumis au règlement hypocrite de l'administration. Cette action ne descend pas du ciel, elle tombe comme un fruit mûr sur la tête des officiels. Cela faisait longtemps que le règlement interne était régulièrement contourné. Mais cette fois-ci les garçons ne raseront pas les murs pour se faufiler par la fenêtre du rez-de-chaussée.

Morceaux de vérité. Un an plus tard, l'association de la cité U qui compte plus de 800 adhérents sur 1 400, participe à la seconde occupation, plus réfléchie, du quartier des filles. Depuis l'année précédente, la mobilisation ne s'est jamais relâchée : grèves contre les règlements et les loyers trop chers, débats sur la répression sexuelle. Malgré les fermetures ponctuelles du foyer des résidents, l'administration ne peut rien face à l'occupation de février 1968 qui impose de fait la liberté de circulation. La joie, le collectif, la répression, les revendications et les indignations sont emblématiques du mouvement qui se construit dans cette fac en chantier. A la rentrée 1967, près de 12 000 étudiants pour 10 000 places se brassent dans «La Folie», complexe universitaire qui jouxte les bidonvilles de Nanterre. Dans cette université expérimentale, de nombreux étudiants intègrent dans leur vie la lutte quotidienne pour leurs droits. Le hall de la grande barre favorise les rencontres de tous horizons : Parisiens, habitants des banlieues chics ou pauvres, étudiants, enseignants, étrangers de la cité U. L'Unef, connue pour son opposition à la guerre d'Algérie, côtoie des minorités trotskistes, maoïstes, prochinoises, anarchistes et communistes. Chaque chapelle est trop étroite pour être un milieu de vie acceptable. Prises dans leur ensemble, elles constituent un lieu attractif qui attire de nombreux sympathisants sans qu'ils soient obligés d'«adhérer». Petit à petit, ils font boule de neige : les groupes révolutionnaires ont été un levain jeté dans une très bonne pâte. Un excellent lieu de formation se construit : les divergences entre les tendances s'expriment et sont reçues comme des morceaux de vérité à débattre sans qu'il leur soit nécessaire de trancher à tout prix. Les étudiants partagent une conscience des enjeux internationaux, la critique des mécanismes de sélection et d'élimination scolaires qui reproduisent l'inégalité socio-économique, et la dénonciation de la «psychiatrisation» des problèmes étudiants.

En novembre 1967, une grève démarre à Nanterre pour protester contre le plan Fouchet. L'esprit est au développement de formation courtes dans le premier cycle : «Il n'y a pas assez d'étudiants en France, mais il y en a trop à l'université.» On parle alors de numerus clausus, de sélection à l'entrée de la faculté, d'orientation forcée, de l'élimination des redoublants en TP. Les deux semaines de blocages qui parviennent à mobiliser 3 000 étudiants se soldent par un échec relatif. Mais en janvier 1968, des lycéens manifestent contre la sélection, pour le respect des libertés politiques et syndicales dans le secondaire et contre le flicage des élèves, tandis que la répression des ouvriers de Redon et de Caen durcit l'opposition à l'Etat gaulliste.

Festin au resto U. A Nanterre, l'affichage des photos de policiers en civil met le feu aux poudres. L'intervention de la police est vertement repoussée par l'union spontanée des militants et des étudiants : le président de l'université s'était assis sur le principe interdisant l'accès des universités aux forces de l'ordre. Dans ce contexte explosif, un événement va précipiter la naissance du «mouvement du 22 mars». La nuit du 21, une marche parisienne sur l'American Express, symbole de l'impérialisme américain, se solde par des vitrines brisées, un début d'incendie et quelques arrestations, dont un étudiant bien connu des Nanterrois, Xavier. Dès le lendemain des étudiants débrayent des cours et convoquent une AG à 17 heures où ils décideront à la majorité d'occuper un lieu symbolique : le bâtiment administratif où se trouve la salle du conseil. Après un festin au resto U, près de 150 étudiants occupent le 8e étage de l'administration. Une commission rédigera le «manifeste des 142». Le texte reprend l'essentiel des revendications portées par les étudiants depuis un an : l'anti-impérialisme, l'université-carcan, les listes noires et la répression. Le Mouvement du 22 mars grossit, mais les médias le réduisent aux stars telles Cohn-Bendit, pourtant accompagné par exemple de Jean-Pierre Duteuil, membre de la Liaison des étudiants anarchistes (lire ci-contre).

Vincent LUCY , Geoffroy MANNET

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Macron défenseur de la francophonie? Ah bon?...

20 Mars 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Le lycée de mon adolescence - Lycée Lyautey - Casablanca/Maroc

Le lycée de mon adolescence - Lycée Lyautey - Casablanca/Maroc

Des milliers de signatures pour la défense des lycées français de l'étranger

Plus de 10.000 personnes avaient signé lundi une lettre ouverte de parents d’élèves du lycée français de Madrid à l’attention d’Emmanuel Macron pour «sauver les lycées français du monde», à la veille d’un discours sur la francophonie du chef de l’Etat français.

Cette lettre est la deuxième du genre après une autre pétition lancée en 2017 par des parents et enseignants du Lycée Alexandre Yersin de Hanoï, signée par 25.000 personnes.

Diffusée sur le site Change.org, elle évoque l’inquiétude des parents face aux coupes sombres annoncées en 2017 dans le réseau des lycées français et demande à Emmanuel Macron de s’engager à «maintenir les postes d’enseignants titulaires» et à «stabiliser les frais de scolarité».

Près de 350.000 élèves sont scolarisés dans les quelque 492 lycées et écoles françaises du monde.

En 2017, l’AEFE (l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger) a annoncé la suppression sur trois ans de 512 postes de «résidents» -- ces enseignants dont le salaire est financé par l’agence.

Depuis 2015 la dotation budgétaire de l’AEFE, dont une réforme est engagée, est en baisse.

«La francophonie, le rayonnement de l’éducation française et l’image de la France à l’étranger, ne méritent-ils pas au contraire un plus grand investissement ?», demandent les auteurs de la pétition, le Franco-libanais Hassan Hassan et la Franco-espagnole Katia Velasco, des parents d’élèves madrilènes.

Les préocupations des parents d’élèves «sont légitimes», estime la Fédération des associations de parents des établissements français à l’étranger (Fapee).

La Fapee souligne aussi qu’elle a interpellé Emmanuel Macron et estime avoir été entendue «en partie» puisqu’une «réflexion de fond» s’est engagée.

Au lycée français de Madrid, un des plus importants établissements de l’AEFE au monde avec quelque 4.000 élèves, trois journées de grève ont été menées par les syndicats depuis début 2018. L’Association de parents liste indépendante (ALI) a en outre appelé les parents à mettre fin aux prélèvements automatiques de frais de scolarité pour faire pression.

Le sujet pourrait dominer les débats pour l’élection législative partielle des 8 et 22 avril dans la cinquième circonscription des français de l’étranger (Andorre, Espagne, Monaco, Portugal).

En effet, au moins trois candidats déclarés ont un lien avec l’enseignement à l’étranger: la sortante Samantha Cazebonne (LREM, ex-directrice d’établissement à Palma de Majorque), François Ralle-Andreoli (soutenu par EELV-La France insoumise-Générations, professeur au lycée français de Madrid), et Mehdi Benlahcen (Parti socialiste, professeur au lycée de Lisbonne).

Libération avec AFP

Le lycée de mon adolescence - Lycée Lyautey - Casablanca/Maroc

Le lycée de mon adolescence - Lycée Lyautey - Casablanca/Maroc

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Les Détricoteuses. 68, année politique...

20 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

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Eduquer aux médias à l'heure du doute...

20 Mars 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Médias

Eduquer aux médias à l'heure du doute...

L'esprit critique, le repérage des fake news, prendre du recul et décrypter l’information, cela s’enseigne en classe !

Et particulièrement dans les classes médias qui se multiplient depuis quelques années (il y en a 25 à Paris, 30 dans l’académie de Créteil, 58 dans celle de Nantes) et comprendre "d’où vient l’info", c’est le thème de la semaine des médias dans l’école organisé par le CLEMI (le très officiel Centre de Liaison de l'Enseignement et des Médias d'Information) qui s’ouvre ce lundi 19 mars.

Mais attention, cette éducation aux médias n’est pas juste un petit plus pour lutter contre le complotisme, c’est enseigner d'abord ce qu’est une information et ce que signifie informer. Simple? Il n'en est rien. Il suffit par exemple de tendre l’oreille du coté de la parole politique: celle de Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez… celle du Président de la République aussi qui critique des journalistes pour comprendre que le sujet n’est ni simple, ni consensuel. On peut aussi lire un chercheur comme Christian Salmon, spécialiste des médias qui a popularisé le concept de storytelling, qui analyse notre époque comme l'ère du clash pour mesurer la complexité de la tâche qui attend les enseignants et ceux qui éduquent aux médias.

Pour en parler avec nous le journaliste Daniel Schneidermann, pionnier de la pédagogie des médias à la télévision  et sur internet et chroniqueur médias à Libération, une enseignante, Laura Mougel et des élèves !

Avec

- Daniel Schneidermann, Journaliste, directeur de la publication d'arrêt sur images, chroniqueur au quotidien Libération.
- Laura Mougel, enseignante en histoire - géographie et en classe médias au Collège Gérard Philippe à Paris.
- Élèves (Ben Elias, Serine et Aboubakar) de la classe médias du Collège Gérard Philippe à Paris.
- Martin Maurer, élève en classe médias du lycée Montaigne à Paris

Réécoutez les émissions de France Culture à l'occasion de La semaine de la Presse et des Médias dans l'école.

Découvrez le programme des rencontres, Masterclasses, Ateliers radio et Émissions en public partout en France du 19 au 24 mars à l'occasion de la 29ème édition de la Semaine de la Presse et des Médias dans l’école: 

- Le reportage de Sophie Bober : La photographe Françoise Huguier, dont l'expo Jardin Intime est à la galerie Vu du 09 au 31 mars et REPORTERS SANS FRONTIÈRES (RSF) consacre le numéro de la  collection "100 PHOTOS POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE" au travail de  Françoise Huguier..

A réécouter... "Françoise Huguier libère la presse", dans la grande Table le 13.03.18.

Intervenants

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V'la le printemps... On se réveille?...

20 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Réforme Blanquer : la philosophie en vitrine, son enseignement menacé...

20 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Philosophie

Réforme Blanquer : la philosophie en vitrine, son enseignement menacé...

Association des Professeurs de Philosophie de l’Enseignement Public

http://www.appep.net/reforme-blanquer-la-philosophie-en-vitrine-son-enseignement-menace/

Communiqué

Réforme Blanquer :
la philosophie en vitrine, son enseignement menacé

Jean-Michel Blanquer nous avait assuré en décembre dernier de son attachement à l’enseignement de la philosophie, lequel ne serait pas menacé par la réforme en cours, et pourrait même être étendu[1].

Maintenant que le projet ministériel de réforme du baccalauréat et du lycée est connu et que les projets de textes réglementaires ont été rendus publics, nous constatons que, loin des belles promesses, la philosophie sera marginalisée dans le nouveau lycée.

Le coefficient annoncé pour l’« épreuve universelle de philosophie » est inférieur à celui de la série S, celle des séries générales où la philosophie compte aujourd’hui le moins[2]. Cela ne représente un progrès que dans la voie technologique, mais sans pour autant que les dédoublements indispensables au travail des élèves soient proposés.

La seule « spécialité » dans laquelle la philosophie sera présente, « Humanités, lettres, philosophie » n’est pas clairement définie. Il n’est pas même certain que les élèves puissent y bénéficier de l’horaire minimum dont ils ont besoin, soit 2 h en Première et 3 h en Terminale. Les disciplines y perdront leur spécificité et leur fusion semble préparer la bivalence.

Cantonner la philosophie à cette seule spécialité revient à ignorer les dimensions politique, épistémologique, esthétique de cette discipline qui lui sont pourtant essentielles.

Cette spécialité, à l’horaire et au contenu incertains, ne sera pas même proposée dans tous les lycées. Là où elle le sera, elle ne permettra pas de garantir le travail d’approfondissement patient et rigoureux actuellement offert aux élèves des 2300 Terminales L. Chaque année, un nombre significatif d’élèves de Terminale littéraire s’engagent dans des études de philosophie après avoir suivi cet enseignement approfondi. Avec la disparition de la filière littéraire, ce sont les départements de philosophie des universités qui sont menacés.

La fameuse « épreuve universelle » ne constitue en rien un progrès. Il ne s’agit formellement que d’une reconduite de l’épreuve commune existante : tous les élèves des séries générales et technologiques passent déjà une épreuve de philosophie. Mais en réalité, la nouvelle architecture du baccalauréat affaiblit ce qui existe aujourd’hui. Cette « épreuve universelle », au coefficient diminué, sera en effet la dernière du baccalauréat. Qui peut croire que les élèves continueront de la prendre au sérieux, alors que l’examen sera déjà joué à 92 %, que les lycées seront désertés après le passage en mai des deux épreuves de spécialité, qui représentent à elles seules le tiers du baccalauréat, et qu’elle ne comptera pas dans la détermination du cursus universitaire des élèves ?

Ces dispositions sont en contradiction totale avec les déclarations officielles antérieures, que condense cette étrange formule, abondamment citée dans la presse : « la philosophie sera une épreuve universelle » !

Cette formule reconnaît pourtant le besoin des élèves de faire de la philosophie. Étudier des notions communes c’est, pour chaque élève, expérimenter par un travail méthodique de réflexion la possibilité durable de maîtriser toutes les connaissances acquises durant sa scolarité, c’est donc aussi avoir la chance de s’approprier les ressources et les outils pour une véritable autonomie, dans ses études, son travail et sa vie. La démarche philosophique offre une voie rationnelle pour aborder, loin des fanatismes, les nouveaux défis qu’apportent, pour l’existence de tous, le développement des sciences et des techniques en même temps que l’insertion accélérée des cultures dans le processus de mondialisation.

La philosophie n’est ni un vague supplément d’âme, ni un legs patrimonial que nous aurions à honorer. La portée cruciale de son enseignement dans les études secondaires doit être reconnue et garantie par des dispositions nationales adéquates.

Hors de ces mesures institutionnelles, les louanges adressées à la philosophie ne seraient qu’opération de séduction ou de communication dont personne ne peut être dupe.

Au-delà de tous les professeurs, l’APPEP appelle donc l’opinion publique à se mobiliser pour défendre et promouvoir l’enseignement de la philosophie dans le lycée français de demain.

Paris, le 18 mars 2018

Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public 24, rue Chanoinesse - 75004 Paris - TéI. : 06 75 36 96 75 appep@appep.net - www.appep.net

[1] http://www.appep.net/rencontre-avec-iean-michel-blanauer/

[2] L’« épreuve universelle » comptera pour 8% du baccalauréat. Actuellement la philosophie représente 18% du bac L, 11 % du bac ES, 9% du bac S, 5% du bac technologique.

Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public 24, rue Chanoinesse - 75004 Paris - TéI. : 06 75 36 96 75 appep@appep.net - www.appep.net

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La culture du redoublement affecte la réussite à l'université...

20 Mars 2018 , Rédigé par RTBF Publié dans #Education, #Pédagogie

La culture du redoublement affecte la réussite à l'université...
Les liens étroits entre le redoublement dans l'enseignement obligatoire et les chances de réussite à l'université sont mis en lumière dans une étude du professeur Jean-Paul Lambert, recteur honoraire de l'université Saint-Louis à Bruxelles, et spécialiste des systèmes d'enseignement supérieur, rapportée par Le Soir.
Le redoublement produit des résultats désastreux

"La croyance dans les vertus du redoublement est non seulement infondée mais elle produit des résultats désastreux", observe le professeur Lambert. Il a compilé des données statistiques sur la réussite des étudiants de première génération à l'université (qui arrivent en première bac). D'une année à l'autre - à de rares exceptions près -, le taux de réussite évolue entre 37 et 43 %. En tête des facteurs les plus discriminants pour les étudiants qui échouent figure le retard scolaire : un étudiant qui se présente à " l'heure" à l'université (sans avoir jamais redoublé précédemment) a une chance sur deux de passer en deuxième sans encombre (50 % de réussite). Par contre, l'étudiant qui se présente en retard voit ses chances réduites de moitié (25 %).

En croisant, les chiffres d'un demi-siècle de pratiques de redoublement avec un demi-siècle de réussite à l'université permet de constater qu'il existe un parallélisme - presque parfait - entre les deux courbes à l'exception de la fin des années 70. Le professeur ajoute que "des statistiques analogues liées à l'enseignement en haute école permettent de vérifier que ces constats établis pour l'université sont totalement transposables à l'ensemble de l'enseignement supérieur".

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