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Vivement l'Ecole!

La réforme Macron de l’université.. Analyse/La Vie des Idées...

21 Février 2018 , Rédigé par La Vie des Idées Publié dans #Education, #Politique, #Baccalaureat, #Université

La réforme Macron de l’université.. Analyse/La Vie des Idées...

EXTRAITS

Alors que l’université accueille les enfants de la démocratisation scolaire, la réforme Macron permet aux établissements d’enseignement supérieur de sélectionner leurs étudiants. Défendant l’université comme lieu de formation et de recherches, S. Beaud et M. Millet invitent à s’interroger sur le sens de la poursuite d’études dans une société démocratique.

Au moment où commencent les choses sérieuses, à savoir la mise en place concrète de la loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants) qui, à travers la production par chaque formation universitaire de prérequis (appelés « attendus »), remet en cause le principe sacré de la liberté d’accès à l’université de tous les bacheliers de France et de Navarre [1], ce texte souhaite revenir sur certains enjeux de cette réforme qui semblent insuffisamment évoqués dans les débats en cours. Celle-ci est en effet historique dans la mesure où, depuis l’échec du projet Devaquet de 1986, toute idée de sélection à l’université a été exclue par les gouvernements de notre pays. Or cette loi, malgré ses précautions sémantiques, vise à faire sauter ce verrou et entrer l’université française dans une nouvelle ère.

Au delà des questions pratiques, bien sûr importantes, que pose le pilotage de cette réforme et de la situation actuelle de l’université, affaiblie par la conjonction de 10 ans de LRU, de disette budgétaire et de plusieurs décennies d’accroissement des effectifs étudiants, il apparaît essentiel de replacer au cœur des débats la réflexion sur la fonction sociale de l’université en France. Depuis 30 ans, il a été assigné à la plupart des formations universitaires (hormis le secteur de Médecine/Pharmacie, protégé par le concours de fin de première année) la fonction d’accompagner, le plus souvent avec les moyens du bord, le puissant mouvement de poursuite des études issu de ce qu’on a coutume d’appeler la « seconde explosion scolaire » [2] (Chauvel, 1998). Aussi l’université a-t-elle été avec les STS [3], de tous les segments de l’enseignement supérieur, celui qui a accueilli la plus forte proportion des « enfants de la démocratisation scolaire » (Beaud, 2002) issus de la politique des 80 % au bac décidée par J.-P. Chevènement en 1985. La loi ORE vise clairement à rompre avec cette mission. Elle donnera sans doute satisfaction à tous les partisans du tour de vis qui espèrent ainsi pouvoir choisir (enfin) leur public. Mais elle laisse en suspens, dans le flou ou le non-dit, la question - décisive à nos yeux - du sens et de la forme que doit prendre la dynamique de poursuite d’études supérieures pour les nouvelles générations de bacheliers, appelée par l’économie de connaissance qui est celle désormais des pays développés.

(...)

...  la loi ORE - tant sur sa forme, brutale, que sur le fond - procède essentiellement d’un regard d’en haut sur l’université qui est lui-même intimement lié à l’« élitisme républicain » (Baudelot, Establet, 2009) dont on peut souligner qu’il imprègne de part en part les premiers mois de la Présidence Macron. La priorité est accordée à la promotion de filières d’excellence comme fer de lance de la start up nation qui se conjugue avec l’abandon de toute conception progressiste et démocratique de l’université.

La mise en place de la loi ORE ne manquera pas, à terme, d’avoir de profonds effets structurels, déjà inscrits dans la loi LRU (2007) : une nouvelle hiérarchisation des universités et des filières, une tendance à leur polarisation, sans compter un sérieux coup de pouce pour le secteur privé du supérieur qui pourrait s’engouffrer un peu plus [14] dans les brèches ouvertes par le flou institutionnel (voir Graphique 5) et les très probables, et durables, dysfonctionnements de l’usine à gaz qui s’annonce dans ce secteur stratégique de la première année post-bac, à l’université.

Sans compter que cette réforme du premier cycle universitaire, en instaurant une sélection à l’entrée de l’université, feint de ne pas voir deux processus essentiels qui lui sont associés. D’une part, sa mise en œuvre pratique a de fortes chances de finir de détruire l’investissement dans leur métier de personnels administratifs sous-payés et d’enseignants-chercheurs soumis à rude épreuve depuis la mise en place de la LRU, devant faire face à une criante pénurie de moyens. D’autre part, cette réforme, en rompant avec la fonction sociale objectivement assignée depuis 30 ans au premier cycle universitaire - celle d’amortisseur social de la crise, de régulation de la longue transition professionnelle des bacheliers « moyens » - ne dessine aucune perspective d’avenir aux futurs refusés à l’entrée de l’université. Parce que cette réforme fait payer aux nouveaux étudiants les conséquences de politiques d’ouverture inconséquentes, jamais accompagnées ni assumées jusqu’au bout, cette politique de sélection à l’entrée dans l’université ne débouche, pour eux, sur aucun autre horizon que celui du précariat et de la galère.

Stéphane Beaud et Mathias Millet

Stéphane Beaud & Mathias Millet, « La réforme Macron de l’université », La Vie des idées , 20 février 2018. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-reforme-Macron-de-l-universite.html

A lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Polémiques - Pédagogie - Divers - Ailleurs...

21 Février 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Polémiques - Pédagogie - Divers - Ailleurs...

Les conséquences en terme de postes et de fermetures de classes des CP à 12 dominent l’actualité éducative. Mais on parle aussi éducation, numérique, cantines, etc. On ira faire un tour hors de nos frontières, notamment pour saluer une lycéenne de Floride.

Polémiques

Pas de semaine sans son lot de polémiques. On parle beaucoup ces jours-ci des conséquences des CP-CE1 de REP à 12.
Maternelles et écoles rurales risquent de payer le prix des CP et CE1 à douze élèves
« En milieu rural et dans les maternelles, la communauté éducative dénonce les fermetures de classes et la hausse des effectifs qui en découle. »
CP à douze élèves : « Je ne peux pas ne pas être fière ! »
« A Paris et à Mulhouse, des classes de cours préparatoire « dédoublées », en zone d’éducation prioritaire renforcée, ont accepté de nous ouvrir leurs portes tout au long de l’année. Deuxième épisode. »
Louis Tourret se demande si, carrément, la maternelle ne va-t-elle pas disparaître ?
« Pour donner des postes au dispositif des CP à douze élèves, des classes ferment. Les toutes petites sections pourraient même disparaître. »

Sur le blog L’instit Humeurs, Lucien Marboeuf se demande si : Villani, Cyrulnik : un « grand nom » suffit-il à valider une mission ?
« On peut, en revanche, se demander si la seule présence de Villani à la tête de cette commission permet d’en valider le travail et suffit pour légitimer son rapport. Villani est sans doute une des dix personnes au monde à pouvoir résoudre certaines équations, mais est-il capable de transmission, de pédagogie ? Génie des maths, est-il pour autant le mieux placé pour penser un enseignement des maths pour les enfants ? Etre un génie dans son domaine suffit-il pour enseigner ce domaine, pour concevoir une pédagogie de son domaine ? Mozart savait-il enseigner le piano ? N’importe quel peintre génial serait alors un passeur de l’art pictural, n’importe quel génie du barreau serait de facto un pédagogue de la plaidoirie, n’importe quel virtuose de la pâtisserie aurait la science de la transmission infuse… »

Pédagogie

« Les Débatteurs », quand des collégiens découvrent le pouvoir des mots
« Des élèves de troisième du collège Elsa-Triolet de Champigny-sur-Marne ont formé un club débat pour prendre la parole, et se familiariser avec les règles de l’art oratoire et la liberté d’expression. »

La récré porte ses fruits au collège Matisse de Grand-Couronne
« Au collège Matisse, les élèves sont invités à déguster un fruit durant la récréation du matin. De quoi prendre de bonnes habitudes.
9 h 50 : la cloche sonne, et voilà les jeunes pousses qui par grappes se pressent autour de la table de distribution, comme pour recueillir le fruit de leur travail... »

Le mystère des slips de Poligny est dévoilé.
« Des slips suspendus à des cordes à linge à travers les rues de Poligny : ces images insolites avaient fait le buzz. Saint-Valentin, opposants au Center Parcs, boutade de jeunes... Ce sont les élèves de 4è du collège Notre-Dame de Poligny qui sont derrière tout ça. Dans le cadre d’un projet d’école, ils travaillent sur les fausses informations, les rumeurs et les intox. Les élèves ont travaillé en partenariat avec l’association culturelle Mi-Scène et l’artiste Nicolas Turon. »

Divers

Tout d’abord le numérique avec les écrans et le mauvais usage des réseaux sociaux.
Enfants face aux écrans, « ne cédons pas à la démagogie »
« Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies. »
Quand Internet empoisonne le climat scolaire
« Insultes sur la Toile, diffusion d’images ou de vidéos désobligeantes… Le dernier baromètre du climat scolaire réalisé par la Fédération des autonomes de solidarité et dont « La Croix » dévoile les résultats montre une hausse de 19 % des « préjudices numériques » touchant les personnels de l’éducation. »

Les sciences cognitives font beaucoup parler d’elles depuis l’avènement de J.M. Blanquer au ministère.
Les sciences cognitives à l’épreuve de la classe
« Les mécanismes d’apprentissage sont décrits de plus en plus finement par les sciences. Comment transposer ces enseignements en classe  ? C’est l’un des objectifs du Conseil scientifique de l’éducation nationale. »
Education : « Très peu d’expériences sont réalisées en France »
« Pour Esther Duflo, professeur au MIT, ce qui « marche en laboratoire ne marche pas forcément sur le terrain ». Mais se priver des sciences cognitives « serait une énorme perte ». »

École : 90 % des communes vont revenir à la semaine de 4 jours
« La réforme des rythmes scolaires Hollande-Peillon qui imposait des cours le mercredi ou le samedi matin semble enterrée. » Article pour les abonnés.

Cantines scolaires : Des députés LREM proposent la gratuité pour les plus modestes
« La gratuité de la cantine serait réservée aux familles les plus modestes, celles dont le Revenu Fiscal de Référence est inférieur ou égal à 7.800 euros annuels, ce qui correspond au seuil de pauvreté... »

Ailleurs

La femme du jour. Emma Gonzalez
« Trump aurait sans doute préféré que les Floridiens se contentent de prières. Emma Gonzalez, 18 ans, s’est chargée de rappeler, samedi, au président américain que la mort de dix-sept personnes dans un lycée de Floride n’était pas imputable aux « problèmes mentaux » du tueur, mais bien aux liens de la National Rifle Association (NRA) avec les dirigeants américains. Ou comment politiser une question que le plus haut personnage de l’État avait largement pris soin d’éviter, préférant mettre en cause les manquements du FBI, plus intéressé, selon lui, par les interférences russes durant la présidentielle. »

A Thiès, un lycée pilote pour mieux coller au marché de l’emploi sénégalais
« Pour répondre aux attentes des entreprises, l’établissement met en œuvre des formations fondées sur une approche par compétences. »

Géraldine Duboz

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John Dowland (1563- 1626)...

20 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Franz Kafka...

20 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

A peine tout le monde parti, K. dit aux assistants: "Sortez!" Abasourdis par cet ordre inattendu, ils obéirent, mais lorsqu'ils verrouilla la porte derrière eux, ils voulurent de nouveau rentrer et se mirent à gémir dehors en frappant à la porte. "Vous êtes renvoyés, s'écria K., jamais je ne vous reprendrait à mon service." Mais ils ne l'entendaient pas de cette oreille et martelèrent la porte à coup de poing et à coup de pied. "Laisse-nous revenir avec toi, maître!" criaient-ils comme si K. eût été la terre ferme et eux sur le point de se noyer dans les flots. Mais K. n'éprouvait aucune pitié, il attendait avec impatience que ce bruit insupportable force l'instituteur à intervenir. Cela ne tarda pas. "Laissez rentrer vos maudits assistants! cria-t-il. - Je les ai renvoyés", répondit K. en criant, ce qui eut pour effet involontaire de montrer à l'instituteur ce qui arrivait lorsqu'on avait non seulement la force de signifier à quelqu'un son renvoi, mais encore de le mettre à exécution. L'instituteur s'efforça alors de calmer les assistants en les prenant par la douceur: ils n'avaient qu'à attendre là tranquillement, K. finirait bien par être obligé de les laisser entrer. Puis il s'en alla. Et le silence aurait peut-être duré, si K. n'avait recommencé à leur crier qu'ils étaient renvoyés définitivement et sans le moindre espoir d'être repris.

Franz Kafka - Le Château

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Horaires d'ouverture des bibliothèques : le vrai-faux débat...

20 Février 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Culture, #Bibliotheque

Horaires d'ouverture des bibliothèques : le vrai-faux débat...

Comment faire plus avec moins ? Depuis 20 ans, la question de l’ouverture des bibliothèques le soir et le dimanche génère sans succès rapports et plans ministériels. Cet automne, la ministre Françoise Nyssen a confié à Erik Orsenna une mission lecture pour tenter de faire avancer le dossier.

Nommé mi-juin "ambassadeur" de la lecture par la ministre de la Culture, Erik Orsenna a débuté un tour de France à la rencontre des bibliothèques. Objectif avoué, les rendre plus adaptées aux attentes des citoyens. En creux, inciter les bibliothécaires à travailler le dimanche et les soirs de semaine. Une question qui pose problème depuis 20 ans.

Une vraie question

Dans les 8 000 bibliothèques de France (16 000 points lecture), la question de l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèque est un vieux serpent de mer. Dans un rapport datant de 2015, la sénatrice d’Ille et Vilaine Sylvie Robert montrait combien c'était une attente et un besoin pour les usagers, particulièrement dans les grandes villes, et particulièrement dans les quartiers prioritaires.

On ouvre bien les commerces le dimanche pourquoi pas les bibliothèques ?

Jérémy Lachal, directeur de Bibliothèques sans Frontières

Le sujet avait été remis sur la table lors des élections municipales de 2014 par l'association Bibliothèque sans frontières, pour qui la bibliothèque est un instrument d'éducation populaire indispensable, notamment dans notre société de l'information. La pétition "ouvrons plus les bibliothèques" avait alors recueilli un grand nombre de signatures et convaincu de nombreux élus qu'il faut changer les horaires d'ouvertures des établissements de lecture publique.

Trois ans plus tard, la ville de Paris a imposé, malgré de lourdes grèves en début d'année, l'ouverture du dimanche dans six bibliothèques. De son côté, la ville de Brest a également essuyé un mouvement de grève pour imposer l'ouverture du dimanche à la médiathèque des Capucins. En cause, la question du travail du dimanche ? Non, pas seulement .

Un faux débat

Rares sont les bibliothécaires qui remettent en cause la nécessité d'ouvrir plus souvent leur établissement pour répondre à l'emploi du temps des usagers. Le problème reste celui des moyens :

- Pas de postes supplémentaires

Avec la baisse des dotations aux collectivités territoriales, il n'est pas question d'embaucher de nouveaux titulaires (d'ailleurs, le nombre de places aux concours de bibliothécaires est toujours en baisse).

L'année dernière, la ministre Audrey Azoulay avait prévu une enveloppe pour aider à cette réforme; mais le financement n'était prévu que pour 5 ans. Impossible pour les collectivités territoriales de prendre le risque de réduire la voilure dans les bibliothèques passé ce délai, leurs administrés seraient furieux. A moyens constants, les ouvertures supplémentaires voulues par l'équipe du président Macron impliquent donc une complète réorganisation.

- L'abandon des missions hors les murs

Depuis près de 20 ans, les bibliothèques multiplient les actions auprès des scolaires, des retraités, des personnes hospitalisées ou incarcérées. Ces pratiques dites "hors les murs" ne coûtent pas plus cher aux collectivités mais occupent une bonne partie du temps des bibliothécaires. A moyen constant, se pose alors la question du choix pour les élus qui sont très attachés aux actions de territoire des bibliothèques.

- Le recours massif aux précaires

Comme ce fut le cas depuis 2006 dans les bibliothèques universitaires, ce sont donc des précaires, étudiants sous payés et peu formés, voire des bénévoles, qui assurent ces heures supplémentaires, faute de budget suffisant pour rémunérer le travail des titulaires.

Les bibliothèques ne tournent le dimanche qu'avec des précaires comme nous. Malgré un bac plus 4 exigé par la direction, nous sommes payés au smic horaire, mais sans congés payés ni congés maladie. Nous travaillons 15 heures par semaine maximum, ce qui fait maximum 600 euros par mois. Mais nos horaires ne sont jamais fixes. Si malgré un changement de dernière minute nous ne sommes pas disponibles, nous ne travaillons plus. On nous présente ce job comme un chance pour des étudiants parce qu'on peut normalement réviser quand il n'y a pas trop de monde. Mais le dimanche les bibliothèques sont archi-bondées !

Clara (le prénom a été changé), 28 ans, étudiante précaire en bibliothèque

Pour les titulaires, ce recours massif aux précaires s'apparente à un véritable dumping social; surtout quand en lieu et place des précaires ce sont des bénévoles qui font tourner la bibliothèque. Dans bien des endroits, l'ouverture le dimanche et le soir a été imposée par la direction sans concertation préalable, parce qu'il n'y avait pas d’enveloppe prévue pour rémunérer les heures supplémentaires des bibliothécaires titulaires.

Derrière le marketing du ministère, un métier en danger ?

Pour les bibliothécaires, la tournée d'Erik Orsenna et les tables rondes et autres journées d'études organisées par la ministre ne font pas oublier les atteintes portées à leur qualification et à leur métier. Ils rappellent qu'alors que le gouvernement fait des bibliothèques la pierre angulaire de son programme culturel, de nombreuses bibliothèques continuent de fermer (à Grenoble, Clamart, Paris).

La question des ouvertures le dimanche et le soir, telle qu'elle est pratiquée sur le terrain ouvrirait donc la porte à une transformation a minima des bibliothèques qui risquent de devenir de simples salles de travail où la médiation des bibliothécaires sera faussement remplacée par des moteurs de recherche sur internet.

Google ne peut pas remplacer les bibliothécaires. Une bibliothèque ce n'est pas juste une salle de travail avec des ordinateurs et des livres. Les gens ne viennent pas juste parce que c'est chauffé et qu'il y a de la lumière ! Sans bibliothécaire, la bibliothèque va mourir !

Solveig Langen, bibliothécaire, déléguée syndicale CGT Fac Sup

Les titulaires rappellent qu'une bibliothèque est un instrument d'éducation et de formation qui n'existe qu'avec des bibliothécaires formés et disponibles. Le service principal de ces établissements gratuits est de guider les usagers dans la masse d'information qui les assaille quotidiennement. Alors que les rumeurs et les fausses informations pullulent sur internet, cette éducation populaire à l'esprit critique est donc essentielle dans une démocratie.

Cécile de Kervasdoué

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CP à 12 et Parcoursup... A force de raconter n'importe quoi...

20 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Université

CP à 12 et Parcoursup... A force de raconter n'importe quoi...
A force de raconter n’importe quoi sur ce qui s'est fait entre 2012 et 2017,  les "observateurs", volontairement ou pas, ont préparé les esprits :
 
- à recevoir comme magique une mesure démagogique et imposée sans discussion.
 
Alors que les cours préparatoires à 12 pour 2000 classes, en déshabillant toutes les autres sans que personne ne se demande ce que deviennent ces gamins une fois qu’ils rejoindront brutalement des CE2 à 28, vont entraîner des catastrophes.
 
- à accepter une réforme de l’université qui acte la fin du droit d’accéder à l’université.
 
Parce que "quand même  c’est toujours mieux que le tirage au sort!" ... sauf que le tirage au sort n’a jamais concerné, si ce n'est de manière totalement exceptionnelle et de plus en plus périphérique ,  que deux ou trois filières particulièrement demandées , par des étudiants grosso modo du même niveau (Staps, psycho...) alors que la réponse  apportée par le Gouvernement Philippe, elle, va bel et bien restreindre l’accès à TOUTES les filières.
 
Christophe Chartreux
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Revue de Presse Education... Lycée - Parcours sup - Prépa ou Bachelor - Points de vue

20 Février 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Lycée - Parcours sup - Prépa ou Bachelor - Points de vue

Ce week-end, la presse commente le nouveau Bac, Parcours Sup et le Bachelor. Deux points de vue très différents sur la politique éducative et le show télévisé de Blanquer. Et si on se mettait à la place des lycéens dans leur diversité ?

Lycée

Quelques réflexions sur la réforme du Baccalauréat et du lycée.
Pour ceux qui on très peu de temps, une vidéo de Pierre MATHIOT sur le Baccalauréat.

Bac : les deux enjeux de la réforme
“En voulant un examen mieux connecté à l’enseignement supérieur et moins concentré sur les épreuves finales, le ministre de l’Education nationale va sans doute dans le bon sens. Mais gare aux effets pervers" estime la chercheuse Sophie Morlaix, Professeur des universités en sciences de l’éducation, directrice adjointe de l’Institut de Recherche sur l’Education (IREDU-UBFC) dans Libération.

Au milieu du gué
Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques
“À quoi doit servir le baccalauréat ? A-t-on vraiment interrogé le sens et l’utilité de cette machine monstrueuse, de ce rite peut-être pas adapté à l’école du XXIe siècle ? Doit-il servir à certifier le niveau des jeunes en fin d’études secondaires ou à préparer leur poursuite d’études dans le supérieur ? Le ministre de l’Éducation nationale ne l’a pas dit, mais on peut se demander si l’anticipation de certaines épreuves n’a pas pour objectif d’asseoir l’orientation, voire d’instaurer la sélection, vers le supérieur sur la base des résultats.”

De Chevènement à Blanquer, trente ans de réforme du bac à la une de « Libé »
Malaurie Chokoualé nous plonge dans les archives du journal.
“Le bac, c’est un peu la croix que traîne chaque ministre de l’Education nationale. Une plongée dans les archives de Libé, et l’on en ressort avec une brassée de unes. Lionel Jospin, Claude Allègre, François Fillon… Aujourd’hui Jean-Michel Blanquer : ils ont tous essayé de toucher à « ce monument national », comme l’avait appelé Jack Lang. A chaque fois, le chemin a été compliqué, jalonné de manifs, d’effets d’annonce, de tentatives et de déceptions .
Le gouvernement renonce à imposer le « mode examen » sur les calculatrices.

Deux points de vues sur le CSP et le show télé

École : la bataille des programmes
« Démissions en cascade, fonctionnement opaque, le Conseil supérieur des programmes traverse une zone de turbulences. Un défi pour sa nouvelle présidente, Souâd Ayada. » Grâce à Mickaël Fonton de Valeurs Actuelles, je comprends mieux ce qu’est un "pédagogiste".

Et Samuel Gontier, dans Télérama, m’a fait rire en revenant sur le débat télévisé de Jean-Michel Blanquer, un islamo-gauchiste dans “L’émission politique”.

Parcoursup

Dans Public Sénat, François Vignal raconte comment : Face à l’urgence, députés et sénateurs s’entendent sur un texte commun. « Agir en concertation avec le gouvernement, sans mettre tous les étudiants dans la rue ».

Réforme de l’université : « Que va-t-il se passer pour les élèves quand le nombre de places en fac sera atteint ? » s’interroge Marie Piquemal dans Libération.
“Elèves, profs, conseillers d’orientation mais aussi enseignants-chercheurs… Tous sont en première ligne face à la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, qui se met en place à toute vitesse. « Libération » leur donne la parole pour qu’ils racontent les bouleversements en cours.”

Parcoursup, accès à l’université :
Valérie Mazuir nous explique dans Les Echos ce qui change pour les bacheliers “Orientation renforcée au lycée, nouvelle plateforme Parcoursup pour remplacer APB, fin du tirage au sort… le projet de loi sur « l’orientation et la réussite des étudiants » vise notamment à réduire le taux d’échec en première année de fac.”

Prépas ou Bachelor ?

L’épopée des concours d’entrée des grandes écoles
« Les épreuves éliminatoires qui conditionnent l’accès aux grandes écoles ont une longue tradition en France. Un mode de sélection des élites qui, bien que critiqué, tend à se généraliser. » rappelle Pascal Galinier dans Le Monde.

Pourtant, à la Conférences O21/S’orienter au 21e siècle orgaisée par Le Monde, Christophe Michaut, enseignant-chercheur en sociologie de l’éducation à l’université de Nantes explique que : « Des préjugés empêchent les lycéens de postuler en classes prépas »
"Elles sont souvent perçues comme des formations très chères, très sélectives, et situées uniquement à Paris ou dans les grandes métropoles. Alors qu’elles sont gratuites, les places nombreuses et qu’il en existe dans de nombreuses villes moyennes."

Le bachelor, une alternative aux classes prépas ?
"De bons élèves que l’on trouvait habituellement dans les classes préparatoires sont tentés par ce nouveau programme en 3 ans après le bac, dont les débouchés diffèrent largement.
D’abord imaginés pour les étudiants ­internationaux, pour qui le système de prépa et de concours à la française est peu lisible, les bachelors attirent de plus en plus de jeunes Français de bon niveau que l’on avait l’habitude de trouver en classe préparatoire classique."

Polytechnique et Arts et Métiers ont créé des cursus postbac aux publics très différents
"Ces deux prestigieuses écoles d’ingénieurs ont créé chacune leur bachelor, un programme en trois ans. Mais tandis que l’un s’adresse aux bacheliers technologiques, l’autre entend attirer les meilleurs étudiants internationaux."

Les étudiants dans leur diversité

Etudiants et parents, deux vies en une
« Cinq pour cent des étudiants sont aussi parents. Reportage à Lille, où une crèche universitaire accueille les enfants pour permettre aux parents de décrocher leur diplôme. »

Service national universel : les jeunes veulent s’engager sans contrainte
Lycéens et étudiants mettent en garde contre le caractère obligatoire du SNU.
« Il faut faire confiance aux jeunes ! » Andreas Christin, 18 ans, élève de terminale en sciences et technologies du management et de la gestion et coprésident de la Fédération des maisons des lycéens répond au président de la République, Emmanuel Macron, qui a réaffirmé, mardi 13 février, que son quinquennat serait celui d’un nouveau « service obligatoire, ouvert aux femmes et aux hommes ». Chaque jeune Français devra s’engager plusieurs mois au service des autres, de la nation. « Mais peut-on parler d’engagement si c’est une obligation ?, interroge Andreas Christin. Il ne faut pas braquer sa jeunesse. »

Orientation : « Il faut rassurer vos parents, sans aller forcément dans leur direction » conseille Patrick Cottin, directeur de la Maison des adolescents de Nantes.

Revue proposée par Catherine Rossignol, demain, ce sera Géraldine Duboz.

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The Velvet Underground...

19 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Colombe Schneck...

19 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Hélène et les autres femmes dont il tombait amoureux, que l'on désire pour une nuit ou plusieurs, comment fait-on, mon vieux ? Est-ce que tous les hommes ne sont pas déchirés, coupés en deux, d'un côté la mère aimée de ses enfants et de l'autre celles qu'on n'a pas épousées ?

Colombe Schneck - Les guerres de mon père

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La maternelle va-t-elle disparaître?...

19 Février 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Politique

La maternelle va-t-elle disparaître?...

EXTRAIT

Pour donner des postes au dispositif des CP à douze élèves, des classes ferment. Les toutes petites sections pourraient même disparaître.

Des classes sont en train de fermer dans toute la France. Car en ce moment sont répartis les postes en fonction des besoins, c’est ce qu’on appelle la DGH, la dotation horaire globale. L’heure est aux calculs et aux décisions, avec à la clé des fermetures de classe quand il n’y a plus assez d’élèves… ou plus assez d’enseignants.

Des écoles entières menacées

En milieu rural, des écoles entières sont menacées. Les journaux de la presse locale, relayés par le Café pédagogique, tiennent la chronique de ces fermetures futures un peu partout en France. Dans les campagnes, mais aussi dans les périphéries et les grandes villes, comme à Paris, où plusieurs écoles ont été récemment en grève, voire occupées, comme l’école Pajol où les parents s’affolent de voir que des classes pourraient désormais compter 37 élèves

En l'espère, ce n’est pas seulement la promesse de classes surchargées. C’est aussi une mise en péril de l’équilibre de l’école et de son projet pédagogique. 

Mais pourquoi ferme-t-on des classes? Il s’agit de fournir le nombre d’enseignants nécessaires au dispositif des classes à douze élèves en CP et CE1 en réseau d'éducation prioritaire (REP). Il a commencé à être mis en place à la rentrée dernière pour les CP de REP+ (éducation la plus prioritaire) et devrait concerner les CP de toutes les REP plus les CE1 de REP+ à la rentrée prochaine. 

La mesure, jusqu’ici très populaire, risque pourtant de faire grincer des dents dans les écoles. À l’heure où paraît un grand rapport sur les mathématiques, quelques calculs simples auraient pu nous le montrer bien avant: si ce dispositif n’est pas accompagné de moyens suffisamment conséquents, il agira mécaniquement comme un gigantesque aspirateur à postes, contraignant les écoles à fermer des classes.

Parents et enseignants inquiets

Parents et professeurs se mobilisent, craignant qu’on déshabille Jacques pour habiller Pierre. Mais cela pourrait aller beaucoup plus loin. Et toucher l’école maternelle et les plus jeunes élèves. Le ministre de l’Éducation a déclaré récemment ceci:

«Il y a une interrogation depuis l'étude de France Stratégie qui introduit un doute sur la scolarisation dès 2 ans. Ce doute que je peux avoir par l'observation de la réalité va me conduire à une vision pragmatique... Il est probable que la crèche soit plus pertinente que la scolarisation à 2 ans.»

Et le ministre d’avancer la possibilité de déployer des dispositifs pédagogiques en direction des enfants en âge préscolaire, par exemple pour l’entrée dans le langage, tel «Parler bambin». Ce qui serait une manière de faire de la crèche un lieu d’apprentissage où des pédagogies intéressantes pourraient bénéficier au développent des enfants.

Il y a une sérieuse limite à cette ambition. La crèche et les modes de garde des tout-petits ne font absolument pas partie des prérogatives du ministère de l’Éducation (et c’est peut-être dommage). Les crèches sont financées par les municipalités ou par des associations (crèches parentales, micro-crèches...). Surtout, d’après les dernières statistiques disponibles (elles datent de 2015), seulement 17,3% des moins de 3 ans ont accès à la crèche, tous types de crèches confondus. La crèche ne peut donc être vue comme un mode de garde banal alors qu’une minorité des enfants y ont accès! Les communes pauvres vont-elles se mettre tout à coup à créer des milliers de places à travers la France? Il est permis d’en douter.

La toute petite section, c'est une idée de gauche

Si la maternelle scolarise 95% des enfants de 3 ans et 99% des enfants de 4 à 6 ans, le taux de scolarisation à deux ans est lui très fluctuant dans le temps; il dépend des moyens humais de l’Éducation nationale et des politiques d’ouverture de classe spécifiques pour ce public.

La scolarisation des enfants les plus jeunes est un sujet très politique et même un marqueur. Comprenez, la toute petite section, c’est en France une idée de gauche. Jean-Michel Blanquer, qui se défend d’une action idéologique, détricote un à un les différentes mesures de la Refondation de l’école lancée par Vincent Peillon et poursuivie par Najat Vallaud-Belkacem (il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité) :

«Le développement de l'accueil en école maternelle des enfants de moins de trois ans est un aspect essentiel de la priorité donnée au primaire dans le cadre de la refondation de l'école. La scolarisation d'un enfant avant ses trois ans est une chance pour lui et sa famille lorsqu'elle correspond à ses besoins et se déroule dans des conditions adaptées. Elle est la première étape de la scolarité et, pour beaucoup d'enfants, la première expérience éducative en collectivité. Il s'agit notamment d'un moyen efficace de favoriser sa réussite scolaire, en particulier lorsque, pour des raisons sociales, culturelles ou linguistiques, sa famille est éloignée de la culture scolaire. Cette scolarisation précoce doit donc être développée en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé.»

Marie, mère d’une petite fille en crèche à Paris 18se fait une raison:

«Les toutes petites sections dans les écoles autour de chez moi ne vont peut-être pas ouvrir en septembre. Je vais donc laisser ma fille qui vient d’avoir 2 ans à la crèche à la rentrée. C’est dommage car l’école c’est l’occasion de se socialiser davantage, de connaitre des enfants plus grands et d’avoir un espace beaucoup plus vaste pour s’amuser et courir: la cour de récréation.»

Personnellement, je vois une autre énorme différence: le coût! L’école est gratuite alors que la crèche coûte assez cher. Même si le prix est indexé aux revenus, ces centaines d’euros pèsent très lourd dans le budget familial. Faire de la crèche un lieu pédagogique, pourquoi pas, mais faire rentrer les enfants à l’école plus tôt, c’est leur permettre de baigner dans un environnement éducatif dont le coût est, lui, assumé par la collectivité (nos impôts). 

(...)

Louise Tourret

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