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Vivement l'Ecole!

Les think tanks s’installent au cœur de l’État... (et de l'Ecole)

25 Février 2018 , Rédigé par Politis Publié dans #Education, #Politique

Les think tanks s’installent au cœur de l’État... (et de l'Ecole)

EXTRAITS

« La technique est désormais notre destin, au sens où Napoléon le disait, il y a cent cinquante ans, de la politique, et Marx, il y a un siècle, de l’économie [1]. »

L’installation d’un Conseil scientifique de l’Éducation nationale par le ministre Jean-Michel Blanquer a provoqué quelques légitimes inquiétudes dont la presse s’est fait l’écho. Voilà un ministre qui met parfaitement en œuvre les décrets d’application de l’expression présidentielle « en même temps [2] ».

Tout en chantant les louanges de l’humanisme, et en se référant à la méthode Montessori qui préconise l’« auto-éducation » de l’élève, « en même temps » le ministre Blanquer installe un conseil scientifique à la tête duquel il nomme Stanislas Dehaene, éminent professeur de psychologie cognitive et expérimentale au Collège de France, entouré d’une « brochette » de positivistes assumés.

Ces « experts » piloteront et corrigeront au mieux par IRM et protocoles « randomisés » la pratique pédagogique du « million d’employés [3] », comme les nomme Stanislas Dehaene, chargés de les encadrer. Rien ne sera laissé au hasard, à la contingence et à l’imprévu. Ce sera le règne de « la mesure [4] » et de l’« efficacité » qui guideront les pas des « écoliers-machine », et des « employés » en charge de leurs « apprentissages ».

Les métiers de l’éducation enfin, après bien d’autres, seront efficaces et mesurés, leurs actes rationalisés, décomposés, organisés et prescrits par des décideurs, bref, taylorisés [5]. Les « experts » fourniront les guides pratiques nécessaires. Le sacre de l’élève, parfaite machinerie cognitive et neuronale prompte à épeler et à calculer, pourra advenir. Les tests internationaux et autres rankings pourront l’attester. Cela n’empêchera pas les rhétoriques de propagande humaniste et l’appel mystique à la Nation.

Une nation start up qui, là comme ailleurs [6], impose des pratiques sociales férocement aliénantes, enserrées aux deux extrêmes par l’économisme et le scientisme. Mais, ces nouveaux dispositifs d’encadrement de nos manières de vivre ne sont pas des phénomènes isolés. Ils constituent un fait de notre civilisation européenne normalisée toujours davantage par les standards américains.

(...)

Ces « clans » de « l’extrême centre », formés dans les réseaux du soft power américain, ont réussi à incarner leur rêve dans le parti du président Macron. Le programme présidentiel avait en effet pour « grand ordonnateur » Jean Pisani-Ferry – fondateur et ancien directeur du très influent think tank européen Bruegel. Claude Bébéar, le fondateur d’un think tank libéral de droite – l'institut Montaigne – rend public pour la première fois son choix de vote dans Les Échos : Emmanuel Macron est la solution pour la France ! Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, travaille également sur le programme du futur président, notamment dans le domaine de l’éducation, d’où est issu le ministre Jean-Michel Blanquer, vieux compagnon de route de l’Institut Montaigne.

(...)

Roland Gori et Dostena Anguelova

[1] Günther Anders, Günther Anders, L’Obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle [1956], Paris, Ivrea, 2001, p. 22.

[2] Roland Gori, « « En même temps », ou le grand écart du nouveau président », Libération, le 23 juillet 2017 ; « De quoi « « En même temps » est-il le symptôme », Le Media, 30 janvier, 2018.

[3] Stanislas Dehaene, L’invité-actu par Caroline Broué, France Culture, le 13 janvier 2018.

[4] Stanislas Dehaene, France Culture, ibid.

[5] Roland Gori, « Dans le monde du travail, le spectre de Taylor rôde encore », Libération, le 10 mai 2016.

L'article est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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L'art et la manière de contourner la carte scolaire... Les enseignants du public surreprésentés pour demander des dérogations pour leurs enfants...

25 Février 2018 , Rédigé par Paris Normandie Publié dans #Education, #Politique

L'art et la manière de contourner la carte scolaire... Les enseignants du public surreprésentés pour demander des dérogations pour leurs enfants...
EXTRAIT
 
La promotion de la mixité sociale trouve vite ses limites dès qu’il s’agit d’éviter à son propre enfant la fréquentation d’un établissement
 
Tendance. Peut-on encore contourner la carte scolaire ? En principe non, mais des parents d’élèves très au fait des arcanes de l’Education nationale, arrivent encore à le faire. Et si leurs efforts restent vains, ils se tournent vers l’enseignement privé.

    Cela reste l’un des sujets les plus tabous de l’Éducation nationale. À tel point que l’Inspection d’académie et le rectorat se sont refusés à répondre à nos sollicitations, se contentant de nous renvoyer au site internet du ministère pour y consulter les règles et critères admis pour toute demande de dérogation d’un élève. D’ailleurs à les entendre, aucune statistique ne semble être tenue sur un phénomène qui préoccupe pourtant de très nombreux parents d’élèves : comment éviter l’établissement scolaire de secteur à ses enfants pour un autre avec une meilleure réputation.

    Selon l’une de nos sources, il y aurait donc un millier de demandes de dérogations sur la Seine-Maritime dont 70 % sont acceptés par l’inspecteur d’académie. Si le système reste marginal dans le milieu rural, il s’amplifie à Rouen et au Havre où certains collèges situés dans des quartiers populaires en voie d’« embourgeoisement urbain » souffrent d’une baisse de fréquentation. « C’est un fait, on remarque des déséquilibres dans certains quartiers de Rouen et du Havre », confirme Marc Hennetier du SNES (Syndicat national des enseignants du second degré).

    Un système opaque

    Car si en primaire, la mixité sociale reste bien acceptée par les parents, ça se complique nettement dès l’entrée en sixième. « Le collège est l’étape où les parents se montrent les plus inquiets et les plus sensibles aux rumeurs néfastes dont souffrent certains établissements », poursuit le syndicaliste. « Ces rumeurs peuvent être dévastatrices, justement dans ces quartiers où les familles sont très sensibles à la qualité de l’enseignement de leurs enfants. » Au Havre, des quartiers mixtes comme Sanvic ou Rond-Point-Observatoire dont la sociologie a évolué sont touchés de plein fouet. Ce sont des quartiers néobobos où se mêlent retraités et nouvelles familles des classes moyennes plutôt intellectuelles. L’entrée au collège fait, de leur part, l’objet d’une réflexion très anticipée dès le début du primaire. Selon notre même source, ce sont les enseignants du public qui sont surreprésentés pour demander des dérogations pour leurs enfants. « Je sais », soupire Marc Hennetier. « Ils connaissent les ficelles. » Comme ceux qui travaillent dans les milieux du tertiaire, de la communication, de la culture et du commerce qui forment le reste des troupes. Les milieux plus bourgeois n’ont pas ce problème habitant les beaux quartiers où se trouvent les meilleurs établissements et les milieux populaires ignorent souvent les sept critères de dérogation.

    « Par principe, nous sommes opposés à ce système des dérogations », affirme Sébastien Léger, vice président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) de Seine-Maritime. « Ça nuit à la mixité sociale qui favorise l’égalité des chances de tous les enfants et ça participe un peu plus à la ghettoïsation. » Marc Hennetier, lui, réclame plus de transparence. « Aujourd’hui, le système est opaque, car l’inspecteur d’académie peut donner des dérogations à sa propre discrétion. »

    On l’appelle le recours gracieux qui donne droit à toutes les interprétations, notamment le coup de piston. Sans parler des parents d’élèves qui « fraudent » avec le système en domiciliant leur enfant chez les grands-parents, donnent des justificatifs de domicile prêtant à confusion. « Moi, j’ai donné une quittance de ma boutique pour inscrire ma fille en centre-ville », confie un commerçant du Havre. Très visés, les collèges à option artistique (musique, danse, arts plastiques), disciplines très prisées des parents qui font pratiquer ce genre d’activités dès le plus jeune âge à leurs enfants. « Cela reste marginal, car ces classes sont peu nombreuses », rétorque Catherine Gueret-Laferté, représentante pour la Seine-Maritime du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale. « Et puis c’est une dérogation légale. » Il suffit pourtant d’interroger les parents qui attendent leur progéniture devant Raoul-Dufy, collège du centre-ville du Havre proposant les trois options artistiques en classe à horaires aménagés pour se rendre compte que beaucoup d’entre eux ne résident pas dans le quartier. « Ces options devraient être proposées aussi dans les collèges des quartiers plus difficiles », assure Marc Hennetier.

    (...)

    Paris-Normandie

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    La France expulse vers la mort une personne porteuse du VIH...

    25 Février 2018 , Rédigé par LDDH Publié dans #Education, #Politique

    La France expulse vers la mort une personne porteuse du VIH...

    Communiqué de l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE)

    Pour la première fois depuis des années, l’administration française a pris la décision d’expulser une personne malade porteuse du VIH vers un pays où elle ne pourra pas être soignée. Cette expulsion vers la mort a été décidée contre l’avis officiel que le médecin de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) avait pourtant adressé au préfet compétent. Interpellés par des associations et des citoyen-ne-s, les ministères de l’Intérieur et de la Santé n’ont pas empêché cette expulsion.

    La personne visée vivait en France depuis plus de 10 ans et avait bénéficié de titres de séjour pour soins. Condamnée à une peine d’emprisonnement, elle avait rencontré de grandes difficultés pour faire renouveler son titre de séjour en raison de l’impossibilité d’accomplir ce type de démarche depuis une prison. Un rendez-vous en préfecture lui avait toutefois été accordé courant janvier 2018, postérieurement à sa sortie prévue.

    Tout s’accélère lorsque, peu de temps avant cette levée d’écrou, le préfet lui notifie une obligation de quitter le territoire français à destination de son pays d’origine. Cinq jours plus tard, au moment où cette personne s’attendait à retrouver la liberté et à poursuivre ses démarches administratives, le préfet prend la décision de l’enfermer au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, en vue de son expulsion.

    Constatant le risque mortel en cas de renvoi, le médecin de l’unité médicale du centre de rétention (UMCRA) saisit rapidement son homologue de l’OFII d’une demande de maintien sur le territoire pour soins. Dix jours plus tard, le médecin de l’OFII confirme la position de l’UMCRA et rend un avis préconisant le maintien en France, faute d’accès effectif aux soins nécessaires dans le pays d’origine de l’intéressé.

    Mais, seul habilité à pouvoir décider d’annuler l’expulsion, le préfet décide de passer outre cet avis médical : fin janvier, cette personne gravement malade est embarquée de force à bord d’un vol à destination de son pays d’origine. Aucun ministère, dûment alerté, n’aura agi pour empêcher cette expulsion mortelle.

    L’expulsion d’une personne porteuse du VIH vers un pays où elle ne peut se soigner constitue une atteinte gravissime au droit à la vie. Des années de combats associatifs et citoyens avaient permis de mettre fin à ces pratiques dramatiques ; elles ne sauraient renaître aujourd’hui. Les associations signataires demandent la garantie qu’une protection absolue soit accordée aux personnes gravement malades ne pouvant se soigner dans leur pays d’origine, et qu’il soit mis fin à toute mesure d’expulsion contre l’avis des autorités médicales françaises.

    Paris, le 22 février 2018

    Télécharger le communiqué au format PDF

    Les membres de l’Observatoire du droit à la santé des étrangers sont :

    Act Up Paris ; Act Up Sud Ouest ; AGS (Alliance pour une gestion solidaire) ; AFVS (Association des familles victimes du saturnisme), Aides ; Arcat ; Catred (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits) ; Centre Primo Levi ; Cimade ; Comede (Comité pour la santé des exilés) ; CoMeGAS ; Créteil Solidarité ; Dom’asile (Domiciliation et accompagnement des demandeurs d’asile) ; Droits d’urgence ; Fasti (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés) ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives) ; Gaia Paris ; Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) ; La case de santé (Centre de santé communautaire Toulouse) ; la Ligue des droits de l’Homme ; Médecins du monde ; Migrations Alsace ; MFPF (Mouvement français pour le planning familial) ; Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; Réseau Louis Guilloux ; Sida info service ; Solidarité Sida ; SOS Hepatites.

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    Bireli Lagrene... 1h10 de bonheur...

    24 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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    Coup de Coeur... Colette...

    24 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

    "Ce pataud est-il assez ridicule ! Toutefois, pour vexer la grande Anaïs, je le regarde avec complaisance et je cambre ma taille en faisant battre mes cils.

    – Monsieur, qui vous amène si tôt chez nous ? Ces demoiselles sont encore dans leurs appartements.

    – Justement, je ne sais pas bien ce que je viens dire, sinon que le fiancé de mademoiselle Aimée n'a pas dîné hier soir avé nous ; des gens affirment l'avoir rencontré l'air souffrant, en tout cas, il n'est pas encore rentré ; je le crois en mauvaise passe, et je voudrais avertir mademoiselle Lanthenay de l'état maladif de son fiancé.

    « L'état maladif de son fiancé… » Il s'exprime bien ce Marseillais ! Il devrait s'établir « annonceur de morts et d'accidents graves ». Allons, la crise approche. Mais moi, qui songeais, hier, à mettre en garde la coupable Aimée, je ne veux plus maintenant qu'il aille la prévenir. Tant pis pour elle ! Je me sens méchante et avide d'émotions, ce matin, et je m'arrange de façon à retenir Antonin près de moi. Bien simple ; il suffit d'ouvrir des yeux naïfs et de pencher la tête pour que mes cheveux tombent librement le long de ma figure. Il mord tout de suite à l'hameçon.

    – Monsieur, dites-moi un peu si c'est vrai que vous faites des vers charmants ? Je l'ai entendu dire en ville.

    C'est un mensonge, bien entendu. Mais j'inventerais n'importe quoi pour l'empêcher de monter chez les institutrices. Il rougit et bégaie, éperdu de joie et de surprise :

    – Qui a pu vous dire ?… Mais non, mais je ne mérite pas, certes. C'est singulier, je ne croyais pas en avoir parlé à qui que ce soit !

    – Vous voyez, la renommée trahit votre modestie ! (je vais parler comme lui, tout à l'heure). Serait-il indiscret de vous demander…

    – Je vous en prie, Mademoiselle… vous me voyez confus… Je ne pourrais vous faire lire que de pauvres vers amoureux… mais chastes ! (il bafouille). Je n'aurais jamais, naturellement… osé me permettre…"

    Colette - Claudine à l'école

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    Que peut-on acheter à 13 ans aux Etats-Unis?... (Video)

    24 Février 2018 , Rédigé par HBOSports Publié dans #Education, #Politique

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    17 ans... Premier bilan... Mardi 27 fevrier 23h55 sur Arte... "Ils n'ont pas fréquenté les mêmes écoles et n'ont pas les mêmes atouts en poche."

    24 Février 2018 , Rédigé par ARTE Publié dans #Education, #Jeunesse

    17 ans... Premier bilan... Mardi 27 fevrier 23h55 sur Arte... "Ils n'ont pas fréquenté les mêmes écoles et n'ont pas les mêmes atouts en poche."

    Des jeunes de milieux sociaux différents passent ensemble l'épreuve théorique du Bafa pour devenir animateur de colos. Une confrontation brutale et captivante, qui questionne la mixité sociale à l'école.

    Fantine, Marie, Jimmy, Emmanuelle, Lazare : à part leur âge et leur addiction au téléphone portable, ces adolescents réunis pendant une semaine pour suivre une formation intensive au Bafa (brevet d'aptitude à la fonction d'animateur) n'ont pas grand-chose en commun. Dès le premier jour, le groupe est scindé en deux dans la salle de stage. D'un côté, des "petits Parisiens" des beaux quartiers pleins d'assurance, de l'autre des jeunes issus de milieux défavorisés plus timides. Alors que pour les uns ce diplôme représente un moyen de prolonger, le temps d'un job d'été, les années "colos", pour les autres, il offre l'opportunité de concrétiser un projet professionnel. Malgré leurs différences, ils vont devoir cohabiter et même s'épauler pour valider l'épreuve théorique du Bafa.

    Inégalité des chances

    En immersion, huit jours durant, dans le quotidien rythmé de cet "internat", la réalisatrice Julie Talon a recueilli les réflexions et les ressentis de ces adolescents qui font pour la première fois l'expérience de la mixité sociale. De part et d'autre, la prise de conscience est brutale : ils n'ont pas fréquenté les mêmes écoles et n'ont pas les mêmes atouts en poche. Jimmy, qui peine à assimiler les cours théoriques, affronte les conséquences de ses années de déscolarisation, alors que Marie, qui envisage de poursuivre des études supérieures en Angleterre, découvre que des jeunes de son âge ne savent pas écrire. Ce documentaire captivant soulève une question brûlante : qu'ont fait les politiques pour l'égalité des chances depuis plus de trente ans ?

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    Laïcité: pour une "coexistence active"...

    24 Février 2018 , Rédigé par Coexister.fr Publié dans #Education, #Laïcité

    Depuis 2009, par ses actions de terrain au quotidien, Coexister promeut un modèle de société et une méthode : La Coexistence Active. Plus de 80 000 jeunes ont été sensibilisés à notre message, aujourd'hui on compte sur vous pour partager notre vidéo et toucher des millions de personnes ! #JeCoexisteQuand #CoexistenceActive

     

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    « Désolé, les postes sont réservés pour les classes à 12 »...

    24 Février 2018 , Rédigé par L'Instit' Humeurs Publié dans #Education, #Politique

    « Désolé, les postes sont réservés pour les classes à 12 »...

    EXTRAIT

    Classes à 12 élèves: le prix à payer

    C’était la grande mesure éducative du programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Dans les écoles situées en éducation prioritaire, les classes de CP et de CE1 allaient être dédoublées et passer à 12 élèves. Tout le monde avait salué la mesure. Mais sur le terrain, très rapidement, les questions ont commencé à se poser. Si 12 000 postes sont nécessaires pour financer cette mesure et que seules 4 000 créations de postes sont prévues, où se trouvent les 8 000 restants ?

    « Désolé, les postes sont réservés pour les classes à 12 »

    Quelques semaines après le début du quinquennat, c’était en mai, il est apparu évident qu’on allait franchir le seuil d’ouverture d’une classe dans mon école. Les inscriptions et les départs prévus montraient un solde positif, nous aurions encore plus d’élèves à la rentrée 2017, déjà 370 élèves inscrits pour 13 classes, à 364 nous avions droit à une classe en plus. Notre directrice a donc posé la question, lors d’une réunion de directeurs avec sa hiérarchie : « Pourrons-nous avoir une ouverture de classe ? ». La réponse fut claire, nette, précise : « Tous les postes prévus sont réservés aux classes à 12 ». Pas d’ouverture, même pas la peine d’y penser. Il y a quelques années, en revanche, fermer une classe avait été facile et rapide, je me souviens.

    Cette année dans l’école nous avons donc près de 29 élèves de moyenne par classe, des doubles niveaux à 28, dans la mienne j’ai 31 élèves, pas facile d’être là, pleinement, pour chacun, tous les jours. Mais bon, j’enseigne dans un quartier favorisé et je suis parfaitement d’accord pour donner la priorité à l’éducation prioritaire. J’ai enseigné en REP durant des années, je sais donc les difficultés d’y enseigner, et me dis que si c’est un peu plus difficile pour moi, ça vaut le coup si ça permet de mieux travailler en REP.

    Le problème c’est que, ce que nous vivons, les classes de REP et de REP+ le vivent aussi. Si les classes de CP sont dédoublées, cela se fait parfois au détriment des autres classes de l’école. D’autre part, il semblerait qu’on soit parfois plutôt à 15 ou 16 élèves qu’à 12.

    Classes à 15-16

    Même chose dans cette école parisienne, classée en REP.

    paris pujol Louise tourret

    "Plus de maitres que de classes", décapité

    Plébiscité sur le terrain le dispositif "plus de maitres que de classes" mis en place en 2013 (lire ce post que nous avons consacré au sujet) se retrouve sur la sellette : dès les débuts de JM Blanquer, les 5 000 maitres +, qui interviennent auprès de petits groupes d’élèves ou dans la classe en fonction des besoins et de l’équipe enseignante, sentent qu’ils seront les premiers à être « redéployés ». D’abord rassurant (« j’ai entendu les craintes », « il ne faut pas considérer qu’on déshabille Pierre pour habiller Paul »), le ministre explique bientôt que « les dispositifs comparables à “plus de maîtres que de classes” n’ont pour l’instant pas fait preuve de leur efficacité » et vante au contraire "une efficacité des dispositifs de dédoublement". Les maitres + ont compris, leurs jours sont comptés. De fait les annonces se succèdent, les postes de PDMQDC passent aux classes à 12.

    Twitter PDM

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    « Humanités scientifiques et numériques » késaco?...

    24 Février 2018 , Rédigé par L'école de demain Publié dans #Education

    « Humanités scientifiques et numériques » késaco?...

    EXTRAIT

    Dans la présentation du futur bac, une nouvelle discipline est prévue au lycée dans le socle de culture commune qui concernera les élèves de lycées quels que soient par ailleurs leurs choix de spécialités, il s’agit des “Humanités scientifiques et numériques”.
    Quelle est cette nouvelle discipline étrange ? nous avons cherché…

    L’intitulé complet “Humanités scientifiques et numériques” n’existait pas à notre connaissance avant l’annonce faite il y a quelques jours par le ministre, par contre “Humanités numériques” pré-existait ce qui devrait pouvoir contribuer à nous éclairer.

    Commençons par Wikipedia qui définit ainsi les “Humanités numériques” :

    Les humanités numériques (ou digital humanities, abrégées « DH »2) sont un domaine de recherche, d’enseignement et d’ingénierie au croisement de l’informatique et des arts, lettres, sciences humaines et sciences sociales.

    Elles se caractérisent par des méthodes et des pratiques liées à l’utilisation et au développement d’outils numériques en sciences humaines et sociales (les humanities computing, ou « humanités computationnelles »), en ligne et hors ligne, ainsi que par la volonté de prendre en compte les nouveaux contenus et médias numériques, au même titre que des objets d’étude plus traditionnels (les digital studies, ou « études numériques »).

    Les humanités numériques s’enracinent souvent d’une façon explicite dans un mouvement en faveur de la diffusion, du partage et de la valorisation du savoir.

    Il existe des chaires universitaires “Humanités numériques” par exemple à l’EPFL de Lausanne, à l’université de Leipzig et à la Sorbonne. On a aussi des masters avec cet intitulé notamment à Rennes 2, à Rouen, à l’ENS Lyon, à l’ENS Paris avec l’ENC, l’EPHE et l’EHESS…

    La définition donnée sur le site de l’ENS pour le parcours “Humanités numériques” est la suivante :

    Qu’appelle-t-on les Humanités numériques ? Un ensemble d’outils, de méthodes et de protocoles utilisant l’informatique, que l’on peut appliquer à l’enseignement et à la recherche en lettres et sciences humaines et sociales, et qui permettent d’enrichir les objets d’étude, d’en faciliter la diffusion et l’analyse.

    Le Master “Humanités numériques” de l’Université PSL est décrit ainsi :

    Le nouveau Master « Humanités numériques » a pour ambition de former à l’exploitation et l’analyse des données des sciences humaines des étudiants titulaires d’une licence qui approfondissent également la connaissance de leur discipline (histoire et philologie, lettres, archéologie, etc.).

    (...)

    Stéphanie de Vanssay

    Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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