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Vivement l'Ecole!

Robert Francis...

24 Janvier 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Gérard de Nerval...

24 Janvier 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

A mesure qu'elle chantait, l'ombre descendait des grands arbres, et le clair de lune naissant tombait sur elle seule, isolée de notre cercle attentif. - Elle se tut, et personne n'osa rompre le silence. La pelouse était couverte de faibles vapeurs condensées, qui déroulaient leurs blancs s flocons sur les pointes des herbes. Nous pensions être en paradis. - Je me levai enfin courant au parterre du château, où se trouvaient des lauriers, plantés dans de grands vases de faïence peints en camaïeu. Je rapportai deux branches, qui furent tressées en couronne et nouées d'un ruban. Je posai sur la tête d'Adrienne cet ornement, dont les feuilles lustrées éclataient sur ses cheveux blonds aux rayons pâles de la lune. Elle ressemblait à la Béatrice de Dante qui sourit au poète errant sur la lisière des saintes demeures.    Adrienne se leva. Développant sa taille élancée, elle nous fit un salut gracieux, et rentra en courant dans le château. C'était, nous dit-on, la petite-fille de l'un des descendants d'une famille alliée aux anciens rois de France ; le sang des Valois coulait dans ses veines. Pour ce jour de fête, on lui avait permis de se mêler à nos jeux ; nous ne devions plus la revoir, car le lendemain elle repartit pour un couvent où elle était pensionnaire.

Quand je revins près de Sylvie, je m'aperçus qu'elle pleurait. La couronne donnée par mes mains à la belle chanteuse était le sujet de ses larmes. Je lui offris d'en aller cueillir une autre, mais elle dit qu'elle n'y tenait nullement, ne la méritant pas. Je voulus en vain me défendre, elle ne me dit plus un seul mot pendant que je la reconduisais chez ses parents. Rappelé moi-même à Paris pour y reprendre mes études, j'emportai cette double image d'une amitié tendre tristement rompue, puis d'un amour impossible et vague, source de pensées douloureuses que la philosophie de collège était impuissante à calmer. La figure d'Adrienne resta seule triomphante, - mirage de la gloire et de la beauté, adoucissant ou partageant les heures des sévères études. Aux vacances de l'année suivante, j'appris que cette belle à peine entrevue était consacrée par sa famille à la vie religieuse.

Gérard de Nerval - Les Filles du feu

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Éducation : les merveilleuses vertus de l'ennui...

24 Janvier 2018 , Rédigé par Le Point Publié dans #Education, #Pédagogie

Éducation : les merveilleuses vertus de l'ennui...

L'ennui est essentiel au bon développement de l'enfant. Les lumières de Philippe Meirieu, chercheur et écrivain, spécialiste des sciences de l'éducation.

Le Point : Pourquoi est-il important que les enfants apprennent à s'ennuyer alors qu'ils semblent détester ça ?

Philippe Meirieu : L'ennui fait directement référence au rapport au temps de l'enfant, un point fondamental de son développement. Est-ce qu'il doit exiger tout, tout de suite, ou bien est-il capable d'attendre, voire de jouir de cette attente ? Le développement de la pensée passe par la capacité à surseoir l'impulsion immédiate, à s'interroger sur la légitimité de ses désirs et à renoncer au « tout-tout de suite ». Mais ne nous méprenons pas : la construction d'un sujet, ce n'est pas d'abord l'ennui, c'est l'expérience, l'interaction avec les adultes et avec ses pairs, la découverte du monde et de la culture.

Comment aider un enfant à accepter l'ennui ?

Tout d'abord, il est important de lui présenter des perspectives, car, sans horizon, l'ennui sera vécu comme un vide sans promesse. Apprendre à l'accepter se travaille dans tous les gestes du quotidien, comme l'attente d'un cadeau d'anniversaire ou d'avoir le droit de jouer à l'ordinateur. Le fait de cultiver la terre est un excellent exercice : ce n'est pas en criant sur les tomates qu'elles pousseront plus vite ! La visite d'un lieu, l'observation d'un paysage ou encore le bricolage ou la cuisine sont d'autres activités qui vont dans ce sens.

Il est souvent avancé que l'ennui rendrait les enfants plus autonomes et créatifs. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas systématique. Tout dépend des stimulations que l'enfant a reçues par ailleurs. Ce sont les rencontres antérieures, les images et les ressources que l'enfant a accumulées qui vont lui permettre de transformer son ennui en pensée, créativité, autonomie. Un enfant abandonné à lui-même, sans langage élaboré ni culture à mobiliser, ou, pis, qui n'a accumulé que des blessures ou des images de violence, va plutôt transformer son ennui en dépression ou en agression.

Que répondre à un enfant qui nous dit, plaintivement, « je m'ennuie… » ?

C'est un chantage classique. Il sait qu'on va en être affecté. C'est une manière de nous faire culpabiliser, mais il faut résister.

Faut-il limiter la pléthore de jouets et d'écrans, ainsi que les activités extrascolaires et diverses sollicitations ?

Le plus important est que les parents donnent l'exemple. En effet, ce que dit l'adulte compte moins que ce qu'il fait : l'enfant le regarde et le prend comme modèle. Les parents doivent donc interroger leur propre comportement, chasser cette peur du vide et limiter l'usage des « prothèses technologiques » (téléphones mobiles, applications, etc.) qui les affranchissent de toute attente. Je pense que les grands-parents ont un grand rôle à jouer dans l'apprentissage de l'ennui : contrairement aux parents, ils ont du temps.

Propos recueillis par Adeline Gadenne

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Exposition : Les 15 grandes figures en sciences de l’éducation...

24 Janvier 2018 , Rédigé par EFTS - Mêlées et démêlés Publié dans #Education, #Pédagogie, #Histoire

Exposition : Les 15 grandes figures en sciences de l’éducation...

Exposition : Les 15 grandes figures en sciences de l’éducation

Cette exposition inaugurée lors du colloque Mêlées et démêlés, 50 ans de recherches en sciences de l’éducation, présente l’équipe de rugby des 15 grandes figures en sciences de l’éducation sélectionnées par le coach Marguerite Altet.

Les 15 tableaux des grandes figures sont : Jean-Marie Barbier, Georges-Louis Baron, Elisabeth Bautier, Claudine Blanchard-Laville, Bernard Charlot, Michel Develay, Marie Duru-Bellat, Jean Houssaye, Claude Lelievre, Jean-Louis Martinand, Philippe Meirieu, Nicole Mosconi, Henri Peyronie, Patrick Rayou et Yves Reuter. Un tableau additionnel, rend hommage à l’un des fondateurs des sciences de l’éducation, Gaston Mialaret. Chaque poster est accompagné d’un portrait artistique de la grande figure.

Et d'autres en cliquant ci-dessous

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Le baccalauréat: un nœud gordien à trancher? Par Claude Lelièvre...

24 Janvier 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le baccalauréat: un nœud gordien à trancher? Par Claude Lelièvre...

Si l'on en juge par les indications distillées par la mission Mathiot, il s'agit toujours de dénouer ce nœud gordien (au risque de l'embrouiller) alors qu'il pourrait être tranché. Mais pour accomplir cette tâche historique, il faudrait un Alexandre : Blanquer, ou Macron ?

Jean-Michel Blanquer (dans un livre) et Emmanuel Macron (dans ses déclarations de candidat à la présidence de la République) ont annoncé une solution de principe ''tranchante''  : « quatre épreuves terminales », et le reste en « contrôle continu ». Mais le diable se cache dans les détails (au risque de masquer les reculades possibles au moment de passer à l'acte) : quelles épreuves terminales, dans quel ordre temporel ; et, surtout, quel ''contrôle continu'' (la principale pierre d'achoppement ).

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les indications de la mission Mathiot sur ces points sont passablement alambiquées et que la « simplification » du baccalauréat en principe recherchée peut aboutir au contraire à une complexité (voire une lourdeur) encore plus grande.

Cinq épreuves terminales, dont une en première et en juin (le français) et quatre en terminale (les deux épreuves des deux disciplines choisies en ''majeures'', au retour des vacances de printemps ; puis la philosophie et un ''grand oral'' inédit , en juin) .Pour le reste, valse hésitation : recours au ''contrôle continu'', avec les notes de première et terminale ; ou des ''examens ponctuels'', types ''partiels'' en fin de semestre (les sujets proviendraient d'une base nationale ou académique ; les copies seraient anonymes) ; ou panachage de ces deux modalités...

Le ministre de l'Education nationale a été prévenu dès le début de la rentrée scolaire 2017-2018 : « ''nous ne sommes pas du tout favorable à un passage en contrôle continu" déclare Frédérique Rolet, du Snes-FSU. "Il ne peut pas y avoir de consensus sur ces questions-là entre les organisations syndicales'', affirme Jean-Rémi Girard, du Snalc. À la fin, c'est la décision politique qui s'imposera. Il faudra alors voir jusqu'à quel degré grandit la contestation…Chez les lycéens, on se tient prêt à toute éventualité : "Si le contrôle continu au bac et la sélection à la fac sont instaurés, nous serons favorables à une mobilisation lycéenne et étudiante", explique Coline Mayaudon, déléguée nationale du Syndicat général des lycéens » (« Educpros », 4 septembre 2017).

En prime, un historique des tentatives avortées. On se limitera à l'évocation des plus marquantes (le plus souvent sélectionnées en raison surtout de la célébrité de leurs promoteurs).

En février 1896, le ministre de l'Instruction publique Emile Combes (connu plus tard pour être le ministre qui a fait interdire d'enseignement les congrégations au début du XXième siècle) propose le passage des élèves des établissements secondaires publics devant leurs professeurs (soit après la classe de première, soit après les terminales ''philosophie'' ou ''mathématiques élémentaires''). Le jury aurait été présidé par un délégué de l'Etat, choisi sur une liste établie par le conseil académique. Le recteur en aurait désigné les membres annuellement. Et ce « certificat de fin d'études secondaires » aurait été délivré in fine par le ministre. Ce projet ''Emile Combes'' n'aboutit pas.

En novembre 1950, Michel Debré dépose un amendement au sein du Conseil de la République : « Afin de consacrer la fin des études du second degré, un certificat (dit de fin d'études secondaires) serait instauré, avec une première et une deuxième parties, selon les principes en usage pour le baccalauréat actuel. Il serait délivré dans chaque établissement public d'enseignement du second degré, par un jury particulier à l'établissement, mais présidé par un représentant du recteur. Ce certificat serait accordé ou refusé au vu des notes obtenues en cours d'année, sous réserve de certaines épreuves, pour les élèves dont les notes seraient insuffisantes ». Là encore, ce projet de « certificat de fin d'études secondaires » n'aboutit pas.

En 1962, la première partie du baccalauréat (qui se passait en première pour un certain nombre de disciplines) est transformée en ''examen probatoire'' organisé au sein de chaque établissement. La décision a été prise alors que Michel Debré était Premier ministre. Mais la Société des agrégés fait courir la rumeur que les examinateurs ont eu tendance à faire preuve d'une bienveillance coupable pour leurs élèves (ce qui est d'ailleurs infirmé si l'on prend connaissance des statistiques des taux de reçus, qui diminuent en fait un tout petit peu...). Toujours est-il que la suppression de l'examen'' probatoire'' est décidée dès 1964 (alors que l'agrégé de lettres classiques Georges Pompidou a succédé à Michel Debré à la place de Premier ministre). Et il est finalement remplacé par les ''épreuves anticipées de français'' qui permettent de maintenir une première évaluation ''terminale'' en fin de première.

En 1989, au moment de la première « loi d’orientation » (celle de 1989) , le ministre de l’Education nationale Lionel Jospin lance le projet d’introduire le contrôle continu en cours de formation pour les baccalauréats. Mais devant les réactions très vives rencontrées (en particulier du SNES et du SNALC), il annonce en juillet 1990 l’« ajournement » de ce projet

Huit ans plus tard, le ministre de l’Education nationale Claude Allègre annonce à son tour une réforme du baccalauréat prévoyant l’introduction du contrôle continu dans un certain nombre de disciplines, parallèlement au maintien d’épreuves terminales. Mais cette réforme est finalement victime du retrait des réformes envisagées par Claude Allègre exigé par ses adversaires qui obtiennent in fine sa démission en 2000.

En 2005, le ministre de l’Education nationale François Fillon met en exergue dans son projet de la deuxième « loi d'orientation » une proposition importante de modification des modalités d’obtention du bac :  ramener d’une douzaine à six les épreuves terminales du diplôme, les autres matières étant validées par un contrôle continu ou en cours de formation en première et terminale . Mais il est en butte à de vives mises en cause de la part du SNES, le principal syndicat des professeurs y voyant un risque de rupture de l’égalité « avec des baccalauréats dont la valeur dépendrait des lycées fréquentés » (on notera cependant que les universitaires évaluent et certifient leurs propres étudiants sans que cela suscite ce genre d'appréhensions). Elles sont suivies par des manifestations puis des grèves de lycéens prenant une grande ampleur. François Fillon doit renoncer.

Lors de son discours sur l'éducation prononcé le 10 avril 2014, François Fillon revient à la charge : « En 2005, j’ai voulu, mais je n’ai pas pu, traiter cette question. Je persiste et signe. Je propose de réduire à 4 le nombre d’épreuves en renforçant les exigences de chacune d’entre elles  pour permettre la réussite dans l’enseignement supérieur. Chacun sait que le baccalauréat actuel est marqué par une dispersion des savoirs exigés ; au fil des années, le nombre d’épreuves a augmenté parallèlement à un déclin des exigences attachées à chacune d'entre elles. Le baccalauréat doit comprendre une épreuve de français passée à la fin de la première début juillet et trois épreuves en terminale portant sur les matières dominantes de la série passées début juillet, afin de rendre au baccalauréat une valeur qu’il n’a plus et de mieux préparer aux études supérieures. Les disciplines ne faisant pas l’objet d’épreuve pourront être notées dans le cadre du contrôle continu »

Y-a-t-il une fin à l’éternel retour ?

Claude Lelièvre

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Baccalauréat - «La réforme pose le problème de l’égalité entre les élèves»...

24 Janvier 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Baccalauréat - «La réforme pose le problème de l’égalité entre les élèves»...

Pour la sociologue Marie Duru-Bellat, si certaines pistes soulevées sont intéressantes, leur mise en œuvre pourrait avoir des effets pervers.

Avec un plus grand choix offert à l’élève dans les matières, l’examen qui marque la fin du lycée semble changer de philosophie. Le bac, ce vieux rite républicain commun à une classe d’âge, deviendrait un moment d’évaluation des aptitudes individuelles. Prudente, la sociologue Marie Duru-Bellat, professeure émérite à Sciences-Po Paris (photo DR), voit dans cette réforme la possibilité de mieux adapter l’enseignement à la diversité des profils. Mais elle met en garde contre le risque d’un système plus inégalitaire.

Le nouveau baccalauréat devrait comporter moins d’épreuves. Ce changement de mode d’évaluation des candidats vous inquiète-t-il ?

Il est essentiel de conserver un examen commun standardisé, qui soit une référence partagée par tous les enseignants et tous les élèves. C’est l’assurance de maintenir une égalité entre tous les établissements scolaires. Mais on peut défendre cet examen final sans vouloir forcément conserver le système actuel : la multiplicité des épreuves et des options s’avère très coûteuse. Or les chercheurs ont montré qu’une évaluation avec peu de notes aboutit à des résultats similaires à ceux d’un examen qui comprend plus d’épreuves. En revanche, la suppression de certaines épreuves pourrait se solder par une plus faible implication des élèves dans les matières qui ne seront pas concernées par un examen final. De plus, la mise en place du contrôle continu pour ces matières conduira à des épreuves «locales», qui posent le problème de l’égalité entre les élèves. Il en va de même de la nouvelle épreuve d’oral : les oraux d’un lycée comme Henri-IV ne seront pas forcément les mêmes que ceux d’autres lycées.

Qu’en est-il des connaissances communes à l’ensemble des élèves ?

Un socle commun de connaissances est évidemment nécessaire au collège, et l’un des grands problèmes actuels est que tous les élèves ne l’atteignent pas. Les filières de spécialisation précoces ont été disqualifiées, car elles maintenaient un noyau dur d’élèves faibles : l’enseignement commun doit donc être maintenu jusqu’à 15 ou 16 ans. Ensuite, il faut mettre en place une plus grande individualisation des parcours. Les études supérieures sont diversifiées, tous les élèves ne suivront pas les mêmes formations, et il faut donc les aider à se former de façon adaptée. Cela a déjà été fait avec le baccalauréat : il s’est diversifié avec de nombreuses voies différentes, et c’est ce qui explique le bon niveau de résultat à cet examen. Il faut que la diversité des profils d’élèves soit reconnue, car un modèle unique peut pénaliser les élèves qui s’y sentent moins bien.

L’idée de «grand oral», comptant pour 30 % de la note finale, ne risque-t-elle pas de privilégier des aptitudes qui ne s’apprennent pas - ou pas seulement - à l’école, comme l’aisance à l’oral ?

L’école doit prendre en compte les savoirs non académiques et les aptitudes individuelles, qui existent déjà : bien qu’il s’agisse d’un exercice canonique, la dissertation ne se maîtrise pas uniquement grâce aux cours, mais aussi en fonction d’aptitudes qui s’acquièrent ailleurs. La priorité est donc de se demander quels savoirs sont jugés importants. Si l’oral en fait partie, alors il faut savoir comment on l’enseigne aux élèves, et comment on l’évalue de façon satisfaisante. A l’heure actuelle, il n’y a pas d’enseignement de l’oral et de l’argumentation. Il faut l’organiser, et c’est ce qui me rend sceptique sur la réforme en cours : on ne travaille pas l’oral dans une classe de 35 élèves.

La possibilité donnée aux élèves de personnaliser leur parcours vous semble-t-elle un bon moyen d’adapter leur formation aux exigences du marché du travail ?

Cette idée est une chimère. Un adulte sur deux exerce un emploi sans rapport avec sa formation. On court après l’objectif d’une adaptation aux attentes du marché du travail, alors que les employeurs attendent souvent des compétences assez générales, pouvoir travailler en équipe, avoir de l’aisance à l’oral…

La nouvelle organisation du lycée s’inspire beaucoup de l’université, avec une année divisée en semestres, ou le choix de matières «majeures» et «mineures». Cela permettra-t-il aux élèves de mieux se préparer à l’enseignement supérieur ?

Il n’est pas forcément bon que les étapes à venir «grignotent» l’organisation de la vie des lycéens. On a trop tendance à mettre en place une course à la précocité pour préparer les élèves à la suite, laissant de côté le souci de leur vie quotidienne : n’oublions pas que ce qui les motive chaque matin, c’est surtout de retrouver leurs amis, et il faut aussi en tenir compte !

Thibaut Sardier

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Revue de Presse Education... Décès - Pédagogie - Voie professionnelle - Parcoursup...

24 Janvier 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Décès - Pédagogie - Voie professionnelle - Parcoursup...

L’actualité c’est d’abord l’annonce de décès, des débats pédagogiques, la réforme de la voie professionnelle et les préoccupations que Parcoursup provoque.

Décès

Devaquet vient de nous quitter par Claude Lelièvre. “Il est resté dans les mémoires en raison d’un projet de loi sur l’enseignement supérieur qui n’était pas vraiment le sien, un projet qui a été retiré à la suite d’une grande mobilisation lycéenne et étudiante à la fin de laquelle un jeune – Malik Oussekine – est mort, le 5 décembre 1986.”

On annonce également la mort de Suzanne Citron.
Le Monde : L’historienne Suzanne Citron est morte. “L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.”

Pour L’insatiable : “Ancienne maître de conférences à Paris-13 et auteur du Mythe national, Suzanne Citron a méticuleusement déconstruit la vision romancée de l’histoire de France proposée par les manuels scolaires depuis la IIIe République. Elle trace quelques pistes pour un enseignement ouvert au monde, permettant de se situer à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Son décryptage de l’historiographie officielle la rend fort critique vis-à-vis d’un enseignement qui entretient les fantasmes identitaires d’une France éternelle, fantasmes auxquels l’actualité apporte une sinistre résonance.”

Les Cahiers pédagogiques : Hommage à Suzanne Citron dans le texte. “L’historienne Suzanne Citron est décédée hier lundi 22 janvier 2017. Elle a été longtemps membre du comité de rédaction des Cahiers pédagogiques, et nous avons souhaité apporter notre contribution aux hommages qui lui sont rendus en (re)publiant des extraits de textes écrits par elle.”

Pédagogie

Rudy Reichstadt : « Il faut accorder toute sa place à la question centrale de l’éducation aux médias » par Rudy Reichstadt est directeur du site Conspiracy Watch, membre de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. “L’enquête sur le complotisme réalisée par l’IFOP pour la Fondation Jean Jaurès et Conspiracy Watch a donné des résultats très alarmants, particulièrement en ce qui concerne la jeunesse (voir notre article sur le sondage). Avez-vous été surpris par le flot de réactions mettant en cause la validité de ce sondage ?

Bruno Studer : Priorité à l’éducation aux médias. "Lancée par le président de la Commission Culture et éducation de l’Assemblée nationale, le député En Marche Bruno Studer, la "mission d’information sur l’école dans la société numérique" ira plus loin que la question de l’instruction par et sur le numérique. Selon Bruno Studer, un ancien professeur d’histoire-géo en Rep, interrogé par le Café pédagogique, la mission travaillera prioritairement sur l’éducation aux médias. Elle devrait faire des propositions sur l’éducation morale et civique. Elle comprend 18 députés de toutes les formations sauf le FN, dont 10 En Marche."

Stanislas Morel : “Les neurosciences illustrent la dépolitisation actuelle de la question scolaire". “Les neurosciences fonctionnent surtout comme une mécanique de preuve pour des solutions préexistantes. Finalement, elles n’inventent rien…
Sans doute pas rien, mais c’est vrai que les solutions qu’elles proposent, comme celles préconisées par Stanislas Dehaene pour l’apprentissage de la lecture, sont souvent bien connues des pédagogues.

Déçu par ses élèves de 5e, un professeur de français leur inflige un contrôle délirant. “Il avait demandé à ses élèves de 5e de lire un roman, « Les royaumes du nord », de Philip Pullman, et d’en écrire une fiche de lecture. Seuls trois d’entre eux l’ayant fait, ce professeur de français a décidé de se venger en leur infligeant finalement une interro surréaliste sur un court extrait de « Oui-Oui à la ferme », avec une dizaine de questions tout juste dignes du CE1. Ce qui a créé une polémique et un #OuiOuiGate sur les réseaux sociaux.”

La chronique de Véronique Soulé pour le Café pédagogique : François Dubet, le sociologue qui dérange les profs. “Le sociologue François Dubet est venu le vendredi 19 janvier 2018 au Lycée Germaine Tillion du Bourget (Seine-Saint-Denis) parler des inégalités sociales et scolaires. Le débat qui a suivi avec les professeurs a été riche et parfois tendu, à un moment où les enseignants de lycée sont inquiets, voire destabilisés par les dernières réformes et celles qui s’annoncent. Récit.”

A cette occasion il serait bon de relire son article : Pourquoi ne croit-on pas les sociologues ? par François Dubet, Education et sociétés, 2002/1 (no 9), Pages : 184.

Voie Professionnelle

Plus loin que le hackathon : Quel avenir pour l’enseignement professionnel ?Alors que JM Blanquer participe le 23 janvier à un "hackathon de l’enseignement professionnel" organisé par Céline Calvez et Régis Marcon, chargés d’une mission de "réflexion pour la transformation de la voie professionnelle", que sait-on de cette branche ? Alors que la voie professionnelle produit un bachelier sur trois, il faut croire, si l’on en croit les discours réguliers sur sa "revalorisation", qu’elle est singulièrement dédaignée. Cet inattendu hackathon est l’occasion de faire le point sur ses caractéristiques et aussi de demander à des enseignants comment ils voient son avenir.”

Pour revaloriser la filière professionnelle, Blanquer veut des "Harvard du pro". “La revalorisation de l’enseignement professionnel (CAP et bac pros), voeu pieux des gouvernements depuis des décennies, passera par la création de "Harvard du pro", à savoir des campus "qui font envie", a déclaré mardi le ministre de l’Education.”

ParcoursSup

Entrée dans le supérieur : avis de gros temps sur la réforme. “La plate-forme Parcoursup, qui applique le nouveau système d’entrée dans l’enseignement supérieur, est désormais ouverte aux vœux des futurs bacheliers, mais les critiques pleuvent, y compris chez certains partisans de la réforme, qui jugent ses modalités « bâclées ».”

Orientation post-bac : la sélection en question. “Parcoursup, la nouvelle plate-forme d’orientation post-bac, est entrée en service ce lundi 22 janvier. "Derrière ses objectifs louables, certains y voient surtout un outil de sélection à l’université.”

Et quand on sait pas, on sait pas ! Le Monde propose un témoignage, et ils sont nombreux dans ce cas, les “non-motivés” : « A force de voir la conseillère d’orientation, j’envisage de faire ce métier ». “Mélanie a enchaîné rendez-vous au CIO, tests de profil et vocations diverses, avant d’opter pour un BTS dans la mode qui lui donne envie de se réorienter.”

Bernard Desclaux.

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Andreas Scholl chante Jean-Sébastien Bach et Antonio Vivaldi...

23 Janvier 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marguerite Duras...

23 Janvier 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Je suis devenue comme Mme Bordes, je ne me lève plus. C'est Mme Kats qui fait les courses, la cuisine. Elle a le cœur malade. Elle a acheté du lait américain pour moi. Si j'étais vraiment malade, je crois que Mme Kats penserait moins à sa fille. sa fille est infirme, elle avait une jambe raide à la suite d'une tuberculose osseuse, elle était juive. J'ai appris au centre qu'ils tuaient les infirmes. Pour les juifs on commence à savoir. Mme Kats a attendu six mois, d'avril à novembre 1945. Sa fille est morte en mars 1945, on lui a notifié la mort en novembre 1945, il a fallu neuf mois pour retrouver le nom. Je ne lui parle pas de Robert L. Elle a donné le signalement de sa fille partout, dans les centres, à toutes les frontières, à toute sa famille, on ne sait jamais. Elle a acheté cinquante boîtes de lait américain, vingt kilos de sucre, dix kilos de confiture, du calcium, du phosphate, de l'alcool, de l'eau de Cologne, du riz, des pommes de terre. Mme Kats dit mot pour mot : "Tout son linge est lavé, raccommodé, repassé. J'ai fait doubler son manteau noir, j'ai fait remettre des poches. J'avais tout mis dans une grande malle avec de la naphtaline, j'ai tout mis à l'air, tout est prêt. J'ai fait remettre des fers à ses souliers et j'ai mis un point à ses bas. Je crois que je n'ai rien oublié." Mme Kats défie Dieu.

Marguerite Duras - La Douleur

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« La politique scolaire ne peut pas être guidée uniquement par le souci de l'efficacité »...

23 Janvier 2018 , Rédigé par Le Nouveau Magazine Litteraire Publié dans #Education, #Parcoursup

« La politique scolaire ne peut pas être guidée uniquement par le souci de l'efficacité »...

EXTRAITS

Lundi 22 janvier 2018, la plate-forme Parcoursup succède à Admission Post-Bac pour s’inscrire dans le supérieur. Des milliers de lycéens vont avoir jusqu'au 13 mars pour entrer leurs vœux dans la nouvelle plateforme. En toile de fond de cette mesure, la question de la sélection à l'université concentre d'ores et déjà de vives contestations. 

François Dubet, ex-Directeur de recherche à l’EHESS et auteur de Ce qui nous unit : discriminations, égalité et reconnaissance (Seuil, 2016), nous apporte son regard sur cette réforme et sur « l’idéologie scolaire » portée par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

La réforme de l’université envisage d’introduire la sélection dès lors que le nombre de candidatures sera supérieur à la capacité d’accueil de la formation. Le danger n’est-il pas de sceller le destin professionnel d’un jeune à partir de ses notes au lycée ?

Il faut d’abord voir comment fonctionne notre système d’orientation vers l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, et sans que beaucoup semblent en être scandalisés, près de la moitié des étudiants sont sélectionnés par le biais des classes préparatoires, des concours, des places limitées en IUT, en BTS, en doubles licences sélectives et dans toutes les « petites » grandes écoles publiques ou privées. Souvent même, ils sont orientés sur la base de leur dossier avant d’avoir passé le bac. Les autres, ceux qui ont les moins bons dossiers scolaires, vont à l’université où près de la moitié d’entre eux se découragent, abandonnent ou cherchent une autre formation dès la première année. De ce point de vue, la non sélection à l’université est une sélection indirecte ou négative. Et quand les capacités d’accueil sont inférieures aux demandes, il ne reste que le tirage au sort. Le nouveau système doit sans doute être critiqué, à condition de ne pas ignorer les impasses et injustices du fonctionnement actuel.

Autrement dit, dans les faits, le destin des jeunes est déjà scellé par leurs notes au lycée, par les filières du baccalauréat et, au-delà, bien souvent par les origines sociales des élèves qui pèsent sur leurs résultats scolaires, sur leurs ambitions et sur leurs marges de choix. En ce sens, le « À bas la sélection » à l’entrée dans le supérieur a toujours quelque chose d’un peu suspect quand il ne met pas en cause l’hyper sélection scolaire et sociale des futures élites et des formations à finalités professionnelles précises. Je ne suis pas certain que le nouveau système change sensiblement les choses en termes d’équité. D'ailleurs ce n’est pas son objectif premier puisqu’il vise surtout à réduire « l’encombrement » de certaines filières et à réduire les échecs et les abandons au premier semestre de la licence.

Les quelques étudiants jugés a priori faibles ou issus de filières techniques et professionnelles et qui pouvaient trouver leur voie et leur vocation à l’université pourront être victimes du nouveau système. Pour l'éviter, il faudrait s’intéresser aux motivations et aux profils de tous les candidats, c'est-à-dire se livrer à une analyse « fine » des candidatures. Mais on peut craindre que les universités ne soient pas en mesure de réaliser une analyse fine et individualisée des demandes des étudiants, faute de moyens, de temps et de personnels, et qu’elles se bornent à regarder les notes et les types de baccalauréat. On pourrait imaginer demander à toutes les formations de réserver un quota de places aux étudiants aux « profils atypiques » afin de ne pas leur fermer les portes de manière systématique. Par ailleurs, il est vraisemblable que « l’année zéro » de mise à niveau des étudiants aux « profils atypiques » en découragera beaucoup.

(...)

Quel regard portez vous sur la « méthode Blanquer » consistant à utiliser les sciences cognitives pour justifier ses décisions ? N’y-a-t-il pas un risque d’instrumentalisation des sciences dites « dures » à des fins politiques ?

Le ministre se présente comme un expert dont les choix sont guidés par la science et l’évaluation bien plus que par l’idéologie. Aussi, plus nettement encore que ses prédécesseurs, il s’entoure d’experts et de conseils scientifiques présidés par des personnalités incontestables. Il n’y a pas à discuter ce choix car, après tout, mieux vaut s’appuyer sur des connaissances fiables et rationnelles que sur des croyances. Cela étant dit, quelques remarques s’imposent.

La première rappelle que le savant et le politique ont deux vocations et deux métiers différents et que la décision est toujours politique. C’est le politique qui dicte l’agenda des problèmes et pas la science ; c’est le politique qui dit que le grand problème est celui de la méthode d’apprentissage de la lecture et pas celui des inégalités entre les établissements. Aussi, bien souvent l’évaluation est mobilisée de manière ad hoc : par exemple, quand le ministre dit qu’il réhabilite le redoublement, il laisse penser qu’il était interdit — ce qui est faux — et surtout il ignore toutes les recherches qui en soulignent l’inutilité et le coût. Il n’y a rien de scandaleux à ce que le politique fasse pleinement son travail, il est plus gênant qu’il laisse croire que sa politique est dictée par la science.

La deuxième remarque concerne l’autonomie professionnelle des enseignants. En effet, pour qu'ils mettent en œuvre les méthodes les plus efficaces, et n'appliquent pas aveuglement des directives, il faut une formation professionnelle de haut niveau. Or, Jean-Michel Blanquer tient deux discours. D’un côté, conformément à l’expertise internationale, il en appelle à l’autonomie des établissements ; de l’autre, il édicte les bonnes manières de faire, comme le faisait Jules Ferry. Le point aveugle est celui du recrutement et de la formation d’enseignants capables de mettre en œuvre les meilleures méthodes en fonction des problèmes rencontrés car s’il faut de l’expertise du sommet, il en faut aussi à la base.

Troisièmement, si les sciences cognitives nous en apprennent beaucoup sur les mécanismes d’apprentissage, il y a un gap entre ces connaissances et la construction de pédagogies efficaces et scientifiques. Ce que reconnaissent d’ailleurs beaucoup de spécialistes des sciences cognitives, et on peut craindre que les actes de foi remplacent la connaissance raisonnée. Qui peut croire que la fin de la méthode globale, mise en œuvre avec parcimonie, réglera les problèmes de lecture ? Rappelons que bien des recherches montrent que l’efficacité des maîtres dépend moins des méthodes mises en œuvre que la nature des relations entre eux et les élèves, que du climat scolaire, de la cohésion des équipes éducatives et de la confiance des parents dans l’école. Cela ne signifie pas que toutes les méthodes se valent, mais les méthodes ne sont pas le tout de la pédagogie.

Enfin, la politique scolaire ne peut pas être guidée uniquement par le souci de l’efficacité et, dans une moindre mesure aujourd’hui, par celui de l’équité. Rappelons que l’éducation est aussi portée par un projet moral et social, qu’elle est guidée par la représentation du type d’individu, de sujet et de société qu’elle veut produire. Or, la science ne nous dit rien sur ce point. Et c’est très bien ainsi car c’est là la vocation du politique dans les sociétés démocratiques.

Propos recueillis par Natnaël Bussières

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