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Vivement l'Ecole!

Mozart... Mitsuko Uchida... Sublime!...

24 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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A celles et ceux qui savent que le silence n'est pas un renoncement...

24 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Philosophie

A celles et ceux qui savent que le silence n'est pas un renoncement...

Camus a souvent parlé du silence. Du silence imposé comme du silence consenti...

Il existe aussi une place privilégiée attribuée par Camus au silence. Celui de l'artiste, ce silence choisi, imposé par soi-même à soi-même en quelque sorte. Pour mieux écouter le monde. Pourquoi pas jusqu'à ses silences.

Ceux qui permettent de s'arrêter sur un banc après une longue marche épuisante et de regarder le paysage avant de reprendre la route, le souffle retrouvé et les idées plus claires.

Sans silence, il n'y aurait ni révolte, ni transformation, ni poursuite de la phrase musicale qu'est la vie...

Oui vraiment, il existe des silences nécessaires... Ils ne sont jamais des renoncements...

Christophe Chartreux

(...)

"Je n'ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d'être, à la vie libre où j'ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m'a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m'aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.

Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l'étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m'accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n'en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence."

Albert Camus - Discours de Suède

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Coup de coeur... Guy de Maupassant... Conte de Noël...

24 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le docteur Bonenfant cherchait dans sa mémoire, répétant à mi-voix : " Un souvenir de Noël ?... Un souvenir de Noël ?... "

Et tout à coup, il s'écria :
- Mais si, j'en ai un, et un bien étrange encore ; c'est une histoire fantastique. J'ai vu un miracle ! Oui, mesdames, un miracle, la nuit de Noël.
Cela vous étonne de m'entendre parler ainsi, moi qui ne crois guère à rien. Et pourtant j'ai vu un miracle ! Je l'ai vu, fis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s'appelle vu.
En ai-je été fort surpris ? non pas ; car si je ne crois point à vos croyances, je crois à la foi, et je sais qu'elle transporte les montagnes. Je pourrais citer bien des exemples ; mais je vous indignerais et je m'exposerais aussi à amoindrir l'effet de mon histoire.
Je vous avouerai d'abord que si je n'ai pas été fort convaincu et converti par ce que j'ai vu, j'ai été du moins fort ému, et je vais tâcher de vous dire la chose naïvement, comme si j'avais une crédulité d'Auvergnat.
J'étais alors médecin de campagne, habitant le bourg de Rolleville, en pleine Normandie.
L'hiver, cette année-là, fut terrible. Dès la fin de novembre, les neiges arrivèrent après une semaine de gelées. On voyait de loin les gros nuages venir du nord ; et la blanche descente des flocons commença.
En une nuit, toute la plaine fut ensevelie.
Les fermes, isolées dans leurs cours carrées, derrière leurs rideaux de grands arbres poudrés de frimas, semblaient s'endormir sous l'accumulation de cette mousse épaisse et légère.
Aucun bruit ne traversait plus la campagne immobile. Seuls les corbeaux, par bandes, décrivaient de longs festons dans le ciel, cherchant leur vie inutilement, s'abattant tous ensemble sur les champs livides et piquant la neige de leurs grands becs.
On n'entendait rien que le glissement vague et continu de cette poussière tombant toujours.
Cela dura huit jours pleins, puis l'avalanche s'arrêta. Là terre avait sur le dos un manteau épais de cinq pieds.
Et, pendant trois semaines ensuite, un ciel clair, comme un cristal bleu le jour, et, la nuit, tout semé d'étoiles qu'on aurait crues de givre, tant le vaste espace était rigoureux, s'étendit sur la nappe unie, dure et luisante des neiges.
La plaine, les haies, les ormes des clôtures, tout semblait mort, tué par le froid. Ni hommes ni bêtes ne sortaient plus : seules les cheminées des chaumières en chemise blanche révélaient la vie cachée, par les minces filets de fumée qui montaient droit dans l'air glacial.

De temps en temps on entendait craquer les arbres, comme si leurs membres de bois se fussent brisés sous l'écorce ; et, parfois, une grosse branche se détachait et tombait, l'invincible gelée pétrifiant la sève et cassant les fibres.

Les habitations semées çà et là par les champs semblaient éloignées de cent lieues les unes des autres. On vivait comme on pouvait. Seul, j'essayais d'aller voir mes clients les plus proches, m'exposant sans cesse à rester enseveli dans quelque creux.
Je m'aperçus bientôt qu'une terreur mystérieuse planait sur le pays. Un tel fléau, pensait-on, n'était point naturel. On prétendit qu'on entendait des voix la nuit, des sifflements aigus, des cris qui passaient.
Ces cris et ces sifflements venaient sans aucun doute des oiseaux émigrants qui voyagent au crépuscule, et qui fuyaient en masse vers le sud. Mais allez donc faire entendre raison à des gens affolés. Une épouvante envahissait les esprits et on s'attendait à un événement extraordinaire.
La forge du père Vatinel était située au bout du hameau d'Épivent, sur la grande route, maintenant invisible et déserte. Or, comme les gens manquaient de pain, le forgeron résolut d'aller jusqu'au village. Il resta quelques heures à causer dans les six maisons qui forment le centre du pays, prit son pain et des nouvelles, et un peu de cette peur épandue sur la campagne.
Et il se mit en route avant la nuit.
Tout à coup, en longeant une haie, il crut voir un œuf dans la neige ; oui, un œuf déposé là, tout blanc comme le reste du monde. Il se pencha, c'était un œuf en effet. D'où venait-il ? Quelle poule avait pu sortir du poulailler et venir pondre en cet endroit ? Le forgeron s'étonna, ne comprit pas ; mais il ramassa l’œuf et le porta à sa femme.
" Tiens, la maîtresse, v'là un œuf que j'ai trouvé sur la route ! "
La femme hocha la tête :
" Un œuf sur la route ? Par ce temps-ci, t'es soûl, bien sûr ?
- Mais non, la maîtresse, même qu'il était au pied d'une haie, et encore chaud, pas gelé. Le v'là, j'me l'ai mis sur l'estomac pour qui n'refroidisse pas. Tu le mangeras pour ton dîner. "
L’œuf fut glissé dans la marmite où mijotait la soupe, et le forgeron se mit à raconter ce qu'on disait par la contrée.
La femme écoutait toute pâle. " Pour sûr que j'ai entendu des sifflets l'autre nuit, même qu'ils semblaient v'nir de la cheminée. "
On se mit à table, on mangea la soupe d'abord, puis, pendant que le mari étendait du beurre sur son pain, la femme prit l’œuf et l'examina d'un œil méfiant.
" Si y avait quelque chose dans c't'œuf ?
- Qué que tu veux qu'y ait ?
- J'sais ti, mé ?
- Allons, mange-le, et fais pas la bête. "
Elle ouvrit l’œuf. Il était comme tous les œufs, et bien frais.

Elle se mit à le manger en hésitant, le goûtant, le laissant, le reprenant. Le mari disait : " Eh bien ! qué goût qu'il a, c't'œuf ? "
Elle ne répondit pas et elle acheva de l'avaler ; puis, soudain, elle planta sur son homme des yeux fixes, hagards, alliolés, leva les bras, les tordit et, convulsée de la tête aux pieds, roula par terre, en poussant des cris horribles.

Toute la nuit elle se débattit en des spasmes épouvantables, secouée de tremblements effrayants, déformée par de hideuses convulsions. Le forgeron, impuissant à la tenir, fut obligé de la lier.
Et elle hurlait sans repos, d'une voix infatigable :
" J'l'ai dans l'corps ! J'l'ai dans l'corps ! "
Je fus appelé le lendemain. J'ordonnai tous les calmants connus sans obtenir le moindre résultat. Elle était folle.
Alors, avec une incroyable rapidité, malgré l'obstacle des hautes neiges, la nouvelle, une nouvelle étrange, courut de ferme en ferme : " La femme du forgeron qu'est possédée ! " Et on venait de partout, sans oser pénétrer dans la maison ; on écoutait de loin ses cris affreux poussés d'une voix si forte qu'on ne les aurait pas crus d'une créature humaine.
Le curé du village fut prévenu. C'était un vieux prêtre naïf. Il accourut en surplis comme pour administrer un mourant et il prononça, en étendant les mains, les formules d'exorcisme, pendant que quatre hommes maintenaient sur un lit la femme écumante et tordue.
Mais l'esprit ne fut point chassé.
Et la Noël arriva sans que le temps eût changé.
La veille au matin, le prêtre vint me trouver :
" J'ai envie, dit-il, de faire assister à l'office de cette nuit cette malheureuse. Peut-être Dieu fera-t-il un miracle en sa faveur, à l'heure même où il naquit d'une femme. "
Je répondis au curé :
" Je vous approuve absolument, monsieur l'abbé. Si elle a l'esprit frappé par la cérémonie (et rien n'est plus propice à l'émouvoir), elle peut être sauvée sans autre remède. "
Le vieux prêtre murmura :
" Vous n'êtes pas croyant, docteur, mais aidez-moi, n'est-ce pas ? Vous vous chargez de l'amener ? "
Et je lui promis mon aide.
Le soir vint, puis la nuit ; et la cloche de l'église se mit à sonner, jetant sa voix plaintive à travers l'espace morne, sur l'étendue blanche et glacée des neiges.
Des êtres noirs s'en venaient lentement, par groupes, dociles au cri d'airain du clocher. La pleine lune éclairait d'une lueur vive et blafarde tout l'horizon, rendait plus visible la pâle désolation des champs.
J'avais pris quatre hommes robustes et je me rendis à la forge.
La possédée hurlait toujours, attachée à sa couche. On la vêtit proprement malgré sa résistance éperdue, et on l'emporta.
L’église était maintenant pleine de monde, illuminée et froide ; les chantres poussaient leurs notes monotones ; le serpent ronflait ; la petite sonnette de l'enfant de chœur tintait, réglant les mouvements des fidèles.
J'enfermai la femme et ses gardiens dans la cuisine du presbytère, et j'attendis le moment que je croyais favorable.

Je choisis l'instant qui suit la communion. Tous les paysans, hommes et femmes, avaient reçu leur Dieu pour fléchir sa rigueur. Un grand silence planait pendant que le prêtre achevait le mystère divin.
Sur mon ordre, la porte fut ouverte et les quatre aides apportèrent la folle.
Dès qu'elle aperçut les lumières, la foule à genoux, le chœur en feu et le tabernacle doré, elle se débattit d'une telle vigueur, qu'elle faillit nous échapper, et elle poussa des clameurs si aiguës qu'un frisson d'épouvante passa dans l'église ; toutes les têtes se relevèrent ; des gens s'enfuirent.
Elle n'avait plus la forme d'une femme, crispée et tordue en nos mains, le visage contourné, les yeux fous.
On la traîna jusqu'aux marches du chœur et puis on la tint fortement accroupie à terre.
Le prêtre s'était levé ; il attendait. Dès qu'il la vit arrêtée, il prit en ses mains l'ostensoir ceint de rayons d'or, avec l'hostie blanche au milieu, et, s'avançant de quelques pas, il l'éleva de ses deux bras tendus au-dessus de sa tête, le présentant aux regards effarés de la démoniaque. .
Elle hurlait toujours, l’œil fixé, tendu sur cet objet rayonnant.
Et le prêtre demeurait tellement immobile qu'on l'aurait pris pour une statue. Et cela dura longtemps, longtemps.
La femme semblait saisie de peur, fascinée ; elle contemplait fixement l'ostensoir, secouée encore de tremblements terribles, mais passagers, et criant toujours, mais d'une voix moins déchirante.
Et cela dura encore longtemps.
On eût dit qu'elle ne pouvait plus baisser les yeux, qu'ils étaient rivés sur l'hostie ; elle ne faisait plus que gémir ; et son corps raidi s'amollissait, s'affaissait.
Toute la foule était prosternée, le front par terre.
La possédée maintenant baissait rapidement les paupières, puis les relevait aussitôt, comme impuissante à supporter la vue de son Dieu. Elle s'était tue. Et puis soudain, je m'aperçus que ses yeux demeuraient clos. Elle dormait du sommeil des somnambules, hypnotisée, pardon ! vaincue par la contemplation persistante de l'ostensoir aux rayons d'or, terrassée par le Christ victorieux.
On l'emporta, inerte, pendant que le prêtre remontait vers l'autel.
L'assistance, bouleversée, entonna le Te Deum d'action de grâces.
Et la femme du forgeron dormit quarante heures de suite, puis se réveilla sans aucun souvenir de la possession ni de la délivrance.
Voilà, mesdames, le miracle que j'ai vu.

Le docteur Bonenfant se tut, puis ajouta d'une voix contrariée : " Je n'ai pu refuser de l'attester par écrit. "

Le Gaulois, 25 décembre 1882

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Peut-on sauver la presse?... Julia Cagé... (Vidéo)

24 Décembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Médias, #Politique

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Toutes ces petites phrases qui ont fait - et surtout défait - le débat public....

24 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Medias

Toutes ces petites phrases qui ont fait - et surtout défait - le débat public....

Elle tournent en boucle sur les réseaux dits "sociaux", sont répétées sur les plateaux télé devenus des "plateaux-repas" indigestes, voire indignes.

Elles sont véhiculées par des "experts" autoproclamés et omniprésents sur les chaines de grande écoute.

Elles sont rarissimement contredites, devenant peu à peu des "vérités" pour les millions d'auditeurs distraits, passifs, peu éclairés - ce n'est pas péjoratif - auxquels il est demandé de croire bien plus que de comprendre.

Du "prêt à penser" qui broie, déchiquète, annihile la réflexion, fait taire les véritables chercheurs moins médiatiques mais beaucoup plus essentiels que ces "stars" brillant au firmament de la médiocrité.

Ces phrases qui empoisonnent l'intelligence quand il conviendrait de la nourrir...

Ces "petites phrases" qui nous tuent... Ces mensonges permanents!

"Le niveau baisse";

"L'égalité, c'est l'égalitarisme";

"L'égalité, c'est le nivellement par le bas";

"Les chômeurs ne cherchent pas de travail";

"Les arabes? Mais c'est une invasion!";

"Immigration? La France est occupée!";

"Le Grand remplacement a commencé"...

Et tant d'autres dont cette dernière, odieuse et qui trouvera bientôt, comme les autres, la contradiction la plus haute:

Toutes ces petites phrases qui ont fait - et surtout défait - le débat public....
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C'était en février 2017... Education - De petits "nationalismes" en petits "nationalismes"...

24 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Chaque jour, un "article" revenant sur l'année 2017...

Un choix arbitraire... Mais de coeur...

Christophe Chartreux

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Publié en février 2017

Les petits nationalismes...

La guerre, les guerres, souvent, sont nées des replis sur soi, du renoncement à l'ouverture aux autres, aux étranges étrangers qui, à force d'étranges, devinrent "trop étrangers". 1914-1918 dont on célèbre le centenaire fut la conséquence, entre autres,  de l'accumulation de nationalismes opposés. Jusqu'à la boucherie  ! La leçon semble mal retenue lorsqu'on lit les programmes de candidats aussi différents que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, tous deux très protectionnistes et fermés à triple-tour.

Le parallèle pourra sembler très audacieux mais l' École vit depuis des années l'exercice indigeste de "nationalismes" accumulés. Ici les Républicains, là les pédagogues. Ici la méthode syllabique, là la méthode globale. Ici les syndicalistes, là les non syndiqués. Ici le primaire, là le secondaire. Ici l'élite des grands lycées et des classes préparatoires, là les lycées professionnels. Ici les professeurs titulaires, là les Titulaires en Zône de Remplacement (TZR)... J'en passe tant la liste est longue.

Notre profession, dit-on, a un statut. Non, elle a DES statuts indéboulonnables, chacun agrippé au sien. C'est dangereux, c'est inefficace, c'est la source de blocages nombreux, de conflits récurrents. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il ne s'agit là tout compte fait que (prenez une profonde inspiration!) "de l'absolue nécessité de la pluralité des points de vue nécessaires au dialogue à l'intérieur de la grande famille de l'Education Nationale qui ne saurait se satisfaire de la pensée unique pour construire une Ecole multiple et multiforme..." etc, etc. Des phrases de cet ordre me font fuir!

De même que me surprendra toujours le fait d'apprendre, à juste titre, les bienfaits de l'Egalité, celle de notre devise républicaine, tout en refusant ABSOLUMENT l'idée d'un salaire identique depuis le professeur d'école maternelle jusqu'au collègue enseignant en classes préparatoires. Oui, je sais: démagogie! Egalitarisme! Nivellement par le bas, le milieu et le haut réunis! J'en passe et des bien pires. "Grande honte à qui châtie autrui et soi-même à châtier oublie" disait-on au Moyen Age....

Car ce discours-là est, de fait et pas les faits, (observez!) l'illustration des "petits nationalismes", des prés carrés que chacun défend becs et ongles et, de renoncements en petites lâchetés, de concessions aux marges en petits arrangements entre "amis", de statu quo en statu quo, l'arme permanente brandie dès qu'une Ministre un peu, un tout petit peu plus audacieuse (suicidaire  ?) que les autres, s'autorise à proposer quelques changements. Étrange profession que la notre, étranges enseignants souvent révoltés pour eux-mêmes, souhaitant sincèrement et légitimement des changements, mais qui, si l'on touche à l'emploi du temps du professeur d'espagnol, si l'on réduit d'un paragraphe le programme d'Histoire (La géographie en général tout le monde s'en contrefiche), si l'on introduit le terme "horrible" de "prédicat", si l'on laisse croire que l'accent circonflexe pourrait disparaître, montent aux créneaux et submergent les réseaux "sociaux" de leurs tweets accusateurs  ! "Halte là! Ne touchez plus à rien  ! Statu quo  ! Statu quo  ! Que plus personne ne bouge, nom de dieu!!!!!"...

Prenons garde quand même à ne pas rester enfermés trop longtemps dans nos "nationalismes" respectifs. L'Histoire nous apprend que les blocages ne se débloquent que dans et par la violence.

Combien de temps encore abusera-t-on des impatiences respectives  ? Combien de temps encore préfèrera-t-on les dogmes à l'audace  ? Combien de temps encore nous fera-t-on croire que le salut de l’École passe par le protectionnisme des "nationalismes" mesquins  ?

Au nom de tout ce qui nous sépare?...

Christophe Chartreux

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Maxime Le Forestier...

23 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

A ma "petite soeur"...

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Coup de coeur... Etienne de La Boétie...

23 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Mémoire touchant l’Édit de janvier 1562

Je sais bien qu’il n’y a nation au monde si fidèle à son prince que la française, reconnaissant l’antiquité de cette monarchie et la bonté de ses rois naturels. Mais ni la France ne fut oncques, au branle qu’elle est, et comme quelqu’un disait qu’il ne faut jamais éprouver toute sa force, aussi ne vois-je point qu’il soit besoin d’essayer, en temps si périlleux, toute la fidélité que le Roi pourrait bien trouver en son peuple. Nulle dissension n’est si grande ni si dangereuse que celle qui vient pour la religion : elle sépare les citoyens, les voisins, les amis, les parents, les frères, le père et les enfants, le mari et la femme ; elle rompt les alliances, les parentés, les mariages, les droits inviolables de nature, et pénètre jusqu’au fond des cœurs pour extirper les amitiés et enraciner des haines irréconciliables. Il est bien possible, qu’encore qu’elle fasse tout cela, que pourtant elle n’ôtera rien de l’obéissance que le sujet doit à son souverain. Mais tant y a que nous étant en garboil l’ennemi qui nous visitera trouvera ce peuple, sinon en moindre volonté, au moins en plus mauvais état pour se défendre. On ne peut ignorer que de la querelle de la religion on n’ait vu sortir des brigues et menées, ce qui nous sert de suffisant témoignage qu’en ce fait ceux qui sont passionnés, comme il y en a plusieurs, ne s’épargneront point de servir par tous moyens à leur passion. Or est-il bien vrai ce qui se dit, que la ville divisée est à moitié prise. Si on veut parler à la vérité sans déguisement, c’est une chose claire que la part qui se sentira défavorisée de son prince, sera du côté de l’étranger qui lui présentera faveur. J’ai cette opinion que si on ne voulait avoir égard qu’à l’utilité de ce royaume et à la conservation de cet État, il vaudrait mieux changer entièrement la religion et tout d’un coup que d’accorder l’intérim. Car, si on l’accorde et que la guerre nous vienne trouver sur cette division, elle est si épouvantable que j’ai horreur de penser les calamités dont ce temps nous menace et les nouveaux exemples de cruauté que la France se prépare de voir parmi les siens, là où si du tout on introduisait la nouvelle [religion], l’étranger ne nous saurait assaillir si tôt que les choses [ne] fûssent aucunement rangées et établies en un certain état, et que l’on ne se fût mis au point pour l’attendre. Car sans difficulté toutes terres du Roi seraient plutôt accoutumées à une certaine loi, qu’il plairait à Sa Majesté leur donner, pour si griève qu’elle fût, qu’ils n’auraient appris à se comporter l’un l’autre en diverses bandes comme ils sont, car, à qui a puissance d’ordonner, le moyen d’apaiser ceux qui sont en différend n’est pas de les entretenir tous deux et de les flatter, en leur cause, mais plutôt d’adjuger rondement à l’un ce qui est contentieux. Même qu’en ce fait, si l’on autorise les deux parts, chacune se sentira forte, et rien ne donne au sujet tant de moyen de faire entreprise que de se sentir fort et appuyé. Or aucune des deux parties ne sera faible, d’autant que publiquement même il y aura deux Églises, qui sont cause que l’on voit les choses autant de régiments et compagnies, là où au contraire si le Roi avait introduit la nouvelle, l’autre, n’étant plus autorisée du Roi, serait faible, sans ordre et sans police, et sans avoir aucune moyen d’entreprendre ni lever la tête. Ains pourrait le Roi tirer service de celle-là même pour ce qu’elle serait emportée par l’autre, et par nécessité, comme un membre inutile, elle se réunirait avec le reste du corps de cette république.

Etienne de La Boétie - Discours de la servitude volontaire

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Socialisme et culture... Marion Fontaine... (Vidéo)

23 Décembre 2017 , Rédigé par Fondation Jean Jaurès Publié dans #Education, #Politique, #Histoire, #Socialisme

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