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Vivement l'Ecole!

Quand les djihadistes étaient nos amis... (A lire absolument!)

26 Décembre 2017 , Rédigé par Le Monde Diplomatique Publié dans #Education, #Politique, #Histoire, #Islam

http://afrique.lepoint.fr/actualites/maroc-cachez-cette-burqa-que-je-ne-saurais-voir-10-01-2017-2096145_2365.php

http://afrique.lepoint.fr/actualites/maroc-cachez-cette-burqa-que-je-ne-saurais-voir-10-01-2017-2096145_2365.php

EXTRAITS

Pendant une période comprise entre la défaite cinglante des Etats-Unis en Indochine (avril-mai 1975) et les craquements en chaîne dans les pays européens satellites de l’Union soviétique (notamment en Pologne, où l’état d’urgence est proclamé en décembre 1981), les Etats-Unis et l’Europe occidentale imaginent — ou font croire — que Moscou a lancé une grande offensive mondiale. En Afrique, l’Angola et le Mozambique, nouvellement indépendants, semblent lui tendre les bras ; en Amérique centrale, des guérilleros marxistes font tomber une dictature proaméricaine au Nicaragua ; en Europe occidentale, un parti communiste prosoviétique oriente pendant quelques mois la politique du Portugal, membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord. L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979, semble marquer une fuite en avant de Moscou. Elle ouvre une nouvelle étape de la guerre froide entre les deux blocs. Le combat des moudjahidins (« combattants de la foi engagés dans le djihad ») afghans va apparaître comme providentiel pour contrer les ambitions hégémoniques prêtées à l’Union soviétique. Et, souvent, être célébré à la façon d’une épopée.

Peu importe que la quasi-totalité de ces combattants héroïsés soient des musulmans traditionalistes, intégristes, même. A cette époque, la religion n’est pas nécessairement perçue comme un facteur de régression, à moins qu’elle s’oppose, comme en Iran au même moment, aux intérêts stratégiques occidentaux. Mais ce n’est le cas ni dans la Pologne catholique couvée par le pape Jean Paul II, ancien évêque de Cracovie, ni, bien sûr, en Afghanistan. Par conséquent, puisque la priorité géopolitique est que ce pays devienne pour l’Union soviétique ce que le Vietnam a été pour les Etats-Unis, un récit médiatique quasi unique va, pendant des années, exalter les moudjahidins, présentant leur révolte comme une chouannerie sympathique, attachée à sa foi. Il dépeindra en particulier la place et la vie des femmes afghanes à travers le prisme essentialiste, naïf (et parfois enchanté) des traditions populaires.

Revenir trente-cinq ans plus tard sur ce discours général et sur ses images d’Epinal, pléthoriques dans la presse française — du Figaro Magazine au Nouvel Observateur —, permet de mesurer à quel point presque tout ce qui suscitait hier l’admiration quand il s’agissait de populariser le combat contre l’« empire du Mal » (l’Union soviétique selon Ronald Reagan) est devenu depuis source d’exécration et d’effroi. Entre 1980 et 1988, on applaudissait les exploits des « combattants de la foi » contre l’Armée rouge. A partir de la décennie suivante, leurs cousins idéologiques en Algérie (Groupe islamique armé, GIA), puis en Afghanistan (talibans), et plus récemment au Proche-Orient avec Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), ont été dépeints sous les traits de « fanatiques », de « fous de Dieu », de « barbares ».

(...)

L’épineuse question des femmes

Résistance et courage, solidarités communautaires, exotisme et beauté ne permettent pas d’éluder indéfiniment la question, forcément épineuse — surtout pour des Français dont la conscience politique a été transformée par les combats féministes —, du statut des femmes afghanes. Cette difficulté peut d’autant moins être niée que les communistes afghans ont interdit le mariage des enfants et réduit l’importance de la dot. Mais l’obstacle est contourné grâce à une mise en garde contre une perception trop occidentale de la situation afghane. On explique alors que certains comportements et symboles changent de sens en changeant de pays. En soi, la chose n’est pas fausse. Mais un tel relativisme culturel n’aura plus cours sitôt que le combattant « qui ne nous ressemble pas » passera du statut d’allié à celui d’adversaire.

L’« européocentrisme total » n’aide pas à comprendre la condition des femmes afghanes
« L’“oppression” de la femme n’est qu’une pièce dans ce système. Un européocentrisme total n’aide nullement à comprendre le fonctionnement de cette société, dans la mesure même où l’“oppression” pèse souvent autant sur les hommes que sur les femmes, dans le cas du mariage arrangé par les parents, par exemple. »

Emmanuel Todd, Le Monde, 20 juin 1980

Les femmes sont nécessairement soignées par d’autres femmes
« Jamais une femme afghane ne se laissera examiner par un médecin homme. (...) Sous les tentes munies du matériel nécessaire, les Afghanes, enroulées dans leurs voiles, continuent d’affluer, parce qu’elles sont accueillies, écoutées, soignées par des femmes, et elles amènent leurs enfants, souvent atteints aux yeux ou par des maladies de peau, ou de tuberculose. »

Françoise Giroud, première secrétaire d’Etat à la condition féminine en France, Le Monde, 25 janvier 1983

L’« armée des ombres de la résistance afghane »
« Lorsque j’évoque l’existence de combattantes armées dans d’autres pays musulmans, elles demeurent rêveuses. Il n’y a bien sûr aucune femme dans les rangs des moudjahidins. Mais il en est qui transportent des explosifs sous leur tchador ou qui servent d’agent de liaison, portant des messages en ville. (...) Les femmes sont l’armée des ombres de la résistance afghane. »

Catherine Chattard, Le Monde, 20 mai 1985

(...)

Epilogue (provisoire)

Le régime communiste afghan de Mohammed Najibullah survivra trois ans au départ, en février 1989, des troupes soviétiques. Puis, en 1996, après plusieurs années d’affrontements meurtriers entre clans anticommunistes rivaux, Kaboul tombe aux mains des talibans. Ils s’emparent de Najibullah, réfugié dans un bâtiment des Nations unies, le torturent, le castrent, le fusillent et pendent son corps à un réverbère.

Le 15 janvier 1998, Le Nouvel Observateur demande à M. Brzezinski s’il « ne regrette pas d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ». Sa réponse : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? »

Denis Souchon

L'article est à lire - absolument - dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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C'était en avril 2017... Cette école chère au Collectif Racine... + commentaire...

26 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Chaque jour, un "article" revenant sur l'année 2017...

Un choix arbitraire...

Mais de coeur...

Christophe Chartreux

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Mon collège à l'heure FN (Ceci est une fiction... Pour l'instant)

C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2023, l'avant-dernière de ma carrière d'enseignant.

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs, (Professeurs désormais "embauchés" ou "débauchés" par le principal). Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral de 2022... Un portrait de la Présidente de la République, un drapeau tricolore (encore!) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Chaque matin, je ressentais ce même écoeurement, ce même dégoût... Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Car les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur le champ  ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités. Résistance...

A la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore!), cette fois au pied du mât. Et gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle- par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement lui-même, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc"... A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Cette dame qui avait su si bien lisser son discours qu'elle avait séduit même les plus brillants d'entre nous. Au moins n'avait-elle pas imposé l'apprentissage par coeur de ses discours nombreux. Elle intervenait une fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision  !

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait! Le maître domine! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles inspirées par les oeuvres du Ministre de l'Education Nationale. Dans une autre vie, il avait milité contre le diable en personne, Philippe Meirieu. Il avait commis quelques articles, quelques livres, avait tenu rubrique dans un magazine "de droite". Désormais, il faisait appliquer ce qu'il avait rêvé  : l'école du par-coeur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs. Chaque fin d'année se terminait, y compris en collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. Qui commençait dès le primaire! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans! - pré professionnalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et quasi exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Présidente  :

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. (...) S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. »

(Extrait du programme FN)

"Vivre ensemble"... Oui bien entendu... Mais voilà... Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les français musulmans, les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine, les autres en étant inscrits dans des écoles privées, confessionnelles ou pas.

A vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidaient de ses sangs...

Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du Collectif Racine. 

Christophe Chartreux

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Commentaire/26 décembre 2017

On frémit de constater que même sans le FN au pouvoir, cette "école" décrite ici comporte quelques ressemblances avec celle qu'on nous impose...

Chaque élément surligné est extrait des programmes FN et "Collectif Racine" pour l'école.

Christophe Chartreux

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Souvenir... Macron écrit aux enseignants et oublie beaucoup de choses...(Qui avait lu cette lettre au fait?)

26 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Macron

Résultat de recherche d'images pour "oubli"

«Vous n'êtes plus suffisamment reconnus comme les artisans de la France de demain que vous êtes.»

nous dit M Macron dans une lettre à l'adresse des 850 000 enseignants

«Je veux vous dire toute la confiance que je place en vous»;

«Votre travail doit faire l'objet d'une plus grande reconnaissance de la nation».

Emmanuel Macron ne cite QUE les propositions s'inspirant plus ou moins du programme de gauche:

- trois jours de formation continue (avec ça on va loin);

- augmentation de salaire (bien moindre que celle promise par d'autres candidats);

- diviser par deux les effectifs en CP et CE1 en éducation prioritaire (sans dire comment il compte financer la création de milliers de salles équipées supplémentaires, sauf à demander aux communes de payer, celles-ci étant propriétaires des murs des écoles primaires).

Il oublie évidemment TOUT ce que la majorité écrasante des enseignants refuse:

l'autonomie de recrutement laissée à certains chefs d'établissement.

C Chartreux

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L'étrange déclaration de Blanquer devant les représentants des cultes... Par Claude Lelièvre...

26 Décembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Laïcité

L'étrange déclaration de Blanquer devant les représentants des cultes... Par Claude Lelièvre...

Jeudi dernier, le ministre de l''Education nationale a déclaré que « les esprits sont mûrs » pour que soit développé l'enseignement du fait religieux dans l'Education nationale. De quoi peut-il s'agir puisque cet enseignement existe déjà, et que les « esprits » se sont révélés « mûrs » pour cela depuis pas mal de temps ?

En mars 2002, à la demande du ministre de l’Education nationale Jack Lang, le philosophe Régis Debray publie un rapport intitulé « L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque ». Régis Debray, partisan selon sa formule d’une laïcité non pas d’indifférence à l’égard des religions mais d’intelligence, se prononce pour que le fait religieux soit abordé à l’école publique au nom même de la laïcité.

Lors du débat parlementaire de février 2005 sur la loi d’orientation pour l’avenir de l’école, le député communiste Jean-Pierre Brard propose un amendement : «  Dans le monde d’aujourd’hui où le fait religieux marque tout à la fois l’actualité en permanence et constitue l’un des accès à la culture comme aux arts », il convient «  d’organiser dans l’enseignement public la transmission de connaissances et de références sur le fait religieux et son histoire, dans le respect de la liberté de conscience, et des principes de laïcité et de neutralité du service public ». Cet amendement est approuvé par le ministre de l’Education nationale François Fillon, puis voté par les députés de toutes sensibilités politiques.

Si l’on en juge par ce qui est immédiatement le plus significatif, à savoir les programmes d’histoire pour le collège parus au BO du 28 août 2008, cet amendement a bien eu des retombées précises dans les programmes scolaires.

Un dixième du temps dévolu à l’enseignement de l’histoire en classe de sixième doit être réservé aux débuts du judaïsme (en s’appuyant en particulier sur quelques uns des grands récits de la Bible étudiés comme fondements du judaïsme) ; et un autre dixième du temps doit être réservé aux débuts du christianisme (quelques uns des grands écrits du Nouveau Testament étant eux aussi étudiés comme fondements du christianisme). De la même façon, en cinquième, un dixième du temps dévolu à l’enseignement de l’histoire est réservé aux débuts de l’islam (quelques uns des récits de la tradition – du Coran – étant étudiés également comme fondements de l’islam).

Emmanuel Macron est-il très au fait de ce dossier ? C'est loin d'être sûr si l'on en juge par ce qu'il a proposé le 27 février de cette année devant la « Fédération protestante de France » , à savoir « l'enseignement des faits religieux avec des historiens »...Peut-on faire confiance au ministre de l'Education nationale pour qu'il le ''mette au parfum'' ? Pas si sûr non plus. D'autant que les propos tenus jeudi dernier par Jean-Michel Blanquer à l'Elysée peuvent peut-être prendre du sens à partir d'une proposition de loi présentée par une quarantaine de députés UMP le 5 février 2010 (au moment même où il était DGESCO et Luc Chatel ministre de l'Education nationale) visant à  « renforcer les cours d’instruction civique et à instituer un enseignement du fait religieux ». .

Quel peut donc être le sens de ce projet de loi qui prétend ‘’instituer’’ un enseignement du fait religieux à l’école alors qu’il était d’ores et déjà dûment programmé ? Doit-on pour en saisir le sens faire un sort particulier (et lequel ?) à une partie de l’exposé des motifs en faisant très attention à la façon dont ils sont exprimés : « La présente loi a pour objectif d’instituer un enseignement des religions et de leur pratique dans le cadre scolaire ».

Et quid du sens de l'intervention de Jean-Michel Blanquer devant les représentants des cultes en France ? D'autant que selon « Le Monde » du 23 décembre « les douze hommes de religion ont demandé si les cultes seraient associés à la construction de ces programmes et ont compris que la porte ne serait pas fermée »

Dans cette même réunion à l'Elysée le Président de la République Emmanuel Macron a rappelé que, selon la philosophie de la loi de 1905, « c'est la République qui est laïque , pas la société». Sans doute. Fort bien. Mais si la République est laïque, l'Ecole de la République doit l'être aussi. Il ne saurait être question (de près ou de loin) qu'elle « enseigne des religions ». Elle peut sans doute enseigner les ''faits religieux'', mais en faisant très attention à les enseigner de façon'' laïque''.

A n'en pas douter, des éclaircissements s'imposent. Et on les attend avec quelque impatience.

Claude Lelièvre

Ci-dessous les programmes officiels...

Qui datent... Les piqures de rappel semblant nécessaires, en voici donc un certain nombre:

Sans oublier les passerelles avec les programmes d'Histoire

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Madeleine Peyroux...

25 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Mohammed Dib...

25 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Mohammed Dib...

 «Je suis revenu chez moi. Ce n’est pas un rêve, j’ai retrouvé mes montagnes. Tournant le dos au bas-pays, la dechra se découvre soudain, tapie dans une crevasse, après un méandre du chemin. Il faut quitter la route et s’en remettre au sentier de chèvres qui grimpe du fond de la vallée. Au bout, on est accueilli par cette espèce d’anse. Aussitôt on s’y sent plus isolé qu’en haute mer. Les habitations : quelques cabanes de glaise et, creusées à même la roche, des grottes qu’aveugle un mur, ce sont celles-là mêmes qui m’ont vu naître, et courir, enfant. Tout est à la fois vide, abandonné, et hanté par de muettes ombres…»

Mohammed Dib - Le Talisman

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"Je touche le parapet de pierre blanche, je m’y tiens. Il m’arrive à la taille. Je me plonge dans la contemplation de l’océan. A croire que je suis venu pour ça. Mais c’est que toute la lumière est là, liquéfiée. Un infini de lumière et il déroule ses lourds plis brillants, ne cesse de se mouvoir, de se rapprocher sans jamais arriver. Médusé par ce spectacle Il était partagé entre ce qu’il voyait dehors, cette lumière, cette malédiction, et ce qu’il voyait en dedans, le même lumière, la même malédiction, je reste là. Malgré moi pourtant mes yeux se mettent à chercher, à fureter, vont d’un coin à un autre, entreprennent ce pour quoi je suis de retour en ces lieux. Et que fait l’océan pendant ce temps, il joue. Je le considère, intrigué mais à moitié seulement, étonné mais seulement à moitié : à quel jeu joue-t-il? Il appelle, dirait-on, n’en finit pas d’appeler. Qui pourrait-il appeler, ou quoi? Attirer l’attention, c’est ce qu’il veut? Il fixe sur moi des yeux presque humains, des yeux par milliers, il en est couvert, je ne me vois pas scruté par cette folle quantité d’yeux épars. Ou il essaye de calmer, d’endormir en lui quelque chose qui le travaille et il laisse aller ses regards dans tous les sens, c’est ça, une chose qui demeurera toujours inconnue de nous."

Mohammed Dib - Les terrasses d'Orsol

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Doctrice ou doctoresse ? Histoire de la langue française au féminin... (Audio)

25 Décembre 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Histoire, #Langue, #Femme

Doctrice ou doctoresse ? Histoire de la langue française au féminin... (Audio)

2001 |Autrice ou écrivaine, doctrice ou doctoresse ? Dans "Tire ta langue", en mars 2001 il était question du féminin dans la langue française. Antoine Perraud et Simone Douek s'entretenaient avec Benoîte Groult, Bernard Cerquiglini et Nicole Cholewska.

Féminiser les noms, c'est aussi respecter la souplesse, l'évolution et la vie de la langue. Le 27 mars 2001, "Tire ta langue" proposait une thématique sur la féminisation des noms, entre histoire de la grammaire et histoire des mentalités, avec Benoîte Groult, écrivaine, ancienne présidente de la Commission ministérielle pour la féminisation des noms, Bernard Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue française et Nicole Cholewska, grammairienne et chercheuse.

"La langue n’est pas neutre, elle reflète les préjugés d’une société. Au fond, ce qui n’est pas nommé n’existe pas. On ne voulait pas nommer certaines femmes dans des positions de prestige qui était le bastion des hommes. Dans les positions subalternes ou qui ne gagnent pas beaucoup d’argent, qui n’ont pas beaucoup de pouvoir, là on se féminise, il n’y a jamais eu d’histoire : la standardiste, l’ouvrière… Mais dès qu’on monte, c’est étonnant, dans l’échelle sociale, tout à coup à partir d’un certain niveau, il y a le blocage. On est directrice d’école maternelle à la rigueur, mais à la Recherche nationale on est Madame le directeur. Ce qui prouve que c’est dans les têtes qu’est le blocage et pas du tout dans les langues !" Benoîte Groult

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L'acquisition du langage chez le bébé... (Vidéo)

25 Décembre 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Langage, #Enfance

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C'était en mars 2017... La recherche en éducation est-elle aussi inutile que nuisible?...

25 Décembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

C'était en mars 2017... La recherche en éducation est-elle aussi inutile que nuisible?...

Chaque jour, un "article" revenant sur l'année 2017...

Un choix arbitraire...

Mais de coeur...

Christophe Chartreux

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Suffit-il pour enseigner de faire appel à l’expérience, à «  ce qui s’est toujours fait  », à ce que pense prétendument la majorité (des enseignants ? des Français ?) ? Les recherches en éducation n’ont pas bonne presse, sauf peut-être ce qui serait une «  application  » simpliste des neurosciences. Pourtant, peut-on faire avancer notre système éducatif sans l’apport de la sociologie, ou l’enseignement disciplinaire sans les travaux de didactique ?
 
«  En matière de méthodes d’enseignement, il vaudrait mieux privilégier le bon sens que les fumeuses théories des sciences de l’éducation.  »
 
Commençons par faire l’article. Existe-t-il une recherche en éducation ? Non. Il existe des recherches très diversifiées, relevant de multiples disciplines de recherche. Celles-ci travaillent «  directement  » sur l’éducation ou l’école (sciences de l’éducation, sociologie de l’éducation, histoire de l’éducation, éducation comparée, didactiques…) ou «  indirectement  » (neurosciences, psychologie du développement…). Pour compliquer encore un peu les choses, à l’intérieur de chacune de ces disciplines, existent divers courants et des débats importants. Et, de surcroit, de telles recherches existent dans presque tous les pays.

«  Les enseignants agissent plus sur la base de croyances fondées sur leur expérience que de connaissances produites par la recherche.  »

Olivier Rey, «  Entre laboratoire et terrain : comment la recherche fait ses preuves en éducation  », Dossier de veille de l’IFÉ, n° 89, janvier 2014.

Dès lors, on peut se poser la question de l’aveuglement qui pousserait tant de gens et tant de pays à mener ou à soutenir de telles recherches. Ou, à l’inverse, on peut se poser la question de la fatuité (de la prétention ?) de ceux qui penseraient connaitre la totalité de ces recherches et qui leur dénieraient (à partir de quelle position ?) tout intérêt, en faisant accroire qu’elles constitueraient un ensemble monolithique et consensuel.

Peut-être faut-il aussi préciser quelque peu ce qu’est une recherche ? Pour le dire sans doute trop vite, c’est une tentative de réponse instrumentée à une question ou à plusieurs questions qu’on estime pertinente(s). Par exemple, les raisons du décrochage scolaire et les moyens de lutter contre ce fléau.

Concepts, données, méthodes

En quoi consiste l’instrumentation ? Il s’agit, d’une part, de l’utilisation de cadres théoriques, de concepts, dont l’intérêt a été discuté et éprouvé dans le champ scientifique. Il s’agit, d’autre part, de la constitution de données à partir de méthodes, elles aussi discutées et éprouvées (observations, questionnaires, entretiens…), méthodes dont l’utilisation doit être justifiée et explicitée. Ce travail, qui met en interaction théories et données, peut durer de quelques mois à quelques années et est débattu, sur ces bases explicites, dans des colloques et des revues scientifiques. Cela diffère donc radicalement de l’espace social des discours courants où l’on peut polémiquer sans fin sur des bases aussi floues que partisanes.

On peut certes se priver de cela. On soumet alors les fonctionnements scolaires aux discours d’opinion. Est-ce un gage de sérieux, aussi bien pour lutter contre l’échec scolaire que pour éviter la gabegie financière ? Je ne le pense pas. Il conviendrait d’ailleurs de s’interroger sur les raisons pour lesquelles on soutient plus rarement les mêmes positions concernant la recherche en matière de sécurité ou de médecine. L’éducation serait-elle moins importante ou moins sérieuse ?

J’apporterai encore une précision : en matière de recherche, il s’agit essentiellement de décrire, d’analyser, de comprendre, de tenter d’expliquer, voire d’ouvrir des possibles en matière de pratiques. Il ne s’agit donc pas de prescrire comme le prétendent certains. On conviendra alors que désigner recherches et chercheurs comme responsables des problèmes éducatifs tient pour le moins d’une exagération à interroger.

Yves Reuter
Professeur de didactique du français à l’Université Charles de Gaulle-Lille 3

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Ce qu’en dit Antoine Prost
«  Vouloir que la recherche soit plus utile, qu’elle serve davantage, est une exigence pleinement légitime. Beaucoup de nos interlocuteurs ont développé ce thème, à partir d’arguments divers. Les uns cherchent ainsi à renforcer leur légitimité sociale. Les autres, plus centrés sur l’institution et ses missions, comparent volontiers l’éducation à la médecine : pour eux, gérer à l’aveugle une activité sociale aussi importante que l’éducation sans s’appuyer sur des ensembles de recherches est un pur non-sens. La recherche est ici l’un des moteurs du progrès. Mais les uns comme les autres refusent d’opposer utilité sociale et rigueur, Les efforts nécessaires scientifique car celle-ci est la condition de celle-là, tant il est évident que, pour être utile, une recherche doit être exacte et fournir les preuves de ce qu’elle avance…  »
Pour un programme stratégique de recherche en éducation, rapport au ministre de l’Éducation nationale, juillet 2001.
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