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Vivement l'Ecole!

Vers l'école de demain... La grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République doit se poursuivre et s’amplifier - Najat Vallaud-Belkacem... (6)

1 Décembre 2017 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Vers l'école de demain... La grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République doit se poursuivre et s’amplifier - Najat Vallaud-Belkacem... (6)

En 10 points - à raison d'un par jour - propositions pour une "Ecole de demain"

6- La grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République doit se poursuivre et s’amplifier

La grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République après les attentats de janvier 2015 a donné lieu à un mouvement sans précédent. Le risque de dislocation de notre unité républicaine engageait notre responsabilité collective et j’ai voulu une mobilisation à la mesure de la tragédie qui venait de frapper la Nation et qui malheureusement devait connaître d’effroyables répliques. Ce furent de multiples actions déployées sur l’ensemble du territoire national, tels la mise en œuvre dès la rentrée 2015 des nouveaux programmes de l’enseignement moral et civique ou encore le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information et le cadre du parcours citoyen. Ce furent l’engagement d’une formation à destination de 300 000 enseignants et personnels d’éducation sur les thématiques de la citoyenneté et des valeurs de la République et la création d’une Réserve citoyenne aujourd’hui forte de plus de 6 000 membres issus de toutes les sphères de la société civile. Nous avons mobilisé les Espe pour la formation à la laïcité des futurs enseignants et éducateurs, mis à disposition le livret laïcité à destination des chefs d’établissement et des directeurs d’école en complément de la Charte de la laïcité à l’École et des ressources qui ont accompagné sa publication. Tout a été mis en œuvre pour appliquer avec fermeté mon engagement de ne laisser sans suite aucune atteinte au principe de laïcité, ni aucune équipe éducative esseulée, livrée à elle-même.

Au-delà de l’indispensable rétablissement de l’autorité des maîtres et de la transmission des principes laïques, renforcer la pédagogie de la laïcité nécessite d’agir sur tous les leviers pour permettre à nos élèves d’être capables de penser les savoirs dans leur contexte, dans leur environnement. C’est tout l’enjeu de l’esprit critique dans un contexte où se développent le complotisme, la radicalisation, la pensée en kit. L’enjeu des prochaines années sera d’actualiser sans cesse les contenus, les dispositifs ou actions proposés, les formations en lien avec les chercheurs pour adapter nos réponses à l’évolution rapide des nouvelles pratiques des élèves.

Il est plus que jamais besoin d’outiller nos élèves dans leur construction citoyenne. Nous avons pour cela démultiplié les partenariats avec les acteurs de la citoyenneté au sens le plus large pour bâtir de véritables alliances éducatives : associations, fédérations et grands mouvements d’éducation populaire engagés sur le terrain de la citoyenneté, de l’égalité filles-garçons et de la lutte contre les discriminations, institutions mémorielles, musées, acteurs sociaux, culturels et sportifs, professionnels des médias et de l’information, et tous ceux qui avec eux ont immédiatement proposé de nous aider dans cette mission. Nous avons créé un portail de ressources sur les valeurs de la République avec le concours de chercheurs, de penseurs, de praticiens et d’intellectuels parmi les plus reconnus pour la qualité de leurs travaux et réflexions.

Cette mobilisation est un chantier pour les dix à quinze années qui doit se poursuivre et s’amplifier, en donnant toujours plus de place à la prise de responsabilité et à l’engagement des élèves, si nous voulons une société démocratique digne de ce nom.

Najat Vallaud-Belkacem

Demain:

Vers une École du « bien-être » et de l’exigence dans la lutte contre le décrochage

Pour lire les chapitres 1, 2, 3, 4 et 5 cliquer ci-dessous

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Du vent dans le redoublement... Ou quand le coup de com' remplace l'action...

1 Décembre 2017 , Rédigé par Unsa Publié dans #Education, #Redoublement

Du vent dans le redoublement... Ou quand le coup de com' remplace l'action...
Le redoublement ne sert à rien, tout le monde le sait et depuis longtemps.
 
Cependant, le ministre de l’Éducation vient de proposer, dans un grand battage médiatique, un projet de décret à ce sujet. Décret qui va permettre aux familles et aux enseignants les plus traditionalistes de penser que le redoublement peut désormais être considéré comme un outil pertinent de remédiation aux difficultés des élèves.
 
Le décret actuel réservait le redoublement à des cas de rupture des apprentissages scolaires (pour des raisons médicales ou parce que l’élève est empêché d’apprendre pour diverses raisons).

Le décret proposé aujourd’hui en commission spécialisée pose le redoublement comme un outil utile en cas de difficultés importantes d’apprentissage, si les dispositifs d’accompagnement pédagogique ont échoué.

Dans le premier degré, le redoublement pourra être proposé une fois par cycle au maximum.
Dans le second degré, il pourra être imposé à tout moment. Cela ne pourra que durcir les relations avec les familles et relancer les procédures d’appel.
 
Le redoublement comme outil de remédiation va à l’encontre de la logique des cycles, organisés pour laisser à chaque élève le temps de faire ses apprentissages à son rythme.
 
Dès lors, et alors que toutes les politiques récentes ont été dans le sens d’une diminution drastique des redoublements, on pourrait à nouveau retrouver des élèves en fin de collège avec trois ans de retard !
 
On est donc face à un double discours.
 
D’une part, la volonté affichée de s’appuyer sur la recherche pour guider les politiques éducatives, d’autre part la volonté de suivre le « bon sens » de l’opinion publique.
 
D’une part marteler la nécessité de faire confiance aux équipes et de l’autre leur proposer un outil qui ne sert à rien, les laissant se débrouiller à moyens constants sur le terrain.
 
Car il ne faut pas se leurrer, les dispositifs actuels ne sont pas suffisants. Jean-Michel Blanquer s’achète donc à bon compte l’image d’un ministre soucieux d’exigence et qui se bat pour rétablir l’autorité des maîtres et des savoirs.
 
Concrètement, ce décret risque de relancer des pratiques inefficaces voire nocives sans proposer les moyens matériels et humains dont l’école de la République a besoin pour offrir à tous les élèves une réelle égalité.  
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Pédagogie au gourdin... Ou l'école "Macron" vue d'un pays voisin...

1 Décembre 2017 , Rédigé par Le jeudi

Goya - Duel

Goya - Duel

Pédagogie au gourdin

Dans un épisode d’Astérix, on pratique la psychologie au gourdin. Cela fait rire. Dans les écoles, on continue à faire de la pédagogie avec les mêmes moyens. Cela ne devrait pas prêter à la plaisanterie.

En France, le nouveau ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a décidé de rétablir la possibilité du redoublement, lequel avait été rendu exceptionnel par la précédente titulaire du poste, Najat Vallaud-Belkacem. Si ce n’est pas un retour de balancier purement idéologique, la terre est plate. Clivage assuré dans les commentaires et triomphe des partisans du surplace scolaire: halte au laxisme, place à l’excellence, à la qualité, à la sanction, à la compétition, à la hiérarchie. Un retour en arrière comme celui-là trouve forcément grâce aux yeux des plus réactionnaires, ceux qui pensent qu’on a toujours fait comme ça et qu’ils s’en sont bien sortis, qu’on peut parfaitement se laver avec un seau d’eau froide et que manger de l’huile de foie de morue forme la jeunesse.

Le redoublement, c’est comme le renforcement policier ou la traque des chômeurs: plutôt un signal de communication politique qu’un projet de société. Car toutes les études sérieuses indiquent que ce vieux système n’a aucun effet, sinon néfaste, pour ceux qui en sont la cible, en plus d’avoir un impact négatif sur le niveau général. Mais il est plus facile d’imposer à un enfant un système périmé que de l’aider à acquérir des compétences à son rythme. Au Grand-Duché, faut-il l’écrire, le taux de redoublement reste un des points faibles du système d’enseignement.

Thierry Nelissen

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Revue de Presse Education... Une fable moderne : L’élève, le ministre et l’universitaire. (…)

1 Décembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Une fable moderne : L’élève, le ministre et l’universitaire. (…)

"L’élève, le ministre et l’universitaire" : La revue de presse du jour peut s’apparenter à une fable, à l’instar du sort des universités vu par The Conversation. Pendant que la presse continue à nous abreuver d’informations sur notre "nouveau" ministre, les universitaires s’interrogent et l’élève fait l’objet d’attentions diverses et variées, évidemment toutes centrées sur son intérêt et sur son bien être.

L’élève au coeur de toutes les attentions

La presse du jour est très centrée sur l’élève, son bonheur et ce qui est bon pour lui. Avec, vu d’en haut, des ambitions considérables.

On veut améliorer son rapport à l’alimentation. Après la déclaration de Nicolas Hulot, souhaitant instaurer un repas végétarien par jour dans les cantines scolaires, la parole est aux nutritionnistes. Sur France Info par exemple. Menus végétariens dans les cantines : "L’éducation nutritionnelle est importante dès la petite enfance", nous dit ainsi Florence Foucaut. Elle explique que la disparition de la viande dans un repas n’est pas un problème à condition que les qualités nutritionnelles perdues soient compensées. Et de conclure "Sensibiliser les enfants à la variété alimentaire est extrêmement important. L’éducation nutritionnelle est importante, elle commence dès la petite enfance. Il y a l’éducation au goût, et aussi l’éducation à la diversification, au fait qu’il faut manger de tout, de façon raisonnée, connaître les aliments. C’est extrêmement important pour faire des adultes responsables et des adultes, surtout, en bonne santé".

Encore faut-il, bien entendu, que les enfants aient accès à la cantine. Sujet toujours polémique (étonnamment, car il peut sembler incongru, aujourd’hui, de théoriser le fait que certains enfants n’auraient pas droit d’accéder aux cantines scolaires...), mais sujet que l’on espère clos (on peut toujours rêver) avec la réaffirmation du fait que l’inscription à la cantine est bien un droit absolu, comme le rappelle le Café pédagogique suite à une décision du tribunal administratif de Besançon, appelée à faire jurisprudence. "L’inscription à la cantine scolaire est elle un droit relatif ou absolu ? A Besançon, la commune st poursuivie devant le tribunal administratif pour le refus d’inscription d’un écolier. La commune argue du manque de places est estime que l’article L 131-13 du Code de l’éducation prévoit implicitement, par sa seconde phrase, que le droit d’inscription est relatif au nombre de places à condition qu’il n’y ait pas de discrimination. Cette interprétation est repoussée par la rapporteure publique. Elle se fonde sur les débats publics lors de l’adoption de l’article. "Au vu des débats parlementaires, il nous semble donc qu’en application de l’article L. 131-13 du code de l’éducation, dès lors qu’un service de restauration scolaire a été créé, tous les enfants scolarisés dans une école primaire ont un droit absolu à être inscrits à la cantine si leurs parents le demandent". A l’inverse le refus d’inscription aux activités périscolaires sont jugées légales."

On veut améliorer son attention. C’est en tout cas ce que nous explique l’e-mag VousNousIls en nous présentant le programme ATOLE qui "permet aux profs d’apprendre à leurs élèves à mieux se concentrer. Un outil précieux face à des enfants de plus en plus distraits". "Directeur de recherches au Centre de recherche en Neurosciences de Lyon (CNRL) de l’Inserm, Jean-Philippe Lachaux a conçu un programme d’éducation pédagogique de l’attention en classe (du CP à la 5e). ATOLE (« Attentif à l’école ») utilise les neurosciences et la psychologie cognitive pour apprendre aux enfants à renforcer leur concentration. [...] Il s’agit d’une animation à mener en classe, toute l’année. L’enseignant explique aux élèves, de façon scientifique et didactique, ce que signifie se concentrer, et ce qu’il faut faire pour le rester, grâce à des techniques concrètes. Il décortique les mécanismes de l’attention, apprend aux enfants à déceler les sources de distractions, puis à développer leur sens de l’équilibre attentionnel. Pour cela, il utilise 10 fiches de séquences, avec des activités clés en main, pouvant être déclinées sur plusieurs séances."

Conclusion en forme de titre de l’article : L’attention n’est pas au programme à l’école... et elle devrait l’être. Un article que les parents liront sans nul doute avec la même attention que les enseignants !

Et bien entendu, on veut améliorer le bonheur qu’il éprouve à redoubler. Le Café pédagogique compile ce matin les informations concernant un supposé "retour du redoublement" annoncé hier par le ministre (voir la revue de presse de Géraldine Duboz). Un retour entre recherche et recherche de popularité, titre astucieusement le quotidien du matin. "Le redoublement pourra désormais être décidé par le chef d’établissement ou le conseil des maîtres. C’est le sens d’un projet de décret examiné en commission le 29 novembre. Le texte applique les déclarations du ministre en mai dernier. Alors que toutes les études démontrent l’inutilité ou la nuisance du redoublement, à coup sur au primaire, JM Blanquer a décidé de passer outre. Déjà fâché avec de nombreux chercheurs, le ministre "scientifique" a-t-il décidé d’oublier la recherche ? Et pourquoi ?". De fait, la réponse à cette dernière question est dans le titre de l’article.

Le ministre au coeur de toutes les attentions

Nulle revue de presse objective, donc, sans un petit détour par la personnalité, l’action ou les valeurs du ministre. Aujourd’hui, c’est Le Monde qui s’y colle à travers un portrait que l’honnêteté intellectuelle oblige à qualifier de "peu nuancé", sous la plume de Philippe Ridet. Un titre, il est vrai, tout aussi astucieux que celui du Café pédagogique : Jean-Michel Blanquer, la politique adroite. "Ni restaurateur ni réformateur, le ministre de l’éducation nationale s’attache à donner des gages aux anciens et aux modernes. Son but ? Sortir l’école du clivage droite-gauche. Vaste débat dans la rédaction de la revue de presse : est-ce bien là, en effet, le but du ministre ? Chacun jugera, exerçant son esprit critique, à la lecture de cet article (et de tant d’autres !). Monsieur Blanquer parvient-il à dépasser le clivage gauche-droite ? Là aussi, comme pour le Café pédagique, la réponse n’est-elle pas tout simplement dans le titre, pour peu qu’on veuille bien en avoir une lecture phonétique ?

L’université au coeur de toutes les attentions

Retour à l’élève, par le prisme du stade ultime des ambitions scolaires d’aujourd’hui : l’entrée à l’université, à défaut de pouvoir accéder ensuite au graal, le droit d’enseigner.

Dans une tribune publiée par Alternatives économiques, Camille Peugny, sociologue à l’université Paris 8, nous dit que La « réforme » de l’entrée à l’université ne fera qu’aggraver les inégalités. "Le projet de loi « orientation et réussite des étudiants » semble paré des vertus de l’évidence. Il s’agit de réduire l’échec en licence et d’assurer à chaque bachelier une place dans l’enseignement supérieur. Avec en vue le fait que, d’un point de vue collectif, la France a besoin de diplômés, et que d’un point de vue individuel, le diplôme protège du chômage. Si de nombreux bacheliers échouent à l’université, ce serait parce qu’ils sont mal orientés et qu’on les laisse s’engager dans des filières pour lesquelles ils ne sont pas préparés. Pour rompre avec cet état de fait, il faudrait que les enseignants du secondaire les informent mieux et davantage, d’une part, et que les universités communiquent les « attendus » et autres prérequis nécessaires à la réussite dans leurs différentes filières d’autre part.". Plus nuancé, Pierre Rondeau, professeur à la Sports Management School, pose la question : Est-il plus juste et efficace de sélectionner les étudiants à l’université ou de laisser faire le hasard ?. "Fini le mystérieux algorithme du site APB, place maintenant à une forme de sélection light des bacheliers par les universités qui édicteront certaines compétences attendues au préalable. Décriée à gauche comme à droite, la réforme va-t-elle dans le sens d’une plus grande justice et d’une meilleure efficacité ?" Son article, en réalité, pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse, preuve sans doute que le débat est loin d’être clos.

Un autre débat, qu l’on croyait clos, semble devoir se réactiver, celui de la taille idéale des universités. On doit à l’anthropologue de l’EHESS et du Collège de France Wiktor Stoczkowski un parallèle entre la recherche de taille critique et la célèbre fable de La Fontaine : « Une Grenouille vit un Bœuf qui lui sembla de belle taille… », ou comment (ne pas) moderniser les universités françaises (The Conversation). "Les réformes imposées en France à l’enseignement supérieur et à la recherche marquent depuis un certain temps une constante : le postulat qui les guide, devenu un dogme en dépit des alternances politiques, présuppose que l’enseignement supérieur et la recherche ne pourront viser à l’excellence et à la reconnaissance internationale sans que les institutions qui en ont la charge ne se regroupent pour former des entités de grande taille, seules capables – dit-on – d’égaler les universités les plus prestigieuses".

Enfin, tout au bout du processus d’attention aux élèves, le Graal, le but ultime : devenir à son tour professeur. Mais à lire la presse du jour, cela s’annonce un peu plus compliqué que prévu. En effet, la source se tarit. Concours enseignants du second degré : le nombre de postes offerts publié, titre VousNousIls, dans un article très factuel et bourré de chiffres passés et présents. Une conclusion à la lecture de ces chiffres par Les Echos : L’Education nationale va réduire ses recrutements d’enseignants dans les collèges et lycées. "Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, veut «  tirer les conséquences des postes ouverts aux concours qui ne sont pas pourvus  ». Au concours du Capes externe, le nombre de postes offerts va baisser de 20 % en 2018.

"Moralité, l’élève, fort honoré de tout le bien que lui veulent les adultes, pourrait bien - à son corps défendant - revenir au centre de l’école, au grand dam de certains des professionnels de son éducation, pour qui une telle ignominie ne saurait se concevoir...

Lionel Jeanjeau

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