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Vivement l'Ecole!

Pourquoi lire les philosophes arabes... "L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation." Averroès

19 Novembre 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Philosophie

Lire les philosophes arabes médiévaux avec l’œil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités. Leurs travaux dans de nombreux domaines, comme la médecine, la logique ou l’histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la pensée européenne.

Lire ces philosophes arabes, c’est aussi les inscrire dans la tradition et le patrimoine de l’humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité où religion et philosophie sont pensées de manière conjointe. Le médiéval rejoint alors le contemporain dans cette riche histoire qui est celle de l’humain et de l’intellect.

"L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation." Averroès

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Education - Vers une jeunesse éparpillée... Façon puzzle...

19 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education - Vers une jeunesse éparpillée... Façon puzzle...

Il en est des débats comme des plats. Plus on repasse les mêmes, moins on a envie d'y goûter. Ce fut le cas pendant des mois au sujet de la réforme du collège, dite "Collège2016". Celle-ci, après avoir franchi les obstacles mis en travers de son chemin, commençait à s'installer. Toujours accusée de tous les maux par les mêmes qui ont mis en oeuvre son empêchement d'abord, puis le ralentissement de son application effective.

Cette réforme allait être, je cite :

- "responsable de la mort du Latin, du Grec et de l'Allemand", alors que Latin, Grec et Allemand vont aujourd’hui à nouveau poursuivre l'entre-soi dans lequel ces options étaient confinées et leur inéluctable descente aux enfers par la réduction des effectifs concernés, chaque année un peu plus importante. Latin, Grec et Allemand qui reprenaient des couleurs;

- "responsable de la haine de l'excellence et des bons élèves", alors que la réforme ne s' "attaquait pas" pas aux bons élèves mais mettait à disposition des enseignants les outils nécessaires à la réduction des écarts entre les plus en difficultés et ceux n'en ayant aucune ou très peu;

- "responsable du nivellement par le bas", alors qu' un nombre d'élèves bien plus important qu'auparavant avait accès à ce qui, avant la réforme, lui était souvent interdit;

- "responsable de la désorganisation des établissements par la précipitation qui a présidé sa mise en application", alors que les débats ont commencé il y a des années. Souvenons-nous de l'Appel de Bobigny qui portait en germes tout ce que la réforme du collège mettait en application. Cet appel fut présenté et approuvé par TOUS les syndicats d'enseignants le 20 octobre...2010. Avant l'élection de François Hollande, Vincent Peillon travaillait DEJA à la mise en place de cette réforme. Ce dernier, comme Benoit Hamon, puis Najat Vallaud-Belkacem, n'ont eu de de cesse d'impliquer des centaines de professionnels de l'éducation pour une construction préparée et concertée.

Tout cela en contradiction absolue avec la nécessité affirmée, y compris par les opposants les plus virulents, de réformer le collège, ce "maillon faible".

Des opposants :

- attaquant très violemment l'Aide Personnalisée et les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui pourtant offrent la possibilité de croiser les disciplines (sans jamais les remettre en cause), en donnant du sens aux apprentissages jadis cloisonnés, en plaçant les élèves dans des situations de construction et de réalisation de projets ;

- mettant en doute les capacités des enseignants à travailler en équipe, voire en affirmant que tous les enseignants de collège travaillaient DEJA en équipe - ce qui est très rare et ne concerne que quelques collègues par équipe pédagogique, non par manque d'envie mais souvent de formation continue. Ce travail en équipe est pourtant - toutes les études le démontrent, tous les établissements dits "innovants" travaillent ainsi depuis des années avec des résultats incontestables et incontestés - une urgence dans un pays où, il est vrai, le travail en équipe est étranger à l’organisation historique du système éducatif très pyramidal. A ce sujet je ne peux que conseiller la lecture éclairante du texte de Daniel Calin ici:

http://dcalin.fr/textes/equipe.html

- mettant en cause la simultaneité de la refondation des programmes ET de l'évaluation, alors que c'est à cette condition de simultanéité dans le temps que la réforme entre en cohérence avec ses attendus. Procéder par étapes successives eût amené les élèves du niveau 3e à attendre 2020 pour espérer être concernés, ce qui aurait entraîné des distorsions TRES désorganisatrices!

Tout cela soutenu par quelques "experts" véritables ou autoproclamés, chroniqueurs permanents et omniprésents, humoristes sans humour, philosophes trop heureux de se voir offrir des tribunes inespérées transformées en polémiques alimentant les réseaux sociaux de commentaires d'une indigne violence, plus inacceptable encore quand elle était l'oeuvre d'enseignants.

Qui n'a pas entendu les Christophe Barbier, Natacha Polony, Nicole Ferroni, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Jean-Paul Brighelli, Carole Barjeon et tous ceux que j'oublie car je préfère les oublier, ne s'en porte que mieux tant leurs diatribes, critiques outrées et outrancières, caricatures approximatives jusqu'aux mensonges, n'apportaient strictement rien au débat nécessaire que tous ceux-là n'ont contribué qu'à assécher, faute d'arguments et de propositions attendues.

On les attend encore!

Mais faisons quelques rappels :

- La réforme du collège, qui aurait pu aller plus loin, plus vite, plus fort - la Ministre l'aurait souhaité - avait l'immense mérite d'exister ENFIN pour commencer à grandir;

- C'était une réforme sociale. Ce qui a déplu à certains, y compris à cette autoproclamée "vraie gauche" qui battait le pavé avec... le SNALC (Syndicat enseignant "marqué à droite" comme on dit);

- C'était est une réforme solidaire dans un pays qui vit, depuis plusieurs années, une crise des solidarités et des replis identitaires. Replis se manifestant par des exclusions aux visages multiples qui sont autant de négations de l'égalité des droits:

exclusion de ceux qui ont toujours moins;
exclusion des quartiers dits "difficiles";
exclusion de toutes les minorités;
exclusion des familles non francophones;
exclusion d'établissements à l'écart des métropoles, isolés en milieu rural;
exclusion des "étranges étrangers" et de tous ceux qui ne sont pas "nous";
exclusion des décrocheurs, "produits" non pas par le collège, mais par ses dysfonctionnements.

Ceux-ci aggravés par des gouvernements de droite qui n'ont eu de cesse et n'auront de cesse désormais d'appliquer des politiques de destruction d'emplois, de sélection par l'échec, de refus du concept d'éducabilité condamnant, comme un Bruno Le Maire l'affirmait dans son programme de candidat avant de devenir ministre dans un gouvernement bien campé sur sa jambe DROITE, un élève faible en CM2 sans lui laisser d'autre espoir qu'une orientation par l'échec, donc subie. A dix ans!

Jamais je n'accepterai de dire à un enfant de 10 ans: "Tu dois désormais songer à une autre scolarité. Tu n'es plus éducable".

La réforme du collège avait fait un choix, voulu et porté par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem à laquelle l'Histoire donnera raison et rendra hommage. Ce choix, c'était celui du refus d'un autre choix, souvent illustré par les travaux de François Dubet: "Le choix de l'inégalité" qui accompagne toujours les exclusions que nous venons d'énumérer.

Un refus motivé non pas par la volonté d' un égalitarisme utopique et dangereux, mais pour simplement respecter une valeur fondatrice de notre République: l'égalité, celle des droits et devoirs, l'égalité par le rééquilibrage des moyens, aussi: donner plus à ceux qui ont moins. C'est clair, simple et tellement évident!

L'Ecole est pourtant redevenue un terrain de "jeu" réservé à quelques-uns. A ces "quelques-uns" très au courant des codes scolaires obscurs à tant d'autres, ces "quelques-uns" culturellement armés pour accompagner leurs enfants vers la réussite.

Doit-on les en blâmer? Certainement pas! En revanche, inquiétons nous de constater à quel point les exclus - toujours issus des mêmes catégories sociales - sont de plus en plus exclus. Surtout lorsque ces "exclus" ne constituent plus - inconsciemment - un "terrain d'avenir" pour celles et ceux qui en ont la responsabilité pédagogique mais sont stigmatisés, transformés en "problèmes". Combien de fois ai-je entendu cette phrase lors des conseils de classe:

"Cet élève pose problème". Comprendre: "Cet élève EST un problème". Terrible! Alors ceux-là ne sont plus des élèves. Ils se transforment en "décrocheurs", "absentéistes permanents", "intenables", "irrécupérables". En un mot ils deviennent responsables, coupables de leur malheur. Et coupables du malheur qu'ils infligent aux autres, "ceux qui suivent".

Nous - les enseignants - touchons du doigt cette crise des solidarités. Comment aurions-nous pu - et les opposants à la réforme du collège auraient du s'interroger avant de crier à la fin de la civilisation par l'abandon du Latin et du Grec, abandon absolument jamais acté - participer à cet abandon des solidarités?

Pourquoi avoir ouvert la porte du triomphe à une droite dont l'objectif annoncé était de briser plus encore toute velléité solidaire à l'égard de celles et ceux que les dysfonctionnements de l'école - dysfonctionnements que cette droite à alimentés de manière continue - ont contribué à écarter?

Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais! Voilà pourquoi j'ai soutenu cette réforme: sociale et solidaire, sans rien rabattre sur le "niveau" ni sur les "disciplines"; à l'opposé de l' "identitarisme" triomphant; bienveillante et lucide car consciente du danger réel des "communautarismes"; à contre-courant des "gauloiseries" sarkozystes, des excès zemmouriens ou de la "francité en danger" chère à Alain Finkielkraut.

Voilà pourquoi j'ai soutenu et pourquoi je soutiens toujours Najat Vallaud-Belkacem dans son combat. Elle qui est devenue la cible privilégiée de la droite. Des attaques justifiant à elles-seules le bien fondé de "Collège2016"...

Voilà pourquoi j'estime les "réformes" en cours très dangereuses pour l'avenir de la jeunesse de ce pays. Des "réformes" qui vont la scinder en deux, voir l'éparpiller...

"Façon puzzle"...

Christophe Chartreux

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Et si un jour nous devenions migrants... Protégeons les humains... Pas les frontières... (Video)

19 Novembre 2017 , Rédigé par Le Parisien - Youtube Publié dans #Education, #Migrants

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10 propositions pour changer l'école... Encore et toujours d'actualité....

18 Novembre 2017 , Rédigé par Sciences Po Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "10 propositions pour changer l'école"

« Le constat n'est plus à faire. Des comparaisons internationales aux drames de janvier 2015, il est évident que l'école ne tient pas ses promesses d'efficacité, de justice et d'émancipation de tous. Il est grand temps désormais de proposer des changements profonds et efficaces. Loin d'une énième réforme, détaillée ou cosmétique, touchant au coup par coup programmes, temps scolaire, langues locales ou cantines... François Dubet et Marie Duru-Bellat ont identifié les dix points cruciaux sur lesquels il est possible d'agir vite pour changer l'école. De la formation des enseignants à la définition des contenus fondamentaux - que voulons-nous transmettre, de quoi les jeunes auront-ils besoin - en passant par l'apprentissage à l'égalité, à la citoyenneté, à la laïcité, des définitions claires, des idées fortes aideront à poser un cadre d'action. Le rôle de l'État, tant dans la définition de ces principes que dans le financement de l'éducation (État / collectivités locales) ; celui de l'entreprise qui doit intervenir dans l'apprentissage, dans la formation courte ou longue et l'intégration des jeunes ; celui de la famille enfin, de sa place et de sa responsabilité dans l'éducation... sont discutés, définis, et font l'objet de propositions claires et argumentées. Un livre court, qui ne mâche pas ses mots, s'attaque au coeur du sujet et n'oublie aucun des acteurs concernés : les maîtres, les élèves, chaque citoyen et les élus. »

10 propositions pour changer d'école

François Dubet et Marie Duru-Bellat

Éditions du Seuil - Août 2015 - 160 p. - ISBN-13: 978-2021280258

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En marche vers une "école" dont l'avenir doit inquiéter...

18 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

En marche vers une "école" dont l'avenir doit inquiéter...

Vers une "école" - au sens large - dont l'avenir doit inquiéter...

Même s'il s'en défend - ce gouvernement se caractérise, jusqu'au plus haut niveau, par une incapacité à assumer projets et décisions - le Ministère de l'Education nationale a commencé le "détricotage" des réformes mises en place pendant le quinquennat Hollande. Mesures pourtant chaudement félicitées en leur temps par l'OCDE (Voir lien en bas de page). Cela allait tellement bien qu'il convenait sans doute de tout changer.

Certains propos, certes rapportés par la presse mais accompagnés de guillemets, ne m'ont pas alerté outre-mesure. Le Ministre de l'Education Nationale déroulait un propos oscillant entre prudence et audace, des audaces limitées.

Et puis est venu le temps des mots qui fâchent, clivent, séparent, opposent et toujours se trompent et nous trompent. Je pense aux "pédagogisme" puis "égalitarisme", ces "isme" qui abaissent, enferment, caricaturent, dénaturent et mentent.

La suite - je cite de mémoire et même hors contexte, je ne trahis pas la pensée du locataire de la Rue de Grenelle - fut à l'avenant:

- une école française dans laquelle le latin et le grec seraient un "enjeu de civilisation", ajoutant (Le Parisien) que latin et grec seraient absolument indispensables à la compréhension de l'étymologie;

- ces deux langues "structurant nos mentalités";

"Civilisation", "Latin à l'origine exclusive de nos étymologies", "Latin et grec structurant nos mentalités"

Arrêtons-nous un instant sur chacun des propos:

- cette "civilisation" renvoyée aux oreilles des enseignants me rappelle quand même TRES fortement les discours sarkozystes des années 2007-2012. Déjà pendant cette période il nous fut très souvent rappelé que "NOUS" étions LA civilisation.

"NOUS",  français dont les ancêtres sont les gaulois! Bien entendu...

"Civilisation"? Laquelle?

- "Latin à l'origine des étymologies et facilitant les apprentissages du français": aucun linguiste ne défend plus cette thèse. 50% des mots du français ne SONT PAS d'origine latine!

On peut aussi parfaitement maîtriser les étymons sans avoir jamais fait ni latin ni grec!

Enfin, puisque le latin et le grec sont des aides aussi précieuses - c'est du moins ce que le Ministère affirme toujours et partout -  pourquoi ne pas les commencer dès le CP jusqu'à la terminale et évidemment pas en options? Manifestement ce Gouvernement n'apprécie pas les enseignements destinés à TOUS les élèves. Il est évidemment moins "politiquement correct" d'affirmer que latin et grec sont de bons outils d'entre-soi pour les enfants de l'élite (si tant est qu'on puisse parler d'élite). Mais ne ravivons pas d'anciennes polémiques...

- "Latin et grec structurant nos mentalités": la structuration des mentalités est un domaine d'une complexité extrême et aucun psychanalyste, ni psycho-linguiste, ni socio-linguiste ne pourra jamais soutenir cette affirmation, prononcée j'ose l'espérer dans la précipitation d'une Interview.

Alors et pour terminer, trois propositions qui auraient le mérite, pour les deux premières, d'être en cohérence avec les propos tenus:

- latin obligatoire dès le CP;

- grec en CM1;

- sans oublier - beaucoup plus sérieusement - l'arabe en 5e.

Il y a BEAUCOUP de mots d'origine arabe dans la langue française...

Christophe Chartreux

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Etienne Daho... (et Dominique A)

18 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Edouard Glissant...

18 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Pourquoi vouloir forcer la mémoire de ceux qui ont oublié, soit convenance ou inclination ou calcul, soit encore qu’ils n’aient jamais su ce qui importait dans leur Histoire ? Non, nous ne voulons pas, la mémoire ne se commande pas, elle s’entraîne. Qui n’a jamais su n’a pas mémoire, c’est vrai, mais dans ce cas l’oubli n’est pas une maladie, c’est une clôture totale, une infirmité de naissance. Si par ailleurs il vous arrive d’oublier la condition que vous avez faite à quelqu’un, vous l’offensez, par considérer que cette condition n’était pas digne d’être par vous retenue. Si vous oubliez la condition que quelqu’un vous a faite, vous renoncez à la particularité de dialogue qui vous relie à ce quelqu’un. Et pour ce qui concerne les mémoires collectives, la réciprocité est encore plus étroite. Vous ne pouvez pas haïr un peuple ou une communauté qui ont cessé de vous haïr, vous ne pouvez pas aimer vraiment un peuple ou une communauté qui vous haïssent encore, ou qui vous méprisent sourdement. C’est qu’en matière de relations entre communautés, l’oubli est une manière particulière et unilatérale d’établir des rapports avec les autres, mais que la mémoire, qui est non pas une médication de l’oubli mais à la lettre son éclat et son ouverture, ne peut être que commune à tous. L’oubli offense, et la mémoire, quand elle est partagée, abolit cette offense. Chacun de nous a besoin de la mémoire de l’autre, parce qu’il n’y va pas d’une vertu de compassion ni de charité, mais d’une lucidité nouvelle dans un processus de la Relation. Et si nous voulons partager la beauté du monde, si nous voulons être solidaires de ses souffrances, nous devons apprendre à nous souvenir ensemble. »

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Pour l’éducation nouvelle (comme un retour aux sources)...Par Edwy Plenel...

18 Novembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Pour l’éducation nouvelle (comme un retour aux sources)...Par Edwy Plenel...

La première Biennale internationale de l’éducation nouvelle (BIEN) s’est tenue à Poitiers du 2 au 5 novembre. Mediapart en était partenaire et j’ai eu l’honneur d’y donner la conférence d’ouverture, en défense des pédagogies innovantes contre les adversaires d’une école de tous et pour tous.

Initiée par les Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active, cette première Biennale internationale de l’éducation nouvelle (BIEN) a réuni tous les mouvements d’éducation populaire ayant défendu des méthodes pédagogiques actives pour que l’école pour tous soit réellement l’école de tous, sans distinction de classe, de milieu, d’origine, etc. Aux Ceméa se sont donc associés le GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle), l’ICEM-Pédagogie Freinet (Institut coopératif de l’école moderne), le CRAP-Cahiers pédagogiques, la FESPI (Fédération des établissements scolaires publics innovants) et la FI-CEMEA (autrement dit la Fédération internationale des Ceméa). Le compte-rendu, avec documents et vidéos, de ces quatre riches journées est disponible ici.

Il y a un an, le directeur général des Ceméa, Jean-Luc Cazaillon, m’a demandé d’y prononcer la conférence d’ouverture. Cette proposition prolongeait un partenariat complice entre Mediapart et les Ceméa dont témoigne un blog dans notre Club ainsi qu’une précédente intervention, en ouverture de leur congrès en 2016. Mais elle faisait aussi écho à mes premières passions journalistiques puisque j’ai commencé comme rubricard éducation, ce que je fus successivement à Rouge (1976-1978), au Matin de Paris (1979-1980), puis au Monde (de 1980 à 1982, avant de passer à la rubrique Police). J’en ai tiré un livre, qui tient plus de la thèse universitaire que du document d’actualité, La République inachevée sous-titré L’État et l’École en France, paru en 1985 chez Payot, réédité en 1997 chez Stock, puis en 1999 en poche chez Biblio Essais.

Pour cette première BIEN, j’ai choisi de faire l’éloge du « pédagogisme », intitulé en forme de réponse ironique aux détracteurs de la pédagogie qui la caricaturent ainsi au nom d’un « élitisme » qui recouvre leur lutte contre « l’égalitarisme ». Tous ces « isme » masquent, de mon point de vue, une offensive conservatrice contre l’école de tous et pour tous, le propre des mouvements d’éducation nouvelle étant, à l’inverse, de s’inscrire dans une perspective émancipatrice. Ces conservateurs ont le vent en poupe avec le nouveau ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui n’en a pas moins accepté de parrainer, beau joueur, cette première Biennale. Deux interviews furent emblématiques de ce positionnement, l’un à Causeur, l’autre à Valeurs actuelles, démontrant par leur contenu que ce conservatisme scolaire en accompagne d’autres, sur les questions sociales et identitaires, d’inégalités et de discriminations.

Voici donc la vidéo de ma conférence : 

Suite et fin à consulter en cliquant ci-dessous

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Suppression des contrats aidés : quand l’école bricole...

18 Novembre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Contrats aides

Suppression des contrats aidés : quand l’école bricole...

EXTRAITS

Le non-renouvellement de ces emplois dans les écoles provoque l’ire des syndicats et des parents d’élèves, inquiets des impacts sur les enfants.

Ici, un collège en grève. Là, des parents qui bloquent leur école. Dans les Bouches-du-Rhône, les écoles se sont mobilisées toute la semaine, tandis que plusieurs syndicats du Rhône organisaient, mercredi 15 novembre, un rassemblement devant la préfecture. Avec, à chaque fois, le même mot d’ordre : « Non à la suppression de nos contrats aidés ! »

Une chose est sûre : le non-renouvellement de 23 000 de ces contrats commence à se faire clairement sentir dans l’éducation – un secteur pourtant affiché comme « prioritaire » par le gouvernement. Il faut dire que ces emplois précaires font partie intégrante du paysage scolaire : des secrétaires administratifs aux surveillants en passant par les accompagnants d’élèves handicapés, les assistantes maternelles, les agents d’entretien ou de cantine, etc.

(...)

A Paris, 170 contrats aidés de surveillants dans les établissements scolaires ne seront pas renouvelés en 2017-2018. Le collège Modigliani (15e arrondissement), fait partie de ceux qui paient la facture : deux surveillants sont partis à la rentrée et un autre le 9 octobre. Ils étaient huit en 2016-2017 ; ils sont désormais cinq, pour 625 élèves. Maigre compensation, le rectorat vient d’attribuer au collège un demi-poste d’assistant d’éducation.

Enseignants et parents rapportent que les couloirs sont « chahutés », les bagarres plus nombreuses. « Lors des intercours, on perd du temps à faire la police, s’agace une enseignante sous couvert d’anonymat. Le moment le plus compliqué, c’est le midi. L’autre jour, c’est la principale qui a dû gérer les élèves à la cantine ! »

(...)

Dans le bureau de la directrice, le travail administratif s’amoncelle et la messagerie du téléphone est souvent saturée. A l’école de la Batarelle, à Marseille, le départ de la secrétaire administrative pose des difficultés.

Quand la directrice, Mireille Miquel, est en classe, il n’y a personne pour accueillir les retardataires ou les enfants suivis par une orthophoniste en dehors des horaires d’ouverture, pour répondre aux coups de fil ou faire le tour des classes. Sans compter que la directrice doit assumer, à elle seule, tout le travail administratif (téléphone, mails, réunions à organiser, informations à remonter…). « La secrétaire était une aide précieuse, car elle me déchargeait d’une partie de ces tâches pour me concentrer sur l’animation pédagogique, rôle le plus important à mes yeux », estime-t-elle.

(...)

Dans une école de village, on se demande comment on va pouvoir fonctionner sans la deuxième assistante maternelle (Atsem). Comme beaucoup de communes rurales, Saint-Etienne-de-Serre, 235 habitants, niché dans les monts d’Ardèche, est impactée par la baisse des contrats aidés.

(...)

Aurélie Collas

Les contrats aidés en chiffres

  • L’éducation nationale bénéficie de 50 000 contrats aidés en 2017-2018. C’est 23 000 contrats de moins qu’à la rentrée 2016. Sans compter les contrats aidés recrutés par les collectivités locales pour faire fonctionner les écoles et dont elles doivent en partie se passer.
  • A la rentrée scolaire 2018, 11 200 de ces contrats aidés seront transformés en emplois d’accompagnants d’élèves handicapés (contractuels de droit public en CDD). Pour les autres missions, la voilure risque de se réduire encore : le budget 2018 de la mission « travail et emploi », voté par l’Assemblée nationale le 9 novembre, prévoit 200 000 contrats aidés (contre 310 000 en 2017).

 

L'article (pour abonnés) dans son intégralité est à lire en cliquant ci-dessous

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